Le 15 Juin à 20h00, le Grand Théâtre de Fourvière accueille la « Nuit du Jazz italien ». En raison du contexte sanitaire, le trompettiste Enrico Rava n’est pas présent. Il est remplacé par le duo formé du pianiste Giovanni Guidi et le trompettiste Luca Aquino. La seconde partie de soirée a permis de s’immerger dans le projet hommage à Ennio Morricone rendu par le saxophoniste Stéfano Di Battista et ses compères. Cette soirée italienne entre sensibilité et flamboyance a conquis un public enthousiaste.
Crossover#3… Immatériel – Olivier Calmel-Double Celli
Impalpables frontières entre deux cultures
Avec « Double Celli » c’est du jazz de chambre que propose Olivier Calmel. De fait, sur l’album « Immatériel » les frontières entre jazz et musique de chambre sont impalpables. L’orchestre à l’instrumentation insolite crée des atmosphères singulières. Un opus à découvrir.
L’album « Immatériel » (Klarthe/Harmonia Mundi) sorti le 17 novembre 2017 présente la musique d’Olivier Calmel et de la formation Double Celli qui annonce la couleur… deux violoncelles au cœur de la musique.
Dans « Double Celli », le leader réunit quatre instruments à cordes, deux violoncelles, un violon et un alto. D’emblée, l’on saisit qu’une telle instrumentation inverse en quelque sorte la forme du quatuor de chambre en priorisant les voix graves de deux violoncelles à celles des deux violons auxquels la musique de chambre a recours. Augmenté du piano du leader et d’une batterie, le quartet devient donc sextet.
Ainsi Olivier Calmel tient le piano et partage ses compositions avec le violoniste Johan Renard, le violoniste alto Frédéric Eymard, les violoncellistes Xavier Phillips et Clément Petit et le batteur Antoine Banville.
A l’écoute des quinze plages de l’album « Immatériel » on perçoit combien sont rendues impalpables les frontières entre jazz et musique de chambre, entre écriture et improvisation. Cela tient sans doute autant aux compositions de factures variées qu’au talent des musiciens qui déjouent les frontières musicales mais jouent avec générosité. Musique d’un collectif où les individualités convergent mais conservent leur singularité propre. Riches échanges tendus ou plus intimes mais toujours inventifs.
L’oreille se laisse séduire par la douce matière musicale du titre d’ouverture, Au lever, mais apprécie tout autant le tumulte maîtrisé du second titre, Le hongrois qui déraille. On se laisse aussi porter par le très incantatoire Epistrophe (sans aucun lien d’ailleurs avec le monkien Epistrophy).
L’omniprésence des cordes n’en masque pas moins la prestation subtile et essentielle du rythmicien tout autant batteur que percussionniste. Avec finesse et efficacité il ajuste son propos aux couleurs si variées des morceaux de l’album. Il soutient ou entraîne et son chorus devient mélodie sur le superbe Pour El Ho.
Au centre même du répertoire, le sublime Immatériel incarne l’essence même de cet album qui fait coexister le lyrisme des interprètes et la maîtrise des improvisateurs, les caractéristiques de la musique de chambre et celles du jazz. Un condensé de sensibilité convaincant par son dynamisme nuancé.

Olivier Calmel © Claude Vittiglio
On craque pour la virgule inquiétante de Cordes Tutti et pour Un certain dimanche 23, un thème écrit sur un rythme à 7 temps par Olivier Calmel en souvenir d’un concert tendu comme en vivent tous les musiciens… ou comment immortaliser un moment stressant en une composition magnifique où le piano assure avec brio face aux instruments à cordes toujours brillants.
Le Prélude des Cinq rameaux rend un vibrant hommage à Roger Calmel (1920-1998), père d’Olivier Calmel. Écrit par le père du pianiste à l’occasion de la naissance de son fils, ce prélude est inclus dans une suite pour piano nommé « Les Cinq rameaux d’Olivier ». Olivier Calmel en a fait une adaptation libre et fait vivre la musique de son père par-delà les ans et les styles. Un somptueux moment.
L’album « Immatériel » transporte dans un univers dont la substance musicale ne cesse de varier au fil du répertoire. Elle épouse certains codes du jazz, emprunte d’autres formes à la musique chambriste mais outre la diversité de ces influences, elle génère des images dont la texture onirique repose sur la force de l’écriture d’Olivier Calmel et sur la virtuosité et la complicité des musiciens.
Echo#1-Nuits de Fourvière 2021
Jazz à Vienne 2021 – Modifications de la programmation
Depuis plusieurs mois, Jazz à Vienne fait tout pour maintenir sa 40e édition. Les difficultés sont nombreuses dans le contexte sanitaire actuel et des tournées d’artistes sont annulées. La programmation de certaines soirées du Théâtre Antique en est donc modifiée. Cependant toute l’équipe du festival demeure mobilisée pour faire face aux changements et proposer de nouveaux concerts. Le jazz va vivre live à Vienne !
Jazz à Vienne 2021 – 04 juillet
Suite à l’annulation de la tournée européenne de Marcus Miller, les deux concerts du bassiste programmés les 04 et 06 juillet 2021 dans le cadre de Jazz à Vienne 2021 sont annulés. Les organisateurs du festival communiquent à propos de la soirée du 04 juillet. La soirée ouvre avec le guitariste Raul Midón puis le batteur Manu Katché recrée sa célèbre émission « One Shot Not » sur la scène du Théâtre Antique de Vienne.
Qui ne connait pas les photos montrant le génial Dizzy Gillespie et sa fameuse trompette au pavillon retourné vers le haut, celui dont les joues gonflaient démesurément lorsqu’il embouchait et soufflait ?

En sortant le 20 octobre 2017 « Passerelles » (Cristal Records/Sony Music Entertainment) et « Always Too Soon, Dedicated to Phil Woods » (Cristal Records/Sony Music Entertainment), le pianiste Hervé Sellin ne fait vraiment pas les choses à moitié. Sa double culture de pianiste classique de formation devenu pianiste de jazz et ses quarante années d’expériences musicales au service de la musique lui donnent toute légitimité pour mener à bien ce projet ambitieux tout à fait réussi.
Originaire de France,

Le maestro reprend le répertoire de l’album « Fellini Jazz » publié en 2003 chez Cam Jazz sur lequel il s’exprime en quintet avec Kenny Wheeler (trompette), Chris Potter (saxophone), Charlie Haden (contrebasse) et Paul Motian (batterie).


Les musiciens se jouent du tempo qu’ils doublent. La tension revient à son comble. Pour finir, le trio sort « le grand jeu » et le morceau se termine en une valse étourdissante et coquine.