Adrien Chicot est de retour avec « City Walk »

Adrien Chicot est de retour avec « City Walk »

Promenade urbaine fougueuse et élégante

Après « All in » et « Playing in the Dark », Adrien Chicot est de retour avec « City Walk ». Fidèle à ses complices, le contrebassiste Sylvain Romano et le batteur Jean- Pierre Arnaud, le pianiste propose un album d’une fougue et d’une élégance rares. La musique moderne, fluide et rythmique évoque avec justesse les atmosphères urbaines.

Annoncé pour le 16 novembre 2018,  la sortie de « City walk » (Gaya Music Production/L’Autre Distribution) a de quoi réjouir les amateurs de jazz. En effet, le troisième album du pianiste Adrien Chicot est l’occasion de le retrouver avec ses fidèles complices, le contrebassiste Sylvain Romano et le batteur Jean-Pierre Arnaud. On ne s’en plaint vraiment pas d’ailleurs, car il serait dommage de changer l’équipe de rêve qui a gravé « All in » en 2014 et « Playing in the Dark » en 2017.

L’album « City Walk » parcourt les cités d’une foulée élégante, fluide et fougueuse. Dans la grande tradition des trios jazz piano-contrebasse-batterie celui d’Adrien Chicot tutoie le swing de bout en bout des neuf plages de l’album.

« City Walk »

couverture de l'album City Walk du pianiste Adrien ChicotSur « City Walk », enregistré par Philippe Gaillot et Lucas Debieve au Studio Recall en juin 2018, Adrien Chicot assume la totalité des compositions et des arrangements.

Avec ses deux compères Sylvain Romano et Jean-Pierre Arnaud, il s’attache à explorer toutes les dimensions de la musique. De riches climats harmoniques accueillent les mélodies qui se déroulent avec bonheur au fil des morceaux. La dimension pulsatile prégnante est portée par une section rythmique attentive et réactive, toujours en totale connivence avec le leader. Le trio tourne comme un seul homme !

Bop et hard-bop n’ont plus de secret pour le pianiste mais il renouvelle sans cesse son inspiration. Rythmicien hors pair, il oriente son propos vers des contrées poétiques et sensibles. Son imagination féconde lui insuffle des dépaysements pianistiques qui lui font retrouver les territoires de certains de ses aînés (Monk, Ellington Corea, McCoy Tyner …).

Au fil des cités

Propulsée par le trio soudé et alerte, la musique de « City Walk » vit et respire. Fluide, aérienne et énergique elle se pare de couleurs multiples au long des neuf pistes de l’album.

On se réjouit du swing fluide et virevoltant de Bogota dont les allures bop procurent un bain de jouvence. On attend avec délice lundi prochain pour retrouver l’atmosphère alerte et lumineuse de See You Monday et l’improvisation légère et limpide du pianiste. Après un petit clin d’oeil à Monk et un bonjour à Duke, on s’immerge dans City Walk dont le chrorus de piano fait un détour du côté d’harmonies latinisantes et denses évocatrices de Corea.

Les bruits de rue de Traffic tranchent avec la ligne poétique et sensible que le pianiste expose solo. Avec lui on flâne le nez en l’air dans la cité urbaine. Traverser la rue en valsant… sur Cross The Street, un bel exploit ! Porté par les balais souples et efficaces, la contrebasse éloquente fait entendre un son boisé et passe le relai au piano dont l’imagination et l’aisance laissent pantois.

Sur le tempo hard-bop de Caïpiroska, la rythmique insuffle son énergie au piano dont les inflexions ne sont pas sans rappeler un certain McCoy Tyner. On en redemande et Greeen Light advient à propos comme un tremplin au déchainement de la batterie sur le motif répété inlassablement par la contrebasse et le piano.

Percussive autant qu’aérienne la musique de Mosquito Hunt enthousiasme par son riche climat harmonique. Le sensible et serein Ko I Sashi enchante et termine cette promenade agréable. Véritable dentelle musicale, ce morceau apaise par ses multiples contrastes et sa douce poésie.

Sur « City Walk », on emboite le pas des musiciens. Dans la même foulée qu’eux on perçoit les bruits de la rue, on ressent le trafic ardent des cités, on saisit les atmosphères et les lumières, on devine les bars et leurs panneaux lumineux… mais par chance, point de pollution. Il est plaisant de se laisser porter par le rythme de la musique au gré d’une déambulation urbaine inventive, dynamique, fluide et élégante qui se renouvelle à chaque carrefour.

 
Pour apprécier live la musique de « City Walk », RV à 19h30 ou 21h30 le 04 décembre 2018 au Duc Des Lombards à Paris pour le concert de sortie de l’album avec Adrien Chicot (piano), Sylvain Romano (contrebasse) et Jean-Pierre Arnaud (batterie).
« Tissé », le nouvel album de Marion Rampal

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Avec « Tissé », annoncé pour le 25 février 2022, la chanteuse et compositrice Marion Rampal propose un album qui rayonne d’une énergie sereine. Sa voix claire invite à la suivre dans un vagabondage intime où se croisent les multiples facettes de son inspiration. Elle invite Archie Shepp, Anne Pacéo et Piers Faccini à rejoindre son collectif de musiciens complices. Notes et mots vibrent en harmonie et tressent une rêverie sensible et poétique.

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« French Colors » de Christophe Lampidecchia

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L’accordéoniste Christophe Lampidecchia présente son nouvel album « French Colors » inspiré de différentes cultures musicales. Entouré de ses amis, il offre un véritable tour du monde émotionnel, explore de nouvelles sonorités et fait vibrer son instrument de ses mélodies chantantes. Il invite à le suivre dans un voyage aux riches couleurs où se côtoient musette, jazz, et bien d’autres influences. Neuf titres qui vibrent d’un groove coloré et joyeux.

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Jazz à Vienne 2022 – Trois nouvelles soirées dévoilées

Jazz à Vienne 2022 – Trois nouvelles soirées dévoilées

Le Festival Jazz à Vienne lève le voile sur trois nouvelles soirées 2022 au Théâtre Antique. Le 29 juin 2022 avec MC Solaar accompagné d’un big band jazz et le pianiste Alfa Mist. Le 02 juillet 2022, Bachar Mar-Khalifé et son père Marcel Khalifé rendent hommage au poète Mahmoud Darwich et Dhafer Youssef présente son projet « Digital Africa » avec Ballaké Sissoko et Eivind Aarset. Le 06 juillet 2022, Marc Rebillet et Louis Cole avec cinq de ses compagnons de musique. Nouvelles dates, nouvelles promesses de réjouissances musicales.

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Clin d’œil à Claudio Miotti et « CLAXXX »

Clin d’œil à Claudio Miotti et « CLAXXX »

Timbres contrastés entre rage et nuage

Sur l’album « CLAXXX », le trio du guitariste Claudio Miotti présente une musique singulière. La guitare baryton du leader s’unit aux clarinettes lyriques de Matteo Pastorino et au solide groove de la batterie de Jean-Baptiste Pinet. Entre rock rageur et jazz nuageux la musique hésite et privilégie les contrastes.

Sorti le 26 octobre 2018, l’album « ClaXXX » (Auand/jazzos.com) est porté par le guitariste Claudio Miotti qui réunit autour de lui Matteo Pastorino (clarinette et clarinette basse) et Jean-Baptiste Pinet (batterie).

Le disque résonne du son profond de la guitare baryton, des graves chaleureux de la clarinette basse, des voltiges aériennes de la clarinette et du drumming puissant de la batterie. Il en résulte une musique ancrée à la fois dans le rock et dans le jazz. Tour à tour soliste ou soutien, la guitare baryton de leader chemine entre la rythmique puissante impulsée par la batterie et les envolées lyriques ou explosives des clarinettes.

Claudio Miotti

Après avoir été conquis par la vague grunge des années 90, le jeune florentin Claudio Miotti préfère la guitare au piano. Il découvre ensuite Michael Brecker et « Steps Ahead » et le voilà attiré par le jazz qu’il étudie à Rome en même temps qu’il suit des cours d’arrangement. Installé à Paris, en 2003, il suivi des masterclasses (Dave Liebman, Louis Sclavis, René Urtreger et Daniel Humair) au Conservatoire National Supérieur de Paris ainsi que des cours de Patrick Moutal sur la musique indienne.

Au fil de ses diverses collaborations artistiques et d’écoute musicales élargies (Wes Montgomery, Bill Frisel, Don Byron, …) Claudio Miotti se forge une vision multifocale de la musique et découvre la guitare baryton qu’il adopte.

« Utiliser la guitare baryton et enlever la basse » lui permet alors d’envisager « plus d’expérimentation ».

Après avoir eu l’occasion de jouer aux côtés de Matteo Pastorino dans diverses formations, il conçoit un répertoire pour un trio à l’instrumentation quelque peu inédite. Guitare baryton du leader, clarinettes soprano et basse de Matteo Pastorino dont on a pu apprécier en novembre 2017 le jazz chambriste de « Suite for Modigliani » et fûts et cymbales de Jean-Baptiste Pinet, batteur du quartet de Pastorino.

« CLAXXX »

Couverture de l'album CLAXXX de Claudio MiottiEnregistré les 08 et 09 avril 2017 au Studio Aeronef à Paris par Antoine Karacostas, l’album « CLAXXX » a été mixé et masterisé le 02 septembre 2017 au Bass Hit Recording Studio de New-York par Dave Darlington. Il est sorti le 26 octobre 2018 chez Auand Records.

Claudio Miotti, Matteo Pastorino et Jean-Baptiste Pinet interprètent un répertoire de 11 titres tous composés par le leader dont l’écriture laisse émerger l’ensemble de ses influences (rock, jazz fusion, …). Le rappeur Raajaajee les rejoint sur une seconde version du thème éponyme.

Le registre de la guitare baryton permet à Claudio Miotti de se passer de guitare basse et d’endosser alternativement le rôle de guitariste soliste pour dialoguer avec la clarinette et celui de bassiste pour soutenir les lignes mélodiques lyriques de la clarinette soprano ou faire écho aux graves boisés de la clarinette basse. La réactivité permanente du batteur participe pour beaucoup à la cohésion de ce trio complice.

Au fil du répertoire

Si l’album diversifie les climats, la recherche rythmique et harmonique prévaut sur la dimension mélodique assurée en grande partie par la musicalité et le lyrisme de Matteo Pastorino.

A juste raison, l’album porte le titre du morceau qui accroche dès la première écoute. Il est en effet impossible de résister au motif musical réitératif de la clarinette qui surfe sur la lame de fond musicale que poussent la batterie et la guitare baryton sur ClaXXX. On se  laisse aussi embarquer par la version rap du même titre chanté par Raajaajee en fin d’album.

On se laisse porter par la mélancolie lyrique de Pussycat où le souffle de la clarinette lyrique et les accords délicats de la guitare font bon ménage. On en pince aussi pour le climat angoissant que la clarinette impulse sur Tête à Tête avec la bête et pour l’improvisation lumineuse et dépaysante de la guitare baryton dont la sonorité évoque celle d’un steel-drum.

Sur Ether l’oreille est accrochée par les contrastes entre la pureté du son de la clarinette et la flamme rageuse de la guitare. On est aussi séduit par les oppositions notables qui vibrent sur Encore. Le climat blues rock impulsé par la rythmique musclée tranche avec les douces effervescences pleines de souplesse des deux instruments solistes.

Malgré la coloration bucolique et sereine de la clarinette qui éclaire Visages, le morceau demeure esquissé. De la même manière, Mena flotte un peu et manque de substance même si les inflexions contrastées des solistes séduisent l’oreille. On applaudit par contre à la transformation du climat paisible de Deep en un chant saturé auquel un solo de batterie bienvenu impulse une énergie bouillonnante.

En revanche, Rocco Akhba, le morceau au profil rock-enfolké manque quelque peu de force narrative, même si l’on perçoit la complicité qui unit guitare et batterie. Pour finir, on se laisse dépayser avec bonheur par le climat envoûtant et sensible instauré par la clarinette basse et la guitare baryton sur Bahane qui termine sur un nuage de poésie.

 
Pour vivre live la musique de « CLAXXX », RV à 20h30 le 27 novembre 2018 au Sunset à Paris avec Claudio Miotti (guitare baryton), Matteo Pastorino (clarinette et clarinette basse) et Jean-Baptiste Pinet (batterie).
« Tissé », le nouvel album de Marion Rampal

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« French Colors » de Christophe Lampidecchia

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Jazz à Vienne 2022 – Trois nouvelles soirées dévoilées

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« Hymnes à l’amour » de Christophe Monniot et Didier Ithursarry

« Hymnes à l’amour » de Christophe Monniot et Didier Ithursarry

Deux poètes lyriques, sensibles et libres

Proposé par le saxophoniste Christophe Monniot et l’accordéoniste Didier Ithursarry, l’album « Hymnes à l’amour » enchante les oreilles et réjouit les âmes. Un recueil de huit hymnes qui fleurent bon l’amour et le bonheur de jouer. Le propos musical réjouit par les propositions inventives de ces deux poètes de la musique libre.

Le 16 novembre 2018 le duo Christophe Monniot et Didier Ithursarry présente l’album « Hymnes à l’amour » (ONJ Records JF009/L’Autre Distribution). La nouvelle réjouissante comble de plaisir toutes celles et ceux qui ont déjà eu l’occasion d’apprécier live le duo complice de ces deux musiciens lyriques et virtuoses.

On se réjouit de pouvoir écouter le duo Christophe Monniot et Didier Ithursarry qui a régalé les spectateurs du concert pique-nique du 24 août 2018 dans le cadre de Jazz Campus en Clunisois. Rien de mieux pour mettre au beau fixe la météo du jazz de l’automne 2018. Une musique qui assure sérieusement sans pour autant se prendre au sérieux.

Un rien de nostalgie, un soupçon de tendresse, une pointe d’humour, un grain de dérision, une pincée de folie, un nuage de poésie sur un fond de virtuosité bien tempérée… telle est la recette réussie des « Hymnes à l’amour » de Christophe Monniot et Didier Ithursarry.

Christophe Monniot et Didier Ithursarry

Christophe Monniot-Didier Ithursarry au Concert Pique-nique de Jazz Campus en Clunisois 2018L’ONJ constitue un point qu’ont en commun les deux musiciens. En effet, Christophe Monniot (saxophones sopranino et alto) est membre de l’ONJ d’Olivier Benoit jusqu’à la fin de l’année 2018 alors que Didier Ithursarry (accordéon) a participé à l’ONJ dirigé par Claude Barthélémy entre 2002 et 2005.

Par ailleurs les deux musiciens ont forgé leur complicité au sein du trio « Station Mir » qu’ils forment depuis plusieurs années avec l’altiste Guillaume Roy. Au sein de leur duo, les deux musiciens pratiquent un art qui relève d’un véritable dialogue ancré sur des fondamentaux partagés.

Tous deux ont en effet enraciné leur pratique dans les musiques populaires des bals musette. Ils sont aussi d’ardents improvisateurs. Brillants techniciens, ils n’en sont pas moins de sensibles créateurs. Forts de ces éléments communs les deux compères développent des échanges porteurs tour à tour d’énergie, de sensibilité, de précision, de poésie ou de folie.

Sur leur album « Hymnes à l’amour », ils offrent des hymnes d’amour dédiés à des personnes qui leur sont chères, à des gens encore vivants pour bon nombre mais aussi à d’autres disparus toujours en vie dans leur cœur.

« Hymnes à l’amour »

Accompagné par le dispositif ONJ Fabric de l’Orchestre National de Jazz, l’opus « Hymnes à l’amour » propose huit titres enregistrés en mai 2017 à l’Atelier du Plateau puis mixés en 2018 par Christophe Monniot et masterisés par Emyl Spanyi.

Couverture de l'album Hymnes à l'amour de Christophe Monniot et Didier IthursarryLe répertoire restitue les influences communes des deux musiciens. Trois reprises. La superbe composition de Duke Ellington, Sophisticated Lady et deux succès des bals musette, Passion, valse de Tony Murena et España Cañi, paso-doble de Pascual Marquina Narro. Quatre compositions originales, trois du saxophoniste et une de l’accordéoniste. Huit hymnes d’amour dédiés aux auteurs des titres repris ou à des personnes chères. Enfin, un hymne protestant, Il est un fleuve.

Impossible d’évoquer « Hymnes à l’amour » sans aborder le visuel élaboré par Shelomo Sadak, celui-là même qui avait dessiné la girafe du « Vivaldi Universel » de Christophe Monniot. Sur un dessin en deux dimensions, le graphiste est parvenu à projeter la force vibrante de l’amour qui (ré)anime un cœur.

Irrigué de poésie et d’amour, l’album « Hymnes à l’amour » pulse l’énergie d’un jazz libre, sensible et chaleureux. Un même souffle créatif et inspiré traverse, caresse ou bouscule les anches des saxophones et les lames de l’accordéon. Les huit plages de l’album vibrent sous les assauts des deux instruments qui chantent et enchantent.

Impressions musicales

Promenade poétique dans des climats contrastés. L’accordéon chaleureux ouvre des fenêtres de liberté au saxophone qui élève son chant lyrique. Les murmures et paroxysmes du saxophone virtuose répondent aux soupirs profonds et à la plainte grave et sensible de l’accordéon.

Ouverture de haute-voltige avec Biguine pour Sushi. Après une introduction puissante de l’accordéon, le sopranino se déhanche au fil d’une mélodie moderne qu’il expose avant de s’envoler dans des sphères tourbillonnantes, vite rejoint par l’accordéon étourdissant de virtuosité.

Le sopranino poète se fait ensuite plus romantique et expose le thème de Soso que le musicien dédie à sa compagne. Accords gorgés de mélancolie de l’accordéon. Alto ébouriffant de liberté créatrice. Délicate tendresse de l’amour. Avec fantaisie et légèreté, le duo revisite plus tard le célèbre España Cañi composé en 1925 par Pascual Marquina Narro. L’attachement à la tradition transparaît mais le rythme du paso-doble joué habituellement sur un tempo plus soutenu, se nimbe ici de langueurs nostalgiques porteuses d’émotions.

Porté par la pureté du sopranino passionné et par le tendre contrechant fusionnel de l’accordéon, Nadir’s se pare d’un climat onirique et mystérieux. C’est à son père que le saxophoniste adresse cette composition inspirée de l’œuvre de Bizet, « Les pêcheurs de perles ». On poursuit la promenade dans un Est plus énergique, Sur la composition de l’accordéoniste, sopranino et accordéon se lancent dans une danse virevoltante aux accents slaves. Très libre, le discours musical porte la frénésie à son paroxysme.

Le duo explore ensuite la célèbre composition de Duke Ellington, Sophisticated Lady. En parfaite osmose, alto et accordéon déconstruisent le thème pour mieux le transcender par une interprétation quasi orchestrale… à deux. On chavire plus loin avec Passion dans les bras de cette valse musette de Tony Murena que les deux complices interprètent avec une déconcertante aisance. On se laisse alors enivrer par la virtuosité sauvage de l’alto et le lyrisme absolu de l’accordéon.

Il est un fleuve termine l’album par un hymne à l’amour infini dont l’alto exalté explore les rives et les flots. Le registre de l’accordéon n’est pas sans évoquer celui d’un orgue.

Enracinée dans la tradition des arts populaires, la précision des musiques contemporaines et la richesse des musiques savantes du XXème siècle, l’expression musicale de Christophe Monniot et Didier Ithursarry enchante. Sur « Hymnes à l’amour », le duo saxophone-accordéon hisse haut le verbe d’une musique libérée et sensible, lyrique et virtuose. L’album enchante par son souffle poétique qui navigue entre murmure et paroxysme.

Pour  savourer live les « Hymnes à l’amour » de Christophe Monniot et Didier Ithursarry, RV pour le concert de sortie de l’album à la Dynamo de Banlieues Bleues dans le cadre de la résidence ONJ à Pantin le 07 décembre 2018 à 20h30.
Pour comble de bonheur, la seconde partie de la soirée est assurée par Louis Sclavis (clarinette) qui présente en quartet son projet « Characters on The Wall » avec Sarah Murcia (contrebasse), Benjamin Moussay (piano) et Christophe Lavergne (batterie).
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Disparition du trompettiste Roy Hargrove

Disparition du trompettiste Roy Hargrove

Héros de la trompette du be-bop au hip-hop

Triste nouvelle ! Le trompettiste Roy Hargrove s’est éteint à New-York, à l’âge de 49 ans, dans la nuit du vendredi 02 au samedi 03 novembre 2018. Sa musique transgénérationnelle a mis d’accord les amateurs de be-bop autant que les fans de hip-hop.  A tout jamais merci Roy !

Le trompettiste Roy Hargrove le 11 juillet 2015 au festival Jazz à VienneOn s’est trouvé fort attristé d’apprendre hier sur la page Facebook de Roy Hargrove, le décès du trompettiste  Malgré de réels soucis de santé, il n’avait jamais baissé le pavillon de sa trompette et l’on s’était habitué au fil des ans à le voir et l’écouter régulièrement dans l’hexagone, au New Morning à Paris ou sur les scènes des grands festivals de jazz.

Repéré par Wynton Marsalis en 1987 Roy Hargrove apparaît en Europe en 1988 aux côtés de Jerome Richardson et Clifford Jordan managé par Larry Clothier, son manager qui ne l’a pas quitté. Il apparaît ensuite sur scène et sur les enregistrements de Don Sickler, Ricky Ford, Carl Allen, Bobby Watson, et est élu « meilleur soliste de l’année » par la revue américaine de jazz Down Beat.

En 1989 et 1990, Roy Hargrove entre à la Berklee School puis continue à la New School de New York. Il se produit ensuite comme sideman aux côtés de Herbie Hancock, Sonny Rollins, Oscar Peterson, Roy Haynes, Frank Morgan, Shirley Horn, Steve Coleman, Christian McBride et Wynton Marsalis.

Du jazz traditionnel au be bop

C’est à la tête de son quintet composé de Stephen Scott, Christian McBride, Yoron Israel et Antonio Hart, que Roy Hargrove sort ses premiers albums, « Diamond in the Rough » (1991), « Public Eye » (1992) et « The Vibe » (1992). Il sort ensuite « Of Kindred Souls » (1993) enregistré en live avec les saxophonistes Ron Blake et Gary Bartz, et le tromboniste André Hayward.

Signé par le label Verve, le trompettiste enregistre « With the Tenors of Our Time » en 1994 entouré des saxophonistes ténors Ron Blake, Branford Marsalis, Johnny Griffin, Stanley Turrentine, Joe Henderson et Joshua Redman puis « Family » en 1995 avec David « fathead » Newman et Wynton Marsalis.

Roy Hargrove rend ensuite hommage à Charlie Parker avec Christian McBride et le pianiste Stephen Scott sur le disque « Parker’s Mood » paru en 1995.

De la musique cubaine au hip-hop

Couverture de l'album Havana de Roy HargroveEn 1996, Roy Hargrove rencontre Chucho Valdés au festival de jazz de La Havane et forme ensuite le groupe Crisol qui réunit autour de Chucho Valdès les percussionnistes cubains Horacio « El Negro » Hernandez, Jose Luis « Changuito » Quintana et Miguel « Anga » Diaz et des jazzmans afro-américains comme les saxophonistes David Sanchez et Gary Bartz, le tromboniste Frank Lacy et le guitariste Russell Malone. Le superbe album « Habana » sorti en 1997 lui vaut d’ailleurs son premier Grammy Award dans la catégorie « musique afro-cubaine ».

Roy Hargrove embarque ensuite sa trompette et son bugle dans le monde des ballades auxquelles il consacre « Moment to Moment » en 2000, accompagné de cordes.Couverture de l'album Directions in Music avec Roy Hargrove

En 2003 son album « Directions in Music » enregistré live en 2002 à Toronto avec le pianiste Herbie Hancock et le saxophoniste Michael Brecker est récompensé du Grammy Award du « Meilleur album de jazz instrumental ».

Couverture de l'album Hard Groove de Roy Hergrove avec The RH FactorDurant cette même année 2003, il invite D’Angelo et Erykah Badu sur « Hard Groove » puis le trompettiste oriente ensuite sa musique vers le jazz funk et fondeThe RH Factor, avec lequel il grave « Strength » en 2004 et « Distractions » en 2006.

Roy Hargrove revient en quintet à un jazz plus classique en 2006 avec Justin Robinson, Ronnie Matthews, Dwayne Burno, Willie Jones III sur « Nothing Serious ». En 2008 Gerald Clayton, Danton Boller et Montez Coleman sont à ses côtés sur « Earfood » où il grave son fameux Strasbourg/St. Denis dédié au New Morning où le trompettiste s’est produit très souvent ces dernières années

L’énergie de jouer jusqu’au bout

Jamais Roy Hargrove ne s’est enfermé dans la facilité. Pas question pour le jeune et fougueux trompettiste découvert dans les années 90 de demeurer à jamais le porte-parole d’un style qu’il maîtrisait pourtant tout à fait. De son jeu expressif et énergique il a parcouru les styles avec brillance. Du be-bop au hip-hop en passant par la musique cubaine la trompette et le bugle de Roy Hargrove ont parcouru de nombreux courants musicaux.

On le savait dialysé depuis de nombreuses années et l’on comprenait ses baisses de forme qui faisaient plus encore apprécier les superbes prestations qu’il parvenait à offrir au public. Il manifestait une apparente joie de jouer. Même si l’on prenait la mesure de la fragilité de l’artiste, on lui savait gré de de ne pas abandonner sa trompette, la musique et son public, de continuer à jouer envers et contre tout. Comme un certain Chet Baker on l’a vu passer sur scène de profonds moments d’absence à de superbes fulgurances inspirées.Le trompettiste Roy Hargrove le 12 juillet 2018 au festival Jazz à Vienne

Le 12 juillet 2018 ,dans le cadre du festival « Jazz à Vienne » 2018, le trompettiste Roy Hargrove est apparu dans une très grande forme à la tête de son quintet sur la scène du Théâtre Antique. Avec souplesse et énergie il a présenté un set superbe. De ses notes précises et élégantes son jazz acoustique s’est promené entre post-bop et sonorités néo-orléanaises et il a même endossé avec bonheur le rôle de chanteur.

Habité par la musique, Roy Hargrove a bravé la camarde et même si elle a gagné, il demeure à jamais vivant dans nos mémoires. Grâce aux albums certes mais aussi grâce aux souvenirs qu’il a laissés de ses prestations scéniques. On conserve indélébile le souvenir de ce jeune musicien fougueux et inventif qu’a été Roy Hargrove dans les années 90. On le remercie d’avoir su persévérer malgré le temps et ses problèmes de santé pour continuer à offrir sa musique avec une immense générosité.

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Le pianiste Christophe Imbs présente « For Your Own Good! »

Le pianiste Christophe Imbs présente « For Your Own Good! »

Entre énergie brute et délicate lumière.

Paru le 02 novembre 2018, l’album « For Your Own Good! » présente la musique du nouveau trio de Christophe Imbs. Autour du pianiste, la batteuse Anne Paceo et le contrebassiste Matteo Bortone. Entre énergie brute et lumière délicate, la musique dispense des climats percutants et sensibles.

Sorti le 02 novembre 2018, l’album « For Your Own Good! » (Label OH!/Inouïe Distribution) formate de nouvelle manière l’esthétique du trio jazz piano-contrebasse-batterie. En effet,la musique du trio Imbs-Bortone-Paceo se positionne aux croisements de plusieurs univers musicaux. Si elle foule les territoires du jazz elle fait aussi des incursions dans des univers où se rencontrent l’énergie du rock et l’efficacité de la pop.

Le trio Imbs-Bortone-Paceo

Le pianiste-compositeur de jazz, post-jazz, et de musiques improvisées et expérimentales Christophe Imbs utilise le piano acoustique mêlé à différents effets électroniques. Il est engagé dans des projets aux contextes artistiques variés. S’il est investi dans le jazz, il a aussi créé des projets musicaux liés au texte et à la poésie.

Il est l’un des membres fondateurs du Collectif OH!, musicien actif de plusieurs projets de ce collectif et a déjà avant « For Your Own Good! » enregistré sur le label OH!, label indépendant de musiques créatives d’aujourd’hui.

On connait les intérêts de la batteuse Anne Paceo vis à vis d’autres ailleurs musicaux et ses albums où elle intègre des univers différents (« Circles ») et les souvenirs ramenés de ses voyages (« Yôkaï  » et » Fables of Shwedagon »). On a repéré la vision musicale contrastée dont fait preuve le contrebassiste Matteo Bortone avec son trio italien sur son album « ClarOscuro » (CamJazz).couverture de l'album "For Your Own Good! de Christophe Imbs

Après des rencontres entre le pianiste et la batteuse en 2013 et entre cette dernière et le contrebassiste en 2005, nait entre les trois protagonistes l’envie d’aller plus loin. Ainsi nait le trio Imbs-Bortone-Paceo.

Sur des compositions proposées par le pianiste, le trio travaille entre 2014 et 2016 à l’élaboration d’un répertoire et construit son identité musicale au fil des mois.

Après l’entrée en studio, dix pistes sont enregistrées et mixées au Studio Downtown de Strasbourg par Hugo Barré puis masterisées au Studio Lakanal par Pierre Vandewaeter Le 02 novembre 2018, les voilà devenues, pour le bien de tous les amateurs de jazz ouvert et innovant, l’album « For Your Own Good! ».

La musique percutante et sensible de « For Your Own Good! »

L’album présente dix morceaux dont neuf compositions originales de Christophe Imbs et Soul Eyes de Mal Waldron.

La musique hybride du trio propose des espaces musicaux dont les contrastes saisissants surprennent et séduisent à la fois. L’album fait se télescoper des ambiances tendues et saturées d’énergie avec des espaces musicaux poétiques et suspendus. Sonorités électriques exacerbées du piano, salves pulsatiles de la batterie et son puissant de la contrebasse s’opposent au toucher subtil du piano acoustique, aux perles boisées et rondes de la contrebasse et aux rythmiques déstructurées doublées de délicates caresses sur les cymbales.

Versus brut et percutant

Pour le bien du jazz et celui des de ses amateurs, « For Your Own Good! » en prend à son aise avec les codes.

On vibre à la pulsation rock de Foryourowngood! qui ouvre l’album avec les échos d’un piano aux accents électroniques. On craque à l’écoute de l’entêtant Stabilo, de sa phrase répétitive dont le piano développe des variations sur une improvisation ascensionnelle.

On plonge dans les eaux agitées de Shark, composition singulière au tempo rock imprégné d’effets et de distorsions du piano. On se laisse captiver par Music by où la sonorité acoustique du piano est submergée par des éléments rythmiques déchaînés. La furie introductive de Tuesday se poursuit par un semblant d’accalmie qui débouche sur une atmosphère aux accents lyriques et pop.

Dans l’entre-deux

Si l’énergie sait se faire débordante sur l’album « For Your Own Good! », elle fait aussi choix de se laisser gagner sur une même plage par de tendres parenthèses.

Débutée comme une douce ballade évanescente où la contrebasse délivre un solo tout en délicatesse, Sveta densifie son propos que renforcent les vibrations des cymbales et le grondement des fûts de la batterie. Après le chant d’ouverture dépouillé de Memoriam le piano développe librement son expression qui s’électrifie portée par le magma percussif de la batterie et le grondement de la contrebasse avant de s’apaiser de nouveau.

Versus tendre et mélodique

Le trio excelle à faire naître apaisement et délicatesse sur les ballades.

La sérénité mélancolique de Parturition dispense une accalmie bienfaisante. On se prend ensuite à planer sur les ailes de la mélancolique mélodie développée sur le songeur et mystérieux Arp, évocateur d’une BO de film.

Le trio sublime Soul Eyes, la célèbre composition du pianiste américain Mal Waldron qui se trouve comme régénérée. Le piano parvient à transcender la mélodie par un toucher dont la suspension confine à la magie. Intimiste et romantique le climat gagne encore en profondeur par le jeu rond et précis de la contrebasse et les frémissements des balais sur les cymbales.

Les univers musicaux contrastés de « For Your Own Good! » captivent l’écoute. Avec maitrise le trio fait alterner des pulsations enrockées portées par les distorsions de sons réverbérés avec des climats sensibles flottant sur de douces lignes mélodiques apaisées.

 
Pour découvrir les musiques de « For Your Own Good! » RV les 14 et 15 décembre 2018 à Paris pour les concerts de sortie de l’album à La Gare avec Christophe Imbs (piano) et Anne Paceo (batterie). Pour l’occasion, Joan Eche-Puig tient la contrebasse.
« Tissé », le nouvel album de Marion Rampal

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Avec « Tissé », annoncé pour le 25 février 2022, la chanteuse et compositrice Marion Rampal propose un album qui rayonne d’une énergie sereine. Sa voix claire invite à la suivre dans un vagabondage intime où se croisent les multiples facettes de son inspiration. Elle invite Archie Shepp, Anne Pacéo et Piers Faccini à rejoindre son collectif de musiciens complices. Notes et mots vibrent en harmonie et tressent une rêverie sensible et poétique.

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« French Colors » de Christophe Lampidecchia

« French Colors » de Christophe Lampidecchia

L’accordéoniste Christophe Lampidecchia présente son nouvel album « French Colors » inspiré de différentes cultures musicales. Entouré de ses amis, il offre un véritable tour du monde émotionnel, explore de nouvelles sonorités et fait vibrer son instrument de ses mélodies chantantes. Il invite à le suivre dans un voyage aux riches couleurs où se côtoient musette, jazz, et bien d’autres influences. Neuf titres qui vibrent d’un groove coloré et joyeux.

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Jazz à Vienne 2022 – Trois nouvelles soirées dévoilées

Jazz à Vienne 2022 – Trois nouvelles soirées dévoilées

Le Festival Jazz à Vienne lève le voile sur trois nouvelles soirées 2022 au Théâtre Antique. Le 29 juin 2022 avec MC Solaar accompagné d’un big band jazz et le pianiste Alfa Mist. Le 02 juillet 2022, Bachar Mar-Khalifé et son père Marcel Khalifé rendent hommage au poète Mahmoud Darwich et Dhafer Youssef présente son projet « Digital Africa » avec Ballaké Sissoko et Eivind Aarset. Le 06 juillet 2022, Marc Rebillet et Louis Cole avec cinq de ses compagnons de musique. Nouvelles dates, nouvelles promesses de réjouissances musicales.

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Clin d’œil à Miniatus Quartet & « Mean Things »

Clin d’œil à Miniatus Quartet & « Mean Things »

Belles surprises et subtiles émotions

Huit mois après la sortie de l’album « Mean Things », Miniatus Quartet propose son jazz le 17 Novembre 2018 au Centre Culturel de Lesquin et au festival Jazz d’H.Beaumont. La musique s’appuie sur les fondamentaux du jazz. Expressives et riches, les improvisations virtuoses prennent vie dans l’instant et explorent librement l’espace musical. Un album à découvrir.

Trio à l’origine, Miniatus est cofondé en 2004 par trois musiciens issus de la région Rhône-Alpes-Auvergne, le saxophoniste Benoît Baud, le contrebassiste Basile Mouton et le batteur Stéphane Foucher. Tous trois créent une musique libre et énergique enracinée dans la tradition d’un jazz libre et moderne qui regarde aussi du côté de la pop, du hip-hop et des musiques ethniques. Avec la venue du pianiste niçois Frédéric D’Oelsnitz en 2006, le trio s’étoffe et devient le Miniatus Quartet.

Naissance de « Mean Things »

couverture de l'album "Mean Things" de Miniatus SuartetLes musiciens du Miniatus Quartet se retrouvent les 12 et 13 mai 2016 au « Crescent Jazz Club » de Mâcon où ils enregistrent l’album « Mean Things ». Entièrement auto-réalisé (prise de son et mixage par Stéphane Foucher et masterisation par David Rabhi au studio Polycarpe), cet album de Miniatus Quartet reçoit un bel accueil lors de sa sortie en mars 2018.

Sans doute parce que la musique de « Mean Things » cible l’essentiel, l’album est distingué par une « Révélation » de Jazz Magazine en mars 2018 et figure parmi les disques élus par Citizen Jazz en octobre 2018. Un beau début pour cet album auto-distribué que tout amateur de jazz peut de procurer ICI.

A mille lieues des discours formatés, la musique de Miniatus Quartet se développe sans jamais lasser. Elle réserve de belles surprises et laisse affleurer de subtiles émotions. Aucune velléité de séduction chez ces musiciens dont le propos s’appuie sur les fondamentaux du jazz sans pour autant céder à la facilité ni à la complaisance.

Neuf plages à explorer toutes oreilles ouvertes

« Mean Things » propose neuf compositions originales inscrites dans la tradition moderne du Jazz. Sept d’entre elles sont à porter au crédit de Benoit Baud et les deux autres à Basile Mouton. L’écriture très personnelle des deux artistes donne toute latitude aux musiciens pour exprimer leur virtuosité déroulée librement sur les ailes d’une inventive inspiration.

Portés par une rythmique solide et fougueuse, les solistes se saisissent à pleines notes de l’espace d’expression qui leur est offert et élaborent des improvisations dont l’inspiration sans cesse renouvelée s’abreuve aux sources de la liberté.

Bud Bug ouvre l’album et présente de belle manière les musiciens sur un tempo rapide riche de ruptures rythmiques. On apprécie l’improvisation fougueuse et la sonorité fluide du saxophone alto émule de Kenny Garrett et le solo tonique du piano.

Min to Min débute par un motif répétitif du Rhodes poussé par la batterie et la contrebasse. Dans l’espace ouvert, l’alto déroule une mélodie hypnotique. Le solo turbulent du Rhodes est suivi d’une improvisation du saxophone voltigeur dont les tourbillons de notes sont portés par le jeu intense et réactif de la batterie.

On se laisse interpeler par la structure complexe de Hindy Pop où le style fluide de l’alto porte la parole d’un jazz post hard bop bien trempé. Sur Power Frissons, la ligne mélodique claire et réitérative exposée par le saxophone génère une atmosphère méditative aux étranges échos. On est accroché par les sonorités et le chorus du Rhodes. Le solo inspiré de la contrebasse est soutenu par le drumming charpenté et continu de la batterie.

Parmi les sept compositions de Benoit Baud, les atmosphères des deux morceaux du contrebassiste Basile Mouton dessinent des climats différents. By the Way incite à la rêverie sur une ballade où le saxophone se fait mélancolique et répond à la contrebasse boisée. On est saisi par l’introduction lyrique du piano sur Loup Alpha dont le thème est exposé par la contrebasse en totale osmose avec le saxophone soprano lumineux aux lignes mélodiques sinueuses et stimulantes.

Mammie Trotte inscrit son discours dans la trace d’un free jazz qui n’est pas sans évoquer l’influence d’un certain Ornette Coleman. L’alto véloce et le piano vagabond explorent l’espace de liberté que la section rythmique leur ménage. On vibre aux accents de ce morceau dont l’insolence ravit.

On est touché par l’originalité du très peu académique Yoko Blues où l’alto incisif et le piano groovy flottent au-dessus d’une rythmique qui se plait à déstructurer le tempo.

Comme il a commencé, l’album se termine sur un tempo rapide, celui de Retenue. Après l’exposé du thème, l’alto se lance dans un solo combattif avec la batterie souple et efficace. Le Rhodes les rejoint et tente d’arbitrer le match mais loin d’apaiser le climat comme il semble le faire tout d’abord, il enflamme l’atmosphère.

Au final, la musique est gagnante de bout en bout sur cet album « Mean Things » dont les facettes et les couleurs contrastée ravissent.

 
Pour retrouver les ambiances de « Mean Things », rien de mieux que des concerts où l’on fait confiance au Miniatus Quartet pour transcender sa musique. Benoit Baud (saxophones alto et soprano), Basile Mouton (contrebasse), Frédéric D’Oelsnitz (piano, Fender rhodes) et Stéphane Foucher (batterie) donnent RV aux amateurs de jazz le 17 novembre 2018 pour un showcase à 11h au Centre Culturel de Lesquin puis pour un concert au Festival Jazz d’Hénin Beaumont le soir.
D’autres dates à venir en 2019 sont à retrouver ICI, dans la rubrique concert du site de Miniatus Quartet.
« Tissé », le nouvel album de Marion Rampal

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Avec « Tissé », annoncé pour le 25 février 2022, la chanteuse et compositrice Marion Rampal propose un album qui rayonne d’une énergie sereine. Sa voix claire invite à la suivre dans un vagabondage intime où se croisent les multiples facettes de son inspiration. Elle invite Archie Shepp, Anne Pacéo et Piers Faccini à rejoindre son collectif de musiciens complices. Notes et mots vibrent en harmonie et tressent une rêverie sensible et poétique.

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« French Colors » de Christophe Lampidecchia

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L’accordéoniste Christophe Lampidecchia présente son nouvel album « French Colors » inspiré de différentes cultures musicales. Entouré de ses amis, il offre un véritable tour du monde émotionnel, explore de nouvelles sonorités et fait vibrer son instrument de ses mélodies chantantes. Il invite à le suivre dans un voyage aux riches couleurs où se côtoient musette, jazz, et bien d’autres influences. Neuf titres qui vibrent d’un groove coloré et joyeux.

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Jazz à Vienne 2022 – Trois nouvelles soirées dévoilées

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Le Festival Jazz à Vienne lève le voile sur trois nouvelles soirées 2022 au Théâtre Antique. Le 29 juin 2022 avec MC Solaar accompagné d’un big band jazz et le pianiste Alfa Mist. Le 02 juillet 2022, Bachar Mar-Khalifé et son père Marcel Khalifé rendent hommage au poète Mahmoud Darwich et Dhafer Youssef présente son projet « Digital Africa » avec Ballaké Sissoko et Eivind Aarset. Le 06 juillet 2022, Marc Rebillet et Louis Cole avec cinq de ses compagnons de musique. Nouvelles dates, nouvelles promesses de réjouissances musicales.

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Victoires du Jazz 2018

Les femmes de retour au palmarès

La chanteuse Cécile McLorin Salvant, l’organiste Rhoda Scott, les pianistes Laurent de Wilde et Roberto Negro, le trompettiste David Enhco, le saxophoniste Raphaël Imbert, The Amazing Keystone Big Band sont distingués par les Victoires du Jazz 2018. Le 01 décembre 2018, le film documentaire musical de Yan Pröfrock permettra de découvrir les lauréat.e.s dans les lieux de vie du jazz.

La 16ème cérémonie des Victoires du Jazz animée par son président Sébastian Danchin et Sandra Nkaké s’est déroulée le 25 octobre 2018 dans l’auditorium Debussy-Ravel de la Sacem. Elle a été relayée en direct sur les réseaux sociaux de l’organisation « Les Victoires de la musique ».

Distribuées par les 200 personnalités de l’Académie des votants pour les Victoires du Jazz, ces récompenses ont distingué 5 artistes, 2 albums et 6 professionnels du monde du spectacle et du disque Jazz.

Le Palmarès des Victoires du Jazz

Nombreux sont les albums de jazz publiés au fil des mois. Tous sont valeureux. On se réjouit de savoir récompensés par des Victoires du Jazz les artistes auxquels les « Latins de Jazz » ont consacré des chroniques (album et/ou concert).

Vingt ans après avoir remporté la Victoire de la Révélation Jazz, le pianiste Laurent de Wilde est lauréat en 2018 dans la catégorie « Artiste de l’année ». L’année 2018 est une année faste pour cet artiste qui a par ailleurs été honoré en 2018 du Grand Prix Jazz de la Sacem qui distingue « la carrière de celles et ceux dont les mots, les notes, les œuvres ont marqué la création ».

Ces récompenses honorent l’activité d’écriture, de composition et d’édition de cet artiste dont il convient de rappeler et saluer l’activité discographique récente, « Riddles » en duo avec Ray Lema, sorti en 2016 et « New Monk Trio » à qui l’Académie du Jazz a décerné le prix du « Meilleur disque français » 2017. On note aussi son implication dans la direction artistique de l’album « Thanks a Million » du trompettiste Éric Le Lann et du pianiste Paul Lay.

Lauréat du Prix Frank Ténot, dans la catégorie « Artiste qui monte » le trompettiste David Enhco est issu de la dynastie des Casadesus (grand-père chef d’orchestre, mère soprano lyrique). Il a suivi une double formation, classique au conservatoire et jazz au Centre des Musique Didier Lockwood. Après s’être produit très jeune sur les scènes avec son frère Thomas (piano), il a une activité soutenue et mène plusieurs projets de front dans le jazz et la musique classique. Il a co-fondé le label Nome sur lequel il a publié en quartet l’album « Horizons »  et est aussi impliqué comme co-directeur  et musiciens de The Amazing Keystone Big Band.

Lauréate dans la catégorie « Voix de l’année », après avoir été récompensée de deux Grammy Awards et reçu le prix Django Reinhardt 2017 de l’Académie du Jazz, la chanteuse et song-writer Cecile McLorin Salvant a récemment sorti l’album « The Window » d’une musicalité peu commune.

Lauréat dans la catégorie « Groupe de l’année », The Amazing Keystone Big Band est co-dirigé par Bastien Ballaz, Jon Boutellier, David Enhco & Fred Nardin. Après « Pierre et le Loup et le Jazz » , « Le Carnaval Jazz des Animaux », « Django Extended » et « Monsieur Django et Lady Swing », l’orchestre a récemment publié « We Love Ella » (Nome/L’Autre Distribution) qui réinvente quelques-uns des grands succès de la grande Ella Fitzgerald et « La voix d’Ella » un conte musical joyeux et ludique.

L’album « Saison 3 » (Label Bleu/L’Autre distribution) du groupe Dadada mené par le pianiste Roberto Negro est lauréat dans la catégorie « Album sensation de l’année ». Cet artiste à l’activité bouillonnante ne cesse de renouveler son inspiration sur les galettes mais aussi sur scène où Dadada et le projet « Saison 3 » proposent de véritables escapades musicales entre apesanteur et vibrations.

  • « Music is my Hope » du saxophoniste et clarinettiste Raphaël Imbert

L’album « Music is my Hope » (Jazz Village/Pias) du saxophoniste et clarinettiste Raphaël Imbert est lauréat dans la catégorie « Album inclassable de l’année ». Impliqué dans la Compagnie Nine Spirit qu’il dirige, cet artiste au profil singulier entreprend un perpétuel questionnement sur le jazz. Cet explorateur du spirituel dans le jazz a publié le résultats de dix années de recherche dans  « Jazz supreme - Initiés, mystiques et prophètes », ouvrage sorti en 2014 et réédité en 2018 aux Éditions de l’Éclat - Éclat-L’Eclat Poche avec une préface de Pascal Chamoiseau.

  • Rhoda Scott

Honorée par la Victoire d’Honneur, l’organiste et chanteuse américaine Rhoda Scott voit sa carrière couronnée l’année même de ses 80 ans fêtés le 03 juillet 2018 sur la scène du Théâtre Antique de Vienne. Très liée à la France, elle a célébré le jazz à travers sa musique et affirmé la place des femmes dans le jazz avec son Lady Quartet  A la tête de cet orchestre elle a enregistré l’album « We Free Queens » (Sunset Records/L’Autre Distribution). Sa musique groovy et festive réjouit le public en toute occasion.

Le retour des femmes au palmarès

On peut remercier la contrebassiste Joëlle Léandre pour sa réaction devant le palmarès 2017 où ne figurait aucune artiste féminine alors qu’il y a environ 8% de femmes (chanteuses et instrumentistes) dans le jazz, milieu très masculin. Ainsi, après un palmarès 2017 totalement masculin, celui de 2018 rétablit la proportion puisque deux femmes figurent cette année sur le palmarès des artistes récompensés aux Victoires du Jazz, l’organiste Rhoda Scott et la chanteuse Cecil McLorin Salvant.

Par ailleurs trois femmes sont lauréates de Victoires consacrée à la profession jazz, Pierrette Devineau (catégorie programmation de spectacles), Marion Piras (catégorie production de spectacles) et Nathalie Piolé (catégorie homme/femme de média) ce qui permet à l’Académie des Victoires de la Musique de faire figurer cinq noms féminins sur les treize catégories.

Faible exposition médiatique du Jazz

Au-delà de la représentativité des femmes dans les palmarès, ce qui interpelle surtout est la faible exposition médiatique des Victoires du Jazz et donc celle dont leurs lauréats.e.s bénéficient. Cet état de fait est sans doute relier avec la visibilité réduite du jazz dans les médias (audio/vidéo/presse) ce qui à terme contribue à discriminer cette musique ?

En fait, moins un art est exposé moins il est visible du public. Moins le public est sollicité moins il se mobilise et moins l’art concerné est vendeur donc moins il génère de profits financiers et moins il mobilise l’intérêt de ceux qui tiennent les leviers économiques. Ces faits et bien d’autres touchent la formation, la diffusion et la production et à ce titre préoccupent l’ensemble des professionnels du jazz. Il faudrait plus que quelques lignes pour explorer plus avant cette problématique enracinée dans un terreau économique et sociétal.

Les modalités de diffusion du palmarès des Victoires du Jazz 2018 auprès du grand public entérinent de facto la visibilité confidentielle du jazz sur les médias nationaux. En effet, il faut attendre le samedi 1er décembre vers 0h35 sur France 3 et sur CultureBox pour visionner le film documentaire de Yan Pröfrock et retrouver alors les lauréats des Victoires de la musique 2018 à travers six portraits et de nombreuses séquences live inédites, dans le film des Victoires du Jazz 2018.

« Tissé », le nouvel album de Marion Rampal

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Auditorium de Lyon – Madeleine Peyroux

Auditorium de Lyon – Madeleine Peyroux

Hymnes profanes et sensibles

Le vendredi 09 novembre 2018 à 20h, l’Auditorium de Lyon accueille Madeleine Peyroux. La chanteuse présente à Lyon son neuvième album « Anthem » sorti le 31 août 2018. Après vingt-deux ans de carrière elle livre un message spirituel à travers ses « hymnes personnels ». Une soirée imprégnée d’une élégance sensible et poétique.

Ce deuxième concert de la saison 2018/2019 de l’Auditorium-Orchestre National de Lyon est réalisé en co-production avec « Jazz à Vienne ». Il propose aux spectateurs d’écouter le nouveau répertoire de Madeleine Peyroux… 22 ans après ses débuts sur le superbe « Dreamland » qui a permis de découvrir la chanteuse, sa guitare et sa voix bluesy que d’aucuns ont comparé à celle de Billie Holiday.

Madeleine Peyroux de 1996 à 2016

Après son premier disque « Dreamland » sorti en 1996, Madeleine Peyroux poursuit sa carrière discographique, « Careless Love » en 2004, « Half The Perfect World » en 2006, « Bare Bones » en 2009 avec onze compositions originales, « Standing on The Roof Top » en 2011 où elle s’éloigne du format voix-guitare et élargit sa palette musicale auprès de Marc Ribot et Meshell Ndegeocello, « The Blue Room » en 2013 qui navigue entre jazz, country, blues et pop et « Keep Me in Your Heart for a While » un best of sorti en en 2014.

En 2016, pour ses 20 ans de carrière, Madeleine Peyroux publie « Secular Hymns » en trio, un disque sensible et élégant baigné dans le blues, la soul et le gospel. Les dix titres issus du répertoire américain populaire, du jazz ou emprunté à Tom Waits, prennent la forme de « cantiques profanes et élégants ».

On prend alors la mesure de l’évolution musicale de la chanteuse et aussi de la richesse de ses influences.

En 2018, l’album « Anthem »

Madeleine Peyroux présente son album "Anthem" à l'Auditorium de LyonLe 31 août 2018, Madeleine Peyroux sort l’album « Anthem » qu’elle produit et co-écrit avec Larry Klein. Tout au long des plages de ce neuvième opus enregistré en quintet, la chanteuse porte un regard sobre et poétique mais aussi philosophique voire même engagé sur l’état actuel du monde.

L’album témoigne de son amour pour la liberté et de son besoin de spiritualité ce qu’annonce d’emblée son titre. Anthem est d’ailleurs le troisième titre du poète Leonard Cohen que reprend la chanteuse Elle dit elle-même faire du titre Anthem son « hymne personnel »..

De fait, « Anthem » s’inscrit dans la continuité de « Secular Hymns ». Il a pris forme au cours de l’année 2016 qui a vu les électeurs américains porter au pouvoir Donald Trump. Madeleine Peyroux élabore et affine les chansons dans un processus collectif d’écriture avec les musiciens de l’album, Patrick Warren, Brian McLeod et David Baerwald. Les titres passent du politique à l’évocation du monde personnel de Madeleine Peyroux et mêlent ainsi l’universel et l’intime en un équilibre parfait entre humour noir et compassion.

Tournée de lancement de l’album et concert à Lyon

Le 09 novembre 2018 à 20h sur la scène de l’Auditorium de Lyon, Madeleine Peyroux vient entourée du guitariste Jon Herington, du batteur Graham Hawthorne, du bassiste Paul Frazier et du claviériste Andy Ezrin. A 19h, le concert est précédé de la séance rituelle des « Propos d’avant concert » qui se déroule dans le Bas Atrium de l’Auditorium de Lyon.

Pour le public, la soirée est l’occasion de découvrir la multitude d’histoires que conte avec élégance et sensibilité la chanteuse Madeliene Peyroux.

Des chansons pleines de couleurs et de péripéties. Le répertoire se colore de tristesse sur All My Heroes, se teinte de désespoir à travers Lullaby, respire la sentimentalité et l’ironie dans Down on me. La chanteuse va aussi sans doute évoquer les rêves jamais atteints du bluesy Ghosts of Tomorrow et porter un regard critique sur la société à travers The Brand New Deal.

Au programme de la soirée à n’en pas douter, Madeleine Peyroux va interpréter pour le public de l’Auditorium de Lyon le monumental Anthem de Leonard Cohen mais aussi  le superbe Liberté, poème que Paul Eluard a écrit durant la second guerre mondiale et qui porte l’aspiration de toutes celles et ceux épris de liberté…

« Tissé », le nouvel album de Marion Rampal

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« French Colors » de Christophe Lampidecchia

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Jazz à Vienne 2022 – Trois nouvelles soirées dévoilées

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Opera Underground – Les RV de novembre 2018

Opera Underground – Les RV de novembre 2018

Jazz et autres « Ailleurs Musicaux »

Les concerts d’octobre continuent que déjà s’annoncent les RV de novembre 2018 avec l’Opera Underground. Deux grands noms du jazz américain, Ben Sidran et Marc Ribot et une légende de l’Ethio-jazz, Hailu Mergia. Des « Ailleurs Musicaux » prometteurs avec Meridian Brothers, Vaudou Game et Kamilya Jubran & Sarah Murcia. Un programme alléchant.

Les RV de novembre 2018 de l’Opéra Underground laissent augurer de prometteuses soirées qui devraient ravir tous les curieux et amateurs de musique. Il y en a pour tous les goûts.

Toujours présent, le jazz côtoie d’autres « Ailleurs Musicaux » dont les syntaxes se promènent de l’Amérique du Sud au Togo, en passant par le Moyen-Orient. Ces escapades aux climats variées témoignent de la diversité des musiques et des croisements qui les parcourent et les vivifient.

Du côté du Jazz

Ben Sidran, Hailu Mergia et Marc Ribot sont programmés dans le cadre des RV de novembre 2018 de l’Opera Underground. La stature et la rareté de ces figures sur les scènes françaises du jazz font de leurs concerts des moments essentiels de cette fin d’année 2018. Trois concerts à faire figurer en bonne place sur l’agenda des amateurs de jazz

Ben Sidran

Ben Sidran est attendu le 03 novembre 2018 à 20h à l’Amphi de l’Opéra de Lyon. Il n’est guère besoin de le présenter tant sa légende le précède. Celui qui est souvent surnommé le Cow-boy sidéral doit cette appellation à sa composition Space Cowboy.

Ben Sidran ne se contente pas d’être pianiste et chanteur, il est aussi compositeur et poète, érudit et producteur, critique et écrivain. S’il s’est produit avec les plus grands noms du rock comme Eric Clapton et les Rolling Stones, il a aussi côtoyé quelques grandes figures du jazz parmi lesquelles on peut citer Abbey Lincoln, Eddie Gomez, Peter Erskine, Johnny Griffin, Ben Riley, Gil Evans, Dizzy Gillespie, Bobby McFerrin et Brecker Brothers. En 1972, il a publié « Black Tall », sa thèse de doctorat sous-titrée « Une histoire culturelle de la musique noire en Amérique » qui est devenu un ouvrage de référence dans le jazz.

Récemment en France on l’a écouté en solo mais c’est en trio qu’il vient à l’Amphi de l’Opéra de Lyon. Le 03 novembre 2018, il est annoncé avec son fils Leo Sidran chanteur et batteur et avec le bassiste Billy Peterson. Un jazz qui fait se rencontrer tradition et modernité.

Hailu Mergia

La venue du claviériste Hailu Mergia à l’Amphi de l’Opéra de Lyon le 22 novembre 2018 à 20h  constitue un évènement à ne pas rater.

Figure légendaire de l’éthio-jazz Hailu Mergia est un des claviéristes les plus respectés de la scène éthiopienne d’Addis-Abeba des années 70 où jouent aussi des musiciens comme Mulatu Astatke, Alémyahu Esthete ou Girma Bèyènè. Arrangeur et pianiste du fameux Walias Band pionnier de l’éthio-jazz, il fuit le régime meurtrier de Mengistu et trouve refuge aux États-Unis en 1981 où il exerce le métier de taxi et continue à pratiquer la musique.

En 1985, il enregistre « Hailu Mergia And His Classical Instrument », un album où il joue lui-même de tous les instruments, accordéon, Rhodes, synthétiseur et boîte à rythmes. En 2013, le label Awesome Tapes From Africa édite à nouveau cet album solo qui connait alors un énorme succès et relance sa carrière musicale.

Son dernier projet réunit deux autres musiciens, le bassiste éthiopien Alem Kebede et le batteur culte du groupe de reggae Culture, Ken Joseph. Leur nouvel album, « Lala Belu », est d’une vitalité étonnante et propose une vision totalement contemporaine de cet éthio-jazz que Hailu Mergia ne cesse de réinventer.

Le tonique septuagénaire Hailu Mergia (orgue, rhodes, accordéon, mélodica) vient à l’Amphi avec Alemseged Kebede Anissa (basse électrique) et Kenneth Courtney Joseph (batterie).

22 novembre 2018, un moment à vivre pour découvrir la version renouvelée de l’ethio-jazz que propose les claviers et l’accordéon du leader Hailu Mergia et les gammes pentatoniques de l’éthiojazz. Au programme de la soirée, rythmes envoutants et musique hypnotique.

Marc Ribot’s Ceramic Dog

Figure essentielle et incontournable du jazz américain Marc Ribot n’en finit pas d’étonner et d’enthousiasmer. Sa venue à l’Amphi de l’Opéra de Lyon le 30 octobre 2018 à 20h fait partie de ces moments mobilisateurs pour tous ceux qui apprécient les musiques innovantes.

Précision importante, pour des raisons artistiques, le concert initialement prévu le samedi 1er décembre à 20h est avancé au vendredi 30 novembre à 20h.

Marc Ribot bientôt dans les RV de novembre 2018 de l'Opera UndergroundGuitariste célèbre de la scène underground new-yorkaise. Marc Ribot s’est fait connaitre du grand public en collaborant avec Tom Waits, Elvis Costello et John Zorn. Ses projets personnels passent de la musique d’avant-garde aux rythmes latins postmodernistes de ses Cubanos Postizos récemment écoutés aux Nuits de Fourvière.

Celui qui a dynamité les frontières des styles et promène son jazz dans des paysages variées, se présente le 30 octobre 2018 à  la tête de Ceramic Dog, son power trio dont on a apprécié le dernier album  « YRU Still Here ? » (Enja Yellow Bird/L’autre Distribution) sorti le 28 mai 2018. A ses côtés, le bassiste Shahzad Ismaily et le batteur Ches Smith.

Le trio propose un pamphlet politique vigoureux, avec des textes irrigués d’une colère portée à son paroxysme par une musique qui se profile entre rock, folk, funk et blues.

Le 30 octobre 2018, Marc Ribot promet une soirée de jazz hors norme. Les convulsions de la musique enragée et paroxystique de Ceramic Dog risquent d’enflammer la passion des spectateurs présents sur les gradins de l’Amphi de l’Opéra de Lyon.

Autres « Ailleurs Musicaux »

Meridian Brothers

Le 06 novembre 2018 à 20h, les Meridian Brothers avec le quatuor Wassily présentent une création pour l’Opéra Underground.

RV de Novembre 2018 de l'Opera Underground avec Meridian BrothersLors de cette soirée à l’Amphi de l’Opéra de Lyon, le quintet du musicien colombien Eblis Alvarez présente une version de son album ¿Dónde Estás María? avec des arrangements pour quatuor à cordes écrits spécialement pour le quatuor Wassily.

Le quatuor Wassily est en résidence à l’Opéra durant toute la saison 2018/2019. Les violonistes Antoine Brun et Marine Faup-Pelot, l’altiste Dominik Baranowski et le violoncelliste Raphaël Ginzburg se sont déjà produits sur la scène de la Grande Salle de l’Opéra de Lyon le 17 octobre 2018 dans le cadre de la soirée Porteños aux côtés du chanteur et clarinettiste Daniel Melingo.

Le guitariste Eblis Alavarez est un des acteurs les plus importants de la nouvelle scène de Bogota. Il a étudié le jazz et la musique classique puis la composition électronique au Danemark. Il a redécouvert ensuite les musiques tropicales populaires de Colombie dont il a fait la matière première de ses expérimentations avec les Meridian Brothers. Autour du guitariste et chanteur, le groupé réunit Mauricio Ramirez (batterie percussions), Maria Valencia (saxophone, claviers), Cesar Quevedo (basse) et Alejandro Forero (claviers).

Le 06 novembre 2018 le quintet Meridian Brothers et le Quatuor Wassily promettent une soirée festive aux croisées des musiques savantes et populaires de l’Amérique Latine. A prévoir, accents psychédéliques imprégnés de cumbia, salsa, chicha et merengue et enrichis des arrangements pour cordes.

Vaudou Game

A 20h, le chanteur guitariste togolais Peter Solo et son collectif Vaudou Game sont les invités de l’Amphi de l’Opéra pour la soirée du 09 novembre 2018.

RV de Novembre 2018 de l'Opera Underground avec Meridian BrothersPeter Solo est natif de d’Aného-Glidji, haut-lieu de la culture vaudou. Durant les rituels vaudou sont employées des gammes particulières. Le guitariste en utilise les harmonies intégrées par lui dans une musique qui emprunte beaucoup à l’afro-funk des années 70. Sa musique rappelle aussi que les rituels étaient à l’origine dévolus à la nature et à ses éléments, ses forces. L’Air est l’élément auquel se réfère Peter Solo.

Dans la musique vaudou pas d’instruments harmoniques, pas de kora ni de balafon, les chants sont seulement accompagnés par les peaux des tambours. Dans Vaudou Game, le chant et la guitare du leader sont accompagnés la batterie de Gilbert Ai-Nho, la basse de Gaétan Ahouandjogbe, les saxophones et les percussions de Ghislan Paillard la trompette et les percussions d’Aurélien Joly, les claviers et la guitare de Jérémy Garcia. Tous les musiciens donnent de la voix pour accompagner le chant de Peter Solo.

Pour la soirée du 09 novembre 2018, groove hypnotique et énergie débridée garantis. Vaudou Game, c’est la certitude de vibrer en rythme et de se dégourdir les jambes.

Avec la récente vidéo de l’Anniversaire, pour se mettre dans la tonalité de la soirée…

Le Havre en chanson

Le 10 novembre 2018 à 20h l’Amphi de l’Opéra de Lyon accueille « Le Havre en Chansons ».

Il s’agit de la cinquième conférence du cycle “Musiques portuaires” organisé en partenariat avec l’Opera Underground de Lyon et le Centre des Musiques Traditionnelles Rhône-Alpes.  Ainsi après le rebetiko, les musiques afro-colombiennes, celles de Buenos-Aires et de Valparaiso, le cycle explore les chants de marins du Havre.

La soirée propose une restitution jouée, chantée et parlée d’une enquête minutieuse menée auprès des Havrais. Avec trois musiciens ethnologues Michel Colleu, collecteur, chanteur, instrumentiste (violon, vielle, concertina), Marc Blondel (collecteur, chanteur, flûtiste) et Bernard Subert (chanteur, transcripteur, clarinettiste) renaissent les chants et cris des matelots de la marine marchande et des vendeurs ambulants, les chants des marins baleiniers, long-courriers et ouvriers.

Un patrimoine sonore et musical précieux mis à portée d’oreilles le 10 novembre 2018 à l’Amphi de l’Opéra de Lyon.

Kamilya Jubran et Sarah Murcia

Après sa venue récente et fort appréciée aux côtés de Louis Sclavis, la contrebassiste Sarah Murcia est de retour le 21 novembre 2018 à 20h à l’Amphi de l’Opéra de Lyon avec la chanteuse et oudiste Kamilya Jubran.

RV de Novembre de l'Opera Underground avec Kamilya Jubran et Sarah Murcia

Kamilya Jubran et Sarah Murcia © Marc Domage

La chanteuse et oudiste Kamilya Jubran et la contrebassiste et compositrice Sarah Murcia se connaissent depuis plus de 15 ans. Elles se sont rencontrées en 1998 au sein de la formation palestinienne « Sabreen ». Aujourd’hui les deux leaders proposent le nouveau répertoire de leur projet « Habka » entourées d’un trio de cordes constitué de Régis Huby (violon), Guillaume Roy (alto), Atsushi Sakaï (violoncelle), tous trois membres du quatuor Ixi, un collectif soudé d’improvisateurs virtuoses.

La oudiste et la contrebassiste ont approfondi leur écriture et leur rapport à l’improvisation. Elles reviennent avec une musique puisée aux sources des musiques arabes, des musiques improvisées et des formats classiques.

Le 21 novembre 2018, Kamilya Jubran et Sarah Murcia présentent leur musique intense et très personnelle aux confluences de plusieurs mondes. Un univers à distance des clichés exotiques trop souvent associés à la musique arabe.

Une fois encore en novembre 2018, l’Opéra Underground programme des musiques où tradition et innovation font bon ménage. Les musiques populaires croisent des langages plus modernes. L’Autre Scène de l’Opéra propose à la fois des valeurs sûres et des artistes à découvrir. Il y en a pour toutes les sensibilités!

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Clin d’œil à The Amazing Keystone Big Band & We Love Ella

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Hommage à Ella Fitzgerald

The Amazing Keystone Big Band revient le 19 octobre 2018 avec « We Love Ella ». Les dix-sept musiciens de l’orchestre et la chanteuse Célia Kaméni tentent de réinventer quelques grands succès de la légendaire Ella Fitzgerald.

couverture de l'album We LOve Ella par The Amazing Keystone Big BandAprès « Pierre et leLloup et le Jazz « , « Le Carnaval Jazz des Animaux » et « Django Extended » et « Monsieur Django et Lady Swing », les deux disques sur Django Reinhardt, The Amazing Keystone Big Band propose « We Love Ella » (Nome/L’Autre Distribution), un projet qui rend hommage à la chanteuse Ella Fitzgerald.

Les dix-sept musiciens et la chanteuse Célia Kaméni célèbrent en 2018 celle qui aurait eu 100 ans en 2017. Pour l’occasion les quatre directeurs musicaux ré-arrangent à leur manière les plus grands succès d’Ella Fitzgerald qui aimait lover sa voix au cœur des big bands, comme elle le fit avec celui du batteur Chick Webb, puis avec ceux de Duke Ellington et Count Basie.

Pour les adultes, les neuf titres de « We love Ella »

En cinquante-cinq minutes, The Amazing Keystone Big Band et Célia Kaméni reprennent les grands titres que la « First Lady of Swing » a fait swinguer. Sur la plupart des plages on peut écouter les chorus ébouriffants de quelques-uns des musiciens du big band et l’on aurait apprécié que les solistes s’expriment plus longtemps.

L’album ouvre avec deux titres qu’Ella FItzgerald a enregistrés avec Louis Armstrong, le rutilant A Woman is A Sometime Thing composition de Gershwin tirée de l’opéra « Porgy & Bess » et la ballade Moonlight in Vermont. Le répertoire se poursuit avec Blues in the Night suivi de Old Devil Moon pris sur un rythme latinisant où la voix de tête de la chanteuse lisse le chant qui perd en chaleur.

Pris sur un tempo très ralenti, loin de la version enregistré par Ella FItzgerald en 1961, la superbe composition de Mel Torme, Born to Be Blue, met en valeur l’intonation cajoleuse de la chanteuse servie par une soyeuse orchestration

A Tisket A Tasket prend des airs de ragtime et dépayse le morceau du côté de La Nouvelle-Orléans. Dans la voix de Célia Kaméni on retrouve quelques inflexions de la grande Ella FItzgerald que la légendaire chanteuse a enregistré en 1938 avec l’orchestre de Chick Web.

 It Ain’t Necessarily So swingue même s’il manque un peu de flamboyance. Stompin’At the Savoy regarde du côté de l’esthétique West Coast et permet de savourer une prestation instrumentale bienvenue avant que la voix ne se retrouve au centre de l’attention sur Bess’ Scat, le dernier titre de l’album. Un scat bien maîtrisé de Célia Kaméni qu’accompagnent piano, contrebasse et batterie ensuite rejoints par le big band étincelant.

Pour les enfants… « La voix d’Ella »

couverture de l'album La voix d'Ella par The Amazing Keystone Big BandThe Amazing Keystone Big Band n’oublie pas les plus jeunes avec l’album « La voix d’Ella », un conte musical joyeux et ludique. L’histoire est écrite par Philippe Lechermeier, illustrée par Amanda Minazio et racontée par Vincent Dedienne.

Célia Kaméni incarne la voix de Bess. La jeune héroïne vit dans un orphelinat d’Alabama, où elle découvre un jour la voix d’or de la grande Ella Fitzgerald. Elle n’aura alors plus qu’un seul rêve… chanter comme Ella. Pas facile quand on est noire en 1953, mais les épreuves donnent du courage à Bess.

« We Love Ella » et « La voix d’Ella », deux projets discographiques qui rendent hommage à Ella Fitzgerald, cette incontournable icône du jazz… et font naître l’envie de visiter son site pour apprécier la voix unique de celle qui demeure « The First Lady of Song.

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