Steen Rasmussen Quinteto publie « Canta »

Steen Rasmussen Quinteto publie « Canta »

Swing voluptueux et subtiles harmonies

Le 19 octobre 2018, Steen Rasmussen Quinteto livre « Canta ». Un swing absolu s’écoule des douze plages de cet album joyeux et tendre. Une douce sensualité imprègne les délicates mélodies et les subtiles harmonies de cet opus inspiré des musiques du Brésil.

Autour du Steen Rasmussen Quinteto, l’album « Canta » (Stunt Recors/Una Volta Music) réunit une pléiade de vocalistes et d’instrumentistes. Ils mettent leurs talents au service de ce délicieux opus qui sonne brésilien jusque dans les moindres détails.

L’exquise saudade brésilienne est intégrée dans des rythmes sophistiqués au swing fluide et souple. De somptueuses harmonies surgissent au détour des portées et teintent la musique d’une délicate sensualité et d’une douce nostalgie.

Steen Rasmussen

Steen RasmussenLe pianiste et compositeur danois Steen Rasmussen n’en est pas à son coup d’essai. En effet depuis plusieurs années il cultive avec réussite son goût pour la musique brésilienne.

Après avoir écouté les plus grands noms de la musique du Brésil, de João Donato à Toquinho en passant par Antonio Carlos Jobim, Tania Maria, Djavan, Joyce et Elis Regina, il a adopté l’ensemble des styles musicaux du Brésil, de la bossa nova à la samba en passant par la « musique populaire brésilienne ».

On est presque tenté de dire qu’il compose et joue comme le ferait un natif du Brésil.

Steen Rasmussen Quinteto

Steen Rasmussen QuintetoLe quintet du leader existe depuis 2007. Il réunit autour de Steen Rasmussen (piano, claviers, harmonica & voix) la tromboniste Lis Wessberg, le bassiste Fredrik Damsgaard, le batteur Jonas Johansen et le percussionniste Jacob Andersen. Le groupe tourne régulièrement au Danemark, en France, en Espagne, en Equateur, en Colombie et au Brésil.

Parmi les réussites discographiques du Steen Rasmussen Quinteto on peut citer « Lo Mejor de Cada Casa » signé en 2013 avec le guitariste et chanteur Leo Minax. Cet album lui a valu un franc succès au Danemark mais aussi à l’international.

En 2015 il enregistre « Presença » à Rio de Janeiro avec Paulo Braga qui a joué un rôle essentiel dans l’évolution de la batterie brésilienne dans les années 70 et a longtemps joué avec Antonio Carlos Jobim et Elis Regia avec lesquels il a enregistré « Elis & Tom ». Il s’est aussi illustré dans le jazz aux côtés David Sanborn, Eliane Elias, Joe Henderson, Pat Metheny et Michael Brecker.

« Canta »

couverture de l'album Canta par Steen Rasmussen QuintetoLes compositions inventives du leader sont mises en valeur par l’interprétation du quinteto mais aussi par les interventions des invités de choix que Steen Rasmussen a su convaincre de participer à l’album « Canta ».

On retrouve les voix de la fameuse chanteuse brésilienne Joyce Moreno, de la chanteuse italienne Barbara Casini qui a joué avec Stefano Bollani et Enrico Rava, de la chanteuse suédoise Josefine Cronholm, de Leo Minax, chanteur brésilien adopté par Madrid, des vocalistes danois Marie Carmen Koppel, Caroline Franceska et Mark Linn.

Joyce Moreno et Barbara Casini interviennent par ailleurs au titre de guitaristes sur les thèmes qu’elles interprètent. D’autres instrumentistes prêtent aussi leur concours à « Canta » parmi lesquels on peut citer entre autres noms ceux de Hans Ulrick au saxophone ténor et Alfonso Correa au berimbau.

Impressions musicales

L’album propose un répertoire de douze titres parmi lesquels figurent deux morceaux instrumentaux. Interprété en trio piano-basse-batterie, Snowflakes in Calle Leon sied au crépuscule. En accord avec son titre, la musique suggère la légèreté et la douceur des flocons de neige et séduit les amateurs de ballades.

Joué en quartet piano-contrebasse-batterie-percussions, Canta sonne comme un forró et charme par la souplesse de sa rythmique et la fluidité du jeu pianistique.

Avec Nothing like the Sun, Steen Rasmussen signe une sorte d’afro-samba sur laquelle Joyce Moreno pose ses douces onomatopées arpégées avant de se lancer dans un chorus lumineux que stimule le triangle. Le trombone double la voix et le piano improvise avec légèreté. Cette composition rappelle l’influence de João Donato et incite à la danse.

Avec une douce sensualité, Barbara Casini pose sa voix sur Un Altro Sogno, une bossa nova chantée en italien et étirée par les cordes des instruments de Bjarke Falgren (violon, alto et violoncelle). Le piano élégant prend un solo langoureux et l’on chavire dans une rêverie empreinte de saudade. Estrela Quente met en valeur le chant de Leo Minax que le trombone cuivre de mélancolie. Le piano construit son improvisation sous la voûte céleste étoilée.

Baião para Cafe Central célèbre le légendaire club de jazz de Madrid, le « Cafe Central », sur un rythme du Nordeste brésilien, le baião. La voix claire de Josefine Cronholm voltige en symbiose avec le trombone. A leur suite, le pianiste se fait trapéziste et prend un solo aérien. Le scat ensorcelant de la chanteuse relance la danse, épaulée par les percussions et la batterie volcanique.

Joyce Moreno et Leo Minax conjuguent l’harmonie sur Accelera, une plage joyeuse dont le balanço est accompagné par le contrechant du trombone qui promène sa coulisse sur la spirale musicale. Il souffle un chorus chaleureux qui donne envie de se lover entre les portées de la partition pour mieux étreindre la musique dansante.

Les volutes du saxophone ténor de Hans Ulrik brodent la ligne diaphane de la voix de Barbara Casini. Berimbao, cymbales et percussions parsèment leurs interventions sur la mélodie onirique de Homenagem A vida qui se densifie avec les brumes évanescentes du chorus du ténor nordique.

La voix acidulée de Caroline Francesca expose la mélodie puis dialogue avec le trombone sur Balançando qui groove d’une douce nonchalance. Le vocaliste Mark Linn fait planer un parfum aux effluves asiatiques sur Distrito Chinês, une bossa nova planante qui ondule sur les cordes de la contrebasse.

Les deux derniers titres surprennent. Ils génèrent des climats plus contemplatifs. Après un duo introductif chargé de grâce entre la voix éthérée de Josefine Cronholm et le piano, Picture of Ocean dessine une ode à l’océan. Le trombone et la section rythmique raffinée évoquent le mouvement perpétuel des eaux. L’album se termine avec I surrender to you qui résonne comme un cantique chanté par la voix aux inflexions soul de Carmen Kappel accompagnée par les seuls claviers de Steen Rasmussen.

Porté par des échos venus du Brésil, l’album « Canta » charme par le mariage habile qu’il opère entre bossa nova, samba, rythmes brésiliens et jazz. Des mélodies délicates se balancent sur des rythmes dansants. De riches harmonies enchantent les couleurs d’une musique joyeuse dont la fluidité captive.

Youn Sun Nah signe « Waking World »

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Pour « Waking World », son onzième album, la chanteuse Youn Sun Nah propose un répertoire inédit. Onze titres aux climats fort différents dont elle signe paroles, musiques et arrangements. Sa voix de soprano invite à plonger dans son intimité. Un autoportrait introspectif où la noirceur des mots contraste avec la luminosité de la musique.

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Fred Hersch dévoile « Breath by Breath »

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Le pianiste et compositeur Fred Hersch signe « Breath by Breath », un album dont l’esthétique soignée s’inscrit entre musique classique et jazz raffiné. Le trio du pianiste instaure un véritable dialogue avec le Crosby Street String Quartet. Avec douceur et légèreté, la musique délicate respire et apaise.

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Arnaud Dolmen revient avec « Adjusting »

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Dans son nouvel opus, « Adjusting », annoncé pour le 28 janvier 2022, le batteur Arnaud Dolmen propose une musique complexe et incisive ancrée dans les rythmiques caribéennes et plus spécifiquement le gwoka guadeloupéen. En quartet avec ou sans piano, la batterie et la contrebasse complices croisent les notes avec trois saxophones ténors et des invités de choix. Un jazz libre et enivrant.

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Eric Le Lann et Paul Lay présentent « Thanks A Million »

Eric Le Lann et Paul Lay présentent « Thanks A Million »

Conversation musicale complice

« Thanks A Million » réunit Eric Le Lann et Paul Lay autour de la musique de Louis Armstrong. Le trompettiste et le pianiste unissent leurs expressions pour dire leur gratitude à cette figure légendaire et fondatrice du jazz. La conversation du duo fait résonner les échos du passé dans un univers moderne et élégant.

Une génération sépare le trompettiste Eric Le Lann du pianiste Paul Lay qui ont déjà joué ensemble dans le quartet du premier. Ils poursuivent aujourd’hui leur collaboration en duo sur l’album « Thanks A Million » (Gazebo/L’Autre Distribution) annoncé pour le 19 octobre 2018.

Le titre de l’opus reprend celui d’un morceau que Louis Armstrong jouait et aussi celui d’un disque que le fameux trompettiste a sorti en 1935 avec son orchestre.

« Thanks A Million »

Sur « Thanks A Million », Eric Le Lann et Paul Lay couverture de l'album "Thanks A Million" de Eric Le Lann et Paul Layexplorent quelques grands thèmes marqués à jamais par l’empreinte de Louis Armstrong. Cette figure de légende incomparable doit son succès, non à ses compositions plutôt rares mais à son jeu et à ses improvisations qui ont fondé son style.

Les duettistes font le choix de revisiter des titres qui ont marqué les années trente. Si quelques titres emblématiques de l’œuvre d’Armstrong figurent sur l’album  comme Dinah, Mack the Knife ou St. James Infirmary d’autres pièces moins connues sont au répertoire ainsi que Louison et Farewell to Louis, deux titres originaux composés par Eric le Lann pour le premier et par Paul Lay pour le second, tous deux dédiés au légendaire trompettiste néo-orléanais.

La direction artistique de l’album qui  sort sous le label Gazebo est assurée par Laurent de Wilde.

Duo trompette-piano

Eric le Lann et Paul Lay

Eric le Lann et Paul Lay©SimonTailleu

Eric Le Lann est familier du duo trompette-piano. Pour mémoire il a gravé « Trois Heures du Matin » (Twins/WMD) en 1996 avec le pianiste Michel Graillier et « Portrait in Black and White » (Plus Loin Music) en 2009 avec Martial Solal. En 2018, sur « Thanks A Million », sa trompette s’allie avec le piano de Paul Lay.

Les pistons de la trompette d’Eric Le Lann ont phrasé be-bop mais cette fois ils vibrent de la musique qu’il écoutait enfant lorsqu’il avait sept ans sur les 78 tours de son père et découvrait la musique d’Armstrong qu’il a joué ensuite jusqu’à l’âge de 15 ans.

Quant à Paul Lay il s’est penché sur la musique de Jelly Roll Morton et celle d’Earl Hines et … comme le jeune pianiste le dit, « qui dit Earl Hines dit Armstrong » puisqu’ils ont joué ensemble à de nombreuses reprises.

Ainsi réunis autour de la musique d’Armstrong le duo complice muse et s’amuse sur un répertoire qui saisit par son climat ludique et moderne.

Dix titres dédiés à Louis Armstrong

Certes un prisme vintage teinte les plages de l’album qui actualise pourtant avec modernité les mélodies sculptées par la trompette sur le fil harmonique et rythmique que déroule le piano.

L’album ouvre avec Dinah, que Satchmo jouait en hommage à Dinah Washington. Le discours élégant et ciselé de la trompette est accompagné par un piano qui regarde du côté stride en direction de Fats Waller mais se teinte de modernité. La sourdine sèche de la trompette et la caresse délicate du piano teintent Mack The Knife d’une mélancolie qui sied à la ballade de Kurt Weil.

Après avoir exposé avec sobriété le thème de Jubilee, la trompette déroule une improvisation au swing mordant qui laisse ensuite place à un solo moderne que le piano teinte de fantaisie. Joué en 1928 par le second Hot Five de Louis Armstrong, Tight like this est revisité par le duo. L’expression ample et éclatante de la trompette est accompagnée par le piano dans un style hérité d’Earl Hines. De riches subtilités harmoniques émaillent le chorus moderne de piano.

Le duo adopte la forme d’une ballade pour Thanks A Million que Louis Armstrong jouait sur un tempo de fox trot. Le climat se fait onirique et quelque peu pointilliste. La sourdine de la trompette pare Azalea d’une douce tristesse. Le thème de Duke Ellington devient un blues rêveur que les harmonies du piano soutiennent et enrichissent. Un tendre moment de souvenir que tisse avec délicatesse le duo complice.

Composé par Eric Le Lann, Louison se révèle d’une grande pureté mélodique et ménage un large espace de liberté au pianiste. Le duo interprète St James infirmary avec une précision et une délicatesse qui accentuent la dimension funèbre du morceau imprégné d’accents bluesy. Le duo réactualise et étire le tempo de la ballade I surrender Dear dont le raffinement mélodique suscite une émotion sensible.

L’album se termine avec Farewell to Louis. La composition de Paul Lay résonne comme une célébration respectueuse où la trompette élève une louange, un merci infini que les deux musiciens dédient à Louis Armstrong.

La talentueuse complicité qui unit Eric Le Lann et Paul Lay contribue au climat intime et confidentiel de « Thanks A Million ». Une musique raffine et élégante qui séduit par sa véracité et son modernisme. Elle honore et actualise de belle manière la mémoire et l’art de Louis Armstrong.

Pour écouter live Eric Le Lann et Paul Lay, des concerts se profilent. RV le 07 novembre 2018 pour la soirée de lancement au Bal Blomet à Paris et le 28 Novembre 2018 à Marseille à l’Hôtel C2. En 2019, le duo est invité à Rennes par le festival Jazz à l’Etage le 08 mars et le 05 avril à Coutances par le festival Jazz Sous les Pommiers.

Youn Sun Nah signe « Waking World »

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Fred Hersch dévoile « Breath by Breath »

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Arnaud Dolmen revient avec « Adjusting »

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Dans son nouvel opus, « Adjusting », annoncé pour le 28 janvier 2022, le batteur Arnaud Dolmen propose une musique complexe et incisive ancrée dans les rythmiques caribéennes et plus spécifiquement le gwoka guadeloupéen. En quartet avec ou sans piano, la batterie et la contrebasse complices croisent les notes avec trois saxophones ténors et des invités de choix. Un jazz libre et enivrant.

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Ricardo Del Fra dévoile « Moving People »

Ricardo Del Fra dévoile « Moving People »

Lyrisme puissant et émotions délicates

Après « My Chet My Song », Ricardo Del Fra revient le 19 octobre 2018 avec l’album « Moving People ». Dix compositions originales centrées autour des voyages et de l’espoir des populations en mouvement à la recherche d’un monde meilleur. Entouré par des musiciens venus de larges horizons le contrebassiste livre une œuvre musicale lyrique et chargée d’émotions.

Responsable du département Jazz et Musiques Improvisées au CNSMD de Paris depuis 2004, Ricardo Del Fra s’entoure de partenaires européens et américains pour son nouvel album « Moving People » (Cristal Records/Sony Music Entertainment) dont la sortie est annoncée pour le 19 octobre 2018.Couvrture de l'album Moving People de Ricardo Del Fra

Après avoir consacré « My Chet My Song », son précédent disque, à la musique de Chet Baker qu’il accompagna sur scène pendant 9 ans, le contrebassiste fait cette fois valoir ses talents de compositeur et d’arrangeur sur les dix pistes de son nouvel opus, « Moving People ». Entre mai, juin et juillet 2018, l’opus a été enregistré au studio La Buissonne de Pernes-les-Fontaines par Gérard de Haro & Anaëlle Marsollier, mixé par Gérard de Haro & Riccardo Del Fra et masterisé par Nicolas Baillard.

Un sextet acoustique invite une guitare électrique

Après avoir joué comme sideman auprès des plus grands comme Dizzy Gillespie, Sonny Stitt, Art Blakey, Kenny Wheeler, Lee Konitz, Dave Liebman et bien d’autres encore, RIcardo Del Fra s’entoure aujourd’hui de musiciens de haut vol auxquels il s’associe pour interpréter ses nouvelles compositions.

En position de leader, Ricardo Del Fra prend donc la tête d’un sextet qui réunit des musiciens de cinq nationalités différentes. Ils vont fédérer leurs expressions autour de son écriture. Autour de la contrebasse de Ricardo Del Fra, le pianiste français Carl-Henri Morisset et le batteur américain Jason Brown. Une mini section de cuivres réunit le saxophoniste français Rémi Fox (soprano et baryton), le saxophoniste allemand Jan Prax (soprano et alto) et le trompettiste polonais Tomasz Dabrowski.

Ce sextet acoustique post-bop invite la guitare électrique de l’Américain Kurt Rosenwinkel.

« Moving People »

Outre l’attention méticuleuse qu’il porte à l’écriture des mélodies, séquences harmoniques et rythmiques), Ricardo Del Fra distribue les partitions de son répertoire selon différents formats orchestraux pour faire sonner de différentes manières la substance de ses compositions.

Ainsi, il confie deux pièces au sextet et deux autres morceaux à un quintet où la guitare rejoint le piano, la contrebasse, la batterie et le saxophone soprano de Rémi Fox. Quatre titres sont  par ailleurs joués par le septet au complet. Enfin, la contrebasse interprète en solo deux autres compositions.

Drames- Sextet

Ressac, comme le mouvement des vagues qui se cassent sur le rivage et déposent-un enfant sans vie sur le sable. Une suite musicale avec un premier mouvement au tempo rapide où la trompette hard bop survoltée s’exprime librement dans un style incandescent puis un deuxième mouvement avec un solo de contrebasse plus apaisant. Pour finir un troisième mouvement plus court joué par le pianiste avec de nouvelles harmonies qui rappellent le thème abrégé par le groupe

Children Walking, bande musicale d’un film en ombres chinoises où la batterie guide les instruments dans un champ de mines. Les enfants jouent, se poursuivent puis advient l’explosion suivie de séquences musicales conflictuelles témoignages du drame.

Parenthèses - Quintet

Piano, contrebasse, batterie et le saxophone soprano de Rémi Fox invitent la guitare sur The Sea Behind, une ballade où les lignes d’espérance de la guitare croisent les arabesques du soprano et dessinent un possible avenir qui laisserait la mer loin derrière.

La même formation interprète Ephemeral Refractions, des impressions fugaces que le soprano aérien suspend aux cordes de la contrebasse à la sonorité dense et soignée.

Déplacement vers un ailleurs - Septet

Moving People où le chant boisé de la contrebasse chante une douce mélodie caressante reprise inlassablement par les cuivres et les autres musiciens sur des harmonies enrichies. Porteuse d’énergie la guitare dessine une spirale lyrique puis retour au thème apaisé. Moving People - Epilogue se profile comme un potentiel morceau de rappel qui reprend le thème de départ et porte regard en arrière un peu mélancolique.

L’orchestration colorée de Wind on An Open Book II, composition à l’ambiance bucolique, joue avec le tempo et instaure un dialogue enivrant entre guitare et soprano. Le livre du temps s’écoule d’hier à demain, jusqu’au croisement des rues inconnues de Street Scenes. La contrebasse expose une mélodie joyeuse, déstructurée et facétieuse qui entraîne les instruments dans une expression groupale interactive un peu folle.

Lumière - Contrebasse solo

En solo la contrebasse explore les lumières. Celle du feu sur Around Fire qui éclaire la nuit et transforme les peurs en espoirs. Celle de Cieli Sereni, ces cieux sereins enfin illuminés de l’espoir devenu réalité. Archet caressé dans le premier thème, cordes d’une contrebasse qui phrase comme une guitare sur le second thème au chant lumineux.

Les couleurs de la vie varient avec la temporalité et les espaces qu’elle traverse. Les dix plages de « Moving People » proposent dix moments musicaux comme des impressions captées au fil du temps. Des paysages figés dans des lieux que les personnes déplacées parcourent. Les instruments conjuguent leurs expressions sur la trame d’une écriture précise et sensible. Ils proposent des développements énergiques et rythmiques, délicats et éthérés pour évoquer le drame ou l’espoir.

Quelques RV pour retrouver Ricardo Del Fra et écouter le répertoire de « Moving People ».
A Metz- Les Trinitaires à 20h30 le 22 novembre 2018. A Paris au Sunside à 20h30 le 29 novembre 2018 avec Thibault Gomez au piano, le 30 novembre 2018 avec Bruno Ruder au piano et le 01 décembre 2018 avec le groupe de l’album réuni au complet.
Youn Sun Nah signe « Waking World »

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Fred Hersch dévoile « Breath by Breath »

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Arnaud Dolmen revient avec « Adjusting »

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Ray Lema signe « Transcendance »

Ray Lema signe « Transcendance »

Pour vivre la transe en danse

Ray Lema présente son nouvel album « Transcendance » annoncé pour le 19 octobre 2018. A la tête d’un sextet énergique, le pianiste exprime son amour pour la musique. Sur neuf titres inédits, son propos universel invite à un voyage au cœur des rythmes. Un condensé de joie pour vivre la transe en danse.

Après « VSNP - Very Special New Production » et « Headbug » (2016) enregistrés en quintet et « Riddles » (2016) en duo avec Laurent de Wilde, le pianiste et compositeur Ray Lema revient le 19 octobre 2018 avec « Transcendance » (One Drop/L’Autre Distribution).

L’album vibre d’une joyeuse pulsation de vie et transmet son amour de la musique, son goût pour la mélodie, son attachement au rythme, son intérêt pour la danse et la transe.

Autour du piano de Ray Lema

Pour son nouvel opus Ray Lema a réuni autour de lui cinq musiciens qui font partie de sa famille musicale. Une solide rythmique avec le bassiste Michel Alibo qui quitte sa basse électrique pour la contrebasse sur deux titres et le batteur Nicolas Viccaro. Un jeune guitariste brésilien qui joue avec lui depuis environ dix ans, Rodrigo Viana, le saxophoniste ténor Irving Acao et le trompettiste Sylvain Gontard, qui unissent la voix de leurs instruments à la sienne pour former une ligne de trois chanteurs, caractéristique des musiques congolaises qui ont bercé les jeunes années musicales du leader.

Sur la dernière plage de l’album Ray Lema convie deux flûtistes à rejoindre le sextet, Fredy Massamba aux flûtes pygmées et Jocelyn Mienniel à la flûte traversière et à la flûte piccolo

« Transcendance »

couverture de l'album Transcendance de Ray LemaA l’image de la couverture de l’album, Ray Lema se met à nu et se dévoile tout au long des neuf plages de son nouvel opus « Transcendance ».

Comme le pianiste l’exprime lui-même, il a eu « l’envie de faire simplement de la musique sans souci des catégories et des étiquettes, d’aller au-delà des appellations ».

Pour lui, « transcender ses peurs, ses tabous et son ego et se livrer sans retenue à l’expérimentation de l’amour permet à l’humain de goûter sa liberté ». A travers les neuf compositions originales de « Transcendance », Ray Lema dit son amour pour celle qui traverse sa vie et le nourrit… la musique.

Ray Lema a composé et interprété avec ses complices une musique qu’il a voulue sienne, un propos qui dépasse les styles et les genres et porte sa signature. Un jazz irrigué de sa science des rythmes et du groove.

En neuf étapes, « Transcendance » propose un voyage jazz entre transe et danse, ces deux éléments constitutifs de la musique de l’Afrique et des Caraïbes.

Impressions musicales

« Transcendance » dessine une mosaïque musicale de neuf titres où le piano et la voix de Ray Lema entrent en parfaite symbiose avec les musiciens réunis autour de lui.

Le titre éponyme, Transcendance, débute par un motif continu de basse. Ray Lema évoque brièvement l’amour si nécessaire à chacun et entame avec ses cinq comparses une mélodie teintée d’afro-beat qui évoque les couleurs musicales de Fela Anikulapo. Après un solo fougueux du saxophone ténor, s’instaure une sorte de transe collective portée par une section rythmique d’enfer.

On quitte l’Afrique pour la Caraïbe avec Zoukissa qu’ouvrent basse, batterie et piano. Saxophone et trompette exposent la mélodie chantante et laissent le champ libre à un solo enflammé de basse dont la fluidité enchante. Serein, le piano reprend la main puis s’engage une joute musicale complice entre ténor et trompette qui reviennent ensuite à un propos plus délicat.

Congo Rhapsody résonne comme un hymne musical habité par le jeu harmonieux et apaisé du piano. Ténor, trompette et piano chantent les quatre notes prégnantes de la mélodie avant que la batterie ne fasse gronder ses fûts et résonner ses cymbales. Calme et lumière reviennent à la toute fin.

Kivu’s Blues sublime les frontières entre les genres musicaux. La musique s’écarte des rivages de la technicité pour s’aventurer dans un paysage coloré et sensible. Soutenue par les contrechants nostalgiques de la trompette et du saxophone, la guitare sauvage décolle et se lance dans un chorus déchiré. Sa tonalité bluesy évoque le conflit qui affecte l’est de la République Démocratique du Congo et sa population sacrifiée.

Le piano swingue avec délicatesse accompagné par la profonde et chaleureuse contrebasse sur Anouk, subtile et poétique ballade dédié à Anouk Khélifa, qui a écrit les paroles des deux titres chantés de l’album. Le tempo se fait plus musclé sur Sin aux accents qui balancent entre funk et rock. La voix du leader slamme sur la ligne de basse puis la guitare éraillée propulse le solo torride du ténor au punch débordant.

Le piano poursuit et lance la mélodie de 3ème bureau comme une ritournelle que reprend la voix. La rumba s’installe doucement et décline ses couleurs et ses rythmiques afro caribéennes qu’illumine le solo de la trompette voltigeuse. Après la brillance de ce morceau dansant advient Le Bout du Chemin. Sur cette courte pièce mélancolique, voix, piano et guitare évoquent l’errance sans fin de la triste caravane des migrants.

L’album se termine avec Chimères et son climat onirique. La contrebasse déroule une ligne musicale et invite les flûtes pygmées, traversière et piccolo. Les accords discrets du piano les accompagnent dans leur promenade au cœur de la forêt africaine.

« Transcendance » concentre les piliers de la foi musicale de Ray Lema. Un cocktail équilibré de rythmes au groove profond, de danses proches de la transe, de mélodies simples et chantantes. Une musique universelle qui dépasse les frontières des genres et portent son empreinte, sa signature.

 
Pour écouter live la musique de « Transcendance », RV avec Ray Lema à 20h30 le 21 novembre 2018 à Paris à La Petite Halle qui ouvre une résidence de trois jours à l’artiste.
Youn Sun Nah signe « Waking World »

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Arnaud Dolmen revient avec « Adjusting »

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Clin d’œil à Hubert Dupont & Smart Grid

Clin d’œil à Hubert Dupont & Smart Grid

Echanges incisifs aux accents fougueux

Après son projet « Golan-Al Joulan », le contrebassiste Hubert Dupont revient à la tête d’un quartet saxophone alto-piano-contrebasse-batterie. Via le titre de son album, « Smart Grid », le leader confirme une évidence, le jazz serait affaire de réseau intelligent. La nouvelle est bonne même si elle n’est pas vraiment neuve. Hubert Dupont replonge dans les flux de la musique improvisée pour le meilleur.

Attendu pour le 25 octobre 2018, l’album « Smart Grid » (Ultrabolic/Musea) marque le retour du contrebassiste Hubert Dupont au quartet saxophone alto-piano- contrebasse-batterie après les deux albums « Golan-Al Joulan Vol 1 » (2016) et « Golan-Al Joulan Vol 2 » (2017).

Déjà présent onze ans plus tôt aux côtés d’Hubert Dupont, sur « Spider’s Dance » (2007), le pianiste Yvan Rebillard est de nouveau de l’aventure. Le saxophoniste alto Denis Guivarc’h et le batteur Pierre Mangeard les rejoignent.

Le jazz vit d’interactions intelligentes

Tout organisme vivant, système ou société évolue via un réseau par lequel transite ce qui permet le développement de la vie végétale, animale, systémique ou sociétale. En intitulant l’album « Smart Grid », Hubert Dupont reprend la métaphore et la transpose au groupe de jazz. Il renforce même le propos en ajoutant le maillage symbolique d’un réseau sur toutes les pages de l’album et sur le disque lui-même…

… un groupe de jazz vit à travers ses interactions et c’est encore mieux si les échanges se font de manière intelligente !

« Smart Grid »

couverture de l'album Smart Grid du contrebassiste Hubert DupontSur « Smart Grid » circule un jazz fougueux et tranchant.

De fait, l’écoute de l’album confirme ce que le titre annonce, l’énergie et la créativité musicale circulent sans obstacle entre les quatre points du réseau/quartet et cela fonctionne même plutôt bien. Entre Dupont, Guivarc’h, Robilliard et Mangeard, les interactions sont productives. Les compositions se développent et prennent belle tournure au fil d’ardents échanges et d’improvisations fougueuses qui jaillissent et rebondissent de l’un à l’autre.

Hubert Dupont assume la totalité des compostions qu’il dirige par ailleurs avec une grande autorité. Six titres sur lesquels le quartet pratique une musique stimulante aux accents véhéments.

Capté live salle Jacques Brel à Fontenay-sous-Bois en 2017, l’enregistrement restitue une musique stimulante et incisive interprétée par des solistes virtuoses. Leur propos musical interactif témoigne d’une connivence très contrôlée.

Impressions musicales

On savoure avec un délice infini l’improvisation vigoureuse que développe l’avide alto sur Greed et l’on apprécie le chorus chantant de la contrebasse qui chante l’allégresse sur Eoliane. On frémit aux interpellations toniques et sportives qu’échangent saxophone et piano sur Helliptic.

La contrebasse bruitiste, les phrases éthérées du piano et les notes vaporeuses de l’alto font régner un climat d’apesanteur sur le mystérieux Recondition. La pulsation impaire qu’impulse la batterie de sa frappe sèche et crépitante sur Pendulair déclenche un solo nerveux du piano suivi de l’emballement débridé de l’alto. La tension règne et fascine.

La magie de Wonder réside en son climat particulier. Contrebasse, piano et batterie jette les fondations d’une construction incertaine. On en saisit mieux les formes lorsque l’alto ordonne les lignes et noue son discours avec le piano avant de se lancer dans d’étourdissantes et fulgurantes acrobaties jubilatoires…

 

Pour écouter live Hubert Dupont (contrebasse), Denis Guivarc’h (saxophone alto), Yvan Robilliard (piano) et Pierre Mangeard (batterie), RV à 20H30 le 25 octobre 2018 au Studio de l’Ermitage à Paris pour le concert de sortie de l’album « Smart Grid ».

Youn Sun Nah signe « Waking World »

Youn Sun Nah signe « Waking World »

Pour « Waking World », son onzième album, la chanteuse Youn Sun Nah propose un répertoire inédit. Onze titres aux climats fort différents dont elle signe paroles, musiques et arrangements. Sa voix de soprano invite à plonger dans son intimité. Un autoportrait introspectif où la noirceur des mots contraste avec la luminosité de la musique.

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Fred Hersch dévoile « Breath by Breath »

Fred Hersch dévoile « Breath by Breath »

Le pianiste et compositeur Fred Hersch signe « Breath by Breath », un album dont l’esthétique soignée s’inscrit entre musique classique et jazz raffiné. Le trio du pianiste instaure un véritable dialogue avec le Crosby Street String Quartet. Avec douceur et légèreté, la musique délicate respire et apaise.

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Arnaud Dolmen revient avec « Adjusting »

Arnaud Dolmen revient avec « Adjusting »

Dans son nouvel opus, « Adjusting », annoncé pour le 28 janvier 2022, le batteur Arnaud Dolmen propose une musique complexe et incisive ancrée dans les rythmiques caribéennes et plus spécifiquement le gwoka guadeloupéen. En quartet avec ou sans piano, la batterie et la contrebasse complices croisent les notes avec trois saxophones ténors et des invités de choix. Un jazz libre et enivrant.

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Crossover#5… Plucked’N Dance – Violaine Cochard-Edouard Ferlet

Crossover#5… Plucked’N Dance – Violaine Cochard-Edouard Ferlet

Pérégrinations dansantes

Après « Bach Plucked-unplucked », la claveciniste Violaine Cochard et le pianiste Édouard Ferlet proposent « Plucked’N Dance ». Le duo clavecin-piano développe un programme instrumental sur le thème de la danse, à travers pays, époques et styles variés. Pérégrinations dansantes dans des univers dépaysants.

L’album « Plucked’N Dance » (Alpha Classics/Outhere Music) dont la sortie est annoncée pour le 12 octobre 2018, marque les retrouvailles discographiques de Violaine Cochard et Edouard Ferlet.

La claveciniste baroque et le pianiste de jazz s’aventurent cette fois hors des chemins dévolus à Bach autour duquel ils s’étaient réunis sur leur précédent opus, « Bach Plucked-unplucked » (2015).

Croiser les univers musicaux

Si Violaine Cochard et Edouard Ferlet excellent chacun dans son propre domaine d’expression, tous deux s’aventurent hors des frontières de leur univers musical pour découvrir, investir et lancer des ponts en direction d’autres mondes.

Sur « Inspiration Baroque » Violaine Cochard et l’Ensemble Amarillis ont croisé leurs notes avec celles du trio jazz de Louis Sclavis. Édouard Ferlet quant à lui continue à converser avec Jean-Sébastien Bach. En effet, après « Think Bach » (2011) il a enregistré en 2017 le splendide « Think Bach Op.2 ».

« Plucked’N Dance »

Sur ce nouvel album, les deux complices s’éloignent de Bach pour plonger leur inspiration sur le thème de la danse. Le répertoire de « Plucked’N Dance » parcourt les époques, les styles et les pays, de l’Espagne à la Russie en passant par l’Angleterre, la Hongrie, la France la Turquie et l’Italie.

Ainsi, entre 13ème et 20ème siècle, ils empruntent des thèmes, des mélodies et des couleurs à De Nebra, Moussorgski, Purcell, Bartók, Rameau, Satie ou à des compositeurs anonymes de danses populaires. Ils élaborent ainsi de nouvelles pièces pour piano et clavecin. Édouard Ferlet y ajoute trois compositions originales d’une modernité confondante, ajoutant ainsi la contribution du 21ème siècle au répertoire de l’album.

De thème en thème les cordes du piano et du clavecin croisent leurs improvisations. Au fil des plages s’articulent des danses aux pulsations variées et aux couleurs contrastées. La dimension rythmique est prégnante mais les mélodies surgissent des riches textures musicales que les deux instrumentistes élaborent avec inventivité. Tonique ou délicate, la musique respire.

Impressions musicales

On ressort stimulé de l’écoute du très rythmique Bartok’n Roll inspiré d’un Duo pour 2 violons de Béla Bartók. C’est ensuite sur le baroco-poétique Les Cinq Sauvages irrigué de la Danse des Sauvages de Rameau que piano et clavecin font des pointes et pratiquent l’art du contrepoint. Le climat se fait sombre mais une trouée lumineuse et sereine advient sur Entre Ciel où de tendres accents hispaniques tirent leur révérence à une seguidilla de Jose De Nebra.

Après une pirouette mutine, clavecin et piano explorent Envoutés, pièce dérivée d’une danse populaire italienne du 18ème siècle. Après avoir développé un rythme tourbillonnant, ils se glissent dans le cœur des danseurs pour explorer les structures profondes de la mélodie avant de revenir à la danse. Danse de Profil tisse un voile de lumineux d’arpèges qui saluent La Danse de Travers de Satie.

Couverture de l'album  Plucked'N Dance de Violaine Cochard et Edouard FerletOn s’achemine ensuite sur les pas hésitants du clavecin qui avance au rythme des hoquets du piano. Le Bal Ethylic tangue sévère mais les deux instruments parviennent à avancer bras-dessus bras-dessous pour mieux affronter une gigue anglaise qui fait tourner les têtes de fantomatiques danseurs qui auraient croisé Purcell.

Les trois compositions originales du pianiste offrent un espace d’expression très libre aux deux instrumentistes. Trames rythmiques ébouriffantes et denses d’Ombre D’Or, mélodies évanescentes de la Valse Blanche empreinte d’une douce émotion, pulsation répétitive de Qui-Vive qui bouscule le tempo et égare les sens.

Le clavecin aventure ensuite ses ornementations sur le fil rythmique tendu par le piano et sculpte Reverence, inspirée par une danse turque du 13ème siècle. Les deux instruments tour à tour fusionnent ou s’éloignent sur les ailes d’une délicate spirale musicale.

Oppidum, le dernier titre, sonne martial voire même guerrier. La composante rythmique du morceau exacerbe la musique qui résonne de sonorités métalliques ou telluriques. La promenade se poursuit ensuite sur des sentiers dont les paysages évoquent Les Tableaux d’une Exposition de Moussorgski qui inspirent cette ultime pièce.

Au fil des onze plages de « Plucked’N Dance », piano et clavecin invitent à un voyage musical contrasté. Leurs pérégrinations dansantes traversent les siècles qu’ils caressent ou secouent. Le duo dépayse la musique qu’il projette dans leur univers singulier où le rythme occupe une place essentielle. Tour à tour sensible ou tempétueux, le piano attache ses pas dans ceux du clavecin qui déambule avec légèreté ou martèle avec force des lignes mélodiques imprévisibles. Les cordes des deux instruments tissent des trames pulsatiles variées et brodent des mélodies lyriques ou mélancoliques. Chaque morceau possède une texture particulière. Modernité et tradition se côtoient avec bonheur.

 
RV avec Violaine Cochard et Édouard Ferlet le 09 novembre 2018 à 20h au Café de la Danse à Paris pour découvrir live le répertoire de « Plucked’N Dance »;
Youn Sun Nah signe « Waking World »

Youn Sun Nah signe « Waking World »

Pour « Waking World », son onzième album, la chanteuse Youn Sun Nah propose un répertoire inédit. Onze titres aux climats fort différents dont elle signe paroles, musiques et arrangements. Sa voix de soprano invite à plonger dans son intimité. Un autoportrait introspectif où la noirceur des mots contraste avec la luminosité de la musique.

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Fred Hersch dévoile « Breath by Breath »

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Le pianiste et compositeur Fred Hersch signe « Breath by Breath », un album dont l’esthétique soignée s’inscrit entre musique classique et jazz raffiné. Le trio du pianiste instaure un véritable dialogue avec le Crosby Street String Quartet. Avec douceur et légèreté, la musique délicate respire et apaise.

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Arnaud Dolmen revient avec « Adjusting »

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Dans son nouvel opus, « Adjusting », annoncé pour le 28 janvier 2022, le batteur Arnaud Dolmen propose une musique complexe et incisive ancrée dans les rythmiques caribéennes et plus spécifiquement le gwoka guadeloupéen. En quartet avec ou sans piano, la batterie et la contrebasse complices croisent les notes avec trois saxophones ténors et des invités de choix. Un jazz libre et enivrant.

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Clin d’œil à Thomas Naïm & Desert Highway

Clin d’œil à Thomas Naïm & Desert Highway

Échappée onirique au climat vintage

Le guitariste Thomas Naïm annonce la sortie prochaine de « Desert Highway », son deuxième album. Enregistré en trio le disque propose une musique épurée qui projette des climats oniriques aux couleurs vintage. La guitare au son réverbéré occupe l’espace avec une grande liberté.

Pour son deuxième album, « Desert Highway » (Rootless Blues-Promise Land/Socadisc) annoncé pour le 02 novembre 2018, le guitariste Thomas Naïm a choisi de s’exprimer en trio avec Raphaël Chassin à la batterie et Marcello Giuliani à la contrebasse, tous deux déjà présents sur sa première aventure discographique, « Dust » enregistré en quintet.

Thomas Naïm

Le guitariste Thomas Naïm est venu au jazz après s’être intéressé à différents courants musicaux comme le funk, la musique brésilienne, le reggae ou les musiques électroniques.

le guitariste Thomas NaïmC’est en qualité de co-compositeur et arrangeur qu’il a participé à plusieurs titres de « Handmade », l’album d’Hindi Zahra récompensé en 2010 par une Victoire de la Musique pour le meilleur album de musique du monde. Il co-arrange avec Jonathan Quarmby et Kevin Bacon à la plupart des chansons du chanteur Tiken Jah Fakoly.

En 2011 c’est en quintet qu’il enregistre « Dust », un album instrumental aux inspirations partagées entre rock bluesy et jazz moderne. Entouré du bassiste Marcello Giuliani, du pianiste François Faure, du batteur Raphaël Chassin et du tromboniste Daniel Zimmermann, il compose la musique de l’ensemble des plages.

Il accompagne ensuite sur les scènes ou en studio de nombreux artistes d’horizons très différents parmi lesquels on note Hindi Zara, Idrissa Diop, Blick Bassi, Ala ni, Mayra Andrade, Bernard Lavilliers, Albin de la Simone, Sébastien Tellier et Hugh Coltman.

C’est d’ailleurs au cours de la dernière tournée avec Hugh Coltman, que Thomas Naïm a goûté à quelques occasions au fait de jouer sans piano. Il a pu apprécier l’espace sonore, le son et la liberté générés, ce qui lui a permis de prendre plus d’initiative en termes d’harmonie. Ainsi il en est venu à concevoir d’enregistrer son deuxième album en trio guitare-basse-batterie.

« Desert Highway »

La formule du trio qui fait écho aux power trios rock des sixties laisse une grande place à l’expression de la guitare au son réverbéré. Cette formation procure un espace d’expression très ouvert à la guitare de Thomas Naïm que l’on entend presque respirer avant de lancer ses improvisations. Il investit totalement son rôle de mélodiste coloriste et celui de rythmicien tout en assumant avec une grande liberté sa position d‘improvisateur.couverture de l'album Desert Highway de Thomas Naim

Au long des pistes on perçoit aussi le dialogue permanent qui règne entre Thomas Naïm, Marcello Giuliani et Raphaël Chassin. Ensemble ils ont d’ailleurs arrangés tous les morceaux de l’album.

Le répertoire propose dix titres originaux et une reprise de John Coltrane enregistrés par Fred Carrayol au Studio Mercredi 9, mixés par Pascal Garnon et masterisés par Brian Lucey (Magic Garden Mastering). Instrumental sur dix pistes, le disque accueille pourtant à sa toute fin un spoken word vocalisé en arabe sur un blues touareg qui termine et dépayse le voyage vers d’autres contrées.

Entre jazz, blues et rock, « Desert Highway » possède une dimension visuelle très forte. L’album génère des climats qui ne sont pas sans évoquer ceux des B.O. des films de David Lynch ou l’atmosphère musicale de Ry Coder.

Impressions musicales

Dès l’introduction de California, s’instaure un climat onirique. Le jeu langoureux de la guitare dont les inflexions flirtent avec le blues évoquent des volutes légères comme des brumes de mer qui colorent le morceau d’une atmosphère éthérée propice à la rêverie.

Vinicius déroule un lent tempo de blues sur lequel la guitare à la sonorité chaude groove, éructe, fait claquer ses notes à travers la mélodie qui se déroule et gagne en intensité. Plus rock que les autres morceaux Tijuana développe une belle énergie. Entre les riffs qui exposent le thème de manière réitérative, la guitare électrise le paysage par un chorus intense. On se laisse envahir par l’ambiance tonique qui confine à la transe.

Sur Camminare on suit le trio dans sa marche dont on ignore qu’elle sera l’issue. Sur le tempo infaillible qu’impulsent la basse et la batterie on pose les pas dans les traces de la guitare au rythme d’une mélodie planante suivie d’un solo qui arrache et termine l’épopée.

Mélancolique au possible The Last One évoque les ambiances des B.O. de David Lynch. La contrebasse établit un climat étrange et mystérieux au sein duquel la guitare entreprend une virée qui fleure bon le jazz.

Avec la voix de Martin Luther King en fond, le trio adresse avec The Promised Land, un message musical d’espérance. Sur un tempo médium la guitare dessine une une petite mélodie qui tourbillonne et enchante Valle de la Luna. Le trio transfigure ensuite la composition de John Coltrane, Lonnie’s Lament en un blues apaisant et fluide.

La guitare se fait plus incisive et plus expressive sur The wire, au climat funky. Le trio continue ensuite sa pérégrination musicale à travers les grands espaces de Desert Highway  où le son de la guitare flotte d’écho en écho jusqu’à presque se fondre aux confins du paysage.

Un spoken word orientalisant déroute la caravan’trio sur Arabic Blues. Fin du voyage … ou début d’une autre épopée à venir ?

« Desert Highway », un album dont la tonalité vintage brosse un univers oniriqus. Le son réverbéré de la guitare et les interactions permanentes du trio nimbent les plages d’ambiances mystérieuses où l’on se plait à voyager. Le jazz flirte avec de chaleureuses atmosphères bluesy et un rock éthéré aux effets planants.

 

Pour découvrir « Desert Highway » live, RV à 20h le 30 octobre 2018 aux Disquaires, à Paris. Avec Thomas Naïm (guitare) et Raphaël Chassin (batterie) et Laurent Vernerey (contrebasse).
Youn Sun Nah signe « Waking World »

Youn Sun Nah signe « Waking World »

Pour « Waking World », son onzième album, la chanteuse Youn Sun Nah propose un répertoire inédit. Onze titres aux climats fort différents dont elle signe paroles, musiques et arrangements. Sa voix de soprano invite à plonger dans son intimité. Un autoportrait introspectif où la noirceur des mots contraste avec la luminosité de la musique.

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Fred Hersch dévoile « Breath by Breath »

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Arnaud Dolmen revient avec « Adjusting »

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Dans son nouvel opus, « Adjusting », annoncé pour le 28 janvier 2022, le batteur Arnaud Dolmen propose une musique complexe et incisive ancrée dans les rythmiques caribéennes et plus spécifiquement le gwoka guadeloupéen. En quartet avec ou sans piano, la batterie et la contrebasse complices croisent les notes avec trois saxophones ténors et des invités de choix. Un jazz libre et enivrant.

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Ambronay 2018 – Estrellas Argentinas

Ambronay 2018 – Estrellas Argentinas

Un duo harmonieux, sensible et fusionnel

Le 06 octobre 2018, le Chapiteau du festival d’Ambronay accueille Mariana Flores et Quito Gato. Le duo présente un répertoire éloigné de l’idiome de la Cappella Mediterranea qui les réunit aux côtés de Leonardo García Alarcón. Avec « Estrellas Argentinas », des chansons populaires argentines dédiées aux femmes d’Amérique latine, les deux artistes enchantent le public.

Pour l’édition « Vibrations : Cosmos » du festival d’Ambronay,  la « Journée Cosmique » du 06 octobre 2018 se profile comme  un point d’orgue. Quatre concerts entre abbatiale et chapiteau et une conférence d’Hubert Reeves, parrain de cette journée. Le public a manifesté attention et intérêt pour cette nouvelle expérience et la constellation d’activités proposées.

Conférence d’Hubert Reeves

A 17h, l’affluence est grande sous le Chapiteau pour assister à la conférence d’Hubert Reeves. L’astrophysicien engage l’assemblée à réfléchir à la crise contemporaine et à réagir pour éviter le saccage de la planète avec à la clé, le risque d’une possible sixième extinction. Il évoque la nécessité de combattre la force de détérioration mise en route par l’intelligence de l’homme en mobilisant les forces de restauration pour éviter ainsi la disparition de l’art et de la culture, de la science et de la compassion.

Réceptif, le public plébiscite avec chaleur les propos du scientifique.

« Estrellas Argentinas »

Estrellas Argentinas à Ambronay, Mariana Flores & Quito GatoA 21h, Mariana Flores et Quito Gato succèdent à Hubert Reeves sous le Chapiteau du festival d’Ambronay où les spectateurs sont venus nombreux écouter ces deux artistes s’exprimer dans un répertoire tout autre que celui qu’ils pratiquent habituellement avec la Cappella Mediterranea à l’Abbatiale et sur les scènes internationales de musique baroque.

La chanteuse le confie d’ailleurs en fin de soirée, « Estrellas Argentinas » c’est « la musique [qu’elle] chante à la maison » et c’est un plaisir pour elle d’« accueillir le public chez elle ».

Après une brève pièce d’introduction interprétée solo par le pianiste, la chanteuse entre en scène. Sa tenue sobre et élégante s’accorde au répertoire de la soirée. Trois tableaux dont les riches nuanciers proposent des couleurs et des climats contrastés.

Tout au  long du concert l’attention du public est captivée par le chant expressif de Mariana Flores, l’accompagnement fluide et les superbes harmonies que Quito Gato prodigue sur le piano ou la guitare.

Premier tableau

Il est consacré à des chansons populaires de la province de Mendoza d’où la chanteuse est originaire.

De tonada en cueca les ambiances varient. La chanteuse expressive offre ses chants au public comme des confidences. A la douce tendresse du premier morceau pris sur un tempo médium succède l’allégresse d’une cueca festive dont la guitare soutient le rythme enlevé. D’une voix chargée d’émotion, Mariana Flores partage avec le public un morceau qu’elle chante depuis ses huit ans. Elle projette un miroir d’images, de couleurs, de sensations que la guitare accompagne avec délicatesse et beaucoup de sensibilité. La belle complicité qui règne entre les deux interprètes est palpable.

Sur le morceau suivant, la chanteuse mutine colore sa voix d’une énergie qui contraste avec la douceur du morceau précédent où la voix évoquait solitude et nostalgie. Le premier tableau se termine avec une valse lente que le guitariste exécute avec précision, nuance et légèreté

Deuxième tableau

Le duo conduit ensuite le répertoire au nord de l’Argentine.

Le set ouvre avec une zamba mélancolique où la douce voix pose une lumière caressante sur le fil des lamentations de la guitare. Le duo interprète ensuite trois pièces du compositeur Ariel Ramírez sur des paroles de Felix Luna.

Dorotea la Cautiva s’élève telle une supplication poignante que la voix porte avec puissance alors que le piano égrène un chapelet de larmes. Le duo complice propose ensuite une version superbe du morceau Alfonsina y el mar dédié à la poétesse Alfonsina Storniu. Avec délicatesse la guitare soutient le chant émouvant de tristesse. Sur Juana Azurduy le rythme se fait presque martial et la voix donne toute sa puissance pour évoquer l’âme de la révolutionnaire et porter le flambeau de sa résistance sous le chapiteau.

Troisième tableau

Ce dernier temps de la soirée est consacré au tango dont Quito Gato dit qu’il « fut un cadeau pour l’Argentine ». Le duo évoque la richesse du style et ses mélanges de rythmes.

Après Malena joué solo à la guitare, le duo présente une version très expressive du Chiquilín de Bachín d’Astor Piazzola. Avec une maîtrise inouïe, la voix toujours très claire passe d’une douce tristesse à une puissante colère pour évoquer l’histoire tragique de ce gosse qui hante un restaurant de Bachin et lutte pour survivre. Le piano développe de superbes harmonies et accompagne le récit poignant que conte la chanteuse de sa diction précise.

Le registre se fait plus confidentiel sur Et dia que me quieras que chantait Carlos Gardel. La voix se pare d’une tendre sensualité pour évoquer l’amour. L’accompagnement subtil et sobre de Quito Gato contribue à teinter de mystère ce moment sensible et nostalgique. Le set se termine avec un superbe Yo Soy Maria tiré de l’opéra tango de Piazzola, Maria de Buenos Aires. Campée sur scène avec aplomb, la chanteuse incarne la passion avec brio.

Ovationnés par un public enthousiaste, Mariana Flores et Quito Gato reviennent généreusement pour deux rappels. Une valse tendre et mutine puis Zamba Para No Morir. La soirée se termine sur le fil de l’émotion. Le public repart les yeux remplis d’étoiles après une soirée enchanteresse.

Youn Sun Nah signe « Waking World »

Youn Sun Nah signe « Waking World »

Pour « Waking World », son onzième album, la chanteuse Youn Sun Nah propose un répertoire inédit. Onze titres aux climats fort différents dont elle signe paroles, musiques et arrangements. Sa voix de soprano invite à plonger dans son intimité. Un autoportrait introspectif où la noirceur des mots contraste avec la luminosité de la musique.

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Fred Hersch dévoile « Breath by Breath »

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Arnaud Dolmen revient avec « Adjusting »

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Giovanny Jumeau présente « Bozindisi »

Giovanny Jumeau présente « Bozindisi »

Un lumineux EP à découvrir

Ecouter « Bozindisi », le premier EP du bassiste Giovanny Jumeau constitue une réelle source de plaisir. Une musique sensible et légère où affleurent entre autres influences les traditions caribéennes. Pour la production de cet opus inaugural, le jeune bassiste est accompagné par le pianiste Laurent Coq. Le guitariste Ralph Lavital a rejoint l’aventure. Une surprise savoureuse à écouter toutes oreilles ouvertes.

« Bozindisi » signifie « immersion » en lingala, langue bantoue parlée en République Démocratique du Congo, en République du Congo et en Angola. De fait, l’écoute des six plages de « Bozindisi » permet vraiment de plonger dans le monde musical très personnel de Giovanny Jumeau.

Autour du jeune bassiste Giovanny Jumeau une équipe constituée d’amis, Olivier Joseph-Louisa (claviers), Joël Feugarol (batterie) et de talentueux aînés, Laurent Coq (piano, composition), Ralph Lavital (guitare électrique) et Zacharie Abraham (contrebasse).

Découvrir de nouveaux musiciens, de nouvelles expressions, de nouveaux talents reste un fait précieux dans l’univers plutôt formaté du jazz et des musiques improvisées. Les enseignements encadrés par les conservatoires et les centres de formation garantissent certes l’émergence de musiciens techniquement aptes à interpréter, écrire et à se confronter au système de production. Ainsi, dans le monde du jazz coexistent de talentueux professionnels.

La créativité demeure cependant contrainte par d’autres critères que les seuls éléments techniques requis pour écrire, orchestrer et arranger. C’est donc en dehors des essentielles règles que l’art s’alimente. C’est du côté de l’impalpable et du sensible que l’inspiration trouve sa source. Ce peut être lié aux traditions et cultures vécues ou découvertes, aux rencontres, aux déplacements, aux rêves, aux aspirations et même aux contraintes que l’on veut dépasser. C’est sans doute un tel processus créatif qui préside à l’inspiration de Giovanny Jumeau.

L’univers du jeune bassiste plonge certes dans les rythmes et mélodies traditionnels des Antilles (mazurka, biguine) mais aussi dans le gospel moderne sans oublier le tonique et très riche jazz ultra-marin.  Ainsi, à distance des schémas anglo-saxons prégnants dans le jazz, Giovanny Jumeau, explore de nouvelles pistes, à partir de l’héritage et de la tradition dont il est issu. Il est accompagné de belle manière par le talentueux Laurent Coq qui assure la direction artistique du projet.

Giovanny Jumeau

Le bassiste Giovanny Jumeau

Giovanny Jumeau

Ce jeune bassiste d’origine martiniquaise n’a pas voulu choisir entre les deux passions qui l’animent depuis qu’il a onze ans, la musique et la mécanique. Adolescent il part étudier la musique au conservatoire de La Havane, à Cuba. Au retour de cette expérience fondatrice, il se met à jouer régulièrement au sein de groupes martiniquais de Gospel.

En 2012, il part s’installer en région parisienne pour parfaire ses études dans le domaine de la mécanique. Il y retrouve Didier Nemorin et ses amis d’enfance Joël Feugarol et Olivier Joseph-Louisa qui participent d’ailleurs tous trois à l’album « Bozindisi ».

Aujourd’hui, Giovanny Jumeau exerce comme mécanicien au sein du groupe Safran, groupe international de haute technologie opérant dans les domaines de la propulsion et des équipements aéronautiques, de l’espace et de la défense. Ainsi, il met ses compéteces au service du bon fonctionnement des réacteurs des compagnies internationales.

Dans le même temps Giovanny Jumeau continue à jouer de la basse électrique dans différents contextes, souvent avec les musiciens qui ont participé à ses premières aventures musicales.

Le projet « Bozindisi »

En 2017, à la faveur d’un concert du guitariste Ralph Lavital dont on a apprécié le chatoyant album « Carnaval », Bozindisi de Giovanny Jumeau, un nouvel EP à découvrirGiovanny Jumeau se rapproche de Laurent Coq, pianiste et collaborateur du guitariste. Il le sollicite pour l’accompagner dans la réalisation d’un premier disque.

Après de longs mois consacrés à l’écriture de la musique, Giovanny Jumeau et Laurent Coq rassemblent une équipe autour des amis du bassiste, Joël Feugarol (batterie), Olivier Joseph-Louisa. Le guitariste Ralph Lavital s’engage aussi dans le projet et le contrebassiste Zacharie Abraham les rejoint sur deux titres.

Sous la direction artistique de Laurent Coq, les six pistes de l’EP « Bozindisi » sont enregistrées le 9 mars 2018 et mixées en juin 2018 au Studio Quadrature par Auguste Manly.

Impressions musicales

L’album ouvre avec Rêve En Nou qui juxtapose durant une minute vingt-cinq des fonds sonores, accordage des instruments d’un orchestre symphonique, vrombissement d’un réacteur d’avion, marche nuptiale, concerto ancien, volée de cloches, rires, pépiements d’oiseaux et souffle de la nature et de la basse… des morceaux de la vie et des rêves du bassiste.

Comme un clin d’oeil offert à celle qui l’a toujours soutenu, Maman débute avec le piano, la guitare et la basse qui chantent une charmante mélodie inspirée des musiques traditionnelles caribéennes. Le solo de basse empreint de souplesse et de légèreté précède l’improvisation lumineuse et impétueuse du piano suivie d’un chorus agile de la guitare.

Bozindisi débute avec un court mais efficace solo de batterie et se poursuit avec un riff piano-basse qui sert de thème. Le piano s’enflamme avec fougue suivi par la guitare, éloquente et exubérante.

Sur Audrey, on est embarqué par le jeu délicat et pudique du bassiste qui dédie le morceau à celle qui « occupe une place toute particulière dans sa vie ». Une douce promenade musicale sur un tempo de ballade accompagné avec simplicté par le jeu en contrepoint du piano.

L’évanescent climat de Friendship transporte dans un univers éthéré aux subtils contours. Le toucher vaporeux et onirique de la guitare, la légèreté de la batterie, le jeu souple et délicat du piano et les caresses de la basse s’unissent pour créer une atmosphère qui évoque l’esthétique du label ECM et certaines ambiances methenyennes.

Ti Mazouk conclut l’album et invite à la la danse. L’ambiance festive de ce morceau est teintée de séquences colorées. On regarde vers le ciel lumineux porté par l’envol des claviers, le jeu volubile de la guitare et le chant aérien et envoûtant des chœurs.

« Bozindisi » possède une vitalité sereine alliée à une légèreté sensible. Ses lumineuses couleurs aux douces nuances évoquent la nature, les plaisirs de la vie et de douces échappées oniriques.

Les six titres de « Bozindisi », le premier EP de Giovanny Jumeau sont accessibles sur toutes les plateformes de téléchargement.

Youn Sun Nah signe « Waking World »

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Pour « Waking World », son onzième album, la chanteuse Youn Sun Nah propose un répertoire inédit. Onze titres aux climats fort différents dont elle signe paroles, musiques et arrangements. Sa voix de soprano invite à plonger dans son intimité. Un autoportrait introspectif où la noirceur des mots contraste avec la luminosité de la musique.

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Fred Hersch dévoile « Breath by Breath »

Fred Hersch dévoile « Breath by Breath »

Le pianiste et compositeur Fred Hersch signe « Breath by Breath », un album dont l’esthétique soignée s’inscrit entre musique classique et jazz raffiné. Le trio du pianiste instaure un véritable dialogue avec le Crosby Street String Quartet. Avec douceur et légèreté, la musique délicate respire et apaise.

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Arnaud Dolmen revient avec « Adjusting »

Arnaud Dolmen revient avec « Adjusting »

Dans son nouvel opus, « Adjusting », annoncé pour le 28 janvier 2022, le batteur Arnaud Dolmen propose une musique complexe et incisive ancrée dans les rythmiques caribéennes et plus spécifiquement le gwoka guadeloupéen. En quartet avec ou sans piano, la batterie et la contrebasse complices croisent les notes avec trois saxophones ténors et des invités de choix. Un jazz libre et enivrant.

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Stéphane Galland & (the mystery of) Kem

Stéphane Galland & (the mystery of) Kem

Incantations rythmiques envoûtantes

Stéphane Galland & (the mystery of) Kem est un album conceptuel construit autour de rythmiques complexes. En effet, l’opus est issu de la recherche continue que ce virtuose incontesté de la batterie jazz mène depuis fort longtemps dans la galaxie des rythmes. Avec un groupe de jeunes musiciens bruxellois et le flûtiste Ravi Kultur, le batteur a inventé un nouveau territoire aux libertés rythmiques prodigieuses et innovantes.

couverture de l'album de Stéphane Galland & (the mystery of) KemSur « (the mystery of) Kem » (Outhere Music/Out Note), son nouvel album annoncé pour le 26 octobre 2018, Stéphane Galland propose onze compositions personnelles à partir de rythmiques qu’il a travaillées et partagées avec un groupe de jeunes musiciens bruxellois et deux invités.

Le pianiste Bram de Looze, le saxophoniste Sylvain Debaisieux, le bassiste Federico Stocchi sont rejoints sur sept des onze thèmes par Ravi Kulur, un flûtiste originaire de l’Inde du Sud qui joue actuellement avec Anushka Shankar et a partagé la musique de Ravi Shankar durant ses huit dernières années de vie. Le trompettiste Ibrahim Maalouf intervient en qualité d’invité spécial sur un titre (Memetics).

En Égypte ancienne, la terre noire des crues du Nil est désignée par le terme kemet dont la racine kem signifie « noir », un noir porteur de vie. Comme les crues du fleuve fertilisaient la terre égyptienne, Stéphane Galland insuffle son énergie à des rythmiques complexes qu’il parvient à transformer en une musique pulsatile et lancinante. Derrière (the mystery of) Kem se cache un processus qui se nomme créativité.

Le maître des rythmes

Stéphane Galland

Stéphane Galland © Alexander Popelier

Professeur de batterie et rythme avancé au conservatoire royal de Bruxelles Stéphane Galland maîtrise les rythmes les plus complexes qu’il a découverts eti ntégrés dans son langage après avoir côtoyé les Pygmées Aka de Centrafrique, le percussionniste sénégalais Doudou Ndiaye Rose ou le maître indien Umayalpuram K. Sivamaram spécialiste des rythmes de son pays.

Outre sa participation au trio Aka Moon fondé en 1992 avec le saxophoniste Fabrizio Cassol et le bassiste de Michel Hatzigeorgiou, Stéphane Galland tient les baguettes sur un nombre inouï d’albums. Il a joué avec Zap Mama, Joe Zawinul, Novastar. Actuellement il participe à de nombreux projets. Des duos avec Nelson Veras ou Malcolm Braff, le groupe Shijin avec Jacques Schwarz-Bart, Malcolm Braff et Laurent David, Keyvan Chemirani & the Rhythm Alchemy, Alexandra Grimal « Naga ».

En 2014 il a rejoint Ibrahim Maalouf lors de sa tournée “Illusions” et depuis fait partie de son groupe pour les projets “Red & Black Light”, « Levantine Symphony », “Queen of Sheba” avec Angélique Kidjo, ou “NY tonalism wars” avec Wynton Marsalis. Il travaille également avec lui sur plusieurs musiques de films.

Le nouveau projet

Après son premier projet personnel « Iobi » mené en 2012 avec Tigran Hamasyan au piano, Carles Benavent à la basse, Magic Malik à la flute, Misirli Ahmet aux percussions et Petar Ralchev à l’accordéon, Stéphane Galland s’engage dans un nouveau projet personnel, « (the mystery of) Kem », alimenté par son expérience musicale et rythmique.

Pour ce faire il réunit un groupe de jeunes musiciens bruxellois, Sylvain Debaisieux (saxophone ténor), Bram de Looze (piano), Federico Socchi (basse) auquel s’ajoute le talentueux Ravichandra Kulur, joueur de flûte carnatique. Ensemble, ils travaillent sur des aspects rythmiques issus des traditions musicales qu’il a explorées.

Sans aucun a priori, le groupe travaille à partir des données proposées par le leader et élabore sur « (the mystery of) Kem » une syntaxe commune. Il en résulte un nouveau territoire musical fondé autour des rythmiques. Pulsations impaires portées par des quintolets, schémas rythmiques variables, alternance de temps court et de temps long. La scansion de ces métriques variables stimule chez les solistes des improvisations mélodiques complexes.

« (the mystery of) Kem »

Les onze pistes de « (the mystery of) Kem » foisonnent de rythmes complexes. Paradoxalement, la complexité rythmique se transforme en un idiome accessible à tout un chacun. Ainsi, les musiciens parviennent presque à faire à faire oublier le statut d’album conceptuel du disque.

Gorgée d’énergie la musique possède un groove lancinant et mystérieux qui oscille cycliquement entre des spirales de rythmes tantôt rapides tantôt ralentis. La linéarité du temps disparaît au profit de pulsations rythmiques circulaires qui tournent de manière quasi obsessionnelle comme le ferait un mantra répété inlassablement.

Lava débute avec une seule note de piano et un riff réitératif joué par le saxophone et la basse. Le batteur ouvre le premier titre de son projet sur une nouvelle pulsation rythmique envoutante. Opening se colore du souffle méditatif de la flûte carnatique puis poussés par la pulsation de la batterie, le ténor et la flûte croisent leurs arabesques et l’atmosphère se charge d’un étrange mystère.

Stéphane Galland

Stéphane Galland © Alexander Popelier

Plus tellurique, Black Sand tend le tempo et engage flûte et saxophone à voltiger pour échapper à la gravité. Symbiosis met en évidence le jeu lumineux du piano puis libère une mélopée incantatoire jouée avec intensité et fougue à l’unisson par le ténor et la flute

Derrière la structure rythmique complexe de Soils éclot une mélodie enfantine au tempo découpé que jouent les solistes soutenus par une tranquille ligne de basse. Sur Memetics la contribution du trompettiste Ibrahim Maalouf stimule les fulgurances exploratrices des musiciens.

Archetype délivre une sorte de prière enchanteresse dont le climat ensorcelle. Sur Hitectonic porté par une batterie omniprésente le pianiste introduit un tempo lent sur un rythme ternaire irrégulier rejoint ensuite par le ténor.

La flute carnatique et le ténor jouent ensemble des séquences mélodiques sur The Fuze colorisé par l’humeur joyeuse du piano colonisé par l’humeur joyeuse du piano. On se laisse emporter dans le tourbillonnant Maelstrom à la matière sonore opulente. L’expression foisonnante du piano et les propos libérés du ténor déchaînent une tempétueuse intervention de la batterie.

L’album se termine avec Morphogenesis ouvert par une superbe introduction du bassiste qui dialogue avec le batteur laissant émerger comme un rythme latin que le ténor enflammé et le piano relaient dans une poursuite qui use du processus de la fugue.

Maître avéré des rythmes, Stéphane Galland, a élaboré avec son groupe une syntaxe mystérieuse et innovante. Les propositions rythmiques complexes du batteur ont fertilisé le matériau originel. Il en ressort « (the mystery of) Kem » et son foisonnement de rythmes, un nouveau territoire musical irrigué d’énergie, un monde ancré dans les rythmes originels de l’Afrique que le batteur projette sans a priori dans le XXIème siècle. Un opus envoûtant.

Pour découvrir le nouveau projet de Stéphane Galland & (the mystery of) Kem, RV le 30 octobre 2018 à 20h30 Paris à la Petite Halle
Youn Sun Nah signe « Waking World »

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Pour « Waking World », son onzième album, la chanteuse Youn Sun Nah propose un répertoire inédit. Onze titres aux climats fort différents dont elle signe paroles, musiques et arrangements. Sa voix de soprano invite à plonger dans son intimité. Un autoportrait introspectif où la noirceur des mots contraste avec la luminosité de la musique.

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