Duos… versus électrisant… versus élégant
Pour son septième soir, « Jazz Campus en Clunisois » propose un double plateau sur la scène du Théâtre les Arts de Cluny. Composé de la guitariste et chanteuse Christelle Séry et du clarinettiste Étienne Cabaret, le duo Nadoz précède les saxophones et clarinettes de Daniel Erdmann et le piano de Aki Takase réunis sous l’idiome « Ellington-Timeless ». Après un premier duo électrisant et dynamique, un duo élégant et délicat.
« Nadoz », duo électrisant & dynamique
L’énergie est la source à laquelle s’abreuve la guitariste et chanteuse Christelle Séry. Pour le projet « Nadoz », elle s’associe avec le clarinettiste breton Étienne Cabaret, musicien émérite de « treujeun gaol » (clarinette traditionnelle bretonne) qui sonne depuis toujours pour la danse, dans les festoù noz mais sur la scène du Théâtre Les Arts, il souffle dans sa clarinette basse dont le son électro acoustique flirte avec le rock.
Dès le premier morceau, une certaine volupté se dégage d’un riff que la guitare tellurique répète au-dessus de la mélodie soufflée par la clarinette. Le duo répète ensuite furieusement un motif répétitif. Le souffle de la clarinette et sifflements de la guitare se répondent en écho.
De fil en aiguille, le chant de la guitariste croise les graves de la clarinette. Elle parle, elle chante, elle frappe le manche de la guitare alors qu’il souffle encore et encore un motif répétitif. Des sons éclatent ensuite comme ces lumières qui brillent au-dessus de l’eau des Rivières Jaunes (?)…
Après ces notes humides, le duo poursuit avec un titre qui entraîne les oreilles du public « sous la terre ». Les notes frappées rythmiquement et avec force sur le manche de la guitare répondent aux halètements tendus de la clarinette. Les deux artistes reprennent la mélodie et terminent à l’unisson.
Le duo poursuit son « faufilage ». La guitare égrène des notes graves sur le manche de son instrument alors que vibre le souffle tellurique de la clarinette. Une boucle répétitive de sons saturés porte la musique à son paroxysme. Les sons exaspérés de la guitare répondent au souffle de la clarinette qui évoque le grincement d’une scie.
Clefs frappées, texte parlé, improvisations vaporeuses sur le manche de la guitare, mélodie étirée par le souffle. Des applaudissements dynamiques explosent et saluent la fin de ce premier set.
« Ellington-Timeless », duo élégant & délicat
Durant le deuxième set, la pianiste Aki Takase et le saxophoniste Daniel Erdmann revisitent l’œuvre de Duke Ellington. Le dialogue de leurs deux instruments relie le jazz d’hier et de demain.
Modernité et créativité, musicalité et fantaisie, raffinement et harmonie caractérisent le répertoire de leur projet « Timeless ».
Le set commence avec Caravan. Daniel Erdmann embouche le soprano. Jeu rapide, break, reprise puis, au ténor, il rejoint le jeu lent et mélodieux du piano puis le saxophoniste développe un chorus d’un grand lyrisme.
Le répertoire se poursuit avec Don’t Get Around Much Anymore et le ténor s’envole dans de sublimes envolées puis le piano développe un solo très libre pendant dont le saxophone marque le tempo. On reconnaît ensuite Perdido dont les deux artistes donnent une version fort originale. Après une improvisation décapante du ténor à la sonorité éraillée, Aki Takase explore le clavier de bout en bout, au fil d’un chorus époustouflant.
Le duo enchaîne avec Niigata, inspiré à Daniel Erdmann par la ville du Japon du même nom. Après quelques notes très lentes du piano, le ténor développe la mélodie. Ses notes vibrent dans les graves alors qu’Aki Takase se lève pour lui répondre en pinçant les cordes du piano. Le morceau s’inscrit dans l’énergie, chorus ébouriffant du ténor, solo percutant de la pianiste dans les graves. Daniel Erdmann embouche le soprano et les deux artistes se retrouvent pour un échange musical émaillé de citations.
Après un début tonitruant du soprano, Aki Takase martèle le clavier puis Daniel Erdmann développe le thème avant d’enchaîner montées et descentes rapides sur les touches de son instrument. Il va ensuite s’asseoir aux côtés de la pianiste et joue avec elle.
Le saxophoniste reprend son ténor et les deux artistes entament Duke Ellington’s Sound of Love, la composition écrite par Charles Mingus en hommage à Duke Ellington. Le propos musical intense se distingue par son élégance et sa délicatesse.
Les applaudissements du public fusent. Avant de quitter la scène, Daniel Erdmann se saisit de ses lunettes et dans son ténor souffle avec élégance et lyrisme les notes du lied An die Musik de Frantz Schubert. Un clin d’œil comme hommage à la musique, un pont jeté aujourd’hui entre la musique d’hier et celle de demain.
Jazz Campus en Clunisois 2026 – Quartet S
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Pour la quatrième soirée de sa 49ème édition, le festival « Jazz Campus en Clunisois » accueille Christophe Marguet sur la scène du Théâtre les Arts de Cluny. Avec Régis Huby, Manu Codjia et Hélène Labarrière, le batteur leader présente « Island » , son projet lyrique et inspiré qui ne manque ni de sensibilité ni d’énergie.





