Rhoda Scott Lady Quartet présente « We free queens »

Rhoda Scott Lady Quartet présente « We free queens »

Le groove du jazz féminin « made in France »

Entourée de la génération montante des french jazzwomen, Rhoda Scott, la grande Dame de l’orgue Hammond sort son nouvel album « We free Queens » chez Sunset Records. Une musique généreuse au groove dopé par cuivres endiablés.

Après « Live at the Sunset » sorti en 2008, voici venir « We Free Queens » avec le Lady Quartet de Rhoda Scott. Il s’agit de la première production discographique du Sunset/Sunside, dirigé par Stéphane Portet. Sorti le 03 février sous le label Sunset Records, l’album est distribué par L’Autre Distribution.

Depuis 2007, année où le « Lady Quartet » est né au Sunset, Rhoda Scott aime à se produire avec trois représentantes de la nouvelle génération des musiciennes de jazz français, Sophie Alour (saxophone ténor), Lisa Cat-Berro (saxophone alto) et Julie Saury (batterie). Pour cet enregistrement, les quatre jazzwomen invitent Géraldine Laurent (saxophone alto), Anne Paceo (batterie) et Julien Alour (trompette).

On se rappelle le succès du groupe féminin lors de leur passage le 30 juin 2011 sur la scène du Théâtre Antique lors du  festival « Jazz à Vienne ». Sans sexisme, l’ensemble avait alors invité Alex Tassel (bugle, trompette). De la même manière, sur l’album « We free Queens », on observe que le groupe invite aussi un représentant masculin à les rejoindre, le trompettiste Julien Alour. Comme le dit Rhoda Scott elle-même, le groupe n’est « pas sextaire » !

Véritable légende vivante du jazz Rhoda Scott est l’ambassadrice de l’orgue Hammond depuis près de 40 ans. A chacun de ses passages sur scène, elle déclenche l’enthousiasme du public. Au-delà de ses talents de musicienne, sa simplicité et sa générosité lui attirent la sympathie de tous. A 78 ans elle a tout joué, le blues, le gospel, le jazz et aujourd’hui encore elle semble se faire plaisir avec le « Lady Quartet ».

Née le 4 juillet 1938, à Dorothy, dans l’État du New Jersey, l’américaine Rhoda Scott est organiste et chanteuse de jazz. Enfant, elle se mettait pieds nus sur l’orgue du presbytère où son père était pasteur pour ne pas abîmer le bois du pédalier. Elle a conservé cette habitude qui lui a valu le surnom de « Barefoot lady ».

On connait le souffle énergique de la saxophoniste ténor Sophie Alour qui sait aussi faire vibrer la corde de la sensibilité. On apprécie le sens de l’improvisation de la saxophoniste alto Lisa Cat-Berro qui accompagne aussi Rhoda Scott hors quartet. Julie Saury  fait preuve de finesse sur sa batterie mais soutient le swing, il est vrai que la fille de Maxims Saury a très tôt goûté à cet art.

Le répertoire de « We Free Queens » propose la tendre Valse à Charlotte écrite par Rhoda Scott, deux compositions originales de Sophie Alour, I wanna move et Joke et deux autres de Lisa Cat-Berro, Rhoda’s delight et We Free Queens tout à fait représentatif de la tonalité globale de l’album.

Du côté des reprises on n’est pas surpris de retrouver le légendaire titre de Ray Charles, What I’d say, qui termine l’album en groovant de belle manière L’alto incisif de Géraldine Laurent met le feu aux poudres et entraîne les cuivres dans une joute tonique où Julien Alour tente de sortir de la mêlée féminine envers et contre le ténor plein de rage de Sophie Alour.

Porté par l’orgue, le groupe livre une interprétation tout en souplesse du titre de Wayne Shorter, One by One. Comme on savoure les éclaircies après l’orage, on prend aussi beaucoup de plaisir à écouter le thème légendaire de Charles Trenet, Que reste-t-il de nos amours ? Langueur et nuances teintent cette ballade savoureuse. Les échanges entre l’orgue de Rhoda Scott et le souffle de velours du ténor de Sophie Alour ponctuent l’album d’un bienfaisant climat de douceur.

« We free Queens ». Un groove bien tempéré et équilibré qui n’oublie pas la musicalité et la finesse. Du jazz généreux à destination de tous les publics. Stimulé par les échanges des cuivres, l’orgue Hammond impulse un groove intemporel dopé aux vitamines. Derrière la musique on devine le grand sourire de Rhoda Scott qui joute avec bonheur avec la nouvelle génération du jazz féminin français.

A ne pas rater le concert de sortie de l’album « We free Queen » le 16 mars 2017 à 20h30 au New Morning. Ambiance groovy garantie.
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