Clin d’œil à Joel Hierrezuelo & « Zapateo Suite »

Clin d’œil à Joel Hierrezuelo & « Zapateo Suite »

Chaleur, tendresse et rythmes

« Zapateo Suite », premier album du chanteur, guitariste et percussionniste Joel Hierrezuelo constitue une des belles surprises de l’automne 2018. A la tête de son quintet, le natif de La Havane invite à un voyage lumineux au pays des musiques qui irriguent sa vie. Avec bonheur, le jazz croise les musiques cubaines, africaines et orientales.

Couverture de l'album "Zapateo Suite" de Joel HierrezuzloDans « Zapateo Suite » (Emiara Prod /Continuo Jazz) à paraître le 07 septembre 2018, Joel Hierrezuelo est entouré du pianiste Yonathan Avishai, du contrebassiste Felipe Cabrera, du batteur Lukmil Pérez et de Luis Manresa à la guitare tres.

Le quintet accueille aussi de prestigieux invités, Munir Hossn (guitare tres et banjo), Ailime Calzedo (contrebasse) et Carlos Miguel Hernandez (chant).

La musique de Joel Hierrezuelo s’abreuve aux sources de la musique cubaine qui l’a nourri depuis son enfance.

Des rencontres de Cuba à Paris

Né dans une famille de musiciens avec pour oncles Lorenzo et Reynaldo Hierrezuelo, Joel Hierrezuelo s’est intéressé très tôt aux percussions sous le regard attentif et bienveillant de son père. Il étudie ensuite la guitare et le chant et entreprend un cursus à l’Institut Supérieur Pédagogique de la Havane où il obtient son diplôme de professeur de musique en 1995.

Après s’être produit avec différents groupes à Cuba, il s’installe à Paris en 1997 et poursuit sa carrière musicale comme chanteur guitariste ou percussionniste aux côtés des plus grands parmi lesquels on peut citer, Alfredo Rodriguez, Anga Diaz, Omara Portuondo, Jomed, Paris Salsa all Star, Minino Garay, Mokhtar Samba, Line Kruse, Manu Katché, Alex Terrier, Fatoumata Diawara, Africando.

Percussionniste dans les groupes de Roberto Fonseca entre 2007 et 2016 il a intégré en 2017 le groupe du duo malien Amadou & Mariam.

« Zapateo Suite » au croisement des rencontres

Dans « Zapateo Suite » que Joel Hierrezuelo a réalisé en leader, se croisent les cultures de ceux qu’il a rencontrés au cours de sa carrière. Autour de lui il a réuni des musiciens venus d’horizons différents. Ensemble, ils interprètent ses compostions (paroles et musiques) dont il a aussi conçu les arrangements.

L’inspiration du leader demeure ancrée dans la musique cubaine qui constitue la base du projet. Avec réussite, l’album intègre jazz, musique africaine et orientale dans des esthétiques qui font alterner les rythmes, zapateo, guajira, zucuzucu. La guitare tres est mise en valeur et dans les accents du piano résonne des échos qui semblent venus en droite ligne de Cuba. La douce voix du chanteur enjôle et stimule tour à tour.

Les douze pistes de « Zapateo Suite » font alterner morceaux instrumentaux et plages chantées. Elles proposent un voyage musical ancré dans une tradition cubaine que Joel Hierrezuelo habite avec sensibilité et nuances. L’amour, la joie et la force des rencontres qui ont jalonné sa vie inspirent l’auteur. Porteur d’un groove chaleureux et énergique l’album est aussi empreint d’une tendre nostalgie. Même si Joel Hierrezuelo s’est promené entre percussions, guitare et chant, ce sont vraiment son chant, sa guitare et les mélodies qui s’imposent dans ce projet.

 
Pour plonger « live » dans l’univers de Joel Hierrezuelo, un RV se profile le 14 Septembre 2018 à 21h30 au Studio L’Ermitage à Paris pour le concert de la sortie de l’album. Sur scène, le guitariste chanteur et percussionniste se produit avec Yonathan Avishai (piano), Felipe Cabrera (contrebasse), Luis Manresa (guitare Tres) et Lukmil Pérez (batterie) avec en invités, Line Kruse (violon), Ailime Calcedo (violoncelle) et Carlos Miguel Hernandez (chœurs).
2021 Jazz sous le sapin#1… Juan Carmona, Renaud Garcia-Fons

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Giovanni Guidi présente « Ojos De Gato »

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Dal Sasso Big Band – « John Coltrane’s Africa/Brass Revisited »

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​Ambitieux projet que celui de Christophe Dal Sasso. A la tête d’un big band rehaussé d’un tambour gwo-ka, il revisite « Africa/Brass », l’album de John Coltrane sorti soixante ans plus tôt. Sur le double opus « John Coltrane’s Africa/Brass Revisited », le big band restitue à la musique la puissance spirituelle et humaniste de Coltrane. Servie par des solistes inspirés, la suite musicale somptueuse résonne comme une incantation lyrique autant qu’énergique.

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Jericho Sinfonia, le dernier opus de Christophe Monniot

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Souffle inspiré et vibrations libératoires

Avec « Jericho Sinfonia », le compositeur et saxophoniste Christophe Monniot propose une œuvre artistique remarquable. En soixante-six minutes l’album interpelle par la richesse de son propos. A partir du récit biblique de l’effondrement des murailles de Jericho se tisse un récit captivant. Une création musicale vibrante de spiritualité.

Paru en avril 2018, l’album « Jericho Sinfonia » (Ayler Records) résulte d’une direction artistique à trois têtes qui n’est pas sans rappeler celle d’un opéra. La sonographe Sylvie Gasteau en charge du livret, le compositeur Christophe Monniot en charge de la musique qu’il dirige et interprète avec les musiciens* du Grand Orchestre du Tricot réunis par le batteur Adrien Chennebault.

La richesse des arrangements, la puissance des improvisations, l’organisation des textes et des titres tout concourt à faire de « Jericho Sinfonia » une création singulière qui relie musique, science, poésie et spiritualité.

L’album

Au fil des dix plages, musiciens et instruments mêlent leurs vibrations à celles des voix qui lisent, témoignent ou commententcouverture de l'album Jericho Sinfonia, de Christophe Monniot avec le Grand Orchestre du Tricot

Des voix lisent des versets du livre de Josue, d’autres restituent la parole de Pasolini, lisent des poèmes de Sutzkever. Des scientifiques formulent des commentaires en lien avec des phénomènes physiques (résonance, vibration, fréquences, énergie).

Les musiciens du Grand orchestre du Tricot et Christophe Monniot interprètent la partition et improvisent lors d’un concert enregistré en décembre 2015 à « La Fabrique » à Meung-sur-Loire.

La musique illustre, relie les paroles et leur insuffle sa force.

Le livret

Cerise sur le gâteau, l’album est accompagné d’un livret comme on aimerait en consulter plus souvent. Il rend plus accessible encore le montage voix/musique des dix pistes de l’album. Il réunit une superbe présentation de Michel Pétrossian, la transcription chronologique des textes et les noms des improvisateurs.

Jazz et spiritualité

L’œuvre possède la force d’un pamphlet politique tout autant qu’elle adresse un clin d’oeil plein d’humour qui incite à la réflexion.

Par ricochet on en vient à se questionner sur le rôle de l’individu et celui du collectif, dans la musique certes mais aussi par effet miroir dans la société. L’album interpelle par ailleurs sur la place de la spiritualité dans le tissu sociétal, dans les arts et plus précisément dans la musique de jazz.

Cela fait écho avec les propos de Raphaël Imbert dans son ouvrage « Jazz supreme - Initiés, mystiques et prophètes » où il explore la dimension de la spiritualité dans le jazz.

Les propos de Christophe Monniot

Restitués ci-après, à l’issue d’un entretien cordialement accepté par le musicien lors de sa venue le 24 août 2018 à Jazz Campus en Clunisois, les propos de Christophe Monniot contribuent à éclairer cette présentation de l’album et à saisir mieux encore la cohérence de « Jericho Sinfonia ».

La posture du compositeur

Christophe Monniot rappelle que « le jazz a été au départ une musique de revendication, de posture politique et révolutionnaire autant qu’artistique ». C’est dans cet esprit qu’il lui est apparu essentiel « aujourd’hui d’adopter une posture parallèle à celle des boppers pour faire une œuvre musicale imprégnée de la société actuelle » qui témoigne de sa position « d’artiste et de citoyen relié à la société à laquelle [il] appartient et dans laquelle [il]vit ».

Une telle posture lui permet « de réfléchir aux mutations et aux changements géopolitiques fondamentaux » et de projeter « le fruit de ses réflexions dans la musique ». Ainsi, il « prend position dans cette société unilatérale » où il « exprime un point de vue séculaire enraciné dans les racines judéo-chrétiennes » qui sont les siennes.

« Jericho Sinfonia », deuxième tableau d’un tryptique

Christophe Monniot rapporte par ailleurs que « le début de l’écriture du projet remonte à la même période que celle où [il a[] conçu Vivaldi Universel ce qui lui permet de préciser que dans les faits, « Jericho Sinfonia » « fait partie d’un triptyque dont Vivaldi Universel serait le premier volet où la planète est attaquée par l’action des pays industrialisés avec les répercussions qu’on connaît. Jericho Sinfonia serait le deuxième tableau alors que La Nouvelle Terre, sans paroles, constituerait le troisième et dernier tableau ».

Il a conçu l’album « comme un opéra dont [il a] écrit la musique et Sylvie Gasteau le livret ». Elle a enregistré nombre des entretiens (hormis entre autres celui où Marguerite Duras interroge le petit François) qu’elle a montés. Ils se sont ensuite « réunis tous les deux pour construire le film et instaurer la cohésion entre les musiques et les paroles ».

Pour nommer son œuvre, Christophe Monniot a choisi le terme Sinfonia en hommage à Luciano Berio (auteur de « Sinfonia ») auquel le saxophoniste porte une grande admiration. Il dit avoir beaucoup écouté d’autres compositeurs qui ont irrigué son inspiration et cite « Messian, Coltrane et Bernstein« .

Une histoire musicale

Dans « Jericho Sinfonia », Christophe Monniot « raconte une histoire musicale à la manière d’un film co-réalisé avec Sylvie Gasteau » avec qui il avait déjà travaillé à l’occasion de « Vivaldi Universel ». « A l’intérieur de la narration vivent plusieurs personnages, la figure poétique, la figure politique, la figure historique, la figure biblique …. tout cela a un sens ».

Christophe Monniot a voulu « partir d’un évènement biblique » nourricier dont il revendique la force et la portée… « une muraille réputée infranchissable effondrée par de la musique, même si de fait c’est autre chose que de la musique… ». Dans Pré-Hymne est lu le texte de Josué à travers lequel est évoqué « une épreuve de foi, une ordonnance divine demandant à plus de deux milliers de lévites de tourner sans jouer puis de jouer au 7ème jour et de crier ».

Pour « concevoir la chose sérieusement », il a fait figurer des « témoignages de scientifiques qui corroborent le tout, évoquent l’onde sismique qui pourrait être déclenchée, la fréquence de résonance et le tremblement possible résultant de la marche au pas des soldats sur un pont, l’énergie sonore, la force de vibration ».

L’écriture

Interrogé quant aux modalités particulières de l’écriture de la musique, Christophe Monniot précise que Dans Cité, le « dernier thème avec plein de petites parties qui termine l’album a été écrit en tout premier ». Il lui est alors apparu « comme une synthèse à partir de laquelle [il a] développé ensuite les parties de ce tout pré-existant ».

Christophe Monniot s’exprime en soliste dans les trois Hymnes où il improvise et ensuite « donne la parole aux solistes de l’orchestre qui croient en la symbolique de l’art qui ouvre les frontières ».

L’instrumentation

Le texte biblique évoque les trompettes de sept prêtres alors que le Grand Orchestre du Tricot n’en compte que deux.

Christophe Monniot précise que le terme trompette recouvre en fait « les cornes de béliers utilisées en guise de trompes pour souffler la Terouah ». Il ajoute qu’aux trompettes s’ajoute « le saxophone baryton qui incarne les fréquences basses » des vibrations évoquées par les scientifiques.Jericho Sinfonia, le Grand Orchestre du Tricot et Christophe Monniot

« Les cloches tubulaires sont utilisées à trois reprises » et ces percussions jouent un rôle important dans la composition. Elles ouvrent le premier thème Veni Veni Emmanuel et incarnent alors « le désespoir, la douleur, la complainte, le problème, l’appel à l’aide, la prière à Dieu ».

Elles ré-interviennent dans Sonne, heure ! « quand la frontière entre le rationnel et l’irrationnel devient floue ». Ce morceau constitue « l’épicentre de l’œuvre », le moment où l’on entend les paroles des scientifiques, des extraits de « l’ultima intervista » de Pasolini lus par Roberto Negro en italien et Michel Richard en français. Sont alors évoqués le refus, la volonté d’abolir, l’énergie et la tendance au désordre, la cohésion de ceux qui se battent et résistent,.

On retrouve enfin les cloches tubulaires dans le thème ultime, Dans Cité. Leur sonorité figure alors « l’espoir après la chute du mur ».

« L’art guidé spirituellement peut faire tomber les murs »

Dans « Jericho Sinfonia », Christophe Monniot projette l’effondrement des murs de Jericho comme une allégorie qui fait écho à « tous les murs physiques (dont celui de Berlin) ou symboliques qui se dressent ou se sont dressés entre les hommes, entre les communautés« . Pour lui, « l’art guidé spirituellement peut faire tomber les murs ».

« Jericho Sinfonia », une œuvre artistique originale dont la musique intense et inventive fait alterner recueillement et tumulte. Un album-concept porteur d’espoir qui fait tomber les murs entre l’art et les sciences. Une contribution spirituelle au jazz du vingt-et-unième siècle.


*Les musiciens  : Christophe Monniot (saxophones sopranino et alto), Roberto Negro (piano), Adrien Chennebault (batterie), Valentin Ceccaldi (violoncelle, horizoncelle, percussions), Florian Satche (batterie, percussions), Guillaume Aknine (guitare électrique), Jean-Baptiste Lacou (trombone), Gabriel Lemaire (saxophones alto et baryton), Quentin Biardeau (saxophones soprano et ténor), Alexis Persigan (trombone), Alan Regardin (trompette) et Yoann Loustalot (trompette, bugle).

2021 Jazz sous le sapin#1… Juan Carmona, Renaud Garcia-Fons

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Opera Underground – Les RV de septembre 2018

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Rachid Taha, Terry & Gyan Riley, Anaventou

En ce début d’automne se profilent les RV de septembre 2018 de l’Opéra Underground, le nouveau projet de l’Opéra de Lyon. La Grande Salle accueille Rachid Taha pour les 20 ans de « Diwan ». L’Amphi propose du jazz avec Terry & Gyan Riley et des échos musicaux du Brésil avec Anaventou. Une alléchante programmation musicale.

Opéra Underground, les rv de septembre 2018L’Opéra Underground, l’autre scène de l’Opéra propose des musiques qui allient la tradition à l’iconoclasme, la virtuosité à la sobriété et l’énergie des musiques populaires à la complexité harmonique des musiques savantes.

Comme Olivier Conan l’avait annoncé en avril 2018, les RV de septembre 2018 de l’Opéra Underground tiennent toutes leurs promesses. Les genres se croisent dans la Grande Salle et à l’Amphi. Le rock-raï de Rachid Taha, le jazz avec Riley père et fils et les musiques brésiliennes avec le groupe Anaventou.

Rachid Taha - Les 20 ans de « Diwan »

C’est dans la Grande Salle de l’Opéra de Lyon le samedi 22 septembre 2018 à 20h que Rachid Taha célèbre son album « Diwan » avec les cordes de l’Opéra et la participation exceptionnelle de Steve Hillage.

Il  y a 20 ans, « Diwan » a créé un pont entre la musique des premières générations d’émigrés maghrébins et leurs enfants, entre le rock et le châabi, le français et l’arabe, les jeunes et leurs parents, le présent et l’histoire.

Opéra Underground de Lyon- RV de septembre 2018 avec Rachid Taha

Rachid Taha©Marc-Antoine Serra

Au cours de plus de trente ans de carrière, Rachid Taha, cosmopolite enraciné dans les terreaux de France et d’Algérie a su créer un univers musical aux résonances transnationales. À Oran, où il a grandi, Rachid a absorbé la multiplicité des musiques présentes dans cette ville carrefour du Maghreb, châabi, wharani et raï traditionnel, sans oublier la musique égyptienne, Elvis et les bandes sons des films Bollywood.

Dans les Vosges, où il s’installe avec ses parents, Rachid Taha découvre durant son adolescence française, l’exil et le rock. C’est ensuite à Lyon que se forme sa personnalité artistique. Il y découvre l’approche globale de groupes comme les Clash et forme en 1981 le groupe « Carte de Séjour », dont le premier album est produit par le légendaire Steve Hillage. La nouveauté d’un groupe de rock français chantant en arabe et la reprise de Douce France de Charles Trenet contribuent à leur succès immédiat.

Sorti en 1998 « Diwan » est essentiellement composé de reprises de chansons qui chroniquent l’immigration en France. L’album a su moderniser et universaliser le message d’une génération qui chantait cette poésie de l’exil et de la nostalgie. L’album a fait connaitre le morceau Ya Rayah et son auteur et interprète Dahmane el Harrachi, musicien algérien, des années 60 et 70.

Aujourd’hui le message de « Diwan » résonne encore avec l’actualité. Le concert de Rachid Tahah dans la Grande salle de l’Opéra est l’occasion pour le chanteur de retrouver le public lyonnais qui avait accueilli avec grand intérêt sa musique avec le groupe « Carte de séjour ».

Terry Riley & Gyan Riley

C’est dans le cadre intimiste de l’Amphi de l’Opéra de Lyon que se produisent Terry & Gyan Riley le jeudi 27 septembre 2018 à partir de 20h.

Ce RV de septembre 2018 avec les deux musiciens américains devraient convenir aux amateurs de musique créative. En effet le pianiste Terry Riley est probablement le plus lyrique des minimalistes américains, avec un répertoire RV de septembre 2018 de Opéra Underground de Lyon avec Terry et Gyan Rileyqui va de l’expérimentation électronique des années 60 aux influences indiennes, compositions pour quatuors à cordes, musiques modales et bien plus encore. Il a influencé nombre de groupes musicaux du Velvet Underground à Kraftwerk en passant par les Who ou  Soft Machine.

Comme son père, le guitariste et compositeur Gyan Riley ne se confine pas dans un genre et puise son inspiration aussi bien dans le flamenco, la musique indienne, le baroque que dans les musiques expérimentales. Il a côtoyé nombre de musiciens de la scène underground new-yorkaise dont le fameux John Zorn.

Ces deux dernières années, Terry Riley a beaucoup joué avec son fils Gyan. On gage que leur duo bien rôdé ne laissera pas insensible le public de l’Amphi amateur de jazz innovant et créatif.

Anavantou - Forró brésilien et surréalisme belge

Le samedi 29 septembre 2018 à 20h, l’Amphi va résonner des sonorités du groupe Anaventou.

Anaventou, RV de septembre 2018 de l'Opéra Underground

Anavantou@Sebastien Alouf

C’est la rencontre inattendue entre le surréalisme belge du groupe instrumental Turdus Philomelos et le forró du Nordeste du Brésil, celui du groupe Membrana et du chanteur Nino Karvan, qui a donné naissance à Anavantou.

Ce projet musical initié en 2013, par le réalisateur et producteur belge Damien Chemin et le musicien brésilien Dudu Prudente mêle les folklores respectifs de la Wallonie et du Nordeste qui n’avaient à l’origine pas grand-chose en commun.

De cette union inattendue résulte une musique innovante et festive aux croisements de deux continents, celle d‘Anaventou qui réunit sonorités traditionnelles et sensibilité moderne et se situe aux antipodes d’un exotisme artificiel.

Anavantou a fait plusieurs tournées en Europe et au Brésil. Leur premier album « Brincantes » a reçu d’élogieuses critiques. Nul doute que le groupe au nom prémonitoire, Anaventou /« Entrez dans la danse ! », va entraîner le public de l’Amphi à danser !

2021 Jazz sous le sapin#1… Juan Carmona, Renaud Garcia-Fons

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Bemol 5 accueille Jazz Quartet « S »

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Le laboratoire musical de Yann-Gaël Poncet

Le 08 septembre 2018, Bemol 5 accueille Jazz Quartet « S » par Yann-Gaël Poncet. Des promesses d’étonnement en perspective. Un jazz renouvelé qui aborde le concept de lenteur dans un monde qui va toujours plus vite.

Avant de s’engager sur les rythmes effrénés du quotidien, Bémol 5 propose de prendre une bouffée de musique énergisante avec le concert de Jazz Quartet « S » par Yann-Gaël Poncet, le 08 septembre 2018 à 20h30.

Jazz Quartet « S »

Issu du jazz et des musiques improvisées Yann-Gaël Poncet, le leader du groupe, a composé et écrit l’ensemble des morceaux du répertoire. Sa voix de contre ténor, portée par son jeu de violon singulier, nourrit un scat « futuriste » et déclenche l’énergie des trois autres musiciens, tous aussi exigeants et audacieux, Jean-Paul Hervé à la guitare, Vincent Lafont aux claviers et Philippe « Pipon » Garcia à la batterie.

Un laboratoire musical

Jazz Quartet « S » n’est pas seulement le fait de musiciens virtuoses et accomplis. Dans cet orchestre électro-jazz en recherche permanente, les quatre musiciens évoluent dans un ailleurs étrange aux accents sauvages. Sans contrainte, ils se confrontent et mettent leur inspiration au service d’une musique expressive qui n’a cesse de surprendre par ses contrastes. Sonores ou silencieux les moments alternent entre tension et détente.

Jazz Quartet « S » propose un jazz libre et renouvelé où chaque musicien apporte une parcelle de son univers. Les influences rock de certains font groover la musique. Le reste demeure à découvrir dans l’instant, puisque c’est bien de musique improvisée dont il s’agit.

Après les festivals de l’été et avant ceux de l’automne, il fait bon reprendre le chemin du club lyonnais de la rue de la Baleine. Rendez-vous le 08 septembre 2018 à 20h30 au Bémol 5 avec Jazz Quartet « S ». Une proposition musicale innovante pour bien commencer la rentrée.

2021 Jazz sous le sapin#1… Juan Carmona, Renaud Garcia-Fons

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Jazz Campus en Clunisois 2018 – Sylvain Rifflet et Refocus

Jazz Campus en Clunisois 2018 – Sylvain Rifflet et Refocus

Concerto pour saxophone, cordes et percussions

Samedi 25 août 2018, pour son dernier jour, Jazz Campus présente le projet « Refocus » de Sylvain Rifflet. Sur la scène du théâtre les Arts de Cluny, tel un funambule inspiré et lyrique, le saxophoniste offre un concert à la mise en place rodée et à l’esthétique peaufinée.

Didier Levallet présente le projet « Refocus » de Sylvain Rifflet comme un moment qui lui « tient à cœur ». Le saxophoniste français a travaillé sur le même format et dans le même esprit que Stan Getz en 1961 lorsqu’il a enregistré l’album « Focus », sa « plus aboutie des tentatives de travail musical avec un ensemble à cordes ».

C’est d’ailleurs sous le même label Verve que Sylvain Rifflet a gravé « Refocus » sorti le 15 septembre 2017 comme « Un hommage singulier au « Focus » de Stan Getz ».

« Refocus » sur scène

Sur scène la géométrie de l’orchestre est réduite et le projet « Refocus » est recentré. En effet, de vingt sur l’album, l’effectif des musiciens sur scène se restreint à sept. Ainsi le saxophone ténor de Sylvain Rifflet est entouré d’un quatuor à cordes, le quatuor Appasionato, de la contrebasse de Florent Nisse, du vibraphone et de la batterie tenus par Guillaume Lantonnet.

Loin de la prouesse gravée sur l’album, « Refocus live » ne possède ni la magie, ni la poésie du disque. Néanmoins on a écouté une superbe prestation orchestrale concertante où, sur le devant de la scène, le saxophoniste dialogue brillamment avec l’orchestre au fil d’une partition précise et ouvragée.

Impressions de concert

Le concert débute avec les deux premiers titres de « Refocus » comme deux clins d’œil aux deux premiers morceaux de « Focus » enregistré par Stan Getz. En ouverture, sur Rue Breguet le vibraphone commence avec délicatesse avant l’entrée du saxophone dont le souffle précède le son. Il est rejoint par les cordes du quatuor et de la contrebasse.

Sur Night Run, Guillaume Lantonnet glisse à la batterie et le climat se tend. Le public réagit avec intérêt à l’esthétique peaufinée de la musique.

Après les trois premiers morceaux l’effet de surprise disparaît et l’écoute se fait plus attentive. L’oreille a tout loisir de se concentrer sur la sonorité soignée du saxophone, ses mélodies et ses contrechants, ses phrasés fluides et souples, son expression lyrique et véloce, son souffle délicat et puissant et sa parfaite maîtrise des aigus, sur-aigus et harmoniques.

Sur le vibraphone, la frappe précise, déliée et légère de Guillaume Lantonnet ouvre Echoplex avec de subtils effets de reverb. Après l’entrée des cordes, Florent Nisse réajuste le micro de son instrument pour le plus grand bonheur du public qui peut enfin capter le travail essentiel de la contrebasse. En effet, tout au long du concert, situé à la charnière entre le quatuor et le trio, le contrebassiste assume avec autorité et talent son rôle de soutien rythmique et harmonique.

Le concert se poursuit et Sylvain Rifflet introduit des slaps qui contrastent avec ses phrasés soignés. Sur Une de perdue, une de perdue, le tempo s’accélère les archets frappent puis frottent les cordes, le saxophone prend son envol et explore avec lyrisme toutes les possibilités techniques de son instrument. C’est ensuite un clin d’oeil tout en souplesse à Henry Threadgill.

Après un bref incident technique d’amplification, les musiciens, comme ceux des orchestres classiques, reprennent à la mesure 85 et le concert se poursuit sans accroc. Le saxophone surfe ensuite avec aisance sur une trame rythmique complexe. Les torrents impétueux et maîtrisés des cordes se marient avec les riches textures coloristes du vibraphone et le son large et boisé de la contrebasse.

Sylvain Riflet-Refocus le 25 aout 2018 à Jazz Campus en ClunisoisHarlequin on the string conclut le concert et constitue sans doute un des moments les plus réussis du concert. Tel un funambule inspiré, Sylvain Rifflet semble jouer sans filet sur le fil musical, glisse, rebondit, prend ses aises, flotte et retombe toujours sur la corde.

Le public manifeste son enthousiasme et le saxophoniste revient seul pour un rappel. Sylvain Rifflet offre une version singulière du thème The Peacocks de Jimmy Rowles que Stan Getz avait gravé en duo avec le pianiste. Accompagné d’une shruti box à trois octaves, le leader démontre sa parfaite maîtrise du son mais nul n’avait attendu la fin du set pour en être convaincu.

Avec « Refocus » et Sylvain Rifflet, le dernier concert 2018 de Jazz Campus a offert aux festivaliers un moment musical placé sous le signe de la Beauté. Une écriture et des arrangements léchés, une mise en place précise servie par les qualités techniques indubitables des instrumentistes. On regrette un peu la relative froideur de cette esthétique peu habitée par les émotions.

2021 Jazz sous le sapin#1… Juan Carmona, Renaud Garcia-Fons

2021 Jazz sous le sapin#1… Juan Carmona, Renaud Garcia-Fons

« Jazz sous le sapin#1 » présente deux albums qui invitent au voyage. « Zyriab 6.7 » de Juan Carmona retrace celui du musicien et poète Zyriab alors que « Le Souffle des Cordes » de Renaud Garcia-Fons navigue entre Orient et Occident. Retour à la tradition pour le guitariste et escapade au cœur de traditions différentes pour le contrebassiste. L’occasion pour l’oreille de découvrir de superbes paysages musicaux.

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Giovanni Guidi présente « Ojos De Gato »

Giovanni Guidi présente « Ojos De Gato »

Avec « Ojos De Gato », Giovanni Guidi rend hommage à Gato Barbieri. Dans l’esprit du grand saxophoniste argentin, l’album du pianiste italien propose un voyage dont les escales musicales évoquent de grandes cités urbaines mais aussi le cinéma de Bertolucci et Pasolini et la musique de Franco D’Andrea et Enrico Rava, Don Cherry et Aldo Romano. Onze titres dont les climats évoluent entre délicatesse et tumulte.

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Dal Sasso Big Band – « John Coltrane’s Africa/Brass Revisited »

Dal Sasso Big Band – « John Coltrane’s Africa/Brass Revisited »

​Ambitieux projet que celui de Christophe Dal Sasso. A la tête d’un big band rehaussé d’un tambour gwo-ka, il revisite « Africa/Brass », l’album de John Coltrane sorti soixante ans plus tôt. Sur le double opus « John Coltrane’s Africa/Brass Revisited », le big band restitue à la musique la puissance spirituelle et humaniste de Coltrane. Servie par des solistes inspirés, la suite musicale somptueuse résonne comme une incantation lyrique autant qu’énergique.

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Jazz Campus en Clunisois 2018 – Dadada

Jazz Campus en Clunisois 2018 – Dadada

Une escapade entre apesanteur et vibrations

Le 24 août 2018, le public se presse au Théâtre Les Arts de Cluny pour écouter « Dadada ». Autour du pianiste Roberto Negro sont réunis le saxophoniste Émile Parisien et le batteur Michele Rabbia. Les paysages musicaux proposés par ces trois improvisateurs émérites déclenchent l’enthousiasme du public.

Avec un intérêt non dissimulé, Didier Levallet présente « Dadada » comme un espace de « circulation entre les paroles » des musiciens inventifs réunis par le pianiste Roberto Negro, un des acteurs les plus actifs et les plus créatifs de la scène jazz européenne.

Dadada

En octobre 2017, le pianiste Roberto Negro a sorti l’album « Saison 3 » (Label Bleu/L’Autre Distribution) avec le saxophoniste Émile Parisien et le batteur-percussionniste Michele Rabbia. Les spectateurs brûlent d’écouter sur scène la musique de ce trio dont le premier disque a obtenu un franc succès.

Drôle d’équipage que celui de ce trio… un poète pianiste, un saxophoniste stellaire et un batteur-sculpteur.

Les trois artistes font plus que jouer de la musique. Ils s’amusent et jouent vraiment avec la musique qu’ils élaborent et façonnent avec un plaisir affiché. Leurs facéties sérieuses oscillent entre arabesques oniriques, abstractions dansantes et furie aérienne.

Impressions de concert

Dadada à Jazz Campus en Clunisois, le 24 aout 201Roberto Negro, Émile Parisien et Michele Rabbia naviguent librement dans un univers qui leur appartient en propre, une sorte de cosmo-musique dans laquelle ils invitent le public à les rejoindre..

Concentré, le batteur caresse la caisse claire, les sons électroniques affleurent, le piano se fait entendre, les percussions s’en mêlent à leur tour vite rejointes par le saxophone. Les interactions s’instaurent entre les trois partenaires… le concert commence.

Entre apesanteur et tumulte, la libre parole des trois musiciens évolue sans obstacle et génère des moments musicaux irrigués de mille nuances. Entre frémissement et frénésie la musique se transforme. Elle se fait passion ou colère, devient murmure ou frisson… même le silence s’insinue sans crier gare.

Roberto Negro et son projet Dadada à Jazz Campus en Clunisois, le 24 aout 2018Le pianiste a composé l’ensemble des titres du répertoire hormis Cantabile de Ligeti qu’il invoque sur son clavier. On écoute Nano, Shampoo, Brimorion et d’autres titres encore dont Roberto Negro dit qu’ils « changent de nom » au fil des semaines mais peu importe le titre pourvu qu’on ait l’ivresse !

Les dynamiques compères font vibrer les ondes sonores. Ils pratiquent une musique physique nimbée d’une euphorie perceptible qu’ils partagent. En totale interaction, ils échafaudent un univers semblable à un arc en ciel de sensations. Calme et tonnerre, douceur et exaspération, caresse et extase, volupté et fureur.

Sur scène les trois virtuoses développent une véritable dramaturgie musicale où se télescopent drôlerie, sérieux, interrogation, autorité, doute et lyrisme. Trois paroles musicales au service d’une musique collective où chacun conserve son identité.

En fin de concert, le piano installe une ambiance crépusculaire que le souffle du soprano teinte de bleu avant de bondir et d’exulter poussé dans ses retranchements par l’arsenal électronique et la batterie volcanique qui délire. Le piano conclut le set qui se termine en douceur dans le bruissement de sacs plastiques froissés et le souffle chuchoté du saxophone.

Euphorique le public ovationne sans retenue le trio qui revient interpréter une dernière « chanson d’amour sicilienne » avant de regagner les coulisses. On se quitte avec regrets mais ressourcé par l’énergie de ce grandiose concert qui fera date dans les archives du festival.

2021 Jazz sous le sapin#1… Juan Carmona, Renaud Garcia-Fons

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Giovanni Guidi présente « Ojos De Gato »

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Avec « Ojos De Gato », Giovanni Guidi rend hommage à Gato Barbieri. Dans l’esprit du grand saxophoniste argentin, l’album du pianiste italien propose un voyage dont les escales musicales évoquent de grandes cités urbaines mais aussi le cinéma de Bertolucci et Pasolini et la musique de Franco D’Andrea et Enrico Rava, Don Cherry et Aldo Romano. Onze titres dont les climats évoluent entre délicatesse et tumulte.

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Dal Sasso Big Band – « John Coltrane’s Africa/Brass Revisited »

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Jazz Campus en Clunisois 2018 – Concert Pique-nique

Jazz Campus en Clunisois 2018 – Concert Pique-nique

Christophe Monniot - Didier Ithursarry

Le duo d’un Sax’oiseau et d’un Arbr’accordéon

Pour les festivaliers de Jazz Campus, le 24 août 2018 débute avec le rituel incontournable du « concert pique-nique » dans le parc du Haras de Cluny. Cette année, Christophe Monniot et Didier Ithursarry assurent la nourriture spirituelle du déjeuner sur l’herbe. Le public tombe sous le charme du duo. Un des meilleurs souvenirs de l’édition 2018 du festival.

Malgré un temps incertain, le concert « pique-nique » se tient dans le Parc du haras de Cluny. Avec le duo Christophe Monniot & Didier IthursarryChristophe Monniot et Didier Ithursarry au Concert Pique-nique de Jazz Campus le 24 aout 2018 c’est un « retour aux racines des musiques populaires » que promet Didier Levallet au public rassemblé sous les larges branchages du grand tilleul. Des musiciens au public en passant par les organisateurs, toutes les mines affichent leur sourire en guise de soleil.

Les couvertures et les nappes s’étalent sur la pelouse, les chaises se déplient, les verres se remplissent, les corps se détendent, les oreilles se font attentives, le concert peut advenir… les instruments prennent la parole pour le grand bonheur de tous.

Le duo

Christophe Monniot (saxophones sopranino et alto) et Didier Ithursarry (accordéon) n’en sont pas à leur première collaboration. Leur art en duo relève d’un véritable dialogue. Un même souffle inspiré traverse les anches des saxophones et habite les lames de l’accordéon.

Tous deux ont enraciné leur pratique dans les musiques populaires des bals musette et sont par ailleurs d’ardents improvisateurs. Brillants techniciens, ils n’en sont pas moins de sensibles créateurs. De leur complicité résultent des échanges porteurs tour à tour d’énergie, de sensibilité, de précision ou de folie.

Impressions musicales

Au fil du concert, les deux instruments se croisent, s’unissent ou cheminent côte à côte. Sax’oiseau et arbr’accordéon s’entendent à merveille. Le discours musical du duo respire la liberté, pulse l’énergie du jazz et s’enracine dans un monde qui allie tradition des arts populaires et précision des musiques contemporaines.

Large et chaleureux l’accordéon ouvre des fenêtres de liberté au saxophone alto qui se promène du paroxysme au murmure. Lyrique et virtuose le sopranino élève son chant qu’accompagne la plainte grave et sensible de l’accordéon. Le saxophone pose des points d’interrogation auquel répondent les soupirs de l’accordéon.

Le concert

Après le joyeux et enlevé Biguine pour Sushi le duo sopranino-accordéon se fait plus poétique avec un morceau inspiré par un air de l’Opéra de Bizet, Les Pêcheurs de Perles. C’est ensuite au tour de l’alto d’intervenir aux côtés du piano à bretelles sur le superbe Passion que l’accordéoniste Tony Murena a dédié à sa femme.Christophe Monniot au Concert Pique-nique de Jazz Campus le 24 aout 2018

Avec son humour habituel Christophe Monniot confie avoir fait le choix de l’amour et préféré jouer Passion plutôt que le non moins célèbre thème Indifférence que le même Tony la Murène a aussi dédicacé à sa compagne ! A l’occasion le saxophoniste précise que que le duo a gravé un album intitulé « Hymnes à l’amour » à sortir prochainement.

Le duo évoque ensuite l’univers des Forçats, ceux qui sont en détention… mais pas seulement (dixit Christophe Monniot). L’atmosphère change et regarde ensuite vers les Balkans avec un morceau présenté comme un Song for my mother. L’accordéon se fait ambianceur durant l’improvisation poignante du saxophone alto.Partitions de Christophe Monniot au Concert Pique-nique de Jazz Campus le 24 aout 2018

Un troisième souffle s’invite au concert… celui du vent qui taquine micros et les partitions. Quelques pinces à linge et d’habiles réglages des techniciens, et le tour est joué. Rien ne perturbe le concert qui se poursuit de belle manière.

L’ambiance évolue de nouveau lorsque le duo empoigne España Cañi, un morceau phare du répertoire des bals musette que Christophe Monniot et Didier Ithursarry ont pratiqué. Sur ce thème-roi du paso doble, l’interprétation des deux complices s’éloigne des versions habituelles sans pour autant se couper de sa dimension traditionnelle. Ils y rajoutent un soupçon d’amour supplémentaire via des langueurs nostalgiques saisissantes.

Didier Ithursarry au Concert Pique-nique de Jazz Campus le 24 aout 2018Le dernier morceau du set porte le nom de celle qui l’inspire, Soso (chère au cœur du saxophoniste). Porté par l’accordéon dont le son large évoque la profondeur de l’attachement, le saxophone élève avec délicatesse une ode amoureuse zébrée de fulgurances éperdues auxquelles succèdent de tendres motifs apaisés. Une déclaration d’amour vigoureuse et apaisée qui sied au cadre champêtre du concert.

Mis en appétit, le public en redemande et le duo interprète un dernier morceau dédié cette fois au père du saxophoniste. On peut alors goûter une dernière fois à la vélocité allègre du sopranino et à la chaleureuse vibration des lames de l’accordéon.

On aurait bien repris un supplément musical après ce pique- nique savoureux qui laisse à la bouche un sacré goût de revenez-y.

Bientôt… « Hymnes à l’amour »

On quitte malgré tout le concert rassuré à l’idée de pouvoir bientôt goûter de nouveau à la musique de Christophe Monniot et Didier Ithursarry lors de sortie de l’album « Hymnes à l’amour » (ONJ/L’Autre Distribution) annoncé pour le 16 novembre 2018.

Plusieurs rendez-vous se profilent.pour retrouver la musique de Christophe Monniot et Didier Ithursarry, A l’automne dans une prochaine chronique Chorus des « Latins de Jazz ». Sur scène, le 30 novembre 2018 au Petit Duc d’Aix-en-Provence et le 07 décembre 2018 à La Dynamo de Banlieue Bleue de Pantin.

2021 Jazz sous le sapin#1… Juan Carmona, Renaud Garcia-Fons

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Giovanni Guidi présente « Ojos De Gato »

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Dal Sasso Big Band – « John Coltrane’s Africa/Brass Revisited »

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Jazz Campus en Clunisois 2018 – 23 août 2018

Jazz Campus en Clunisois 2018 – 23 août 2018

Entre écriture et improvisation … tout un programme

Le 23 août 2018, Jazz Campus en Clunisois propose un menu musical étoffé. En ouverture le duo de Jean-Marc Larché/Yves Rousseau au Farinier des Moines puis un double plateau au Théâtre Les Arts avec le duo Benjamin Moussay/Claudia Solal suivi du trio « Un Poco Loco ». Le triomphe de l’improvisation.

Depuis 41 ans, Didier Levallet soutient et valorise avec opiniâtreté les musiques improvisées et les valeurs qui lui sont associées, liberté, créativité, remise en question et renouvellement des formes et des idées musicales.

Cet art de l’improvisation permet aux musiciens de concevoir une sorte d’écriture spontanée qui s’opère en temps réel. Ces moments musicaux improvisés s’appuient quelquefois sur les œuvres préexistantes de grands auteurs baroques, classiques ou contemporains à moins qu’elles ne s’inscrivent dans le corps des compositions originales écrites par les musiciens eux-mêmes. Il advient aussi que les artistes s’expriment dans des espaces de libre improvisation.

Au Farinier des Moines

« Continuum » - Jean-Marc Larché et Yves Rousseau

Le 23 août 2018 à 19h, le saxophoniste Jean-Marc Larché et le contrebassiste Yves Rousseau présentent leur programme « Continum » dans le Farinier des Moines de l’Abbaye de Cluny. Ce lieu se prête tout à fait à à la musique de ce duo, tant par la qualité de son acoustique que par la sérénité que dégage cet espace propice au recueillement et à l’écoute.  Jean-Marc Larcher et Yves Rousseau, le 23 aout 2018 à Jazz Campus en Clunisois

Au répertoire du programme de « Continuum », alternent les compositions de ces deux artistes qui collaborent depuis plus de vingt ans. Adeptes tout autant de l’écriture que de l’improvisation, Jean-Marc Larché et Yves Rousseau sont des (ra)conteurs. Inspirés par des œuvres baroques ou contemporaines. Les deux complices proposent une musique sereine où les fulgurances côtoient les murmures.

Sous le berceau de châtaignier, tel un oiseau éperdu, le saxophone chanteur lance son libre-chant soutenu par la force chaleureuse de la contrebasse. Le public recueilli et attentif a apprécié les confidences que les deux musiciens ont délivré en grande connivence.

Au Théâtre les Arts

« Butter in my Brain » –  Benjamin Mousay et Claudia Solal

Benjamin Moussay, le 23 aout 2018 à Jazz Campus en Clunisois Claudia Solal, le 23 aout 2018 à Jazz Campus en ClunisoisEn ouverture de la première partie de la soirée du 23 août 2018,, Didier Levallet évoque les chansons « offshore » que proposent le pianiste Benjamin Moussay et la chanteuse Claudia Solal. A posteriori, le concert a tout à fait répondu à cette promesse.

Les deux artistes devisent sans filet. Les échanges entre le piano, les claviers et la voix sont explosifs et réservent de belles surprises. Loin des traditionnels duos piano-voix, Claudia Solal et Benjamin Moussay se promènent tels des funambules entre poèmes improvisés, improvisations libres et compositions.

Le pianiste plante les décors, la chanteuse dessine les costumes et ensemble ils scénarisent leur répertoire « Continuum ». Le duo enchaîne les titres avec une réelle théâtralité et présente l’univers singulier de leurs confidences où l’improvisation règne en maître.Benjamin Moussay et Claudia Solal, le 23 aout 2018 à Jazz Campus en Clunisois

The grass is greener, Nightcap for Sparrows, Butter in my Brain, The house that Jack Built, Smokehouse on the Ocean dédié à Martial Solal, Trees Are Green, I Confess se succèdent et comblent le public qui soutient chaleureusement les performances du duo.

On aurait volontiers repris une tartine de Butter in my Brain.!

« Feelin’ pretty » - Un Poco Loco

En seconde partie de la soirée du 23 août 2018 Didier Levallet a programmé le trio « Un Poco Loco » qui porte le nom d’une composition de Bud Powel et incarne pour lui « la vitalité de la musique improvisée ».

Atypique dans son instrumentation, le groupe réunit le tromboniste Fidel Fourneyron, le saxophoniste et clarinettiste Geoffroy Gesser et le contrebassiste Sébastien Beliah. Le dernier projet des trois artistes, « Feelin’ Pretty », consiste en une relecture inventive de « West  Side Story » de Leonard Bernstein. Inspirés du chef d’œuvre du compositeur américain, les jeunes artistes ont pris leurs distances vis à vis de ce monument musical qu’ils ont décortiqué et dont ils proposent une version impertinente et drôle.

Au fil du concert, les thèmes de Bernstein se révèlent aux détours des morceaux travestis, découpés puis ré-assemblés avec insolence et humour. S’y ajoutent trois compositions originales « inspirées de loin… », dixit Fidel Fourneyron.

Explorée tour à tour par les trois musiciens, la dimension rythmique prédomine dans l’expression du trio mais la musique explore largement les champs harmonique et mélodique. Les timbres des instruments se complètent,  les improvisations s’imbriquent, les lignes mélodiques se croisent dans de denses climats harmoniques. Un véritable travail d’orfèvrerie.

"Un Poco Loco", le 23 aout 2018 à Jazz Campus en ClunisoisLa folie affleure à chaque instant pourtant la mise en place demeure précise. En effet chaque membre du trio maîtrise techniquement son instrument ce qui permet à chacun de jouer avec aisance et de laisser libre-court à sa créativité et à son imagination pour improviser et échanger en totale interaction.

Porté par l’accueil enthousiaste du public, le trio revient jouer América dont il propose une version lumineuse et contrastée. Avec générosité « Un Poco Loco » répond une seconde fois aux rappels du public et interprètent une superbe et surprenante mouture minimaliste du thème de Dizzy Gillespie, Tin Tin Deo.

Tels trois solistes échappés d’un big band, Fidel Fourneyron, Geoffroy Gesser et Sébastien Beliah réalisent la performance absolue de restituer à trois une dimension orchestrale porteuse d’un dynamisme explosif et d’une riche texture harmonique. Les festivaliers ne s’y sont pas trompés et ont réservé une véritable ovation au vigoureux et savoureux travail de ce trio un peu fou.

2021 Jazz sous le sapin#1… Juan Carmona, Renaud Garcia-Fons

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Giovanni Guidi présente « Ojos De Gato »

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Dal Sasso Big Band – « John Coltrane’s Africa/Brass Revisited »

Dal Sasso Big Band – « John Coltrane’s Africa/Brass Revisited »

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Jazz Campus en Clunisois 2018 – Letters to Marlene

Jazz Campus en Clunisois 2018 – Letters to Marlene

Une poésie musicale sensible et puissante

La venue à Jazz Campus en Clunisois le 22 août 2018 de Guillaume de Chassy, Christophe Marguet et Andy Sheppard permet au public du festival d’écouter leur nouveau projet « Letters to Marlene ». Traversé par une force émotionnelle bouleversante, le public a accueilli avec chaleur ce projet ambitieux et réussi.

Après l’album « Letters to Marlene » paru le 09 mai 2018 sous le label NoMadMusic, le pianiste Guillaume de Chassy, le batteur Christophe Marguet et le saxophoniste Andy Sheppard sont invités le 22 août 2018 sur la scène du Théâtre les Arts de Cluny. Avec un plaisir affiché, Didier Levallet annonce les trois musiciens venus présenter la version « live » de leur projet.

Lors de la sortie du disque, on a déjà apprécié « Letters to Marlene », cette « arme musicale porteuse d’espoir » qui allie puissance et sensibilité. Après le concert du trio, on est convaincu par la version scénique de la musique qui a aussi emporté l’adhésion du public.

« Letters to Marlene » sur scène

Des archives sonores intégrées à la trame musicale

Sur scène, le projet « Letters to Marlene » intègre de belle manière des archives sonores qui font plus encore résonner le sens du projet.

Elles enrichissent la trame musicale où se reflètent plus encore l’engagement de Marlene Dietrich, son refus du nazisme, son soutien vis à vis des forces alliées et la dimension humaine de cette artiste. En effet, la force et les émotions générées par les témoignages vocaux renforcent la perception de la lumière, de l’espoir et de l’énergie contenus dans la musique. Les voix d’Hitler, Churchill et de Gaulle glacent ou stimulent. Celles de Marlene Dietrich et de Jean Gabin contribuent à l’humaniser.

Un trio complice

D’emblée on est frappé par la proximité scénique des musiciens, reflet de leur extrême complicité musicale. De fait, ce sont bien trois musiciens qui interprètent les compositions de Christophe Marguet et Guillaume de Chassy mais chez eux point d’ego parasite, point de démonstration.

Tout au long du concert, leur écoute mutuelle génère de superbes interactions. Les expressions individuelles fusionnent et c’est bien de l’expression d’un trio dont il s’agit. Un trio où chacun est au service de l’autre, où le trait de l’un inspire la parole de l’autre et oriente son expression. Il en résulte une musique somptueuse et cohérente.

Un concert vibrant de nuances

Déroulé en trois époques, le répertoire capte l’attention du public qui vibre de bout en bout.

Au fil des thèmes, la soirée propose des moments chargés de joie, d’énergie, de rêve, de recueillement, d’espoir et de force. Entre fragilité et force la musique déroule des climats oniriques où vivent solitude et nostalgie. Elle développe aussi des moments furieux qui évoquent le combat et l’engagement. Elle fait affleurer le drame mais privilégie l’espoir.

Après la prière délicate élevée tout en souplesse à Lili Marleen le propos de la musique s’épaissit. Martiales, les troupes américaines débarquent sur America au découpage rythmique complexe.

Et in Terra Pax Hominibus Bonae Voluntatis ouvre sur le chant recueilli du saxophone puis les trois musiciens unissent leur voix pour tisser une sérénade lyrique. Sur Les Ardennes le saxophone se faufile parmi les tirs croisés de la batterie et du piano. Le climat d’abord intimiste du thème The Dress gagne ensuite en intensité.Letters to Marlene - G. de Chassy-C. Marguet-A. Sheppard_300 à Jazz Campus en Clunisois le 22 aout 2018

A Dinner at Marlene’s Place développe un climat alerte et dense. La superbe composition de Christophe Marguet, Ein Koffer in Berlin, apparait comme un des moments-clés du concert. Dans la musique en expansion l’énergie croise la poésie, le lyrisme s’unit au silence qui convoque une poésie poignante. Sur Falling in Love Again les musiciens invitent sur scène le fantôme de Marlene à travers sa voix qu’ils accompagnent. Un moment bouleversant.

En rappel, Guillaume de Chassy, Christophe Marguet et Andy Sheppard offrent au public le climat sépia d’un Last Dance poignant de mélancolie.

Après un tel concert, le retour à la réalité est difficile mais demeurent de superbes souvenirs de « Letters to Marlene ». Le souffle poétique du saxophone ténor, le chant inspiré du soprano lyrique. Sur les cymbales et la batterie, la frappe puissante des baguettes, la rondeur des mailloches, la souplesse des mains, les tendres caresses des balais. Le « colorisme » joyeux, l’expression dramatique du piano et ses délicates envolées.

2021 Jazz sous le sapin#1… Juan Carmona, Renaud Garcia-Fons

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Dal Sasso Big Band – « John Coltrane’s Africa/Brass Revisited »

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​Ambitieux projet que celui de Christophe Dal Sasso. A la tête d’un big band rehaussé d’un tambour gwo-ka, il revisite « Africa/Brass », l’album de John Coltrane sorti soixante ans plus tôt. Sur le double opus « John Coltrane’s Africa/Brass Revisited », le big band restitue à la musique la puissance spirituelle et humaniste de Coltrane. Servie par des solistes inspirés, la suite musicale somptueuse résonne comme une incantation lyrique autant qu’énergique.

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Tony Bennett & Diana Krall en duo sur “Love Is Here To Stay”

Tony Bennett & Diana Krall en duo sur “Love Is Here To Stay”

Célébration élégante de la musique de Gershwin

Tony Bennett et Diana Krall célèbrent ensemble la musique de George et Ira Gershwin sur l’album “Love Is Here To Stay”. Le premier album en commun de ces deux stars du jazz vocal américain procure un plaisir d’écoute dont il serait dommage de se priver… du jazz classique et délicieux.

Couverture de l'album "Love Is Here To" par Tony Bennet et Diana KrallAprès avoir déjà gravé des titres ensemble en 2001 et 2006, Tony Bennett et Diana Krall reviennent en duo le 14 septembre 2018 avec l’album “Love Is Here To Stay” (Verve Records/Columbia Records/Universal).

Un duo pas banal, un vénérable vétéran de l’art vocal masculin âgé de 92 ans et une diva du jazz canadien qui brille autant derrière son piano que devant son micro.

120ème anniversaire de la naissance de George Gershwin

Ces deux stars de deux générations différentes ont en commun d’une part un succès qui ne se dément ni pour l’une ni pour l’autre et d’autre part un amour paratgé pour la musique de Gershwin. L’album “Love Is Here To Stay” tombe à pic et sa sortie précède de peu le 26 septembre, date du 120ème anniversaire de la naissance de George Gershwin,

« Love Is Here To Stay », premier album en commun du duo

Tony Bennett et Diana Krall ont tourné ensemble en 2000 et ont ensuite enregistré des titres en duos, Alright, Okay, You Win sur “Playin’ With My Friends” en 2001 et The Best is yet to come sur “Duets : An American Classic” en 2006, deux albums du chanteur. Par contre ce nouvel opus, « Love Is Here To Stay », est de fait leur premier album en commun.

Après Amy Winehouse et Lady Gaga, Tony Bennett chante en tandem avec Diana Krall (qui délaisse son clavier) et ce n’est pas pour déplaire aux amateurs de jazz vocal.

Sur “Love Is Here To Stay” on retrouve avec plaisir le duo accompagné par le pianiste Bill Charlap, le contrebassiste Peter Washington et le batteur Kenny Washington sur douze standards gershwiniens dont les très connus S’ Wonderful, qui ouvre l’album, Love Is Here to Stay, They Can’t Take That Away From Me, Nice Work If You Can Get It et Fascinating Rhythm.

Pour la première fois, les deux chanteurs enregistrent My One and Only and I’ve Got A Crush On You jamais encore gravés, ni par l’un, ni par l’autre.

Deux titres en solo

Si les artistes duo interprètent dix morceaux en duo, chacun chante un titre en solo.

Sur But not for me, Diana Krall excelle de souplesse et de décontraction alors que Bill Charlap prodigue à la chanteuse un accompagnement minimaliste auquel tout vocaliste aspire. Notes choisies et posées sur le clavier comme des perles sur un fil musical épuré et étiré qui laisse toute latitude à la chanteuse pour s’exprimer avec délicatesse, sensibilité et grâce.

Quant à Tony Bennett, il attaque Who Care en douceur avec Bill Charlap puis adopte le tempo plus swing qu’impulse le trio et le morceau se termine après un superbe chrorus du pianiste avant que le chanteur ne boucle le dernier titre de l’album avec autorité.

« Love Is Here To Stay », un album de jazz vocal d’un classicisme avéré dont l’écoute procure un bien-être certain. Au sommet de la maîtrise de leur art, Tony Bennet et Diana Krall renouvellent quelques-uns des grands standards du jazz vocal. Avec une élégance inouïe et une aisance sans pareille, le duo ouvre les portes d’un monde musical délicieux. Ce serait dommage de bouder son plaisir !

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