A Vaulx Jazz – Dirty Dozen Brass Band

A Vaulx Jazz – Dirty Dozen Brass Band

A Vaulx Jazz 30ème édition, soirée d’ouverture festive

 

L’esprit de la Nouvelle-Orléans plane sur la soirée d’ouverture du Festival A Vaulx Jazz#30. Après le Zozophonic Orchestra arrive sur scène le Dirty Dozen Brass Band. Cette fanfare culte fait régner l’esprit de la fête sur le Centre Culturel Communal Charlie-Chaplin.

C’est au Zozophonic Orchestra qu’échoie de débuter la soirée d’ouverture du 30ème Festival A Vaulx Jazz le 16 mars 2017 à Vaulx-en-Velin. Quatre ans après leur précédente venue au festival, les six « zozos » parviennent à mobiliser l’enthousiasme des spectateurs. Le groupe présente le répertoire de son nouvel album ce qui explique sans doute le manque de délire et de spontanéité de la prestation très réglée.

Le set est pourtant mené avec entrain par cet orchestre joyeux. Le chanteur “Manouche” Fournier, le guitariste Nicolas Frache, Sylvain Felix au saxophone baryton, Jean Crozat au trombone, Etienne Kermarc  à la basse et Jean Joly à la batterie. Devant la scène le public adhère à la musique qui zigzague entre blues, rock, country et esprit néo-orléanais.

Le décor est planté, le public est prêt… le tapis rouge peut être déroulé pour accueillir de  la star des Brass-Bands, le Dirty Dozen Brass Band.

Véritable institution de la Nouvelle-Orléans, le Dirty Dozen Brass Band (DDBB) fête sur les routes du monde le quarantième anniversaire de sa création avec à sa tête ses deux membres fondateurs le trompettiste Gregory Davis et le saxophoniste baryton Roger Lewis.

Cette formation a renouvelé le répertoire des ensembles de cuivres de la Nouvelle Orléans. Sa recette, dynamiter les thèmes des marches néo-orléanaises en les accommodant à la sauce funk, rock, jazz, pop. Un assemblage de musiques propre à cet orchestre mythique qui inspire de nombreux brass-bands de par le monde. Entre respect des traditions et modernité à l’approche très funk, le souffle du DDBB bidouille un groove incandescent crado mais bon enfant.

Attaché au courant des musiques populaires le DDBB renouvelle les fondations de la tradition mais colle à la réalité de la musique d’aujourd’hui. Avec simplicité et cordialité le groupe invite le Zozophonic Orchestra qu’il entraîne dans son délire furieux. Le plaisir de Sylvain Felix et de Jean Crozat est palpable lorsqu’ils mêlent leurs souffles à ceux des cuivres du Dirty Dozen Brass Band. Peut-être le charisme des américains sera-t-il une source d’inspiration pour « Manouche » plutôt en retrait face à ces bêtes de scène.

Face au public tous les musiciens exultent. Sous des dehors plutôt calmes, Kevin Harris joint son chant et celui de son saxophone ténor à la liesse. Au sousaphone, Kirk Joseph assure les basses avec une vigueur impressionnante. Dommage que le son de cet instrument ait été quelque peu amputé de toutes ses harmoniques que l’on ne percevait que devant la scène en son direct. Malgré son frêle gabarit le guitariste Takeshi Shimmura fait merveille aux côtés de Julian Addison, batteur charismatique et infatigable.

En fin de soirée, quelques spectatrices sont même invitées sur scène pour s’associer à la liesse et à la danse des Américains survoltés.

La musique du DDBB unit plus qu’elle n’exclut. On peut dire qu’elle assume un rôle social le temps d’un spectacle en réunissant sur scène des musiciens de cultures différentes et en fédérant des publics de tous âges et de toutes cultures au rythme de la musique.

Un modèle dont pourraient s’inspirer les politiques pour mobiliser les citoyens. On voterait volontiers pour le Dirty Dozen Brass Band qui a réussi à inclure Fly me to the Moon dans son répertoire et à conduire les spectateurs dans leur ciel d’étoiles. On a apprécié le professionnalisme sans faille des musiciens du DBBB qui semblent encore habités par le plaisir de jouer et de partager, même après 40 années de métier.

A partir de mélodies très simples le Dirty Dozen Brass Band fait planer une allègre cacophonie dans la salle. Parties vocales collectives, fragments de spirituals, enchaînements débridés, solistes brillants, arrangements festifs, de l’humour et de l’énergie à perdre haleine. La fanfare fait exploser les repères et aide à oublier la morosité quotidienne. Le Dirty Dozen Brass Band booste les humeurs et stimule les corps. Un abime d’énergie et de trouvailles comme remède à la tristesse.

« L’Océan Sonore » de Catali Antonini

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