Laurent de Wilde sort « Three Trios »

Laurent de Wilde sort « Three Trios »

Trois trios, Trois albums, Trois époques

Le 15 novembre 2019, Laurent de Wilde sort « Three Trios », un coffret de trois albums enregistrés en trio. « Odd & Blue » (1989) un album introuvable depuis vingt ans. « Open Changes » (1993) qui a reçu le Prix Django Reinhardt la même année. « The Present » (2006) épuisé depuis une décennie. Il est aisé de percevoir combien, entre 1989 et 2006, le pianiste a élargi le langage du trio traditionnel en incorporant compositions et acquis issus de ses autres aventures. Un voyage au fil des ans qui permet de saisir l’évolution de son art au sein du trio, piano-contrebasse-batterie.

Depuis trente ans Laurent de Wilde s’est exprimé dans différents contextes, électronique ou jazz. Certes c’est en quintet qu’il a enregistré son premier disque sous son nom « Off The Boat » en 1987 à New-York, mais le pianiste tourne ensuite autour du trio et revient toujours au format du trio piano-contrebasse- batterie..Laurent de Wilde sort le coffret Three Trios

Pour lui « Le triangle d’or, la seule figure géométrique dont les pointes se touchent entre elles, l’équilibre sacré entre le rythme, la mélodie et l’harmonie » et dans cette perspective, le 15 novembre 2019, Laurent de Wilde publie un coffret qui propose trois albums enregistrés par le pianiste en trio piano-contrebasse-batterie., « Three Trios » (Gazebo/L’Autre Distribution) avec :

  • CD1 « Odd & Blue » (1989) avec Ira Coleman (contrebasse) & Jack DeJohnette (batterie)
  • CD2 « Open Changes » (1993) avec Ira Coleman (contrebasse) & Billy Drummond (batterie)
  • CD3 « The Present » (2006) avec Darryl Hall (contrebasse) & Laurent Robin (batterie)

« Three Trios ». Une rétrospective discographique qui donne à entendre comment le pianiste a évolué au sein du trio, configuration devenue référence incontournable du jazz… Trois Trios, Trois albums, Trois époques.

Trio piano-contrebasse-batterie

Laurent de Wilde l’écrit dans le livret du coffret « Three Trios », le trio… « c’est mon point d’équilibre, mon confort personnel, mon tabouret à trois pied, à l’aise sur toutes les pentes, mon petit chez moi à moi. »

La riche production d’albums du pianiste témoigne d’ailleurs de son intérêt pour le trio. En 2017, à l’occasion du centenaire de la naissance du pianiste et compositeur Thelonious Monk, Laurent de Wilde a sorti le superbe « New Monk Trio » auquel l’Académie du Jazz a décerné en 2017 le prix du « Meilleur disque français ». Ce même album où il joue avec Jérôme regard (contrebasse) et Donald Kontomanou (batterie) lui a valu d’être récompensé en 2018 du titre d’Artiste de l’Année dans le cadre des Victoires du Jazz et de recevoir la même année le Grand Prix Sacem.

A regarder attentivement la discographie du pianiste, on observe par ailleurs qu’en 2012 il a aussi sorti « Over The Clouds », un autre album enregistré en trio à Paris avec Ira Coleman (contrebasse) et Clarence Penn (batterie), un disque qui intègre à la tradition du trio jazz traditionnel « les formes, les mélodies, les matières musicales [qu’il a] vécues au cours de cette dernière décennie ».

En effet entre 2000 et 2012 Laurent de Wilde a sorti six albums de musique électronique parmi les lesquels « Organics » (2004) où il joue avec le saxophoniste Gael Horellou, le bassiste Philippe Bussonnet et le batteur Yoan Sera. On note par ailleurs que cet album est ressorti en 2011 dans un coffret où il est associé à « The Present », un album enregistré en trio jazz en 2006.Laurent de Wilde sort Three trios avec Odd and Blue, Open Changes et The Present - Verso de la pochette du coffret

Chez le pianiste responsable du Label Gazebo, germe l’idée de jeter un regard rétrospectif sur ses productions discographiques en trio. Ainsi, il conçoit de rééditer deux de ses albums en trio jazz quasiment introuvables. « The Present », précédemment évoqué et aussi « Odd and Blue » introuvable depuis vingt ans. A ces deux opus il assoie « Open Changes » qui a reçu le prix Django Reinhardt de l’Académie du Jazz en 1993. Le projet devient réalité et Laurent de Wilde sort « Three trios », le coffret qui réunit ces trois albums gravés en trio.

« Three Trios »

Laurent de Wilde sort Threee Trios

Laurent de Wilde©Christophe Charpenel

Annoncé pour le 15 novembre 2019, le coffret « Three Trios » (Gazebo/L’Autre Distribution) réunit et ressuscite trois albums gravés en trio par Laurent de Wilde sous son nom. Cet évènement réjouissant permet d’accéder à des enregistrements quasiment introuvables.

D’abord « Odd & Blue » (1989) enregistré à New-York avec le contrebassiste Ira Coleman et le batteur Jack DeJohnette. Ensuite « Open Changes » (1993) gravé lui- aussi à New-York avec Ira Coleman que rejoint la batteur Billy Drummond. Enfin « The Present » (2006) capté à Paris avec le contrebassiste Darryl Hall et le batteur Laurent Robin.

Comme Laurent de Wilde le précise dans le livret, « La façon dont ces trios sont ordonnés ne dépend pas seulement de la chronologie de leur sortie, mais plutôt aussi de la chromologie de leurs pochettes : elles dérivent du bleu au jaune en passant par le gris et c’est joli comme ça. »

Une durée de plus de quinze ans séparent le premier du troisième trio ce qui permet de prendre la mesure de l’évolution de l’art du pianiste.  Un voyage musical dans le temps et l’œuvre de ce pianiste qui a développé un style très personnel fondé sur la tradition et enrichi de ses expériences musicales. « Three Trios », trois Trios Jazz… du swing au groove.

« Odd & Blue » (1989)

Laurent de Wilde sort Three trios - Couverture de l'album Odd and BlueCet album a été enregistré par l’ingénieur du son Tom Mark les 25 et 26 juillet 1989, au nord de New York, du côté de Woodstock, dans une ancienne église en bois reconvertie en studio par Jack DeJohnette. C’est d’ailleurs le batteur lui-même qui est derrière fûts et cymbales pendant que la contrebasse est jouée de main de maître par Ira Coleman.

Laurent de Wilde s’inscrit dans la grande tradition du piano jazz malgré les mauvaises conditions d’enregistrement qu’il évoque dans le livret. En effet, les cordes du Steinway D changées la veille contraignaient à accorder le piano entre chaque prise et l’enregistrement réalisé « direct sur deux pistes » obligeait à tout reprendre en cas d’erreur. Pourtant, le professionnalisme et le talent de tous les protagonistes furent tels que l’écoute de « Odd & Blue » ne laisse rien percevoir de ces tracas techniques.

Les neuf plages révèlent un Laurent de Wilde inspiré. En verve et poussé par le jeu scintillant et bouillonnant de Jack DeJohnette à la batterie, le pianiste plaque des accords percussifs soutenu par Ira Coleman et ses solides lignes de basse. L’imperturbable basse assure un soutien indéfectible au piano et à la batterie qui dialoguent à bâtons rompus. Un trio isocèle.

Le répertoire de neuf titres compte cinq compositions personnelles du pianiste teintées de blues et gorgées de swing, Twilight, Oral loops, Brooding, Secret Plan et Spare changes. S’y ajoutent, Four in one (Thelonious Monk), The pleasure is mine (Herbie Hancock), House of jade (Wayne Shorter) et How deep is the ocean (Irving Berlin)…

On a de fait été saisi par l’écoute de la version de How deep is the ocean que dynamise le jeu pétillant de Laurent de Wilde soutenu par la basse inébranlable et propulsé par le jeu ardent, généreux et inventif de Jack Dejohnette.

« Open Changes » (1993)

Quatre ans plus tard, Laurent de Wilde enregistre ce disque à New-York, les 06 et 07 décembre 1992, dans le même studio et avec le même ingénieur du son David Baker que pour son opus « Colors of Manhattant ». Pour cette nouvelle collaboration entre le contrebassiste Ira Coleman et la batterie est confiée à Billy Drummond.

Enregistré sur un Steinway B dans le meilleur de sa forme et dans des conditions beaucoup plus confortables que « Odd & Blue », cet album fut le dernier disque que le pianiste a enregistré pour Philippe Vincent dont le label Ida Records a ensuite disparu. « Open Changes » a reçu le prix Django Reinhardt décerné par l’Académie du Jazz, laquelle prestigieuse récompense a ouvert quelques années plus tard les portes du label Sony à Laurent de Wilde.

Au fil des titres, on perçoit le bonheur de jouer du pianiste qui revitalise les standards. Relances/décélération, tensions/détente se succèdent. Au service du pianiste, la paire rythmique met en valeur le jeu serein et limpide du pianiste. Le trio équilatéral prodigue une musique fluide et apaisée.

Yack attack est la seule composition de Laurent de Wilde à figurer au répertoire de cet opus constitué essentiellement de standards. Parmi les dix reprises on retrouve entre autres deux morceaux de Monk, Off Minor et Jackie-Ing ainsi qu’une de Duke Ellington, Reflections in D,..

On a succombé à la superbe version que le trio donne de Reflections in D dont il fait ressortir la quintessence. Sur cette ballade, véritable éloge à la lenteur, la section rythmique d’une élégance subtile et d’une sobriété rare apporte son soutien au pianiste inspiré. Son jeu d’une beauté indicible fait vibrer les notes dans les aigus comme une trame de soie et magnifie la superbe composition du Duke.

« The Present » (2006)

Laurent de Wilde sort Three trios - Couverture de l'album The PresentTreize ans plus tard et après trois albums électro enregistrés chez Warner, il prend l’envie à Laurent de Wilde de renouer avec le trio jazz.

Le pianiste se lance donc un nouveau défi en trio acoustique avec l’album « The Present ». Il a été enregistré sur un Steinway D à Paris, au studio Acousti, les 21 et 22 février 2006 par l’ingénieur du son Dominique Poutet, alias Dume avec lequel le pianiste continue à travailler.

Laurent de Wilde se lance dans l’aventure avec Laurent Robin, le batteur déjà à ses côtés dans son sextet électrique sur l’album « Stories » gravé en 2003. Il s’adjoint par ailleurs la collaboration du contrebassiste américain Darryl Hall, installé en France depuis quelques années « dont le style de jeu et la musicalité complétaient parfaitement [s]a vision du trio ». On note que sur deux titres, la batterie passe aux mains d’un invité, Dion Parson.

Tout au long des huit plages du disque, le trio acoustique fait résonner une musique dont les atmosphères comblent l’oreille par leur diversité. Le climat musical se fait tour à tour funky, groovy, reggae, bluesy et parfois même techno. L’album se démarque des deux autres opus du coffret qui cultivent le swing à l’envi. Sur « The Present », la musique passe du swing au groove. L’opus inaugure et signe l’évolution du style que Laurent de Wilde va continuer ensuite à développer.

Hormis la reprise de Fleurette Africaine, un standard d’Ellington déjà enregistré quinze ans plus tôt sur « Colours of Manhattan », le répertoire compte des compositions issues du monde électronique du pianiste parmi lesquels entre autres The present, Move on, Quiet - Not Quite. Le passage de l’électronique à l’acoustique est réussi et fort innovant. Très personnels et colorés, les titres sont imprégnés d’une énergie rythmique inouïe qui dynamise la matière sonore.

Même si ça groove du début à la fin, on a succombé à l’écoute du titre Up and Down dont la pulsation drum’n bass illustre tout à fait la nouvelle conception du trio. Le morceau témoigne d’une expression très ouverte, avec une relative démesure ancrée dans la modernité du 21ème siècle. La section rythmique porte à la perfection l’énergie et le jeu renouvelé du pianiste.

Antoine Ambert a tourné une vidéo qui restitue l’esprit de la session de l’album « The Present ».

« Three Trios », trois albums pour savourer l’évolution de l’art pianistique de Laurent de Wilde au sein du trio, piano-contrebasse-batterie. Sans renier la tradition dans laquelle il demeure ancré, ce voyage dans le temps témoigne du renouvellement de l’inspiration du pianiste et de sa capacité à se réinventer. Il a en effet incorporé dans son jeu et dans son écriture des formes, des mélodies et des textures issues de ses nombreuses et riches expériences musicales. Ce coffret porte l’empreinte d’un artiste sans cesse en questionnement et devenu un musicien de référence dans le jazz.

Laurent de Wilde sort « Three Trios »

Laurent de Wilde sort « Three Trios »

Le 15 novembre 2019, Laurent de Wilde sort « Three Trios », un coffret de trois albums enregistrés en trio. « Odd & Blue » (1989) un album introuvable depuis vingt ans. « Open Changes » (1993) qui a reçu le Prix Django Reinhardt la même année. « The Present » (2006) épuisé depuis une décennie. Il est aisé de percevoir combien, entre 1989 et 2006, le pianiste a élargi le langage du trio traditionnel en incorporant compositions et acquis issus de ses autres aventures. Un voyage au fil des ans qui permet de saisir l’évolution de son art au sein du trio, piano-contrebasse-batterie.

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Christophe Panzani revient avec « Les Mauvais Tempéraments »

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Trois ans après « Les âmes perdues » Christophe Panzani revient avec « Les Mauvais Tempéraments », un album sur lequel il réitère son intérêt pour les duos saxophone ténor-piano(s). Pour renouveler le concept, il a recours aux tempéraments anciens qui modifient l’accordage des pianos sur quatre titres. Les tempéraments proposent des jeux de pistes qui brouillent les repères de l’oreille laquelle les déjoue pourtant. Elle se laisse captiver par un intime climat d’estompe musicale.

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Clin d’œil à Edouard Ferlet & « altérité »

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Après les avoir invités en 2017 à l’occasion de la sortie de son album « Think Back Op. 2 », le pianiste Edouard Ferlet retrouve Naissam Jalal, Sonny Troupé et Guillaume Latil pour travailler autour de l’improvisation idiomatique. Après deux résidences, ces quatre artistes issus de galaxies aux esthétiques différentes apprennent à se connaître. L’album « altérité » résulte de leur collaboration et donne à écouter une musique singulière, sans partition et sans montage. Une musique qui captive l’oreille.

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Christophe Panzani revient avec « Les Mauvais Tempéraments »

Christophe Panzani revient avec « Les Mauvais Tempéraments »

Intime climat d’estompe musicale

Trois ans après « Les âmes perdues » Christophe Panzani revient avec « Les Mauvais Tempéraments », un album sur lequel il réitère son intérêt pour les duos saxophone ténor-piano(s). Pour renouveler le concept, il a recours aux tempéraments anciens qui modifient l’accordage des pianos sur quatre titres. Les tempéraments proposent des jeux de pistes qui brouillent les repères de l’oreille laquelle les déjoue pourtant. Elle se laisse captiver par un intime climat d’estompe musicale.

Christophe Panzani revient avec Les Mauvais tempéramentsAprès avoir capté des duos saxophone-piano auprès de sept pianistes « Les Âmes perdues » sorti en 2016 chez jazz&people, le saxophoniste Christophe Panzani revient le 08 novembre 2019 (pour la sortie digitale) avec « Les Mauvais Tempéraments » (jazz&people/PIAS).

Ce deuxième album approfondit les alliages de son saxophone avec le piano ou plutôt les pianos. Il explore par ailleurs d’autres pistes plus techniques pour renouveler les spectres sonores et diversifier l’inspiration.

Cette fois encore, Christophe Panzani parvient à ouvrir des fenêtres sur de nouveaux paysages musicaux.

Christophe Panzani

Curieux et ouvert à de nombreux univers musicaux, le poly-instrumentiste (saxophone, clarinette, flûte) Christophe Panzani fait partie de ces musiciens très sollicités de la scène française.

  • En effet celui qui fut Membre du Big Band de Carla Bley de 2002 à 2011, participe aussi à de nombreuses formations de jazz français, « Circles » et « Bright Shadows » d’Anne Paceo, Florian Pellissier 5tet, « Square One » de Matthis Pascaud, sans oublier le groupe du jeune pianiste Gauthier Toux.
  • Par contre cet ancrage jazz ne l’a pas empêché pas de regarder vers d’autres horizons musicaux. Ainsi il a été actif dans d’autres groupes aux esthétiques diverses, musique africaine avec Ousmane Danedj) ou oriental avec Fayçal Salhi, électro jazz et hip-hop avec ElectroDeluxe, Hocus Pocus, C2C, Gaël Faye, Milk Coffee & Sugar, Guts.
    Christophe Panzani revient

    Christophe Panzani © E. Lavin

  • Son ouverture musicale l’a aussi conduit à fonder et à s’impliquer dans trois groupes majeurs de l’underground parisien. The Drops, avec le guitariste italien Federico Casagrande avec quatre albums à leur actif, « Thiefs » dont il est co-leader avec le contrebassiste américain Keith Witty, un projet jazz hip-hop crédité de deux albums et le collectif « The Watershed » avec trois figures majeures de la nouvelle scène Jazz française, Karl Jannuska (batterie), Pierre Perchaud (guitare) et Tony Paeleman (claviers).
  • Il convient par ailleurs d’évoquer le LARGE Ensemble présenté sur la scène nationale de l’Arsenal à Metz après une résidence (2015/16). Le groupe a associé son quintet de jazzmen avec Vincent Peirani et Pierre Perchaud au quintet à vent Arte Combo et au quatuor à cordes Voce. Un projet à la confluence du jazz etde la musique contemporaine.
  • Enfin, c’est sous nom qu’en 2016 le saxophoniste sort « Les Âmes Perdues », un projet qui l’a conduit à recueillir chez sept pianistes des duos saxophone-piano enregistrés sur le piano personnel d’Edouard Ferlet avec lui-même, Leonardo Montana, Guillaume Poncelet, Tony Paeleman, Yonathan Avishai, Laia Genc et Dan Tepfer.

Le 08 novembre 2019 (pour la sortie digitale) puis le 23 novembre 2019 (pour la sortie physique), le saxophoniste donne une suite à ce premier album et Christophe Panzani revient avec « Les Mauvais Tempéraments ».

Christophe Panzani va encore plus loin

Piano(s) et pianistes…

Le leader invite huit pianistes à partager avec lui la musique écrite pour cette occasion. Comme sur « Les âmes perdues », on retrouve, Edouard Ferlet, Leonardo Montana, Guillaume Poncelet, Tony Paeleman et Yonathan Avishai auxquels s’ajoutent Eric Legnini, Yael Naim et BIGYUKI. Cette fois encore, le disque est enregistré comme « à la maison », chez les pianistes (ou presque), sur leurs pianos ou ceux d’Edouard Ferlet. Pour diversifier les échanges, le ténor dialogue avec un, deux pianos, quatre mains sur un piano, des pianos différents.

… et une piste plus technique

De plus, le saxophoniste souhaite explorer d’autres horizons afin de diversifier l’inspiration. C’est ainsi que …

« En quête de moyens d’expression nouveaux, le saxophoniste a choisi une voie dans laquelle les jazzmen se sont rarement — sinon jamais — aventurés jusqu’à présent : celle des tempéraments anciens. Il n’est pas question ici de changer le diapason des instruments mais d’accorder le piano comme le font les clavecinistes et les spécialistes (notamment) de musique baroque, en respectant les rapports naturels entre les sons, ce qui permet d’éviter les « battements» entre harmoniques qui donnent parfois à l’oreille une sensation de fausseté ou de dureté. »

Sur quatre plages du répertoire Christophe Panzani fait donc le choix de délaisser l’accordage en tempérament dit égal des pianos et recourt à un accordage de sons anciens. Tout un programme, certes… et même un fort savant programme !

Certes, il s’agit d’un contexte pas forcément accessible d’emblée à une oreille novice. Pourtant, très vite elle saisit les nuances de cette musique ouverte et sensible. En effet, dans l’intimité des rencontres, se dégagent de surprenantes couleurs. Contrastes entre lumières tamisées et vifs éclats. Mystère émanant d’estompes sonores projetées en contre-jour. Ombres filtrées ou diffractées. Les émotions sont au rendez-vous.

Vous avez dit « tempéraments » ?

Au fil des siècles, les intervalles entre les notes ont été déterminés à partir de données purement mathématiques afin d’adapter clavecins, orgues puis piano aux autres instruments. Ainsi, différents systèmes de tempéraments se sont succédé au fil des époques faisant varier les accordages, les tonalités et les sons.

Aujourd’hui, par convention, règne en maître le tempérament dit égal qu’utilisent les accordeurs de piano. Ainsi les oreilles du 20ème et 21ème siècle se sont conditionnées et donc habituées aux effets sonores des pianos ainsi accordés… alors qu’à l’époque baroque les clavecins étaient accordés en tempérament Werckmeister III.

Christophe Panzani varie les accordages des pianos

Sur son album « Les Mauvais Tempéraments », Christophe Panzani varie les accordages des pianos et  ainsi les tempéraments créent des jeux de pistes en trompe l’oreille. En effet, le leader enregistre six pistes sur des pianos accordés en tempérament dit égal alors que pour les quatre autres plages, les pianos sont accordés en tempérament Werkmeister III.

A voir les réactions des pianistes Yonathan Avishai, Edouard Ferlet, Leonardo Montana et Tony Paeleman lorsqu’ils découvrent pour la première fois les pianos accordés en tempérament Werkmeister III, on comprend combien les variations d’accordage des sons transportent les pianistes et suscitent chez eux ces exclamations admiratives qui traduisent leur étonnement. Ils louent la beauté des couleurs magnifiques qui découlent de ce changement.

Tempérament Werkmeister III

Fréquemment utilisé à l’époque de Bach, le tempérament Werkmeister III (1691) sert de référence à l’accordeur des pianos que vont utiliser les pianistes les 28, 29 et 30 janvier 2019 au Studio d’Edouard Ferlet. C’est ainsi que les pianistes Yonathan Avishai, Edouard Ferlet, Leonardo Montana et Tony Paeleman enregistrent quatre morceaux.

  • Ahijado II avec Yonathan Avishai
  • Des âmes toutes faites (dédié à la mémoire d’Antoine de Saint-Exupéry) avec Tony Paeleman
  • Le Désordre des choses II (dédié à Tigran Hamasyan) joué à quatre mains par Yonathan Avishai et Leonardo Montana
  • Les Mauvais Tempéraments II joué à quatre mains par Edouard Ferlet et Leonardo Montana.
Tempérament dit égal

Les six autres titres du répertoire sont enregistrés sur des pianos accordés en tempérament dit égal.

  • L’Autre Miroir (dédié à Federico Casagrande) joué à deux pianos par Edouard Ferlet et Tony Paeleman
  • I Don’t Feel No Home (dédié à Daniel Romeo) enregistré avec Guillaume Poncelet dans son studio
  • Ravage (dédié à la mémoire de René Barjavel) enregistré avec BIGYUKI le 14 mai 2019 chez Keith Witty à Harlem, New York.

A ces trois compositions s’ajoutent des versions alternatives de trois titres :

  • Ahijado enregistré avec Eric Légnini, à son domicile
  • Le Désordre des choses avec Leonardo Montana et Yonathan Avishai sur deux pianos
  • Les Mauvais Tempéraments (dédié à Carla Bley) enregistré en mai 2019 avec Yael Naim, chez elle.

L’enregistrement, le mixage et mastering de l’album ont été assurés par Tony Paeleman.

Quelle écoute ?

Considérant la démarche de Christophe Panzini, musicien ouvert à nombre de formes artistiques, on décide de se distancier des données savantes communiquées. De facto, pour le musicien, ces variations d’accordage ne sont ni plus ni moins qu’une piste de plus pour interroger la musique, trouver de nouveaux arguments pour travailler plus encore le dialogue de son saxophone ténor avec le(s) piano(s).

On se questionne ensuite pour savoir ce qu’une oreille lambda va percevoir après l’écoute de l’album. Faute d’être celle d’un.e musicien.ne, est-elle en capacité de mesurer les différences qu’entraîne le nouvel accordage ? On prend donc le parti d’écouter en total lâcher prise pour mettre à distance les éléments techniques pas forcément accessibles aux non intiée.e.s.

Pourtant on demeure attentif aux trois titres qui se font écho comme en miroir, avec des pianos accordés en tempérament dit égal sur les trois premières plages l’album et des pianos accordés en tempérament Werkmeister III sur les trois dernières pistes.

Impressions musicales

Sur Les Mauvais tempérament I, le tendre souffle du saxophone s’étire au-dessus du piano (en tempérament égal) de Yael Naim dont le phrasé haché et hésitant fait planer un fort climat de doute avant de retrouver une douce tranquillité. Sur le piano (en tempérament Werkmeister III) les quatre mains de Yonathan Avishai & Leonardo Montana habillent d’un voile assez désespéré leur réponse au saxophone inquiet sur Les Mauvais Tempéraments II. Les spirales de notes soufflées semblent finalement rassurées par les tendres caresses du piano.

Difficile de déterminer une préférence pour l’un ou l’autre des deux Ahijado. Le dialogue entre le saxophone et le piano (accordé en tempérament dit égal) d’Eric Légnini invite à une tendre mélancolie porteuse d’interrogations qui se résolvent joyeusement sur un tempo ternaire alors que le ténor et le piano (en tempérament Werkmeister III) de Yonathan Avishai ouvrent des trouées bluesy, comme les respirations pointillistes d’un climat d’espérance.

Sur I Don’t Feel No Home les échanges entre le piano Guillaume Poncelet et le saxophone font évoluer le dialogue entre doute existentiel et rassurantes mélopées. On est saisi par la force des interactions des deux pianos entre lesquels le saxophone essaie de s’immiscer avec succès sur L’autre miroir. Le saxophone élève sa lamentation interrogative entre les deux pianos de Tony Paeleman et Edouard Ferlet. Magique échange !

Le piano énervé de BIGYUKI stimule le ténor et tous deux font de Ravage un morceau atypique qui réveille l’album par des couleurs que pimentent des effets électriques et électroniques. L’écoute de ce titre déclenche une déstabilisation de l’oreille déshabituée aux climats toniques.

De fait cela est plutôt salvateur et permet de mieux s’immerger ensuite dans les quatre titres enregistrés avec les pianos accordés en tempérament Werkmeister III. C’est le cas sur Des âmes toutes faites II qui balance entre les fêlures des interrogations du ténor et les réponses rassurantes du piano de Tony Paeleman avec des passages où règne une inconditionnelle entente. Le duo nourrit un inventif et bouleversant dialogue.

Avec une force très affirmée, les deux pianos (accordés en tempérament dit égal) tenus par Leonardo Montana et Yonathan Avishai conversent avec le saxophone qui calme le jeu et répond par de douces spirales. Le ténor ne s’en laisse pourtant pas compter sur Le Désordre des choses I qui se termine sur un climat plutôt tendu.

Par contre les quatre mains de Yonathan Avishai et Leonardo Montana sur un piano accordé en tempérament Werkmeister III s’amusent avec les dissonances et la rythmique sur Le Désordre des choses II, ce qui met le saxophone en ébullition, même si à la toute fin, le climat s’apaise, s’éclaire même. Piano et saxophone devisent alors plus gaiement.

Au final on se laisse captiver de bout en bout par les ambiances qui se succèdent et font varier les teintes musicales. Mystère et mélancolie s’invitent au fil de lentes processions et de douces promenades. Saxophone et pianos croisent propos questionnant et intimes confidences. Les atmosphères oscillent entre certitudes et interrogations. Pourtant rien de trop schizophrénique car l’ensemble de la musique distille une bienveillante tendresse… qui rend difficile le sevrage et engage à écouter en boucle les dix plages de l’album « Les Mauvais Tempéraments ».

Pour vivre les « Les Mauvais Tempéraments », rendez-vous à Paris le 27 janvier 2020 à 21h au Studio de l’Ermitage avec Christophe Panzani (saxophone ténor) et les pianistes Yonathan Avishai, Edouard Ferlet, Eric Legnini, Leonardo Montana et Tony Paeleman. En attendant, on ne se prive pas d’écouter encore et encore l’album et de le partager largement autour de soi.

Laurent de Wilde sort « Three Trios »

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Album sans partition et sans montage

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couverture de l'album altérité avec Edouard ferlet, Naissam Jalal, Sonny Troupé et Guillaume LatilLe 13 mai 2017, à l’occasion du concert de sortie de son album « Think Back Op. 2 », le pianiste Edouard Ferlet invite trois personnalités musicales issues d’univers musicaux différents, la flûtiste Naïssam Jalal, le percussionniste Sonny Troupé, et le violoncelliste Guillaume Latil.

Affranchis de tout a priori, les quatre artistes s’écoutent et font plus que dialoguer. En effet, sur « altérité » ils unissent leurs expressions pour élaborer une musique qui, comme par magie, se compose par elle-même dans l’instant, au fil de leurs dialogues complices.

Enregistré à huis-clos, sans partition et sans montage, l’album « altérité » (Melisse/Outhere Distribution) sorti le 25 octobre 2019 résulte d’un travail mené dans une dynamique d’improvisation idiomatique qu’ont pratiquée durant trois jours Edouard Ferlet, Naissam Jalal, Sonny Troupé et Guillaume Latil.

Les musiciens

  •  A travers « Think Bach » (2011) et « Think Bach Op.2 » (2017), Edouard Ferlet en solo donne à percevoir la facette introspective et passionnée que lui inspire la musique de Bach. Le piano de Ferlet et le clavecin de Violaine Cochard ont exploré en duo l’univers de Bach sur « Bach Plucked-unplucked » (2015) puis celui de la danse à travers le temps et les pays sur « Plucked’N Dance » (2018). Au sein du trio Aïres qui réunit Airelle Besson, Edouard Ferlet et Stephane Kerecki, le pianiste produit sur « Aïres » (2017) un jazz chambriste élégant et raffiné. Edouard Ferlet fait aussi partie depuis sa création du trio de Jean-Philippe Viret avec lequel il chemine depuis vingt ans.
    Edouard Ferlet, Naissam Jalal, Sonny Troupé, Guillaume Latil©Grégoire Alexandre Latil

    Edouard Ferlet, Naissam Jalal, Sonny Troupé, Guillaume Latil©Grégoire Alexandre

  • Récemment récompensée en 2019 d’une Victoire du Jazz dans la catégorie « Album inclassable » pour le splendide « Quest of the Invisible », la flutiste franco-syrienne Naïssam Jalal (flûte, voix) mène aussi d’autres projets. Parmi ceux-là figure le groupe « Rhythms of Resistance » avec lequel elle a gravé deux disques, en mars 2015 “Osloob Hayati” et en novembre 2016 « Almot Wala Almazala ».
  • Le batteur et percussionniste guadeloupéen Sony Troupé (batterie, tambour ka), fait quant à lui partie de cette nouvelle scène jazz dynamique et créative venue des Antilles. Son univers gravite aux frontières du jazz et de la musique créole. Outre des collaborations avec le saxophoniste Jacques Schwarz-Bart, la chanteuse et le pianiste Grégory Privat, il a sorti en avril 2017, l’album « Reflets denses » dont la musique chaleureuse se situe loin des formats standards que l’on peut, sans le trahir, qualifier de caraib’jazz.
  • Le violoncelliste Guillaume Latil (violoncelle, voix) s’investit dans des projets musicaux tous horizons, du jazz aux musiques traditionnelles. On a pu l’écouter avec Cuareim Quartet » un quartet à cordes avec lequel il enregistré deux albums avec le quartet d’André Manoukian Directeur artistique du nouveau disque  » Contrebande » de la violoniste Fiona Monbet sorti en 2018. Il accompagne aussi sur scène et en studio la chanteuse Lou Tavano.

Improvisation idiomatique et altérité

La terminologie « improvisation idiomatique » qualifie la production sonore émanant de musiciens qui partagent les même codes, en l’occurrence ici, ceux du jazz. Elle respecte et utilise donc le vocabulaire mélodique du jazz, ses phrasés, ses rythmiques et harmoniques en usage. Ainsi, à partir de gestes pratiqués sur le(s) instrument(s) techniquement maîtrisés, les musiciens engagés dans l’improvisation idiomatique traduisent leur pensée en produisant des sons. Ces derniers façonnent leur expression personnelle laquelle incarne leur identité propre.

Certes l’improvisation idiomatique ne requiert pas de répétition mais nécessite un minimum de préparation. Par ailleurs elle est pratiquée par des musiciens qui manifestent une grande ouverture vis à vis de l’inconnu et vis à vis du jeu des autres. Ainsi, le concept d’altérité prend tout à fait son sens dans  cette pratique musicale.

« altérité »

Sur l’album « altérité », Edouard ferlet, Naissam Jalal, Sonny Troupé et Guillaume Latil inscrivent leur pratique dans le cadre l’improvisation idiomatique. Le titre de l’opus résonne tout à fait avec cette ouverture et cette écoute inconditionnelle dont les quatre artistes ont fait preuve d’un bout à l’autre de l’enregistrement.

Sans a priori mais en référence aux codes du jazz qui conditionnent la pratique de l’improvisation idiomatique, les quatre musiciens ont joué, se sont écoutés. Affranchis des conventions qui président (pour chacun.e) à leur habituelle expression, ils se sont laissé guider dans leur introspection par leur intuition et leur inspiration. Ils ont laissé tourner les bandes qui ont enregistré leur production sonore. Ils ont ensuite conservé les moments les plus explicites de leurs échanges dont témoignent les treize plages de l’album « altérité.

L’enregistrement a capturé les silences qui émaillent les improvisations. Il restitue l’entente et les hésitations qui jalonnent les morceaux. A l’écoute de l’album « altérité » on perçoit presque les regards étonnés des musiciens, leurs sourires émerveillés, leur attention mutuelle, les pieds qui battent et les têtes qui se balancent en rythme. Une grande liberté d’expression caractérise les échanges musicaux de ces quatre personnalités singulières que sont Edouard Ferlet, Naissam Jalal, Sonny Troupé et Guillaume Latil.

Impressions musicales

Evoquer des impressions procède du processus subjectif de l’écoute à laquelle participent la sensibilité et les références culturelles de l’auditeur.trice. Certains morceaux déclenchent plus d’adhésion et d’implication, comme si l’oreille devenait partie prenante de l’improvisation.

La psalmodie envoûtante de Parabole projetée sur une trame au motif oriental ouvre l’album alors que le pulsatile Clone le termine avec un climat groovy. Telle une complainte, Allégorie plonge dans un climat de recueillement et de prière alors que le plus tonique Procession évoque une cérémonie musicale profane.

La flûte et le piano au jeu évanescent contribuent à créer un moment de détente sur Ligne de main qui résonne tel un songe musical. Sur Identité, le violoncelle solo dessine une ligne musicale aux inflexions médiévales. Plus loin, ce même violoncelle converse avec la flûte diaphane sur Convergence alors que sur Ascendant il entonne une complainte lyrico-romantique soutenu par les accords mélancoliques du piano.

L’étrange Enigma procure de belles émotions déclenchées par les frappes sur les cordes du piano, les caresses sur celles du violoncelle, les larmes que pleurent les percussions et les arabesques flottantes de la flûte. Tel un conte céleste évanescent, Anonyme résulte quant à lui de la superbe alchimie sonore qui s’opère entre les notes cristallines du piano, les pleurs de la flûte et la litanie de l’archet sur le violoncelle.

Ailleurs, les instruments se laissent entraîner dans la ronde sautillante et percussive du titre Intégrité tandis que Récit semble découler d’une quête spirituelle.

Profondément évocateur de sensations, Abîme procure une impression de vertige schizophrénique à laquelle contribuent la voix plaintive, le piano percussif, la frappe découpée des baguettes sur tous les éléments de la batterie, les cordes pincées et les sonorités discordantes du violoncelle. Pourtant, après une chute spiralée vers un monde sous-terrain dont on ne perçoit pas le fond, on remonte enfin à la surface quand s’élève le chant lumineux.

Issu de la réunion de quatre personnalités musicales évoluant dans des univers aux contours fort différents, l’album « Altérite » ne laisse pas indifférentes les oreilles qui l’écoutent sans a priori. Autour du pianiste Edouard Ferlet, la flûtite Naïssam Jalal, le batteur Sonny Troupé et le violoncelliste Guillaume Latil célèbrent un hymne à l’altérité.

Laurent de Wilde sort « Three Trios »

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Le 15 novembre 2019, Laurent de Wilde sort « Three Trios », un coffret de trois albums enregistrés en trio. « Odd & Blue » (1989) un album introuvable depuis vingt ans. « Open Changes » (1993) qui a reçu le Prix Django Reinhardt la même année. « The Present » (2006) épuisé depuis une décennie. Il est aisé de percevoir combien, entre 1989 et 2006, le pianiste a élargi le langage du trio traditionnel en incorporant compositions et acquis issus de ses autres aventures. Un voyage au fil des ans qui permet de saisir l’évolution de son art au sein du trio, piano-contrebasse-batterie.

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Christophe Panzani revient avec « Les Mauvais Tempéraments »

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Trois ans après « Les âmes perdues » Christophe Panzani revient avec « Les Mauvais Tempéraments », un album sur lequel il réitère son intérêt pour les duos saxophone ténor-piano(s). Pour renouveler le concept, il a recours aux tempéraments anciens qui modifient l’accordage des pianos sur quatre titres. Les tempéraments proposent des jeux de pistes qui brouillent les repères de l’oreille laquelle les déjoue pourtant. Elle se laisse captiver par un intime climat d’estompe musicale.

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Clin d’œil à Edouard Ferlet & « altérité »

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Après les avoir invités en 2017 à l’occasion de la sortie de son album « Think Back Op. 2 », le pianiste Edouard Ferlet retrouve Naissam Jalal, Sonny Troupé et Guillaume Latil pour travailler autour de l’improvisation idiomatique. Après deux résidences, ces quatre artistes issus de galaxies aux esthétiques différentes apprennent à se connaître. L’album « altérité » résulte de leur collaboration et donne à écouter une musique singulière, sans partition et sans montage. Une musique qui captive l’oreille.

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Coup de cœur… pour Yes! Trio & « Groove du Jour »

Coup de cœur… pour Yes! Trio & « Groove du Jour »

Swing, Vitalité et Modernité

Pas question en cet automne 2019 de passer à côté de « Groove du Jour ». Porteur de bout en bout d’un groove vibrant, d’un swing élastique et d’une modernité étonnante, cet opus est le fait du Yes! Trio qui réunit le batteur Ali Jackson, le contrebassiste Omer Avital et le pianiste Aaron Goldberg. Un grand « OUI » à cet album plein de vitalité qui donne la pêche et le sourire !

couverture de l'album Groove du Jour du Yes! TrioAu début des années 1990, Ali Jackson (batterie), Aaron Goldberg (piano) et Omer Avital (contrebasse) se sont connus à New-York où ils ont appris et pratiqué un jazz plein de vitalité et de swing. Chacun a ensuite mené avec brio sa propre carrière.

Après « Yes ! », un premier disque gravé par Yes! Trio en 2009, les talentueux musiciens se sont de nouveau réunis en studio en 2018 pour enregistrer le tonique « Groove du Jour » (jazz&people/PIAS).

De bout en bout des dix titres de « Groove du Jour », Yes! Trio propose une musique joyeuse et exaltante que l’on ne se lasse pas d’écouter. Avec enthousiasme on dit « Oui » à ce jazz vibrant qui porte haut l’esprit et les couleurs du swing.

Yes! Trio

Avant de devenir les pointures internationales qu’ils sont aujourd’hui, le pianiste Aaron Goldberg, le contrebassiste Omer Avital et le batteur Ali Jackson se sont rencontrés à New-York au début des années 1990. Animés d’un même esprit et de l’envie de jouer, ils ont alors appris de leurs aînés et ont capté la vitalité du swing qui depuis figure dans leur ADN.

Trois jeunes musiciens…

  • Né en 1976 d’un père contrebassiste de jazz, Ali Jackson a reçu durant son adolescence des conseils de Max Roach, Donald Byrd et Betty Carter. Avant de quitter Détroit pour s’installer à New-York, il avait déjà accompagné Aretha Franklin.
  • De son côté, Aaron Goldberg est issu de Boston. Né en 1974, il découvre le jazz au lycée et bénéficie ensuite de l’enseignement de Jerry Bergonzi.
  • Né en Israël en 1971 de parents d’origine marocaine et yéménite, Omer Avital fréquente le lycée Thelma-Yellin de Tel Aviv, véritable pépinière du jazz israélien avant de gagner New-York.

… se rencontrent à New-York…

Le batteur et le pianiste se sont croisés en 1991 lors d’auditions passées à la Manhattan School of Music. Le contrebassiste a quant à lui rencontré Aaron Goldberg en 1992 sur les bancs de la New School for Jazz and Contemporary Music et a connu Ali Jackson au cours d’une tournée en Europe. En 1995 Omer Avital joue régulièrement au Smalls Jazz Club au sein de différents groupes et c’est dans ce club que les trois musiciens se rapprochent vraiment.

… mènent leur carrière personnelle

Entre temps chaque membre du Yes! Trio a mené une brillante carrière personnelle comme sidemen et/ou leader.

  • Ali Jakson s’est illustré au sein du Jazz at Lincoln Center Orchestra sous la direction de Wynton Marsalis et a aussi joué avec Dee Dee Bridgewater, Kurt Rosenwinkel ou Jacky Terrasson.
  • De son côté, Aaron Goldberg a aussi travaillé auprès de Wynton Marsalis puis, à la fin des années 90, s’est illustré dans le quartet du saxophoniste Joshua Redman. Il a aussi collaboré avec Freddie Hubbard, Nicholas Payton, Kurt Rosenwinkel et a constitué plusieurs trios dont le dernier en date réunit à ses côtés le contrebassiste Matt Penman et le batteur Leon Parker.
  • Après avoir côtoyé Roy Haynes ou Jimmy Cobb lors de son arrivée à New-York, Omer Avital a développé un tempérament de leader. Après trois ans passés en Israël où il étudie le oud, il s’immerge dans les musiques traditionnelles du Proche-Orient et après avoir fondé Yemen Blues, il dirige plusieurs autres groupes où il mêle le jazz à la musique de ses racines. « Abutbul Music » (2016), « Avital meets Avital » (2017) et « Qantar » (2018), ses trois derniers opus témoignent de la richesse et de la diversité de son inspiration.

… et en 2019, sort « Groove du Jour »

S’il a fallu plus de quinze ans à Ali Jackson, Aaron Goldberg et Omer Avital pour graver « Yes » en 2009, leur premier disque sorti en 2012, les trois musiciens n’ont pas attendu pas aussi longtemps pour envisager leur deuxième album. En effet, riches de leurs origines et de leurs cultures différentes, ils se sont retrouvés en octobre 2018 au studio de Meudon où ils ont enregistré les dix pistes de leur deuxième album, « Groove du Jour » sorti le 11 octobre 2019 chez jazz&people.

Riche de vibrations inspirées et irrigué d’une joyeuse énergie, « Groove du Jour » baigne dans le swing du début à la fin de ses cinquante-neuf minutes. Le jazz de Yes! Trio ne se prend pas la tête et circule avec chaleur entre les trois musiciens.

Au fil des titres

Tradition et modernité font bon ménage sur « Groove du Jour ». Les dix plages sont habitées par un groove dynamique qui ne se dément à aucun moment.

Dès le premier titre composé par Ali Jackson, le décor est posé, on baigne dans un swing qui explose tout au long des marches de cet Escalier que le trio dévale et grimpe joyeusement. Un riff de contrebasse profile une élégante mélodie, la batterie propulse un groove à toute épreuve, le piano chante avec gaieté, Yes! Trio a posé le décor mais beaucoup reste encore à dire.

Le piano entame ensuite un motif musical qui libère C’est Clair et sa chatoyante mélodie composée par Omer Avital. On se prend à fredonner sur les harmonies bluesy et on en vient à marquer le tempo quand le batteur se saisit du tambourin pour accompagner un piano funky soutenu par la solide ligne de basse.

C’est ensuite avec une grande modernité que le trio se réapproprie Dr Jackle, la superbe composition du saxophoniste alto Jackie McLean reprise par Miles Davis sur l’album « Milestones » (1958) avec John Coltrane et Cannonball Adderley. Après un remarquable chorus, le piano éclate de joie sur un tempo bop de fou. La contrebasse voltige avec aisance et sensibilité avant que la batterie ne démontre son savoir et sa réactivité dans un 4/4 explosif.

Plus tard, Yes! Trio pose aussi son empreinte sur I’ll Be Seeing You, la très populaire composition de Samuel Fain. La ballade se teinte d’abord d’une tendre nostalgie avant de gagner en intensité dans la dernière partie que l’on peut sans hésiter qualifier de sublime. Vient alors le temps de se laisser transporter par les échos moyen-orientaux de Muhammad’s Market. La composition d’Omer Avital sonne plutôt funky et sert de tremplin au piano virtuose.

Le trio explore ensuite avec une grande liberté le très rythmique Claqué proposé par Ali Jackson. Sur le battement pulsatile de la batterie et le motif bluesy de la contrebasse, le piano métamorphose le thème de Claqué en un riff entêtant. Sur Tokyo Dream on prend toute la mesure de la virtuosité des trois protagonistes. Le solo inspiré et lyrique d’Omer Avital confirme que le contrebassiste fait partie des grands maîtres de la contrebasse jazz. Très à l’aise sur sa composition, Aaron Golberg truffe son discours de citations et tel un acrobate virtuose se promène avec souplesse sur le clavier et stimule la batterie qui donne le meilleur de lui-même.

Vient alors le moment de se laisser séduire par la fraîcheur de Groove du Jour, le thème d’Ali Jackson qui donne son nom à l’album. Stimulé par une rythmique énergique et en totale cohésion, le piano groove avec décontraction et humour.

A peine le temps de souffler, on est happé par la cadence de batucada que la batterie impulse à Flow. Le thème complexe d’Omer Avital est exposé à vive allure par le piano avant que la contrebasse ne s’envole dans un solo aérien et véloce où l’on capte des clins d’oeil à Giant Steps. Le piano prend la suite et fait circuler le swing à grand flot sur ce morceau d’Omer Avital avant que la batterie ne clôture la piste par un feu d’artifice de samba. On en ressort comme enivré !

L’album se termine par Bed Stuy, une autre composition du contrebassiste. Le piano au jeu éloquent colle au beat qu’impulsent les rythmiciens. Un parfait exemple de l’osmose qui règne au sein du Yes! Trio.

Sans passéisme complaisant, les trois musiciens du Yes! Trio mettent leur technique au service d’un jazz chaleureux qui swingue avec souplesse entre tradition et modernité. Porteur d’énergie, libre et inventif, « Groove du Jour », ne manque pas de nuance et s’écoute jusqu’au bout de la nuit.

Si l’on ne peut que se louer de la qualité de l’enregistrement qui met autant en valeur chacun des trois protagonistes du Yes! Trio il est vraiment tentant d’aller écouter live Ali Jackson (batterie), Aaron Goldberg (piano) et Omer Avital (contrebasse) le 03 décembre 2019 à Paris dans la salle du New Morning dans le cadre du Festival Jazz’N’Klezmer qui propose d’écouter Le Petit Mish-Mash en première partie dès 20h.

Laurent de Wilde sort « Three Trios »

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Clin d’œil à Thomas Grimmonprez 4tet & « Big Wheel »

Clin d’œil à Thomas Grimmonprez 4tet & « Big Wheel »

Jazz en apesanteur

Avec son troisième album « Big Wheel », le batteur et compositeur Thomas Grimmonprez propose un voyage musical en apesanteur. En quartet avec Manu Codjia, Jérôme Regard ou Matyas Szandai et Benjamin Moussay, le leader organise un superbe équilibre entre courants de tension et espaces de détente. Comme en apesanteur, la musique onirique flotte entre songe et poésie.

couverture de l'album Big Wheel de Thomas Grimmonprez 4tetSideman très recherché, le batteur Thomas Grimmonprez poursuit sa carrière de leader. Après « Bleu » (2009) et « Kaléidoscope » (2016), il revient avec un troisième opus, « Big Wheel » (OutNote Records), sorti le 23 août 2019.

Thomas Grimmonprez a conçu « Big Wheel » en référence à « la grande roue. La roue qui nous rappelle notre rapport au mouvement et au temps. La roue libre du lâcher prise, du moment suspendu. La roue qui tourne rond dans un monde carré… C’est aussi le recommencement, la création perpétuelle. »

« Big Wheel » saisit par son énergie quasi impalpable, la profonde musicalité de ses climats et la fluidité expressive des instrumentistes.

Thomas Grimmonprez Quartet

Pour « Big Wheel », le batteur Thomas Grimmonprez fait le choix d’un quartet où la contrebasse est tenue par Jérôme regard sur six titres et par Matyas Szandai sur l’autre tiers du répertoire. Avec souplesse, la paire rythmique batterie-contrebasse navigue entre délicatesse et force, subtilité et énergie.

D’un bout à l’autre de l’album, le piano d’une légèreté impalpable de Benjamin Moussay et la guitare limpide aux sonorités spatiales de Manu Codjia devisent en totale symbiose. Leurs interactions très équilibrées traduisent une superbe entente. Techniques mais très expressifs, leurs échanges rivalisent de musicalité.

Au fil du répertoire

Thomas Grimmonprez a composé les neuf titres de cet album aux mélodies captivantes. Un répertoire où alternent climats planants aux lignes mélodiques éthérées et ambiances captivantes au groove profond.

En ouverture de Big Wheel les balais subtils rebondissent en souplesse sur la caisse claire comme pour annoncer l’ambiance chimérique que tissent les lignes aériennes du piano, les sonorités méditatives de la guitare et le chant boisé de la contrebasse. Pour finir, la quiétude s’impose.

Dès les premières notes, Sweet Cake permet ensuite de saisir l’alchimie profonde qui règne entre piano et guitare. Les baguettes énergiques impulsent une douce puissance et le solo de guitare déclenche un tourbillon euphorisant.

L’atmosphère évanescente de Suspended Time dessine un tableau étrange où, dans un climat serein, piano et guitare rivalisent de propos inspirés. Le temps parait se dilater au long des envolées aériennes du piano que le batteur accompagne à mains nues. Plus tard, piano et guitare exposent à l’unisson la mélodie de l’étrange et envoutant, Cats and Dogs. Dans ce tableau musical imaginaire, la guitare atteint des sommets d’inspiration et construit un solo envoûtant.

Advient alors Heavy Soul sur lequel l’impulsion rythmique groovy de la batterie soutient l’improvisation radieuse de la guitare. Le quartet poursuit son exploration musicale sur Quiet, une courte ballade dont la ligne mélodique flotte et donne l’impression de vraiment suspendre le temps. Après les sombres et inquiétants nuages sonores qu’installent le piano et la guitare sur Hypnosis, la rythmique impulsive chasse les turbulences, éclaircit le ciel et permet un retour à la réalité

Plus tard, le piano introduit avec lenteur la mélodie lumineuse aux inflexions latines de Spain Time. C’est ensuite à la guitare aux sonorités stratosphériques de conduire le morceau jusqu’à ses dernières notes. Sur Highway, le dernier moreau de l’album, le quartet entame un voyage en roue libre sur une autoroute qui traverse des paysages teintés des souvenirs des musiques de Pat Metheny et Lyle Mays.

« Big Wheel » flotte en apesanteur. Suspendu entre une poésie sensible et une délicate rêverie, il explore le temps et les rythmes. En quartet, Thomas Grimmonprez conte des histoires captivantes où se croisent mélodies aériennes et envolées inspirées des solistes. Un album comme un rêve où il fait bon voguer.

Laurent de Wilde sort « Three Trios »

Laurent de Wilde sort « Three Trios »

Le 15 novembre 2019, Laurent de Wilde sort « Three Trios », un coffret de trois albums enregistrés en trio. « Odd & Blue » (1989) un album introuvable depuis vingt ans. « Open Changes » (1993) qui a reçu le Prix Django Reinhardt la même année. « The Present » (2006) épuisé depuis une décennie. Il est aisé de percevoir combien, entre 1989 et 2006, le pianiste a élargi le langage du trio traditionnel en incorporant compositions et acquis issus de ses autres aventures. Un voyage au fil des ans qui permet de saisir l’évolution de son art au sein du trio, piano-contrebasse-batterie.

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Christophe Panzani revient avec « Les Mauvais Tempéraments »

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Clin d’œil à Edouard Ferlet & « altérité »

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David Bressat revient avec « True Colors »

David Bressat revient avec « True Colors »

Arc-en-ciel musical entre pastel et flamboyance

Toujours à la tête de son superbe quintet avec lequel il a sorti le vibrant « Alive ! » en 2017, le pianiste et compositeur David Bressat revient avec « True Colors ». Enregistré live en juin 2019 au Crescent, ce deuxième opus explore une harmonieuse palette de couleurs musicales. Entre flamboyance et pastel, un arc-en-ciel musical d’échappées lumineuses et de crépusculaires confidences.

Capté live au Crescent, l’album « True Colors » à sortir le 01 novembre 2019, confirme le choix de David Bressat de privilégier la dynamique et les interactions, ce dont témoignait déjà en 2017, le superbe « Alive ! » enregistré en direct dans le même club mâconnais avec le saxophoniste Eric Prost, le trompettiste Aurélien Joly, le contrebassiste Florent Nisse et le batteur Charles Clayette, déjà présents autour du pianiste et compositeur David Bressat.

Un quintet dynamique

Perceptible de bout en bout de l’album, la dynamique et l’enthousiasme qui règne au sein du quintet constitue en quelque sorte la toile de fond sur laquelle les musiciens peignent et font vibrer les couleurs de leur musique.

Selon la teneur des compositions, la palette de couleurs des artistes évolue. Au gré des mélodies, les traits des improvisations varient. De souples ils deviennent tendus, pointillistes ou épais. En fonction des harmonies, les teintes des accompagnements changent de dominante, se parent d’ombres ou de lumière. Changements de tempi et syncopes contribuent à pigmenter la musique de contrastes, à faire varier perspective et profondeur de champ.

Les sept plages de « True Colors » (Obstinato/Inouïes Distribution) témoignent de la complicité qui unit David Bressat, Eric Prost, Aurélien Joly, Florent Nisse et Charles Clayette. Comme des coloristes exaltés ou recueillis, les cinq compères teintent leur inspiration de couleurs musicales changeantes. En profonde harmonie, ils tissent des échanges lumineux adoucis de subtiles nuances ou zébrés d’effervescents contrastes. Le public ne s’y trompe pas et réagit au fil des cinquante-trois minutes de l’album.

Un répertoire arc-en-ciel

Après une courte introduction au piano, les deux soufflants exposent en contrepoint la mélodie bleu turquoise de Holi suivie d’un chorus de piano d’où émerge le solo flamboyant du ténor aux inflexions coltraniennes sur une spirale modale soutenue par la rythmique. Le chorus incandescent de la batterie déclenche les vivas du public avant un retour au thème et une fin qui rassemble le groupe

David Bressat revient avec l'album True ColorsTrès découpé, Triangulo se teinte de pourpre sous le souffle impétueux de la trompette. Le ténor plus velouté adoucit la couleur que le solo organique du piano contribue à raviver. De Soleil Doré émane une douce lueur crépusculaire; le piano mélancolique et bucolique inspire de douces lignes musicales aux soufflants. La pureté du chorus de contrebasse évoque la transparence d’un cristal autour duquel le piano esquisse un solo dont la texture tout en délicatesse évoque la lueur délicate du crépuscule.

Brodée par le piano, le saxophone et la trompette, la mélodie de True Colors projette une couleur dynamique, un bordeaux chaleureux que le piano illumine par un chorus aux harmonies latines. La trompette lyrique pose ensuite des reflets irisés que la section rythmique éclabousse de mille pointillés.

Ballade subtile, Daum Vole dévoile ses transparences après une introduction du piano au jeu délicat où se manifestent de subtiles influences classiques. le ténor ajoute de chatoyants reflets. Tel un oiseau coulé dans un cristal pastel, le bugle déploie un souffle inspiré d’une douce tendresse qui inspire à la contrebasse un chorus proche de la Grâce.

L’atmosphère change tout à fait avec Une Belle Virée dont le tempo hard bop vire au rouge, un rouge joyeux, vital et tonique que projette le ténor sur une improvisation frénétique qui engage le piano à poursuivre par un jeu exalté. Il n’en faut pas moins à la trompette pour se survolter durant un solo ardent lequel déclenche la fougue de la batterie. Le public adhère à cette dynamique éclaboussure colorée.

De bienveillantes vibrations orangées émanent de Flow. Sur ce dernier titre les musiciens dialoguent tour à tour et se retrouvent dans une dynamique groupale apaisée.

David Bressat revient de belle manière avec « True Colors ». L’album met en lumière un jazz contemporain au spectre coloriste mouvant. Comme des peintres inspirés, les musiciens explorent une palette de couleurs qui explosent ou se fondent au fil des sept titres du répertoire arc-en-ciel
… les couleurs évoquées dans cette chronique sont redevables à une perception tout à fait subjective. Libre à chacun.e d’y projeter ses propres pigments !

Pour vivre en direct la musique de « True Colors » et retrouve rDavid Bressat (piano), Eric Prost (saxophone ténor), Aurélien Joly (trompette, bugle), Florent Nisse (contrebasse) et Charles Clayette (batterie), quelques concerts se profilent avant la tournée du quintet en Inde. Rendez-vous le 01 novembre 2019 à 21h au Crescent à Mâcon, le 02 novembre 2019 à l’Embarcadère de Montceau-les-Mines, le 16 novembre 2019 au Théâtre de Roanne, le 23 novembre 2019 à 21h à Lyon au Périscope, le 04 décembre 2019 à 21h au Sunside à Paris et à Bourg-en-Bresse le 06 décembre 2019 à 21h à la Ferme à Jazz.

Laurent de Wilde sort « Three Trios »

Laurent de Wilde sort « Three Trios »

Le 15 novembre 2019, Laurent de Wilde sort « Three Trios », un coffret de trois albums enregistrés en trio. « Odd & Blue » (1989) un album introuvable depuis vingt ans. « Open Changes » (1993) qui a reçu le Prix Django Reinhardt la même année. « The Present » (2006) épuisé depuis une décennie. Il est aisé de percevoir combien, entre 1989 et 2006, le pianiste a élargi le langage du trio traditionnel en incorporant compositions et acquis issus de ses autres aventures. Un voyage au fil des ans qui permet de saisir l’évolution de son art au sein du trio, piano-contrebasse-batterie.

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Christophe Panzani revient avec « Les Mauvais Tempéraments »

Christophe Panzani revient avec « Les Mauvais Tempéraments »

Trois ans après « Les âmes perdues » Christophe Panzani revient avec « Les Mauvais Tempéraments », un album sur lequel il réitère son intérêt pour les duos saxophone ténor-piano(s). Pour renouveler le concept, il a recours aux tempéraments anciens qui modifient l’accordage des pianos sur quatre titres. Les tempéraments proposent des jeux de pistes qui brouillent les repères de l’oreille laquelle les déjoue pourtant. Elle se laisse captiver par un intime climat d’estompe musicale.

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Clin d’œil à Edouard Ferlet & « altérité »

Clin d’œil à Edouard Ferlet & « altérité »

Après les avoir invités en 2017 à l’occasion de la sortie de son album « Think Back Op. 2 », le pianiste Edouard Ferlet retrouve Naissam Jalal, Sonny Troupé et Guillaume Latil pour travailler autour de l’improvisation idiomatique. Après deux résidences, ces quatre artistes issus de galaxies aux esthétiques différentes apprennent à se connaître. L’album « altérité » résulte de leur collaboration et donne à écouter une musique singulière, sans partition et sans montage. Une musique qui captive l’oreille.

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