Clin d’œil à Claudio Miotti et « CLAXXX »

Timbres contrastés entre rage et nuage

Sur l’album « CLAXXX », le trio du guitariste Claudio Miotti présente une musique singulière. La guitare baryton du leader s’unit aux clarinettes lyriques de Matteo Pastorino et au solide groove de la batterie de Jean-Baptiste Pinet. Entre rock rageur et jazz nuageux la musique hésite et privilégie les contrastes.

Sorti le 26 octobre 2018, l’album « ClaXXX » (Auand/jazzos.com) est porté par le guitariste Claudio Miotti qui réunit autour de lui Matteo Pastorino (clarinette et clarinette basse) et Jean-Baptiste Pinet (batterie).

Le disque résonne du son profond de la guitare baryton, des graves chaleureux de la clarinette basse, des voltiges aériennes de la clarinette et du drumming puissant de la batterie. Il en résulte une musique ancrée à la fois dans le rock et dans le jazz. Tour à tour soliste ou soutien, la guitare baryton de leader chemine entre la rythmique puissante impulsée par la batterie et les envolées lyriques ou explosives des clarinettes.

Claudio Miotti

Après avoir été conquis par la vague grunge des années 90, le jeune florentin Claudio Miotti préfère la guitare au piano. Il découvre ensuite Michael Brecker et « Steps Ahead » et le voilà attiré par le jazz qu’il étudie à Rome en même temps qu’il suit des cours d’arrangement. Installé à Paris, en 2003, il suivi des masterclasses (Dave Liebman, Louis Sclavis, René Urtreger et Daniel Humair) au Conservatoire National Supérieur de Paris ainsi que des cours de Patrick Moutal sur la musique indienne.

Au fil de ses diverses collaborations artistiques et d’écoute musicales élargies (Wes Montgomery, Bill Frisel, Don Byron, …) Claudio Miotti se forge une vision multifocale de la musique et découvre la guitare baryton qu’il adopte.

« Utiliser la guitare baryton et enlever la basse » lui permet alors d’envisager « plus d’expérimentation ».

Après avoir eu l’occasion de jouer aux côtés de Matteo Pastorino dans diverses formations, il conçoit un répertoire pour un trio à l’instrumentation quelque peu inédite. Guitare baryton du leader, clarinettes soprano et basse de Matteo Pastorino dont on a pu apprécier en novembre 2017 le jazz chambriste de « Suite for Modigliani » et fûts et cymbales de Jean-Baptiste Pinet, batteur du quartet de Pastorino.

« CLAXXX »

Couverture de l'album CLAXXX de Claudio MiottiEnregistré les 08 et 09 avril 2017 au Studio Aeronef à Paris par Antoine Karacostas, l’album « CLAXXX » a été mixé et masterisé le 02 septembre 2017 au Bass Hit Recording Studio de New-York par Dave Darlington. Il est sorti le 26 octobre 2018 chez Auand Records.

Claudio Miotti, Matteo Pastorino et Jean-Baptiste Pinet interprètent un répertoire de 11 titres tous composés par le leader dont l’écriture laisse émerger l’ensemble de ses influences (rock, jazz fusion, …). Le rappeur Raajaajee les rejoint sur une seconde version du thème éponyme.

Le registre de la guitare baryton permet à Claudio Miotti de se passer de guitare basse et d’endosser alternativement le rôle de guitariste soliste pour dialoguer avec la clarinette et celui de bassiste pour soutenir les lignes mélodiques lyriques de la clarinette soprano ou faire écho aux graves boisés de la clarinette basse. La réactivité permanente du batteur participe pour beaucoup à la cohésion de ce trio complice.

Au fil du répertoire

Si l’album diversifie les climats, la recherche rythmique et harmonique prévaut sur la dimension mélodique assurée en grande partie par la musicalité et le lyrisme de Matteo Pastorino.

A juste raison, l’album porte le titre du morceau qui accroche dès la première écoute. Il est en effet impossible de résister au motif musical réitératif de la clarinette qui surfe sur la lame de fond musicale que poussent la batterie et la guitare baryton sur ClaXXX. On se  laisse aussi embarquer par la version rap du même titre chanté par Raajaajee en fin d’album.

On se laisse porter par la mélancolie lyrique de Pussycat où le souffle de la clarinette lyrique et les accords délicats de la guitare font bon ménage. On en pince aussi pour le climat angoissant que la clarinette impulse sur Tête à Tête avec la bête et pour l’improvisation lumineuse et dépaysante de la guitare baryton dont la sonorité évoque celle d’un steel-drum.

Sur Ether l’oreille est accrochée par les contrastes entre la pureté du son de la clarinette et la flamme rageuse de la guitare. On est aussi séduit par les oppositions notables qui vibrent sur Encore. Le climat blues rock impulsé par la rythmique musclée tranche avec les douces effervescences pleines de souplesse des deux instruments solistes.

Malgré la coloration bucolique et sereine de la clarinette qui éclaire Visages, le morceau demeure esquissé. De la même manière, Mena flotte un peu et manque de substance même si les inflexions contrastées des solistes séduisent l’oreille. On applaudit par contre à la transformation du climat paisible de Deep en un chant saturé auquel un solo de batterie bienvenu impulse une énergie bouillonnante.

En revanche, Rocco Akhba, le morceau au profil rock-enfolké manque quelque peu de force narrative, même si l’on perçoit la complicité qui unit guitare et batterie. Pour finir, on se laisse dépayser avec bonheur par le climat envoûtant et sensible instauré par la clarinette basse et la guitare baryton sur Bahane qui termine sur un nuage de poésie.

 
Pour vivre live la musique de « CLAXXX », RV à 20h30 le 27 novembre 2018 au Sunset à Paris avec Claudio Miotti (guitare baryton), Matteo Pastorino (clarinette et clarinette basse) et Jean-Baptiste Pinet (batterie).
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