Jazz à Vienne#40… Premiers noms de la programmation

Jazz à Vienne#40… Premiers noms de la programmation

J. Cullum, S. Keita, I. Maalouf, E. Truffaz, A. Cohen Trio, V. Peirani

Programmée du 23 juin au 10 juillet 2021, la 40ème édition du festival « Jazz à Vienne » se prépare. Les premiers noms de la programmation laissent augurer de belles soirées et la perspective pour le public de retrouver la musique plus vivante que jamais. Jazz à Vienne#40 donne RV avec Jamie Cullum, Anne Paceo, Salif Keita, Keziah Jones, Julia Sarr, Ibrahim Maalouf, Erik Truffaz, Avishai Cohen Trio & Vincent Peirani.

Après avoir dévoilé la venue le 23 juin 2021 de Jamie Cullum en ouverture de Jazz à Vienne#40 et le concert dessiné avec Juanjo Guarnido & Hugh Coltman, programmé le 03 juillet 2021 à 18h30 à la salle du Manège dans le cadre d’un partenariat avec le Festival de la Bande Dessinée d’Angoulême, Jazz à Vienne, communique les premiers noms de neuf des artistes présents pour l’édition la 40ème édition du festival isérois.

23 Juin 2020 : Jamie Cullum - Anne Paceo

Jamie Cullum

Le pianiste et chanteur de jazz britannique ouvre la 40ème édition de Jazz à Vienne. Avec une poignée de disques d’or et de Grammy Awards en poche, l’énergique Jamie Cullum viendra faire son show sur la scène du Théâtre Antique. Ancré dans la tradition du jazz, il demeure ouvert aux rythmes et sonorités des musiques populaires les plus contemporaines et devrait rallier toutes les générations.

Anne Paceo

La première partie de soirée sera assurée par la batteuse, cheffe d’orchestre et compositrice dont les multiples projets artistiques ont déjà ouvert des perspectives inouïes au jazz d’aujourd’hui et de demain. Anne Paceo fait en effet partie des artistes majeurs de la scène jazz actuelle. La richesse de l’univers musical de cette musicienne solaire et ses prestations scéniques réservent toujours de belles surprises… et l’atmosphère poétique et pulsatile de son projet « Bright Shadows » ne va pas manquer d’hypnotiser le public.

25 Juin 2020 : soirée Afrique

Salif Keita

A 70 ans, dont cinquante d’une carrière qui l’a vu devenir l’un des musiciens africains les plus reconnus dans le monde, Salif Keita a sorti en 2018 l’album « Un Autre Blanc », qu’il désignait alors comme le dernier de sa carrière. « Le rossignol du Mali » se fait rare sur les scènes des festivals, son concert à Vienne constitue l’occasion à ne pas rater pour le voir et l’écouter sur scène.

Keziah Jones & Qudus Onikeku

Pour sa prestation au Théâtre Antique, le guitariste Keziah Jones, créateur et roi du style blu-funk, se produira en trio. Son concert sera précédé d’une jam session d’un nouveau genre mêlant danse et musique, avec le chorégraphe-danseur nigérian Qudus Onikeku, en partenariat avec la Biennale de la danse de Lyon.

Julia Sarr, projet « Jem Kanam »

Dans le cadre de la Saison iséroise Sénégal 20-21, la chanteuse sénégalaise Julia Sarr présente son projet « Jem Kanam ». Sa propre formation rencontrera un chœur inédit de cent jeunes issus de collèges et lycées du Département de l’Isère. Sur un répertoire de chansons en wolof, Julia Sarr projette de sa voix cristalline et puissante une musique de fusion, tout à la fois ancrée dans la tradition et résolument tournée vers un avenir transculturel.

28 Juin 2020 : Ibrahim Maalouf - Erik Truffaz

Deux trompettistes sur la scène du Théâtre Antique !

Ibrahim Maalouf

Jazz à Vienne#40, Ibrahim MaaloufIbrahim Maalouf a le sens du spectacle. Lors de chacune de ses venues à Vienne, il a emporté le public dans son univers. Avec sa trompette microtonale à quatre pistons, il revisite les codes du jazz moderne. Libre et sans frontière, il revient en 2021 avec une musique aux rythmes et fragrances propres aux traditions afro-cubaines et autres cultures latines.

Tel un écrin étincelant, son orchestre riche de percussions et de cuivres rutilants, va transformer le Théâtre Antique en boîte de nuit tropicale ouverte à tous les possibles.

Carte Blanche à Erik Truffaz

Jazz à Vienne#40, Erik TruffazErik Truffaz n’en est pas à sa première venue à Vienne. Il s’est déjà produit aux côtés de Christophe en 2009 et avec Ibeyi en 2019.

C’est aussi en 2019 qu’il a sorti « Lune Rouge », un voyage musical lyrique où l’oreille oscille entre hallucinations pulsatiles et apesanteur flottante. En 2021, le trompettiste helvète vient avec son nouveau quartet, dans le cadre d’une « Carte Blanche ».

L’occasion rêvée pour le public de s’immerger dans sa musique où se croisent mélodie et groove.

05 Juillet 2020 : Avishai Trio - Vincent Peirani

Avishai Cohen Trio

Jazz à Vienne#40, Avishai CohenChacun de ses concerts, le contrebassiste Avishai Cohen a fait chavirer d’ivresse le public du Théâtre Antique, 2008 en duo, 2012 en trio, 2013 en quartet, 2015 en sextet, 2018 en quintet.

L’été 2021 le voit revenir à Vienne pour son unique concert en trio de l’été avec le pianiste Shai Maestro et le batteur Mark Guiliana.

Un moment fort de Jazz à Vienne#40 avec la perspective d’un concert où virtuosité, lyrisme et sensibilité seront de la partie.

Carte Blanche à Vincent Peirani

Jazz à Vienne#40, Vincent PeiraniDéjà venu en 2014 dans le Daniel Humair quartet, l’accordéoniste Vincent Peirani a retrouvé la scène du Théâtre Antique en 2017 avec Émile Parisien dans le cadre du projet « File Under Zawinul ».

En 2021, Jazz à Vienne lui propose une « Carte Blanche » pour faire découvrir les richesses et les subtilités de son propre univers musical. Avec son groupe Living Being et un orchestre chatoyant d’instruments à vent, il vient présenter un projet concocté pendant 2 ans où alternent petites formes intimistes et des arrangements baroques.

Promesse d’un voyage au cœur d’un univers où lyrisme et mélodie sont toujours au rendez-vous.

En 2021, ils seront tous présents sur la scène du Théâtre Antique de Jazz pour la 40ème édition du festival « Jazz à Vienne »… autant de RV à ne pas manquer !!!

Stéphanie Lemoine signe « Love leaves traces »

Stéphanie Lemoine signe « Love leaves traces »

Avec « Love leaves traces », son deuxième album, la chanteuse, auteure et compositrice, Stéphanie Lemoine navigue entre nu-jazz, pop, folk et soul. Son univers éclectique explore des espaces poétiques où son chant aérien alterne entre français et anglais. Un voyage musical sans frontières entre les genres.

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Le trio Reis-Demuth-Wiltgen revient avec « Sly »

Le trio Reis-Demuth-Wiltgen revient avec « Sly »

Avec « Sly », le trio Reis-Demuth-Wiltgen continue à explorer le format traditionnel du trio jazz piano acoustique/contrebasse/batterie. Alliée à d’élégantes narrations musicales, la puissance rythmique du groupe ne se dément pas. Ce quatrième album reflète l’identité musicale du groupe et rend hommage à ses racines luxembourgeoises à travers la figure du Renard dont la ruse inspire son titre à l’album.

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Nouveau RV avec Christophe Monniot & Didier Ithursarry

Nouveau RV avec Christophe Monniot & Didier Ithursarry

Plus de deux ans après la parution de leur album « Hymnes à l’Amour », le saxophoniste Christophe Monniot et l’accordéoniste Didier Ithursarry récidivent avec un deuxième opus éponyme sous-titré « Deuxième Chance ». Avec lyrisme et virtuosité, les deux musiciens complices tissent une musique à la fois tendre et sensible, intense et pétillante. « Deuxième Chance », un nouveau rendez-vous à ne pas manquer !

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2020, Jazz sous le sapin#1… Ibrahim Maalouf & « 40 Mélodies »

2020, Jazz sous le sapin#1… Ibrahim Maalouf & « 40 Mélodies »

A partager en toute intimité ou plus largement

Enregistré durant le premier confinement « en un peu moins d’un mois » avec le guitariste François Delporte, l’album « 40 Mélodies » du trompettiste Ibrahim Maalouf possède les atouts requis pour se nicher sous le sapin de Noël 2021. La guitare et la trompette microtonale à quatre pistons, inventée par le père d’Ibrahim Maalouf, dialoguent au fil de 43 titres dont 3 inédits où le trompettiste revisite son répertoire. « 40 Mélodies » à écouter en toute intimité et à partager plus largement.

Annoncé en octobreIbrahim Maaloud & 40 Mélodies, le 12ème album du trompettiste Ibrahim Maalouf est sorti le 06 novembre 2020. Le style dépouillé du duo Ibrahim Maalouf - François Delporte met en valeur l’essence et la richesse de ces morceaux qui ont enchanté les scènes et captivé les publics. En 43 titres, l’album « 40 Mélodies » revisite le répertoire du trompettiste.

« 40 Mélodies », 43 images sonores intimes épinglées sur ce pêle-mêle musical qui compile des pièces plus ou moins connues des albums ou des BO réalisés par Ibrahim Maalouf, du tryptique « Diasporas » (2007), « Diachronism » (2009), « Diagnostic » (2011) à « S3NS » (2019) en passant par « Wind » (2012), Illusions (2013), « Au Pays d’Alice » (2014), « Red & Black Light » (2015), « Kalthoum » (2015), « 10 ans de Live » (2016), « Dalida by Ibrahim Maalouf » (2017) et « Levantine Symphony n°1 » (2018).

On retrouve…

… les titres phares issus de ses onze albums comme Beirut, composé très jeune par le trompettiste quand il errait dans les rues de Beyrouth en ruines, morceau que le public acclame (et réclame) à chacun de ses concerts, Red & Black Light de l’album « Red & Black Light » qu’entonnent avec conviction spectatrices et spectateurs lors de ses prestations, Essentielles (issu du même album) qui déclenche la transe lors des concerts et le vigoureux Happy Face de « S3NS » dont le duo donne ici une version souple et très jazz.

On est bluffé…

… par la version poignante de L’Heure du Thé de l’album « Au Pays d’Alice » qui possède autant de force que la forme instrumentale gravée sur l’album et aussi par la sublime version du titre Les Quais où le trompettiste est rejoint par le Kronos Quartet, un véritable enchantement !

On apprécie…

… la légèreté de ces Surprises déjà appréciées sur l’album « Wind », L’anniversaire issu de la BO du film Dans les forêts de Sibérie, la version émouvante de Esse Emme découvert sur son deuxième album, Kalthoum, la version de Free Spirit issu de de l’album « Red & Black Light » et dépaysé de belle manière par le pianiste new-yorkais Jon Baptiste.

On applaudit…

… les échanges musclés avec le trompettiste Alfredo Sandoval sur Gebrayel qui font presque oublier le somptueux enregistrement du même titre sur « S3NS » marqué de l’empreinte du pianiste Roberto Fonseca, l’interprétation singulière du titre Una Rosa Blanca savouré sur « S3NS » et sur lequel, cette fois, le pianiste Alfredo Rodriguez apporte une touche cubaine irriguée de virtuosité jazz et Harlem où le duo est rejoint par le bassiste Marcus Miller.

On savoure…

… sur Shadows, la participation de M qui apporte des résonances singulières et bienvenues au morceau gravé sur « Diasporas ». Le saxophone de Jowee Omicil enchante Sensuality avec autant de bonheur que le faisait Mark Turner sur « Wind » et le trio développe autant de dynamisme que le quintet de la version originale. Interprété en duo, Waiting, gravé à l’origine sur le même CD « Wind », n’en finit pas de distiller une mélancolie interrogative saisissante qui se poursuit dans le monde de Dalida avec Salma Ya Salama. Les claquettes de Sarah Reich ponctuent Layla’s wedding et le répertoire se termine avec If I, le titre le plus long de l’album où le dialogue trompette-guitare envisage tous les possibles.

Sans oublier…

S3NS, titre éponyme de l’album de 2019 dont le duo a tourné, en septembre 2020, un clip nocturne aux arènes de Nîmes, mis en ligne ce 04 décembre 2020…

Ibrahim Maalouf & François Delporte se proposent de faire découvrir Live l’album « 40 Mélodies ». RV au Théâtre l’Œuvre à Paris, du 13 au 18 janvier 2021 puis tous les lundis jusqu’au 22 mars 2021. D’autres dates à découvrir ICI… en attendant le 20 décembre 2021Ibrahim Maalouf sera de retour (dans le cadre de sa tournée S3NS) à l’Accor Arena de Bercy pour une fête XXL !

Stéphanie Lemoine signe « Love leaves traces »

Stéphanie Lemoine signe « Love leaves traces »

Avec « Love leaves traces », son deuxième album, la chanteuse, auteure et compositrice, Stéphanie Lemoine navigue entre nu-jazz, pop, folk et soul. Son univers éclectique explore des espaces poétiques où son chant aérien alterne entre français et anglais. Un voyage musical sans frontières entre les genres.

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Le trio Reis-Demuth-Wiltgen revient avec « Sly »

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Avec « Sly », le trio Reis-Demuth-Wiltgen continue à explorer le format traditionnel du trio jazz piano acoustique/contrebasse/batterie. Alliée à d’élégantes narrations musicales, la puissance rythmique du groupe ne se dément pas. Ce quatrième album reflète l’identité musicale du groupe et rend hommage à ses racines luxembourgeoises à travers la figure du Renard dont la ruse inspire son titre à l’album.

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Nouveau RV avec Christophe Monniot & Didier Ithursarry

Nouveau RV avec Christophe Monniot & Didier Ithursarry

Plus de deux ans après la parution de leur album « Hymnes à l’Amour », le saxophoniste Christophe Monniot et l’accordéoniste Didier Ithursarry récidivent avec un deuxième opus éponyme sous-titré « Deuxième Chance ». Avec lyrisme et virtuosité, les deux musiciens complices tissent une musique à la fois tendre et sensible, intense et pétillante. « Deuxième Chance », un nouveau rendez-vous à ne pas manquer !

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L’ARFI présente « inDOLPHYlités »

L’ARFI présente « inDOLPHYlités »

Effervescence ARFIdèle

Avec « inDOLPHYlités », cinq membres de l’ARFI honorent la musique de l’album « Out to lunch! » gravé par Eric Dolphy en 1964. Par leur démarche, entre hommage et appropriation, Mélissa Acchiardi, Christophe Gauvert, Clément Gibert, Guillaume Grenard et Christian Rollet prolongent la musique du disque original. En conservant la même instrumentation, ils revisitent le répertoire auxquels ils ajoutent trois compositions de leur cru. Il en résulte une musique ludique et effervescente qui réinvente celle de Dolphy. Le bouturage musical de ces « inDOLPHYlités » s’inscrit dans l’ADN du collectif… plus ARFIdèle que ça, impossible !

couverture de l'album InDOLPHYlités de l'ARFIAbreuvés aux fondamentaux de l’Association à la Recherche d’un Folklore Imaginaire fondée en 1977 et toujours vivace en 2020, Mélissa Acchiardi (vibraphone), Christophe Gauvert (contrebasse), Clément Gibert (clarinette, clarinette basse, saxophone alto), Guillaume Grenard (trompette, bugle, flûte) et Christian Rollet (batterie) proposent « inDOLPHYlités », un album savoureux à écouter dès le 13 novembre 2020 sur le label ARFI.

Imprégnés par la liberté qui irrigue l’ARFI depuis sa création et inspirés par celle qui imprègne la musique du disque « Out of lunch! », ces cinq doux fêlés du collectif lyonnais se sont immergés dans le répertoire du mythique album gravé le 25 février 1964 chez Blue Note Records par Eric Dolphy (saxophone alto, flûte, clarinette basse), Freddie Hubbard (trompette), Bobby Hutcherson (vibraphone), Richard Davis (contrebasse) et Tony Williams (batterie) dont « inDOLPHYlités » apparaît comme le prolongement.

Sorti le vendredi 13 novembre 2020, « inDOLPHYlités » (ARFI/L’Autre Distribution et les Allumés du Jazz) est à découvrir sans retenue !

« inDOLPHYlités », entre Fidélité et Infidélité

Par son titre, « inDOLPHYlités » engage de prime lecture à envisager une part d’infidélité vis à vis de « Out of lunch! » qui l’inspire. Après écoute, on serait à vrai dire plutôt tenté d’évoquer une fidélité nuancée à moins qu’il ne s’agisse d’infidélités respectueuses.

L’instrumentation

Sur « inDOLPHYlités » on retrouve clarinette basse, saxophone alto, flûte, trompette, vibraphone, contrebasse et batterie par contre, un instrument s’ajoute. En effet, Clément Gibert enrichit sa panoplie instrumentale (clarinette basse et saxophone alto) d’une clarinette. Par contre, à la différence de « Out To Lunch! » où la flûte est tenue par l’instrumentiste qui embouche aussi saxophone alto et clarinette basse, en l’occurrence Eric Dolphy, sur « inDOLPHYlités », c’est le trompettiste/bugliste, Guillaume Grenard qui est aussi flûtiste.

Le répertoire

Les deux disques ouvrent avec Hat and Beard et se terminent avec l’enchainement des titres Out to Lunch et Straight Up and Down. Sur les deux opus figurent Something Sweet, Something Tender et Gazzelloni à la nuance près que l’ordre s’inverse.

Aux cinq titres de Dolphy, présents sur les deux opus, les arfiens ont greffé trois morceaux. Composé par Guillaume Grenard, le tonique Out to Punch fait le pendant à Out to Lunch. Clément Gibert apporte sa contribution au répertoire en ajoutant deux morceaux, le jubilatoire Damné soit le Premier et le lumineux Quelque chose de Doux, Quelque Chose de Tendre qui apporte un rien de délicatesse supplémentaire et fait écho au titre original dont il restitue le titre mot pour mot.

Cinq compositions originales d’Eric Dolphy et 42′ de musique sur « Out to Lunch ». Huit plages sur « inDOLPHYlités » pour 41′ d’écoute.

La pochette

couverture de l'album Out to lunch d'Eric Dolphy_inDOLPHYlitéscouverture de l'album InDOLPHYlités de l'ARFILe visuel du disque de l’ARFI conserve les tonalités bleues de la pochette de « Out to Lunch! ». Elle schématise les aiguilles des panneaux horaires affichés sur les portes des magasins pour annoncer l’heure du retour après la pause repas, comme le montrait la superbe photo de Reid Miles… Out to lunch… will be back !

S’y ajoutent des figuratifs de couleur rose suggérant instruments et instrumentistes.

Au fil des titres

Comme un clin d’œil à l’univers de Monk, Hat and Beard permet au quintet de l’ARFI de s’en donner à cœur joie sur les tempi impairs et de réinventer sans plagiat et de manière fort singulière l’atmosphère du titre original. Sur l’acidulé Gazzelloni écrit par Dolphy en hommage au flûtiste classique Severino Gazzelloni, Guillaume Grenard délaisse la trompette pour la flûte. Hachures, ruptures et délires aériens zèbrent librement la construction du morceau.

C’est plus loin une atmosphère tout en suspension que le quintet livre sur Something Sweet, Something Tender où calme et volupté font bon ménage. La contrebasse mélodieuse et le vibraphone angélique rivalisent de douceur. Découlant de la même inspiration, la composition de Clément Gibert, Quelque chose de Doux, Quelque chose de Tendre développe plus encore cette dimension de douceur apaisée qui tranche avec les déflagrations des thèmes à venir. Bugle, clarinette basse et vibraphone devisent sereinement alors que contrebasse et batterie ponctuent le dialogue avec tendresse.

Le percutant Out to Punch revitalise l’ambiance. Improvisations étourdissantes, gazouillis à tous crins. La ligne mélodique n’en finit pas d’être brisée par la trompette et la clarinette basse qui s’évertuent ensuite à la reconstruire. Phrases anguleuses, zigzags, rebondissements, digressions, distorsions du vibraphone, délire de haut vol tous azimuts. Total ARFI !

Dans la longue introduction de Damné soit le Premier, la clarinette basse explore l’entièreté de son registre et éructe à qui mieux mieux. Les autres protagonistes la rejoignent ensuite et entament avec elle une danse jubilatoire et incandescente d’où émergent des sons fulgurants jusqu’à ce que, pour finir, le paysage sonore se calme.

Sur un rythme en 5/4, Out to Lunch ouvre un boulevard à l’alto qui explose et s’époumone jusqu’au paroxysme, porté par la batterie en délire.

L’album se termine avec le très intense et singulier Straight Up and Down qui décape les tympans. Sur un motif continu de la contrebasse, les soufflants rivalisent, grognements et borborygmes de la trompette, explosion de l’alto, le vibraphone se fait allusif et la batterie pointilliste. Un moment dont les hauts et les bas ne sont pas sans évoquer les échanges peu maîtrisés des buveurs impénitents à l’acmé de leurs excès. La musique titube et l’oreille frémit.

Si les conditions sanitaires le permettent, RV avec « InDOLPHYlités » le 30 Janvier 2021 à La Fraternelle, Saint Claude (39) pour écouter live Clément Gibert (clarinette, clarinette basse, saxophone alto), Guillaume Grenard (trompette, bugle, flûte), Mélissa Acchiardi (vibraphone), Christophe Gauvert (contrebasse) et Christian Rollet (batterie).

Stéphanie Lemoine signe « Love leaves traces »

Stéphanie Lemoine signe « Love leaves traces »

Avec « Love leaves traces », son deuxième album, la chanteuse, auteure et compositrice, Stéphanie Lemoine navigue entre nu-jazz, pop, folk et soul. Son univers éclectique explore des espaces poétiques où son chant aérien alterne entre français et anglais. Un voyage musical sans frontières entre les genres.

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Le trio Reis-Demuth-Wiltgen revient avec « Sly »

Le trio Reis-Demuth-Wiltgen revient avec « Sly »

Avec « Sly », le trio Reis-Demuth-Wiltgen continue à explorer le format traditionnel du trio jazz piano acoustique/contrebasse/batterie. Alliée à d’élégantes narrations musicales, la puissance rythmique du groupe ne se dément pas. Ce quatrième album reflète l’identité musicale du groupe et rend hommage à ses racines luxembourgeoises à travers la figure du Renard dont la ruse inspire son titre à l’album.

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Nouveau RV avec Christophe Monniot & Didier Ithursarry

Nouveau RV avec Christophe Monniot & Didier Ithursarry

Plus de deux ans après la parution de leur album « Hymnes à l’Amour », le saxophoniste Christophe Monniot et l’accordéoniste Didier Ithursarry récidivent avec un deuxième opus éponyme sous-titré « Deuxième Chance ». Avec lyrisme et virtuosité, les deux musiciens complices tissent une musique à la fois tendre et sensible, intense et pétillante. « Deuxième Chance », un nouveau rendez-vous à ne pas manquer !

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Roberto Negro présente « Papier Ciseau »

Roberto Negro présente « Papier Ciseau »

Couleurs sonores contrastées

Trois ans après l’éblouissant « Saison 3 », Roberto Negro revient avec « Papier Ciseau » à sortir le 13 novembre 2020. Toujours en quête de renouvellement, le pianiste et compositeur Roberto Negro revient avec le trio Dadada devenu quartet avec la venue de Valentin Ceccaldi. Les sensations se succèdent, les univers se croisent, les couleurs sonores contrastent et la musique explose.

Roberto Negro©Jean-Pascal Retel

Roberto Negro©Jean-Pascal Retel

Élu aux Victoires du Jazz 2018 dans la catégorie Album sensation de l’année pour l’album « Saison 3 » avec son trio Dadada, le pianiste et compositeur Roberto Negro présente « Papier Ciseau » (Label Bleu/L’Autre Distribution) dont la sortie est attendue pour le 13 novembre 2020.

Sur ce nouvel opus, on retrouve autour du pianiste, le saxophoniste Émile Parisien et le batteur Michele Rabbia. Cependant, le trio Dadada s’étoffe et devient quartet avec l’arrivée de Valentin Ceccaldi, membre, comme le leader, de la tribu du TriCollectif.

Sans cesse en recherche de timbres, le quartet Dadada navigue entre romantisme et modernisme et projette sa musique dans un espace truffé d’effets et de sonorités étranges. Les quatre compères se gardent bien de fixer des repères et le jeu des instruments se combine à celui des effets de toutes sortes. Les couleurs sonores contrastées de cette musique à l’esthétique déroutante se projette loin des normes habituelles.

« Papier Ciseau »

couverture de l'album Papier Ciseau de Roberto NegroC’est en octobre 2019, au Studio Gil Evans d’Amiens, que l’ingénieur du son Mathieu Pion, chargé aussi du mixage, a enregistré « Papier Ciseau ».

Au piano et aux claviers, Roberto Negro s’exprime entre mélodies naïves et phrasés explosifs. Michele Rabbia partage son inventivité entre batterie/percussions et électronique. Émile Parisien parsème son expression lyrique de fulgurances inouïes et surprenantes. Pour ce projet, le violoncelliste Valentin Ceccaldi a opté pour la basse au jeu contrasté.

Des univers aux couleurs tranchées se télescopent. L’oreille vogue de chimère tumultueuse en réalité apaisée et voyage avec plaisir du tumulte à l’apaisement, d’une ambiance paradisiaque et à une atmosphère cauchemardesque. « Papier Ciseau », des sonorités aux couleurs contrastées, réminiscences d’enfance projetées dans l’avenir.

Au fil des titres

Les mains dans le dos, on compte jusqu’à trois pour jouer à Pierre, Feuille, Ciseau… à l’écoute des neuf plages de « Papier Ciseau ».

L’album débute avec Lime, un titre plein de fraîcheur. D’abord une mélodie presque naïve que développe le piano. Il est ensuite rejoint par le groupe et la musique devient délurée, avec des sons acidulés que le quartet triture tout en entonnant en chœur « Dadada ». Plus loin, sur un simple motif réitératif que la main gauche répète sur le piano, la main droite et le soprano embarquent Odile dans un jeu méditatif puis, porté par le souffle effervescent du soprano et la rythmique torride, le climat étrange se métamorphose. Pour finir, la sérénité revient… à moins qu’il ne s’agisse de nostalgie.

Roberto Negro Quartet Dadada©Jean-Pascal Retel

Porté par la rythmique tellurique, le souffle ténébreux du saxophone ouvre plus tard les portes de l’univers fantastique de l’enfance qu’évoque Toot. Dans la foulée, Apotheke débute par un tumulte sonore et une prescription énoncée comme une pub. La ligne de basse soutient la ligne mélodique que fragmentent claviers et soprano. Parasité par des effets sonores surprenants et cocasses, le solo lyrique du saxophone se termine très vite.

Sur Telex, le duo piano-soprano propose d’abord un motif romantique et lent puis entame une narration dont le climat s’intensifie puis est porté au paroxysme par le quartet. Sans crier gare, advient Neunzehn à la construction déroutante. Le soprano à l’expression fulgurante, la basse dévergondée et les percussions toniques génèrent des moments brûlants auxquels succèdent des espaces sereins. On est submergé et esbroufé par la maîtrise dont le groupe fait preuve pour contrôler le climat musical.

Le répertoire se poursuit avec Missa à l’atmosphère musicale onirique : soprano planant, basse pulsatile, percussions et claviers répétitifs. L’ambiance se fait extravagante puis devient enivrante et l’on se laisse flotter avec bonheur au fil des mesures. Sur Solarels, le monde de l’enfance revient en force avec un superbe travail opéré par les effets électroniques, à partir d’un riff de piano. Sifflets et grondements ponctuent le morceau et invitent à rejoindre la cour de récré où se croisent des sonorités tout en légèreté jusqu’à ce que le piano sonne la fin des réjouissances et rappelle basse, cymbales, claviers.

Il faudra attendre 2021 pour que la musique de Roberto Negro et de son quartet Dadada redonne des couleurs à la morosité de ces temps confinés. Rendez-vous le à 20h le 17 janvier 2021 à Paris au Café de la Danse et à 21h le 20 janvier 2021 à la Maison de la Culture d’Amiens.

Stéphanie Lemoine signe « Love leaves traces »

Stéphanie Lemoine signe « Love leaves traces »

Avec « Love leaves traces », son deuxième album, la chanteuse, auteure et compositrice, Stéphanie Lemoine navigue entre nu-jazz, pop, folk et soul. Son univers éclectique explore des espaces poétiques où son chant aérien alterne entre français et anglais. Un voyage musical sans frontières entre les genres.

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Le trio Reis-Demuth-Wiltgen revient avec « Sly »

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Nouveau RV avec Christophe Monniot & Didier Ithursarry

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Plus de deux ans après la parution de leur album « Hymnes à l’Amour », le saxophoniste Christophe Monniot et l’accordéoniste Didier Ithursarry récidivent avec un deuxième opus éponyme sous-titré « Deuxième Chance ». Avec lyrisme et virtuosité, les deux musiciens complices tissent une musique à la fois tendre et sensible, intense et pétillante. « Deuxième Chance », un nouveau rendez-vous à ne pas manquer !

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Stracho Temelkovski signe « The Sound Braka »

Stracho Temelkovski signe « The Sound Braka »

Album aux ambiances festives et hypnotiques

Le multi-instrumentiste, improvisateur et beatboxer, Stracho Temelkovski signe son premier album « The Sound Braka ». Aux confluences du jazz, des musiques improvisées et des musiques du monde, l’album réunit autour du leader ses « frères de son ». Des formations à géométrie variable proposent des musiques issues des cultures populaires orales et des musiques savantes. Entre ambiances festives et hypnotiques se crée une alchimie naturelle. Un univers musical aux accents universels où les rythmes frénétiques des Balkans croisent des poésies jazzy. Un album singulier chargé d’humanité.

Stracho Temelkovski signe The Sound Braka_couverture de l'albumAvec « The Sound Braka » (Musika Songes/MDC/PIAS) annoncé pour le 30 octobre 2020, le musicien Stracho Temelkovski signe un opus qui condense et magnifie les patrimoines musicaux des Balkans, de la Méditerranée et l’Orient (proche et extrême), des faubourgs de Buenos Aires et le jazz. Ce disque est l’aboutissement d’un véritable processus de maturation.

Il a pris sa forme actuelle lors d’une résidence de création à l’Amphi Jazz de l’Opéra de Lyon en mai 2018 à laquelle Stracho Temelkovski a convié ses « frères de son », tous virtuoses et complices, pour créer ensemble un répertoire unique.

Du solo à l’octet, Stracho Temelkovski partage ses aventures musicales avec des artistes venus de différents horizons et avec eux, il trace sa route entre jazz, harmonies balkaniques, latines et orientales, rythmes asymétriques et sons urbains. Basée sur l’échange la musique de « The Sound Braka » possède des vertus essentielles. Elle respire et apporte la preuve que les échanges sont porteurs de fraternité et fédèrent au-delà des différences culturelles. Elle réconforte et dynamise.

Stracho Temelkovski

Autodidacte, Stracho Temelkovski possède une formation musicale basée sur l’échange, les rencontres et la transmission orale. Virtuose et sensible, Stracho Temelkovski passe avec une aisance déconcertante de la basse à la mandole, de la viola à la guitare électrique et pratique aussi percussions et beatbox. Du pays de ses origines, la Macédoine, il emprunte les sons envoûtants, les rythmes asymétriques et la ferveur des fanfares instrumentales des Balkans.

Stracho Temelkovski signe "The Sound Braka"

Stracho Temelkovsk©Laurie Diaz

Né à Grenoble dans une famille macédonienne, Stracho Temelkovski a appris tout jeune les rudiments de la guitare électrique, de la basse, des percussions, du sampling et de la programmation. Avec son premier groupe « Kassinga » fondé à 15 ans, il mêle avec sonorités jazz-funk et dub auxquelles il ajoute une touche orientale.

En 2003, il remplace au pied levé le bassiste de jazz américain Steve Swallow sur un projet du musicien et poète Antonio Placer, avec lequel il développe la polyvalence instrumentale qui deviendra sa véritable signature. Cette collaboration se poursuit sur « The Sound Braka », où les deux compositeurs co-signent deux titres, La mélo doucha man et Manzanilla.

Stracho Temelkovski a aussi collaboré avec Gnawa Diffusion, MIG (avec Djazia Satour) et le pianiste Omar Sosa dont il a assuré fin 2015, la première partie d’un concert près de Grenoble. Leur rencontre crée des liens musicaux complices qui débouchent sur trois concerts en duo. Le troisième est enregistré et donne lieu à la sortie de « Live in Seynod », un EP digital sorti en juillet 2020. Amateur de danse contemporaine, Stracho Temelkovski s’est également associé à des chorégraphes (François Veyrunes, Sylvère Lamotte) pour lesquels il compose et interprète la musique de leurs spectacles.

Stracho Temelkovski signe "The Sound Braka"_photo©Laurie Diaz©

Stracho Temelkovski©Laurie Diaz

Connaisseur des musiques actuelles, Stracho Temelkovski crée un pont entre les musiques savantes et les musiques traditionnelles et populaires. Ses influences se situent entre « Bach, Dr Dre, Prodigy, Django Reinhardt , Paco de Lucia et Daft Punk ». Il aime à croiser les expériences avec des artistes venus d’autres horizons, comme les conteurs Louis Soret et Melisdjane Sezer, le pianiste Jean-Marie Machado et son Orchestre Danzas, le flûtiste Joce Mienniel dont la création « Babel » réunit des musiciens traditionnels venant de Syrie, d’Italie, du Pakistan, de Macédoine, de Belgique et de France.

Très impliqué dans le tissu associatif local, il manifeste un fort intérêt pour la médiation culturelle. Il intervient auprès des scolaires et dans les quartiers et a animé des ateliers en milieu carcéral. Il a réalisé des sessions en prison et découvert le beatbox via un jeune détenu, Mourad. Par ailleurs, dans une prison pour femmes, il a rencontré une détenue originaire du Cap-Vert qui « est venue lire des poèmes écrits sur un cahier pour ses enfants » alors qu’il jouait une samba à la guitare acoustique. Cet échange chargé d’humanité lui a inspiré le climat à la fois oppressant et joyeux de « Saudade des Baumettes », un des titres de l’album « The Sound Braka ».

Guitariste, percussionniste, compositeur et arrangeur, Stracho Temelkovski évoque sa musique « viscérale » comme « un chant de cordes et de percussions » qui « prend sa source dans les Balkans et se nourrit d’autres sonorités, celles de [s]a réalité. Les sons se rencontrent et dialoguent, entre Orient et Occident, ils sont le reflet de [s]on identité. Fruits d’une culture hétéroclite, ils rappellent que [s]es racines ont aussi poussé dans le bitume. Ce cheminement est intuitif, il [l]’amène à jouer des mélodies improvisées et hypnotiques. En privilégiant le sens et l’instant, il semble que le temps ait une autre valeur, comme affranchi de toutes cadences inhumaines. »

« The Sound Braka »

L’origine du projet part du spectacle solo puis du trio avec Jean-François Baëz (accordéon) et Jean-Charles Richard (saxophones) qui s’est étoffé en studio en quintet et en sextet sur les deux derniers jours de l’enregistrement

Ainsi Stracho Temelkovski (basse, mandole, daf, bendir, cymbale et udu, beatbox, guitares) partage son répertoire avec ses « frères » musiciens, Jean-François Baëz, Jean-Charles Richard, Ashraf Sharif Khan (sitar), Jean-Marie Machado (piano), Antony Gatta (percussions). Sur six titres, il convie d’autres complices, Aziz Maysour (guembri), François Thuillier (tuba), Shyam Goswami (chant), Iyad Haimour (flute ney), Fred « Brain » Monestier (synthétiseur) et Pascal Messaouidi (additional sound design).

Hormis les deux titres conçus avec Antonio Placer, Stracho Temelkovski signe les six autres morceaux de l’album dont les mélodies lui viennent « en connection avec son vécu ». Enregistré au studio La Buissonne et à la Bobine de Grenoble, « The Sound Braka » est produit par Stracho Temelkovski and Fred « Brain » Monestier. Son visuel a été réalisé en collaboration avec Laurie Diaz qui a pris des photos sur les pentes de la Croix-Rousse à Lyon et avec Julien Blanchet responsable d’un design, élégant, épuré et accessible.

Voyage au fil des titres

Le guembri, la basse et la guitare entament Du dernier au premier soupir avec une mélopée répétitive orientale entrecoupée de voix urbaines. Telle une prière envoutante, elle se densifie avec l’entrée du sitar, de la flûte ney, des percussions. C’est ensuite au soprano de Jean-Charles Richard d’entrer en scène. Ses circonvolutions spiralées débordantes de vitalité sont soutenues par le piano de Jean-Marie Machado et l’accordéon de Jean-François Baëz. Leurs improvisations jazz font respirer la mélodie.

Le répertoire se poursuit avec Saudade des Baumettes qui ouvre par la mélodie jouée à l’unisson par la basse, piano, saxophone et accordéon alors que le leader fait aussi résonner ses percussions vocales. Les sonorités orientales évocatrices de l’écriture de Rabih Abou-Khalil croisent de nostalgiques rythmes argentins. Comme porté par un tapis volant, le soprano aérien virevolte et avec le sitar d’Ashraf Sharif Khan ouvre la porte qui mène à la libération. Avec Gipsy, le voyage musical se poursuit entre un rythme salsa tenu par le piano et des sonorités de fanfare balkanique que soutient le tuba de François Thuillier. L’accordéon s’en donne à cœur joie sur le riff du baryton qui s’emballe avant de laisser s’exprimer le sitar exalté. Un délice que cette musique frénétique aux accents universels !

Le climat se fait plus nostalgique avec La Mélo Doucha Man. L’accordéon introduit la complainte, relayé ensuite par le sitar puis par le soprano qui s’évade dans les aigus. Sur une rythmique complexe, la mélodie est portée par l’ensemble des instruments bouillonnants rejoints par le tuba. Débuté sur un tempo de tango argentin, Manzanilla s’évade ensuite vers l’orient avec la flûte ney puis le baryton lyrique la rejoint et tous réunis, les musiciens convient la musique à s’enfiévrer comme le font si bien les fanfares balkaniques.

Plus loin, sur Le miel de la vie, piano et baryton entament une berceuse qui se transforme peu à peu en une offrande spirituelle portée dans un premier mouvement par le sitar. La basse et les percussions s’impliquent puis l’accordéon prend le relais avant que le baryton n’invite ses compères à festoyer au son des ardents rythmes balkaniques. Place ensuite à Make Dunia. Sur un motif réitératif de la basse ponctué par le beatbox, soprano, guembri, accordéon et sitar chantent la mélodie alors que percussions et tuba ne s’en laissent pas conter. Une véritable invitation à danser en rondes ouvertes !

L’album se termine avec Odimé Siné. Cette composition réalise une véritable alchimie entre la musique orientale traditionnelle exprimée par le piano, le sitar et la voix de Shyam Goswami et les improvisations jazz du sitar et du soprano fougueux et aérien.

Avec « The Sound Braka », Stracho Temelkovski signe un opus dont les atmosphères festives et hypnotiques incitent autant à la danse qu’à la réflexion. Un modèle réussi de coexistence entre les musiques populaires et les musiques savantes. Une invitation à développer une écoute ouverte et à porter un regard bienveillant sur la pluralité culturelle. Un disque porteur d’un humanisme tempéré qu’il fait bon partager largement.

Plusieurs concerts se profilent pour écouter la musique de « The Sound Braka ». RV le 04 Décembre 2020 à 22h30 au Foyer Méditerranée à Juan-Les-Pins (06) dans le cadre du Jammin’Juan Festival avec le trio de Stracho Temelkovski (basse, mandole, viola, percussions, beatbox) qui réunit à ses côtés Jean-François Baëz (accordéon) et Jean-Charles Richard (saxophones). RV le 09 Décembre 2020 à 20h à Paris (75) au Bal Blomet, où Ashraf Sharif Khan (sitar) rejoint le trio du leader. RV aussi le 16 Décembre 2020 à 20h30 à La Source - Fontaine (38) dans le cadre du festival Les Détours de Babel Festival où Stracho Temelkovski propose un feu s’artifice musical avec le quartet qui accueille Jean-Marie Machado (piano) et Iyad Haimour (flûte ney). Pas question de bouder son plaisir !

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Nouveau RV avec Christophe Monniot & Didier Ithursarry

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Saison 2020/21 pour l’Auditorium de Lyon & Jazz à Vienne

Saison 2020/21 pour l’Auditorium de Lyon & Jazz à Vienne

Jazz & Musiques du monde

Pour l’Auditorium de Lyon & Jazz à Vienne, la Saison 2020/21 s’annonce riche en promesses. Avec d’immenses stars du jazz et des musiques du monde à l’affiche, se profilent d’intenses moments en perspective. Hommage à Michel Petrucciani, Fatoumata Diawara, Chucho Valdés et Gregory Porter sans oublier Alice au pays des merveilles par The Amazing Keystone Jazz Big Band. De quoi réjouir le public !

Dans le contexte de la crise sanitaire actuelle, Aline Sam-Giao, directrice générale et Nikolaj Szeps-Znaider, directeur musical, assurent le public de l’engagement sans faille des musiciens de l’Orchestre National de Lyon et des équipes de l’Auditorium. La saison 2020/21 pour l’Auditorium de Lyon & Jazz à Vienne voit l’ouverture se poursuivre en direction du Jazz et des Musiques du Monde.

Déjà engagé depuis de nombreuses années, le dialogue artistique entre l’Auditorium Orchestre National de Lyon et « Jazz à Vienne » se poursuit avec cinq concerts coproduits par les deux structures :

  • Hommage à Michel Petrucciani
  • Fatoumata Diawara
  • Chucho Valdés
  • The Amazing Keystone Jazz Big Band
  • Gregory Porter

Par ailleurs, le Gospel figure au programme des concerts de Nouvel An 2021 ainsi que deux soirées « Hommage à Piazzolla » en mars 2021.

Hommage à Michel Petrucciani

Compositeur et pianiste de jazz hors du commun, Michel Petrucciani (1962-1999) a connu une brève mais brillante carrière en France comme à l’international. Doué d’une puissance rythmique redoutable, d’un sens aigu de la mélodie et d’un lyrisme généreux. Alliance de simplicité et de sophistication, son art a laissé une forte empreinte dans les oreilles et le cœur des amateurs de jazz.

De grands noms de la scène jazz viennent célébrer ce musicien unique le lundi 02 novembre 2020 à 19h sur la scène de la Grande Salle de l’Auditorium de Lyon. C’est le batteur Aldo Romano avec qui le pianiste a enregistré cinq albums qui animera la soirée où sont réunis, la saxophoniste altiste Géraldine Laurent, les trompettistes Lucienne Renaudin-Vary et Flavio Boltro, Tony et Philippe Petrucciani, respectivement père et frère du pianiste et tous deux guitaristes, les pianistes Jacky Terrasson, Laurent Coulondre et Franck Avitabile, le contrebassiste Géraud Portal contrebasse et le batteur André Ceccarelli. La présence de toutes ces pointures du jazz réunies sur la scène laisse augurer la tenue d’une soirée joyeuse et créative.

Gospels et chants de Noël

C’est avec le Gospel que se terminera l’année 2020 et commencera la suivante. Après le succès vibrant du concert participatif d’avril 2018, l’Auditorium ouvre un nouveau chapitre en invitant le Gospel Philharmonic Experience et un chœur amateur issu de la région lyonnaise, dirigés par Pascal Horecka.

L’Auditorium donne rendez-vous pour quatre grands concerts gospel, à 20h, les mercredi 30 & jeudi 31 décembre 2020, à 16h le vendredi 01 & 18h le samedi 02 janvier 2021. Au programme, Jingle Bells, Oh Holy Night, Have Yourself a Merry Little Christmas mais aussi l’«Alleluia» du Messie de Händel. Des concerts porteurs de message de paix, de joie et d’espoir.

Fatoumata Diawara

Saison 2020/21 pour l'Auditorium de Lyon & Jazz à Vienne_Fatoumata Diawara

Fatumata Diawara©Aida Muluneh

Porte-parole d’une Afrique en constante mutation, la chanteuse malienne Fatoumata Diawara pare les rythmes et mélodies de la tradition wassoulou de couleurs jazz et funk, avec un talent et un charisme renversants.

La venue de Fatoumata Diawara, le vendredi 29 janvier 2021 à 20h à l’Auditorium, est l’occasion pour le public de retrouver sur la présence charismatique et le talent incontestable de cette voix incontournable de l’Afrique d’aujourd’hui.

Elle sera sur scène entourée de Sékou Bah (basse), Yacouba Kone (guitare), Arecio Smith (claviers) et Jean Baptiste Gbadoe (batterie).

Chucho Valdés, « La creación »

Saison 2020/21 pour l'Auditorium de Lyon & Jazz à Vienne_Chucho ValdesChucho Valdés représente à lui seul la puissance et la richesse de la fusion musicale des traditions cubaines et africaines. Fils du musicien Bebo Valdés, celui qui a fondé en 1973 le groupe Irakere, mène depuis plus de cinquante ans une carrière internationale. Il est aujourd’hui reconnu comme l’un des plus grands pianistes de jazz.

Le lundi 08 mars 2021 à 20h, il vient fêter ses 80 ans à l’Auditorium avec un concert exceptionnel au cours duquel il va présenter deux facettes de sa personnalité musicale.

En première partie de soirée, il jouera d’abord solo avant de présenter une nouvelle composition, La creación (Olodumare), en hommage à Oludumare, le Créateur suprême, l’une des trois manifestations de l’Être suprême des Yorubas. Cet oratorio raconte l’arrivée de la culture yoruba dans les Caraïbes. Pour l’occasion, Chucho Valdes est accompagné de Hilario Durán et John Beasley (claviers), Yunior Terry (basse), Miguel Valdés (percussions), Erick Barberia (batás et voix), Roman Diaz et Diosvany Valladares (batás) et en invité spécial, Dafnis Prieto à la batterie. (La distribution vocale n’est pas encore connue à ce jour.)

Hommage à Piazzola

Saison 2020/21 à Auditorium de Lyon_Pablo Ziegler

Pablo Ziegler©Shigeto Imura

Créateur du Tango Nuevo, le compositeur et jouer de bandonéon, Astor Piazzolla (1921-1982) a fait connaître cette musique dans les plus grandes salles de concert du monde. Pablo Ziegler, le dernier pianiste de Piazzolla, reprend aujourd’hui le flambeau.

Le jeudi 11 mars à 20h et le samedi 13 mars à 18h, avec la complicité de Pablo Ziegler, et en compagnie du bandonéoniste Walter Castro et de la mezzo-soprano Luciana Mancini, l’Orchestre National de Lyon dirigé par Clark Rundell va faire résonner le plus beaux tangos dans la Grande Salle de l’Auditorium

L’occasion idéale pour vibrer à l’écoute des superbes Oblivion, Milonga en el Viento, Fuga y Misterio, Yo soy Maria et bien d’autres tangos composés par Astor Piazzolla, Arturo Márquez ou Pablo Ziegler.

The Amazing Keystone Jazz Big Band

Saison 2020/21 pour l'Auditorium de Lyon & Jazz à Vienne_The Amazing Keystone Jazz Big Band

The Amazing Keystone Jazz Big Band©Maxime-de-Bollivier

Après le succès de leurs adaptations Pierre et le Loup… et le jazz ! et Le Carnaval jazz des animaux, The Amazing Keystone Jazz Big Band présente une création haute en couleur d’Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll. La musique qui accompagne l’histoire est composée spécialement pour cette nouvelle création par Bastien Ballaz, Jon Boutellier, Fred Nardin et David Enhco. Chaque protagoniste est associé à un style de jazz pour permettre une approche ludique de cette musique. Le texte original est adapté en un conte musical puissant, drôle et lumineux par Sandra Nelson.

Le samedi 08 mai 2021 à 15h et à 18h, les dix-sept musiciens du big band The Amazing Keystone Jazz Big Band continuent leur aventure pour que les publics jeunes et adultes découvrent le jazz dans toutes ses expressions.

Gregory Porter

Saison 2020/21 pour l'Auditorium de Lyon & Jazz à Vienne_Gregory Porter

Gregory Porter©Eric Umphery

Après son triomphe à Jazz à Vienne le 12 juillet 2018 où il avait partagé le plateau du Théâtre Antique de Vienne avec l’Orchestre national de Lyon pour un hommage à Nat King Cole, l’éclatant Gregory Porter sera sur la scène de l’Auditorium après la sortie de son septième album « All Rise » en avril 2020 chez Blue Note Records.

Le chanteur baryton au timbre enveloppant connaît une ascension irrésistible depuis ses débuts. Depuis l’immense succès de « Liquid Spirit », qui lui a valu le Grammy Award du meilleur album de jazz vocal, le digne héritier de Marvin Gaye et de Nat King Cole met sa voix profonde et son expérience des planches de Broadway au service de son public pour un concert à n’en pas douter inoubliable !

Initialement programmé le 27 novembre 2020, le concert de Gregoy Porter a été reporté au 14 juin 2021 à 20h.

A ne pas rater… les rendez-vous Jazz et Musiques du Monde de la saison Saison 2020/21 de l’Auditorium de Lyon coproduits par l’Auditorium de Lyon & Jazz à Vienne.

Stéphanie Lemoine signe « Love leaves traces »

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