Clin d’œil à Eric Le Lann & « Mossy Ways »

Clin d’œil à Eric Le Lann & « Mossy Ways »

Une complainte entre ouate et lumière

Avec « Mossy Ways », Eric Le Lann propose un opus hypnotique et séduisant. Sa trompette lumineuse trace des lignes mélodiques aériennes qui flottent dans un univers éthéré. La voix du chanteur breton Laurent Join apporte une pincée de mystère à cet album planant.

Couverture de l'album "Mossy Ways" du trompettiste Eric Le LannSorti le 10 novembre 2017, « Mossy Ways » (Musique A Bord/L’Autre Distribution) se distingue des productions habitées par le souci de la performance et de l’urgence. Eric le Lann ne semble guère se soucier des modes et des contraintes qu’impose le système. Il continue à creuser son sillon et persiste avec bonheur à livrer une musique qui porte son empreinte. On l’en remercie.

A porter au crédit de l’artiste Isabelle Grangé, la couverture de l’album résonne tout à fait avec les atmosphères musicales de « Mossy Ways », entre ombre et lumière, sur les chemins où poussent les mousses.

Chaque album du trompettiste Eric Le Lann constitue un évènement. On se souvient du splendide « Life on Mars » sorti en 2015, du non moins réussi « I Remember Chet » en 2013 ou du percutant « Le Lann Top » en 2009. On connait sa longue complicité avec le pianiste Martial Solal. On n’oublie pas ses aventures dans les contrées du jazz fusion ni son travail d’écriture pour les musiques de film ou pour le théâtre. On se rappelle que le trompettiste breton s’est déjà engagé en 2003 dans l’univers de la musique celtique sur le CD « Origins ».

« Mossy Ways » dessine un univers différent des précédents opus mais n’en demeure pas moins ancré dans les fondamentaux du trompettiste. Loin des influences du système et des poncifs musicaux fondés à plaire avant toute chose, Eric Le Lann choisit ses notes et les pose avec soin. Sa musique aérienne lévite dans un univers ouaté déchiré par les lignes électriques d’une guitare inspirée.

Eric  Le Lann s’est entouré du guitariste Patrick Manougian, du bassiste Philippe Bussonnet et du batteur Raphaël Chassin. Avec bonheur,  leurs influences (pop, rock, jazz) croisent celles du trompettiste qui a aussi convié le chanteur breton Laurent « Lors » Jouin sur trois titres.

S’il s’exprime dans la langue bretonne, le chant de Laurent Jouin rappelle autant les mélopées de lointaines tribus indiennes que des chants du Maghreb ou la mélancolie du blues. Ainsi flottent le mystère sur An Diaoul Hag An Aour (Le Diable et l’Or), la tristesse sur Son Mari Vras (Le chant de la « Grande Marie ») et le regret sur Komedianez Ar Blijadur (La Nomade du Plaisir).

On rêve sur les cadences hypnotiques de Mossy Ways, Balladisa et Sierra Volare. Basse et batterie impulsent et soutiennent un groove efficace sur DEL et See You Soon où guitare et trompette joutent en bonne entente sur ces titres à l’énergie tout à fait maîtrisée.

Certes on perçoit des familiarités avec des atmosphères milesiennes ou bakeriennes mais pour finir c’est bien d’un monde lelannien dont il s’agit. Singulier et unique.

Album à la mélancolie éthérée, « Mossy Ways » ouvre des espaces imaginaires où l’on voyage avec bonheur entre ombre et soleil. Mélodies et improvisations génèrent des ambiances sensibles et déclenchent des émotions. Un répit bienvenu hors des sentiers trépidants des musiques de l’urgence vidées de tout sens.

Nuits de Fourvière 2021 – La programmation

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« The Extravagant Dizzy Gillespie »

« The Extravagant Dizzy Gillespie »

Dizzy Gillespie, géant du jazz inoubliable

En 2017 le label Cristal Records fête le centenaire de la naissance de Dizzy Gillespie avec la sortie du coffret « The Extravagant Mr Gillespie ». Il fallait bien trois albums et cinquante titres pour honorer ce trompettiste ahurissant, ce chef d’orchestre tonique, un co-fondateur du bebop et un des pionniers du jazz afro cubain.

Le trompettiste Dizzy Dillespie en 1983 à la Grande Parade de Nice (Photo Nicole Videmann)Qui ne connait pas les photos montrant le génial Dizzy Gillespie et sa fameuse trompette au pavillon retourné vers le haut, celui dont les joues gonflaient démesurément lorsqu’il embouchait et soufflait ?

Ce géant du jazz du XXème siècle a grandement contribué à l’évolution de cet art. Son charisme scénique, sa technique sur l’instrument, ses compositions devenues des standards ont fait de lui un des favoris du public qui plébiscitait ce trompettiste prodigieusement véloce et amuseur impénitent lors de chacune de ses prestations.

Le 17 novembre 2017, le label Cristal Records a sorti le coffret « The Extravagant Mr Gillespie ». C’est Claude Carrière qui a conçu cet hommage en trois albums, l’un consacré aux petites formations de Dizzy, « Small Groups », l’autre aux « Big Bands » et le dernier intitulé « Latin Dizzy ». Une sélection de 50 titres enregistrés par Dizzy Gillespie entre 1945 et 1962 et réunis sur 3 CD. Un programme réjouissant

John Birks Gillespie dit Dizzy Gillespie est né à Cheraw en Caroline du Sud le 21 octobre 1917. Ce trompettiste, chef d’orchestre et compositeur est devenu un géant du jazz du XXème siècle. Il n’a eu cesse, à sa manière, de lutter pour les droits civiques des afro-américains. La musique lui permis de s’exprimer, d’exister et de faire face ainsi à l’oppression raciste des états du sud de cette Amérique alors ségrégationniste. Il intègre l’orchestre de Teddy Hill puis celui de Cab Calloway en 1939. Sur scène son attitude d’amuseur-blagueur lui vaut le surnom de Dizzy.

Dans les années 40 avec d’autres musiciens dont le saxophoniste Charlie Parker, le pianiste Thelonious Monk et le batteur Kenny Clarke il invente le be-bop, style tonique s’il en est qui s’éloigne très nettement de l’esthétique du swing des années précédentes. En 1947 il se rapproche du percussionniste cubain Chano Pozzo, écrit le fameux Manteca et irradie sa musique des éléments rythmiques colorés dont les racines remontent aux musiques du continent africain.

A ses côtés se sont produits au long des années le pianiste panaméen Danilo Perèz, le trompettiste cubain Arturo Sandoval, le percussionniste Mongo Santamaria, la saxophoniste cubain Paquito d’Rivera, le percussionniste Ray Baretto, le pianiste Chucho Valdes et dans les dernières années le saxophoniste David Sanchèz. Sa musique devient multiculturelle. C’est ainsi qu’il a participé à fonder ce qui est devenu le jazz afro-cubain aussi appelé latin-jazz.

Dans les années 50 la société américaine n’accorde pas aux  musiciens afro-américains la liberté à laquelle ils aspirent et Dizzy Gillespie, comme bien d’autres jazzmen vient jouer en Europe. En 1953, il donne un concert Salle Pleyel à Paris. Le bebop fait fureur et ce succès encourage le trompettiste qui continuera inlassablement jusqu’en 1993 (date de sa mort) à parcourir les scènes internationales soit au sein de petits groupes, de big-bands ou avec des formations de latin-jazz.

Dizzy Gillespie en 1981 à la Grande Parade De Nice (Photo Nicole Videmann)Couverture de l'album "The Extravagant Mr Gillespie" (Cristal Records/Sony Music Entertainment)C’est selon cette classification que Claude Carrière a organisé les titres sur les trois albums qui constituent le coffret « The Extravagant Mr Gillespie » (Cristal Records/Sony Music Entertainment).

« Small Groups » fait entendre Dizzy Gillespie dans le cadre de petites formations. C’est plaisir d’écouter les enregistrements de Groovin’ High et Dizzy Atmosphere en 1945 avec Charlie Parker et Slam Stewart, celui de Lip Frog de 1950 avec Monk, Parker et Buddy Rich. On se régale aussi avec Wee capté en 1953 où Dizzy est en quintet à Toronto avec Charlie Parker, Charlie Mingus, Bud Powell et Max Roach. Du jazz ahurissant et historique.

« Big Bands » est consacré à Dizzy, chef et soliste de grands orchestres. On se délecte de la sonorité cuivrée de Dizzy, de la rondeur des lignes de basse de Ray Brown et de la puissance de frappe de Kenny Clarke en 1946 sur One Bass Hit II. On ne boude pas non plus la très souple version de Perdido dirigée et arrangée par Clare Fisher en 1960 avec Hank Jones, George Duvivier, Charli Pershiip et un Dizzy en pleine forme. 20 titres d’éblouissants orchestres.

« Latin Dizzy » met en évidence le rôle et l’implication de Dizzy Gillespie dans l’avènement du jazz afro cubain. On goûte avec délice Algo Bueno, Cubana Be et Cubana Bop où l’on perçoit la précision de la frappe de Chano Pozzo et les interventions éclatantes et véloces de Dizzy. On ne se lasse pas d’écouter The Manteca Suite enregistrée en 1954 et conduite par Chico O’Farrill avec un solo de Dizzy qu’accompagnent Mongo Santamaria et trois autres percussionnistes. Du latin jazz renversant de puissance et de précision.

Belle initiative que la sortie du coffret « The Extravagant Mr Gillespie » pour célébrer le centenaire de la naissance de ce trompettiste qui ne s’est pas contenté de faire l’amuseur sur les scènes. Il a contribué par son talent à écrire et faire vivre la grande histoire du jazz. A partager largement avec les plus jeunes qui ne connaissent pas encore Dizzy Gillespie et avec ceux qui ont aimé l’écouter de son vivant et bien après.

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Doublé gagnant pour Herve Sellin

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« Passerelles » et « Always Too Soon »

En 2017 le pianiste Herve Sellin fait coup double en sortant le même jour, « Passerelles » et « Always Too Soon » chez Cristal. Deux répertoires différents. Deux albums empreints de l’esprit du jazz. Une double réussite.

Sur « Passerelles » Herve Sellin met en évidence les ponts qui existent entre classique, jazz et improvisation. Il consacre « Always Too Soon » à la musique que jouait Phil Woods.

Couverture de l'album "Passerelles" du pianiste Hervé SellinCouverture de l'album ""Always too soon" du painiste Hervé Sellin en quartetEn sortant le 20 octobre 2017 « Passerelles » (Cristal Records/Sony Music Entertainment) et « Always Too Soon, Dedicated to Phil Woods » (Cristal Records/Sony Music Entertainment), le pianiste Hervé Sellin ne fait vraiment pas les choses à moitié. Sa double culture de pianiste classique de formation devenu pianiste de jazz et ses quarante années d’expériences musicales au service de la musique lui donnent toute légitimité pour mener à bien ce projet ambitieux  tout à fait réussi.

Issu de la filière classique et plus précisément du Conservatoire National Supérieur de Musique (CNSM) de Paris où il a obtenu en 1980 un double Prix de piano et de Musique de Chambre, Hervé Sellin est ensuite passé au jazz. Depuis 1993 il est professeur au Département Jazz et Musiques Improvisées du CNSM de Paris où il mène « Transversalissime », un travail artistique et pédagogique qui tente de rapprocher les musiques dites savantes, musique classique et contemporaine, et les musiques dites improvisées dont le jazz fait partie.

L’album « Passerelles » lance des ponts entre les univers du répertoire classique, le jazz et l’improvisation. Hervé Sellin utilise des matériaux classiques, les malaxe et les partage avec la pianiste classique Fanny Azzuro et trois jeunes musiciens issus de sa classe de jazz du Conservatoire de Paris, Rémi Fox au saxophone soprano, Emmanuel Forster à la contrebasse et Kevin Lucchetti à la batterie.

Couverture de l'album "Passerelles" du pianiste Hervé SellinHervé Sellin se joue des frontières et déjoue la complexité des musiques de Schumann, Satie, Dutilleux et Debussy. Il re-construit avec une grande sensibilité les musiques de ces grands compositeurs et les projette dans un monde où le swing est le grand gagnant. Les mélodies gardent leur évidence mais un nouveau dialogue s’établit entre elles, les harmonies et les rythmes qu’impulsent les musiciens.

Cinq Scènes d’Enfants de Robert Schumann, avec la pianiste Fanny Azzuro puis en quartet la 3ème Gnossienne d’Erik Satie suivi du « Choral et Variations » du 3ème mouvement de la Sonate de Henri Dutilleux dont on sait l’intérêt qu’il porte au jazz. Pour finir Hervé Sellin interprète seul le Prélude à l’après-midi d’un faune de Claude Debussy. On y perçoit des accents de blues ou de ragtime que le compositeur n’aurait sans doute pas désavoué.

Certes Hervé Sellin n’est pas le premier jazzman à tenter de créer des liens entre classique et jazz mais sa démarche résulte directement de sa vie d’artiste et de pédagogue qu’il consacre en partie à tisser des transversalités entre ces deux mondes. « Passerelles » réussit l’alliage subtil entre l’écriture originelle des musiciens classiques et la dynamique du jazz.

L’album « Always Too Soon, Dedicated to Phil Woods » résonne d’un jazz enraciné dans le bop. Enregistré par Hervé Sellin en quartet l’opus rend un vibrant hommage au saxophoniste Phil Woods. Le pianiste est entouré du saxophoniste Pierrick Pedron, du contrebassiste Thomas Bramerie et du batteur Philippe Soirat.

Hervé Sellin, pianiste attitré du saxophoniste Johnny Griffin a aussi fait deux tournées (2010 et 2011) avec l’altiste Phil Woods. Une relation amicale s’est établie entre eux et l’album propose un répertoire de titres que le saxophoniste aimait à jouer. C’est l’alto de Pierrick Pedron qui a l’insigne honneur de se faire l’écho de la voix de Phil Woods, lui-même le digne successeur de Charlie Parker. C’est dire combien le bop habite les plages de « Always Too Soon ».Couverture de l'album ""Always too soon" du painiste Hervé Sellin en quartet

Si Pedron brille par son lyrisme et son improvisation bopienne en diable, le pianiste demeure le pilote incontestable de l’album. Il s’inscrit dans une filiation directe avec Thelonious Monk, l’un des pères du bebop, sur les trois plages qu’il lui consacre. Hervé Sellin sonne en effet très monkien.

Outre le répertoire qu’aimait jouer Phil Woods dont un clin d’oeil à Lennie Tristano qui l’a influencé, l’album propose aussi quatre compositions originales.

Willow Woods et Always Too Soon, d’Hervé Sellin ne déparent pas dans le répertoire, pas plus que Dark Machine proposé par Pierrick Pedron dans le plus pur esprit bop. On est séduit par le magnifique Remember Phil écrit par la pianiste, compositrice et chef d’orchestre Carine Bonnefoy. Un espace de respiration où la contrebasse boisée de Thomas Bramerie prend toute sa place. Le batteur Philippe Soirat y fait aussi preuve d’une délicatesse et d’une subtilité inouïe.

Sur « Always Too Soon », Hervé Sellin inscrit sa musique dans la grande tradition du jazz et dans une filiation directe avec la musique que jouait Phil Woods même si l’on ne trouve aucune composition du grand altiste trop tôt disparu. Onze plages habitées et interprétées avec force et sincérité, avec nuance et souplesse. Du jazz inspiré que l’on ne se lasse pas d’écouter.

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Clin d’œil à Olivier Boge & « When Ghosts Were Young »

Clin d’œil à Olivier Boge & « When Ghosts Were Young »

Mélodies lumineuses et ambiances sereines

« When Ghosts Were Young » est le quatrième disque en leader d’Olivier Boge. Sorti le 17 novembre 2017, l’album dessine les contours d’un univers romantique d’où s’élèvent de lumineuses mélodies.

Couverture de l'album d'Olivier Boge, "When Ghosts Were Young"Le nouvel album d’Olivier Bogé, « When Ghosts Were Young » (jazz&people/PIAS) sorti le 17 novembre 2017, fait suite au magnifique « The World Begins Today » (2013) et au superbe « Expanded Places » (2015) dans lequel Olivier avait enregistré une grande partie des instruments présents (saxophone, piano, guitare, Fender Rhodes et voix).

Sur ce nouvel opus, Olivier Bogé à voulu « Retrouver cette innocence et cet émerveillement qui nous sont propres lorsque l’on est enfant, préservé des différentes formes de chaos auxquelles on est inévitablement amené à faire face au cours d’une vie. Refaire surgir ces fantômes, ces âmes intérieures présentes au fond de nous et préservées de tout cela pour réinventer notre propre monde. Non pas se refermer pour se protéger, mais s’ouvrir et rayonner d’une lumière nouvelle qui nous fait croire de nouveau à nos utopies, voilà ce qui pourrait bien se jouer au cœur de ce nouvel album ». Il est parvenu à créer un univers très personnel où il fait bon s’immerger.

Pourvoyeuse de tendres émotions, la musique de « When Ghosts Were Young » flotte aux confins d’un univers radieux et poétique qui fait oublier les contraintes gravitationnelles. Une escapade onirique ressourçante.

Olivier Bogé a consacré deux ans à l’écriture de son projet discographique. Sur « When Ghosts Were Young », le multi instrumentiste privilégie principalement la guitare acoustique, le saxophone et la voix. Il intervient au piano sur deux titres, Rain’s Feathers et What Will Remain et utilise aussi Fender Rhodes et synthétiseurs. On regrette quelque peu le recours quasi systématique aux nappes vocales de la voix du leader.

Olivier Bogé a composé toutes les plages de l’album et cette fois encore le leader s’entoure de musiciens dont il est proche et avec lesquels il joue depuis plusieurs années. Ces instrumentistes émérites, leaders de leurs propres projets, contribuent aux paysages musicaux de l’album. Le guitariste Pierre Perchaud du trio FOX, le pianiste Tony Paeleman membre du collectif Watershed, le contrebassiste Nicolas Moreaux coleader du trio FOX et le subtil batteur Karl Jannuska. La chanteuse Isabel Sörling apparaît sur le titre Rains’s Feather.

« When Ghosts Were Young », une musique rayonnante dont les ambiances et les rythmes apaisent. L’album oublie les frontières de styles et les musiciens servent une écriture légère et poétique. Sans urgence aucune, la musique élève ses mélodies jusqu’à des cieux bienveillants. Plus qu’un album, un oasis de lumière.

 

Pour s’immerger live dans la musique de « When Ghosts Were Young », rendez-vous à Paris les 30 et 31 janvier 2018  à 21h au Sunside. Deux concerts pour retrouver sur scène le quintet d’Olivier Bogé avec Olivier Bogé (sax alto, piano, guitare), Pierre Perchaud (guitare), Tony Paeleman (piano), Nicolas Moreaux (contrebasse), Karl Jannuska (batterie).
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« I Am A Man », le nouveau projet de Ron Miles

« I Am A Man », le nouveau projet de Ron Miles

Le chant de l’homme entre force et tendresse

« I Am A Man », le nouveau projet de Ron Miles affiche un cri de révolte. Au-delà de l’affirmation du droit d’exister, le trompettiste proclame sa musique comme principe politique. L’art permet à l’homme de s’exprimer et d’affirmer ainsi son existence. Un superbe album.

Le titre de l’album, « I Am A Man », fait référence à un dramatique accident survenu à Memphis en 1968. La rupture de la benne d’un camion à ordures coûta la vie à des hommes afro-américains affectés aux services d’assainissement de la ville. Le lendemain les travailleurs manifestent dans les rues et brandissent des pancartes avec le slogan « I Am A Man ».Couverture de l'album "I Am A Man" par le quintet du trompettiste Ron Miles

En reprenant cette affirmation, Ron Miles élargit le sens de la phrase au-delà des droits civiques, jusque dans le champ de la création qui autorise la libre expression de chacun et lui permet ainsi d’exister.

Sur l’album « I Am A Man » (Enja-Yellowbird/L’Autre Distribution) enregistré en décembre 2016 et annoncé pour le 08 décembre 2017, le trompettiste Ron Miles élargit son trio habituel avec le guitariste Bill Frisell et le  batteur Brian Blade en invitant le pianiste Jason Moran et le contrebassiste Thomas Morgan. Ces cinq talentueux musiciens unissent leur sensibilité et leur créativité pour façonner un splendide album de jazz.

Sur « I Am A Man », l’art subtil des cinq musiciens transforme les sept compositions de Ron Miles en un manifeste jazz qui emprunte la couleur du blues et les accents d’un gospel éloigné du presbytère. Le projet de Ron Miles hésite entre un jazz post-bop tempéré et un hymne introspectif qui ne déparerait pas chez ECM. Une ode empreinte de tendresse et de force.

I Am A Man débute par un simple motif pris sur un rythme funky que le cornet développe ensuite avec lyrisme et mélancolie. La ballade Darken My Door commence dans un climat tendu qu’instaure le pianiste très vite rejoint pas le batteur et le bassiste. A trois, ils étoffent le climat avant l’arrivée du guitariste et du trompettiste qui vont ensuite se répartir la parole. Leurs chorus se succèdent comme de souples vagues musicales qui détendent l’atmosphère. Après un solo hypnotique le guitariste cède la parole au trompettiste qui réinstaure un climat porteur d’inquiétude.

The Gift That Keeps On Giving se détache du répertoire par son swing lumineux. Sur ce thème, Jason Moran apparaît dans la plénitude de son art. Guitare, trompette et contrebasse s’expriment avec souplesse et sans urgence soutenus par la batterie. Un mélodieux délice musical. Jasper fait référence au jaspe, cette pierre citée dans le chapitre 21 du Livre de la Révélation. Un morceau dont les vibrations lumineuses s’élèvent réchauffées par la sonorité chaleureuse du cornet de Ron Miles.

Revolutionary Congregation permet à Ron Miles de convoquer les figures héroïques de MalcomX, Martin Luther King et Gandhi qui ont lutté pour la liberté des opprimés. A l’unisson, cornet et guitare exposent le thème. Le cornet entame ensuite un chant fluide dont le flot se ralentit. Les sons distordus de la guitare entraînent le cornet dans un subtil chaos mais les instrumentistes s’unissent pour surmonter les dissonances et revenir subtilement vers le thème d’ouverture. Ensemble ils triomphent du désordre. En musique aussi l’union fait la force.

Ron Miles dédie ensuite la ballade Mother Juggler à sa mère et à toutes les mères, à celles qui permettent aux enfants de grandir et de s’élever. On retrouve avec bonheur les atmosphères réverbérées de la guitare de Bill Frisell et ses métriques ternaires. Le guitariste et le trompettiste phrasent à l’octave et la musique prend des teintes shorterriennes. Le piano s’exprime avec une délicatesse inouïe jusqu’au retour de la guitare et du cornet qui terminent le morceau ensemble avec le soutien du piano.

Is There Room In Your Heart For A Man Like Me sonne vraiment comme une ode à l’amour. Il ouvre avec des doubles notes répétées par la guitare derrière le solo de contrebasse. Après l’entrée du piano, guitare et cornet chantent la mélodie à l’unisson. La batterie assure une pulsation délicate qui soutient et propulse en même temps l’expression des solistes  Durant les minutes suivantes chacun des solistes improvise avec une grande liberté avant un changement de tempo de Brian Blade dont se saisit Bill Frisell pour improviser et conduire le groupe jusqu’à un magnifique moment d’improvisation collective.

Le projet de Ron Miles, « I Am A Man », puise sa force dans une architecture solide. Les rythmes médium et lents préférés aux tempi rapides et la riche texture harmonique permettent aux musiciens de développer de splendides mélodies et des improvisations délicates. Un régal musical soigné aux arrangements élaborés. A  écouter sans modération.

Ron Miles: I Am A Man from Derek O. Hanley on Vimeo.

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Tony Tixier sort « Life of Sensitive Creatures »

Tony Tixier sort « Life of Sensitive Creatures »

Un album sensible et intimiste

C’est en trio que le pianiste Tony Tixier sort « Life of Sensitive Creatures », son nouvel album attendu pour le 08 décembre 2017. Une musique vibrante de sensibilité. Des mélodies souvent introspectives qui invitent à la rêverie.

Le pianiste Tony TixierOriginaire de France, Tony Tixier s’est installé à New-York en 2012 et a récemment emménagé à Los Angeles. Avant la sortie de l’album « Life of Sensitive Creatures » (Whirling Recordings) annoncé pour le 08 décembre 2017, le pianiste a déjà à son actif une discographie qui a permis de l’écouter dans différentes formules.

En trio piano/basse/batterie sur « Fall in Flowers » en 2006. En solo (claviers, synthétiseurs, Wurlitzer et Rhodes) sur « Electric’ Trane » en 2007. En septet sur « Parallel Worlds » en 2009 avec la chanteuse Leila Martial, le trompettiste Brice Moscardini, les saxophonistes Ricardo Izquierdo et Adrien Daoud, le bassiste Joachim Govin et le batteur Guilhem Flouzat. En quartet sur « Dream Pursuit » en 2012 chez SpaceTimeRecords avec le saxophoniste Logan Richardson, le bassiste Burniss Earl Travis et le batteur Justin Brown.

Couverture de l'album de Tony Tixier, "Life of Sensitive Creatures"Sur l’album « Life of Sensitive Creatures » (Whirling Recordings) le pianiste choisit la formule du trio piano-contrebasse-batterie plus intime que le quartet ou le septet ce qui lui permet de produire une musique sensible, reflet des émotions qu’il a pu ressentir durant sa vie.

A ses côtés, deux instrumentistes accomplis et expérimentés, le contrebassiste Karl McComas Reichl et le batteur Tommy Crane. Ils mettent leur talent au service de son écriture imaginative et singulière dont l’esthétique s’inscrit autant dans le jazz que dans la musique classique européenne.

Sur « Life of Sensitive Creatures », Tony Tixier fait entendre sa voix de compositeur. Il en ressort un album au climat sensible et intimiste. Au service de la musique, son imagination projette des mélodies chantantes qui racontent des fragments de vie, des émotions. Mélancolie, jalousie, hésitations, introspection, espoir, lâcheté, doute, questionnement, remise en cause, plénitude. A l’écoute de l’album on entre en vibration avec les émotions transmises par le trio.

Le pianiste propose huit compositions originales qui côtoient trois reprises dont une interprétation romantique du classique Darn That Dream de Jimmy Van Heusen, un très swinguant Tight Like This de Louis Armstrong et une version assez étonnante du thème de Stevie Wonder, Isn’t She Lovely.

Sur la pochette de l’album, la photo d’Alain Tixier dépeint Tony Tixier enfant dans les bras de sa mère. I Remember the Time of Plenty, le morceau d’ouverture, illustre ce climat qui hésite entre le souvenir ému des tendres émotions du passé et la fougue énergique de la joie de l’enfant qui dès six ans se forme au piano classique.

Sur Denial of Love, le dialogue piano-basse laisse deviner la brisure de cette plénitude de l’enfance. Sur Illusion les musiciens font régner un climat qui évoque les déceptions, les désillusions qui adviennent tout au long de la vie. Très présente, la batterie soutient les envolées lyriques du pianiste.

Quand advient le joyeux blues, Home At Last, on sent la pression baisser et l’on ressent le plaisir simple du retour chez soi. La frappe amortie du batteur ajoute sa douceur à la légèreté du toucher du pianiste. Le découpage rythmique et les impulsions percussives de Calling Into Question tranchent avec le chant continu et souple de la main droite du pianiste.

Sur un tempo plus rapide, Blind Jealousy of a Paranoid donne à percevoir une relative notion de drame et d’urgence impulsée par les trois musiciens. A l’écoute des rythmes changeants de Causeless Cowards’ on perçoit hésitation et doutes mais on respire plus librement à l’écoute de Flow qui termine l’album et libère enfin la lumière.

« Life of Sensitive Creatures », un album empreint de poésie et d’émotions. L’écriture sensible de Tony Tixier est servie par la performance des trois musiciens qui devisent de manière très spontanée. L’album respire et prend le temps, il laisse de l’espace au silence. Souple et nuancée la musique affiche sa singularité à travers des découpages rythmiques qui dynamisent l’expression plutôt impressionniste du trio.

La capitale des Gaules est honorée de la présence prochaine sur la scène du Bémol5 de ce pianiste qui joue actuellement dans les groupes de Christian Scott, Seamus Blake et Wallace Roney. En effet, après les concerts parisiens où il s’est produit récemment avec son trio américain, le pianiste Tony Tixier revient à Lyon. Il se produit en effet en trio le mercredi 13 décembre 2017 à 20h30 sur la scène du Bémol5 avec le batteur Gautier Garrigue et le contrebassiste Florent Nisse.

Nuits de Fourvière 2021 – La programmation

Nuits de Fourvière 2021 – La programmation

Malgré le contexte sanitaire particulier, les Nuits de Fourvière 2021 donnent rendez-vous à leur public du 1er juin au 30 juillet. Pour le 75ème anniversaire du festival international de la Métropole de Lyon, l’affiche promet 60 jours, 9 créations, 8 coproductions, 2 premières françaises.

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Retour de Sébastien Texier & Christophe Marguet 4tet

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Trois ans après « For Travellers Only », Sébastien Texier & Christophe Marguet reviennent leur deuxième album, « We Celebrate Freedom Fighters ! ». Avec Manu Codjia et François Thuillier, ils célèbrent des combattants qui ont lutté pour la liberté. Un hommage musical rendu à ces femmes et hommes engagés contre toute forme d’obscurantisme, de discrimination, d’exclusion et d’injustice. En cette période perturbée, cet hymne à la liberté résonne avec une grande force.

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Jazz à Vienne 2021 dévoile les derniers noms

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Avec l’annonce de quatre nouvelles soirées du Théâtre Antique, le festival « Jazz à Vienne »dévoile les derniers noms de son affiche désormais complète. Au final, la programmation a de quoi réjouir un large public autour de cette édition anniversaire prévue du 23 juin au 10 juillet 2021.

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Enrico Pieranunzi rend hommage à Fellini

Enrico Pieranunzi rend hommage à Fellini

Un concert éblouissant

Le 02 décembre 2017 Enrico Pieranunzi rend hommage en trio à Federico Fellini et aux thèmes de Nino Rota. Sur scène le jazz déploie toutes ses nuances sur des arrangements somptueux. En réponse, le public vibre de plaisir sur les gradins du Grand Auditorium du Musée des Confluences.

Le 02 décembre 2017, dans le cadre de sa résidence au Musée des Confluences de Lyon, Enrico Pieranunzi rend hommage au cinéma de Federico Fellini et à la musique de Nino Rota.

Couverture de l'album du pianiste Enrico Pieranunzi publié en 2003 chez Cam JazzLe pianiste Enrico Pieranunzi présente l'album "Fellini Jazz"Le maestro reprend le répertoire de l’album « Fellini Jazz » publié en 2003 chez Cam Jazz sur lequel il s’exprime en quintet avec Kenny Wheeler (trompette), Chris Potter (saxophone), Charlie Haden (contrebasse) et Paul Motian (batterie).

Pour son « trio français » composé de Diego Imbert à la contrebasse et André Ceccarelli à la batterie, le pianiste Enrico Pieranunzi a écrit de nouveaux arrangements.

Debout au micro ou assis au piano, Enrico Pieranunzi pilote la soirée avec aisance et simplicité. Très pédagogue il s’adresse au public pour présenter les thèmes, évoquer les films et leur contexte. Il sollicite l’aide d’André Ceccarelli et des spectateurs italiens présents dans la salle afin d’ajuster sa traduction. Il n’hésite pas à recommander l’écoute du disque « Fellini Jazz » qu’il dédicacera d’ailleurs après le concert à un public conquis.

De bout en bout de la soirée, les arrangements somptueux écrits par le pianiste valorisent les splendides mélodies de Nino Rota. Avec une absolue maîtrise, la main gauche rythmicienne et la droite mélodiste se disputent la préséance pour harmoniser les thèmes sur les 88 touches du clavier. Enrico Pieranunzi maîtrise autant le rythme que l’harmonie et son piano chante avec lyrisme ou murmure avec émotion. Il déroule les délicieuses mélodies de Nino Rota en parfaite entente avec la section rythmique qui prend visiblement grand plaisir à l’exercice.

Après avoir ouvert avec I Vitelloni, le trio continue avec Il Bidone arrangé en bop. Le toucher délié et délicat du pianiste fait varier les rythmes et André Ceccarelli excelle à suivre les cadences impulsées par Enrico Pieranunzi. Le leader transforme les notes de la splendide Strada en des perles irisées. Le soutien harmonique sans faille du contrebassiste permet au pianiste de se détacher du thème, de laisser libre cours à son inventivité et de prendre son envol avec lyrisme.

C’est ensuite un piano concertant qui expose Le Notti Di Cabiria, cette mélodie dont Enrico Pieranunzi prétend qu’elle « capture tout l’esprit de Rome ». Le jeu délicat d’André Ceccarelli, maître ès balais, accompagne le chorus de contrebasse de Diego Imbert dont la justesse éblouit.

C’est avec décontraction et souplesse que le pianiste entame ensuite Amarcord soutenu par la souple pulsation du batteur au tempo infaillible. La précision du solo de contrebasse tient les spectateurs en haleine. Le temps est étiré, comme suspendu. Le morceau se termine dans des ondes de délicatesse accompagné par le murmure de l’archet de Diego Imbert.

Enrico Pieranunzi feint de se débattre avec ses partitions avant de jouer les arrangements pour trio de tous les thèmes du film « La Dolce Vita » qu’il considère comme « le chef d’œuvre » de Fellini. Le pianiste débute seul écouté avec grande attention par ses compagnons souriants. Le morceau continue ensuite sur un tempo très syncopé. Facétieux, les musiciens s’amusent et le découpage rythmique évoque les brisures d’un montage cinématographique rythmé.

La parfaite réactivité du trio permet au pianiste de faire monter la tension à la manière d’Erroll Garner puis de la laisser retomber jusqu’à devenir une douce caresse comme celle des regards de Marcello Mastroianni. Enrico Pieranunzi, Diego Imbert et André Ceccarelli le 02 décembre 2017 au Musée des Confluences de LyonLes musiciens se jouent du tempo qu’ils doublent. La tension revient à son comble. Pour finir, le trio sort « le grand jeu » et le morceau se termine en une valse étourdissante et coquine.

Ovationné par un public totalement conquis par le splendide concert, le trio interprète en rappel une composition du pianiste, Fellini’s Waltz. Pour cet ultime moment, Enrico Pieranunzi convoque la poésie sur scène.

Entouré de Diego Imbert et André Ceccarelli, le pianiste Enrico Pieranunzi a fait entrer en résonance Jazz et Cinéma. En parfaite connivence, le trio a transformé l’Auditorium du Musée des Confluences en un Club de Jazz où ont régné en alternance les deux composantes du swing, tension et détente. Durant toute la soirée des ondes de bonheur ont circulé entre la scène et la salle. L’écoute attentive du public et son enthousiasme vis à vis de la musique ont fait écho au plaisir de jouer du trio et au concert en tout point superbe. La musique a imposé sa magie et à travers elle le public a pu capter la vision du monde de Fellini.

Nuits de Fourvière 2021 – La programmation

Nuits de Fourvière 2021 – La programmation

Malgré le contexte sanitaire particulier, les Nuits de Fourvière 2021 donnent rendez-vous à leur public du 1er juin au 30 juillet. Pour le 75ème anniversaire du festival international de la Métropole de Lyon, l’affiche promet 60 jours, 9 créations, 8 coproductions, 2 premières françaises.

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Retour de Sébastien Texier & Christophe Marguet 4tet

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Trois ans après « For Travellers Only », Sébastien Texier & Christophe Marguet reviennent leur deuxième album, « We Celebrate Freedom Fighters ! ». Avec Manu Codjia et François Thuillier, ils célèbrent des combattants qui ont lutté pour la liberté. Un hommage musical rendu à ces femmes et hommes engagés contre toute forme d’obscurantisme, de discrimination, d’exclusion et d’injustice. En cette période perturbée, cet hymne à la liberté résonne avec une grande force.

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Jazz à Vienne 2021 dévoile les derniers noms

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Avec l’annonce de quatre nouvelles soirées du Théâtre Antique, le festival « Jazz à Vienne »dévoile les derniers noms de son affiche désormais complète. Au final, la programmation a de quoi réjouir un large public autour de cette édition anniversaire prévue du 23 juin au 10 juillet 2021.

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Ensemble Minisym annonce la sortie de « New Sound »

Ensemble Minisym annonce la sortie de « New Sound »

Un pont entre Moondog et le XXIème siècle

Ensemble Minisym annonce la sortie de l’album « New Sound » pour le 08 décembre 2017. Ce projet original, porté par Amaury Cornut, revisite la musique de Moondog. Cet évènement projette au XXIème siècle l’œuvre de Louis Thomas Hardin alias Moondog.

Couverture de l'album "NewSound" par l'Ensemble MinisymAprès quatre années de travail et un an d’attente, l’album « New Sound » (Les Disques Bongo Joe/L’Autre Distribution) parait le 08 décembre 2017 après une campagne de financement participatif réussie qui couvre les frais de studio, de mixage, de mastering et la conception graphique des visuels de pochette.

Sur les quatorze plages de « New Sound », l’Ensemble Minisym revisite la musique du compositeur américain Louis Thomas Hardin aka Moondog (1916-1999) qui a aussi été surnommé le « Viking de la 6ème avenue », surnom qui date de l’époque où le compositeur vivait dans les rues de New-York. .

Ensemble instrumental pour cordes et percussions l’Ensemble Minisym réunit Charles-Henry Beneteau à la theorbe et aux guitares, Hélène Checco au violon, Amaury Cornut sur dragon’s teeth, harmonium et grosse caisse, Alexis Degrenier à la vielle à roue et aux percussions, Benjamin Jarry au violoncelle et Gwenola Morin à l’alto.

A l’aide de cet instrumentarium singulier qui réunit violon, violoncelle, guitare/théorbe, organetto médiéval, harmonium indien, vielle à roue et percussions, les six musiciens de l’Ensemble Minisym profilent leur vision de la musique de Moondog. Le programme « New Sound » de l’Ensemble Minisym suit le fil de l’album « New sound of an old instrument » de 1979 où Moondog interprète à l’orgue des pièces composées à l’époque où il vivait dans les rues de New-York mais aussi d’autres morceaux écrits lors de son séjour en Europe.

Cet Ensemble Minisym a vu le jour au printemps 2013 à Nantes à l’initiative d’Amaury Cornut, spécialiste français de Moondog, L’ensemble joue les partitions écrites par Moondog et choisit de porter le nom d’un des premiers quatuors à cordes de Louis Thomas Hardin, intitulé Miniature Symphony, MiniSym.

On a déjà évoqué le compositeur Moondog, Amaury Cornut et l’Ensemble Minisym à l’occasion de la soirée du 11 juin 2016 des Nuits de Fourvière. Ce soir-là, la création « Moondog » proposée en hommage au compositeur fut pour le public lyonnais l’occasion de vivre une soirée Moondog singulière et fort réussie. Sur ces deux chroniques on peut retrouver des éléments concernant Moondog, Amaury Cornut, l’Ensemble Minisym et le concert mais pour en savoir plus sur Louis Thomas Hardin la consultation du site français, Moondog le Viking de la 5ème avenue, tenu par Amaury Cornut est incontournable, il constitue une mine absolue sur le compositeur et sa musique tout autant que la lecture de « Moondog », ouvrage écrit par le jeune exégète et publié aux éditions le Mot et le Reste. Cette biographie augmentée d’une discographie de Moondog est absolument passionnante.

« New Sound » propose quatorze pièces de Moondog. Huit d’entre elles sont présentes sur l’album « A New Sound of An Instrument » enregistré en 1979.

Oasis et Single Foot, composés à New-York ouvrent « New-Sound », tout comme ils le faisaient sur l’album de Moondog. On retrouve aussi les pièces Bug On A Floating Leaf, Sand Lily, Frost Flower ainsi que Barn Dance, Log In B et Elf Dance caractéristique du talent de mélodiste de Moondog, trois thèmes composés par Moondog en Europe. L’Ensemble Minisym interprète trois pièces inédites jusqu’à cet album. En effet, Logrundr in A, Groun in D minor et Marche funèbre (Vercingétorix) n’ont jamais été jouées ni même enregistrées par Moondog.

Sur « New Sound » la musique de Moondog interprétée par l’Ensemble Minisym projette dans le XXIème siècle l’écriture contrapunctique de Moondog, ses mélodies reprises en canon, la polyrythmie complexe de ses pièces et la modernité visionnaire de sa conception musicale. Ni vraiment savante ni vraiment populaire, « New Sound » procure la sérénité, incite à la bienveillance et ouvre sur un univers minimaliste où préexistent simplicité et modernité.

Nuits de Fourvière 2021 – La programmation

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Clin d’œil à Fred Pallem & « Cartoons »

Clin d’œil à Fred Pallem & « Cartoons »

Un Sacre du Tympan drôlement animé

Sur l’album « Cartoons », Fred Pallem & le Sacre du Tympan s’attaquent aux génériques des dessins animés auxquels ils consacrent leur dernier projet. La musique joyeuse et peaufinée donne un coup de jeune aux thèmes et ravit les oreilles. Un remède contre la morosité !

Après les BO des films blaxploitation des seventies Fred Pallem & Le Sacre du Tympan s’amusent comme des petits fous avec les génériques des dessins animés et des films d’animation sur l’album Couverture de l'album "Cartoons" de Fred Pallem & Le Sacre du Printemps« Cartoons » (Train Fantôme / L’Autre Distribution) sorti le 10 novembre 2017.

Comme à leur habitude, si les musiciens ne se prennent pas au sérieux ils n’en travaillent pas moins avec très grand sérieux. Avec finesse et humour, ils détournent les caractères des personnages pour les inscrire au cœur des musiques qui restituent vraiment l’ambiance des dessins animés d’origine.

Sur « Cartoons » le Sacre du Tympan réunit un tentet avec Jeremie Piazza (batterie), Fred Pallem (basse/guitare), Fred Escoffier (synthés), Guillaume Lantonnet (percussions), Sylvain Bardiau (trompette), Izidor Leitinger (trompette), Fred Gastard (saxophones), Mathias Mahler (trombone), Lionel Segui (tuba/trombone) et Joce Mienniel (flûtes/saxophone). Les prouesses des musiciens du big band donnent envie de revoir les dessins animés de ces héros qu’on avait presqu’oubliés.

Pêchu en diable, « Cartoons » stimule et insuffle de la vigueur, donne envie de sautiller, de faire des farces, de rigoler en mangeant des bonbons devant la télé. On retrouve une âme d’enfant et on se prend à siffler les airs lorsque l’album a cessé de tourner. On file même chercher la Game Boy rangée au fond d’un tiroir.

Avec maestria Fred Pallem & Le Sacre du Tympan parviennent à transformer les thèmes les plus ringards en des musiques rayonnantes d’énergie. A vrai dire on n’était pas fan de l’Inspecteur Gadget ni de Bob l’éponge mais la version proposée du thème d’Inspecteur Gadget et Spongebob Squarepants valent le détour.

L’album ouvre avec La Danse Macabre, musique d’une des « Silly Symphonies », un de ces courts métrages d’animation en noir et blanc de Walt Disney sortis en 1929. On entend défiler au pas cadencé des squelettes qui embouchent des trompettes bouchées. Ils n’en finissent pas de mener la danse finalement pas si macabre que ça.

« Cartoons » fait un second clin d’oeil au monde de Walt Dysney.  Un tendre échange entre une flûte et un saxophone baryton anime Je voudrais être un bonhomme de neige du dessin animé « La Reine des Neiges ».

Les morceaux se suivent en cascade. On perçoit le jaune des notes qui sortent du saxophone baryton qu’embouche Homer sur The Simpsons. Scooby Doo surmonte sa peur et bidouille les synthés pour affronter la section de cuivres et la batterie volubile alors qu’Inspecteur Gadget joue avec des synthés pétomanes.

On avait des souvenirs plus toniques de Dragon Ball Z que console un trombone nostalgique alors que Bob l’éponge dirige une fanfare plutôt humide sur Spongebob Squarepants. La musique du célèbre jeu vidéo Super Mario Bros va rallier les suffrages de tous les trentenaires qui ont grandi avec ce jeu. L’album se termine avec un Goldorak digne des meilleures SF.

De tout le répertoire on a une préférence pour le thème de Spiderman qui est propulsé de building en building par la guitare et la section de cuivres.

« Cartoons », un joyeux divertissement à partager largement mais attention… les enfants risquent de se réapproprier l’album sans même demander la permission. Merci à Fred Pallem et au Sacre du Tympan pour les dix titres de « Cartoons » qui offrent une cure de rajeunissement et d’allégresse.

Nuits de Fourvière 2021 – La programmation

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« Our Point of View » par le Blue Note All Stars

« Our Point of View » par le Blue Note All Stars

Pure prouesse, six leaders élaborent un discours collectif

Enregistré par Blue Note All Stars, un groupe de six leaders du jazz actuel, propose « Our Point of View » avec onze titres d’un vigoureux jazz contemporain. Le discours collectif ne manque ni de mordant ni de souplesse.

BLUE NOTE ALL STARS avec Ambrose Akinmusire, Robert Glasper, Marcus Strickland, Lionel Loueke, Kendrick Scott, Derrick Hodge © Universal

Couverture de l'album Our Point of View" du Blue Note All StarsConstitué en 2014, le Blue Note All-Stars été créé pour célébrer le 75ème anniversaire du légendaire label Blue Note Records où tant de musiciens devenus ensuite des icônes du jazz ont enregistré un de leurs premiers albums comme le firent Thelonious Monk, Herbie Hancock, Wayne Shorter, Freddie Hubbard et Joe Henderson.

Déjà engagés chez Blue Note où leurs propositions musicales enrichissent le catalogue du label, six prodiges de l’avant-garde du jazz américain font entendre leur conception de l’esprit Blue Note version XXIème siècle sur « Our Point of View » (Blue Note/Universal) sorti le 06 octobre 2017.

Blue Note All Stars réunit Robert Glasper aux claviers et à la réalisation, Ambrose Akinmusire  à la trompette, Lionel Loueke à la guitare, Derrick Hodge aux  basse et contrebasse, Kendrick Scott à la batterie et Marcus Strickland au saxophone ténor.

Chacun oublie son ego. Les six visionnaires fédèrent leur créativité et leur expression. Le collectif fonctionne de la meilleure manière et il en résulte une musique enthousiasmante tout à fait représentative de l’esprit Blue Note.

Sur « Our Point of View » les six musiciens du Blue Note All Stars explorent collectivement le nouvel horizon du jazz et donnent à écouter une musique qui renouvelle les codes tout en demeurant respectueuse de la tradition. Le discours musical s’inscrit dans la continuation mais se profilent dans une perspective de modernité innovante.

Robert Glasper exprime ainsi le contexte dans lequel ces six musiciens travaillent ensemble : « Nous aimons tous l’histoire de la musique. Nous sommes tous amoureux de l’histoire du jazz, mais aucun de nous n’est tiré en arrière par l’histoire du jazz. Nous fabriquons notre propre histoire ici et maintenant.”  Il rajoute aussi que Blue Note All Stars “(C’)est un groupe d’esprits ouverts, des musiciens talentueux qui sont ensemble pour l’amour de la musique. Ils ne peuvent apporter que de bonnes choses”.

On se rallie à ces propos face au très réussi « Our Point of View ». Onze titres. Quatre vingt-dix minutes de musique. Des pièces originales signées par chacun des membres de l’orchestre et deux reprises de compositions de Wayne Shorter.

Une version de dix-huit minutes de Witch Hunt que Wayne Shorter avait gravé sur « Speak Evil » paru en 1965 chez Blue Note. Surprenant mais convainquant. La référence aux grandes années du label Blue Note est poussée plus loin puisque Wayne Shorter et son soprano se joignent aux six musiciens du Blue Note All Stars pour une version d’une autre de ses compositions, le thème Masqueleros. Le pianiste Herbie Hancock vient le retrouver. Deux compagnon musicaux devenus légendes de leur vivant.

La composition du batteur Kendrick Scott, Cycling Through Reality, insuffle un bel élan à l’album. Meanings, écrit par Marcus Strickland est l’occasion pour le saxophoniste de s’exprimer avec un lyrisme irrésistible. Sur sa propre composition, Henya, le trompettiste Ambrose Akinmusire installe un climat mystérieux avec la complicité de Derrick Hodge.

On succombe aux effets de guitare funky et à la rythmique afro-pop du très prenant Freedom Dance que signe Lionel Loueke. On ne résiste pas non plus à Message of Hope écrit par Derrick Hodge où le guitariste phrase avec flamme. L’écriture du bassiste donne vie à Second Light, un des thèmes les plus captivants de l’album.

Enregistré aux studios Capitol à Hollywood, « Our Point of View » est dédié à la mémoire du regretté président de Blue Note, Bruce Lundvall, qui a sorti le label Blue Note de son sommeil en 1984 et qui a signé Lionel Loueke, Robert Glasper et Ambrose Akinmusire. L’album ouvre d’ailleurs avec Bruce’s Vibe que Robert Glasper a composé et où l’on peut en entendre un extrait de discours de Lundvall. Le disque se referme avec Bruce, The Last Dinosaur, conçu par Ambrose Akinmusire comme un très court requiem.

Après Alfred Lion, le fondateur de Blue Note et Bruce Lundvall le continuateur on est en droit d’attendre que Don Was, qui a pris le contrôle de Blue Note en 2011, soit dans le même état d’esprit que ses prédécesseurs et conserve la singularité de ce label historique.

« Our Point of View », la musique collective de Blue Note All Stars. Six leaders unis pour pratiquer un jazz contemporain qui perpétue et renouvelle à la fois la tradition du jazz et celle du label Blue Note.

Nuits de Fourvière 2021 – La programmation

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