En 2023, le maître du oud, vocaliste et compositeur, Dhafer Youssef revient avec l’album « Street Of Minarets ». Pour ce voyage musical entre orient et occident, il invite de prestigieux invités. Sans rien perdre de son identité, il élargit le périmètre de son art et son instrument se confronte avec brio à différentes facettes du jazz. Un audacieux projet qui ne manque ni d’énergie ni d’inspiration.
Victoires du Jazz 2019
Anne Paceo, artiste de l’année
La batteuse Anne Paceo, la flutiste Naissam Jalal, le chanteur David Linx, le tromboniste Fidel Fourneyron, l’accordéoniste Vincent Peirani et Le Sacre du Tympan sont distingués par les Victoires du Jazz 2019. La remise des prix est prévue le 16 octobre 2016 au Casino de Paris où les lauréats sont invités à se produire en concert.
Pour les Victoires du Jazz 2019, l’Académie reconduit les six catégories habituelles, par contre cette année, point de « Victoire d’honneur ».
Anne Paceo nommée « Artiste de l’année », Fidel Fourneyron désigné « Artiste qui monte de l’année », David Linx récompensé dans la catégorie « Voix de l’année », Le sacre du Tympan reconnu « Groupe de l’année », « Living Being II – Night Walker »de Vincent Peirani proclamé « Album sensation de l’année » et « Quest of the Invisible », celui de Naissam Jalal, honoré comme « Album inclassable de l’année » .
En 2019, la liste des des lauréat.e.s aux Victoires du jazz 2019 a été dévoilée sur la page Facebook des Victoires de la Musique. On se questionne quant au motif de ce choix
Le Palmarès des Victoires du Jazz
« Artiste de l’année » : Anne Paceo
Avant de mener tambours battants sa carrière de leader sur les scènes françaises, européennes et internationales, Anne Paceo a longtemps accompagné d’autres musiciens, ce qu’elle fait d’ailleurs encore aujourd’hui. Diplômée du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, au département jazz (mention très bien) elle brille par la précision de son jeu contrasté.
Après avoir été désignée dans la catégorie « Révélation » en 2011, la batteuse et compositrice a déjà remporté la Victoire de l’Artiste de l’année en 2016. En 2019, elle est de nouveau récompensée de la Victoire dans la catégorie « Artiste de l’Année ».
Cette distinction étonne peu car cette artiste globe-trotteuse s’investit dans des projets dont la diversité prouve sa grande ouverture en direction de tous les styles de musique. Sa discographie en témoigne d’ailleurs, de « Triphase » paru en 2008 en passant par le très original « Fables of Shwedagon » sorti en 2016 jusqu’au superbe « Bright Shadows » en 2019. On note par ailleurs la fidélité dont fait preuve Anne Paceo vis à vis de sa maison de disques, Laborie Jazz.
« Artiste qui monte » : Fidel Fourneyron
Originaire des Landes, le tromboniste et compositeur Fidel Fourneyron a vraiment mérité sa récompense car depuis longtemps il est de facto un « Artiste qui Monte » ! 
En solo dont témoigne l’album High Fidelity (2015), avec son trio « Un Poco Loco » qui a déjà gravé trois albums dont le dernier explore le répertoire de Charlie Parker, avec son nouveau trio Animal avec lequel il a sorti l’ album éponyme en 2018 sous le label ONJ, avec sa très singulière création « ¿ Que Vola ? » dont témoigne l’album du même nom sorti en 2019 chez No Format.
On n’oublie pas non plus sa participation à l’ONJ d’Olivier Benoit de 2014 à 2018 et ses activités de pédagogue.
L’Académie des Victoires du Jazz ne pouvait que remarquer ce talentueux et créatif musicien.
« Voix de l’année » : David Linx
On s’étonne qu’il ait fallu attendre aussi longtemps pour que l’Académie des Victoires du Jazz reconnaisse le talent de David Linx, ce chanteur né à Bruxelles qui n’a eu cesse d’innover dans le domaine du chant jazz masculin et dont les prouesses vocales réjouissent les amateurs de jazz depuis les années 90.
Depuis 1995, année de la sortie de « Standards » (Buy My Records) et Up Close (Label Bleu), cet artiste n’a cessé de faire entendre son chant à nul autre pareil. Perfectionniste et soucieux de renouveler son art, il a pendant des années tourné et enregistré en duo avec le pianiste belge Diederick Wissels et aussi avec Paolo Fresu pour le projet « Heartland ».
On ne compte plus ses collaborations scéniques et discographiques avec le BJO (Brussels Jazz Orchestra) dont le remarquable « Brel » enregistré en 2016. David Linx a aussi croisé sa voix avec celles de chanteuses. Avec Faye Classen et Maria Pia Di Vito sur scène et sur l’album « One Heart, Three Voices » (e-motiveRecords) gravé en 2005. Avec la chanteuse portugaise Maria Joao autour du projet « Follow The Songlines » gravé en 2010 chez Naïve ainsi que surr « A Different Porgy and Another Bess » enregistré en 2012 avec le BJO.
Impossible d’omettre le projet « A NOUsGARO » que David Linx a créé sur scène et enregistré sur l’album au titre éponyme en hommage au chanteur toulousain qu’il admirait tant. Pour ce disque il a enregistré avec André Ceccarelli avec qui il avait déjà gravé « Rock My Boat » en 2011 puis avec qui il a sorti « 7000 Miles en 2019 ». La même année David Linx a par ailleurs enregistré un autre superbe album, « The Wordsmith », en duo avec le bassiste Michel Hatzigeorgiou. Il serait trop long de citer les nombreux autres opus que le chanteur a enregistrés en leader ou comme invité mais il est essentiel d’évoquer « A Lover’s Question » gravé avec James Baldwin qui a eu une influence majeure dans la vie de David Linx. Sorti en 1987 l’album a été réédité en 2000 par Label Bleu.
Si les albums de David Linx constituent des références qui permettent de saisir sa personnalité vocale, il est essentiel de l’écouter sur scène où il donne toujours le meilleur de lui-même. L’ensemble de la carrière de David Linx mérite pour le moins une Victoire du Jazz dans la catégorie « Voix », dommage que l’Académie ait mis autant d’années pour honorer enfin ce chanteur au professionnalisme indéfectible.
« Groupe de l’année » : Le Sacre du Tympan
Depuis 2002, le bassiste et compositeur Fred Pallem conduit de main de maître son big band, Le Sacre du Tympan.
Écouter une fois le groupe sur scène constitue une expérience inoubliable et addictive. Non content de réunir autour de lui des instrumentiste inventifs et talentueux, il ne cesse de renouveler son inspiration et les albums qu’il a gravés avec son orchestre constituent des moments de pur bonheur.
Du premier, « Le Sacre Du Tympan » gravé en 2002, en passant par « Le Sacre Du Tympan - Le Retour ! » en 2005 « La Grande Ouverture » en 2008, « Soundtrax » en 2010, « Fred Pallem & Le Sacre Du Tympan - Présentent François de Roubaix » en 2015, « Soul Cinema! » en 2017, « Cartoons » en 2017 jusqu’à « L’Odyssée » paru en 2018.
Hors des sentiers battus, l’inventive musique du Sacre du Tympan est un véritable remède contre la mélancolie et la morosité ambiante. Assister à un concert ou écouter un album de l’orchestre vaut plus qu’une cure de jouvence.
« Album sensation de l’année » : « Living Being II – Night Walker » de Vincent Peirani
Musicien incontournable de la scène jazz européenne, l’accordéoniste Vincent Peirani a renouvelé le langage de son instrument. Début 2015 il s’est entouré de cinq musiciens, le saxophoniste Emile Parisien, le claviériste Tony Paeleman, le bassiste et guitariste Julien Herné et le batteur Yoann Serra. Il a baptisé son groupe « Living Beeing »..
Après un premier album éponyme paru en 2015, « Living Being », Vincent Peirani a sorti « Living Being II – Night Walker » en juin 2018. Le quintet est au sommet de son expression. Tous les instruments sont sur un pied d’égalité ce qui explique en partie l’impression d’équilibre qui se dégage de l’opus. A cela il faut ajouter le travail de précision de l’ingénieur du son Boris Darley qui concourt lui aussi à faire de « Living Being II – Night Walker » un album remarquable.
Avec six compositions originales du leader et trois reprises, l’album est traversé par un souffle inspiré. On retient particulièrement le superbe « Kashmir to Heaven », mini suite en 3 parties qui fait référence à deux morceaux du célèbre groupe Led Zeppelin, Kashmir et Stairway to Heaven. Sans guitare,la musique dégage une énergie surprenante. Entre rock, chanson, pop et musique écrite occidentale, les plages recèlent des trésors d’élégance. Sauvages ou délicats, les morceaux très expressifs déclenchent une large palette d’émotions.
« Album inclassable » : « Quest of the Invisible » de Naissam Jalal
Sorti le 01 mars 2019, le double album « Quest of the Invisible », propose un répertoire empreint d’une spiritualité profonde. Porté par ses instruments (flûte et nay) ou sa voix, le souffle de Naïssam Jalal habite les huit plages envoûtantes de l’album.
Sur le premier disque, Naïssam Jalal est entourée du pianiste Leonardo Montana et du contrebassiste Claude Tchamitchian. Le piano aérien et la contrebasse profonde entrent en communion avec le souffle de la flûte, du nay ou de la voix. Sur le second disque, le trio est rejoint par le batteur et percussionniste américain Hamid Drake au daf. Le rythme y prend plus de place mais s’inscrit avec délicatesse au cœur des mélodies introspectives.
Empreintes de spiritualité, les compositions que Naissam Jalal a écrites pour « Quest of the Invisible » n’appartiennent à aucune tradition mystique mais s’inspire de toutes les musiques qui ont touchée la musicienne Des thèmes mélodiques très simples où le silence occupe une grande part, des rythmes répétitifs et hypnotiques. Entre transe et extase, l’invisible devient musique.
Le jazz, musique de niche
On pointe cette année encore, la faible exposition médiatique des Victoires du Jazz déjà observée pour les Victoires du jazz 2018. Pourtant,le nombre et le talent des musiciens de cette catégorie musicale nommée « Jazz » ne faiblissent pas.
Le palmarès des Victoires du Jazz 2019 a été révélé sur la page Facebook (4330 abonnés) des Victoires du Jazz. On est là, bien loin du large battage fait autour des Victoires de la Musique relayées sur la plupart des médias généralistes (papier, web et radio) et remises lors d’une 34ème cérémonie le 08 février 2019 à la Seine musicale et retransmise sur France 2. Au regard du peu d’intérêt que les médias non spécialisés nationaux, hormis France Musique, portent au jazz, peut-être cette démarche de l’Académie permettra-t-elle de toucher un plus large public via les réseaux sociaux. C’est ce que l’on souhaite.
La remise des distinctions est programmée le mercredi 16 octobre à 19h30, au Casino de Paris, où les lauréats se produiront lors d’un concert présenté par André Manoukian et diffusé sur France 5. A cette occasion, le palmarès des Victoires des professionnels du jazz sera également dévoilé.
Dhafer Youssef présente « Street Of Minarets »
« L’Océan Sonore » de Catali Antonini
Pour son septième album en tant que leader, Catali Antonini invite à plonger avec elle dans « L’Océan Sonore ». A la tête d’un quartet qui réunit à ses côtés le pianiste Stéphane Pelegri, le bassiste Greg Théveniau et le batteur Hervé Humbert, la chanteuse s’exprime tour à tour en français, italien ou anglais. Rêverie aquatique en eaux tour à tour sensibles et énergiques.
Un label est né… « Paradis Improvisé »
Entre avril 2021 et octobre 2022, quatorze pianistes ont enregistré en solo quatorze albums inédits sur le Steinway d’Hélène Dumez, dans l’intimité d’un appartement de Marseille, rue Paradis. Ainsi, un nouveau label est né… « Paradis Improvisé ». La parution des albums est prévue par paire, tous les deux mois, d’octobre 2022 à novembre 2023. En 2022, sont sortis en octobre ceux Pierre de Bethmann et Leonardo Montana et en décembre ceux de Baptiste Trotignon et Laurent Coulondre.
Sur « Symphonic Tales », le saxophoniste Samy Thiébault propose un nouveau format musical retrouve Adrien Chicot (piano), Sylvain Romano (contrebasse) et Philippe Soirat ( batterie), le trio avec lequel il a enregistré « Clear Fire » en 2013, « A Feast of Friends » en 2015 et 
Sorti le 27 septembre 2019, l’album « Open Waters » (Warner Music) du pianiste et compositeur Jacob Karlzon entraîne la musique au fil de neuf titres de sa composition. Chaque morceau se fait l’écho de territoires aquatiques aux profils variés. Le répertoire déroule en effet des paysages sonores diversifiés qui stimulent l’imagination.
Après 
Après « Made In Animas », « Evidence from El Cayo » et « Night Poems », Felipe Cabrera sort « Mirror » (3D Family/MDC/PIAS) à sortir le 27 septembre 2019. Sur ce quatrième album, le contrebassiste croise les fils de sa vie. Sur la pochette de l’album, le leader se mire sur trois miroirs tout comme l’album vibre entre musique classique, jazz et musique cubaine.
On se souvient de Missin’ Ya, une reprise de Night in Tunisia de Dizzy Gillespie gravé dans « Diasporas », le tout premier album du trompettiste Ibrahim Maalouf en 2007. Par ailleurs, de Lhasa, à Raul Paz, en passant par Tito Puentes ou Omar Sosa, le trompettiste a collaboré avec de nombreux artistes latins. Né au Liban, Ibrahim Maalouf a grandi en France. Pourtant, il revendique des influences latino-américaines qui font partie intégrante de sa culture familiale et musicale.
Après une trilogie consacrée à la voix, le pianiste
La guitare a bercé la vie d’Eric Legnini. En effet, son père était fan de Django Reinhardt et le pianiste a ferraillé avec d’autres artistes du Plat Pays qui pratiquaient aussi la six-cordes, comme Philip Catherine ou le légendaire Toots Thielemans, harmoniciste certes, mais aussi savant manieur des six-cordes. Du coup, pour Eric Legnini, pas question de perpétuer l’idée que « les pianistes et guitaristes ne font pas toujours bon ménage ».
Un an après la sortie en 2018 du superbe “Both Directions At Once : The Lost Album”, le label Impulse sort de ses archives 37 minutes d’enregistrement encore jamais publiées du légendaire saxophoniste John Coltrane disparu en 1967. Annoncé pour le 27 septembre 2019, l’album « Blue World » réunit huit morceaux inédits enregistrés le 24 juin 1964 dans les studios Rudy Van Gelder pour le film « Un chat dans le sac », du réalisateur québécois Gilles Groulx.

