Mauro Gargano présente « Nuages »

Mauro Gargano présente « Nuages »

Nuages musicaux dans un ciel lumineux

Avec « Nuages », le contrebassiste Mauro Gargano présente son quatrième projet en tant que leader. La musique du quartet invite à la contemplation d’un ciel lumineux parcouru de nuages sereins et légers. L’on se prend à redouter qu’ils ne se chargent d’électricité orageuse mais rien de tel n’advient. En effet, même si quelques souffles de vent effleurent le répertoire, rien ne parvient à troubler la sérénité des poétiques nuages musicaux.

couverture de l'album Nuages de Mauro GarganoOutre de nombreuses collaborations qui l’ont vu s’associer à Sébastien Jarrousse et Ricardo Izquierdo, Alexis Aviakan, Fabrice Moreau, Toni Germani, Bruno Angelini, le contrebassiste Mauro Gargano a sorti trois albums sous son nom, « Mo’ avast band » en 2012, « Suite for Battling Siki » en 2016 et Born in the Sky en 2018 avec son Mo’Avast Band.

Pour son quatrième projet, « Nuages », il s’est entouré du clarinettiste Matteo Pastorino, du pianiste Giovanni Ceccarelli et du batteur Patrick Goraguer. Sorti le 13 novembre 2020, cet opus de Mauro Gargano porte le nom du thème de Django Reinhardt qui clôt d’ailleurs le répertoire dans une version que le duo clarinette-contrebasse revisite de manière singulière.

« Nuages », un jazz dont les ambiances intimistes rivalisent de subtilité, un jazz raffiné épris de poésie et empreint de tendresse.

Le répertoire

Le quartet clarinette-piano-contrebasse-batterie propose un répertoire principalement composé de ballades.

Deux reprises

L’album « Nuages » est borné par deux reprises. En ouverture, Che cosa sono le nuvole ?, la chanson de Pier Paolo Pasolini et Domenico Modugno, une des bandes son du film “Capriccio all’Italiana” (1968), et à la toute fin, Nuages, la célèbre composition de Django Reinhardt.

Neuf compositions originales

Les neuf autres titres de l’album sont autant de compositions originales de Mauro Gargano où cohabitent tous les styles inscrits dans l’univers de l’auteur inspiré autant par la musique des bande municipali, ces harmonies du sud de l’Italie dont il est natif, que de la musique baroque napolitaine, de la musique contemporaine, des œuvres de Steve Reich et du minimalisme, de celles de Nino Rota et Ennio Morricone, John Coltrane, Duke Ellington, Paul Bley, Keith Jarrett, Bobo Stenson et Jan Garbarek (et bien d’autres encore) mais aussi de la musique brésilienne et du blues.

Il en ressort un univers sensible où toutes ces formes musicales cohabitent sans frontière. Des atmosphères où les musiques populaires transalpines s’abreuvent de modernité. Des nuages de poésie dont les ambiances changent au gré des vents.

Au fil des titres

La clarinette lumineuse installe une ambiance rêveuse tout en délicatesse sur Che Cosa Sono le Nuvole ?, le thème de Pasolini et Modugno qui ouvre l’album. Nuage de tendresse et de lumière. A partir d’un motif répétitif de la main gauche sur le clavier du piano, clarinette et contrebasse caracolent et tissent ensemble une petite mélodie qui voltige et dessinent Nuvole. Nuage évanescent.

Plus loin, sur Danza della sera, la tonalité se fait plus sombre. La clarinette basse enflamme peu à peu le climat sonore puis la contrebasse lumineuse irradie le ciel musical et le solo fougueux de la batterie incarne le vent qui danse pour chasser l’orage du soir. Nuage nocturne.

Mauro Gargano quartet

Mauro Gargano quartet©Davide Del Giudice

Entre étrangeté sereine et poésie mélancolique, Venere allo specchio fait se mirer la musique dans la peinture de Velázquez. Nuage minimaliste. La contrebasse s’octroie les honneurs en ouvrant la procession Il Papunno. Elle égrène un motif réitératif ponctué avec délicatesse par les maillets. La clarinette basse se métamorphose au fil du titre alors que le piano élève son chant vers les rayons du soleil. Nuage ensoleillé.

Her to Me distille une grâce infinie, celle d’une douce bossa nova dont le titre fait un clin d’œil à Hermeto et la musique à Jobim. Le piano chaloupe avec élégance et enchante l’univers. Dépaysée vers les contrées brésiliennes, l’oreille est comblée de plaisir à l’écoute de la clarinette majestueuse qui hésite en ardeur et caresse. Nuage de tendresse.

Exposé à l’unisson par la clarinette basse et le piano sur la ligne de contrebasse, le titre suivant reprend celui du roman d’Elsa Morante, L’Isola di Arturo. De léger, le climat devient plus intense et expressif lors des chorus qu’échangent clarinette basse, piano et contrebasse. Nuage sentimental. Avec Pasolini, le quartet dessine une composition orageuse dont le titre suggère les tensions qui régnaient sur les banlieues romaines chère au cinéaste italien. La clarinette base fait monter la tension que la batterie pleine de furie porte au paroxysme, stimulée par un piano percussif et une contrebasse véhémente. Nuage tourmenté.

A partir de la ligne de basse élastique et swinguante, la clarinette s’agite, tourbillonne, folâtre avec le piano. S’ensuivent des séquences atonales qui ne sont pas sans évoquer les ambiances du dodécaphonisme sériel de Schönberg, sans pour autant se prendre au sérieux. Nuage expressif. Ballade suspendue entre ténèbres et soleil, Elda rend hommage à la mère du compositeur. Nuage contrasté.

L’album se termine avec une reprise singulière de Nuages, le thème de Django Reinhardt. Le duo clarinette basse-contrebasse réharmonise et transforme la rythmique du morceau originale alors que la mélodie demeure en ligne de fond. Nuage innovant.

Mauro Gargano présente « Nuages »

Mauro Gargano présente « Nuages »

Avec « Nuages », le contrebassiste Mauro Gargano présente son quatrième projet en tant que leader. La musique du quartet projette dans la contemplation d’un ciel lumineux parcouru de nuages sereins et légers. L’on se prend à redouter qu’ils ne se chargent d’électricité orageuse mais rien de tel n’advient. En effet, même si quelques souffles de vent effleurent le répertoire, rien ne parvient à troubler la sérénité des poétiques nuages musicaux.

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Pierre de Bethmann Trio fait coup double

Pierre de Bethmann Trio fait coup double

Pierre de Bethmann Trio revient avec « Essais/Volume 4 » et un coffret qui regroupe les 4 albums des « Essais » enregistrés en 5 ans autour de reprises de thèmes issus de multiples traditions. Avec à son actif cinq années d’activité intense, quatre albums enregistrés et regroupés en un coffret, le pianiste continue à expérimenter avec brio, l’art du trio avec ses fidèles compagnons, Sylvain Romano et Tony Rabeson. Un vent de fraîcheur et de raffinement. Un havre de plénitude musicale propice au ressourcement et à la sérénité.

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Hommages à Ennio Morricone

Hommages à Ennio Morricone

Pour commémorer ce qui aurait été le 92ème anniversaire du compositeur italien Ennio Morricone, deux labels présentent des albums qui honorent le Maestro. Son label Decca collabore avec CAM Sugar pour présenter « Morricone Segreto ». Le label Bonsaï lui rend hommage avec « More Morricone ». Le premier présente sept titres inédits en version orchestrale, de quoi satisfaire un public amateur de pièces rares. Interprété par le contrebassiste Ferruccio Spinetti et le pianiste Giovanni Ceccarelli, le second joue sur le registre de la sobriété et de l’intimité.

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Pierre de Bethmann Trio fait coup double

Pierre de Bethmann Trio fait coup double

« Essais / Volume 4 » & Coffret « Essais / Volumes 1 à 4 »

Pierre de Bethmann Trio revient avec « Essais/Volume 4 » et un coffret qui regroupe les 4 albums des « Essais » enregistrés en 5 ans autour de reprises de thèmes issus de multiples traditions. Avec à son actif cinq années d’activité intense, quatre albums enregistrés et regroupés en un coffret, le pianiste continue à expérimenter avec brio, l’art du trio avec ses fidèles compagnons, Sylvain Romano et Tony Rabeson. Un vent de fraîcheur et de raffinement. Un havre de plénitude musicale propice au ressourcement et à la sérénité.

"Essais-Volume 4"et Coffret "Essais-Volumes 1 à 4"Malgré les circonstances sanitaires, économiques et sociales qui ont lourdement affecté l’année 2020, le label ALÉA affiche haut et fort sa détermination à promouvoir ses productions.

En effet, neuf mois après la sortie du Volume 3 de ses « Essais », Pierre de Bethmann Trio revient le 20 novembre 2020 avec « Essais/Volume 4 » et le coffret regroupant les quatre opus des Essais enregistrés par le trio, le « Volume 1 » sorti en 2015, le « Volume 2 » en 2018, le « Volume 3 » publié le 21 février 2020 auquel s’ajoute le Volume 4. Depuis plus de six ans, le trio persiste à proposer son approche de standards issus de multiples traditions musicales et l’on se loue de cette démarche singulière.

Ces deux dernières sorties du label ALÉA confirment la détermination du trio à faire entendre une histoire artistique que la crise profonde ne parvient pas à faire taire. Une posture réjouissante en ces temps où la culture s’avère comme un rempart au manque d’inventivité d’un monde où le déterminisme libéral et économique semble mettre au pas la créativité et avoir raison des espoirs et des crédos des artistes, des mélomanes et des amateurs d’art.

Pierre de Bethmann Trio

Avec plus de sept ans d’activité sur scène et en studio, le pianiste Pierre de Bethmann, le contrebassiste Sylvain Romano et le batteur Tony Rabeson continuent leur exploration de l’art du trio.

Le 20 novembre 2020 a vu la sortie de l’album « Essais/Volume 4 » du Pierre de Bethmann Trio.

Enregistré comme les précédents opus par Philippe Gaillot au Studio Recall (Pompignan), ce quatrième album du trio est issu de séances d’enregistrement de septembre 2019. Une première sélection des prises captées les 06 & 07 septembre 2020 avait contribué au Volume 3. Le Volume 4 restitue d’autres prises sélectionnées à partir des morceaux gravés les 07 & 08 septembre 2019.

Dans « Essai /Volume 4 » le trio inspiré se réapproprie de manière fort personnelle et raffinée des thèmes issus de la grande tradition du jazz avec des morceaux de compositeurs disparus, Charlie Parker, Thelonious Monk, Kenny Wheeler et d’autres d’artistes encore vivants, Carla Bley, Sonny Rollins, Wayne Shorter. S’y ajoutent un thème du jazzman argentin Guillermo Klein et un morceau de Paul McCartney . Point cette fois de reprise d’œuvre classique, ni de titres issus de la tradition populaire ou de la chanson françaises, comme ce fut le cas sur les 3 volumes précédents, pas non plus de chants de résistance comme sur les Volumes 1 & 2.

Sans rupture avec leur posture antérieure, le trio aborde chaque thème dans une perspective rythmique et harmonique à la fois personnelle et innovante. Nul doute que la longévité qui unit les membres du trio contribue pour beaucoup dans la complicité que l’on perçoit à l’écoute des plages de l’album… on visualise presque les regards qu’échangent les musiciens, leur écoute mutuelle et leur interactivité de chaque instant. Le groupe prend le parti de privilégier une musicalité inventive dénuée d’esbroufe. La virtuosité et la maîtrise technique de chacun des trois instrumentistes est mise au service d’un jazz dont la sobriété ne se dépare jamais d’élégance, de sensibilité et de profondeur.

« Essais / Volume 4″… au fil des plages

C’est avec sérénité que Pierre de Bethmann expose au Fender la mélodie de Deluge. Il poursuit par un solo au piano d’une fraîcheur et d’une lisibilité séduisante. Ses traits virtuoses évoquent les phrasés fulgurants du ténor de Wayne Shorter, compositeur du titre. Sur la deuxième piste, le trio semble se faire plaisir à métamorphoser rythmiquement le thème de Charlie Parker, Anthropology. Une allégresse se dégage du piano véloce et la batterie volcanique s’en donne à cœur joie. Une version très personnelle et captivante de ce grand standard du bop qui renouvelle les perspectives traditionnelles.

Le trio propose ensuite un nouvel éclairage de la composition de Carla Bley, Three Blind Mice, où la subtilité et la musicalité sont mises en exergue. Après une improvisation lumineuse de la contrebasse, le piano déborde de ferveur, propulsé par une batterie enthousiaste. Seul sur son Steinway, Pierre de Bethmann batifole avec légèreté sur Ma Bel, le thème de Kenny Wheeler qu’il ré harmonise avec délicatesse.

Plus loin, le trio propose une version punchy de Saint Thomas de Sonny Rollins que dynamisent les audaces rythmiques et harmoniques du Fender soutenu par la solide ligne de contrebasse et la batterie à la fois légère et tonique. Subtilement harmonisé par le piano au jeu mélancolique, This Never happened Before de Paul McCartney sert de tremplin au chorus mélodieux de la contrebasse aux accents romantiques.

C’est ensuite une version d’un thème de Monk que le trio revitalise. Sous les doigts virtuoses du pianiste, le morceau s’inscrit dans un processus d’expansion qu’encourage la batterie effervescente et la contrebasse indéfectible. Think of one s’en trouve comme littéralement recrée. L’album se termine avec une relecture de charme de Moreira, le thème du pianiste et compositeur argentin Guillermo Klein. Le piano reprend la ligne mélodique du chant puis son jeu à la fois brillant et sobre entraîne contrebasse et batterie dans un monde empreint de magnificence.

En fonction des conditions sanitaires à venir en 2021, rendez-vous ICI pour prendre connaissance des dates des concerts à venir du Pierre de Bethmann Trio.

Mauro Gargano présente « Nuages »

Mauro Gargano présente « Nuages »

Avec « Nuages », le contrebassiste Mauro Gargano présente son quatrième projet en tant que leader. La musique du quartet projette dans la contemplation d’un ciel lumineux parcouru de nuages sereins et légers. L’on se prend à redouter qu’ils ne se chargent d’électricité orageuse mais rien de tel n’advient. En effet, même si quelques souffles de vent effleurent le répertoire, rien ne parvient à troubler la sérénité des poétiques nuages musicaux.

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Pierre de Bethmann Trio fait coup double

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Pierre de Bethmann Trio revient avec « Essais/Volume 4 » et un coffret qui regroupe les 4 albums des « Essais » enregistrés en 5 ans autour de reprises de thèmes issus de multiples traditions. Avec à son actif cinq années d’activité intense, quatre albums enregistrés et regroupés en un coffret, le pianiste continue à expérimenter avec brio, l’art du trio avec ses fidèles compagnons, Sylvain Romano et Tony Rabeson. Un vent de fraîcheur et de raffinement. Un havre de plénitude musicale propice au ressourcement et à la sérénité.

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Hommages à Ennio Morricone

Hommages à Ennio Morricone

Pour commémorer ce qui aurait été le 92ème anniversaire du compositeur italien Ennio Morricone, deux labels présentent des albums qui honorent le Maestro. Son label Decca collabore avec CAM Sugar pour présenter « Morricone Segreto ». Le label Bonsaï lui rend hommage avec « More Morricone ». Le premier présente sept titres inédits en version orchestrale, de quoi satisfaire un public amateur de pièces rares. Interprété par le contrebassiste Ferruccio Spinetti et le pianiste Giovanni Ceccarelli, le second joue sur le registre de la sobriété et de l’intimité.

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Hommages à Ennio Morricone

Hommages à Ennio Morricone

« Morricone Segreto » & “More Morricone”

Pour commémorer ce qui aurait été le 92ème anniversaire du compositeur italien Ennio Morricone, deux labels présentent des albums qui honorent le Maestro. Son label Decca collabore avec CAM Sugar pour présenter « Morricone Segreto ». Le label Bonsaï lui rend hommage avec « More Morricone ». Le premier présente sept titres inédits en version orchestrale, de quoi satisfaire un public amateur de pièces rares. Interprété par le contrebassiste Ferruccio Spinetti et le pianiste Giovanni Ceccarelli, le second joue sur le registre de la sobriété et de l’intimité.

La carrière extraordinaire du musicien, compositeur, producteur arrangeur et chef d’orchestre italien Ennio Morricone (10 novembre 1928- 06 juillet 2020 1920) a duré plus de six décennies et lui a valu, en 2007, de recevoir un Oscar pour l’ensemble de sa carrière. De 1961 avec sa première bande originale pour « Il Federale » (Mission ultra-secrète) de Luciano Salce, à 2015 où il composa la musique du film « Les Huit Salopards » de Quentin Tarantino pour lequel il a reçu l’Oscar de la Meilleure musique de film, « Il Maestro » a signé plus de 600 bandes sonores originales.

Ennio Morricone

Fils de Mario Morricone, trompettiste de jazz, Ennio Morricone a suivi très tôt une formation musicale et obtenu les diplômes de trompette, composition, d’instrumentation et de direction d’orchestre à l’Académie nationale de Sainte-Cécile de Rome. La suite, on la connaît…

BO de films…

Ennio Morricone s’est surtout fait connaître du grand public pour être l’auteur des musiques des films du réalisateur Sergio Leone avec lequel il a entamé une collaboration qui a débuté avec « Pour une poignée de dollars » (1964), « Et pour quelques dollars de plus » (1965), « Le Bon, la Brute et le Truand » (1966), « Il était une fois dans l’Ouest » (1968), « Il était une fois la révolution » (1971) et « Il était une fois en Amérique » (1984) mais on peut aussi citer les musiques qu’il a composées pour d’autres fameux films parmi lesquels figurent, « Les Poings dans les poches » (1965) de Marco Bellocchio, « Théorème » (1968) de Pier Paolo Pasolini, « Le Clan des Siciliens »(1969) réalisé par Henri Verneuil, « Metello » (1969) de Mauro Bolognini, « L’Oiseau au plumage de cristal » (1970) de Dario Argento, « Macchie Solari » (1975) d’Armando Crispino, « 1900 » (1976) de Bernardo Bertolucci, « Les Moissons du ciel » (1978) de Terrence Malick, « Le Professionnel » (1981) de George Lautner, « The Thing » (1982) de John Carpenter, « Mission » (1986) de Roland Joffé, « les Incorruptibles » (1987) de Brian Palma suivi par « Outrages » (1990) et « Mission to Mars » (2000), « Cinema Paradiso (1988), « Kill Bill » (2003), « Kill Bill 2 » (2004), « Inglourious Basterds » (2009) puis « Django Unchained » (2012).

Styliste unique, Ennio Morricone a écrit des mélodies qui sont passées à la postérité. Dans le domaine des BO, les musiques de Morricone sont devenues ce que les standards sont au jazz. Une fois écoutées, elles demeurent en mémoire et animent l’imaginaire collectif.

… et aussi

Si son nom et sa musique restent attachés à des films mythiques, Ennio Morricone se prévalait d’appartenir à l’univers de la musique contemporaine expérimentale via le groupe de musique avant-gardiste Nuova Consonanza. Dans la dernière partie de sa vie, il s’est surtout consacré à la musique de concert en revisitant ses écritures le cinéma et des œuvres contemporaines.

Ennio Morricone s’est par ailleurs laissé entraîner dans l’univers du jazz par un trompettiste et pas des moindres, puisqu’il s’est agi de Chet Baker. Pour lui, qui embouche la trompette et chante, le Maestro a écrit les arrangements pour un orchestre symphonique qu’il dirige lui-même sur quatre titres de l’album « Chet is back! » sorti en 1962 et enregistré la même année aux Studios de la RCA italienne, à Rome. Le disque propose aussi huit autres pistes où Chet Baker interprète des standards de jazz à la tête d’un sextet composé de Bobby Jaspar (saxophone tenor, flûte), René Thomas (guitare), Amedeo Tommasi (piano), Benoit Quersin (contrebasse) et Daniel Humair (batterie).

En 2020, deux albums honorent Ennio Morricone, « Morrico(Decca/Cam Sugar) et « More Morricone » (Bonsaï Music/L’Autre Distribution/Idol).

« Morricone Segreto »

couverture de l'album Morricone Secret en hommage à Ennio MorriconeSortie le 06 novembre 2020 chez Decca/Cam Sugar, cette nouvelle compilation de 27 titres retrace la période la plus créative du compositeur, entre la fin des années 60 et le début des années 80 et compte avec 7 inédits.

A travers les œuvres sélectionnées, on découvre une face cachée et quelque peu excentrique de son génie. On embarque pour un voyage sonore assez sombre et psychédélique avec des mystérieuses voix, des guitares, les cordes aériennes, les synthés… « Morricone Segreto » propose des pièces rares et des prises alternatives provenant des archives historiques de son label.

« More Morricone »

Couverture de l'album More Morricone de Ferruccio Spinetti et Giovanni Ceccarelli en hommage à Ennio MorriconePierre Darmon du label Bonsaï Music a proposé au contrebassiste Ferrucio Spinetti et au pianiste Giovanni Ceccarelli d’enregistrer un album autour de la musique d’Ennio Morricone. Sur « More Morricone » (Bonsaï Music/L’Autre Distribution/Idol) paru le 18 septembre 2020, les deux musiciens font alterner des musiques de films devenues historiques avec d’autres moins connues.

Le défi de ce projet, réside dans la forme intimiste que propose le duo quand la plupart des musiques sont le plus souvent interprétées par de larges formations orchestrales. De facto, la formation piano-contrebasse parvient à restituer la quintessence des quinze mélodies de l’album. De plus, les instrumentistes font varier leurs supports d’expression, piano acoustique, Fender Rhodes clavietta et synthés pour Giovanni Ceccarelli, contrebasse acoustique, basse électrique, guitare acoustique et bouzouki pour Ferrucio Spinetti. Sur cet album empreint de délicatesse, les deux habiles praticiens du jazz n’ont pour l’occasion que peu recours à l ‘improvisation mais alimentent leurs échanges autour des mélodies qu’ils tissent et détissent à l’envi sur une trame nostalgique en diable.

Les deux musiciens ont invité la chanteuse Crystel Wautier pour interpréter le titre Hurry To Me du film « Metti, una sera a cena » (1969) puis My Heart and I de la saison 5 de la série TV « La Pieuvre » et aussi une chanson tirée du film « Revolver » (« La Poursuite Implacable ») repris ensuite par Tarantino dans son film « Inglorious Basterds » qui s’intitule Un ami avec un texte en français. La voix à la fois puissante et douce de la chanteuse belge fait merveille.

Mauro Gargano présente « Nuages »

Mauro Gargano présente « Nuages »

Avec « Nuages », le contrebassiste Mauro Gargano présente son quatrième projet en tant que leader. La musique du quartet projette dans la contemplation d’un ciel lumineux parcouru de nuages sereins et légers. L’on se prend à redouter qu’ils ne se chargent d’électricité orageuse mais rien de tel n’advient. En effet, même si quelques souffles de vent effleurent le répertoire, rien ne parvient à troubler la sérénité des poétiques nuages musicaux.

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Pierre de Bethmann Trio fait coup double

Pierre de Bethmann Trio fait coup double

Pierre de Bethmann Trio revient avec « Essais/Volume 4 » et un coffret qui regroupe les 4 albums des « Essais » enregistrés en 5 ans autour de reprises de thèmes issus de multiples traditions. Avec à son actif cinq années d’activité intense, quatre albums enregistrés et regroupés en un coffret, le pianiste continue à expérimenter avec brio, l’art du trio avec ses fidèles compagnons, Sylvain Romano et Tony Rabeson. Un vent de fraîcheur et de raffinement. Un havre de plénitude musicale propice au ressourcement et à la sérénité.

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Hommages à Ennio Morricone

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Pour commémorer ce qui aurait été le 92ème anniversaire du compositeur italien Ennio Morricone, deux labels présentent des albums qui honorent le Maestro. Son label Decca collabore avec CAM Sugar pour présenter « Morricone Segreto ». Le label Bonsaï lui rend hommage avec « More Morricone ». Le premier présente sept titres inédits en version orchestrale, de quoi satisfaire un public amateur de pièces rares. Interprété par le contrebassiste Ferruccio Spinetti et le pianiste Giovanni Ceccarelli, le second joue sur le registre de la sobriété et de l’intimité.

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L’ARFI présente « inDOLPHYlités »

L’ARFI présente « inDOLPHYlités »

Effervescence ARFIdèle

Avec « inDOLPHYlités », cinq membres de l’ARFI honorent la musique de l’album « Out to lunch! » gravé par Eric Dolphy en 1964. Par leur démarche, entre hommage et appropriation, Mélissa Acchiardi, Christophe Gauvert, Clément Gibert, Guillaume Grenard et Christian Rollet prolongent la musique du disque original. En conservant la même instrumentation, ils revisitent le répertoire auxquels ils ajoutent trois compositions de leur cru. Il en résulte une musique ludique et effervescente qui réinvente celle de Dolphy. Le bouturage musical de ces « inDOLPHYlités » s’inscrit dans l’ADN du collectif… plus ARFIdèle que ça, impossible !

couverture de l'album InDOLPHYlités de l'ARFIAbreuvés aux fondamentaux de l’Association à la Recherche d’un Folklore Imaginaire fondée en 1977 et toujours vivace en 2020, Mélissa Acchiardi (vibraphone), Christophe Gauvert (contrebasse), Clément Gibert (clarinette, clarinette basse, saxophone alto), Guillaume Grenard (trompette, bugle, flûte) et Christian Rollet (batterie) proposent « inDOLPHYlités », un album savoureux à écouter dès le 13 novembre 2020 sur le label ARFI.

Imprégnés par la liberté qui irrigue l’ARFI depuis sa création et inspirés par celle qui imprègne la musique du disque « Out of lunch! », ces cinq doux fêlés du collectif lyonnais se sont immergés dans le répertoire du mythique album gravé le 25 février 1964 chez Blue Note Records par Eric Dolphy (saxophone alto, flûte, clarinette basse), Freddie Hubbard (trompette), Bobby Hutcherson (vibraphone), Richard Davis (contrebasse) et Tony Williams (batterie) dont « inDOLPHYlités » apparaît comme le prolongement.

Sorti le vendredi 13 novembre 2020, « inDOLPHYlités » (ARFI/L’Autre Distribution et les Allumés du Jazz) est à découvrir sans retenue !

« inDOLPHYlités », entre Fidélité et Infidélité

Par son titre, « inDOLPHYlités » engage de prime lecture à envisager une part d’infidélité vis à vis de « Out of lunch! » qui l’inspire. Après écoute, on serait à vrai dire plutôt tenté d’évoquer une fidélité nuancée à moins qu’il ne s’agisse d’infidélités respectueuses.

L’instrumentation

Sur « inDOLPHYlités » on retrouve clarinette basse, saxophone alto, flûte, trompette, vibraphone, contrebasse et batterie par contre, un instrument s’ajoute. En effet, Clément Gibert enrichit sa panoplie instrumentale (clarinette basse et saxophone alto) d’une clarinette. Par contre, à la différence de « Out To Lunch! » où la flûte est tenue par l’instrumentiste qui embouche aussi saxophone alto et clarinette basse, en l’occurrence Eric Dolphy, sur « inDOLPHYlités », c’est le trompettiste/bugliste, Guillaume Grenard qui est aussi flûtiste.

Le répertoire

Les deux disques ouvrent avec Hat and Beard et se terminent avec l’enchainement des titres Out to Lunch et Straight Up and Down. Sur les deux opus figurent Something Sweet, Something Tender et Gazzelloni à la nuance près que l’ordre s’inverse.

Aux cinq titres de Dolphy, présents sur les deux opus, les arfiens ont greffé trois morceaux. Composé par Guillaume Grenard, le tonique Out to Punch fait le pendant à Out to Lunch. Clément Gibert apporte sa contribution au répertoire en ajoutant deux morceaux, le jubilatoire Damné soit le Premier et le lumineux Quelque chose de Doux, Quelque Chose de Tendre qui apporte un rien de délicatesse supplémentaire et fait écho au titre original dont il restitue le titre mot pour mot.

Cinq compositions originales d’Eric Dolphy et 42′ de musique sur « Out to Lunch ». Huit plages sur « inDOLPHYlités » pour 41′ d’écoute.

La pochette

couverture de l'album Out to lunch d'Eric Dolphy_inDOLPHYlitéscouverture de l'album InDOLPHYlités de l'ARFILe visuel du disque de l’ARFI conserve les tonalités bleues de la pochette de « Out to Lunch! ». Elle schématise les aiguilles des panneaux horaires affichés sur les portes des magasins pour annoncer l’heure du retour après la pause repas, comme le montrait la superbe photo de Reid Miles… Out to lunch… will be back !

S’y ajoutent des figuratifs de couleur rose suggérant instruments et instrumentistes.

Au fil des titres

Comme un clin d’œil à l’univers de Monk, Hat and Beard permet au quintet de l’ARFI de s’en donner à cœur joie sur les tempi impairs et de réinventer sans plagiat et de manière fort singulière l’atmosphère du titre original. Sur l’acidulé Gazzelloni écrit par Dolphy en hommage au flûtiste classique Severino Gazzelloni, Guillaume Grenard délaisse la trompette pour la flûte. Hachures, ruptures et délires aériens zèbrent librement la construction du morceau.

C’est plus loin une atmosphère tout en suspension que le quintet livre sur Something Sweet, Something Tender où calme et volupté font bon ménage. La contrebasse mélodieuse et le vibraphone angélique rivalisent de douceur. Découlant de la même inspiration, la composition de Clément Gibert, Quelque chose de Doux, Quelque chose de Tendre développe plus encore cette dimension de douceur apaisée qui tranche avec les déflagrations des thèmes à venir. Bugle, clarinette basse et vibraphone devisent sereinement alors que contrebasse et batterie ponctuent le dialogue avec tendresse.

Le percutant Out to Punch revitalise l’ambiance. Improvisations étourdissantes, gazouillis à tous crins. La ligne mélodique n’en finit pas d’être brisée par la trompette et la clarinette basse qui s’évertuent ensuite à la reconstruire. Phrases anguleuses, zigzags, rebondissements, digressions, distorsions du vibraphone, délire de haut vol tous azimuts. Total ARFI !

Dans la longue introduction de Damné soit le Premier, la clarinette basse explore l’entièreté de son registre et éructe à qui mieux mieux. Les autres protagonistes la rejoignent ensuite et entament avec elle une danse jubilatoire et incandescente d’où émergent des sons fulgurants jusqu’à ce que, pour finir, le paysage sonore se calme.

Sur un rythme en 5/4, Out to Lunch ouvre un boulevard à l’alto qui explose et s’époumone jusqu’au paroxysme, porté par la batterie en délire.

L’album se termine avec le très intense et singulier Straight Up and Down qui décape les tympans. Sur un motif continu de la contrebasse, les soufflants rivalisent, grognements et borborygmes de la trompette, explosion de l’alto, le vibraphone se fait allusif et la batterie pointilliste. Un moment dont les hauts et les bas ne sont pas sans évoquer les échanges peu maîtrisés des buveurs impénitents à l’acmé de leurs excès. La musique titube et l’oreille frémit.

Si les conditions sanitaires le permettent, RV avec « InDOLPHYlités » le 30 Janvier 2021 à La Fraternelle, Saint Claude (39) pour écouter live Clément Gibert (clarinette, clarinette basse, saxophone alto), Guillaume Grenard (trompette, bugle, flûte), Mélissa Acchiardi (vibraphone), Christophe Gauvert (contrebasse) et Christian Rollet (batterie).

Mauro Gargano présente « Nuages »

Mauro Gargano présente « Nuages »

Avec « Nuages », le contrebassiste Mauro Gargano présente son quatrième projet en tant que leader. La musique du quartet projette dans la contemplation d’un ciel lumineux parcouru de nuages sereins et légers. L’on se prend à redouter qu’ils ne se chargent d’électricité orageuse mais rien de tel n’advient. En effet, même si quelques souffles de vent effleurent le répertoire, rien ne parvient à troubler la sérénité des poétiques nuages musicaux.

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Pierre de Bethmann Trio fait coup double

Pierre de Bethmann Trio fait coup double

Pierre de Bethmann Trio revient avec « Essais/Volume 4 » et un coffret qui regroupe les 4 albums des « Essais » enregistrés en 5 ans autour de reprises de thèmes issus de multiples traditions. Avec à son actif cinq années d’activité intense, quatre albums enregistrés et regroupés en un coffret, le pianiste continue à expérimenter avec brio, l’art du trio avec ses fidèles compagnons, Sylvain Romano et Tony Rabeson. Un vent de fraîcheur et de raffinement. Un havre de plénitude musicale propice au ressourcement et à la sérénité.

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Hommages à Ennio Morricone

Hommages à Ennio Morricone

Pour commémorer ce qui aurait été le 92ème anniversaire du compositeur italien Ennio Morricone, deux labels présentent des albums qui honorent le Maestro. Son label Decca collabore avec CAM Sugar pour présenter « Morricone Segreto ». Le label Bonsaï lui rend hommage avec « More Morricone ». Le premier présente sept titres inédits en version orchestrale, de quoi satisfaire un public amateur de pièces rares. Interprété par le contrebassiste Ferruccio Spinetti et le pianiste Giovanni Ceccarelli, le second joue sur le registre de la sobriété et de l’intimité.

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The Royal Bopsters présentent « Party of Four »

The Royal Bopsters présentent « Party of Four »

Jazz vocal de haute voltige

Le quartet de jazz vocal américain, « The Royal Bopsters », dévoile « Party of Four » chez Motema Records. Composé d’Amy London, de la regrettée Holli Ross, de Pete McGuinness et de Dylan Pramuk, le groupe cisèle un joyau de l’art vocalese. Dans la lignée des fameux Lambert, Hendricks & Ross, des Manhattan Transfer et des Double Six, The Royal Bopsters présentent un album éblouissant. Accompagné d’un brillant trio piano-contrebasse-batterie, le quartet a invité Sheila Jordan, Bob Dorough et Christian McBride. Au cœur d’arrangements somptueux, les prouesses de ces quatre voix de haute voltige débordent de swing et de précision.

Après « The Royal Bopsters Project » sorti en 2015, The Royal Bopsters sont de retour avec « Party of Four », un deuxième album fort réussi dont la sortie est annoncée chez Motema Records. Sur leur premier album, The Royal Bopsters ont invité cinq légendes qui les ont inspirés : Mark Murphy (1932-2015), Bob Dorough (1923- 2018), Jon Hendricks (1921-2017), Annie Ross (1930-2020) et Sheila Jordan née en 1928 et toujours vaillante.couverture de l'album Party of Four par The Royal Bopsters

Pour leur deuxième album enregistré en juin 2017 et juin 2019, le quartet a de nouveau convié Sheila Jordan et invité Bob Dorough et Christian McBride.

« Party of Four » sort le 13 novembre 2020, trois jours avant la date qui aurait été celle du 64ème anniversaire de la chanteuse du groupe, Holli Ross et 5 jours avant celui de Sheila Jordan.

The Royal Bopsters

Le quartet vocal rassemble Amy London (soprano), Holli Ross (alto), Peter McGuinness (ténor) et Dylan Pramuk (basse). Tous les membres du groupe ont enseigné le jazz dans la région de New York et transmis ainsi leur connaissance et leur pratique du jazz vocal.

Les vocalistes de « The Royal Bopsters » mettent à mal la logique mathématique car leurs quatre voix additionnées n’en font qu’une, celle d’un groupe vocal qui contribue par son approche à rafraîchir le style vocalese. Utilisé pour la première fois par Leonard Feather en 1953, dans la revue Down Beat pour qualifier le style de la chanteuse Annie Ross, le terme vocalese désigne un genre de jazz vocal dont la tradition s’inscrit dans l’histoire du jazz. Il consiste à transcrire des solos d’instrumentistes pour la voix. Aux États-Unis, ce sont le chanteur Eddie Jefferson (1918-1979) puis les groupes de Lambert, Hendricks & Ross (1958-1962) et Manhattan Transfer (fin années 70, début années 80) qui ont popularisé l’art vocalese. En France, Mimi Perrin et les Double-Six (1959-1966) ont représenté avec brio ce style de jazz vocal.

L’écoute de « Party of Four » prouve dès les premières mesures de la première piste combien The Royal Bopsters maîtrisent le jazz vocal de style vocalese. Leurs voix de haute voltige développent des prouesses de swing valorisées par des arrangements éclatants.

Groupe instrumental et invités

Sur l’album « Party of Four », dédié à Holli Ross décédée en juillet 2020, le quartet vocal The Royal Bopsters est accompagné par un trio instrumental composé du pianiste Steve Schmidt piano, du batteur Steve Williams et du contrebassiste Cameron Brown qui cède l’instrument à Christian McBride sur deux titres. Le percussionniste Steven Kroon intervient lui aussi à leurs côtés sur deux morceaux.

Sur Lucky To Be Me, la toujours jeune Sheila Jordan qui a chanté le bop avec Charlie Parker rejoint The Royal Bopsters et retrouve Cameron Brown avec qui elle a souvent partagé la scène et même gravé des albums. Le regretté Bob Dorough (1923-2018) a chanté avec The Royal Bopsters sa composition Baby, You Should Know It, sur ce qui compte sans doute parmi un de ses derniers enregistrements.

Les brillants arrangements sont à porter au crédit de Dylan Pramuk, Peter McGuinness et Steve Schmidt.

Au fil des plages

L’album ouvre avec l’entraînant But not For Me, ce thème de Gershwin qu’affectionnait Chet Baker. Avec agilité et précision, les voix reprennent d’ailleurs un solo scat de Chet Baker harmonisé pour l’ensemble par McGuinness. Le morceau permet aussi d’apprécier un solo swinguant et savoureux du pianiste Steve Schmidt. Le répertoire se poursuit avec le medley On A Misty Night/The Gipsy. Amy London chante la mélodie avec passion et le contrebassiste invité, Christian McBride, offre un solo aussi lumineux que puissant. Sur des arrangements de Dylan Pramuk, les voix des Royal Bopsters sonnent comme les instruments d’un big band qui ponctueraient le rythme derrière la basse. On demeure confondu par la précision de l’orchestration.

Le groupe enchaîne avec la tendre ballade How I Love You (Let me count the reasons) dont les paroles et arrangements ont été à l’origine écrits par Dylan Pramuk à l’occasion de son mariage. C’est d’ailleurs lui dont la voix est mise en valeur sur ce titre. La chanson est basée sur une improvisation de Dexter Gordon. Plus loin, Lucky To Be Me met en avant Sheila Jordan. Après le couplet introductif des Royal Bopsters, Sheila Jordan et Cameron Brown exposent la mélodie puis la chanteuse entame un scat sublime de douceur et de retenue.

Sur Why’d You Do Me the Way You Did ? Amy London a ajouté des paroles à celles de Mark Murphy. La chanteuse clame son blues avec véhémence pour narrer une histoire d’amour ratée et les notes bleues voltigent au-dessus du clavier du pianiste, arrangeur du morceau. La ballade de Billy Strayhorn, Day Dream, ménage ensuite un intermède en suspension que le quartet chante a capella. Ce titre, interprété par les voix sans aucun accompagnement, brille par sa mélancolie un peu décalée par rapport au reste du répertoire. Un joyau vocal absolu !

Le contraste est grand avec le morceau suivant, Cuando Te Vea (When I see you), un mambo de Tito Puente, arrangé par Dylan Pramuk. Sur un rythme de salsa, Holly Ross chante les paroles qu’elle a écrites. Outre l’efficace intervention de la contrebasse de Christian McBride et la présence du percussionniste Steve Kroon, McGuinness offre un remarquable solo de « trombone à la bouche ». Le répertoire se poursuit avec un morceau de Bob Dorough, Baby, You Should Know It, sur lequel le chanteur rejoint le quartet. L’atmosphère se fait bluesy et restitue le rire et la voix pétillante et expressive de Bob Dorough.

Place ensuite à Our Spring Song, une composition de Pete McGuinness qu’il a arrangée pour le groupe sur des paroles d’Amy London. Le morceau se distingue par un swing chaleureux et les prouesses des voix qui développent un solo de groupe chatoyant. Le défi est grand pour les Bopsters sur Rusty Dusty Blues de Mayo Williams, basé sur l’improvisation du groupe de Count Basie. En effet, ce titre fut interprété entre autres chanteurs par Jon Hendricks avec Dave Lambert et Annie Ross. Dylan Pramuk qui a conçu les arrangements, pose avec détermination son chant bluesy sur les paroles de Jon Hendricks.

Une force mystérieuse et une émotion sensible caractérisent l’interprétation que donnent The Royal Bopsters de la composition de Wayne Shorter, Infant Eyes. Sur des arrangements de Pete McGuinnes et des paroles de Doug Carn, c’est un chorus du saxophoniste Wayne Shorter issu de l’enregistrement original qui est repris par le groupe. Le solo solaire et inspiré du pianiste ajoute au mystère et à la douceur du morceau. L’album se termine avec My Shining Hour arrangé par Peter McGuinness. Le scat qu’il développe est remarquable de souplesse, d’inventivité et de clarté sur le tempo rapide du morceau. On est proche de la jubilation !

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