« La beauté Bud Powell » écrit par J. B. Fichet

« La beauté Bud Powell » écrit par J. B. Fichet

Un éblouissant hommage à Bud Powell

« La Beauté Bud Powell ». Un ouvrage à lire à tout prix. Jean-Baptiste Fichet rend hommage à sa manière au pianiste de jazz Bud Powell. Ni biographie, ni poésie, ni analyse musicologique technique. Simplement une prose empreinte de lyrisme sur un des meilleurs pianistes de jazz.

Premier livre de Jean-Baptiste Fichet, « La beauté Bud Powell » (204p) est paru aux Éditions Bartillat en janvier 2017. L’ouvrage est réussi. A lire absolument.

On se laisser porter par la prose, son rythme, ses syncopes, ses digressions, ses divagations, ses précisions, ses ruptures, ses points d’orgue, et ça marche. On s’envole sur les ailes de la prose aérienne de l’auteur à la rencontre de Bud Powell (1924-1966), ce musicien quelque peu oublié derrière les autres figures charismatiques du bop et du jazz en général.

Bud Powell. Un enfant doué pour la musique pour qui la vie va devenir une véritable épreuve. Séjours en hôpital psychiatrique et autres aventures improbables générées par la bêtise insondable du genre humain et le peu d’altérité que les hommes portent à leur dis-semblables vont altérer à tout jamais le cerveau de ce génie absolu. Comme l’écrit J. B. Fichet p33, en référence à une de ses plus fameuses compositions, Un Poco Loco, Bud Powell…

« C’est aussi la gaîté, sans le bonheur. La tristesse, sans le cafard. La lenteur comme pour pleurer. Le sentimentalisme bien tempéré. La gravité sans le sérieux. La complainte sans la plainte. Le pathos sans le ridicule. Et toujours, ce dur désir d’aller plus loin. des ratés en pagaille : on s’en moque. »

En dépit de ses déboires, le pianiste gardera pourtant toujours, au fond de lui la lumière qu’évoque l’auteur p196…

« La lumière émise par Bud Powell, la beauté qu’il a cherchée, continuent de balayer l’univers - au présent. Le pianiste a laissé derrière lui cette floraison de bourgeons, milliers de ‘buds’ portant pollen, graines disséminées aux vents du jazz. »

D’ailleurs la plupart des jazzmen et non les moindres ont loué Bud Powell. Bill Evans, Keith Jarett, John Lewis, Duke Ellington, Mary Lou Wiliams, Art Taylor, Thelonious Monk, Chick Corea, Herbie Hancock, Lallo Shifrin, René Urtreger, Miles Davis, Cannonball Adderley, Dexter Gordon, Dizzy Gillespie, Charlie Parker, Max Roach, …  pour n’en citer que quelques-uns.

Après la lecture de « La Beauté Bud Powell », on refait tourner sur la platine les vinyles que l’on n’a pas écoutés depuis longtemps. On regarde de nouveau « Round Midnight », le film sorti en 1986, inspiré de la vie de Bud Powell et tourné par Bertrand Tavernier à partir de l’ouvrage de Francis Paudras, « La Danse des infidèles ». Dans le film on revoit avec bonheur Dexter Gordon (qui a joué avec Bud Powell à Paris dans les années 60) et aussi Herbie Hancock, Wayne Shorter, Bobby Hutcherson, John Mc Laughlin, Eric Le Lann et bien d’autres musiciens mobilisés sur le tournage.

On ressort aussi de la bibliothèque le magnifique livre (actuellement indisponible à l’état neuf) de Francis Paudras préfacé par Bill Evans, « La danse des infidèles ». Un ouvrage de référence consacré avec amour par Francis Paudras qui a protégé le pianiste à Paris dans les années 60. 408 pages éditées en 1986 par les Éditions « L’instant ».

On regarde ensuite en boucle le film Stopforbud du réalisateur et poète danois Jørrgen Leth tourné à Copenhague en 1963 qu’évoque J. B. Fichet p163 à 167. « Onze minutes et 35 secondes d’hommage funèbre et lumineux à Bud Powell, traversé d’ondes mélancoliques ».

Pas question d’en dire plus à propos de « La Beauté Bud Powell » si ce n’est qu’il convient absolument de le lire et de partir ainsi à la rencontre de cet immense pianiste quasiment forçat de ses 88 touches qui a gravi les cimes et s’y est perdu.

« La Beauté Bud Powell ». Un ouvrage sensible et lyrique qui se dévore d’abord puis se savoure ensuite encore et encore … comme on écoute sans se lasser Bud Powell jouer Off Minor, Dance of the Infidels, Un Poco Loco, Una Noche Con Francis, Tempus Fugue-it, Elegy…

« Mères Océans » de Christophe Panzani

« Mères Océans » de Christophe Panzani

Christophe Panzani présente son nouveau projet, « Mères Océans ». Le saxophoniste présente une musique intime où alternent douceur et puissance, acoustique et électronique. Les émotions subtiles sont portées par des mélodies de rêve. Un poème musical intimé dédié à sa mère disparue.

lire plus
Jazz à Vienne 2024 – La programmation

Jazz à Vienne 2024 – La programmation

Pour sa 43ème édition, du 27 juin au 12 juillet 2024 avec une soirée supplémentaire le 16 juillet, le festival, Jazz à Vienne propose 16 jours de concerts. Le célèbre les 20 ans de la disparition de Claude Nougaro, avec « NewʼGaro », une création hommage, en collaboration avec d’autres festivals. Vingt-huit nationalités seront présentes avec un focus européen sur la Suisse et Stracho Temelkovski en artiste associé. Pour plus de la moitié des artistes le Théâtre Antique constituera une première. Une programmation ouverte à tous les publics… à découvrir avec gourmandise.

lire plus
Monty Alexander présente « D-Day »

Monty Alexander présente « D-Day »

Swing virtuose et éloquence sensible Le 06 juin 2024, le débarquement de Normandie et Monty Alexander célèbreront leurs 80 ans. Le pianiste dont le prénom Montgomery, est un hommage au fameux général libérateur, présente son nouvel album « D-Day ». Il propose un...

lire plus
Share This