En Bourgogne du Sud, du 17 au 24 août 2024, le festival « Jazz Campus en Clunisois » donne rendez-vous à un large public pour vivre au rythme du jazz et des musiques improvisées. Fidèle aux valeurs de ses origines, le festival demeure toujours aussi vivace et ancré dans ses racines. Dans des lieux patrimoniaux de Cluny et du Clunisois, il propose un large panorama de la diversité d’expressions que recouvre le mot jazz aujourd’hui, cette musique ouverte, généreuse, libre et créative. En perspective, de nombreuses émotions à partager dans la bonne humeur.
Sandro Zerafa signe « Last Night When We Were Young »
Entre modernité et tradition
Sandro Zerafa signe « Last Night When We Were Young », son cinquième album en tant que leader. Le guitariste interprète des standards en duo avec le pianiste Vincent Bourgeyx ou en trio avec le contrebassiste Yoni Zelnik et le batteur Antoine Paganotti. Inscrit dans la grande tradition du jazz, le propos n’en est pas moins empreint de modernité. Un opus irradié de légèreté et de lumière.
Quatre ans après le lumineux « More Light », Sandro Zerafa revient avec « Last Night When We Were Young » enregistré en juin 2020 et sorti le 22 janvier 2021 sur le label Paris Jazz Underground (PJU). L’opus propose onze standards interprétés en duo avec le pianiste Vincent Bourgeyx ou en trio avec le contrebassiste Yoni Zelnik et le batteur Antoine Paganotti.
Inscrit dans la grande tradition du jazz, « Last Night When We Were Young » propose une musique énergique et élégante, souple et subtile. Après écoute, l’oreille en ressort détendue et apaisée.
« Last Night When We Were Young”
Ce nouvel album de Sandra Zerafa se différencie du reste de sa production. Il est le premier dont le répertoire ne compte aucune composition du leader. En effet, les quatre précédents albums de l’artiste ont permis d’apprécier ses talents de compositeur puisqu’il y présente principalement des titres de son cru. Ainsi, hormis « The Bigger Picture » (2013) qui inclut O Grande Amor d’Antonio Carlos Jobim, les autres opus du guitariste, « White Russian » (2008), « Urban Poetics » (2011) et « More Light » (2017) comptent uniquement des compositions originales de Sandro Zerafa.
« Last Night When We Were Young » se distingue aussi des précédents projets du guitariste car il abandonne le format du quartet ou du quintet pour s’exprimer au sein de formations plus restreintes, duo et trio… un peu comme si le compositeur s’effaçait (sur cet opus tout au moins) au profit de l’interprète.
Sur ce nouvel album, Sandro Zerafa accueille le batteur Antoine Paganotti, ex de Magma, et deux membres du collectif/label Paris Jazz Underground, le contrebassiste Yoni Zelnik déjà présent à ses côtés sur les quatre précédents albums et le pianiste Vincent Bourgeyx.
Au fil du répertoire
Présents dans le Real Book ou le Great American Songbook, les onze standards gravés sur “Last Night When We Were Young” sont à porter au crédit à de prestigieux compositeurs, Cole Porter, Sammy Fain, Harold Arlen, George Gerschwin, Johnny Richards, Lesley Bricusse, Frank Loesser, Jimmy Campbell et Jerome Kern.
Six standards sont l’occasion pour Sandro Zerafa de dialoguer avec le piano souvent lyrique de Vincent Bourgeyx. Sur les cinq autres morceaux, le contrebassiste Yoni Zelnik et le batteur Antoine Paganotti mettent leur talent au service du guitariste.
Duo guitare/piano
Avec délicatesse, le duo réactualise le thème de Cole Porter, You Do Something To Me, joué en contrepoint. C’est en toute intimité que le guitariste et le pianiste devisent sur Last Night When We Were Young et The Folks Who Live On The Hil. Sur ces deux ballades sont perceptibles leur maturité musicale, leur maîtrise technique et leur grande sensibilité.
Sur les quatre titres joués sur tempo médium, les interactions des deux solistes doivent beaucoup à leur grande complicité. Leurs notes dansent avec allégresse sur le dynamique Never Will I Marry alors qu’elles scintillent d’une douce lumière sur Pure Imagination. It’s De-Lovely dévoile de manière saisissante l’osmose musicale régnant entre les deux musiciens qui proposent une version lyrique de cette autre composition de Cole Porter.
Trio guitare/contrebasse/batterie
De facture plus traditionnelle que le duo guitare/piano, le format orchestral guitare/contrebasse/batterie valorise le jeu du guitariste soutenu par une rythmique efficace.
Joué sur un tempo rapide, Who Cares met en évidence la fluidité de l’expression de Sandro Zerafa. Sur le très swinguant Young At Heart, la limpidité de son expression évoque le jeu des plus grands maîtres américains de la guitare tels que Kenny Burrel, Jimmy Raney, Barney Kessel ou Herb Ellis.
Pris sur un rythme étiré, le boléro Love Is A Many Splendored Thing révèle le côté mélodiste du jeu du guitariste. Son phrasé épuré, sensible et raffiné dispense une fraîcheur inouïe. La ballade If I Had You permet de saisir les subtilités de son jeu harmonique, son phrasé chaleureux et le soutien tout en finesse qu’il dispense sur l’improvisation du contrebassiste. Joué sur un tempo enlevé, Secret Love fait alterner solo percutant du guitariste dont le phrasé ne perd rien de son articulation précise, chorus de contrebasse et 4/4 avec la batterie. Tout contribue à faire de cette version du thème de Francis Webster un des moments les plus swing de l’album.
Faute de pouvoir écouter live Sandro Zerafa et ses complices, et en attendant de retrouver des temps meilleurs, les onze plages de « Last Night When We Were Young” procurent détente et apaisement. A savourer avec le sourire !
Jazz Campus en Clunisois 2024 – La Programmation
« La Dolce Vita » selon Stefano Di Battista
Trois ans après « Morricone Stories » dédié à Ennio Morricone, le saxophoniste italien Stefano Di Battista est de retour avec « La Dolce Vita », un nouveau projet ancré dans la culture populaire de son pays. En quintet, il fait résonner sous un nouveau jour douze chansons italiennes emblématiques de l’âge d’or de l’Italie. L’album navigue entre ferveur et nostalgie.
« Mères Océans » de Christophe Panzani
Christophe Panzani présente son nouveau projet, « Mères Océans ». Le saxophoniste présente une musique intime où alternent douceur et puissance, acoustique et électronique. Les émotions subtiles sont portées par des mélodies de rêve. Un poème musical intimé dédié à sa mère disparue.

A la tête de son quartet (vibraphone, piano, basse, batterie) le pianiste
Après deux albums acoustiques, »Slow Motion » (2013) et « Camera Obscura » (2017),
Avec leur nouveau projet, le violoniste Théo Ceccaldi et le violoncelliste Valentin Ceccaldi racontent un moment de leur histoire familiale. L’Algérie et l’exil constituent le fil rouge de cette saga musicale qui opère un retour sur les origines familiales de leur père Serge, né à Constantine et contraint à quitter l’Algérie en 1962 comme tant d’autres.
Ibrahim Maalouf
Chacun de ses concerts, le contrebassiste
Déjà venu en 2014 dans le Daniel Humair quartet, l’accordéoniste
Sur son prochain opus, « Let My People Go » (ArchieBall/L’Autre Distribution) à sortir le 05 février 2021,

Offrir « Jazzoo Vol. 1 & 2 » (Outnote-Outhere Music) aux plus jeunes, c’est leur faire découvrir un univers poétique et coloré. Dans cet album paru le 14 août 2020, le quintet suédois Oddjob associe comptines miniatures et trouvailles musicales.
Après « Clint » (2010), « Folk » (2015) et « Plays Weather Report » (2017), le onzième album du groupe est sorti le 25 septembre 2020. « Kong » (Outhere Music) réunit les compositions des cinq membres du collectif suédois. L’opus prodigue une musique colorée dont les ambiances charment par leur diversité mais aussi et surtout par leur trame qui balance entre transe et sérénité.

Issu de l’association de trois musiciens de jazz de renommée internationale, le saxophoniste
Il s’agit du premier album solo que le guitariste a enregistré au piano (son premier instrument) dont il a débuté l’apprentissage à neuf ans et sur lequel il se sent très libre. Parmi ses influences figurent Bud Powell, Monk et les compositeurs classiques.
Jazzman de légende, René Urtreger a enregistré avec des figures mythiques du jazz comme Miles Davis, Lester Young et Chet Baker. Après ses deux collaborations avec Agnès Desarthe, le livre