En cette fin d’année 2022, quelques albums de jazz interpellent tant par la qualité de leur propos que par leur identité singulière. Impossible de passer sous silence ces quatre Ultimes « Coups de cœur » #2, des musiques à écouter sans tarder pour découvrir de superbes paysages musicaux et bien terminer l’année.
Clin d’œil à Jacob Karlzon et « Open Waters »
Voyage musical aquatique sur les « Open Waters »
En trio, le pianiste Jacob Karlzon signe « Open Waters », un album dont les neuf titres Ă©voquent les sons de la mer. Un voyage musical comme une immersion dans un univers aquatique multiforme. La musique gĂ©nère images et sensations… douceur des flots apaisĂ©s, vigueur des mers agitĂ©es. Il reste juste Ă se laisser flotter au fil des eaux.
Sorti le 27 septembre 2019, l’album « Open Waters » (Warner Music) du pianiste et compositeur Jacob Karlzon entraĂ®ne la musique au fil de neuf titres de sa composition. Chaque morceau se fait l’Ă©cho de territoires aquatiques aux profils variĂ©s. Le rĂ©pertoire dĂ©roule en effet des paysages sonores diversifiĂ©s qui stimulent l’imagination.
Le pianiste a enregistrĂ© « Open Waters » au Nilento Studio de Göteborg. Hormis sur le dernier titre de l’album oĂą Jacok Karlzon s’exprime solo, le leader est accompagnĂ© de Morten Ramsbøl Ă la basse et de Rasmus Kihlberg Ă la batterie.
L’album « Open Waters » donne Ă dĂ©couvrir des Ă©tendues d’eau Ă perte d’oreille. Au fil des plages on cabote sur des flots limpides, on devine le ressac Ă©nergique de l’ocĂ©an, on pose le regard sur une mer d’huile et l’on ressent mĂŞme la fraĂ®cheur d’impĂ©tueuses cataractes.
Jakob Karlzon
Le pianiste a accompagné Silje Nergaard, Nils Landgren et Viktoria Tolstoy. Il a aussi partagé la scène avec Kenny Wheeler, Norma Winstone ou Billy Cobham. Il a abordé l’univers du heavy metal avec son album “More” (ACT) en 2012. Dans le récent “Now” (Warner Music) sorti en 2016, il a intégré des éléments électroniques à sa palette. Il se décrit lui-même comme un musicien alternatif.
De formation classique, le pianiste et compositeur suĂ©dois Jacob Karlzon fusionne toutes ses influences (pop, folk, Ă©lectro, rock et heavy metal) et propose un jazz ouvert oĂą l’improvisation est fondamentale. Sur « Open Waters » l’approche mĂ©lodique prĂ©vaut mais la dimension rythmique est essentielle, qu’il s’agisse de la douce respiration de la batterie de Rasmus Kihlberg ou de la force pulsatile de la basse de Morten Ramsbøl.
Les deux membres de la paire rythmique ont collaborĂ© avec le pianiste dans de nombreux projets au fil des ans, dans des groupes parmi lesquels on peut citer celui de Viktoria TolstoĂŻ et Human Factor. La cohĂ©sion que le trio donne Ă entendre sur « Open Waters » rĂ©sulte Ă n’en pas douter d’un rĂ©elle comprĂ©hension et d’une palpable complicitĂ© musicale.
A l’issue de l’enregistrement, Jacob Karlzon a manifestĂ© son contentement après le travail accompli avec ses compagnons : “Je suis heureux lorsqu’on interprète ma musique de cette manière. J’ai vraiment envie d’emmener mes auditeurs au bord de la mer, avant de les laisser dĂ©cider dans quelle direction ils voudraient nager.”
Au fil des eaux
L’Ă©coute des neuf plages de l’opus « Open Waters » dĂ©clenche images et sensations variĂ©es.
Dès l’ouverture de l’album, on embarque en toute sĂ©rĂ©nitĂ© sur les calmes Ă©tendues d’Open Waters.
StimulĂ©e par la musique, l’imagination navigue ensuite sur les flots rageurs de Look what you made me do. Elle plonge ensuite dans les grottes sous-marines de Secret Rooms, se laisse asperger par les cascades rythmiques de Motion Picture, admire les vagues d’Ă©cume de Slave to Grace puis, sur Ever changing, se laisser capter par la douceur immobile d’une mer apaisĂ©e.
Vient alors le moment de palmer en douceur dans les fonds sous-marins transparents de How It Ends.
Après cette immersion bienfaisante, on remonte Ă la surface des eaux limpides de Panorama avant de se laisser dĂ©river jusqu’au lagon accueillant de Note to Self qui marque la fin du voyage aquatique.
Faute d’un rĂ©el voyage sur les mers du monde, l’Ă©coute de l’album « Open Waters » du pianiste Jacob Karlzon propose une bande-son pourvoyeuse d’un dĂ©paysement aquatique. Il fait bon naviguer au fil des eaux musicales avec le trio qui fait alterner calme et Ă©nergie, douceur et force.
2022… Ultimes « Coups de cœur » #2
2022… Ultimes « Coups de cœur » #1
Riche en surprises, 2022 a permis de découvrir de nouveaux talents et de se régaler de la musique d’artistes confirmés qui ne cessent de renouveler leurs projets. Pour terminer l’année, quoi de mieux que ces quatre ultimes « Coups de cœur » #1 pour apprécier de véritables pépites de jazz français interprété en duo, trio, quartet et en grande formation.
« Blue in Green », Paul Lay rend hommage à Bill Evans
Avec le superbe « Blue in Green », Paul Lay rend hommage à Bill Evans. Sur ce premier opus de la série Jazz de Scala Music, le pianiste revisite certaines compositions de Bill Evans et de grands standards de jazz. Enregistré live en trio avec le contrebassiste Clemens Van der Feen et la batteur Dré Pallemaerts, l’album s’inscrit dans la grande tradition du trio jazz piano-contrebasse-batterie.
Après 
Après « Made In Animas », « Evidence from El Cayo » et « Night Poems », Felipe Cabrera sort « Mirror » (3D Family/MDC/PIAS) Ă sortir le 27 septembre 2019. Sur ce quatrième album, le contrebassiste croise les fils de sa vie. Sur la pochette de l’album, le leader se mire sur trois miroirs tout comme l’album vibre entre musique classique, jazz et musique cubaine.
On se souvient de Missin’ Ya, une reprise de Night in Tunisia de Dizzy Gillespie gravĂ© dans « Diasporas », le tout premier album du trompettiste Ibrahim Maalouf en 2007. Par ailleurs, de Lhasa, Ă Raul Paz, en passant par Tito Puentes ou Omar Sosa, le trompettiste a collaborĂ© avec de nombreux artistes latins. NĂ© au Liban, Ibrahim Maalouf a grandi en France. Pourtant, il revendique des influences latino-amĂ©ricaines qui font partie intĂ©grante de sa culture familiale et musicale.
Après une trilogie consacrée à la voix, le pianiste
La guitare a bercĂ© la vie d’Eric Legnini. En effet, son père Ă©tait fan de Django Reinhardt et le pianiste a ferraillĂ© avec d’autres artistes du Plat Pays qui pratiquaient aussi la six-cordes, comme Philip Catherine ou le lĂ©gendaire Toots Thielemans, harmoniciste certes, mais aussi savant manieur des six-cordes. Du coup, pour Eric Legnini, pas question de perpĂ©tuer l’idĂ©e que « les pianistes et guitaristes ne font pas toujours bon mĂ©nage ».
Un an après la sortie en 2018 du superbe “Both Directions At Once : The Lost Album”, le label Impulse sort de ses archives 37 minutes d’enregistrement encore jamais publiĂ©es du lĂ©gendaire saxophoniste John Coltrane disparu en 1967. AnnoncĂ© pour le 27 septembre 2019, l’album « Blue World » rĂ©unit huit morceaux inĂ©dits enregistrĂ©s le 24 juin 1964 dans les studios Rudy Van Gelder pour le film « Un chat dans le sac », du rĂ©alisateur quĂ©bĂ©cois Gilles Groulx.










