Le saxophoniste Dmitry Baevsky présente son 9ème album, « Soundtrack ». En treize tableaux, l’altiste brosse l’album photo musical de son parcours de vie. Avec éclat et lyrisme, il parcourt l’histoire du jazz et délivre une musique au pouvoir narratif puissant.
Wadada Leo Smith explore l’univers de Monk
Lumineuse et chaleureuse méditation
« Solo : Reflections and Meditations on Monk » sorti par le trompettiste Wadada Leo Smith le 20 octobre 2017 chez TUM Records compte parmi les albums essentiels de 2017.
A 76 ans, ce penseur musical qu’est Wadada Leo Smith associe encore une intense activité discographique et scénique. En cinquante ans de carrière il a expérimenté toutes les formations possibles, du solo au grand orchestre. Son dernier album solo est publié en même temps que « Najwa » où il se produit en octet avec quatre guitares et une section rythmique, basse, batterie, percussions.
D’après le trompettiste, Monk constitue son influence principale, celle qui l’a conduit à être musicien. Wadada Leo Smith estime que l’essence de Monk se situe dans ses enregistrements en solo et il lui rend hommage sur le même mode. Quoi de plus logique !
« Solo : Reflections and Meditations on Monk » (TUM Records), huit plages où Wadada Leo Smith embouche la trompette a capella. Ce parti pris osé et rare se solde par une réussite absolue.
Libéré des contraintes imposées par la collaboration avec d’autres interprètes, le trompettiste questionne les limites entre l’interprète et le compositeur et parvient à convaincre du bien fondé de sa démarche.
Toujours avant-gardiste, le trompettiste Wadada Leo Smith puise son inspiration aux sources de la tradition. De sa sonorité claire et ronde, chaleureuse et captivante émerge une musique empreinte de silence et de rêverie. Des phrases elliptiques poignantes, des circonvolutions éthérées, quelques bouffées expressives qui surgissent comme pour questionner plus avant la méditation du trompettiste sur la musique de Monk.
Parmi l’ensemble des nombreuses compositions de Monk, Wadada Leo Smith retient quatre standards du pianiste compositeur. Il en conserve les contours mélodiques qu’il caresse avec subtilité et laisse deviner les structures harmoniques. Seul avec sa trompette bouchée ou ouverte, il interprète Ruby, My Dear, Reflections, Crepuscule with Nellie, Monk, the Composer in Sepia - A Second Vision et ´Round Midnight.
En ouverture, Ruby, My Dear restitue une douce tranquillité. Reflections sonne dans un registre plus mélancolique et plus complexe. ‘Round Midnight est sans aucun doute un des standards le plus interprété par les musiciens de jazz. L’interprétation de Wadada Leo Smith pare le thème de mystère et de silence. Le trompettiste dilate l’espace et suspend le temps presqu’à l’infini. La version de Crepuscule with Nellie est porteuse d’ondes lumineuses imprégnées de grâce et d’amour.
Les thèmes signés du trompettiste alternent avec les œuvres de Monk. On ignore si les de compositions du trompettiste sont écrites ou de pures improvisation, à moins que les deux ne s’entremêlent. Le mystère demeure à ce propos.
Adagio: Monkishness - A Cinematic Vision of Monk Playing Solo Piano s’inspire des ballades de Monk. La pensée du trompettiste se teinte de mystère sur Monk and Bud Powell at Shea Stadium -A Mystery.
Monk and His Five Point Ring at the Five Spot Café puise son inspiration dans le documentaire où l’on voit Monk quitter son piano et y revenir, ce que le trompettiste simule par un motif réitératif qu’il souffle en bouffées expressives comme des interrogations sans réponses.
On est sensible au discours empreint de silence et de mystère que propose Wadada Leo Smith. Il renouvelle ainsi le propos de l’improvisation. Libre et élaboré, le chant du trompettiste surprend par sa simplicité et sa chaleur. Art subtil de création réalisé par un artiste qui maîtrise les codes stylistique et technique sans abuser d’effets. Cet album solo constitue une performance et une belle surprise qui emprunte une voie originale et engage une réflexion profonde et respectueuse sur la musique de Monk.
Dmitry Baevsky présente « Soundtrack »
Jazz à Vienne 2021 – Infos covid
Le festival Jazz à Vienne se met en conformité avec les mesures gouvernementales. Une quarantième édition avec jauge réduite, couvre-feu et pass sanitaire… du 23 juin au 10 juillet 2021, place au Jazz !
Le contrebassiste Mauro Gargano signe « Feed »
En 2021, le contrebassiste et compositeur Mauro Gargano propose « Feed », un nouvel album enregistré en trio avec le pianiste italien Alessandro Scobbio et le batteur français Christophe Marguet. Huit plages d’un jazz moderne et exigeant dont les vibrations poétiques nourrissent l’âme et irriguent l’imaginaire de rêveries singulières.

Qui ne connait pas les photos montrant le génial Dizzy Gillespie et sa fameuse trompette au pavillon retourné vers le haut, celui dont les joues gonflaient démesurément lorsqu’il embouchait et soufflait ?

En sortant le 20 octobre 2017 « Passerelles » (Cristal Records/Sony Music Entertainment) et « Always Too Soon, Dedicated to Phil Woods » (Cristal Records/Sony Music Entertainment), le pianiste Hervé Sellin ne fait vraiment pas les choses à moitié. Sa double culture de pianiste classique de formation devenu pianiste de jazz et ses quarante années d’expériences musicales au service de la musique lui donnent toute légitimité pour mener à bien ce projet ambitieux tout à fait réussi.
Originaire de France,

Le maestro reprend le répertoire de l’album « Fellini Jazz » publié en 2003 chez Cam Jazz sur lequel il s’exprime en quintet avec Kenny Wheeler (trompette), Chris Potter (saxophone), Charlie Haden (contrebasse) et Paul Motian (batterie).


Les musiciens se jouent du tempo qu’ils doublent. La tension revient à son comble. Pour finir, le trio sort « le grand jeu » et le morceau se termine en une valse étourdissante et coquine.