A Vaulx Jazz – Soirée Jazz Front / Workshop de Lyon

A Vaulx Jazz – Soirée Jazz Front / Workshop de Lyon

Le Workshop de Lyon fête son « mi-centenaire »

Beaucoup de bougies et encore du souffle pour cette première partie de la soirée « Jazz Front » ce 22 mars. Les 30 ans du festival A Vaulx Jazz, les 40 ans de l’ARFI et le demi-siècle du Workshop de Lyon. A cette occasion le groupe invite le trompettiste Jean-Luc Capozzo.

Depuis longtemps les musiciens de l’ARFI et ceux du Workshop de Lyon montent au front « A la Recherche d’un Folklore Imaginaire » en cohérence avec le titre de la soirée. A titre personnel on pose comme comme préalable que le plus important est bien de chercher et non de trouver car c’est bien dans la quête que l’art avance et dans le questionnement que l’homme fonde son existence.

Le Workshop de Lyon a préexisté de 10 ans à l’ARFI et bien des changements ont affecté la composition du groupe depuis 1967. Au début la formation a accueilli trompettiste et pianiste puis a adopté la forme actuelle avec deux saxophonistes (dont l’un est aussi clarinettiste), un contrebassiste et un batteur, Après le départ du regretté Maurice Merle en 2003 et l’arrivée de Jean Aussanaire, le Workshop de Lyon a continué sa route musicale et fête en 2017 son « mi-centenaire » (dixit Cristian Rollet). A cette occasion est d’ailleurs publiée une intégrale du Workshop de Lyon.

Qu’en est-il aujourd’hui pour le Workshop de Lyon de l’énergie originelle, de l’évolution du répertoire, de la pérennité ou du renouvellement du propos musical et de sa forme ? C’est bien en ce début de soirée la question que se posent les spectateurs qui connaissent le groupe depuis ses débuts. Pour ceux qui découvrent, ce sera plus simple, juste écouter et saisir la musique. Point de comparaison, de regrets ou de déploration possibles. Ainsi l’écoute est plus libre… ce qui est souhaitable vis à vis de ces musiques qui se revendiquent d’un jazz libéré issu du mouvement free jazz à l’inverse d’Avishai Cohen programmé en seconde partie de soirée qui veut lui se libérer du jazz.

Sur scène se présentent en demi-cercle élargi Jean Aussanaire (saxophones alto/soprano), Jean-Paul Autin (saxophones alto/sopranino, clarinette basse), Jean Bolcato (contrebasse, voix), Christian Rollet (batterie, percussions). Dans une perspective d’ouverture, le groupe accueille le trompettiste Jean-Luc Cappozzo ancien complice du groupe. En maître de cérémonie, Christian Rollet présente le contexte de la soirée et précise que le répertoire compte une quinzaine de titres représentatifs de la vie musicale du Workshop de Lyon.

Le set ouvre avec le lyrisme et les belles couleurs de la composition de Jean Bolcato, Sophisticato. Suivent deux morceaux de Maurice Merle, l’un lumineux et enlevé et le second plus recueilli où clarinette basse et alto entament une musique qui évoque un requiem. Les trilles effrénés et ricanants de l’alto libèrent chez les autres instrumentistes la débauche de grognements, bruitages, grondements, caquètements et borborygmes, bref l’abécédaire habituel du Workshop. Après une invitation au silence les musiciens se réunissent pour élever un chant puissant et conduisent la musique sur une route moins chaotique.

Suivent d’autres compositions de Jean Bolcato dont Marcello, de Jean-Paul Autin, sans oublier La mob. à Momo de Jean Aussanaire avec un clin d’oeil à Maurice Merle. Pour le rappel le groupe interprète Anniversaire… on n’en attendait pas moins. Workshop de Lyon, le groupe porte vraiment bien son nom, un perpétuel atelier qui tisse et retisse des liens entre hier et aujourd’hui pour renouveler son patrimoine musical. On se questionne pourtant sur la présence des partitions pour de tels musiciens rompus à leur répertoire et à l’impro. Sans doute pour tracer les nouveaux arrangements.

L’accueil du public est chaleureux et bienveillant. Les fans exultent, les sceptiques questionnent le renouvellement difficile mais sur scène il est rassurant de voir les yeux des musiciens toujours brillants de l’envie de créer et du désir de jouer. Entre chaos et poésie, le Workshop de Lyon a déroulé son abécédaire. Il a délivré de joyeuses sérénades et de délirantes envolées.

« Solo(s) » de Lionel Martin

« Solo(s) » de Lionel Martin

« Solo(s) » de Lionel Martin, un projet sonore organique et hypnotique. Une bande son nomade captée par Bertrand Larrieu au fil de déambulations urbaines. Cinq morceaux où alternent vibrations aériennes et telluriques. Créditée à Robert Combas, la pochette restitue la douce folie de ce « Mad Sax » qui ne cesse de renouveler son inspiration. Du 07 au 17 octobre 2020, le saxophoniste vit et joue dans un container devenu squat artistique où il propose ses « Variations musicales » durant le « Grand Barouf » du « Rhino Jazz(s) ». Lionel Martin, toujours énergique et libre !

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Victoires du Jazz 2020

Comme l’année précédente, le palmarès des Victoires du jazz 2020 a été dévoilé sur la page Facebook des Victoires du Jazz… 6 catégories, 11 lauréats avec nombreux ex æquo et une Victoire d’Honneur pour L’Orchestre National de Jazz dirigé par Frédéric Maurin. Cette année, en raison de l’épidémie de Covid, pas de cérémonie mais un documentaire de présentation des lauréats à venir le 24 octobre 2020 dans Passage des Arts, sur France 5 à 22h30.

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Diana Krall revient avec « This Dream of You »

Diana Krall revient avec « This Dream of You »

C’est un morceau de Bob Dylan qui donne son titre à cet album où Diana Krall revisite avec élégance onze grands standards du jazz. Trois ans après « Turn up the quiet », la diva revient avec « This Dream of You » (Verve Records/Universal). Un album pastel riche d’un swing intime que la pianiste et chanteuse canadienne offre en hommage à son producteur Tommy Lipuma, disparu en 2017. Un opus enchanteur qui fait rêver et oublier la sinistrose ambiante.

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« La beauté Bud Powell » écrit par J. B. Fichet

« La beauté Bud Powell » écrit par J. B. Fichet

Un éblouissant hommage à Bud Powell

« La Beauté Bud Powell ». Un ouvrage à lire à tout prix. Jean-Baptiste Fichet rend hommage à sa manière au pianiste de jazz Bud Powell. Ni biographie, ni poésie, ni analyse musicologique technique. Simplement une prose empreinte de lyrisme sur un des meilleurs pianistes de jazz.

Premier livre de Jean-Baptiste Fichet, « La beauté Bud Powell » (204p) est paru aux Éditions Bartillat en janvier 2017. L’ouvrage est réussi. A lire absolument.

On se laisser porter par la prose, son rythme, ses syncopes, ses digressions, ses divagations, ses précisions, ses ruptures, ses points d’orgue, et ça marche. On s’envole sur les ailes de la prose aérienne de l’auteur à la rencontre de Bud Powell (1924-1966), ce musicien quelque peu oublié derrière les autres figures charismatiques du bop et du jazz en général.

Bud Powell. Un enfant doué pour la musique pour qui la vie va devenir une véritable épreuve. Séjours en hôpital psychiatrique et autres aventures improbables générées par la bêtise insondable du genre humain et le peu d’altérité que les hommes portent à leur dis-semblables vont altérer à tout jamais le cerveau de ce génie absolu. Comme l’écrit J. B. Fichet p33, en référence à une de ses plus fameuses compositions, Un Poco Loco, Bud Powell…

« C’est aussi la gaîté, sans le bonheur. La tristesse, sans le cafard. La lenteur comme pour pleurer. Le sentimentalisme bien tempéré. La gravité sans le sérieux. La complainte sans la plainte. Le pathos sans le ridicule. Et toujours, ce dur désir d’aller plus loin. des ratés en pagaille : on s’en moque. »

En dépit de ses déboires, le pianiste gardera pourtant toujours, au fond de lui la lumière qu’évoque l’auteur p196…

« La lumière émise par Bud Powell, la beauté qu’il a cherchée, continuent de balayer l’univers - au présent. Le pianiste a laissé derrière lui cette floraison de bourgeons, milliers de ‘buds’ portant pollen, graines disséminées aux vents du jazz. »

D’ailleurs la plupart des jazzmen et non les moindres ont loué Bud Powell. Bill Evans, Keith Jarett, John Lewis, Duke Ellington, Mary Lou Wiliams, Art Taylor, Thelonious Monk, Chick Corea, Herbie Hancock, Lallo Shifrin, René Urtreger, Miles Davis, Cannonball Adderley, Dexter Gordon, Dizzy Gillespie, Charlie Parker, Max Roach, …  pour n’en citer que quelques-uns.

Après la lecture de « La Beauté Bud Powell », on refait tourner sur la platine les vinyles que l’on n’a pas écoutés depuis longtemps. On regarde de nouveau « Round Midnight », le film sorti en 1986, inspiré de la vie de Bud Powell et tourné par Bertrand Tavernier à partir de l’ouvrage de Francis Paudras, « La Danse des infidèles ». Dans le film on revoit avec bonheur Dexter Gordon (qui a joué avec Bud Powell à Paris dans les années 60) et aussi Herbie Hancock, Wayne Shorter, Bobby Hutcherson, John Mc Laughlin, Eric Le Lann et bien d’autres musiciens mobilisés sur le tournage.

On ressort aussi de la bibliothèque le magnifique livre (actuellement indisponible à l’état neuf) de Francis Paudras préfacé par Bill Evans, « La danse des infidèles ». Un ouvrage de référence consacré avec amour par Francis Paudras qui a protégé le pianiste à Paris dans les années 60. 408 pages éditées en 1986 par les Éditions « L’instant ».

On regarde ensuite en boucle le film Stopforbud du réalisateur et poète danois Jørrgen Leth tourné à Copenhague en 1963 qu’évoque J. B. Fichet p163 à 167. « Onze minutes et 35 secondes d’hommage funèbre et lumineux à Bud Powell, traversé d’ondes mélancoliques ».

Pas question d’en dire plus à propos de « La Beauté Bud Powell » si ce n’est qu’il convient absolument de le lire et de partir ainsi à la rencontre de cet immense pianiste quasiment forçat de ses 88 touches qui a gravi les cimes et s’y est perdu.

« La Beauté Bud Powell ». Un ouvrage sensible et lyrique qui se dévore d’abord puis se savoure ensuite encore et encore … comme on écoute sans se lasser Bud Powell jouer Off Minor, Dance of the Infidels, Un Poco Loco, Una Noche Con Francis, Tempus Fugue-it, Elegy…

« Solo(s) » de Lionel Martin

« Solo(s) » de Lionel Martin

« Solo(s) » de Lionel Martin, un projet sonore organique et hypnotique. Une bande son nomade captée par Bertrand Larrieu au fil de déambulations urbaines. Cinq morceaux où alternent vibrations aériennes et telluriques. Créditée à Robert Combas, la pochette restitue la douce folie de ce « Mad Sax » qui ne cesse de renouveler son inspiration. Du 07 au 17 octobre 2020, le saxophoniste vit et joue dans un container devenu squat artistique où il propose ses « Variations musicales » durant le « Grand Barouf » du « Rhino Jazz(s) ». Lionel Martin, toujours énergique et libre !

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Victoires du Jazz 2020

Comme l’année précédente, le palmarès des Victoires du jazz 2020 a été dévoilé sur la page Facebook des Victoires du Jazz… 6 catégories, 11 lauréats avec nombreux ex æquo et une Victoire d’Honneur pour L’Orchestre National de Jazz dirigé par Frédéric Maurin. Cette année, en raison de l’épidémie de Covid, pas de cérémonie mais un documentaire de présentation des lauréats à venir le 24 octobre 2020 dans Passage des Arts, sur France 5 à 22h30.

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Diana Krall revient avec « This Dream of You »

Diana Krall revient avec « This Dream of You »

C’est un morceau de Bob Dylan qui donne son titre à cet album où Diana Krall revisite avec élégance onze grands standards du jazz. Trois ans après « Turn up the quiet », la diva revient avec « This Dream of You » (Verve Records/Universal). Un album pastel riche d’un swing intime que la pianiste et chanteuse canadienne offre en hommage à son producteur Tommy Lipuma, disparu en 2017. Un opus enchanteur qui fait rêver et oublier la sinistrose ambiante.

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« Nightintales, les chansons nocturnes de China Moses

« Nightintales, les chansons nocturnes de China Moses

Tempo implacable, swing et ballades… ça groove

China Moses traverse les territoires de la nuit sur « Nightintales ». Sa voix chaleureuse et son énergie convoquent des ambiances nocturnes. La chanteuse raconte une histoire passionnante où se télescopent le blues, le R&B, la soul et la pop. Un jazz nuancé très personnel qui met en lumière ses compositions et son nouvel univers.

Avec son nouvel album « Nightintales » (MPS/Pias) annoncé pour le 31 mars 2017, China Moses engage sa carrière sur une trajectoire nouvelle. Après un premier album en 1997, « China », où s’invite le hip-hop, après avoir exploré le R&B ainsi que les standards du Great American Songbook, la chanteuse investit avec brio en 2008 le répertoire de Dinah Washington sur « This One’s for Dinah ». En 2012 elle mêle ensuite avec talent blues, jazz et pop sur « Crazy Blues ». Après un tel parcours, on savait que China Moses était une chanteuse de standards de jazz et de blues avec laquelle il fallait compter.

Aujourd’hui China Moses creuse son sillon. Sur « Nightintales » elle s’affranchit de l’héritage des grandes voix du jazz pour enfin s’aventurer sur sa propre voie. Le résultat est enthousiasmant. China Moses s’invente un univers très personnel ancré dans les musiques qui groovent. Avec énergie et fraîcheur, elle interprète ses propres compositions. Sa chaude voix de contralto glisse sur des ballades somptueuses ou se déchaîne avec passion sur des rythmes énergiques pleins de syncopes.

De sa mère, la célèbre chanteuse de jazz Dee Dee Bridgewater, China Moses a hérité l’énergie et le swing puissant qui habite son nouveau projet. Elle a repris de son père, Gilbert Moses, metteur en scène américain de théâtre, de cinéma et de télévision, la capacité à projeter un scénario musical pour conter une histoire.

Les compositions écrites et composées par China Moses et Anthony Marshall ont été enregistrées à Londres au Snap Studios en cinq jours avec des musiciens anglais. Une grande complicité lie la chanteuse et le musicien-producteur du disque issu du R&B, du hip-hop et du gospel. Ils se connaissent musicalement depuis plus de 10 ans et ont déjà travaillé sur le 3ème album de China Moses. « Nightintales » né quasiment en temps réel sous la direction d’Anthony Marshall, restitue un vrai son « à l’anglaise » teinté de soul, de jazz et de blues et révèle l’ADN musical de la chanteuse.

China Moses (chant) et Anthony Marshall (guitare, vibraphone, chant) ont enregistré l’album avec Luke Smith (piano, orgue), Neville « Level » Malcolm (contrebasse), Jerry Brown (batterie), Luigi Grasso (sax alto), Rob Sell (sax baryton et alto), Tom Walsh (trompette), Patrick Hayes (trombone), Sovra Wilson-Dickson et Tadasuke Iijima (violon) et Gregory Dugan (violoncelle).

Les climats des titres se suivent et ne se ressemblent pas même s’ils participent d’un ensemble très cohérent. Des instants méditatifs avec la section de cordes, des moments malicieux, du swing effréné, des espaces de mélancolie, de l’énergie débridée. En fait, les onze titres de « Nightintales » ressemblent à s’y méprendre à la vraie vie.

China Moses nous met en garde, il faut se méfier des aventures de la nuit… Watch out, car il va falloir de l’énergie… Running, pour vivre ses passions… Put it on The line, sans perdre le fil… Disconnected, on succombe au swing de l’adultère… Blame Jerry,  aux addictions diverses… Nicotine, y compris à l’intoxication amoureuse… Hungover, vécue jusqu’à sa fin amère… Whatever, avec toujours en ligne de mire le risque de craquer… Breaking Point, pour finir par se retrouver et repartir pour une autre nuit et… Running de nouveau

« Nightintales »… China Moses narre et projette en images musicales les contes d’une nuit. La chanteuse promène son regard, ses oreilles et sa voix sur le monde qu’elle traverse. Sa musique donne vie à des aventures nocturnes et l’on sent vivre, respirer, aimer, courir, souffrir et espérer des personnages qui vivent dans les lieux d’une ville propice aux rencontres mais aussi à la solitude et à la mélancolie. 

« Nightintales ». La passion d’une chanteuse déterminée à prendre sa place dans le territoire d’un jazz vivant, maîtrisé et nuancé. Une musique fraîche, énergique, souple et captivante. Du swing, du groove, de l’humour, de la sensualité et de l’émotion avec un menu musical alléchant. Onze titres pétillants entre deep soul, blues, cool jazz et R&B rythmé qui s’autorise même un clin d’oeil vers une pop souriante. Un album plein de nuances qui respire la passion.

Ecouter « Nightintales » donne envie de bouger avec la musique et de découvrir le projet live pour profiter aussi de la remarquable présence scénique de la chanteuse. Ça tombe bien, un concert approche à grand pas. China Moses présente en effet le répertoire de son album  à Paris le 28 avril 2017 à 21h au New Morning. Pour ce rendez-vous, la chanteuse est accompagnée de Luigi Grasso (saxophone alto et baryton), Joe Armon Jones (piano), Marijus Aleksa (batterie), Luke Wynter (basse).
Une tournée d’été s’annonce dont les dates figurent sur le site de China Moses.
« Solo(s) » de Lionel Martin

« Solo(s) » de Lionel Martin

« Solo(s) » de Lionel Martin, un projet sonore organique et hypnotique. Une bande son nomade captée par Bertrand Larrieu au fil de déambulations urbaines. Cinq morceaux où alternent vibrations aériennes et telluriques. Créditée à Robert Combas, la pochette restitue la douce folie de ce « Mad Sax » qui ne cesse de renouveler son inspiration. Du 07 au 17 octobre 2020, le saxophoniste vit et joue dans un container devenu squat artistique où il propose ses « Variations musicales » durant le « Grand Barouf » du « Rhino Jazz(s) ». Lionel Martin, toujours énergique et libre !

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Victoires du Jazz 2020

Comme l’année précédente, le palmarès des Victoires du jazz 2020 a été dévoilé sur la page Facebook des Victoires du Jazz… 6 catégories, 11 lauréats avec nombreux ex æquo et une Victoire d’Honneur pour L’Orchestre National de Jazz dirigé par Frédéric Maurin. Cette année, en raison de l’épidémie de Covid, pas de cérémonie mais un documentaire de présentation des lauréats à venir le 24 octobre 2020 dans Passage des Arts, sur France 5 à 22h30.

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Diana Krall revient avec « This Dream of You »

Diana Krall revient avec « This Dream of You »

C’est un morceau de Bob Dylan qui donne son titre à cet album où Diana Krall revisite avec élégance onze grands standards du jazz. Trois ans après « Turn up the quiet », la diva revient avec « This Dream of You » (Verve Records/Universal). Un album pastel riche d’un swing intime que la pianiste et chanteuse canadienne offre en hommage à son producteur Tommy Lipuma, disparu en 2017. Un opus enchanteur qui fait rêver et oublier la sinistrose ambiante.

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Label ECM-Focus5-Mars 2017 – Improvisation

Label ECM-Focus5-Mars 2017 – Improvisation

« Rimur », « Asian Fields Variations »

« Label ECM-Focus5 » propose de découvrir deux nouveaux albums ECM parus en mars 2017. « Rimur » du Trio Mediaeval & Arve Henriksen et « Asian Fields Variatons » par Louis Sclavis, Dominique Pifarély et Vincent Courtois. L’improvisation bat au cœur de deux univers très différents.

« Rimur », premier album de ce « Label ECM-Focus5 » est sorti le 03 mars 2017. C’est une première sur disque pour le Trio Mediaeval qui célèbre ses vingt ans et intègre dans ce projet l’improvisation dans les musiques médiévales traditionnelles d’Islande et de Norvège en accueillant le trompettiste Arve Henriksen.

Ce septième album du Trio Mediaeval reste dans continuité du travail du groupe qui explore la musique ancienne, la musique médiévale mono et polyphonique sacrée, les chansons traditionnelles avec un intérêt manifeste pour la musique contemporaine. Pourtant sur « Rimur », le groupe s’intéresse à l’improvisation et collabore dans ce champ avec le trompettiste Arve Henriksen qui s’intéresse lui aussi aux musiques nordiques.

Une légende attribue à Arnarson, le premier colon norvégien en Islande la fondation de Reykjavik en 874. Au XXème siècle, une statue d’Arnarson est érigée dans la capitale islandaise et une copie dans Rideval, sa ville natale en Norvège. Le concept du projet « Rimur » remonte à 2007 quand Trio Mediaeval et Arve Henriksen participent à une cérémonie à Dalsfjorden sur la côte Ouest de la Norvège, entre le village de Rideval et la capital islandaise Reykjavik.

Fascinés et inspirés par les sagas islandaises, les chants folkloriques et religieux, les quatre musiciens passent du temps ensemble à Dalsfjorden et tentent d’imaginer la musique qu’a entendue Arnarson à Rideval. C’est ainsi qu’émerge un programme de musiques médiévales et traditionnelles d’Islande et de Norvège qui intègre l’improvisation. Le répertoire de « Rimur » célèbre trois saints et leurs hymnes médiévaux, les chants monophoniques de St Sunniva de Norvège, de St Birgitta de Suède et un hymne à deux voix dédié à St Magnus d’Orknet

Le trompettiste a déjà collaboré avec Trio Mediaeval sur « The Magical Forest » de Sinikka Lageland paru chez ECM en 2016. Il a aussi joué live avec le trio mais l’album « Rimur » est la première collaboration discographique des quatre musiciens.

« Rimur » a été enregistré en février 2016 au Himmelfahrtskirche de Munich et produit par Manfred Eicher toujours très impliqué dans ses projets.

« Rimur ». Le son de la trompette de Arve Henriksen se mêle avec subtilité aux voix aériennes de Anna Maria Friman, Linn Andrea Fuglseth et Berit Opheim. Une élévation musicale autant que spirituelle au-dessus des fjords norvégiens.

L’improvisation préside au processus créatif du second album de ce « Label ECM-Focus5 », « Asian Fields Variations », sorti le 17 mars 2017. Il s’agit du premier enregistrement du trio composé par le clarinettiste Louis Sclavis, le violoniste Dominique Pifarély et le violoncelliste Vincent Courtois. Ces trois artistes majeurs de la musique créative française sont des adeptes de l’improvisation qui constitue d’ailleurs le noyau fondamental de leur expression. Les trois artistes travaillent de longue date ensemble dans des contextes très divers.

Sclavis et Pifarély collaborent depuis 35 ans. Leur première rencontre a eu lieu au sein du groupe de Didier Levallet et s’est poursuivi ensuite par l’enregistrement de l’album « Chine », puis par la constitution de l’Acoustic Quartet suivi de l’enregistrement de l’album éponyme pour ECM. Une quinzaine de collaborations se sont enchaînées parmi lesquelles dont on retient avec émotion le projet intitulé « Les Violences de Rameau » enregistré et sorti en 1996 chez ECM.

 Sclavis et Courtois travaillent ensemble depuis 20 ans. Courtois a intégré le groupe de Sclavis lors de l’enregistrement de l’Affrontement des Prétendants en 1999 dont l’album est sorti en 2001 chez ECM. Il a ensuite été présent aux côtés du clarinettiste sur « Napoli’s Wall » enregistré en 2002 et sorti en 2003 chez ECM.

Les trois musiciens se sont retrouvés en 2000 avec Jean-Louis Matinier et François Merville pour l’enregistrement de la BO du film muet de Charles Vanel, « Dans la nuit », sorti en 2002 chez ECM.

En 2015, le trio Sclavis-Pifarély-Courtois a été relancé avec un nouveau projet de compositions sur la scène du festival A Vaulx Jazz un certain 19 mars 2015. On garde le souvenir de la prestation que les trois artistes donnèrent à cette occasion devant une salle suspendue au déroulement de cette création instantanée pleine de surprises, de fraîcheur et de vivacité.

Certes, Louis Sclavis est à l’origine du projet « Asian Fields Variations » mais le groupe fonctionne de manière démocratique avec une participation égale de chacun des membres au processus créatif. Il s’agit d’une réelle organisation collective où chaque musicien contribue à la composition du programme. Ceci fonde le groupe autant que le projet.

Gérard de Haro et Nicolas Braillard étaient aux commandes de la séance d’enregistrement réalisée en décembre 2015 dans les Studios La Buissonne à Pernes-les-Fontaines. Cette fois encore, le producteur Manfreid Eicher veille à un équilibre harmonieux entre improvisation et composition. Toujours impliqué, le fondateur du label continue par son implication et ses choix à insuffler dans les productions une grande partie de l’identité que l’on se plaît à explorer dans ces « Label ECM-Focus ».

« Asian Fields Variations ». Une musique chambriste aux subtiles nuances. Équilibre délicat entre composition et improvisation. La virtuosité au service de la créativité.

Très bientôt un billet « Label ECM-Focus6 » pour continuer à s’immerger dans d’autres productions du Label ECM.

« Solo(s) » de Lionel Martin

« Solo(s) » de Lionel Martin

« Solo(s) » de Lionel Martin, un projet sonore organique et hypnotique. Une bande son nomade captée par Bertrand Larrieu au fil de déambulations urbaines. Cinq morceaux où alternent vibrations aériennes et telluriques. Créditée à Robert Combas, la pochette restitue la douce folie de ce « Mad Sax » qui ne cesse de renouveler son inspiration. Du 07 au 17 octobre 2020, le saxophoniste vit et joue dans un container devenu squat artistique où il propose ses « Variations musicales » durant le « Grand Barouf » du « Rhino Jazz(s) ». Lionel Martin, toujours énergique et libre !

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Victoires du Jazz 2020

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Diana Krall revient avec « This Dream of You »

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Bernard Lubat en résidence à l’AmphiJazz de Lyon

Bernard Lubat en résidence à l’AmphiJazz de Lyon

Un jazz libre, questionné et sans cesse réinventé

Du 13 au 15 avril 2017, l’AmphiJazz de l’Opéra de Lyon accueille en résidence « l’im-poly-instrumentiste » Bernard Lubat. A la fois poète, chanteur, batteur, pianiste, accordéoniste, vibraphoniste et compositeur, ce fils prodige du jazz est surtout le tenant d’un jazz inclassable et insolent. Au menu, improvisation et liberté.

Après la résidence exceptionnelle du saxophoniste Christophe Monniot qui a captivité, surpris et enthousiasmé le public tout au long des cinq concerts donnés à l’AmphiJazz en mars 2017, François Postaire invite Bernard Lubat. C’est un plaisir de retrouver l’agitateur gasconnais présent à la batterie dans le trio de Martial Solal, le 14 octobre 2016 dans la Grande Salle de l’Opéra de Lyon.

A la tête la Compagnie Lubat, cette compagnie transartistique de divagation,  le musicien a créé dans sa ville natale, le fameux festival « Uzeste musical visages villages des arts à l’œuvre », véritable Mine d’Art à Ciel Ouvert.

Né le 12 mai 1945 à Uzeste, en lisière des Landes et de la Gascogne, au premier étage du café Estaminet d’Alban et Marie Lubat, Bernard Lubat grandit, écoute et apprend l’accordéon. Il prend des cours de piano classique dans un village voisin et entre ensuite au Conservatoire de Bordeaux où il découvre les percussions. Il poursuit son cursus au Conservatoire de Paris à 16 ans où il obtient ses diplômes.

Dans le même temps il fréquente les caveaux de jazz de Paris et sa vie bascule dans cette musique. Il « apprend le jazz en le jouant » avec les plus grands, Stan Getz, Martial Solal, Eddy Louiss… Il participe au groupe vocal « les Double-Six » et prend part à l’émergence du free-jazz en France auprès de Michel Portal, Jean-François Jenny-Clark et Jean Pierre Drouet. Dans le même temps il contribue à la création d’œuvres contemporaines avec entre autres Luciano Berio tout en côtoyant des musiciens de la chanson française comme Jacques Brel, Yves Montand et Claude Nougaro.

Au début des années 80 il fait le choix radical de quitter les scènes et les studios parisiens et rentre à Uzeste où il monte avec son ami Patrick Auzier la Compagnie Lubat, véritable laboratoire voué au décloisonnement des arts. L’improvisation constitue la pierre essentielle du jazz de la Cie, un jazz ouvert qui lutte pour renouveler ses formes, qui questionne le(s) sens. Il crée un festival d’été nommé « Hestejada de las artas » où il accueille Jaques Di Donato, André Minvielle, François Corneloup, Michel Portal, Beñat Achary, Sylvain Luc, Jean-Louis Chautemps, … mais les musiciens ne sont pas les seuls à fréquenter le festival. On y trouve aussi des poètes et des écrivains comme Bernard Manciet, Edouard Glissant, des plasticiens comme Ernest Pignon, des sociologues et même des syndicalistes.

Sans cesse en recherche, Bernard Lubat se dit « œuvrier créateur » et « chercheur d’art ». Il est en fait un musicien en liberté qui résiste contre le système et questionne sans cesse la musique et le monde. Inventer, bricoler, croiser, questionner, douter. Pour lui, « le jazz est une colère, un rire, un humour, une insolence, du corps, de la pensée »… « de la composition permanente, instantanée multi-immédiate ».

Pour mieux profiter de cette résidence de Bernard Lubat à l’AmphiJazz, on conseille la lecture d’un petit bouquin savoureux où le musicien livre sa vision de l’artiste et expose l’intérêt de l’improvisation comme outil de création. Il s’agit de l’ouvrage sorti en juillet 2016 aux Éditions Court Circuit et intitulé « Lubat Incendiaire », entretien dodécaphonique avec Jean-Marie Faure. Un livre où l’on apprend qu’on ne s’improvise pas improvisateur.

On comprend d’emblée que la résidence de Bernard Lubat ne ressemblera à aucune autre et sera l’occasion pour les spectateurs de découvrir un jazz qui refuse de se laisser formater, un jazz loin des sentiers battus qui se laisse saisir par qui veut bien l’approcher sans a priori et être disponible pour le recevoir.

Le jeudi 13 avril à 20h30, la soirée sera Intranquille. Le Gascon Bernard Lubat  (piano/batterie/voix) convie son compère basque le guitariste Sylvain Luc. De la musique sans papiers, 100% improvisée, groove inclus, énergie intacte, joie de jouer sans borne.

Le vendredi 14 avril à 20h30, l’UZ Quartet invite Louis Sclavis. Pour Bernard Lubat, Louis Sclavis est un « artistisan » de la musique improvisée, un vrai improvisateur. Bernard Lubat tient les claviers, son fils Louis Lubat est la batterie, Fabrice Vieira assure le chant et la guitare et Louis Sclavis est annoncé à la clarinette basse. Une soirée comme une promesse d’invention pour découvrir une musique que l’on ne trouve pas dans les bacs du commerce, une musique non formatée, une musique à vivre en direct.

Le samedi 15 avril à 20h30 est l’occasion pour Bernard Lubat d’inviter Jacques Di-Donato, ancien camarade de promotion, ancien professeur du CNSMD de Lyon et présent dans la première Cie Lubat. On retrouve Bernard Lubat au piano et au chant, Fabrice Vieira à la guitare et au chant, Jules Rousseau à la guitare basse, Thomas Boudé à la guitare et Jacques Di Donato à la clarinette basse. Une rencontre à travers les âges, les générations, les genres, l’énergie au cœur et l’imaginaire à l’abordage. De la musique à vivre qui n’en finit pas de commencer.

Il convient aussi de repérer les deux séances d’Amphi-Midi proposés à 12h30 le mercredi 12 et le vendredi 14 avril. Lors du premier rendez-vous Bernard Lubat (voix, piano, textes) en solo propose des « Improvisions d’oreilles ». Avec lui « laissons aller… improviser… respirer… la pensée ». Lors du second moment, Bernard Lubat promet des « Mosicans solis solos ». des solos de Bernard Lubat, accordéon/mots, Louis Lubat, batterie/mots, Fabrice Vieira, guitare/mots. L’occasion de saisir comment entre culture et artistique, oral et écrit, improvisé et interprété, s’élabore et se cultive la personnalité d’un artiste œuvrier musicien contemporain.

Pour Bernard Lubat, l’art doit faire réfléchir et divertir, avertir et éduquer, faire vivre ensemble et autonomiser mais aussi troubler, exciter et provoquer. Pour vibrer en ce sens, rendez-vous du 13 au 15 avril à l’AmphiJazz de l’Opéra de Lyon.

Un avant-goût du duo Lubat/Luc…

« Solo(s) » de Lionel Martin

« Solo(s) » de Lionel Martin

« Solo(s) » de Lionel Martin, un projet sonore organique et hypnotique. Une bande son nomade captée par Bertrand Larrieu au fil de déambulations urbaines. Cinq morceaux où alternent vibrations aériennes et telluriques. Créditée à Robert Combas, la pochette restitue la douce folie de ce « Mad Sax » qui ne cesse de renouveler son inspiration. Du 07 au 17 octobre 2020, le saxophoniste vit et joue dans un container devenu squat artistique où il propose ses « Variations musicales » durant le « Grand Barouf » du « Rhino Jazz(s) ». Lionel Martin, toujours énergique et libre !

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Victoires du Jazz 2020

Comme l’année précédente, le palmarès des Victoires du jazz 2020 a été dévoilé sur la page Facebook des Victoires du Jazz… 6 catégories, 11 lauréats avec nombreux ex æquo et une Victoire d’Honneur pour L’Orchestre National de Jazz dirigé par Frédéric Maurin. Cette année, en raison de l’épidémie de Covid, pas de cérémonie mais un documentaire de présentation des lauréats à venir le 24 octobre 2020 dans Passage des Arts, sur France 5 à 22h30.

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Diana Krall revient avec « This Dream of You »

Diana Krall revient avec « This Dream of You »

C’est un morceau de Bob Dylan qui donne son titre à cet album où Diana Krall revisite avec élégance onze grands standards du jazz. Trois ans après « Turn up the quiet », la diva revient avec « This Dream of You » (Verve Records/Universal). Un album pastel riche d’un swing intime que la pianiste et chanteuse canadienne offre en hommage à son producteur Tommy Lipuma, disparu en 2017. Un opus enchanteur qui fait rêver et oublier la sinistrose ambiante.

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A Vaulx Jazz-Combat Jazz-Naissam Jalal-Marc Ribot

A Vaulx Jazz-Combat Jazz-Naissam Jalal-Marc Ribot

Naissam Jalal-Marc Ribot, le jazz résiste et combat

A Vaulx Jazz intitule la soirée du 17 mars, « Combat Jazz ». Sur scène, deux groupes. La flûtiste Naïssam Jalal & Rythms of Resistance. Le guitariste Marc Ribot & Ceramic Dog. Une ode à la résistance et un manifeste véhément contre les oppressions. Le jazz, musique toujours d’actualité pour porter les combats.

« Soirée Combat Jazz ». L’accroche est bonne dans le monde actuel en convulsion où plus rien n’est acquis. De tout temps l’art s’est mobilisé pour combattre. Le jazz a déjà été le fer de lance de la minorité afro-américaine contre les discriminations. Aujourd’hui encore le jazz persiste et signe. Dans cette soirée du 17 mars 2017 il devient instrument de lutte et tente de mobiliser contre l’indifférence, sensibiliser aux injustices, mettre en garde et engager au combat. En effet, A Vaulx Jazz donne la parole à deux musiciens issus de cultures différentes. Naissam Jalal-Marc Ribot. Deux musiques quasiment aux antipodes.

Acquis par avance au discours du légendaire guitariste Marc Ribot, le public découvre avec intérêt le talent de la flutiste, compositrice Naïssam Jalal accompagnée de son groupe « Rythms of Resistance ».

La soirée ouvre avec Naïssam Jalal and Rythms of Resistance, le quintet de la franco-syrienne Naïssam Jalal, compositrice, flûtiste et joueuse de ney (flûte oblique à embouchure terminale en roseau). Très concentrée la jeune-femme présente son projet dont le nom, « Almot Wala Almazala« , « la mort plutôt que l’humiliation » campe d’emblée le sens du combat. Celui que le peuple syrien a engagé contre le pouvoir en place « pour vivre libre et digne dans son pays ». Naïssam Jalal offre sa musique en hommage aux martyrs de ce grand peuple.

On a déjà loué lors de sa sortie le 10 novembre 2016, la musique de « Almot Wala Almazala« , le dernier album de la flutiste Naïssam Jalal and Rythms of Resistance. La découverte du projet en concert confirme l’écoute du disque. Loin des cadres traditionnels formatés des musiques orientalisantes, les compositions de la jeune flûtiste sont servies par des interprètes virtuoses qui se jouent des modes orientaux pour construire une musique porteuse de révolte et d’espoir. La mise en place est parfaite. La rythmique soutient l’expression remarquable des solistes.

Totalement investie dans sa musique Naïssam Jalal fait preuve sur la flûte traversière d’une virtuosité dans pareille. Ses improvisations impressionnent. Elle maîtrise parfaitement le vocabulaire modal et aussi la pratique du jouer-chanter sur la flûte. Les cris ou les plaintes de sa voix doublent ses envolées furieuses ou ses mélopées éthérées. Elle embouche le ney pour un solo empreint de tristesse qu’elle élève contre les violences policières.

Le charismatique saxophoniste franco-marocain Mehdi Chaïb assure une prestation excellente. Sonorités stridentes et exacerbées, tout en retenue ou au contraire totalement extraverties. Il apporte un soutien rythmique efficace au chant de la flûte dont il magnifie les expressions et, au derbouka, il échange avec la section rythmique à plusieurs occasions.

Composée du contrebassiste Zacharie Abraham et du batteur italien Francesco Pastacaldi, la solide section rythmique assure un soutien sans faille à l’expression très libre des solistes. En osmose avec les propos de la flûtiste, le guitariste et violoncelliste allemand Karsten Hochapfelt tisse des climats singuliers. L’archet de son violoncelle double souvent celui de la contrebasse pour créer une ligne de basse continue lancinante et grave. On a apprécié le climat disruptif et ludique du morceau Où est passé le bouton pause de mon cerveau ? qui permet au guitariste de partir librement en impro.

La musique de Naïssam Jalal a gagné son combat. Des compositions aux arrangements somptueux se dégage une musicolère combative et ondoyante. A travers elle on entend le combat du peuple, les cris de révolte qui s’élèvent mais l’espoir advient et pour finir l’amour triomphe au-delà des frontières.

Le second set revient à Marc Ribot et son projet Ceramic Dog. A ses côtés, Shahzad Ismally à la guitare, basse, percussions et Moog et le batteur Ches Smith. Si le nombre de musiciens diminue, l’intensité sonore augmente. L’ambiance se profile comme enragée voire nucléaire. Le guitariste présente un brûlot enflammé contre le capitalisme et le consumérisme crié sur une musique libérée de toute frontière. Une esthétique vigoureuse qui hésite entre rock post punk et jazz avant-gardiste underground.

Le groupe se présente comme un triangle à géométrie mouvante. Deux guitares, une batterie et trois voix. Une voix, une guitare, une basse et des percussions. Deux voix, deux batteries, une guitare. Le guitariste virtuose sait tout faire et ne bride à aucun moment l’expression de son orchestre qui apparaît comme une extension de lui-même. Si la musique affiche la rage et la violence, elle n’en est pas moins construite avec une précision surprenante. Le guitariste pilote la machine à musique et les morceaux se succèdent sans interruption sous sa férule attentive.

Marc Ribot n’est pas content et il le fait savoir. Il se partage entre guitare et voix pour exprimer sa rage contre la société de consommation et ses dérives dont le téléchargement illégal des musiques. Il dénonce les méfaits du capitalisme qui abandonne ses enfants et perpétue la ségrégation à tous les niveaux de la société. Sur des rythmes effrénés, les improvisations de la guitare crient la désespérance et la colère. Sa voix hurle la révolte et appelle à la résistance et au combat.

Les formes éclatent sous les coups de butoir d’un batteur, réincarnation vivante d’un Vulcain féroce mais élégant. Si le batteur hache le rythme, le bassiste fait ronfler les graves avant de se saisir du manche de la guitare pour rejoindre le leader et hurler avec lui. Il utilise ensuite le Moog pour relancer la folie jusqu’au paroxysme et s’acharne sur ses tambours pour rejoindre le batteur infatigable.

Les spectateurs adhèrent à la musique de ces trois fauteurs de trouble qui parviennent à rallier les suffrages d’un public amateur de musique enragée, convulsive mais généreuse et inventive.

La musique de Marc Ribot zigzague entre les styles qu’il se réapproprie. Il emprunte tout à la fois les atours du jazz, du rock, du punk, du blues et des musiques improvisées qu’il compacte en un format très singulier, une sorte de paroxyjazz enrocké qui tronçonne et caresse à la fois. 

« Solo(s) » de Lionel Martin

« Solo(s) » de Lionel Martin

« Solo(s) » de Lionel Martin, un projet sonore organique et hypnotique. Une bande son nomade captée par Bertrand Larrieu au fil de déambulations urbaines. Cinq morceaux où alternent vibrations aériennes et telluriques. Créditée à Robert Combas, la pochette restitue la douce folie de ce « Mad Sax » qui ne cesse de renouveler son inspiration. Du 07 au 17 octobre 2020, le saxophoniste vit et joue dans un container devenu squat artistique où il propose ses « Variations musicales » durant le « Grand Barouf » du « Rhino Jazz(s) ». Lionel Martin, toujours énergique et libre !

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Diana Krall revient avec « This Dream of You »

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C’est un morceau de Bob Dylan qui donne son titre à cet album où Diana Krall revisite avec élégance onze grands standards du jazz. Trois ans après « Turn up the quiet », la diva revient avec « This Dream of You » (Verve Records/Universal). Un album pastel riche d’un swing intime que la pianiste et chanteuse canadienne offre en hommage à son producteur Tommy Lipuma, disparu en 2017. Un opus enchanteur qui fait rêver et oublier la sinistrose ambiante.

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A Vaulx Jazz – Dirty Dozen Brass Band

A Vaulx Jazz – Dirty Dozen Brass Band

A Vaulx Jazz 30ème édition, soirée d’ouverture festive

 

L’esprit de la Nouvelle-Orléans plane sur la soirée d’ouverture du Festival A Vaulx Jazz#30. Après le Zozophonic Orchestra arrive sur scène le Dirty Dozen Brass Band. Cette fanfare culte fait régner l’esprit de la fête sur le Centre Culturel Communal Charlie-Chaplin.

C’est au Zozophonic Orchestra qu’échoie de débuter la soirée d’ouverture du 30ème Festival A Vaulx Jazz le 16 mars 2017 à Vaulx-en-Velin. Quatre ans après leur précédente venue au festival, les six « zozos » parviennent à mobiliser l’enthousiasme des spectateurs. Le groupe présente le répertoire de son nouvel album ce qui explique sans doute le manque de délire et de spontanéité de la prestation très réglée.

Le set est pourtant mené avec entrain par cet orchestre joyeux. Le chanteur “Manouche” Fournier, le guitariste Nicolas Frache, Sylvain Felix au saxophone baryton, Jean Crozat au trombone, Etienne Kermarc  à la basse et Jean Joly à la batterie. Devant la scène le public adhère à la musique qui zigzague entre blues, rock, country et esprit néo-orléanais.

Le décor est planté, le public est prêt… le tapis rouge peut être déroulé pour accueillir de  la star des Brass-Bands, le Dirty Dozen Brass Band.

Véritable institution de la Nouvelle-Orléans, le Dirty Dozen Brass Band (DDBB) fête sur les routes du monde le quarantième anniversaire de sa création avec à sa tête ses deux membres fondateurs le trompettiste Gregory Davis et le saxophoniste baryton Roger Lewis.

Cette formation a renouvelé le répertoire des ensembles de cuivres de la Nouvelle Orléans. Sa recette, dynamiter les thèmes des marches néo-orléanaises en les accommodant à la sauce funk, rock, jazz, pop. Un assemblage de musiques propre à cet orchestre mythique qui inspire de nombreux brass-bands de par le monde. Entre respect des traditions et modernité à l’approche très funk, le souffle du DDBB bidouille un groove incandescent crado mais bon enfant.

Attaché au courant des musiques populaires le DDBB renouvelle les fondations de la tradition mais colle à la réalité de la musique d’aujourd’hui. Avec simplicité et cordialité le groupe invite le Zozophonic Orchestra qu’il entraîne dans son délire furieux. Le plaisir de Sylvain Felix et de Jean Crozat est palpable lorsqu’ils mêlent leurs souffles à ceux des cuivres du Dirty Dozen Brass Band. Peut-être le charisme des américains sera-t-il une source d’inspiration pour « Manouche » plutôt en retrait face à ces bêtes de scène.

Face au public tous les musiciens exultent. Sous des dehors plutôt calmes, Kevin Harris joint son chant et celui de son saxophone ténor à la liesse. Au sousaphone, Kirk Joseph assure les basses avec une vigueur impressionnante. Dommage que le son de cet instrument ait été quelque peu amputé de toutes ses harmoniques que l’on ne percevait que devant la scène en son direct. Malgré son frêle gabarit le guitariste Takeshi Shimmura fait merveille aux côtés de Julian Addison, batteur charismatique et infatigable.

En fin de soirée, quelques spectatrices sont même invitées sur scène pour s’associer à la liesse et à la danse des Américains survoltés.

La musique du DDBB unit plus qu’elle n’exclut. On peut dire qu’elle assume un rôle social le temps d’un spectacle en réunissant sur scène des musiciens de cultures différentes et en fédérant des publics de tous âges et de toutes cultures au rythme de la musique.

Un modèle dont pourraient s’inspirer les politiques pour mobiliser les citoyens. On voterait volontiers pour le Dirty Dozen Brass Band qui a réussi à inclure Fly me to the Moon dans son répertoire et à conduire les spectateurs dans leur ciel d’étoiles. On a apprécié le professionnalisme sans faille des musiciens du DBBB qui semblent encore habités par le plaisir de jouer et de partager, même après 40 années de métier.

A partir de mélodies très simples le Dirty Dozen Brass Band fait planer une allègre cacophonie dans la salle. Parties vocales collectives, fragments de spirituals, enchaînements débridés, solistes brillants, arrangements festifs, de l’humour et de l’énergie à perdre haleine. La fanfare fait exploser les repères et aide à oublier la morosité quotidienne. Le Dirty Dozen Brass Band booste les humeurs et stimule les corps. Un abime d’énergie et de trouvailles comme remède à la tristesse.

« Solo(s) » de Lionel Martin

« Solo(s) » de Lionel Martin

« Solo(s) » de Lionel Martin, un projet sonore organique et hypnotique. Une bande son nomade captée par Bertrand Larrieu au fil de déambulations urbaines. Cinq morceaux où alternent vibrations aériennes et telluriques. Créditée à Robert Combas, la pochette restitue la douce folie de ce « Mad Sax » qui ne cesse de renouveler son inspiration. Du 07 au 17 octobre 2020, le saxophoniste vit et joue dans un container devenu squat artistique où il propose ses « Variations musicales » durant le « Grand Barouf » du « Rhino Jazz(s) ». Lionel Martin, toujours énergique et libre !

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Victoires du Jazz 2020

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Diana Krall revient avec « This Dream of You »

Diana Krall revient avec « This Dream of You »

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Ouverture de Bémol 5 avec David Linx invité de InLab 4tet

Ouverture de Bémol 5 avec David Linx invité de InLab 4tet

Bemol 5 hisse haut le swing pour une rencontre exceptionnelle

On s’est déjà réjoui de la prochaine ouverture de Bémol 5, ce nouveau lieu dédié au jazz à Lyon. On en reparle car le club ouvre avec un concert inaugural tout à fait exceptionnel. Une rencontre unique entre le chanteur David Linx et le groupe « InLab 4tet » les 21 et 22 avril 2017.

Dirigé par Yves Dorn, « Bemol 5 » frappe un grand coup pour son ouverture prochaine. Un concert exceptionnel avec le chanteur international David Linx invité par le groupe « InLab 4tet » les vendredi 21 et samedi 22 avril 2017 à 20h30.

Le concert d’ouverture est rendu possible d’une part grâce à Patrice Foudon, fondateur et saxophoniste du groupe « InLab 4tet », qui a réalisé des arrangements pour David Linx sur ses albums « Changing Faces » et « Another Porgy, a Different Bess » avec le Brussels Jazz Orchestra. D’autre part, grâce à David Linx, qui s’est immédiatement rendu disponible pour soutenir l’ouverture d’un nouveau lieu de jazz en France. Un parrainage en quelque sorte.

On a déjà maintes fois loué le talent de David Linx ce compositeur-chanteur dont on suit la carrière avec intérêt depuis les années 90. Difficile de résumer en quelques lignes sa trajectoire riche en rencontres et en réussites. On ne compte plus les récompenses obtenues tout au long des années ni les albums enregistrés en leader, co-leader ou comme invité.

Atypique et audacieuse, l’identité musicale de David Linx est sous-tendue par une présence scénique unique et une énergie créatrice débordante. Servi par une voix à la tessiture étendue le chanteur affectionne les subtilités. Tel un instrumentiste, ce vocaliste hors pair est devenu maître dans l’art du scat où il excelle quel que soit le tempo. Véloce et étonnant il se joue des rythmes rapides qu’il affectionne. Sur les ballades, sa voix se fait encore plus subtile et se love au creux de somptueuses improvisations.

Outre sa longue collaboration avec Diederick Wissels en duo puis dans des formations élargies dont « Heartland » avec Paolo Fresu, le chanteur a travaillé avec de nombreux artistes dont Maria João, le Brussels Jazz Orchestra avec qui il collabore fréquemment, Laurent Cugny, Rhoda Scott, André Ceccarelli et bien d’autres encore.

David Linx parcourt les scènes internationales et celles de l’hexagone dans une perpétuelle quête de perfectionnement. On se rappelle ses prestations sans cesse renouvelées dans les festivals et sur les scènes de la région. A Crest Jazz Vocal, à Vienne en 2006 pour la création de l’Opéra Jazz, « La Tectonique des Nuages » avec Laurent Cugny. Dans la grande salle de l’Opéra de Lyon le 31 mai 2008 pour la création de Follow the Songlines avec Diederik Wissels, Maria João et Mario Laginha et à de multiples occasions à l’Amphi Jazz de l’Opéra de Lyon.

Parmi ses influences stylistiques on peut citer la chanteuse Betty Carter, le chanteur Mark Murphy mais aussi Bessy Smith ou Duke Ellington sans oublier Cecil Taylor? Stockhausen ou Prince. David Linx porte aussi une grande admiration au chanteur Claude Nougaro sont il a honoré la mémoire sur scène et avec l’album » À NOUsGARO ».

« InLab4tet » se définit comme « de la musique rien que de la musique ». Ce quartet récent réunit le saxophoniste Patrice Foudon, le pianiste Benoît Thevenot, le contrebassiste Alexandre Bès et le batteur Nicolas Serret.

Ces quatre musiciens de la région Auvergne-Rhône-Alpes sont réunis autour d’une même envie : « créer un laboratoire sonore ou chacun apporte sa sensibilité et son expérience pour arriver à une alchimie musicale ». Le swing, le groove et le jazz actuel font partie des éléments-clés des compositions originales que le groupe présente. La musique née de cet amalgame est vivante, mouvante, et chaleureuse.

Le parcours musical de Patrice Faudon lui a permis de rencontrer des personnalités telles Jerry Bergonzi, Bill Dobbins, Sangoma Everett, David Friesen, Riccardo del Fra, Philip Glass ou Bartabas lors de sa création « Partitions équestres » au Nuits de Fourvière 2008.

Sa passion pour la composition & l’arrangement l’ont conduit à composer et arranger pour le « Quintette de Saxophones » et différents orchestres dont le Brussels Jazz Orchestra (BJO) qu’il considère comme l’un des meilleurs big bands européens. Il a eu l’occasion de travailler sur des arrangements avec le BJO et David Linx en 2007 et en 2012 à l’occasion des albums « Changing Faces » et « Another Porgy, a Different Bess ».

David Linx et « InLab 4tet » ont préparé un répertoire de compositions et d’arrangements exclusivement pour la soirée d’ouverture de Bémol 5 les Vendredi 21 avril & samedi 22 avril 2017 dès 20h30. Il tarde de les écouter.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de Bémol 5.

« Solo(s) » de Lionel Martin

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Diana Krall revient avec « This Dream of You »

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Jean-Marc Foltz et Stephan Oliva – Album Gershwin disponible

Jean-Marc Foltz et Stephan Oliva – Album Gershwin disponible

Jean-Marc Foltz & Stéphan Oliva brodent « Gershwin »

Avec l’album minimaliste « Gershwin », le clarinettiste Jean-Marc Foltz et le pianiste Stefan Oliva revisitent en duo le monde du compositeur américain George Gershwin. Le silence teinté de bleu dessine une musique de nuit intimiste. On approche la perfection.

On se réjouit de savoir que l’album « Gershwin » enregistré sous le label Vision Fugitive est de nouveau disponible à partir du 31 mars 2017 distribué par l’Autre Distribution.

gerswhwin_couv« Gershwin » est en effet un album incontournable à conseiller à tout amateur de Musique.

« Gershwin ». Esthétique et soigné, l’opus baigne dans un climat de sérénité profonde. Les deux musiciens talentueux que sont le pianiste Stephan Oliva et le clarinettiste Jean-Marc Foltz, ourlent de silence une musique délicate et raffinée. Bien longtemps après l’écoute du disque, on conserve le souvenir de sa musique sensible.

Le clarinettiste Jean-Marc Foltz est issu du monde classique et contemporain alors que le pianiste Stephan Oliva s’inscrit dans la famille du jazz où son élégance musicale a de tout temps fait l’unanimité. Les deux musiciens ont déjà croisé les notes à de multiples occasions. Ensemble ils avaient déjà parcouru et tissé à leur manière le répertoire classique pour piano et clarinette en 2011 dans leur précédent opus, « Visions Fugitives » (Vision Fugitive).

Ce nouvel album « Gershwin » (Vision Fugitive/L’Autre Distribution) à paraître le 31 mars 2017 prolonge donc leur rencontre autour de neuf titres de George Gershwin, deux compositions originales, une écrite par le pianiste et l’autre par le clarinettiste et du célèbre thème de Vernon Duke et Ira Gershwin, I Can’t get Started.

Les œuvres de Gershwin ont été interprétées autant par des musiciens issus de la sphère classique que par les jazzmen. Dans « Gershwin », le propos musical de Jean-Marc Foltz et de Stephan Oliva émarge dans un univers dont l’esthétique se situe à l’interface du jazz et de la musique classique. Au premier, les musiciens empruntent la liberté, du second ils capturent l’esprit de Ravel. Avec ces deux interprètes, fini le cliché du glissando de la clarinette introductif de la Rhapsodie in Blue qui retrouve  les « fondamentaux » de la musique classique.

Les musiciens étirent le temps et le distendent avec une sobriété qui confine au dénuement, avec une élégance dont la sérénité n’a d’égale que la poésie qui s’en dégage. Et l’incroyable advient … du dépouillement jaillit l’émotion. Elle perdure d’ailleurs bien au-delà de l’écoute de cet album empreint de bleu et de silence où les notes sont esquissées, soufflées et caressées.

La version de Summertime est comme alanguie par la chaleur écrasante d’un soir d’été. Dans S Wonderful (morning), les deux musiciens content la beauté de la fin de la nuit quand l’aube blanchit le ciel. Plus tard, ils proposent une version tout aussi éthérée de S Wonderful (evening) qui dessine l’effacement du jour lors d’un esthétique crépuscule. Deux véritables poèmes à recevoir comme des merveilles.

Le Prélude N° 2 Blue Lullabye advient comme une introduction du thème I love you Porgy dont la mélodie exhale l’essence même de l’amour.

C’est un amour attendu et souhaité qui se dessine en délicatesse dans la version de The man I love. Fascinating Rythm/Some one to watch over me est dédié à Woody Allen dont on connaît le goût pour le jazz et la clarinette. C’est sans doute le titre qui emprunte le plus à l’esthétique rythmique du jazz.

La magie du disque opère encore même lorsqu’il regagne sa pochette. D’ailleurs cette pochette dessinée par Emmanuel Guibert restitue tout à fait l’atmosphère ourlée de bleu et de silence qui caractérise cet album. Il est essentiel par ailleurs de préciser que la qualité du son doit beaucoup au talent de l’ingénieur du son, Gérard de Haro, puisque l’opus a été enregistré dans son studio de la Buissonne en novembre 2015.

Pour capter l’essence mystérieuse de l’album « Gershwin »

 
Pour s’immerger dans le clair-obscur de la musique de l’album « Gershwin » et savourer en live l’art du silence que maîtrisent Jean-Mars Foltz et Stephan Oliva, un rendez-vous s’impose comme une escapade musicale incontournable.
Les musiciens sont programmés dans le cadre du Paris Music Festival avec un concert à Paris au Sunside le 17 mars 2017 à 19h30.
« Solo(s) » de Lionel Martin

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Sur Waxx Up Eric Legnini allume un groove d’enfer

14 titres explosifs sur une galette survitaminée

Avec « Waxx Up » Eric Legnini sort le troisième volet d’un triptyque consacré à la voix. Mélodies puissantes, rythmiques endiablées. Quatorze titres au groove effréné. La galette envoie et en met plein la tête… soul, rap, R’n’B, electro, funk, jazz !

2017 marque le grand retour sur disque du pianiste Eric Legnini en leader. « Waxx Up » (Anteprima/Musicast) est annoncé pour le 17 mars 2017.

Troisième volet du triptyque consacré à la voix initié avec l’album “The Vox” en 2011 et suivi par « Sing Twice » en 2013, voici qu’arrive « Waxx Up ». L’opus a requis deux ans de réflexion et de travail entre les répétitions, les séances de studio, des premières maquettes aux dernières retouches jusqu’au bouclage du projet « Waxx up ». Le pianiste compositeur et producteur Eric Legnini propose quatorze nouvelles compositions où il affirme son amour de la mélodie et des rythmes afro jazz, mais aussi du funk, de la soul. Aujourd’hui il inclut aussi dans sa musique des éléments de hip hop, influencé par des rappeurs comme Kendrick Lamar.

Sur Waxx Up Eric Legnini convie ses acolytes, le batteur Franck Agulhon à la batterie et le bassiste Daniel Romeo auxquels il associe des cuivres et des voix… Michelle Willis, Hugh Coltman, Yael Naïm, Charles X, Mathieu Boogaerts, Natalie Williams ou encore Anaëlle Potdevin.

« Waxx Up » fait vibrer les membranes des baffles qui tremblent sous le groove échevelé des 14 titres de l’album. Des morceaux à écouter comme quatorze « 45 tours » de cire noire. Des formats courts qui flirtent entre pop et soul. Un son à l’ancienne entre acoustique et électronique, des colorations vocales variées et des climats qui se promènent entre soul, rap, R’n’B, funk et jazz. Ça explose d’énergie de bout en bout !

Sur Waxx Up Eric Legnini s’appuie sur le trio jazz pour asseoir son répertoire. Il y ajoute la dynamique d’une section de cuivres. On apprécie d’ailleurs avec bonheur les quelques instrumentaux glissés entre les titres vocaux comme les faces B des bons vieux 45-tours. Pour le pianiste pas question de s’épancher sur les 88 touches du piano. Pour être dans le ton et doper le groove, il se penche par contre avec efficacité sur le Fender Rhodes, le Wurlitzer et le Clavinet.

« Waxx Up ». Un jazz ouvert et très actuel malgré une allure vintage qui sent bon la cire des 45-tours. On espère la sortie de l’album en vinyle, ce qui serait le moindre hommage que le pianiste, compositeur et producteur Eric Legnini puisse faire à la culture du vinyle qui lui est si chère.

Les titres instrumentaux participent de belle manière au groove de l’album. Black Samouraï résonne avec les atmosphères seventies d’un certain Herbie Hancock avec ses Head Hunters. Here Comes The Beat Man fait comme un clin d’oeil au titre funk Here Comes The Meter Man de 1969. La trompette d’Ibrahim Maalouf intervient sur The Wire au-dessus d’un climat funky house un peu bidouillé. Enfin, un dernier instrumental, et pas le moindre, un riff afro-funk festif sur lequel on pourrait danser sans s’arrêter, Lagos ’75.

Avec Waxx Up Eric Legnini continue son exploration de la voix avec rien moins que sept voix. Pour chaque composition, chaque mélodie et chaque rythmique il choisit La voix qui correspond à la couleur attendue. Le pianiste endosse là son rôle de producteur et c’est bien cette attention qui explique en grande partie la qualité de l’album.

Ça ouvre très fort dès le premier titre de l’album, I Want You Back. Une rythmique solide, les riffs de la section de cuivres au service de la voix de Michelle Willis qui teinte de funk ce titre inaugural. La chanteuse choriste a baigné dans les univers de Ray Charles et Carole King et a collaboré avec Michael League le bassiste des « Snarky Puppy ». Elle intervient sur 3 autres titres, The Parkway, Maybe et Sick & Tired et on n’en a pas marre de l’écouter (!).

Eric Legnini convie aussi la chanteuse britannique Natalie Williams qui baigne Living for Tomorrow d’un vibrant climat soul jazz. Pour alterner les couleurs, le leader appelle ensuite le Californien Charles X sur Run with it. Un flow qui doit tout au hip hop et une voix dont les accents soul sonnent comme un héritage de la Motown. Le bougre brouille les pistes mais « Waxx Up » s’en porte bien.

On est touché par l’intervention du rêveur Matthieu Boogaerts sur Night Birds. Son accent français travestit le texte anglais et sa voix suave croone la ballade sur un tempo très lent. Cymbale charley, flûte et soupirs… un moment de fraîcheur qui ne se prend vraiment pas au sérieux. On craque aussi sur la voix un peu acidulée de la comédienne et chanteuse Anaëlle Potdevin dont le timbre voilé ne l’empêche pas de surfer sur Riding The Wave. Ça la change un peu des standards de jazz qu’elle avait enregistrés en Belgique.

Eric Legnini demeure fidèle à son chanteur fétiche Hugh Coltman qui a aussi participé à l’écriture des textes. On aime son interprétation du titre The Sun Will Dance où Kellylee Evans assure les chœurs. L’Anglais chante une mélodie qui fait écho à l’univers de Stevie Wonder mais paie en quelque sorte son tribut au jazz en s’appuyant sur l’harmonie du célèbre titre de Coltrane, Giant Steps.

C’est enfin un registre nettement plus électro qu’explore la voix de la chanteuse Yael Naïm. Le titre Despair affiche des allures d’une pop irradiée par les cendres incandescentes d’un volcan irrité.

C’est bien connu la musique ça se déguste live. Pour apprécier le répertoire de « Waxx Up » et retrouver Eric Legnini sur scène entouré de Daniel Romeo (basse électrique), Franck Agulhon (batterie), Quentin Ghomari (trompette) et les voix de Michelle Willis et Hugh Coltman… rendez-vous :
  • le mardi 04 avril à 20h30 au Théâtre des Pénitents de Montbrison
  • le mercredi 05 avril à 20h au Flow à Paris, sur la rive gauche de la Seine, en amont du Pont Alexandre III

et encore bien d’autres dates de la tournée d’été à retrouver sur le site dEric Legnini.

« Solo(s) » de Lionel Martin

« Solo(s) » de Lionel Martin

« Solo(s) » de Lionel Martin, un projet sonore organique et hypnotique. Une bande son nomade captée par Bertrand Larrieu au fil de déambulations urbaines. Cinq morceaux où alternent vibrations aériennes et telluriques. Créditée à Robert Combas, la pochette restitue la douce folie de ce « Mad Sax » qui ne cesse de renouveler son inspiration. Du 07 au 17 octobre 2020, le saxophoniste vit et joue dans un container devenu squat artistique où il propose ses « Variations musicales » durant le « Grand Barouf » du « Rhino Jazz(s) ». Lionel Martin, toujours énergique et libre !

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Comme l’année précédente, le palmarès des Victoires du jazz 2020 a été dévoilé sur la page Facebook des Victoires du Jazz… 6 catégories, 11 lauréats avec nombreux ex æquo et une Victoire d’Honneur pour L’Orchestre National de Jazz dirigé par Frédéric Maurin. Cette année, en raison de l’épidémie de Covid, pas de cérémonie mais un documentaire de présentation des lauréats à venir le 24 octobre 2020 dans Passage des Arts, sur France 5 à 22h30.

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Diana Krall revient avec « This Dream of You »

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