L’ARFI présente « inDOLPHYlités »

L’ARFI présente « inDOLPHYlités »

Effervescence ARFIdèle

Avec « inDOLPHYlités », cinq membres de l’ARFI honorent la musique de l’album « Out to lunch! » gravé par Eric Dolphy en 1964. Par leur démarche, entre hommage et appropriation, Mélissa Acchiardi, Christophe Gauvert, Clément Gibert, Guillaume Grenard et Christian Rollet prolongent la musique du disque original. En conservant la même instrumentation, ils revisitent le répertoire auxquels ils ajoutent trois compositions de leur cru. Il en résulte une musique ludique et effervescente qui réinvente celle de Dolphy. Le bouturage musical de ces « inDOLPHYlités » s’inscrit dans l’ADN du collectif… plus ARFIdèle que ça, impossible !

couverture de l'album InDOLPHYlités de l'ARFIAbreuvés aux fondamentaux de l’Association à la Recherche d’un Folklore Imaginaire fondée en 1977 et toujours vivace en 2020, Mélissa Acchiardi (vibraphone), Christophe Gauvert (contrebasse), Clément Gibert (clarinette, clarinette basse, saxophone alto), Guillaume Grenard (trompette, bugle, flûte) et Christian Rollet (batterie) proposent « inDOLPHYlités », un album savoureux à écouter dès le 13 novembre 2020 sur le label ARFI.

Imprégnés par la liberté qui irrigue l’ARFI depuis sa création et inspirés par celle qui imprègne la musique du disque « Out of lunch! », ces cinq doux fêlés du collectif lyonnais se sont immergés dans le répertoire du mythique album gravé le 25 février 1964 chez Blue Note Records par Eric Dolphy (saxophone alto, flûte, clarinette basse), Freddie Hubbard (trompette), Bobby Hutcherson (vibraphone), Richard Davis (contrebasse) et Tony Williams (batterie) dont « inDOLPHYlités » apparaît comme le prolongement.

Sorti le vendredi 13 novembre 2020, « inDOLPHYlités » (ARFI/L’Autre Distribution et les Allumés du Jazz) est à découvrir sans retenue !

« inDOLPHYlités », entre Fidélité et Infidélité

Par son titre, « inDOLPHYlités » engage de prime lecture à envisager une part d’infidélité vis à vis de « Out of lunch! » qui l’inspire. Après écoute, on serait à vrai dire plutôt tenté d’évoquer une fidélité nuancée à moins qu’il ne s’agisse d’infidélités respectueuses.

L’instrumentation

Sur « inDOLPHYlités » on retrouve clarinette basse, saxophone alto, flûte, trompette, vibraphone, contrebasse et batterie par contre, un instrument s’ajoute. En effet, Clément Gibert enrichit sa panoplie instrumentale (clarinette basse et saxophone alto) d’une clarinette. Par contre, à la différence de « Out To Lunch! » où la flûte est tenue par l’instrumentiste qui embouche aussi saxophone alto et clarinette basse, en l’occurrence Eric Dolphy, sur « inDOLPHYlités », c’est le trompettiste/bugliste, Guillaume Grenard qui est aussi flûtiste.

Le répertoire

Les deux disques ouvrent avec Hat and Beard et se terminent avec l’enchainement des titres Out to Lunch et Straight Up and Down. Sur les deux opus figurent Something Sweet, Something Tender et Gazzelloni à la nuance près que l’ordre s’inverse.

Aux cinq titres de Dolphy, présents sur les deux opus, les arfiens ont greffé trois morceaux. Composé par Guillaume Grenard, le tonique Out to Punch fait le pendant à Out to Lunch. Clément Gibert apporte sa contribution au répertoire en ajoutant deux morceaux, le jubilatoire Damné soit le Premier et le lumineux Quelque chose de Doux, Quelque Chose de Tendre qui apporte un rien de délicatesse supplémentaire et fait écho au titre original dont il restitue le titre mot pour mot.

Cinq compositions originales d’Eric Dolphy et 42′ de musique sur « Out to Lunch ». Huit plages sur « inDOLPHYlités » pour 41′ d’écoute.

La pochette

couverture de l'album Out to lunch d'Eric Dolphy_inDOLPHYlitéscouverture de l'album InDOLPHYlités de l'ARFILe visuel du disque de l’ARFI conserve les tonalités bleues de la pochette de « Out to Lunch! ». Elle schématise les aiguilles des panneaux horaires affichés sur les portes des magasins pour annoncer l’heure du retour après la pause repas, comme le montrait la superbe photo de Reid Miles… Out to lunch… will be back !

S’y ajoutent des figuratifs de couleur rose suggérant instruments et instrumentistes.

Au fil des titres

Comme un clin d’œil à l’univers de Monk, Hat and Beard permet au quintet de l’ARFI de s’en donner à cœur joie sur les tempi impairs et de réinventer sans plagiat et de manière fort singulière l’atmosphère du titre original. Sur l’acidulé Gazzelloni écrit par Dolphy en hommage au flûtiste classique Severino Gazzelloni, Guillaume Grenard délaisse la trompette pour la flûte. Hachures, ruptures et délires aériens zèbrent librement la construction du morceau.

C’est plus loin une atmosphère tout en suspension que le quintet livre sur Something Sweet, Something Tender où calme et volupté font bon ménage. La contrebasse mélodieuse et le vibraphone angélique rivalisent de douceur. Découlant de la même inspiration, la composition de Clément Gibert, Quelque chose de Doux, Quelque chose de Tendre développe plus encore cette dimension de douceur apaisée qui tranche avec les déflagrations des thèmes à venir. Bugle, clarinette basse et vibraphone devisent sereinement alors que contrebasse et batterie ponctuent le dialogue avec tendresse.

Le percutant Out to Punch revitalise l’ambiance. Improvisations étourdissantes, gazouillis à tous crins. La ligne mélodique n’en finit pas d’être brisée par la trompette et la clarinette basse qui s’évertuent ensuite à la reconstruire. Phrases anguleuses, zigzags, rebondissements, digressions, distorsions du vibraphone, délire de haut vol tous azimuts. Total ARFI !

Dans la longue introduction de Damné soit le Premier, la clarinette basse explore l’entièreté de son registre et éructe à qui mieux mieux. Les autres protagonistes la rejoignent ensuite et entament avec elle une danse jubilatoire et incandescente d’où émergent des sons fulgurants jusqu’à ce que, pour finir, le paysage sonore se calme.

Sur un rythme en 5/4, Out to Lunch ouvre un boulevard à l’alto qui explose et s’époumone jusqu’au paroxysme, porté par la batterie en délire.

L’album se termine avec le très intense et singulier Straight Up and Down qui décape les tympans. Sur un motif continu de la contrebasse, les soufflants rivalisent, grognements et borborygmes de la trompette, explosion de l’alto, le vibraphone se fait allusif et la batterie pointilliste. Un moment dont les hauts et les bas ne sont pas sans évoquer les échanges peu maîtrisés des buveurs impénitents à l’acmé de leurs excès. La musique titube et l’oreille frémit.

Si les conditions sanitaires le permettent, RV avec « InDOLPHYlités » le 30 Janvier 2021 à La Fraternelle, Saint Claude (39) pour écouter live Clément Gibert (clarinette, clarinette basse, saxophone alto), Guillaume Grenard (trompette, bugle, flûte), Mélissa Acchiardi (vibraphone), Christophe Gauvert (contrebasse) et Christian Rollet (batterie).

LP3 45-Records, un nouvel label de Jazz est né

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Malgré la crise de l’industrie phonographique et la crise sanitaire, un nouvel label de Jazz est né… LP3 45-Records. Fruit de l’association de trois musiciens de jazz de renommée internationale Luigi Grasso, Yaron Herman, Laurent Courthaliac et du chef d’entreprise Peter Schnur, ce label fait sien le concept, « Less is More ». Il propose des albums vinyle 33 tours 3 titres enregistrés dans le lieu de vie des artistes. Les deux premiers sont annoncés pour le 18 décembre 2020, Kurt Rosenwinkel et René Urtreger.

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Mauro Gargano présente « Nuages »

Mauro Gargano présente « Nuages »

Avec « Nuages », le contrebassiste Mauro Gargano présente son quatrième projet en tant que leader. La musique du quartet projette dans la contemplation d’un ciel lumineux parcouru de nuages sereins et légers. L’on se prend à redouter qu’ils ne se chargent d’électricité orageuse mais rien de tel n’advient. En effet, même si quelques souffles de vent effleurent le répertoire, rien ne parvient à troubler la sérénité des poétiques nuages musicaux.

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Pierre de Bethmann Trio fait coup double

Pierre de Bethmann Trio fait coup double

Pierre de Bethmann Trio revient avec « Essais/Volume 4 » et un coffret qui regroupe les 4 albums des « Essais » enregistrés en 5 ans autour de reprises de thèmes issus de multiples traditions. Avec à son actif cinq années d’activité intense, quatre albums enregistrés et regroupés en un coffret, le pianiste continue à expérimenter avec brio, l’art du trio avec ses fidèles compagnons, Sylvain Romano et Tony Rabeson. Un vent de fraîcheur et de raffinement. Un havre de plénitude musicale propice au ressourcement et à la sérénité.

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Roberto Negro présente « Papier Ciseau »

Roberto Negro présente « Papier Ciseau »

Couleurs sonores contrastées

Trois ans après l’éblouissant « Saison 3 », Roberto Negro revient avec « Papier Ciseau » à sortir le 13 novembre 2020. Toujours en quête de renouvellement, le pianiste et compositeur Roberto Negro revient avec le trio Dadada devenu quartet avec la venue de Valentin Ceccaldi. Les sensations se succèdent, les univers se croisent, les couleurs sonores contrastent et la musique explose.

Roberto Negro©Jean-Pascal Retel

Roberto Negro©Jean-Pascal Retel

Élu aux Victoires du Jazz 2018 dans la catégorie Album sensation de l’année pour l’album « Saison 3 » avec son trio Dadada, le pianiste et compositeur Roberto Negro présente « Papier Ciseau » (Label Bleu/L’Autre Distribution) dont la sortie est attendue pour le 13 novembre 2020.

Sur ce nouvel opus, on retrouve autour du pianiste, le saxophoniste Émile Parisien et le batteur Michele Rabbia. Cependant, le trio Dadada s’étoffe et devient quartet avec l’arrivée de Valentin Ceccaldi, membre, comme le leader, de la tribu du TriCollectif.

Sans cesse en recherche de timbres, le quartet Dadada navigue entre romantisme et modernisme et projette sa musique dans un espace truffé d’effets et de sonorités étranges. Les quatre compères se gardent bien de fixer des repères et le jeu des instruments se combine à celui des effets de toutes sortes. Les couleurs sonores contrastées de cette musique à l’esthétique déroutante se projette loin des normes habituelles.

« Papier Ciseau »

couverture de l'album Papier Ciseau de Roberto NegroC’est en octobre 2019, au Studio Gil Evans d’Amiens, que l’ingénieur du son Mathieu Pion, chargé aussi du mixage, a enregistré « Papier Ciseau ».

Au piano et aux claviers, Roberto Negro s’exprime entre mélodies naïves et phrasés explosifs. Michele Rabbia partage son inventivité entre batterie/percussions et électronique. Émile Parisien parsème son expression lyrique de fulgurances inouïes et surprenantes. Pour ce projet, le violoncelliste Valentin Ceccaldi a opté pour la basse au jeu contrasté.

Des univers aux couleurs tranchées se télescopent. L’oreille vogue de chimère tumultueuse en réalité apaisée et voyage avec plaisir du tumulte à l’apaisement, d’une ambiance paradisiaque et à une atmosphère cauchemardesque. « Papier Ciseau », des sonorités aux couleurs contrastées, réminiscences d’enfance projetées dans l’avenir.

Au fil des titres

Les mains dans le dos, on compte jusqu’à trois pour jouer à Pierre, Feuille, Ciseau… à l’écoute des neuf plages de « Papier Ciseau ».

L’album débute avec Lime, un titre plein de fraîcheur. D’abord une mélodie presque naïve que développe le piano. Il est ensuite rejoint par le groupe et la musique devient délurée, avec des sons acidulés que le quartet triture tout en entonnant en chœur « Dadada ». Plus loin, sur un simple motif réitératif que la main gauche répète sur le piano, la main droite et le soprano embarquent Odile dans un jeu méditatif puis, porté par le souffle effervescent du soprano et la rythmique torride, le climat étrange se métamorphose. Pour finir, la sérénité revient… à moins qu’il ne s’agisse de nostalgie.

Roberto Negro Quartet Dadada©Jean-Pascal Retel

Porté par la rythmique tellurique, le souffle ténébreux du saxophone ouvre plus tard les portes de l’univers fantastique de l’enfance qu’évoque Toot. Dans la foulée, Apotheke débute par un tumulte sonore et une prescription énoncée comme une pub. La ligne de basse soutient la ligne mélodique que fragmentent claviers et soprano. Parasité par des effets sonores surprenants et cocasses, le solo lyrique du saxophone se termine très vite.

Sur Telex, le duo piano-soprano propose d’abord un motif romantique et lent puis entame une narration dont le climat s’intensifie puis est porté au paroxysme par le quartet. Sans crier gare, advient Neunzehn à la construction déroutante. Le soprano à l’expression fulgurante, la basse dévergondée et les percussions toniques génèrent des moments brûlants auxquels succèdent des espaces sereins. On est submergé et esbroufé par la maîtrise dont le groupe fait preuve pour contrôler le climat musical.

Le répertoire se poursuit avec Missa à l’atmosphère musicale onirique : soprano planant, basse pulsatile, percussions et claviers répétitifs. L’ambiance se fait extravagante puis devient enivrante et l’on se laisse flotter avec bonheur au fil des mesures. Sur Solarels, le monde de l’enfance revient en force avec un superbe travail opéré par les effets électroniques, à partir d’un riff de piano. Sifflets et grondements ponctuent le morceau et invitent à rejoindre la cour de récré où se croisent des sonorités tout en légèreté jusqu’à ce que le piano sonne la fin des réjouissances et rappelle basse, cymbales, claviers.

Il faudra attendre 2021 pour que la musique de Roberto Negro et de son quartet Dadada redonne des couleurs à la morosité de ces temps confinés. Rendez-vous le à 20h le 17 janvier 2021 à Paris au Café de la Danse et à 21h le 20 janvier 2021 à la Maison de la Culture d’Amiens.

LP3 45-Records, un nouvel label de Jazz est né

LP3 45-Records, un nouvel label de Jazz est né

Malgré la crise de l’industrie phonographique et la crise sanitaire, un nouvel label de Jazz est né… LP3 45-Records. Fruit de l’association de trois musiciens de jazz de renommée internationale Luigi Grasso, Yaron Herman, Laurent Courthaliac et du chef d’entreprise Peter Schnur, ce label fait sien le concept, « Less is More ». Il propose des albums vinyle 33 tours 3 titres enregistrés dans le lieu de vie des artistes. Les deux premiers sont annoncés pour le 18 décembre 2020, Kurt Rosenwinkel et René Urtreger.

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Mauro Gargano présente « Nuages »

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Avec « Nuages », le contrebassiste Mauro Gargano présente son quatrième projet en tant que leader. La musique du quartet projette dans la contemplation d’un ciel lumineux parcouru de nuages sereins et légers. L’on se prend à redouter qu’ils ne se chargent d’électricité orageuse mais rien de tel n’advient. En effet, même si quelques souffles de vent effleurent le répertoire, rien ne parvient à troubler la sérénité des poétiques nuages musicaux.

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Pierre de Bethmann Trio fait coup double

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Pierre de Bethmann Trio revient avec « Essais/Volume 4 » et un coffret qui regroupe les 4 albums des « Essais » enregistrés en 5 ans autour de reprises de thèmes issus de multiples traditions. Avec à son actif cinq années d’activité intense, quatre albums enregistrés et regroupés en un coffret, le pianiste continue à expérimenter avec brio, l’art du trio avec ses fidèles compagnons, Sylvain Romano et Tony Rabeson. Un vent de fraîcheur et de raffinement. Un havre de plénitude musicale propice au ressourcement et à la sérénité.

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Stracho Temelkovski signe « The Sound Braka »

Stracho Temelkovski signe « The Sound Braka »

Album aux ambiances festives et hypnotiques

Le multi-instrumentiste, improvisateur et beatboxer, Stracho Temelkovski signe son premier album « The Sound Braka ». Aux confluences du jazz, des musiques improvisées et des musiques du monde, l’album réunit autour du leader ses « frères de son ». Des formations à géométrie variable proposent des musiques issues des cultures populaires orales et des musiques savantes. Entre ambiances festives et hypnotiques se crée une alchimie naturelle. Un univers musical aux accents universels où les rythmes frénétiques des Balkans croisent des poésies jazzy. Un album singulier chargé d’humanité.

Stracho Temelkovski signe The Sound Braka_couverture de l'albumAvec « The Sound Braka » (Musika Songes/MDC/PIAS) annoncé pour le 30 octobre 2020, le musicien Stracho Temelkovski signe un opus qui condense et magnifie les patrimoines musicaux des Balkans, de la Méditerranée et l’Orient (proche et extrême), des faubourgs de Buenos Aires et le jazz. Ce disque est l’aboutissement d’un véritable processus de maturation.

Il a pris sa forme actuelle lors d’une résidence de création à l’Amphi Jazz de l’Opéra de Lyon en mai 2018 à laquelle Stracho Temelkovski a convié ses « frères de son », tous virtuoses et complices, pour créer ensemble un répertoire unique.

Du solo à l’octet, Stracho Temelkovski partage ses aventures musicales avec des artistes venus de différents horizons et avec eux, il trace sa route entre jazz, harmonies balkaniques, latines et orientales, rythmes asymétriques et sons urbains. Basée sur l’échange la musique de « The Sound Braka » possède des vertus essentielles. Elle respire et apporte la preuve que les échanges sont porteurs de fraternité et fédèrent au-delà des différences culturelles. Elle réconforte et dynamise.

Stracho Temelkovski

Autodidacte, Stracho Temelkovski possède une formation musicale basée sur l’échange, les rencontres et la transmission orale. Virtuose et sensible, Stracho Temelkovski passe avec une aisance déconcertante de la basse à la mandole, de la viola à la guitare électrique et pratique aussi percussions et beatbox. Du pays de ses origines, la Macédoine, il emprunte les sons envoûtants, les rythmes asymétriques et la ferveur des fanfares instrumentales des Balkans.

Stracho Temelkovski signe "The Sound Braka"

Stracho Temelkovsk©Laurie Diaz

Né à Grenoble dans une famille macédonienne, Stracho Temelkovski a appris tout jeune les rudiments de la guitare électrique, de la basse, des percussions, du sampling et de la programmation. Avec son premier groupe « Kassinga » fondé à 15 ans, il mêle avec sonorités jazz-funk et dub auxquelles il ajoute une touche orientale.

En 2003, il remplace au pied levé le bassiste de jazz américain Steve Swallow sur un projet du musicien et poète Antonio Placer, avec lequel il développe la polyvalence instrumentale qui deviendra sa véritable signature. Cette collaboration se poursuit sur « The Sound Braka », où les deux compositeurs co-signent deux titres, La mélo doucha man et Manzanilla.

Stracho Temelkovski a aussi collaboré avec Gnawa Diffusion, MIG (avec Djazia Satour) et le pianiste Omar Sosa dont il a assuré fin 2015, la première partie d’un concert près de Grenoble. Leur rencontre crée des liens musicaux complices qui débouchent sur trois concerts en duo. Le troisième est enregistré et donne lieu à la sortie de « Live in Seynod », un EP digital sorti en juillet 2020. Amateur de danse contemporaine, Stracho Temelkovski s’est également associé à des chorégraphes (François Veyrunes, Sylvère Lamotte) pour lesquels il compose et interprète la musique de leurs spectacles.

Stracho Temelkovski signe "The Sound Braka"_photo©Laurie Diaz©

Stracho Temelkovski©Laurie Diaz

Connaisseur des musiques actuelles, Stracho Temelkovski crée un pont entre les musiques savantes et les musiques traditionnelles et populaires. Ses influences se situent entre « Bach, Dr Dre, Prodigy, Django Reinhardt , Paco de Lucia et Daft Punk ». Il aime à croiser les expériences avec des artistes venus d’autres horizons, comme les conteurs Louis Soret et Melisdjane Sezer, le pianiste Jean-Marie Machado et son Orchestre Danzas, le flûtiste Joce Mienniel dont la création « Babel » réunit des musiciens traditionnels venant de Syrie, d’Italie, du Pakistan, de Macédoine, de Belgique et de France.

Très impliqué dans le tissu associatif local, il manifeste un fort intérêt pour la médiation culturelle. Il intervient auprès des scolaires et dans les quartiers et a animé des ateliers en milieu carcéral. Il a réalisé des sessions en prison et découvert le beatbox via un jeune détenu, Mourad. Par ailleurs, dans une prison pour femmes, il a rencontré une détenue originaire du Cap-Vert qui « est venue lire des poèmes écrits sur un cahier pour ses enfants » alors qu’il jouait une samba à la guitare acoustique. Cet échange chargé d’humanité lui a inspiré le climat à la fois oppressant et joyeux de « Saudade des Baumettes », un des titres de l’album « The Sound Braka ».

Guitariste, percussionniste, compositeur et arrangeur, Stracho Temelkovski évoque sa musique « viscérale » comme « un chant de cordes et de percussions » qui « prend sa source dans les Balkans et se nourrit d’autres sonorités, celles de [s]a réalité. Les sons se rencontrent et dialoguent, entre Orient et Occident, ils sont le reflet de [s]on identité. Fruits d’une culture hétéroclite, ils rappellent que [s]es racines ont aussi poussé dans le bitume. Ce cheminement est intuitif, il [l]’amène à jouer des mélodies improvisées et hypnotiques. En privilégiant le sens et l’instant, il semble que le temps ait une autre valeur, comme affranchi de toutes cadences inhumaines. »

« The Sound Braka »

L’origine du projet part du spectacle solo puis du trio avec Jean-François Baëz (accordéon) et Jean-Charles Richard (saxophones) qui s’est étoffé en studio en quintet et en sextet sur les deux derniers jours de l’enregistrement

Ainsi Stracho Temelkovski (basse, mandole, daf, bendir, cymbale et udu, beatbox, guitares) partage son répertoire avec ses « frères » musiciens, Jean-François Baëz, Jean-Charles Richard, Ashraf Sharif Khan (sitar), Jean-Marie Machado (piano), Antony Gatta (percussions). Sur six titres, il convie d’autres complices, Aziz Maysour (guembri), François Thuillier (tuba), Shyam Goswami (chant), Iyad Haimour (flute ney), Fred « Brain » Monestier (synthétiseur) et Pascal Messaouidi (additional sound design).

Hormis les deux titres conçus avec Antonio Placer, Stracho Temelkovski signe les six autres morceaux de l’album dont les mélodies lui viennent « en connection avec son vécu ». Enregistré au studio La Buissonne et à la Bobine de Grenoble, « The Sound Braka » est produit par Stracho Temelkovski and Fred « Brain » Monestier. Son visuel a été réalisé en collaboration avec Laurie Diaz qui a pris des photos sur les pentes de la Croix-Rousse à Lyon et avec Julien Blanchet responsable d’un design, élégant, épuré et accessible.

Voyage au fil des titres

Le guembri, la basse et la guitare entament Du dernier au premier soupir avec une mélopée répétitive orientale entrecoupée de voix urbaines. Telle une prière envoutante, elle se densifie avec l’entrée du sitar, de la flûte ney, des percussions. C’est ensuite au soprano de Jean-Charles Richard d’entrer en scène. Ses circonvolutions spiralées débordantes de vitalité sont soutenues par le piano de Jean-Marie Machado et l’accordéon de Jean-François Baëz. Leurs improvisations jazz font respirer la mélodie.

Le répertoire se poursuit avec Saudade des Baumettes qui ouvre par la mélodie jouée à l’unisson par la basse, piano, saxophone et accordéon alors que le leader fait aussi résonner ses percussions vocales. Les sonorités orientales évocatrices de l’écriture de Rabih Abou-Khalil croisent de nostalgiques rythmes argentins. Comme porté par un tapis volant, le soprano aérien virevolte et avec le sitar d’Ashraf Sharif Khan ouvre la porte qui mène à la libération. Avec Gipsy, le voyage musical se poursuit entre un rythme salsa tenu par le piano et des sonorités de fanfare balkanique que soutient le tuba de François Thuillier. L’accordéon s’en donne à cœur joie sur le riff du baryton qui s’emballe avant de laisser s’exprimer le sitar exalté. Un délice que cette musique frénétique aux accents universels !

Le climat se fait plus nostalgique avec La Mélo Doucha Man. L’accordéon introduit la complainte, relayé ensuite par le sitar puis par le soprano qui s’évade dans les aigus. Sur une rythmique complexe, la mélodie est portée par l’ensemble des instruments bouillonnants rejoints par le tuba. Débuté sur un tempo de tango argentin, Manzanilla s’évade ensuite vers l’orient avec la flûte ney puis le baryton lyrique la rejoint et tous réunis, les musiciens convient la musique à s’enfiévrer comme le font si bien les fanfares balkaniques.

Plus loin, sur Le miel de la vie, piano et baryton entament une berceuse qui se transforme peu à peu en une offrande spirituelle portée dans un premier mouvement par le sitar. La basse et les percussions s’impliquent puis l’accordéon prend le relais avant que le baryton n’invite ses compères à festoyer au son des ardents rythmes balkaniques. Place ensuite à Make Dunia. Sur un motif réitératif de la basse ponctué par le beatbox, soprano, guembri, accordéon et sitar chantent la mélodie alors que percussions et tuba ne s’en laissent pas conter. Une véritable invitation à danser en rondes ouvertes !

L’album se termine avec Odimé Siné. Cette composition réalise une véritable alchimie entre la musique orientale traditionnelle exprimée par le piano, le sitar et la voix de Shyam Goswami et les improvisations jazz du sitar et du soprano fougueux et aérien.

Avec « The Sound Braka », Stracho Temelkovski signe un opus dont les atmosphères festives et hypnotiques incitent autant à la danse qu’à la réflexion. Un modèle réussi de coexistence entre les musiques populaires et les musiques savantes. Une invitation à développer une écoute ouverte et à porter un regard bienveillant sur la pluralité culturelle. Un disque porteur d’un humanisme tempéré qu’il fait bon partager largement.

Plusieurs concerts se profilent pour écouter la musique de « The Sound Braka ». RV le 04 Décembre 2020 à 22h30 au Foyer Méditerranée à Juan-Les-Pins (06) dans le cadre du Jammin’Juan Festival avec le trio de Stracho Temelkovski (basse, mandole, viola, percussions, beatbox) qui réunit à ses côtés Jean-François Baëz (accordéon) et Jean-Charles Richard (saxophones). RV le 09 Décembre 2020 à 20h à Paris (75) au Bal Blomet, où Ashraf Sharif Khan (sitar) rejoint le trio du leader. RV aussi le 16 Décembre 2020 à 20h30 à La Source - Fontaine (38) dans le cadre du festival Les Détours de Babel Festival où Stracho Temelkovski propose un feu s’artifice musical avec le quartet qui accueille Jean-Marie Machado (piano) et Iyad Haimour (flûte ney). Pas question de bouder son plaisir !

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Saison 2020/21 pour l’Auditorium de Lyon & Jazz à Vienne

Saison 2020/21 pour l’Auditorium de Lyon & Jazz à Vienne

Jazz & Musiques du monde

Pour l’Auditorium de Lyon & Jazz à Vienne, la Saison 2020/21 s’annonce riche en promesses. Avec d’immenses stars du jazz et des musiques du monde à l’affiche, se profilent d’intenses moments en perspective. Hommage à Michel Petrucciani, Fatoumata Diawara, Chucho Valdés et Gregory Porter sans oublier Alice au pays des merveilles par The Amazing Keystone Jazz Big Band. De quoi réjouir le public !

Dans le contexte de la crise sanitaire actuelle, Aline Sam-Giao, directrice générale et Nikolaj Szeps-Znaider, directeur musical, assurent le public de l’engagement sans faille des musiciens de l’Orchestre National de Lyon et des équipes de l’Auditorium. La saison 2020/21 pour l’Auditorium de Lyon & Jazz à Vienne voit l’ouverture se poursuivre en direction du Jazz et des Musiques du Monde.

Déjà engagé depuis de nombreuses années, le dialogue artistique entre l’Auditorium Orchestre National de Lyon et « Jazz à Vienne » se poursuit avec cinq concerts coproduits par les deux structures :

  • Hommage à Michel Petrucciani
  • Fatoumata Diawara
  • Chucho Valdés
  • The Amazing Keystone Jazz Big Band
  • Gregory Porter

Par ailleurs, le Gospel figure au programme des concerts de Nouvel An 2021 ainsi que deux soirées « Hommage à Piazzolla » en mars 2021.

Hommage à Michel Petrucciani

Compositeur et pianiste de jazz hors du commun, Michel Petrucciani (1962-1999) a connu une brève mais brillante carrière en France comme à l’international. Doué d’une puissance rythmique redoutable, d’un sens aigu de la mélodie et d’un lyrisme généreux. Alliance de simplicité et de sophistication, son art a laissé une forte empreinte dans les oreilles et le cœur des amateurs de jazz.

De grands noms de la scène jazz viennent célébrer ce musicien unique le lundi 02 novembre 2020 à 19h sur la scène de la Grande Salle de l’Auditorium de Lyon. C’est le batteur Aldo Romano avec qui le pianiste a enregistré cinq albums qui animera la soirée où sont réunis, la saxophoniste altiste Géraldine Laurent, les trompettistes Lucienne Renaudin-Vary et Flavio Boltro, Tony et Philippe Petrucciani, respectivement père et frère du pianiste et tous deux guitaristes, les pianistes Jacky Terrasson, Laurent Coulondre et Franck Avitabile, le contrebassiste Géraud Portal contrebasse et le batteur André Ceccarelli. La présence de toutes ces pointures du jazz réunies sur la scène laisse augurer la tenue d’une soirée joyeuse et créative.

Gospels et chants de Noël

C’est avec le Gospel que se terminera l’année 2020 et commencera la suivante. Après le succès vibrant du concert participatif d’avril 2018, l’Auditorium ouvre un nouveau chapitre en invitant le Gospel Philharmonic Experience et un chœur amateur issu de la région lyonnaise, dirigés par Pascal Horecka.

L’Auditorium donne rendez-vous pour quatre grands concerts gospel, à 20h, les mercredi 30 & jeudi 31 décembre 2020, à 16h le vendredi 01 & 18h le samedi 02 janvier 2021. Au programme, Jingle Bells, Oh Holy Night, Have Yourself a Merry Little Christmas mais aussi l’«Alleluia» du Messie de Händel. Des concerts porteurs de message de paix, de joie et d’espoir.

Fatoumata Diawara

Saison 2020/21 pour l'Auditorium de Lyon & Jazz à Vienne_Fatoumata Diawara

Fatumata Diawara©Aida Muluneh

Porte-parole d’une Afrique en constante mutation, la chanteuse malienne Fatoumata Diawara pare les rythmes et mélodies de la tradition wassoulou de couleurs jazz et funk, avec un talent et un charisme renversants.

La venue de Fatoumata Diawara, le vendredi 29 janvier 2021 à 20h à l’Auditorium, est l’occasion pour le public de retrouver sur la présence charismatique et le talent incontestable de cette voix incontournable de l’Afrique d’aujourd’hui.

Elle sera sur scène entourée de Sékou Bah (basse), Yacouba Kone (guitare), Arecio Smith (claviers) et Jean Baptiste Gbadoe (batterie).

Chucho Valdés, « La creación »

Saison 2020/21 pour l'Auditorium de Lyon & Jazz à Vienne_Chucho ValdesChucho Valdés représente à lui seul la puissance et la richesse de la fusion musicale des traditions cubaines et africaines. Fils du musicien Bebo Valdés, celui qui a fondé en 1973 le groupe Irakere, mène depuis plus de cinquante ans une carrière internationale. Il est aujourd’hui reconnu comme l’un des plus grands pianistes de jazz.

Le lundi 08 mars 2021 à 20h, il vient fêter ses 80 ans à l’Auditorium avec un concert exceptionnel au cours duquel il va présenter deux facettes de sa personnalité musicale.

En première partie de soirée, il jouera d’abord solo avant de présenter une nouvelle composition, La creación (Olodumare), en hommage à Oludumare, le Créateur suprême, l’une des trois manifestations de l’Être suprême des Yorubas. Cet oratorio raconte l’arrivée de la culture yoruba dans les Caraïbes. Pour l’occasion, Chucho Valdes est accompagné de Hilario Durán et John Beasley (claviers), Yunior Terry (basse), Miguel Valdés (percussions), Erick Barberia (batás et voix), Roman Diaz et Diosvany Valladares (batás) et en invité spécial, Dafnis Prieto à la batterie. (La distribution vocale n’est pas encore connue à ce jour.)

Hommage à Piazzola

Saison 2020/21 à Auditorium de Lyon_Pablo Ziegler

Pablo Ziegler©Shigeto Imura

Créateur du Tango Nuevo, le compositeur et jouer de bandonéon, Astor Piazzolla (1921-1982) a fait connaître cette musique dans les plus grandes salles de concert du monde. Pablo Ziegler, le dernier pianiste de Piazzolla, reprend aujourd’hui le flambeau.

Le jeudi 11 mars à 20h et le samedi 13 mars à 18h, avec la complicité de Pablo Ziegler, et en compagnie du bandonéoniste Walter Castro et de la mezzo-soprano Luciana Mancini, l’Orchestre National de Lyon dirigé par Clark Rundell va faire résonner le plus beaux tangos dans la Grande Salle de l’Auditorium

L’occasion idéale pour vibrer à l’écoute des superbes Oblivion, Milonga en el Viento, Fuga y Misterio, Yo soy Maria et bien d’autres tangos composés par Astor Piazzolla, Arturo Márquez ou Pablo Ziegler.

The Amazing Keystone Jazz Big Band

Saison 2020/21 pour l'Auditorium de Lyon & Jazz à Vienne_The Amazing Keystone Jazz Big Band

The Amazing Keystone Jazz Big Band©Maxime-de-Bollivier

Après le succès de leurs adaptations Pierre et le Loup… et le jazz ! et Le Carnaval jazz des animaux, The Amazing Keystone Jazz Big Band présente une création haute en couleur d’Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll. La musique qui accompagne l’histoire est composée spécialement pour cette nouvelle création par Bastien Ballaz, Jon Boutellier, Fred Nardin et David Enhco. Chaque protagoniste est associé à un style de jazz pour permettre une approche ludique de cette musique. Le texte original est adapté en un conte musical puissant, drôle et lumineux par Sandra Nelson.

Le samedi 08 mai 2021 à 15h et à 18h, les dix-sept musiciens du big band The Amazing Keystone Jazz Big Band continuent leur aventure pour que les publics jeunes et adultes découvrent le jazz dans toutes ses expressions.

Gregory Porter

Saison 2020/21 pour l'Auditorium de Lyon & Jazz à Vienne_Gregory Porter

Gregory Porter©Eric Umphery

Après son triomphe à Jazz à Vienne le 12 juillet 2018 où il avait partagé le plateau du Théâtre Antique de Vienne avec l’Orchestre national de Lyon pour un hommage à Nat King Cole, l’éclatant Gregory Porter sera sur la scène de l’Auditorium après la sortie de son septième album « All Rise » en avril 2020 chez Blue Note Records.

Le chanteur baryton au timbre enveloppant connaît une ascension irrésistible depuis ses débuts. Depuis l’immense succès de « Liquid Spirit », qui lui a valu le Grammy Award du meilleur album de jazz vocal, le digne héritier de Marvin Gaye et de Nat King Cole met sa voix profonde et son expérience des planches de Broadway au service de son public pour un concert à n’en pas douter inoubliable !

Initialement programmé le 27 novembre 2020, le concert de Gregoy Porter a été reporté au 14 juin 2021 à 20h.

A ne pas rater… les rendez-vous Jazz et Musiques du Monde de la saison Saison 2020/21 de l’Auditorium de Lyon coproduits par l’Auditorium de Lyon & Jazz à Vienne.

LP3 45-Records, un nouvel label de Jazz est né

LP3 45-Records, un nouvel label de Jazz est né

Malgré la crise de l’industrie phonographique et la crise sanitaire, un nouvel label de Jazz est né… LP3 45-Records. Fruit de l’association de trois musiciens de jazz de renommée internationale Luigi Grasso, Yaron Herman, Laurent Courthaliac et du chef d’entreprise Peter Schnur, ce label fait sien le concept, « Less is More ». Il propose des albums vinyle 33 tours 3 titres enregistrés dans le lieu de vie des artistes. Les deux premiers sont annoncés pour le 18 décembre 2020, Kurt Rosenwinkel et René Urtreger.

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Mauro Gargano présente « Nuages »

Mauro Gargano présente « Nuages »

Avec « Nuages », le contrebassiste Mauro Gargano présente son quatrième projet en tant que leader. La musique du quartet projette dans la contemplation d’un ciel lumineux parcouru de nuages sereins et légers. L’on se prend à redouter qu’ils ne se chargent d’électricité orageuse mais rien de tel n’advient. En effet, même si quelques souffles de vent effleurent le répertoire, rien ne parvient à troubler la sérénité des poétiques nuages musicaux.

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Pierre de Bethmann Trio fait coup double

Pierre de Bethmann Trio fait coup double

Pierre de Bethmann Trio revient avec « Essais/Volume 4 » et un coffret qui regroupe les 4 albums des « Essais » enregistrés en 5 ans autour de reprises de thèmes issus de multiples traditions. Avec à son actif cinq années d’activité intense, quatre albums enregistrés et regroupés en un coffret, le pianiste continue à expérimenter avec brio, l’art du trio avec ses fidèles compagnons, Sylvain Romano et Tony Rabeson. Un vent de fraîcheur et de raffinement. Un havre de plénitude musicale propice au ressourcement et à la sérénité.

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Opéra Underground – RV d’octobre à décembre 2020

Opéra Underground – RV d’octobre à décembre 2020

Promesses artistiques diversifiées

A l’automne 2020, avec son nouveau directeur Richard Robert, l’Opéra Underground de Lyon reprend ses concerts, à l’Amphi et sur la Grande Scène de l’Opéra. Après la reine du fado, Katia Guerreiro, se profilent le flamenco hétérodoxe de Niño de Elche, la chanson folk de Dick Annegarn, le jazz de chambre de Vincent Courtois, la rencontre entre Aquaserge et Jeanne Added bien d’autres propositions, toutes plus attractives les unes que les autres. Les RV d’octobre à décembre 2020 de l’Opéra Underground s’affichent comme autant de promesses artistiques diversifiées à découvrir.

Opera Underground, les RV d'octobre à décembre 2020Avec ses RV d’octobre à décembre 2020, l’Opéra Underground ouvre ses propositions musicales sur différents univers à découvrir à l’Amphi de l’Opéra et sur la grande scène de l’Opéra. Du fado au flamenco en passant par la rencontre entre quatuor à cordes et balafon, la chanson folk, le country blues touareg, les musiques et chants sacrés d’Arménie et d’Iran, le Jazz de Chambre et une relecture des œuvres du répertoire des grands compositeurs du XXème siècle, il y en a pour tous les goûts et toutes les envies, sans discrimination de genre.

Richard Robert, Opéra Underground, d'octobre à décembre 2020

Richard Robert©Yann Zgorzalek

Au 1er septembre 2020, Richard Robert a pris ses fonctions à la direction de l’Amphithéâtre de l’Opéra de Lyon. Soucieux de conserver à l’Opéra Undergound son statut de « lieu de déconfinement musical et artistique », il propose une programmation de documentaires projetés dans les séances « Sur les Docs », l’écoute d’un album présenté par un invité dans les rendez-vous intitulés « Disque du Siècle » et une programmation musicale riche, ouverte et variée. Avec Richard Robert à sa tête, l’Opéra Underground conserve sa vocation de « laboratoire inventif, vivant, sans préjugé ».

Après le retour dans la grande salle de l’Opéra de Lyon de la fadista Katia Guerreiro le 15 octobre 2020, les propositions de concerts de l’Opéra Underground se succèdent d’octobre à novembre 2020 comme autant de promesses d’univers musicaux variés et stimulants… à l’Amphi, Niño De Elche, Trio Da Kali, Les Filles de Illighadad, Dick Annegarn, Sahar Mohammadi et Haig Sarikouyoumdjian, Vincent Courtois et sur la Grande Scène de l’Opéra, Sahariennes et Aquaserge + Jeanne Added.

Niño De Elche, flamenco hétérodoxe

Celui que Richard Robert qualifie comme « l’homme qui a dynamité le flamenco », a d’abord baigné dans la tradition flamenca avant de réinventer « son » flamenco. Le chant de Niño De Elche échappe aux étiquettes, explose les codes et il propose un flamenco inspiré dont les couleurs surprennnent et transportent dans un monde aux couleurs contrastées et synthétiques. Il vient à l’Opéra Underground avec deux programmes différents, son répertoire Flamenco hétérodoxe et son projet Colombiana écrit en collaboration avec le compositeur Eblis Alvarez du groupe colombien Meridian Brothers, lequel projet réinterprète le folklore colombien.

RV le vendredi 06 novembre 2020 avec Antologia del cante flamenco heterodoxo, un projet qui réunit autour de Niño de Elche, Raul Cantizano (guitares, percussions), Susana Hernandez (claviers, machines) et samedi 07 novembre 2020 avec 2020 à l’Amphi avec Colombiana où le trio de la veille est rejoint par le percussionniste Victor Martinez.

Trio Da Kali, cordes et balafon

Constitué de trois musiciens maliens issus d’une longue lignée de griots, le Trio Da Kali réunit Hawa Kassé Mady Diabaté (voix), Lassana Diabaté (balafon) et Mamadou Kouyaté (n’goni). Il a collaboré avec le Kronos Quartet, quatuor issu de la tradition de musique de chambre européenne. Cette alliance de deux traditions centenaires éloigne la musique du trio des schémas rebattus de la World Music. L’album « Ladilikan » en témoigne.

RV le mardi 17 novembre 2020 à l’Amphi. Aux côtés du Trio Da Kali, le quatuor Lysis, en résidence à l’Opéra Underground pour la saison 2020-21, exécute les partitions du Kronos Quartet.

Les Filles de Illighadad, country-blues touareg

Venues d’un village du Niger entre brousse et désert, Les Filles de Illighadad ont renouvelé la musique touareg qu’elles ont doté d’un son urbain où la guitare électrique côtoie les voix. Fatou Seidi Ghali a appris la guitare seule et les trois jeunes-femmes ont remplacé la batterie par les percussions traditionnelles.

Leur concert prévu au printemps 2020 a été reporté le vendredi 20 novembre à l’Amphi. Pour ce RV, Fatou Seidi Gali (guitare, chant), Alamnou Akirwini (chant, percussion) et Fitimata Ahmadelher (chant, percussion) sont accompagnées par le guitariste Abdoulaye Madassane.

Sahariennes, Algérie/Maroc/Mauritanie/Sahara occidental

Pour la première fois, Noura Mint Seymali (Mauritanie), Dighya Mohammed Salem (Sahara Occidental), Souad Asla (Algérie) et Malika Zarra (Maroc) sont réunies pour une création commune. Avec leurs choix esthétiques affirmés, elles se font les porte-voix de la culture du Sahara et affirment avec force et créativité, la place essentielle des femmes dans la culture de leur région.

Prévu à l’origine au printemps, le concert Sahariennes a été reporté au samedi 21 novembre 2020. RV sur le Grande Scène de l’Opéra de Lyon pour écouter la musique de ces femmes du Désert. A leurs côtés, Jeiche Ould Chighaly (guitare), Mohamed Abdennour « Pti Moh » (guembri, mandole, banjo et guitare), Anne-Laure Bourget (darbouka, cajon et daf) et Mohammed Menni (darbouka, karkabou).

Dick Annegarn, chanson folk universelle

Durant le confinement, le néerlandais Benedictus Albertus Annegarn, dit Dick Annegarn, a enregistré Söl (pour « soleil » et « solitude »), un nouvel album où le chanteur propose son folk-blues. En solo sur cet opus intimiste et solaire, il évoque Marylin Monroe, Modigliani et Saint Thomas.

Depuis le Petit Conservatoire où il avait été repéré par Mireille, le chanteur flamand Dick Annegarn a beaucoup voyagé et s’il a pris ses distances avec la scène, il ne l’a jamais vraiment perdue de vue. Depuis ses débuts, sa musique a quelque chose de magique. A son image, ses chansons vagabondent dans un monde ouvert et libre où Ubu côtoie Bébé Éléphant et Bruxelles.

RV avec Dick Annegarn les mardi 24, mercredi 25 et jeudi 26 novembre 2020. Trois soirées à l’Amphi de l’Opéra de Lyon où le chanteur se produit à la fois en solo, en groupe avec Christophe Cravero (claviers), Jean-Pierre Soulès (cor, trompette) et Xavier Tribolet (batterie & claviers) et aussi avec les lyonnais du Quatuor Lysis, Charline Steffan (violon), Sophia Fournier (violon), Clément Hoareau (alto,) et Perrine Delporte (violoncelle).

Sahar Mohammadi/Haig Sarikouyoumdjian, musique et chants sacrés d’Arménie et d’Iran

La chanteuse iranienne Sahar Mohammadi et l’Arménien Haïg Sarikouyoumdjian, maître du duduk, rapprochent les musiques iraniennes et arméniennes dont les traditions sont très proches.

La rencontre entre une artiste, véritable prodige de la tradition savante persane et un virtuose du duduk (instrument à anche double), laisse une grande place à l’improvisation et à l’art de l’ornementation. Les souffles des deux artistes se croisent, se mêlent sans artifice pour célébrer la beauté, l’élégance et le raffinement.

RV les vendredi 27 et samedi 28 novembre 2020 à l’Amphi pour les deux concerts de Sahar Mohammadi et Haïg Sarikouyoumdjian, accompagnés par Georgi Minasyan (duduk) et Farhad Safari (tomba).

Vincent Courtois, jazz de chambre

On ne compte plus les collaborations du violoncelliste et compositeur Vincent Courtois, de Louis Sclavis à Michel Portal en passant par Jeanne Added ou les Rita Mitsouko. Son nouveau projet « Love of Life » porte le nom de la nouvelle de Jack London qui l’a inspiré. L’album du même nom a été enregistré à Oakland, en Californie, dans la ville de l’écrivain auquel le violoncelliste rend hommage.

A la tête du trio qui réunit à ses côtés Robin Fincker (clarinette, saxophone ténor) et Daniel Erdmann (saxophone ténor), Vincent Courtois propose un jazz de chambre lyrique et aventureux, inspiré par les romans et les nouvelles de Jack London.

RV le vendredi 11 décembre 2020 pour s’immerger dans le jazz de chambre du trio Courtois-Erdmann-Fincker.

Aquaserge + Jeanne Added, le XXe siècle au XXIe siècle

Le collectif français Aquaserge réunit Benjamin Glibert (guitare, voix), Audrey Ginestet (basse, voix), Julien Gasc (claviers, voix), Manon Glibert (clarinettes, voix), Olivier Kelchtermans (saxophone baryton et alto, voix), Robin Fincker (saxophone ténor, clarinette, voix), Marina Tantazoni (flûtes, voix), Julien Chamla (batterie, voix) et Camille Emaille (percussions, voix). Les neuf artistes ont inventé leur propres codes musicaux lesquels empruntent au rock, au jazz, à la chanson, à la pop, au free et aux musiques de cinéma.

Leur création « Perdu dans un étui de guitare » est inspirée par l’histoire d’une pièce du compositeur américain Morton Feldman dont l’unique manuscrit, glissé dans un étui de guitare, fut volé avec l’instrument. Jamais retrouvée, la partition a été reconstituée plus tard à partir de l’enregistrement d’un concert de l’époque. C’est cette tension entre écrit et oral qu’explore Aquaserge en reliant les œuvres de Edgard Varèse, Steve Reich, Morton Feldman, György Ligeti, Giacinto Scelsi, Karlheinz Stockhausen et Luciano Berio via un travail sur la voix et les timbres. Ce projet fait intervenir un invité qu’il intègre au dispositif. A Lyon, l’invitée est Jeanne Added.

Au sortir du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris où elle a intégré la classe de jazz en 2001, c’est à la musique improvisée puis au jazz que Jeanne Added a d’abord consacré son talent. Avant d’être doublement récompensée aux Victoires de la musique 2019 dans les catégories artiste féminine et album rock, elle a collaboré avec nombre d’artistes de jazz parmi lesquels entre autres, Bernard Lubat et André Minvielle, Vincent Courtois, John Greaves, Baptiste Trotignon et Yves Rousseau.

RV le jeudi 17 décembre à 20h avec le nonet Aquaserge qui invite Jeanne Added. Sur la Grande Scène de l’Opéra, le groupe et la chanteuse vont explorer tous les possibles à partir des œuvres du répertoire des grands compositeurs du XXème siècle dont ils vont proposer plus qu’une relecture.

LP3 45-Records, un nouvel label de Jazz est né

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Malgré la crise de l’industrie phonographique et la crise sanitaire, un nouvel label de Jazz est né… LP3 45-Records. Fruit de l’association de trois musiciens de jazz de renommée internationale Luigi Grasso, Yaron Herman, Laurent Courthaliac et du chef d’entreprise Peter Schnur, ce label fait sien le concept, « Less is More ». Il propose des albums vinyle 33 tours 3 titres enregistrés dans le lieu de vie des artistes. Les deux premiers sont annoncés pour le 18 décembre 2020, Kurt Rosenwinkel et René Urtreger.

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Mauro Gargano présente « Nuages »

Mauro Gargano présente « Nuages »

Avec « Nuages », le contrebassiste Mauro Gargano présente son quatrième projet en tant que leader. La musique du quartet projette dans la contemplation d’un ciel lumineux parcouru de nuages sereins et légers. L’on se prend à redouter qu’ils ne se chargent d’électricité orageuse mais rien de tel n’advient. En effet, même si quelques souffles de vent effleurent le répertoire, rien ne parvient à troubler la sérénité des poétiques nuages musicaux.

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Pierre de Bethmann Trio fait coup double

Pierre de Bethmann Trio fait coup double

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« Remembering Jaco » par Charlier/Sourisse/Multiquarium Big Band

« Remembering Jaco » par Charlier/Sourisse/Multiquarium Big Band

Un hommage éblouissant et jubilatoire

Sur « Remembering Jaco », le Multiquarium Big Band d’André Charlier et Benoît Sourisse fait revivre la mémoire de Jaco Pastorius avec Biréli Lagrène à la basse fretless. La voix de Peter Erskine, ancien batteur de Weather Report, évoque la mémoire de Jaco. Les dix-sept musiciens de l’orchestre et leur invité rendent un hommage éblouissant au grand bassiste. Orchestrations éclatantes et jubilatoires… du groove à couper le souffle !

Avec « Remembering Jaco » (Naïve/Believe), sorti le 16 octobre 2020, la paire Charlier/Sourisse fait vibrer son Multiquarium Big Band à travers la musique d’un géant, Jaco Pastorius (1951-1987).

Couverture de l'album Remembering Jaco par le Multiquarium Big Band de Charlier/Sourisse avec Bireli LagreneUn hommage inspiré rendu à ce bassiste qui a bouleversé son époque, a émancipé la basse de son rôle de rythmique et révolutionné l’art de la basse fretless. Le batteur André Charlier et le pianiste Benoît Sourisse ont invité Biréli Lagrène à les rejoindre, lui qui, à la guitare, avait enregistré « Heavy’n Jazz » avec Jaco Pastorius et tourné avec lui en Europe en 1986. Avec le Multiquarium Big Band de Charlier & Sourisse, Biréli Lagrène délaisse sa guitare et endosse le rôle du bassiste, ce qu’il réussit avec maestria.

Les huit plages musicales sont ponctuées par quatre interventions narratives de Peter Erkisne, qui a été batteur de Weather Report, a joué avec Jaco Pastorius et l’a fort bien connu.

Par sa dynamique sidérante, ses arrangements vigoureux, sa rythmique enflammée et les chorus éblouissants des solistes, « Remembering Jaco » fait revivre l’âme de la musique de Jaco Pastorius et rend un hommage sublime à celui qui aimait à se définir lui-même comme le plus grand bassiste de tous les temps.

Multiquarium Big Band

Avec ses dix-sept talentueux musiciens, le Multiquarium Big Band est taillé sur mesure pour reprendre quelques-uns des titres phares de Jaco Pastorius.

Mené par Benoît Sourisse (piano, orgue hammond, Fender Rhodes) et André Charlier (batterie), le big band réunit une éblouissante section de saxophones/clarinettes avec Stéphane Chausse (saxophone alto, clarinette), Lucas St-Cricq (saxophones alto et ténor), Stéphane Guillaume (saxophones soprano et ténor, flûte, clarinette), Fred Borey (saxophone ténor), Fred Couderc (saxophone baryton, clarinette basse), une rutilante section de trompettes avec Claude Egéa, Pierre Drevet, Erick Poirier, Yves Le Carboulec (trompette, flugelhorn), la somptueuse section de trombones avec Denis Leloup, Damien Verherve, Philippe Georges, Didier Havet (trombone basse, tuba), le brillant guitariste Pierre Perchaud et Nicolas Charlier dont les percussions ajoutent leurs force et leurs couleurs à la puissante batterie de son père.

Biréli Lagrène, qui joue de la basse depuis trente ans, intervient sur tous les morceaux à la basse fretless sur laquelle il s’exprime avec la même efficacité et la même virtuosité qu’il a coutume de le faire sur sa guitare. Ses chorus sur Used to be a Cha Cha et Teen Town sont lumineux et sublimes. Quant à Yannick Boudruche, il chante avec une ferveur poignante sur Fanny Mae.

« Remembering Jaco »

Le répertoire de l’album propose sept compositions du natif de Fort Lauderdale gravées sur les albums « Word of Mouth (1981), “Twins I & II live” (1982), “Invitation” (1983) et “The Birthday Concert” (1995) et aussi Speak like a child d’Herbie Hancock, Palladium de Wayne Shorter et Fanny Brown de Buster Brown.

Les arrangements ont été confiés à Benoît Sourisse pour Used to be a Cha Cha, Nicolas Folmer pour Liberty City (Intro) / Invitation, Pierre Drevet pour Palladium et Stéphane Guillaume pour Barbary Coast, Teen Town et Fanny Mae.Jaco Pastorius-juillet 1983-Nice©Nicole Videmann

Dans ses quatre interventions parlées, Peter Erskine dit le plaisir qu’il a eu à jouer avec Jaco Pastorius. Il loue la précision rythmique du bassiste, la perfection de l’intonation de sa basse fretless, son intelligence musicale hors du commun et sa capacité à embrasser la musique et à la sublimer. Le batteur évoque aussi le destin tragique de ce musicien unique qui, tel Icare dont les ailes de cire avaient fondu en s’approchant du soleil, a connu la trajectoire d’une comète au firmament du jazz. « Jaco was… Jaco ».

Au fil des titres

Le Multiquarium Big Band revitalise la version de Used to Be a Cha Cha qui figurait sur l’album « Jaco Pastorius » de 1976 où Jaco est en compagnie d’Herbie Hancock (piano), Hubert Laws (flûte), Lenny White (batterie) et Don Elias (congas). Après le solo sublime de Biréli Lagrène à la basse, Stéphane Guillaume se lance dans une fougueuse improvisation à la flûte, comme dans la version originale. Un pur moment de jubilation musicale.

Plus loin, sur le motif d’intro de Barbary Coast impulsé par la basse au style funk, le big band expose la mélodie tout en syncopes et en riff rutilants. L’alto de Lucas St-Cricq offre ensuite un solo fulminant suivi par un chorus ciselé du piano de Benoît Sourisse. Sur les arrangements de Stéphane Guillaume, le big band groove à fond.

Après un interlude de Peter Erskine, sur l’Intro de Liberty City, la basse de Biréli Lagrène rayonne en parfaite communion avec la clarinette basse de Fred Couderc puis avec l’orchestre qui entame Continuum. Comme par magie, la musique s’élève sans trahir l’esprit de l’album « Invitation » de 1983. Biréli Lagrène enchaîne des combinaisons variées de doubles croches et de triolets entrelacés et en octave. Après une fin nostalgique, le big band enchaîne avec Kuru et Speak Like a child, dont l’exposition est éclatante. Soutenu par une orchestration dense et riche en couleurs latines, le piano s’exprime avec exaltation puis le saxophone ténor de Frédéric Borey s’enflamme et entraîne avec lui la rythmique percussive.

Advient alors le fameux Teen Town sur lequel Bireli Lagrène tient la ligne de basse en harmonie avec la clarinette basse. On frémit à l’écoute du brillant solo de basse joué avec la même intensité frénétique que celui de la version originale enregistrée par Jaco Pastorius avec Weather Report sur l’album « Heavy Weather » sorti en 1977. Un seul mot convient pour qualifier ce moment musical… jouissif !

Three Views of Secret permet ensuite de percevoir la dimension mingusienne de l’héritage de Jaco Pastorius. Pour cette ballade intense à la couleur dramatique, le Mutiquarium Big Band s’inspire de la version de « Word of Mouth » de 1981. La mélodie bluesy est confiée à la clarinette au son majestueux de Stéphane Chaume. Au fluegelhorn, Pierre Drevet développe de belles modulations sur le motif répétitif joué par le big band qui restitue avec flamboyance une des plus belles compositions de Pastorius qui prend les allures d’un requiem. Le morceau sonne comme une véritable célébration.

Le Multiquarium Big Band conserve son caractère dansant à Palladium, la composition de Wayne Shorter, enregistrée par Jaco Pastorius avec Weather Report sur l’album « Heavy Weather ». Sur des arrangements de Pierre Drevet, l’orchestre le revisite avec éclat, en mettant l’accent sur une rythmique de basse funk. Les furieuses envolées breckeriennes du saxophone de Stéphane Guillaume et la prestation fulgurante de la trompette de Pierre Drevet comblent l’oreille qui succombe à l’écoute de cette version d’une puissance inouïe.

L’hommage se conclut avec Fanny Mae que Jaco reprenait sur scène en chantant. C’est Yannick Boudruche qui prête sa voix à ce vieux tube de R&B. On trépigne frénétiquement sur le tempo de rock bluesy quand intervient l’orgue de Benoît Sourisse et le trombone de Damien Verherve au-dessus des généreuses interventions de l’orchestre.

« Remembering Jaco » agit comme un véritable bain de jouvence. Un vaccin anti morosité qui régénère et dynamise… 47′ de pur bonheur, à partager largement !

Pour faire le plein d’énergie, RV avec le Multiquarium Big Band d’André Charlier et Benoît Sourisse avec Biréli Lagrène, le 17 octobre 2020, à 17h30 au Centre Culturel Marc Brinon à Saint-Thibault-des-Vignes (77), le 25 novembre 2020 dans le cadre du Monte-Carlo Jazz Festival et le 13 décembre 2020 à 17h, à L’Equinoxe de Chateauroux.

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