Jazz Campus en Clunisois 2018 – Sylvain Rifflet et Refocus

Jazz Campus en Clunisois 2018 – Sylvain Rifflet et Refocus

Concerto pour saxophone, cordes et percussions

Samedi 25 août 2018, pour son dernier jour, Jazz Campus présente le projet « Refocus » de Sylvain Rifflet. Sur la scène du théâtre les Arts de Cluny, tel un funambule inspiré et lyrique, le saxophoniste offre un concert à la mise en place rodée et à l’esthétique peaufinée.

Didier Levallet présente le projet « Refocus » de Sylvain Rifflet comme un moment qui lui « tient à cœur ». Le saxophoniste français a travaillé sur le même format et dans le même esprit que Stan Getz en 1961 lorsqu’il a enregistré l’album « Focus », sa « plus aboutie des tentatives de travail musical avec un ensemble à cordes ».

C’est d’ailleurs sous le même label Verve que Sylvain Rifflet a gravé « Refocus » sorti le 15 septembre 2017 comme « Un hommage singulier au « Focus » de Stan Getz ».

« Refocus » sur scène

Sur scène la géométrie de l’orchestre est réduite et le projet « Refocus » est recentré. En effet, de vingt sur l’album, l’effectif des musiciens sur scène se restreint à sept. Ainsi le saxophone ténor de Sylvain Rifflet est entouré d’un quatuor à cordes, le quatuor Appasionato, de la contrebasse de Florent Nisse, du vibraphone et de la batterie tenus par Guillaume Lantonnet.

Loin de la prouesse gravée sur l’album, « Refocus live » ne possède ni la magie, ni la poésie du disque. Néanmoins on a écouté une superbe prestation orchestrale concertante où, sur le devant de la scène, le saxophoniste dialogue brillamment avec l’orchestre au fil d’une partition précise et ouvragée.

Impressions de concert

Le concert débute avec les deux premiers titres de « Refocus » comme deux clins d’œil aux deux premiers morceaux de « Focus » enregistré par Stan Getz. En ouverture, sur Rue Breguet le vibraphone commence avec délicatesse avant l’entrée du saxophone dont le souffle précède le son. Il est rejoint par les cordes du quatuor et de la contrebasse.

Sur Night Run, Guillaume Lantonnet glisse à la batterie et le climat se tend. Le public réagit avec intérêt à l’esthétique peaufinée de la musique.

Après les trois premiers morceaux l’effet de surprise disparaît et l’écoute se fait plus attentive. L’oreille a tout loisir de se concentrer sur la sonorité soignée du saxophone, ses mélodies et ses contrechants, ses phrasés fluides et souples, son expression lyrique et véloce, son souffle délicat et puissant et sa parfaite maîtrise des aigus, sur-aigus et harmoniques.

Sur le vibraphone, la frappe précise, déliée et légère de Guillaume Lantonnet ouvre Echoplex avec de subtils effets de reverb. Après l’entrée des cordes, Florent Nisse réajuste le micro de son instrument pour le plus grand bonheur du public qui peut enfin capter le travail essentiel de la contrebasse. En effet, tout au long du concert, situé à la charnière entre le quatuor et le trio, le contrebassiste assume avec autorité et talent son rôle de soutien rythmique et harmonique.

Le concert se poursuit et Sylvain Rifflet introduit des slaps qui contrastent avec ses phrasés soignés. Sur Une de perdue, une de perdue, le tempo s’accélère les archets frappent puis frottent les cordes, le saxophone prend son envol et explore avec lyrisme toutes les possibilités techniques de son instrument. C’est ensuite un clin d’oeil tout en souplesse à Henry Threadgill.

Après un bref incident technique d’amplification, les musiciens, comme ceux des orchestres classiques, reprennent à la mesure 85 et le concert se poursuit sans accroc. Le saxophone surfe ensuite avec aisance sur une trame rythmique complexe. Les torrents impétueux et maîtrisés des cordes se marient avec les riches textures coloristes du vibraphone et le son large et boisé de la contrebasse.

Sylvain Riflet-Refocus le 25 aout 2018 à Jazz Campus en ClunisoisHarlequin on the string conclut le concert et constitue sans doute un des moments les plus réussis du concert. Tel un funambule inspiré, Sylvain Rifflet semble jouer sans filet sur le fil musical, glisse, rebondit, prend ses aises, flotte et retombe toujours sur la corde.

Le public manifeste son enthousiasme et le saxophoniste revient seul pour un rappel. Sylvain Rifflet offre une version singulière du thème The Peacocks de Jimmy Rowles que Stan Getz avait gravé en duo avec le pianiste. Accompagné d’une shruti box à trois octaves, le leader démontre sa parfaite maîtrise du son mais nul n’avait attendu la fin du set pour en être convaincu.

Avec « Refocus » et Sylvain Rifflet, le dernier concert 2018 de Jazz Campus a offert aux festivaliers un moment musical placé sous le signe de la Beauté. Une écriture et des arrangements léchés, une mise en place précise servie par les qualités techniques indubitables des instrumentistes. On regrette un peu la relative froideur de cette esthétique peu habitée par les émotions.

« Be My Guest : The Duos Project » par David Linx

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Simone Prattico présente « Oriundo »

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Clin d’œil à « Hope » de Kevin Norwood

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Jazz Campus en Clunisois 2018 – Dadada

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Une escapade entre apesanteur et vibrations

Le 24 août 2018, le public se presse au Théâtre Les Arts de Cluny pour écouter « Dadada ». Autour du pianiste Roberto Negro sont réunis le saxophoniste Émile Parisien et le batteur Michele Rabbia. Les paysages musicaux proposés par ces trois improvisateurs émérites déclenchent l’enthousiasme du public.

Avec un intérêt non dissimulé, Didier Levallet présente « Dadada » comme un espace de « circulation entre les paroles » des musiciens inventifs réunis par le pianiste Roberto Negro, un des acteurs les plus actifs et les plus créatifs de la scène jazz européenne.

Dadada

En octobre 2017, le pianiste Roberto Negro a sorti l’album « Saison 3 » (Label Bleu/L’Autre Distribution) avec le saxophoniste Émile Parisien et le batteur-percussionniste Michele Rabbia. Les spectateurs brûlent d’écouter sur scène la musique de ce trio dont le premier disque a obtenu un franc succès.

Drôle d’équipage que celui de ce trio… un poète pianiste, un saxophoniste stellaire et un batteur-sculpteur.

Les trois artistes font plus que jouer de la musique. Ils s’amusent et jouent vraiment avec la musique qu’ils élaborent et façonnent avec un plaisir affiché. Leurs facéties sérieuses oscillent entre arabesques oniriques, abstractions dansantes et furie aérienne.

Impressions de concert

Dadada à Jazz Campus en Clunisois, le 24 aout 201Roberto Negro, Émile Parisien et Michele Rabbia naviguent librement dans un univers qui leur appartient en propre, une sorte de cosmo-musique dans laquelle ils invitent le public à les rejoindre..

Concentré, le batteur caresse la caisse claire, les sons électroniques affleurent, le piano se fait entendre, les percussions s’en mêlent à leur tour vite rejointes par le saxophone. Les interactions s’instaurent entre les trois partenaires… le concert commence.

Entre apesanteur et tumulte, la libre parole des trois musiciens évolue sans obstacle et génère des moments musicaux irrigués de mille nuances. Entre frémissement et frénésie la musique se transforme. Elle se fait passion ou colère, devient murmure ou frisson… même le silence s’insinue sans crier gare.

Roberto Negro et son projet Dadada à Jazz Campus en Clunisois, le 24 aout 2018Le pianiste a composé l’ensemble des titres du répertoire hormis Cantabile de Ligeti qu’il invoque sur son clavier. On écoute Nano, Shampoo, Brimorion et d’autres titres encore dont Roberto Negro dit qu’ils « changent de nom » au fil des semaines mais peu importe le titre pourvu qu’on ait l’ivresse !

Les dynamiques compères font vibrer les ondes sonores. Ils pratiquent une musique physique nimbée d’une euphorie perceptible qu’ils partagent. En totale interaction, ils échafaudent un univers semblable à un arc en ciel de sensations. Calme et tonnerre, douceur et exaspération, caresse et extase, volupté et fureur.

Sur scène les trois virtuoses développent une véritable dramaturgie musicale où se télescopent drôlerie, sérieux, interrogation, autorité, doute et lyrisme. Trois paroles musicales au service d’une musique collective où chacun conserve son identité.

En fin de concert, le piano installe une ambiance crépusculaire que le souffle du soprano teinte de bleu avant de bondir et d’exulter poussé dans ses retranchements par l’arsenal électronique et la batterie volcanique qui délire. Le piano conclut le set qui se termine en douceur dans le bruissement de sacs plastiques froissés et le souffle chuchoté du saxophone.

Euphorique le public ovationne sans retenue le trio qui revient interpréter une dernière « chanson d’amour sicilienne » avant de regagner les coulisses. On se quitte avec regrets mais ressourcé par l’énergie de ce grandiose concert qui fera date dans les archives du festival.

« Be My Guest : The Duos Project » par David Linx

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Clin d’œil à « Hope » de Kevin Norwood

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Jazz Campus en Clunisois 2018 – Concert Pique-nique

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Christophe Monniot - Didier Ithursarry

Le duo d’un Sax’oiseau et d’un Arbr’accordéon

Pour les festivaliers de Jazz Campus, le 24 août 2018 débute avec le rituel incontournable du « concert pique-nique » dans le parc du Haras de Cluny. Cette année, Christophe Monniot et Didier Ithursarry assurent la nourriture spirituelle du déjeuner sur l’herbe. Le public tombe sous le charme du duo. Un des meilleurs souvenirs de l’édition 2018 du festival.

Malgré un temps incertain, le concert « pique-nique » se tient dans le Parc du haras de Cluny. Avec le duo Christophe Monniot & Didier IthursarryChristophe Monniot et Didier Ithursarry au Concert Pique-nique de Jazz Campus le 24 aout 2018 c’est un « retour aux racines des musiques populaires » que promet Didier Levallet au public rassemblé sous les larges branchages du grand tilleul. Des musiciens au public en passant par les organisateurs, toutes les mines affichent leur sourire en guise de soleil.

Les couvertures et les nappes s’étalent sur la pelouse, les chaises se déplient, les verres se remplissent, les corps se détendent, les oreilles se font attentives, le concert peut advenir… les instruments prennent la parole pour le grand bonheur de tous.

Le duo

Christophe Monniot (saxophones sopranino et alto) et Didier Ithursarry (accordéon) n’en sont pas à leur première collaboration. Leur art en duo relève d’un véritable dialogue. Un même souffle inspiré traverse les anches des saxophones et habite les lames de l’accordéon.

Tous deux ont enraciné leur pratique dans les musiques populaires des bals musette et sont par ailleurs d’ardents improvisateurs. Brillants techniciens, ils n’en sont pas moins de sensibles créateurs. De leur complicité résultent des échanges porteurs tour à tour d’énergie, de sensibilité, de précision ou de folie.

Impressions musicales

Au fil du concert, les deux instruments se croisent, s’unissent ou cheminent côte à côte. Sax’oiseau et arbr’accordéon s’entendent à merveille. Le discours musical du duo respire la liberté, pulse l’énergie du jazz et s’enracine dans un monde qui allie tradition des arts populaires et précision des musiques contemporaines.

Large et chaleureux l’accordéon ouvre des fenêtres de liberté au saxophone alto qui se promène du paroxysme au murmure. Lyrique et virtuose le sopranino élève son chant qu’accompagne la plainte grave et sensible de l’accordéon. Le saxophone pose des points d’interrogation auquel répondent les soupirs de l’accordéon.

Le concert

Après le joyeux et enlevé Biguine pour Sushi le duo sopranino-accordéon se fait plus poétique avec un morceau inspiré par un air de l’Opéra de Bizet, Les Pêcheurs de Perles. C’est ensuite au tour de l’alto d’intervenir aux côtés du piano à bretelles sur le superbe Passion que l’accordéoniste Tony Murena a dédié à sa femme.Christophe Monniot au Concert Pique-nique de Jazz Campus le 24 aout 2018

Avec son humour habituel Christophe Monniot confie avoir fait le choix de l’amour et préféré jouer Passion plutôt que le non moins célèbre thème Indifférence que le même Tony la Murène a aussi dédicacé à sa compagne ! A l’occasion le saxophoniste précise que que le duo a gravé un album intitulé « Hymnes à l’amour » à sortir prochainement.

Le duo évoque ensuite l’univers des Forçats, ceux qui sont en détention… mais pas seulement (dixit Christophe Monniot). L’atmosphère change et regarde ensuite vers les Balkans avec un morceau présenté comme un Song for my mother. L’accordéon se fait ambianceur durant l’improvisation poignante du saxophone alto.Partitions de Christophe Monniot au Concert Pique-nique de Jazz Campus le 24 aout 2018

Un troisième souffle s’invite au concert… celui du vent qui taquine micros et les partitions. Quelques pinces à linge et d’habiles réglages des techniciens, et le tour est joué. Rien ne perturbe le concert qui se poursuit de belle manière.

L’ambiance évolue de nouveau lorsque le duo empoigne España Cañi, un morceau phare du répertoire des bals musette que Christophe Monniot et Didier Ithursarry ont pratiqué. Sur ce thème-roi du paso doble, l’interprétation des deux complices s’éloigne des versions habituelles sans pour autant se couper de sa dimension traditionnelle. Ils y rajoutent un soupçon d’amour supplémentaire via des langueurs nostalgiques saisissantes.

Didier Ithursarry au Concert Pique-nique de Jazz Campus le 24 aout 2018Le dernier morceau du set porte le nom de celle qui l’inspire, Soso (chère au cœur du saxophoniste). Porté par l’accordéon dont le son large évoque la profondeur de l’attachement, le saxophone élève avec délicatesse une ode amoureuse zébrée de fulgurances éperdues auxquelles succèdent de tendres motifs apaisés. Une déclaration d’amour vigoureuse et apaisée qui sied au cadre champêtre du concert.

Mis en appétit, le public en redemande et le duo interprète un dernier morceau dédié cette fois au père du saxophoniste. On peut alors goûter une dernière fois à la vélocité allègre du sopranino et à la chaleureuse vibration des lames de l’accordéon.

On aurait bien repris un supplément musical après ce pique- nique savoureux qui laisse à la bouche un sacré goût de revenez-y.

Bientôt… « Hymnes à l’amour »

On quitte malgré tout le concert rassuré à l’idée de pouvoir bientôt goûter de nouveau à la musique de Christophe Monniot et Didier Ithursarry lors de sortie de l’album « Hymnes à l’amour » (ONJ/L’Autre Distribution) annoncé pour le 16 novembre 2018.

Plusieurs rendez-vous se profilent.pour retrouver la musique de Christophe Monniot et Didier Ithursarry, A l’automne dans une prochaine chronique Chorus des « Latins de Jazz ». Sur scène, le 30 novembre 2018 au Petit Duc d’Aix-en-Provence et le 07 décembre 2018 à La Dynamo de Banlieue Bleue de Pantin.

« Be My Guest : The Duos Project » par David Linx

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Simone Prattico présente « Oriundo »

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Clin d’œil à « Hope » de Kevin Norwood

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Jazz Campus en Clunisois 2018 – 23 août 2018

Jazz Campus en Clunisois 2018 – 23 août 2018

Entre écriture et improvisation … tout un programme

Le 23 août 2018, Jazz Campus en Clunisois propose un menu musical étoffé. En ouverture le duo de Jean-Marc Larché/Yves Rousseau au Farinier des Moines puis un double plateau au Théâtre Les Arts avec le duo Benjamin Moussay/Claudia Solal suivi du trio « Un Poco Loco ». Le triomphe de l’improvisation.

Depuis 41 ans, Didier Levallet soutient et valorise avec opiniâtreté les musiques improvisées et les valeurs qui lui sont associées, liberté, créativité, remise en question et renouvellement des formes et des idées musicales.

Cet art de l’improvisation permet aux musiciens de concevoir une sorte d’écriture spontanée qui s’opère en temps réel. Ces moments musicaux improvisés s’appuient quelquefois sur les œuvres préexistantes de grands auteurs baroques, classiques ou contemporains à moins qu’elles ne s’inscrivent dans le corps des compositions originales écrites par les musiciens eux-mêmes. Il advient aussi que les artistes s’expriment dans des espaces de libre improvisation.

Au Farinier des Moines

« Continuum » - Jean-Marc Larché et Yves Rousseau

Le 23 août 2018 à 19h, le saxophoniste Jean-Marc Larché et le contrebassiste Yves Rousseau présentent leur programme « Continum » dans le Farinier des Moines de l’Abbaye de Cluny. Ce lieu se prête tout à fait à à la musique de ce duo, tant par la qualité de son acoustique que par la sérénité que dégage cet espace propice au recueillement et à l’écoute.  Jean-Marc Larcher et Yves Rousseau, le 23 aout 2018 à Jazz Campus en Clunisois

Au répertoire du programme de « Continuum », alternent les compositions de ces deux artistes qui collaborent depuis plus de vingt ans. Adeptes tout autant de l’écriture que de l’improvisation, Jean-Marc Larché et Yves Rousseau sont des (ra)conteurs. Inspirés par des œuvres baroques ou contemporaines. Les deux complices proposent une musique sereine où les fulgurances côtoient les murmures.

Sous le berceau de châtaignier, tel un oiseau éperdu, le saxophone chanteur lance son libre-chant soutenu par la force chaleureuse de la contrebasse. Le public recueilli et attentif a apprécié les confidences que les deux musiciens ont délivré en grande connivence.

Au Théâtre les Arts

« Butter in my Brain » –  Benjamin Mousay et Claudia Solal

Benjamin Moussay, le 23 aout 2018 à Jazz Campus en Clunisois Claudia Solal, le 23 aout 2018 à Jazz Campus en ClunisoisEn ouverture de la première partie de la soirée du 23 août 2018,, Didier Levallet évoque les chansons « offshore » que proposent le pianiste Benjamin Moussay et la chanteuse Claudia Solal. A posteriori, le concert a tout à fait répondu à cette promesse.

Les deux artistes devisent sans filet. Les échanges entre le piano, les claviers et la voix sont explosifs et réservent de belles surprises. Loin des traditionnels duos piano-voix, Claudia Solal et Benjamin Moussay se promènent tels des funambules entre poèmes improvisés, improvisations libres et compositions.

Le pianiste plante les décors, la chanteuse dessine les costumes et ensemble ils scénarisent leur répertoire « Continuum ». Le duo enchaîne les titres avec une réelle théâtralité et présente l’univers singulier de leurs confidences où l’improvisation règne en maître.Benjamin Moussay et Claudia Solal, le 23 aout 2018 à Jazz Campus en Clunisois

The grass is greener, Nightcap for Sparrows, Butter in my Brain, The house that Jack Built, Smokehouse on the Ocean dédié à Martial Solal, Trees Are Green, I Confess se succèdent et comblent le public qui soutient chaleureusement les performances du duo.

On aurait volontiers repris une tartine de Butter in my Brain.!

« Feelin’ pretty » - Un Poco Loco

En seconde partie de la soirée du 23 août 2018 Didier Levallet a programmé le trio « Un Poco Loco » qui porte le nom d’une composition de Bud Powel et incarne pour lui « la vitalité de la musique improvisée ».

Atypique dans son instrumentation, le groupe réunit le tromboniste Fidel Fourneyron, le saxophoniste et clarinettiste Geoffroy Gesser et le contrebassiste Sébastien Beliah. Le dernier projet des trois artistes, « Feelin’ Pretty », consiste en une relecture inventive de « West  Side Story » de Leonard Bernstein. Inspirés du chef d’œuvre du compositeur américain, les jeunes artistes ont pris leurs distances vis à vis de ce monument musical qu’ils ont décortiqué et dont ils proposent une version impertinente et drôle.

Au fil du concert, les thèmes de Bernstein se révèlent aux détours des morceaux travestis, découpés puis ré-assemblés avec insolence et humour. S’y ajoutent trois compositions originales « inspirées de loin… », dixit Fidel Fourneyron.

Explorée tour à tour par les trois musiciens, la dimension rythmique prédomine dans l’expression du trio mais la musique explore largement les champs harmonique et mélodique. Les timbres des instruments se complètent,  les improvisations s’imbriquent, les lignes mélodiques se croisent dans de denses climats harmoniques. Un véritable travail d’orfèvrerie.

"Un Poco Loco", le 23 aout 2018 à Jazz Campus en ClunisoisLa folie affleure à chaque instant pourtant la mise en place demeure précise. En effet chaque membre du trio maîtrise techniquement son instrument ce qui permet à chacun de jouer avec aisance et de laisser libre-court à sa créativité et à son imagination pour improviser et échanger en totale interaction.

Porté par l’accueil enthousiaste du public, le trio revient jouer América dont il propose une version lumineuse et contrastée. Avec générosité « Un Poco Loco » répond une seconde fois aux rappels du public et interprètent une superbe et surprenante mouture minimaliste du thème de Dizzy Gillespie, Tin Tin Deo.

Tels trois solistes échappés d’un big band, Fidel Fourneyron, Geoffroy Gesser et Sébastien Beliah réalisent la performance absolue de restituer à trois une dimension orchestrale porteuse d’un dynamisme explosif et d’une riche texture harmonique. Les festivaliers ne s’y sont pas trompés et ont réservé une véritable ovation au vigoureux et savoureux travail de ce trio un peu fou.

« Be My Guest : The Duos Project » par David Linx

« Be My Guest : The Duos Project » par David Linx

David Linx revient avec « Be My Guest, The Duos Project ». Sur cet album, le chanteur, compositeur et parolier poursuit son exploration de l’art du chant. Il dialogue avec quinze invités talentueux croisés dans le monde au fil des ans. Ces duos inédits dessinent les états d’âme de quinze contrées musicales aux climats fort différents. Une œuvre à découvrir absolument !

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Simone Prattico présente « Oriundo »

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Clin d’œil à « Hope » de Kevin Norwood

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Jazz Campus en Clunisois 2018 – Letters to Marlene

Jazz Campus en Clunisois 2018 – Letters to Marlene

Une poésie musicale sensible et puissante

La venue à Jazz Campus en Clunisois le 22 août 2018 de Guillaume de Chassy, Christophe Marguet et Andy Sheppard permet au public du festival d’écouter leur nouveau projet « Letters to Marlene ». Traversé par une force émotionnelle bouleversante, le public a accueilli avec chaleur ce projet ambitieux et réussi.

Après l’album « Letters to Marlene » paru le 09 mai 2018 sous le label NoMadMusic, le pianiste Guillaume de Chassy, le batteur Christophe Marguet et le saxophoniste Andy Sheppard sont invités le 22 août 2018 sur la scène du Théâtre les Arts de Cluny. Avec un plaisir affiché, Didier Levallet annonce les trois musiciens venus présenter la version « live » de leur projet.

Lors de la sortie du disque, on a déjà apprécié « Letters to Marlene », cette « arme musicale porteuse d’espoir » qui allie puissance et sensibilité. Après le concert du trio, on est convaincu par la version scénique de la musique qui a aussi emporté l’adhésion du public.

« Letters to Marlene » sur scène

Des archives sonores intégrées à la trame musicale

Sur scène, le projet « Letters to Marlene » intègre de belle manière des archives sonores qui font plus encore résonner le sens du projet.

Elles enrichissent la trame musicale où se reflètent plus encore l’engagement de Marlene Dietrich, son refus du nazisme, son soutien vis à vis des forces alliées et la dimension humaine de cette artiste. En effet, la force et les émotions générées par les témoignages vocaux renforcent la perception de la lumière, de l’espoir et de l’énergie contenus dans la musique. Les voix d’Hitler, Churchill et de Gaulle glacent ou stimulent. Celles de Marlene Dietrich et de Jean Gabin contribuent à l’humaniser.

Un trio complice

D’emblée on est frappé par la proximité scénique des musiciens, reflet de leur extrême complicité musicale. De fait, ce sont bien trois musiciens qui interprètent les compositions de Christophe Marguet et Guillaume de Chassy mais chez eux point d’ego parasite, point de démonstration.

Tout au long du concert, leur écoute mutuelle génère de superbes interactions. Les expressions individuelles fusionnent et c’est bien de l’expression d’un trio dont il s’agit. Un trio où chacun est au service de l’autre, où le trait de l’un inspire la parole de l’autre et oriente son expression. Il en résulte une musique somptueuse et cohérente.

Un concert vibrant de nuances

Déroulé en trois époques, le répertoire capte l’attention du public qui vibre de bout en bout.

Au fil des thèmes, la soirée propose des moments chargés de joie, d’énergie, de rêve, de recueillement, d’espoir et de force. Entre fragilité et force la musique déroule des climats oniriques où vivent solitude et nostalgie. Elle développe aussi des moments furieux qui évoquent le combat et l’engagement. Elle fait affleurer le drame mais privilégie l’espoir.

Après la prière délicate élevée tout en souplesse à Lili Marleen le propos de la musique s’épaissit. Martiales, les troupes américaines débarquent sur America au découpage rythmique complexe.

Et in Terra Pax Hominibus Bonae Voluntatis ouvre sur le chant recueilli du saxophone puis les trois musiciens unissent leur voix pour tisser une sérénade lyrique. Sur Les Ardennes le saxophone se faufile parmi les tirs croisés de la batterie et du piano. Le climat d’abord intimiste du thème The Dress gagne ensuite en intensité.Letters to Marlene - G. de Chassy-C. Marguet-A. Sheppard_300 à Jazz Campus en Clunisois le 22 aout 2018

A Dinner at Marlene’s Place développe un climat alerte et dense. La superbe composition de Christophe Marguet, Ein Koffer in Berlin, apparait comme un des moments-clés du concert. Dans la musique en expansion l’énergie croise la poésie, le lyrisme s’unit au silence qui convoque une poésie poignante. Sur Falling in Love Again les musiciens invitent sur scène le fantôme de Marlene à travers sa voix qu’ils accompagnent. Un moment bouleversant.

En rappel, Guillaume de Chassy, Christophe Marguet et Andy Sheppard offrent au public le climat sépia d’un Last Dance poignant de mélancolie.

Après un tel concert, le retour à la réalité est difficile mais demeurent de superbes souvenirs de « Letters to Marlene ». Le souffle poétique du saxophone ténor, le chant inspiré du soprano lyrique. Sur les cymbales et la batterie, la frappe puissante des baguettes, la rondeur des mailloches, la souplesse des mains, les tendres caresses des balais. Le « colorisme » joyeux, l’expression dramatique du piano et ses délicates envolées.

« Be My Guest : The Duos Project » par David Linx

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Clin d’œil à « Hope » de Kevin Norwood

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Le chanteur et compositeur Kevin Norwwod revient avec « Hope », un second opus fort réussi. Entouré de trois musiciens d’exception, il présente un nouveau répertoire où sa voix au timbre singulier se déploie au-dessus du jeu dynamique et nuancé du trio. Un album élégant aux ambiances magiques.

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Tony Bennett & Diana Krall en duo sur “Love Is Here To Stay”

Tony Bennett & Diana Krall en duo sur “Love Is Here To Stay”

Célébration élégante de la musique de Gershwin

Tony Bennett et Diana Krall célèbrent ensemble la musique de George et Ira Gershwin sur l’album “Love Is Here To Stay”. Le premier album en commun de ces deux stars du jazz vocal américain procure un plaisir d’écoute dont il serait dommage de se priver… du jazz classique et délicieux.

Couverture de l'album "Love Is Here To" par Tony Bennet et Diana KrallAprès avoir déjà gravé des titres ensemble en 2001 et 2006, Tony Bennett et Diana Krall reviennent en duo le 14 septembre 2018 avec l’album “Love Is Here To Stay” (Verve Records/Columbia Records/Universal).

Un duo pas banal, un vénérable vétéran de l’art vocal masculin âgé de 92 ans et une diva du jazz canadien qui brille autant derrière son piano que devant son micro.

120ème anniversaire de la naissance de George Gershwin

Ces deux stars de deux générations différentes ont en commun d’une part un succès qui ne se dément ni pour l’une ni pour l’autre et d’autre part un amour paratgé pour la musique de Gershwin. L’album “Love Is Here To Stay” tombe à pic et sa sortie précède de peu le 26 septembre, date du 120ème anniversaire de la naissance de George Gershwin,

« Love Is Here To Stay », premier album en commun du duo

Tony Bennett et Diana Krall ont tourné ensemble en 2000 et ont ensuite enregistré des titres en duos, Alright, Okay, You Win sur “Playin’ With My Friends” en 2001 et The Best is yet to come sur “Duets : An American Classic” en 2006, deux albums du chanteur. Par contre ce nouvel opus, « Love Is Here To Stay », est de fait leur premier album en commun.

Après Amy Winehouse et Lady Gaga, Tony Bennett chante en tandem avec Diana Krall (qui délaisse son clavier) et ce n’est pas pour déplaire aux amateurs de jazz vocal.

Sur “Love Is Here To Stay” on retrouve avec plaisir le duo accompagné par le pianiste Bill Charlap, le contrebassiste Peter Washington et le batteur Kenny Washington sur douze standards gershwiniens dont les très connus S’ Wonderful, qui ouvre l’album, Love Is Here to Stay, They Can’t Take That Away From Me, Nice Work If You Can Get It et Fascinating Rhythm.

Pour la première fois, les deux chanteurs enregistrent My One and Only and I’ve Got A Crush On You jamais encore gravés, ni par l’un, ni par l’autre.

Deux titres en solo

Si les artistes duo interprètent dix morceaux en duo, chacun chante un titre en solo.

Sur But not for me, Diana Krall excelle de souplesse et de décontraction alors que Bill Charlap prodigue à la chanteuse un accompagnement minimaliste auquel tout vocaliste aspire. Notes choisies et posées sur le clavier comme des perles sur un fil musical épuré et étiré qui laisse toute latitude à la chanteuse pour s’exprimer avec délicatesse, sensibilité et grâce.

Quant à Tony Bennett, il attaque Who Care en douceur avec Bill Charlap puis adopte le tempo plus swing qu’impulse le trio et le morceau se termine après un superbe chrorus du pianiste avant que le chanteur ne boucle le dernier titre de l’album avec autorité.

« Love Is Here To Stay », un album de jazz vocal d’un classicisme avéré dont l’écoute procure un bien-être certain. Au sommet de la maîtrise de leur art, Tony Bennet et Diana Krall renouvellent quelques-uns des grands standards du jazz vocal. Avec une élégance inouïe et une aisance sans pareille, le duo ouvre les portes d’un monde musical délicieux. Ce serait dommage de bouder son plaisir !

« Be My Guest : The Duos Project » par David Linx

« Be My Guest : The Duos Project » par David Linx

David Linx revient avec « Be My Guest, The Duos Project ». Sur cet album, le chanteur, compositeur et parolier poursuit son exploration de l’art du chant. Il dialogue avec quinze invités talentueux croisés dans le monde au fil des ans. Ces duos inédits dessinent les états d’âme de quinze contrées musicales aux climats fort différents. Une œuvre à découvrir absolument !

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Simone Prattico présente « Oriundo »

Simone Prattico présente « Oriundo »

Au fil des huit pistes de l’album « Oriundo », le batteur italien Simone Prattico pratique un art qui navigue entre dynamisme et romantisme. Métissage réussi entre sa culture méditerranéenne et la musique afro-américaine, son jazz moderne cultive tout à la fois intensité, souplesse et élégance. Une musique qui génère de tendres émotions.

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Clin d’œil à « Hope » de Kevin Norwood

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Le chanteur et compositeur Kevin Norwwod revient avec « Hope », un second opus fort réussi. Entouré de trois musiciens d’exception, il présente un nouveau répertoire où sa voix au timbre singulier se déploie au-dessus du jeu dynamique et nuancé du trio. Un album élégant aux ambiances magiques.

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Ambronay 2018 – Les concerts du Chapiteau

Ambronay 2018 – Les concerts du Chapiteau

Musiques du Monde entre Orient et Occident

Du 14 septembre au 07 octobre, le prestigieux Festival Ambronay 2018 élargit sa 39ème édition au Cosmos tout entier. Outre sa prestigieuse programmation d’œuvres baroques, le festival propose aussi des Musiques du Monde de haut vol sur sa seconde scène, le Chapiteau.

Visuel Festival Ambronay 2018Après avoir consacré les deux premiers volets de son tryptique Vibrations à la Lumière en 2016 puis au Souffle en 2017, le Festival d’Ambronay 2018 prend pour thème final, le Cosmos.

Les concerts proposés affichent de grands noms de la musique baroque, des stars comme René Jacobs, Paul Agnew, Leonardo García Alarcón, Jordi Savall, Laurence Equilbey et Veronique Gens mais aussi des étoiles montantes avec Valer Sabadus, Dmitry Sinkovsky, Sébastien Doucé, Les Surprises, Les Ombres, Sollazzo Ensemble. Sans oublier des artistes et groupes émergents avec la 5ème édition du Festival eeemerging et sa constellation de nouveaux talents.

En point d’orgue à ce voyage dans les galaxies du baroque, une « Journée Cosmique » est proposée le 06 octobre sous le parrainage bienveillant d’Hubert Reeves qui invite à le rejoindre sous les cieux étoilés. Le site du Festival ambronay 2018 permet de découvrir la programmation exhaustive de cette édition,

En 2018, Daniel Bizeray et le festival d’Ambronay promettent des moments festifs sur sa seconde scène, le Chapiteau. Le programme des réjouissances annoncées est alléchant. Dès16h les dimanches, des spectacles jeune-public. Dès 21h les samedis, des concerts de Musique du Monde avec des « afters » en entrée libre au Bar du Festival les 15, 22 et 29 septembre.

3MA : Anarouz, à 21h le samedi 15 septembre 2018

Rendez-vous sous le chapiteau avec 3MA pour écouter des Musiques traditionnelles d’Afrique émaillées d’Improvisations avec 3 musiciens virtuoses venus du MAli, de MAdagascar et du MAroc. Le spectacle intitulé Anarouz, « Magie » en berbère, promet des variations musicales généreuses prodiguées par Ballaké Sissoko (kora), Driss El Maloumi (oud) et Rajery (valiha).

Après 22h30 la soirée se poursuit avec le rituel « After » au Bar du festival. Place aux musiques d’Iran avec le duo qui réunit Navid Abbassi (tar et chant) et David Bruley (percussions).

Bab Assalam, à 21h le samedi 22 septembre 2018

Le Chapiteau accueille le trio Bab Assalam avec Khaled Aljaramani (oud, chant), Raphaël Vuillard (clarinettes) et Mohanad Aljaramani (percussions, chant). Un voyage franco-syrien où les instruments incitent à la méditation musicale. Bab Assalam prolonge la soirée après 22h30 au Bar du Festival après 22h30 pour un « After » qui prolonge le voyage hors du temps et de l’espace que propose le trio.

Al Viento, à 21h le samedi 29 septembre 2018

Sur la scène du Chapiteau, place au duo subtil qui réunit Pedro Soler (guitare flamenca) et Gaspar Claus (violoncelle) autour de leur projet Al Viento. Le chant profond de la guitare flamenca du père prend toute sa force aux côtés de la plainte du violoncelle caressant ou éraillé du fils. Avec ce duo subtil, la tradition flamenca s’invente une modernité.

Après 22h30, Arandel poursuit la soirée avec un « After électro » intitulé « Switched on Bach ». Tout un programme en perspective !

Estrellas Argentinas, à 21h le samedi 06 octobre 2018

Bien connue des spectateurs du Festival pour ses apparitions lumineuses dans l’Abbatiale auprès de Leonardo García Alarcón, la soprano Mariana Flores rend hommage aux femmes d’Amérique Latine accompagnée au piano et à la guitare par Quito Gato.

Un récital qui présente quelques-unes des plus belles chansons populaires argentines du XXème siècle avec sans doute, Chiquilin de Bachin d’Astor Piazzola, Volver de Carlos Gardel, Dorotea la cautiva et Alfonsina y el mar extraits de la suite Mujeres Argentinas de Ariel Ramírez, mais aussi des mélodies d’Amérique du Sud comme La Flor de la Canela de la péruvienne Chabuca Granda.

Ces étoiles argentines, « Estrellas Argentinas » s’inscrivent dans la « Journée cosmique » du 06 octobre 2018.

« Journée cosmique » le 06 octobre 2018

Pour cette « Journée Cosmique » du 06 octobre 2018 parrainée par l’écrivain, astrophysicien et cosmologue Hubert Reeves, le Festival Ambronay 2018 propose quatre concerts et une conférence d’Hubert Reeves. Une expérience à vivre entre Abbatiale et Chapiteau avec une constellation d’activités.

Outre « Estrellas Argentinas » déjà évoquées et proposées à 21h sous le Chapiteau, le public peut écouter à 15h dans l’Abbatiale « Heavenly Fantasy » par Hopkinson Smith et son luth, poursuivre à 17h sous le Chapiteau avec la conférence d’Hubert Reeves intitulée « Vibrations, du cosmos à la musique », retrouver Itay Jedlin et le Concert Étranger qui interprètent « Conversation avec le ciel » à l’Abbatiale. La soirée se termine avec La Bella Stella, des madrigaux et motets de l’Ars Nova français et italien joués par le Sollazzo Ensemble.

« Be My Guest : The Duos Project » par David Linx

« Be My Guest : The Duos Project » par David Linx

David Linx revient avec « Be My Guest, The Duos Project ». Sur cet album, le chanteur, compositeur et parolier poursuit son exploration de l’art du chant. Il dialogue avec quinze invités talentueux croisés dans le monde au fil des ans. Ces duos inédits dessinent les états d’âme de quinze contrées musicales aux climats fort différents. Une œuvre à découvrir absolument !

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Simone Prattico présente « Oriundo »

Simone Prattico présente « Oriundo »

Au fil des huit pistes de l’album « Oriundo », le batteur italien Simone Prattico pratique un art qui navigue entre dynamisme et romantisme. Métissage réussi entre sa culture méditerranéenne et la musique afro-américaine, son jazz moderne cultive tout à la fois intensité, souplesse et élégance. Une musique qui génère de tendres émotions.

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Clin d’œil à « Hope » de Kevin Norwood

Clin d’œil à « Hope » de Kevin Norwood

Le chanteur et compositeur Kevin Norwwod revient avec « Hope », un second opus fort réussi. Entouré de trois musiciens d’exception, il présente un nouveau répertoire où sa voix au timbre singulier se déploie au-dessus du jeu dynamique et nuancé du trio. Un album élégant aux ambiances magiques.

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Echo#6-Jazz à Vienne 2018

Echo#6-Jazz à Vienne 2018

Sans hit racoleur ni tête d’affiche, le Jazz vit à Cybèle

Après la 38ème édition de Jazz à Vienne 2018, les organisateurs dressent un bilan positif. Fréquentation augmentée, créations musicales, ouverture du jazz vers les musiques métissées. Le public ne s’est pas trompé. Les scènes de Cybèle se sont imposées comme le lieu où le jazz se distancie des audiences et dévoile sa diversité.

Avec cet Echo#6-Jazz à Vienne 2018, on jette un dernier regard dans le rétroviseur de la trentième-huitième édition du festival isérois pour évoquer quelques souvenirs qui complètent Echo#1-Jazz à Vienne 2018, Echo#2-Jazz à Vienne 2018Echo#3-Jazz à Vienne 2018Echo#4-Jazz à Vienne 2018Echo#5-Jazz à Vienne 2018 et Jazz à Vienne 2018-Tremplin national RéZZo FOCAL.

Certes le Théâtre Antique de Vienne constitue le fondement du festival, le Théâtre de la ville de Vienne propose aussi une programmation étoffée et variée puisqu’elle réunit maintenant les scènes du Club de Minuit et celle du Jazz-Mix  mais  au fil des années, les scènes de Cybèle constituent un lieu des plus attractifs de Jazz à Vienne. A plusieurs titres d’ailleurs.

Entre 12h et 23h, la programmation diversifiée est représentative de l’ensemble des courants du jazz actuel. Très riche, elle réunit des artistes internationaux, nationaux et régionaux triés sur le volet par les programmateurs. Le travail des équipes techniques permet d’écouter les concerts dans des conditions sonores qui n’ont rien à envier à la plupart des salles. Par ailleurs, le public bénéficie de conditions d’écoute privilégiées à l’abri des rayons du soleil, et ce qui ne gâte rien, ce festival off est proposé en libre accès.

En toute liberté, le public découvre, écoute, apprécie, encourage les artistes et échange en toute convivialité avec qui veut bien partager ses impressions. Les artistes ne sont pas en reste. Ils manifestent un grand respect vis à vis du public auquel ils offrent leur musique avec générosité.

Outre les concerts du Théâtre Antique déjà évoqués dans les « Echos » précédents, on se souvient d’autres superbes impressions musicales. La prestation exigeante, technique, enlevée et très novatrice du trompettiste Ambrose Akinmusire venu en quartet ouvrir la soirée du 09 juillet 2018 dont la tête d’affiche annonçait la création de « Queen of Sheba » avec Angelique Kidjo, Ibrahim Maalouf et l’Orchestre des Pays de Savoie.

De cette 38ème édition de Jazz à Vienne on retient aussi la ferveur furieuse de Thomas de Pourquery et les musiciens du SupersonicLaurent Bardainne (saxophone ténor), Fabrice Martinez (trompette, bugle),  Arnaud Roulin (piano, claviers), Frédéric Galiay (basse) et Edward Perraud (batterie). En ouverture de la soirée du 11 juillet 2018, ils ont ait décoller le public du Théâtre Antique au son de leur jazz cosmique absolument sidérant.

Le 12 juillet 2018 a ouvert avec le trompettiste Roy Hargrove dans une très grande forme à la tête de son quintet. Avec souplesse et énergie il a présenté un set superbe. Ses notes précises et élégantes ont contrasté avec celles tempétueuses et véloces de l’altiste Justin Robinson. Son jazz acoustique s’est promené entre post-bop et sonorités néo-orléanaises et a même endossé le rôle de chanteur avec bonheur.

La soirée se conclut en beauté avec le chanteur Gregory Porter venu présenter le répertoire de son dernier album « Nat King Cole & Me » avec l’Orchestre National de Lyon dirigé par Vince Mendoza. Mise en valeur par les arrangements du chef d’orchestre, la voix du baryton a encore gagné en profondeur, en souplesse et en gravité. Un show sans faute où charme, nuances et swing ont ravi le public du Théâtre Antique.

A peine se termine Jazz à Vienne 2018 que se profile déjà la 39ème édition du festival qui se tiendra du 28 juin au 13 juillet 2019 avec un visuel confié au dessinateur l’illustrateur et dessinateur de bande dessinée Jacques de Loustal.

« Be My Guest : The Duos Project » par David Linx

« Be My Guest : The Duos Project » par David Linx

David Linx revient avec « Be My Guest, The Duos Project ». Sur cet album, le chanteur, compositeur et parolier poursuit son exploration de l’art du chant. Il dialogue avec quinze invités talentueux croisés dans le monde au fil des ans. Ces duos inédits dessinent les états d’âme de quinze contrées musicales aux climats fort différents. Une œuvre à découvrir absolument !

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Simone Prattico présente « Oriundo »

Simone Prattico présente « Oriundo »

Au fil des huit pistes de l’album « Oriundo », le batteur italien Simone Prattico pratique un art qui navigue entre dynamisme et romantisme. Métissage réussi entre sa culture méditerranéenne et la musique afro-américaine, son jazz moderne cultive tout à la fois intensité, souplesse et élégance. Une musique qui génère de tendres émotions.

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Clin d’œil à « Hope » de Kevin Norwood

Clin d’œil à « Hope » de Kevin Norwood

Le chanteur et compositeur Kevin Norwwod revient avec « Hope », un second opus fort réussi. Entouré de trois musiciens d’exception, il présente un nouveau répertoire où sa voix au timbre singulier se déploie au-dessus du jeu dynamique et nuancé du trio. Un album élégant aux ambiances magiques.

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Echo#6-Jazz à Vienne 2018

Echo#5-Jazz à Vienne 2018

Hermeto Pascoal & Grupo - Gilberto Gil

Le 08 juillet 2018 le Théâtre Antique de Vienne accueille les univers contrastés de deux stars de la musique brésilienne, Hermeto Pascoal et Gilberto Gil. Tel un alchimiste inventif et malicieux, le premier déclenche l’enthousiasme du public. Maître de cérémonie d’un show aux accents africains, le second reçoit une ovation chaleureuse.

Echo#5-Jazz à Vienne 2018 fait un clin d’oeil à la soirée du 08 juillet 2018 dont l’affiche brésilieEcho#5-Jazz à Vienne 2018nne réunit deux musiciens légendaires du Brésil.

Le pluri-instrumentiste Hermeto Pascoal ouvre la soirée. Depuis les années 70, son univers multiforme aux couleurs expérimentales lui vaut d’avoir été qualifié de génial. A 82 ans, à la tête de son Grupo il demeure aujourd’hui encore porteur de propositions musicales renouvelées.

Le second set proposé par Gilberto Gil réunit autour de lui famille et amis. Le co-fondateur du tropicalisme et ancien ministre de la culture du Brésil opère un retour sur les influences africaines qui ont irrigué sa musique.

Hermeto Pascoal & Grupo… loin des conventions

Avec l’arrivée en fanfare du Grupo débute un premier set haut en couleur que l’octogénaire brésilien Hermeto Pascoal va mener sur un rythme époustouflant. L’équipe musicale du leader réunit le pianiste éxubérant André Marques, le souffleur (saxophones soprano, alto et ténor, flûtes) survolté Jota P, le bassiste mélodiste et chanteur Itiberê Zwarg, le percussionniste Fabio Pascoal et le solide batteur Ajurinã Zwarg.

Chemise colorée, chapeau sur la tête, le patron du Grupo officie derrière ses claviers et devant une table chargée de jouets d’enfants et d’objets singuliers promus au rôle d’instruments par le farceur Hermeto Pascoal à la barbe blanche. Il dirige son équipe avec une bienveillante, tonique et constante attention, dirigeant de la main, de l’épaule ou de sa barbe blanche les mouvements musicaux auxquels il participe avec ardeur.

Élaborée en temps réel, la musique se construit sous la direction du leader. A partir des improvisations débridées des talentueux solistes, Hermeto Pascoal organise une musique cohérente qu’il fait tourner au gré de ses perceptions et inspirations. La dense trame musicale oscille entre art brut et raffinement sophistiqué. Les bruits côtoient les harmonies élaborées et les mélodies coloristes, cris énergiques et polyrythmies complexes se chevauchent.Echo#5-Jazz à Vienne 2018, Hermeto Pascoal

Sans console, tel un barde DJ inspiré, Hermeto Pascoal mixe la musique en direct. Il saisit l’opportunité du chorus d’un instrumentiste pour réunir les autres membres de l’équipe auxquels il transmet les nouvelles consignes de jeu, un verre de vin rouge à la main, puis les renvoie dans la zone musicale avec des encouragements qu’il prodigue avec largesse, à distance ou en proximité.

Le leader ponctue le set d’interventions vocales en direction de ses compagnons et de harangues en direction du public. ll ne se prive pas non plus de bidouillages sonores via pandeiro, melodica et objets improbables transformés en instruments comme des jouets d’enfants, une corne bidouillée avec laquelle il entreprend un duo avec le flutiste ou encore.une bouilloire greffée d’une embouchure et emplie d’eau qu’il utilise pour improviser un Around Midningt surréaliste.

Ainsi élaboré, le set génère chez le public des sensations qui déclenchent surprise et enthousiasme. Sur le dernier morceau Hermeto Pascoal présente Juliette, celle qui « joue d’un instrument différent » et a mêlé à plusieurs reprises durant le set sa danse contorsionniste à la musique du Grupo.

Après un rappel commencé au piano, Hermeto Pascoal quitte la scène en remerciant le public qui l’acclame sans retenue. Sans se prendre au sérieux, il célèbre une musique universelle qui se contrefout des frontières et porte en son sein l’âme d’un jazz inventif sans cesse ressourcé.

Gilberto Gil, ses amis et sa famille… Refavela 40

Gilberto Gil fait partie des habitués du festival Jazz à Vienne qui l’a accueilli à de nombreuses reprises pour le plus grand plaisir du public. Cette fois il vient présenter le projet « Refavela 40 ». A ses côtés sur scène, Bem Gil, son fils guitariste, est directeur artistique et arrangeur de cette relecture musicale de l’album « Refavela » paru en en 1977.

Echo#5-Jazz à Vienne 2018, Gilberto GilAux côtés de Bem Gil, le set commence avec trois choristes, la fille aînée, la belle-fille et la petite-fille aînée du leader, la chanteuse italienne Chiara Civello, la Capverdienne Mayra Andrade, le chanteur et accordéoniste brésilien Mestrinho, la batteur Domenico Lancellotti, le bassiste Bruno Di Lullo, le percussionniste Thomas Harres, le trompettiste Mateus Aleluia Filho, et le saxophoniste et flutiste Thiagô Queiroz.

Un véritable show commence sans la présence du boss qui se fait désirer durant cinq morceaux rondement troussés par l’ensemble des protagonistes engagés. La superbe Samba do aviãio de Jobim se glisse même dans le répertoire. Danses, chants et rythmes animent la scène et mobilisent le public qui répond présent sans se faire prier.

S’il arpente la scène de bout en bout avec son micro et fait montre d’entrain, Gilberto Gil ne dégage cependant pas son charisme habituel. Après avoir remercié ses amis et les membres de sa famille pour leur « présence, amour et affection », il contextualise le projet de la soirée. Il fait le lien avec son concert donné en 1977 au Festival Mondial d’Art et de Culture Noire à Lagos au Nigéria et l’enregistrement la même année de l’album « Refavela », fortement imprégné de la culture africaine.

La star du Nordeste raconte avoir « rapporté un balafon de Guinée au Brésil » et composé la chanson Balafon que le groupe interprète dans la foulée avec le soutien du percussionniste sur l’instrument du même nom. Le chanteur dialogue avec son orchestre. Suivant une mise en place précise et très bien organisée, le set se poursuit et fait alterner  baiaos nordestins et sambas funk. Présentes dans la musique, les rythmiques africaines n’en occupent pourtant pas le centre.

Soucieux de donner au public des repères familiers, Gilberto Gil invite la musique de Bob Marley et quelques-uns de ses tubes qu’il reprend en rappel soutenu par les spectateurs venus le rejoindre devant la scène.

« Be My Guest : The Duos Project » par David Linx

« Be My Guest : The Duos Project » par David Linx

David Linx revient avec « Be My Guest, The Duos Project ». Sur cet album, le chanteur, compositeur et parolier poursuit son exploration de l’art du chant. Il dialogue avec quinze invités talentueux croisés dans le monde au fil des ans. Ces duos inédits dessinent les états d’âme de quinze contrées musicales aux climats fort différents. Une œuvre à découvrir absolument !

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Simone Prattico présente « Oriundo »

Simone Prattico présente « Oriundo »

Au fil des huit pistes de l’album « Oriundo », le batteur italien Simone Prattico pratique un art qui navigue entre dynamisme et romantisme. Métissage réussi entre sa culture méditerranéenne et la musique afro-américaine, son jazz moderne cultive tout à la fois intensité, souplesse et élégance. Une musique qui génère de tendres émotions.

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Clin d’œil à « Hope » de Kevin Norwood

Clin d’œil à « Hope » de Kevin Norwood

Le chanteur et compositeur Kevin Norwwod revient avec « Hope », un second opus fort réussi. Entouré de trois musiciens d’exception, il présente un nouveau répertoire où sa voix au timbre singulier se déploie au-dessus du jeu dynamique et nuancé du trio. Un album élégant aux ambiances magiques.

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Echo#4-Nuits de Fourvière 2018

Echo#4-Nuits de Fourvière 2018

Antoine Boyer - Seu Jorge 

L’affiche du 06 juillet 2018 des Nuits de Fourvière est prometteuse. Le chanteur brésilien Seu Jorge accompagné par 26 musiciens de l’orchestre de l’Opéra de Lyon propose une reprise orchestrée de son spectacle « The Life Aquatic ». En ouverture de la soirée la venue d’un jeune prodige de la guitare, Antoine Boyer. Musicalité de bout en bout !

Avec cet Echo#4-Nuits de Fourvière 2018 on se souvient du 06 juillet 2018 aux Nuits de Fourvière. La soirée sans pluie s’annonce bien mais c’est sans compter avec l’actualité sportive internationale qui, durant la première partie de soirée, détourne l’attention de nombreux spectateurs.Echo#4-Nuits de Fourvière 2018

En effet le premier set du guitariste Antoine Boyer dont la teneur confine au récital ne parvient pas à capter l’intérêt de certains festivaliers. Les yeux rivés sur les écrans de leurs smartphones, une grande majorité du public des gradins commente et ponctue de vivas peu discrets chaque action de jeu des sportifs du ballon rond, oublieux de la raison même de leur venue, du respect dû à l’artiste et aux autres spectateurs.

Il faut qu’enfin surviennent la fin des compétions sportives, la nuit, la présence magnétique de Seu Jorge et la puissance scénique des musiciens de l’Opéra de Lyon pour qu’enfin les spectateurs dissipés se recentrent sur le spectacle proposé.

Antoine Boyer, prodige absolu de la guitare.

Sur scène, trois guitares : acoustique, classique et électrique. Costume bleu à rayures, pochette et tee-shirt blanc, Antoine Boyer se présente avec un sourire qui témoigne de son plaisir exprimé à se produire dans le cadre du Grand Théâtre de Fourvière en première partie de Seu Jorge.

Faisant montre d’une virtuosité, d’une maîtrise et d’une aisance sans pareilles, le jeune prodige de la guitare, Antoine Boyer, présente un répertoire de six morceaux qui permettent de découvrir l’ouverture de son expression artistique et de prendre la mesure de son talent.

Debout ou assis, il passe d’une guitare à une autre en fonction des thèmes et des styles qui alternent. Après Norwegian Modd des Beatles, il interprète Road Trip, une composition personnelle entre blues, valse et country. Avec beaucoup d’à-propos il joueLife on Mars de David Bowie avant d’enchaîner avec The Sound of Silence de Simon and Garfunkel. Après pop, rock et folk, il se tourne vers le jazz avec We will meet again de Bill Evans. Enfin, il fait un clin d’oeil délicat à la patrie de Seu Jorge, avec une composition dédiée au compositeur et guitariste brésilien Yamandu Costa.

Antoine Boyer a offert une prestation d’une grande fraîcheur et d’un haut niveau technique. Son jeu explore le côté polyphonique de la guitare. La richesse de ses harmonisations valorise les mélodies exposées. Son jeu fait coexister dans une même temporalité l’équilibre étonnant des dimensions mélodique, harmonique et rythmique de la guitare. Une musique exigeante et un festin de musicalité.

Seu Jorge & les musiciens de l’orchestre de l’Opéra de Lyon

En  2004, dans le film « La vie aquatique » de Wes Anderson, Seu Jorge tient le rôle de Pelé Dos Santos, aux côtés de Bill Murray. Il interprète quelques grands tubes de David Bowie en portugais, seulement accompagné d’une guitare acoustique En 2005, le chanteur brésilien sort l’album « The Life Aquatic Studio Sessions ».

En 2016, après le décès de David Bowie, Seu Jorge lui rend hommage à sa manière avec son « Life Aquatic Tour » en montant sur scène pour interpréter live les versions acoustiques des thèmes du film. La tournée commencée sur le continent américain se poursuit en Europe en 2017, ce qui a permis de l’écouter le 13 juillet 2017 dans le cadre du festival Jazz à Vienne.

En 2018, Jorge Mário Da Silva, nom de naissance de Seu Jorge, reprend le rôle de Pelé Dos Santos et propose un nouvel hommage à David Bowie sur la scène du Grand Théâtre de Fourvière en présence de 26 musiciens de l’orchestre de l’Opéra de Lyon.

Avant l’entrée en scène des artistes, le contraste est saisissant entre l’imposant dispositif instrumental de l’orchestre et l’espace restreint destiné à Seu Jorge et sa guitare avec seulement une petite table, une chaise et un micro. Après l’entrée des musiciens, la disproportion est plus flagrante encore entre l’orchestre installé et la fragile silhouette vêtue de bleu ciel, bonnet rouge sur la tête, assise seule sur le devant de la scène. Pourtant il se dégage une telle force intrinsèque de la voix et de la guitare que ce déséquilibre passe à l’arrière-plan. De facto, de bout en bout du spectacle, c’est bien Seu Jorge qui pilote le navire.

Visiblement ravi de présenter le spectacle, le guitariste apporte des éléments de contexte. De sa verve gouailleuse appréciée par le public, il parsème la soirée d’éléments anecdotiques certes, mais essentiels qui donnent sens au projet.

Le timbre profond de baryton de Seu Jorge et le jeu rythmique précis et souple de la guitare s’imposent de bout en bout en en avant de la somptueuse masse orchestrale d’où se dégagent la force des percussions, la souplesse des cordes, le souffle puissant ou modulé des instruments à vents, la délicatesse de la harpe. Même le silence demeure invité dans la musique.

Le show ravit le public qui répond plusieurs fois aux sollicitations du chanteur et reprend avec lui les grands classiques de Bowie. Le superbe Rebel Rebel fleure bon la bossa. Sur Starman plus soutenu, l’orchestre stimule la puissance de la voix. Lady Stardust unit la voix de miel du chanteur et les cordes de la harpe pour une prière touchante.

Poignant, Rock’n Roll Suicide fait tanguer le navire. La voix grave, rocailleuse mais toujours chaleureuse domine l’orchestre et tel le tonnerre élève son cri impétueux dans la tempête. La tendresse revient sur scène avec Suffragette City et sur Oh! You Pretty Things on se délecte de la souplesse infinie de cette ballade où l’orchestre sert d’écrin à la voix sans l’écraser.

Quelques rafales de vent plus tard, avec la force des percussions et un peu d’écho, Seu Jorge entraîne le public dans sa capsule intersidérale en direction de Space Oddity. La voix prend le dessus sur la masse orchestrale. L’émotion est forte, on décolle. Sur Five Years l’orchestre exacerbe le climat et réveille le vent. Seu Jorge dédicace une version pleine de force et de grâce de Life on Mars en hommage à David Bowie et à son père disparus à quelques mois d’intervalle. Le set se termine avec When I Leave my dream.

Avec la guitare, la voix de Seu Jorge et l’écrin orchestral proposé par les 26 musiciens de l’Opéra de Lyon, la nouvelle hybridation du spectacle « Life Aquatic » met l’accent sur une impression de communion musicale envoûtante mais cependant assez éloignée de la saudade et de l’ambiance intimiste originelle. Il n’empêche… la magie a opéré et l’esprit de David Bowie a plané au-dessus du Grand Théâtre de Fourvière.

« Be My Guest : The Duos Project » par David Linx

« Be My Guest : The Duos Project » par David Linx

David Linx revient avec « Be My Guest, The Duos Project ». Sur cet album, le chanteur, compositeur et parolier poursuit son exploration de l’art du chant. Il dialogue avec quinze invités talentueux croisés dans le monde au fil des ans. Ces duos inédits dessinent les états d’âme de quinze contrées musicales aux climats fort différents. Une œuvre à découvrir absolument !

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Simone Prattico présente « Oriundo »

Simone Prattico présente « Oriundo »

Au fil des huit pistes de l’album « Oriundo », le batteur italien Simone Prattico pratique un art qui navigue entre dynamisme et romantisme. Métissage réussi entre sa culture méditerranéenne et la musique afro-américaine, son jazz moderne cultive tout à la fois intensité, souplesse et élégance. Une musique qui génère de tendres émotions.

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Clin d’œil à « Hope » de Kevin Norwood

Clin d’œil à « Hope » de Kevin Norwood

Le chanteur et compositeur Kevin Norwwod revient avec « Hope », un second opus fort réussi. Entouré de trois musiciens d’exception, il présente un nouveau répertoire où sa voix au timbre singulier se déploie au-dessus du jeu dynamique et nuancé du trio. Un album élégant aux ambiances magiques.

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