Gaël Horellou présente Identité

Gaël Horellou présente Identité

Un nouveau projet entre Maloya et Jazz

Gaël Horellou présente son nouveau projet Identité sur son tout dernier album au titre éponyme. Un dialogue fusionnel original entre les rythmiques de l’Océan Indien et les harmonies du jazz. Un Jazz énergique pimenté des couleurs du Maloya.

Sur l’album « Identité » (Breaks/Absilone) sorti le 27 mars 2017, le saxophoniste Gaël Horellou entremêle les codes du jazz et ceux du maloya. Depuis 2009, le Maloya (musique, chant et danse à la fois) figure au Patrimoine Culturel Immatériel de l’Humanité. Métissé dès l’origine, le Maloya a été créé par les esclaves d’origine malgache et africaine dans les plantations sucrières, avant de s’étendre à toute la population de l’île. Jadis dialogue entre un soliste et un chœur accompagné de percussions, le Maloya s’enrichit aujourd’hui de nouveaux apports musicaux. Le projet mené par Gaël Horellou en témoigne.

« Identité ». Catalyseur habile entre les traditions, Gaël Horellou fait alterner des morceaux qui mettent en valeur l’héritage du Maloya et d’autres où la verve du Jazz prend le dessus. Trois percussionnistes et trois instrumentistes tressent une musique respectueuse des différences et des traditions musicales. Ensemble les musiciens créent un nouveau langage dont l’énergie vibre de générosité.

Immergé dans le jazz depuis 1994 le saxophoniste altiste Gaël Horellou fait partie de ces éternels chercheurs féconds et toujours avides de rencontres. Il aime à mêler les styles et les musiques et s’amuse avec ses identités multiples. A l’aise dans toutes les expérimentations, il est toujours en quête de nouvelles rencontres musicales, sonores et humaines où son saxophone puisse donner de la voix. Gaël Horellou joue avec les rythmes, déjoue les pièges des catégories et se joue des différentes formes d’expression.

On a connu Gael Horellou à ses débuts au sein du Collectif Mu lorsqu’il a participé à la création du fameux « Crescent » de Macon. Il a contribué ensuite au développement de l’électro jazz de la fin des années 90 avec Cosmik Connection et aussi aux côtés de Laurent de Wilde. Il a ensuite évolué entre drum’n bass et jazz-rock progressif avec NHX puis a proposé des projets variés avec de nombreuses formations. Il pratique d’ailleurs toujours le hard-bop en quartet. Sur le site de Gaël Horellou on dénombre rien moins que 4 groupes de jazz et 4 autres de musiques électroniques, 12 albums sous son nom et 20 comme co-leader ou sideman. Un infatigable inventeur de son, un initiateur qui n’a jamais la créativité en berne.

En 2011, Gaël Horellou découvre La Réunion et tombe sous le charme de l’île et de sa culture. Il conçoit de mettre le jazz en conversation avec le maloya, la musique de l’île. Le nouveau projet « Identité » de Gaël Horellou chemine entre jazz et maloya…« Une identité à chercher quelque part entre un toit de tôle ondulée et la brique rouge de Brooklyn ».

Pour mener son projet à bien, le saxophoniste réunit autour de lui l’organiste Florent Gac, le guitariste réunionnais Nicolas Beaulieu ainsi qu’une rythmique de percussions traditionnelles tenues par Emmanuel Félicité, Vincent Philéas et Jérôme Calciné. Le groupe « Identité » entame une première tournée de concerts sur l’île puis se retrouve en 2015 pour une résidence de création au Séchoir. Le groupe y affine son répertoire et travaille les compositions et les arrangements avec le soutien de la Région Réunion, Dac-Oi et la Spedidam.

La musique marie la puissance du chant et des percussions traditionnelles, bases du maloya, aux sonorités modernes d’un combo jazz peu banal alliant saxophone alto, orgue et guitare. Dix titres avec en alternance

  • des maloyas traditionnels que le groupe revisite. On écoute un extrait de Marie Moussassa

  • des compositions de Gaël Horellou dont Saint Leu où l’altiste toujours très énergique s’exprime avec conviction aux côtés de l’orgue et de la guitare soutenus par la solide rythmique qu’assurent les percussions. 3’33 pour prendre la mesure du climat…

  • deux standards de jazz Lonely Woman du grand Ornette Coleman et Nature Boy de Eden Ahbez. La percussion en introduction puis le saxophone expose le thème …

Toujours très expressif, l’altiste est en verve et s’exprime avec conviction et virtuosité. Exalté il exulte quelquefois jusqu’à la transe mais ne joue pas uniquement sur l’énergie et expose les mélodies avec sensibilité. L’alliance sonore sax alto/guitare électrique/orgue est du meilleur effet et les percussions savent aussi bien restituer les rythmiques traditionnelles que faire varier leur expression lorsque les solistes s’expriment dans un idiome plus typiquement jazz.

 

A Lyon on se réjouit de voir prochainement Gaël Horellou et son projet « Identité » pour le Jazz Day. RV le 30 avril 2017 sur le Sirius (péniche face au 4 quai Augagneur) à partir de 18h.
On peut aussi écouter Gaël Horellou avec les musiciens du sextet « Identité » à Paris le 12 mai à 21h au Sunset.
« Remembering Jaco » par Charlier/Sourisse/Multiquarium Big Band

« Remembering Jaco » par Charlier/Sourisse/Multiquarium Big Band

Sur « Remembering Jaco », le Multiquarium Big Band d’André Charlier et Benoît Sourisse fait revivre la mémoire de Jaco Pastorius avec Biréli Lagrène à la basse fretless. La voix de Peter Erskine, ancien batteur de Weather Report, évoque la mémoire de Jaco. Les dix-sept musiciens de l’orchestre et leur invité rendent un hommage éblouissant au grand bassiste. Orchestrations éclatantes et jubilatoires… du groove à couper le souffle !

lire plus
Ibrahim Maalouf annonce « 40 Mélodies »

Ibrahim Maalouf annonce « 40 Mélodies »

Le trompettiste Ibrahim Maalouf annonce pour le 06 novembre 2020, la sortie de son 12ème album studio, « 40 Mélodies », en référence aux 40 bougies qu’il aura soufflées la veille, date de son anniversaire. Avec le guitariste François Delporte, il revisite les mélodies qui ont émaillée ses disques et ses concerts. Un album intimiste qui revient à l’essentiel… une trompette et une guitare.

lire plus
Fred Pallem & Le Sacre du Tympan racontent Les Fables de La Fontaine

Fred Pallem & Le Sacre du Tympan racontent Les Fables de La Fontaine

Sur leur nouvel opus, Fred Pallem & Le Sacre du Tympan font plus que raconter les Fables de la Fontaine. Leur musique réveille les textes du grand fabuliste qui s’en trouvent sublimés. Avec un brin d’insolence et un zeste d’amusement, les voix des récitants projettent dans le 21ème siècle les mots du 17ème qui demeurent d’une grande actualité. Les oreilles se régalent de ces quatorze titres où mots et musique s’accordent pour le meilleur.

lire plus
Label ECM-Focus6-Avril 2017 – Dominic Miller

Label ECM-Focus6-Avril 2017 – Dominic Miller

« Silent Light », le premier album de Dominic Miller chez ECM

« Label ECM-Focus6 » propose de découvrir « Silent Light », le premier album enregistré sur ECM par le guitariste Dominic Miller. Sorti le 07 avril 2017, cet opus s’inscrit tout à fait dans l’identité du label ECM. Il donne à entendre un répertoire élaboré par le guitariste comme une conversation lumineuse avec le silence. Une narration instrumentale délicate entre jazz et folk.

Avec « Label ECM-Focus6 » on explore l’architecture du premier album que le guitariste Dominic Miller élabore pour ECM et l’on poursuit ainsi l’exploration de l’identité de ce label.

Né en Argentine, le guitariste Dominic Miller a grandi aux États-Unis puis a fait ses études en Angleterre. Aujourd’hui il vit en France après avoir tourné de par le monde, souvent aux côtés de Sting dont il est, dans l’ombre, le guitariste attitré. Il travaille avec des artistes aussi variés que Paul Simon, Plácido Domingo, The Chieftains, Phil Collins ou Mark Hollis. Quand il n’est pas sur les scènes il enregistre en studio pour son propre compte ou pour d’autres artistes de jazz, d’autres traditions musicales comme celles de l’Irlande, du pays de Galle, du Maroc ou de Cuba.

Les références musicales du guitariste sont variées et irriguent de leurs influences les onze titres de l’album « Silent Light ». Les connaître donne des clefs d’écoute éclairantes de son répertoire dont il a écrit tous les titres hormis la composition de Gordon Matthew Summer Fields of Gold.

Avoir grandi en Argentine a contribué à sensibiliser Dominic Miller aux rythmiques des musiques folkloriques latines auxquels il est toujours très attaché. Parmi les musiques américaines, il a beaucoup écouté le R&B, la soul et le jazz. Il a succombé aux influences de Quincy Jones, Stevie Wonder, Weather Report mais aussi à celles de Joni Mitchell et Neil Young.

De ses années vécues en Angleterre il a conservé un grand intérêt pour les musiques de rock comme celles de Led Zeppelin et Pink Floyd sans oublier la folk de Bert Jansch et Dick Gaughan. La France a aussi contribué à lui faire découvrir la chanson française et les musiques de compositeurs comme Jacques Brel, Michel Legrand et Barbara. Enfin ce sont les influences de musiciens classiques qui participent aussi à construire les repères du monde musical de Dominic Miller comme Debussy, Satie, Poulenc, Villa-Lobos et surtout Jean-Sébastien Bach, référence incontournable qu’il travaille encore.

Lors de sa première rencontre avec le producteur du label ECM Manfred Eicher, Dominic Miller a évoqué les deux artistes ECM qui constituent pour lui deux influences majeures. Il s’agit d’abord du Brésilien Egberto Gismonti avec son album « Solo » (1979) et ensuite Pat Metheny avec son disque « Offramp » (1982), deux musiciens qui ont influencé Miller.

Sur « Silent Light » on retrouve d’un côté les harmonies plutôt classiques développées par le Brésilien sur l’album « Duas Vozes » enregistré avec le percussionniste brésilien Nana Vasconcelos. Alors que Dominic Miller et Miles Bould commençaient à répéter en vue de l’enregistrement des quatre titres prévus en duo guitare/percussions, est survenu le décès de Vasconcellos. L’hommage à l’esthétique de l’album de Gismonti et Vasconcelos prend encore plus de sens. En effet les quatre pièces enregistrées par Miller en duo avec le percussionniste Miles Bould possèdent cette beauté musicale où la subtilité des percussions colorent de mille nuances le jeu de la guitare. What You Didn’t Say, Water, En Passant et Baden. Cette dernière composition, riche en syncopes et décalages rythmiques est dédiée au célèbre guitariste brésilien Baden Powell.

Sur l’album on distingue aussi l’autre influence à laquelle Miller fait référence, Pat Metheny. Cela est flagrant lors de l’écoute de deux titres. Les grands espaces ouverts par Angel et la dimension folk de Tisane.

Valium évoque les influences celtiques de Bert Jansch et Dick Gaughan. Urban Waltz comme une valse vénézuélienne rappelle Antonio Lauro. Le Pont reflète les influences de Debussy, Poulenc, Satie et aussi Villa Lobos. Sans oublier la version nostalgique de Fields of Gold que reprend Dominic Miller après l’avoir joué tant de fois avec Sting sur scène.

Sous la direction artistique de Manfred Eicher, Dominic Miller et Miles Bould ont enregistré au Rainbow Studio à Oslo, pratiquement dans les conditions d’un concert hormis pour un titre qui comporte des overdubs. La guitare de Dominic Miller habite seule l’espace musical sur six titres. Les percussions l’accompagnent avec souplesse sur quatre compositions. Un seul morceau, Chaos Theory, rompt avec ce parti pris instrumental a minima et fait intervenir sur d’autres pistes, une seconde guitare et une basse électrique (tenues par Miller) aux côtés de la batterie de Miles Bould.

Le titre de l’album, « Silent Light », vient du film éponyme réalisé par le cinéaste mexicain Carlos Reygadas. Le travail du cinéaste a inspiré le guitariste qui explique : « C’est son utilisation du silence, de la lumière et de l’espace qui m’a impressionné. Il peut se passer de longues minutes sans aucun mouvement ni dialogue. J’ai trouvé ça courageux et inspirant ». En effet, on retrouve dans l’album le temps comme suspendu, le calme qui confine à la pureté et la simplicité comme guide principal.

« Silent Light ». Un album marqué du sceau de l’identité ECM. Musique calme et intimiste. Atmosphère pure et lumineuse. Mélodies abreuvés de folk, décalages rythmiques subtils, chansons instrumentales. De souples lignes musicales s’élèvent et sculptent les couleurs du silence.

Très vite un billet « Label ECM-Focus7 » pour continuer l’exploration de l’identité du Label ECM.

« Remembering Jaco » par Charlier/Sourisse/Multiquarium Big Band

« Remembering Jaco » par Charlier/Sourisse/Multiquarium Big Band

Sur « Remembering Jaco », le Multiquarium Big Band d’André Charlier et Benoît Sourisse fait revivre la mémoire de Jaco Pastorius avec Biréli Lagrène à la basse fretless. La voix de Peter Erskine, ancien batteur de Weather Report, évoque la mémoire de Jaco. Les dix-sept musiciens de l’orchestre et leur invité rendent un hommage éblouissant au grand bassiste. Orchestrations éclatantes et jubilatoires… du groove à couper le souffle !

lire plus
Ibrahim Maalouf annonce « 40 Mélodies »

Ibrahim Maalouf annonce « 40 Mélodies »

Le trompettiste Ibrahim Maalouf annonce pour le 06 novembre 2020, la sortie de son 12ème album studio, « 40 Mélodies », en référence aux 40 bougies qu’il aura soufflées la veille, date de son anniversaire. Avec le guitariste François Delporte, il revisite les mélodies qui ont émaillée ses disques et ses concerts. Un album intimiste qui revient à l’essentiel… une trompette et une guitare.

lire plus
Fred Pallem & Le Sacre du Tympan racontent Les Fables de La Fontaine

Fred Pallem & Le Sacre du Tympan racontent Les Fables de La Fontaine

Sur leur nouvel opus, Fred Pallem & Le Sacre du Tympan font plus que raconter les Fables de la Fontaine. Leur musique réveille les textes du grand fabuliste qui s’en trouvent sublimés. Avec un brin d’insolence et un zeste d’amusement, les voix des récitants projettent dans le 21ème siècle les mots du 17ème qui demeurent d’une grande actualité. Les oreilles se régalent de ces quatorze titres où mots et musique s’accordent pour le meilleur.

lire plus

Carte Blanche à Paolo Fresu au Musée des Confluences

Paolo Fresu entre Sardaigne et Jazz

Chaque année, le Musée des Confluences de Lyon donne « carte blanche » à un musicien pour créer et improviser autour des thématiques du musée. Du 04 au 06 mai 2017, c’est le trompettiste de jazz Paolo Fresu qui est invité. Il propose trois concerts pour découvrir entre autres paysages musicaux, ceux de la Sardaigne, son île natale.

A travers sa programmation culturelle intitulée les  « Vibrations du Monde », le Musée des Confluences poursuit sa mission de conservation et de diffusion des patrimoines culturels immatériels protégés par l’Unesco. Après Nguyen Lê en 2015 puis Dhafer Youssef en 2016, le Musée des Confluence donne Carte Blanche à Paolo Fresu, le trompettiste de jazz qui propose trois créations.

On peut faire confiance au trompettiste sarde pour imaginer des propositions qui s’inscrivent à la fois dans le cadre des thématiques culturelles du musée et résonnent avec ses inspirations musicales dont on connaît la diversité et la créativité. En effet son activité musicale est aussi intense qu’éclectique. Son identité musicale s’inscrit à plusieurs titres dans le paysage musical contemporain.

Dans le monde du jazz, Paolo Fresu est reconnu comme un trompettiste attaché au son, à l’épure et à la ligne mélodique dans la lignée de Miles Davis et Chet Baker mais aussi comme un instrumentiste qui utilise les effets des machines électroniques pour diversifier son expression. On apprécie d’ailleurs tout autant les mélodies lyriques murmurées au bugle que les fulgurances électroniques de sa trompette.

Brillant mélodiste à la sonorité lumineuse et claire, il sait aussi mettre son jeu au service du collectif. Engagé dans de nombreuses collaborations musicales, il s’attache à poursuivre des projets avec une dizaine de formations plus ou moins régulières et se montre particulièrement attaché aux compagnonnages de longue haleine.

Hors de la sphère du jazz Paolo Fresu pratique un éclectisme éclairé. S’il travaille autour de la musique ancienne (Monteverdi) ou plus récente (Gabriel Fauré), il compose par ailleurs pour la danse, le théâtre, le cinéma et il entretient aussi une relation très étroite avec son île natale, la Sardaigne et ses musiques traditionnelles et populaires.

Dans cette résidence au Musée des Confluences, Paolo Fresu fait appel d’une part à un compagnon de jazz de longue date, le pianiste néerlandais Diederik Wissels et d’autre part au choeur polyphonique sarde « Cuncordu e Tenore de Orosei ».

Depuis plus de quinze ans, Paolo Fresu et Diederik Wissels entretiennent une grande complicité. En effet ils sont tous les deux impliqués avec le chanteur David Linx dans un trio qui a enregistré un premier album « Heartland » en 2010 et un second, “The Whistleblowers”, sorti le 13 novembre 2015. Dans ce dernier on trouve à leurs côtés le Quartetto Alborada.

Certes Diederik Wissels travaille depuis les années 90 avec le chanteur David Linx mais il mène aussi une carrière personnelle. Dans ce cadre il a gravé des enregistrements diversifiés qui accordent une grande part à l’écriture et aux alliages instrumentaux peu courants (mandoline, violoncelle, bandonéon, harmonica). Il a aussi consacré un album aux œuvres du compositeur catalan Frederico Mompou et enregistré un disque en piano solo.

Paolo Fresu et Diederik Wissels se produisent en duo le 04 mai 2017 à 20h30 dans le Grand Auditorium du Musée des Confluences pour un concert concocté tout spécialement à cette occasion.

Le trompettiste Paolo Fresu est fils d’un berger de Berchidda, un minuscule village de la Sardaigne. Le sarde est sa première langue et il a achevé une thèse à l’Université de Bologne sur la musique sarde. On connaît son attachement aux chants polyphoniques de son île et on se rappelle aussi l’album « Mistico Meditarraneo » sorti chez ECM en janvier 2011 avec un groupe de polyphonies corses « A Filetta », une œuvre enregistrée avec voix corses, trompette, accordéon et une influence baroque indéniable.

Le chant sarde constitue l’une des expressions polyphoniques les plus populaires de la Méditerranée. Omniprésent, il peuple la liturgie autant qu’il rythme les fêtes paysannes, aux confins du profane et du sacré. « Cuncordu e Tenore de Orosei » est un ensemble originaire d’Orosei, ville de l’Est de la Sardaigne. Le groupe rassemble cinq chanteurs  Patrizio Mura (voche del tenore, guimbarde, harmonica), Massimo Roych (voche del cuncordu, flûtes), Piero Pala (mesuvoche del tenore e del cuncordu), Gian Luca Frau (cronta del tenore e del cuncordu, guimbarde) et Mario Siotto (basso del tenore e del cuncordu).

Le groupe s’est spécialisé à la fois dans les chants sacrés dits a cuncord, typiques des confréries religieuses et les chants pastoraux a tenore que l’on peut entendre dans les bars ou lors des fêtes villageoises. Le cantu a tenore est inscrit depuis 2005 par l’UNESCO sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Ce chant très singulier, aux sonorités gutturales, est considéré comme l’expression la plus ancienne de la polyphonie occidentale. On y retrouve les couleurs diphoniques des chants mongols. En 2015 le groupe « Cuncordu e Tenore de Orosei » a sorti un album initulé « Novaera » (Buda Musique/Universal). Paolo Fresu intervient sur un titre.

Paolo Fresu et « Cuncordu e Tenore de Orosei » se produisent le 05 mai 2017 à 12h30 dans le Petit Auditorium du Musée des Confluences. Enluminures de la trompette sur chants sacrés et chants pastoraux.

Un petit avant-goût comme une mise en oreille…

Créé en 1996, le (quarteto) quatuor Alborada réunit Anton Berovski (violon), Sonia Peana (violon), Nicola Ciricugno (violon alto) et Piero Salvatori (violoncelle). Ce quatuor à cordes a développé un répertoire privilégiant la musique du 21ème siècle avec une attention particulière pour les auteurs minimalistes.

Le quatuor Alborada participe aussi à de nombreux projets impliquant jazz et musiques du monde comme avec le trio « Heartland » qui réunit David Linx, Paolo Fresu et Diederik Wissels La rencontre artistique entre Paolo Fresu et le quatuor à cordes Alborada témoigne encore une fois de l’ouverture du trompettiste sarde, toujours prêt à confronter sa créativité à de nouveaux territoires.

Le 6 mai 2017 à 20h30 dans le Grand Auditorium du Musée des Confluences, pour le troisième temps de sa résidence, le trompettiste Paolo Fresu propose un concert intitulé « Il Rito e la Memoria ». Ce projet « Il Rito e la Memoria » réunit le quatuor Albodora, « Cuncordu e Tenore de Orosei », le chœur de polyphonies sardes d’Orosei et le duo Paolo Fresu (trompette-bugle) - Diederik Wissels (piano). C’est une invitation au voyage, revisitant les grands maîtres classiques tels Claudio Monteverdi, Erik Satie ou le plus contemporain Arvo Pärt, un voyage au cœur du patrimoine musical de la Sardaigne magnifié par les compositions et improvisations de Paolo Fresu et Diederik Wissels.

Ces trois concerts constituent une proposition originale et prometteuse qu’il convient de ne rater sous aucun prétexte. Pour plus d’informations concernant cette Carte Blanche proposée en 2017 au trompettiste Paolo Fresu, la consultation du site du Musée des Confluences s’impose.

Rendez-vous dans la chronique à venir consacrée au « Jazz Day » 2017 pour découvrir la proposition que fait le Musée des Confluences à l’occasion du 30 avril 2017.
« Remembering Jaco » par Charlier/Sourisse/Multiquarium Big Band

« Remembering Jaco » par Charlier/Sourisse/Multiquarium Big Band

Sur « Remembering Jaco », le Multiquarium Big Band d’André Charlier et Benoît Sourisse fait revivre la mémoire de Jaco Pastorius avec Biréli Lagrène à la basse fretless. La voix de Peter Erskine, ancien batteur de Weather Report, évoque la mémoire de Jaco. Les dix-sept musiciens de l’orchestre et leur invité rendent un hommage éblouissant au grand bassiste. Orchestrations éclatantes et jubilatoires… du groove à couper le souffle !

lire plus
Ibrahim Maalouf annonce « 40 Mélodies »

Ibrahim Maalouf annonce « 40 Mélodies »

Le trompettiste Ibrahim Maalouf annonce pour le 06 novembre 2020, la sortie de son 12ème album studio, « 40 Mélodies », en référence aux 40 bougies qu’il aura soufflées la veille, date de son anniversaire. Avec le guitariste François Delporte, il revisite les mélodies qui ont émaillée ses disques et ses concerts. Un album intimiste qui revient à l’essentiel… une trompette et une guitare.

lire plus
Fred Pallem & Le Sacre du Tympan racontent Les Fables de La Fontaine

Fred Pallem & Le Sacre du Tympan racontent Les Fables de La Fontaine

Sur leur nouvel opus, Fred Pallem & Le Sacre du Tympan font plus que raconter les Fables de la Fontaine. Leur musique réveille les textes du grand fabuliste qui s’en trouvent sublimés. Avec un brin d’insolence et un zeste d’amusement, les voix des récitants projettent dans le 21ème siècle les mots du 17ème qui demeurent d’une grande actualité. Les oreilles se régalent de ces quatorze titres où mots et musique s’accordent pour le meilleur.

lire plus
Diana Krall sereine sur « Turn Up The Quiet »

Diana Krall sereine sur « Turn Up The Quiet »

Romances sentimentales, amour et espoir

Avec son album « Turn Up The Quiet », Diana Krall opère un retour aux sources des grands standards du jazz américain. Entre tendresse et romantisme, la pianiste et chanteuse de jazz soigne l’esthétique de son propos. Sa voix murmure l’amour éternel et son piano articule l’espoir d’un rêve sentimental.

Deux ans après la sortie de « Wallflower », la pianiste et chanteuse canadienne  revient avec « Turn Up the Quiet » (Verve/Universal) à sortir le 05 mai 2017. Comme annoncé en février, Diana Krall revient au Great American Songbook avec son quinzième album studio. Sur ce nouvel opus, c’est une Diane Krall sereine qui fait une relecture sentimentale et romantique de quelques grands standards du jazz. Des titres qu’elle a d’ailleurs choisis elle-même pour faire entendre les histoires et les chansons qu’elle aime.

Enregistré et mixé par l’inimitable Al Schmitt aux Capitol Studios de Hollywood, l’album a été réalisé sous la direction du célèbre producteur Tommy Lipuma disparu le 13 mars 2017 à l’âge de 80 ans. C’est lui qui avait lancé la carrière de Diana Krall et avec lui, la pianiste chanteuse a enregistré quelques-uns de ses plus grands albums comme « All For You », « The Look of Love » ou « Live in Paris ». « Turn up the Quiet » constitue l’ultime œuvre de Tommy Lipuma.

Reprendre aujourd’hui des standards de jazz déjà interprétés de belle manière par des tas d’interprètes inspirés constitue un choix quelque peu risqué. C’est un peu comme ressortir un costume du placard, d’où peuvent se dégager des souvenirs poussiéreux et des images surannées sans contraste. Diana Krall a évité ces obstacles et a transformé son choix en une réussite. En effet dès les premières mesures de l’album on perçoit que le projet possède les qualités qui devraient lui ouvrir assurément les voies du succès.

On se laisse bercer par la voix posée et murmurée de la chanteuse dont le léger vibrato ne laisse pas indifférent. On apprécie aussi ses interventions souples et précises sur le clavier du piano. Les arrangements brillent par leur sobriété et concourent à une musicalité de tout instant. Quels que soient son tempo et son instrumentation, la musique porte en elle un swing indéniable qui contribue à la faire respirer. De chaque plage se dégage une sérénité naturelle. Même si bien sûr on reconnaît les thèmes, on perçoit combien Diana Krall a su les renouveler sans pour autant les trahir.

Non seulement Diana Krall a choisi elle-même la liste des morceaux de l’album mais elle a aussi composé de nombreux arrangements. Elle a ensuite réparti les titres en trois groupes qui ont donné lieu à différentes sessions d’enregistrement .

Diana Krall est accompagnée par Christian McBride à la basse et par Russell Malone à la guitare sur sur Blue Skies. On retrouve aussi ce trio sur Dream, la reprise de Johnny Mercer mise en valeur par les splendides arrangements d’Alan Broadbent.

Sur d’autres morceaux, Diana Krall a fait le choix d’un quintet comprenant Karriem Riggins à la batterie et Tony Garnier à la basse. Sur le titre I’ll See You In My Dreams on apprécie la participation du violoniste Stuart Duncan. La version de Moonglow est particuilèrement exquise avec une intervention lyrique et émouvante du guitariste Marc Ribot qui fait vibrer ses cordes d’émotions.

Le troisième groupe de morceaux formé par Diana Krall réunit le guitariste Anthony Wilson, le bassiste John Clayton Jr. et le batteur Jeff Hamilton. Leur interprétation n’est pas sans évoquer les images en noir et blanc des années 50/60, un peu comme la BO d’un film d’époque, ce que l’on ressent par exemple sur le titre Sway.

« Turn Up The Quiet ». Une proposition musicale teintée de romantisme comme un clin d’oeil à une époque révolue. Onze chansons d’amour murmurées, des orchestrations soignées, des rythmes alanguis imprégnés de sensualité. Un climat de sérénité. Une esthétique soignée. Un swing intemporel.

 

Sitôt après la sortie de l’album « Turn Up The Quiet » le 05 mai 2017, Diana Krall entame une tournée mondiale en juin 2017.
Avis aux amateurs de musique live. La chanteuse et pianiste canadienne sera en France à trois reprises pour présenter son nouvel album  Le samedi 7 et le dimanche 8 octobre 2017 à L’Olympia de Paris et le lundi 16 octobre 2017 au Silo à Marseille.
« Remembering Jaco » par Charlier/Sourisse/Multiquarium Big Band

« Remembering Jaco » par Charlier/Sourisse/Multiquarium Big Band

Sur « Remembering Jaco », le Multiquarium Big Band d’André Charlier et Benoît Sourisse fait revivre la mémoire de Jaco Pastorius avec Biréli Lagrène à la basse fretless. La voix de Peter Erskine, ancien batteur de Weather Report, évoque la mémoire de Jaco. Les dix-sept musiciens de l’orchestre et leur invité rendent un hommage éblouissant au grand bassiste. Orchestrations éclatantes et jubilatoires… du groove à couper le souffle !

lire plus
Ibrahim Maalouf annonce « 40 Mélodies »

Ibrahim Maalouf annonce « 40 Mélodies »

Le trompettiste Ibrahim Maalouf annonce pour le 06 novembre 2020, la sortie de son 12ème album studio, « 40 Mélodies », en référence aux 40 bougies qu’il aura soufflées la veille, date de son anniversaire. Avec le guitariste François Delporte, il revisite les mélodies qui ont émaillée ses disques et ses concerts. Un album intimiste qui revient à l’essentiel… une trompette et une guitare.

lire plus
Fred Pallem & Le Sacre du Tympan racontent Les Fables de La Fontaine

Fred Pallem & Le Sacre du Tympan racontent Les Fables de La Fontaine

Sur leur nouvel opus, Fred Pallem & Le Sacre du Tympan font plus que raconter les Fables de la Fontaine. Leur musique réveille les textes du grand fabuliste qui s’en trouvent sublimés. Avec un brin d’insolence et un zeste d’amusement, les voix des récitants projettent dans le 21ème siècle les mots du 17ème qui demeurent d’une grande actualité. Les oreilles se régalent de ces quatorze titres où mots et musique s’accordent pour le meilleur.

lire plus
Jazz à Vienne 2017 – La programmation

Jazz à Vienne 2017 – La programmation

Des Stars, des Hommages, des Soirées Thématiques

Jazz à Vienne 2017… c’est du jazz de midi jusqu’à tard dans la nuit. 14 soirées au Théâtre Antique avec du Jazz, des Hommages et les habituelles Soirées Thématiques métissées. Des concerts en accès libre sur la scène de Cybèle et au Théâtre de Vienne où alternent le Club de Minuit et le Jazz Mix.

Jazz à Vienne 2017 est à l’image du visuel 2017 signé par Bruno Théry, choisi par le festival et associant cette année encore « tous les pays, tous les genres, toutes les cultures, toutes les folies, parfums et horizons… ».

Du 29 juin au 13 juillet, Jazz à Vienne 2017 c’est… 14 soirées au Théâtre Antique, …des concerts en entrée libre dès 10h30 sur la Scène de Cybèle pour découvrir l’actualité de tous les jazz, … des concerts en soirée au Théâtre de Vienne avec des afters musicaux qui font alterner la programmation du « Club de Minuit » avec des soirées acoustiques privilégiant la découverte et l’écoute et celle du « JazzMix », ce laboratoire de tous les possibles avec des concerts hors des sentiers battus de 0h30 à 3h du matin.

Jazz à Vienne 2017 c’est aussi… « Caravan’Jazz » avec cette année les quatre musiciens de « The Swinging Dice », … « Les Musaïques », ces concerts en entrée libre au Musée Gallo-Romain Saint-Romain-en-Gal/Vienne avec cette année un brunch musical colombien le 09 juillet, … « L’Académie », … « Jazz à Vienne fait son Cinéma » en partenariat avec le Cinéma Les Amphis, …des salons, des rencontres et des expositions, …les « Lettres sur Cour » les 07, 08 et 09 juillet, …des « Résonnances Métropolitaines » au Périscope, à Saint-Étienne et à l’Isle d’Asbeau.

Comme les deux profils de la figure coquine de l’affiche, on se propose de balayer rapidement l’horizon musical proposé au Théâtre Antique durant cette 37ème édition du festival « Jazz à Vienne ». Pour une vision exhaustive de la programmation de toutes les scènes et des projets de Jazz à Vienne 2017, la visite du site du festival Jazz à Vienne s’impose.

La scène du Théâtre Antique propose une programmation éclectique qui fait se succéder des grandes stars du jazz d’aujourd’hui, des talents confirmés ou en devenir, toutes générations confondues, des « Soirées Hommage » à des musiciens qui ont marqué l’histoire du jazz ou plus largement celle de la musique populaire, sans oublier les habituelles « Soirées Thématiques » consacrées aux musiques cousines auxquelles s’ajoute cette année une ouverture vers le hip-hop.

Du côté des Grandes Stars du Jazz et des talents confirmés l’affiche est alléchante.

Rendez-vous le 30 juin avec le pianiste Ahmad Jamal annoncé en quartet. Il convie à ses côtés la chanteuse Mina Agossi et le rappeur Abd Al Malik. La soirée est ouverte par le trompettiste Christian Scott.

Entouré du bassiste James Genus, du guitariste Lionel Loueke, du saxophoniste Terrace Martin et du batteur Vinnie Colaiuta, le pianiste Herbie Hancock bardé de ses synthés est la star du 12 juillet. Il sera précédé du saxophoniste ténor Donny McCaslin.

La soirée du 05 juillet voit se succéder sur scène deux stars de l’art vocal. La chanteuse Stacey Kent ouvre la soirée accompagnée de ses habituels compagnons Jim Tomlinson (saxophone), Jeremy Brown (contrebasse), Graham Harvey (piano) et Josh Morrison (batterie). Place ensuite au chanteur plein d’énergie Jamie Cullum qui revient pour la troisième fois à Vienne.

Le 09 juillet voit sur scène la réunion de trois musiciens de générations différentes. Le trio franco-américain composé du violoniste Jean-Luc Ponty, du guitariste Biréli Lagrène et du contrebassiste Kyle Eastwood. Trois instruments à cordes qui explorent l’univers du swing. En seconde partie de soirée c’est le retour de la chanteuse Youn Sun Nah qui présente le répertoire de son nouvel album « She Moves On » avec son nouveau groupe composé de Jamie Saft (piano/orgue/Rhodes), Brad Jones (contrebasse), Clifton Hyde (guitare) et Dan Rieser (batterie).

Le 3 juillet le Théâtre Antique rend Hommage à John Coltrane avec un triple plateau.

On retrouve ce soir-là des musiciens ayant partagé la scène avec lui. C’est le cas du légendaire Pharoah Sanders programmé en quartet et du saxophoniste Archie Shepp qui vient avec un all-star. Il invite pour l’occasion un représentant de la nouvelle génération du saxophone, Shabaka Hutchings. La soirée propose aussi un duo constitué du pionnier de la musique techno, Jeff Mills qui témoigne de son amour pour la musique de Coltrane avec une relecture de l’album « A Love Supreme » accompagné du saxophoniste français, Émile Parisien.

La Soirée French Touch du 04 juillet réunit une brochette de talents confirmés ou en devenir. Le pianiste Yaron Herman présente avec en trio avec le batteur Ziv Ravitz et le bassiste Bastien Burger le répertoire de son dernier album « Y ».

La chanteuse Anne Sila passe le relai au saxophoniste Émile Parisien et à l’accordéoniste Vincent Peirani qui rendent hommage à Joe Zawinul disparu il y a 10 ans. Le duo est entouré d’un all-stars de musiciens parmi lesquels d’aucuns ont eu l’occasion de s’exprimer dans le Zawinul Syndicate auprès du maître des claviers, comme le batteur Paco Sery et le bassiste Lindley Marthe. A leurs côtés le guitariste Manu Codjia, le claviériste Tony Paeleman et le chanteur et percussionniste marocain Aziz Samahoui qui a lui aussi eu l’occasion de jouer avec Zawinul.

Du côté des Soirées Thématiques et des Hommages, le festival regarde largement vers les musiques cousines.

Blues

La Soirée Blues du 06 juillet met en avant le groupe phénomène Vintage Trouble, le guitariste-chanteur New-Orleans Kenny Neal avec Darnell Neal (basse), Fred Neal (claviers), Bryan Morris (batterie) et Alfonso Guilory aka “AG” (sax), sans oublier la découverte Mr Sipp.

Par contre le Blues sera également présent le 13 juillet avec Keziah Jones qui s’abreuve aussi aux sources du funk et des musiques du monde.

Le Blues se fera aussi entendre le 29 juin avec le rockeur Zucchero qui célèbre le blues dans son dernier opus enregistré dans le delta du Mississippi.

Funk – Soul - Hip-Hop
La Soirée Funk du 08 Juillet est aussi l’occasion d’un Hommage à Prince, ce musicien, réalisateur et producteur des plus prolifiques de l’histoire de la musique disparu le 21 avril 2016. Ce légendaire chanteur américain, musicien de génie, dandy et bête de scène a influencé à jamais la musique.
Jazz à Vienne 2017 conçoit en effet une grande soirée hommage avec le “petit Prince” français Juan Rozoff, la funk-pop-rock de Trombone Shorty et une création qui unira sur scène, l’ancien bassiste de Prince, Larry Graham, le leader de FFF, Marco Prince et la chanteuse qui surfe décidément avec beaucoup de talent sur toutes les vagues musicales Jeanne Added.

La Soirée Soul du 10 juillet est aussi l’occasion pour Jazz à Vienne d’inviter en premier plateau la petite protégée de Prince, l’anglaise Lianne La Havas en solo pour une date unique en France cet été. C’est la reine incontestée du hip-hop soul, Mary J. Blige qui a le privilège de terminer la soirée. A l’occasion elle présente son prochain album.

L’histoire du jazz est balisée par de nombreuses revendications identitaires. C’est d’une telle problématique qu’est né le hip-hop, ce phénomène culturel aujourd’hui devenu incontournable. Certains rappeurs revendiquent le jazz comme influence de leur expression et par ailleurs certains jazzmen s’ouvrent en direction de ce courant musical.

Le 01 juillet, Jazz à Vienne 2017 inaugure une Soirée Hip-Hop. Elle ouvre avec « le projet Hip-Hop Symphonique », une création du Mouv’, de l’Adami et de Radio France qui unit l’Orchestre National de Lyon, the Ice-Kream et la fine fleur du rap français avec MC Solaar, Arsenik et Bigflo & Oli sous la direction artistique d’Issam Krimi. Cette même soirée accueille le groupe légendaire De La Soul.
Le hip hop sera également présent le 30 juin avec le rappeur-poète Abd Al Malik invité par le pianiste Ahmad Jamal et le 11 juillet avec les moustachus de Deluxe qui aiment mélanger, swing, funk et hip hop.

Cuba

La Soirée Cuba du 07 juillet présente deux très beaux projets. La soirée ouvre avec Angélique Kidjo qui rend hommage à Celia Cruz, la Reine de la Salsa, avec en invité l’un des meilleurs percussionnistes de Cuba : Pedrito Martinez.

En seconde partie de soirée c’est le pianiste Roberto Fonseca qui présente sa nouvelle création autour du répertoire de son nouvel album « Abuc ». Comme sur le disque, le leader-créateur du Buena Vista Social Club, Eliades Ochoa sera sur scène ainsi que Daymé Arocena.

C’est aussi autour de la musique afro-cubaine que le bassiste Richard Bona anime la Création Jeune Public le 28 juin.

Comme de coutume le festival Jazz à Vienne se termine avec la Soirée All Night Jazz du 13 juillet qui accueille cette année de nombreux représentants de la nouvelle génération des musiciens. Les Brésiliens de Bixiga 70, le groupe américain Con Brio, le saxophoniste Guillaume Perret qui navigue en solitaire et bien sûr le groupe Amaury Faye Trio, lauréat 2016 du tremplin RéZZo FOCAL Jazz à Vienne.

Ce même 13 juillet, le chanteur guitariste brésilien Seu Jorge prévoit de rendre Hommage à David Bowie disparu le 10 janvier 2016 en reprenant sur scène le répertoire de la B.O. de « La vie aquatique » de Wes Anderson qu’il avait interprétée sur la pellicule lors de la sortie du film. On se félicite par ailleurs de la venue sur scène le 12 juillet (le même soir qu’Herbie Hancock) du saxophoniste Donny McCaslin avec les musiciens de « Black Star », le dernier album de David Bowie sorti deux jours avant sa disparition.

Le dimanche 02 juillet, Jazz à Vienne 2017 organise à partir de 14h une journée entièrement gratuite en « Hommage à Fela Kuti » avec un programme alléchant. A 14h au Théâtre de Vienne, projection du documentaire « Finding Fela » suivi à 16h de la conférence « Fela Kuti, influence musicale et politique ». Puis à 17h30 sur la Scène de Cybèle un concert de « NMB Afrobeat Experience feat. Sir Jean » suivi à 19h30 du « Concert de Kiala & Afroblaster ». Cette journée hommage à Fela se termine à 21h sur la Scène du Kiosque avec DJs Set - Voilaaa sound system.

Jazz à Vienne 2017. Une programmation très ouverte au Théâtre Antique… Blues, Soul, Funk, Hip-Hop, Electro, des effluves de Rock et du Jazz. Du groove, des rythmiques et des scansions urbaines qui devraient sans doute contribuer à rajeunir le public. Les amateurs d’un jazz plus tempéré devraient aussi y trouver leur compte. Il y en a finalement pour tous les goûts, toutes les générations, toutes les influences. Il reste à faire son choix pour profiter au mieux de Jazz à Vienne 2017, savourer ce que l’on aime, découvrir l’inconnu et se familiariser avec ce que l’on ne connaît pas très bien.

« Remembering Jaco » par Charlier/Sourisse/Multiquarium Big Band

« Remembering Jaco » par Charlier/Sourisse/Multiquarium Big Band

Sur « Remembering Jaco », le Multiquarium Big Band d’André Charlier et Benoît Sourisse fait revivre la mémoire de Jaco Pastorius avec Biréli Lagrène à la basse fretless. La voix de Peter Erskine, ancien batteur de Weather Report, évoque la mémoire de Jaco. Les dix-sept musiciens de l’orchestre et leur invité rendent un hommage éblouissant au grand bassiste. Orchestrations éclatantes et jubilatoires… du groove à couper le souffle !

lire plus
Ibrahim Maalouf annonce « 40 Mélodies »

Ibrahim Maalouf annonce « 40 Mélodies »

Le trompettiste Ibrahim Maalouf annonce pour le 06 novembre 2020, la sortie de son 12ème album studio, « 40 Mélodies », en référence aux 40 bougies qu’il aura soufflées la veille, date de son anniversaire. Avec le guitariste François Delporte, il revisite les mélodies qui ont émaillée ses disques et ses concerts. Un album intimiste qui revient à l’essentiel… une trompette et une guitare.

lire plus
Fred Pallem & Le Sacre du Tympan racontent Les Fables de La Fontaine

Fred Pallem & Le Sacre du Tympan racontent Les Fables de La Fontaine

Sur leur nouvel opus, Fred Pallem & Le Sacre du Tympan font plus que raconter les Fables de la Fontaine. Leur musique réveille les textes du grand fabuliste qui s’en trouvent sublimés. Avec un brin d’insolence et un zeste d’amusement, les voix des récitants projettent dans le 21ème siècle les mots du 17ème qui demeurent d’une grande actualité. Les oreilles se régalent de ces quatorze titres où mots et musique s’accordent pour le meilleur.

lire plus
S. Oliva-S. Abbuehl-Ø. Hegg-Lunde présentent « Princess »

S. Oliva-S. Abbuehl-Ø. Hegg-Lunde présentent « Princess »

Au-delà du jazz… l’art du trio en toute liberté

« Princess », un chant à trois voix. Le projet collectif de trois musiciens, Stephan Oliva, Susanne Abbuehl et Øyvind Hegg-Lunde. Un souffle vocal irradié de grâce, un piano intimiste, une percussion en suspension pour un hommage à Jimmy Giuffre. La musique poétique, aérienne et éthérée d’un trio princier.

Sorti le 31 mars 2017, l’album « Princess » (Vision Fugitive/L’Autre Distribution) propose un moment hors du temps pour oublier les musiques formatées, les étalages techniques et les excès de sensibleries outrancières. Des broderies musicales projetées en clair-obscur sur un voile crépusculaire.

« Princess ». Comme un souffle d’air, la voix irréelle de Susanne Abbuehl flotte en apesanteur sur les accords magiques du piano de Stephan Oliva et les subtils accents de la batterie de Øyvind Hegg-Lunde. A travers leurs interventions délicates et nuancées les musiciens libèrent la voix du silence.

« … le clarinettiste Jimmy Giuffre fut un de ces hommes de l’ombre qui …. a chamboulé en profondeur la nature même des musiques improvisées. … en se passant de batterie dans son trio historique » … « Il a ouvert la voie à une toute nouvelle syntaxe jazzistique » - Gilles Tordjman

En se passant de basse, le trio Oliva/Abbuehl/Hegg-Lunde pratique aussi une musique allégée des contraintes rythmiques et harmoniques. La liberté advient et tout devient possible en termes d’expansion pour les instrumentistes. La voix pure de la chanteuse égrène les paroles des poèmes sur le tapis de velours que déroulent les accords harmonieux du pianiste. Abreuvées des harmonies subtiles libérées par le piano, les paroles respirent et sont portées par l’accompagnement minimaliste et sensible des percussions.

Libérée des dominations rythmique, mélodique et harmonique, la musique vit telle qu’en elle-même, réduite à l’essentiel de sa nature. Sur cet album on ne peut parler d’instrumentistes qui accompagneraient une chanteuse. Il s’agit d’un compagnonnage musical qui libère de manière équitable l’expression de chacun des interprètes et favorise les interactions. Complices, les trois musiciens proposent onze titres et sculptent une musique immatérielle, fragile, sensible et profonde comme une source de sérénité.

Suzanne Abbuehl a écrit des paroles sur quatre compositions de Jimmy Giuffre dont Princess qui donne son titre à l’album, sur Great Bird de Keith Jarrett et sur deux compositions originales de Stefan Oliva. Au milieu du répertoire, vibre Desireless/Mopti de Don Cherry avec une trame rythmique plus variée que sur les autres titres.

Sur Trance de Jimmy Giuffre le duo piano-percussion/batterie explore et tente d’exprimer l’indicible. En 1’45 d’introspection profonde, Stephan Oliva interprète seul le thème Jimmy qu’il a composé en hommage au clarinettiste.

On se loue que le trio ait eu la magnifique idée d’enregistrer What a Wonderful World de Bob Thiele et George David Weiss. Les trois interprètes sensibles et inspirés en donnent version inoubliable, aussi légère que l’hélium et transparente comme le cristal.

Susanne Abbuehl assume l’héritage historique de Jeanne Lee avec laquelle elle a étudié. On observe en outre que Jeanne Lee se produisait souvent en duo avec Ran Blake, pianiste que Stephan Oliva apprécie lui aussi. On note avec intérêt la liberté que le label ECM a octroyée à la chanteuse qui a déjà gravé trois albums sous le label allemand avec lequel elle collabore (« April » en 2001 en quartet sans contrebasse, « Compass » en 2006 en quintet sans contrebasse, « The gift » en quartet sans contrebasse » en 2013).

La pureté et la sensibilité de la musique de l’album « Princess » tient pour beaucoup aux talents des trois interprètes mais il convient de saluer encore une fois les Studios La Buissonne de Pernes les Fontaines où l’album a été enregistré au printemps 2016 par Gérard De Haro et masterisé en été 2016 par Nicolas Bailard. On se loue aussi de la qualité de l’objet « album » avec un visuel et un livret de 40 pages illustré par Emmanuel Guibert.

 

Pour écouter le trio Stephan Oliva / Susanne Abbuehl / Øyvind Hegg-Lunde et savourer le répertoire de « Princess » en concert, deux options se profilent. Le jeudi 11 mai au Festival Jazz in Arles à 20h30 la Chapelle Saint-Martin du Méjan ou le vendredi 12 mai à Paris au Duc des Lombards, soit à 19h30, soit à 21h30.
« Remembering Jaco » par Charlier/Sourisse/Multiquarium Big Band

« Remembering Jaco » par Charlier/Sourisse/Multiquarium Big Band

Sur « Remembering Jaco », le Multiquarium Big Band d’André Charlier et Benoît Sourisse fait revivre la mémoire de Jaco Pastorius avec Biréli Lagrène à la basse fretless. La voix de Peter Erskine, ancien batteur de Weather Report, évoque la mémoire de Jaco. Les dix-sept musiciens de l’orchestre et leur invité rendent un hommage éblouissant au grand bassiste. Orchestrations éclatantes et jubilatoires… du groove à couper le souffle !

lire plus
Ibrahim Maalouf annonce « 40 Mélodies »

Ibrahim Maalouf annonce « 40 Mélodies »

Le trompettiste Ibrahim Maalouf annonce pour le 06 novembre 2020, la sortie de son 12ème album studio, « 40 Mélodies », en référence aux 40 bougies qu’il aura soufflées la veille, date de son anniversaire. Avec le guitariste François Delporte, il revisite les mélodies qui ont émaillée ses disques et ses concerts. Un album intimiste qui revient à l’essentiel… une trompette et une guitare.

lire plus
Fred Pallem & Le Sacre du Tympan racontent Les Fables de La Fontaine

Fred Pallem & Le Sacre du Tympan racontent Les Fables de La Fontaine

Sur leur nouvel opus, Fred Pallem & Le Sacre du Tympan font plus que raconter les Fables de la Fontaine. Leur musique réveille les textes du grand fabuliste qui s’en trouvent sublimés. Avec un brin d’insolence et un zeste d’amusement, les voix des récitants projettent dans le 21ème siècle les mots du 17ème qui demeurent d’une grande actualité. Les oreilles se régalent de ces quatorze titres où mots et musique s’accordent pour le meilleur.

lire plus
Nuits de Fourvière 2017 – La programmation

Nuits de Fourvière 2017 – La programmation

Au programme, ouverture, création, diversité et fidélité

Le 23 mars, Dominique Delorme lève le voile sur la programmation des Nuits de Fourvière 2017. Du 01 juin au 05 août ce festival international va faire battre le cœur de la Métropole de Lyon. Au programme, diversité et ouverture, surprises et confirmations.

Des artistes du monde entier vont se croiser à Fourvière et en Métropole au cours des représentations qui composent ce bouquet d’art vivant.

Les Nuits de Fourvière 2017 ce sont 139 représentations dont 58 créations et/ou des premières françaises. On connaît la caractéristique de ce festival dont le périmètre est à géométrie variable et élaboré en fonction des désirs des programmateurs et des rencontres faites avec les artistes. Cette année on note un équilibre entre les 34 représentations dévolues au théâtre et les 31 spectacles consacrés aux musiques. Par contre si la danse est cette fois très peu représentée, on note 74 prestations consacrées au cirque.

Cette année encore le Festival des Nuits de Fourvière associe son image avec celle d’un photographe. C’est un cliché de la Suisse et Guinéenne Namsa Leuba qui illustre l’édition 2017.

Le festival des Nuits de Fourvière est très attaché à des familles d’artistes et à des axes autour desquels il organise des projets proposés à la découverte du public.

Le Grand Théâtre ouvre les 01, 02 et 03 juin sous le signe de la musique avec 3 concerts consacrés au projet « Lamomali » déjà gravé en album. Il s’agit de l’aventure malienne que -M-, Matthieu Chédid mène en complicité avec le joueur de kora Toumani Diabaté et son fils Sidiki. On compte aussi parmi les invités la chanteuse Fatoumata Diawara… direction Bamako

C’est ensuite « Jusque dans vos bras », la toute dernière création des « Chiens de Navarre » déjà venus aux Subsistances. La tribu de Jean-Christophe Meurisse s’attaque à la grande question de l’identité nationale, c’est  à dire un paradoxe, à la fois ce qui divise et pourtant devrait unir. Ils vont travailler autour ce paradoxe et mettre à mal pas mal de clichés. Cinq représentations sur la scène de l’Odéon du 07 au 11 juin.

Le Grand Théâtre voit aussi cette année revenir la famille de l’Orchestra Di Piazza Vittorio, cet orchestre italien né dans le quartier de l’immigration populaire de Rome, vers la Piazza Vittorio et avec lequel le festival des Nuits a déjà créé la « Flûte Enchantée » (2009) et « Carmen » (2013). En 2017 le festival accompagne Mario Tronco et ses artistes  pour un nouveau projet, une relecture l’opéra de Mozart« Don Giovanni » en une heure et demi. Une version joyeuse de cet opéra légendaire avec de multiples instruments auxquels les orchestres classiques n’ont pas souvent recours. C’est Petra Magoni, la chanteuse italienne déjà venue à Fourvière en Reine de la Nuit  qui incarne cette fois un Don Giovanni androgyne les 13, 14 et 15 juin.

Côté musique, le festival travaille de nouveau en coproduction avec l’Épicerie moderne qui a accueilli Titi Robin en résidence en janvier. Titi Robin a déjà été reçu deux fois par les Nuits de Fourvière. En 2014 avec Michael Lonsdale et en 2016 avec Erik Marchand dans une soirée aux teintes bretonnes. En 2017 place à « Rebel Diwana », la nouvelle création du musicien Titi Robin. Un manifeste qui, radical dans le geste et le son, conserve cette langue modale, mélodique et rythmique que l’artiste a forgée au fil du temps. Le concert du 05 juillet à l’Odéon est précédé d’une résidence d’une semaine et le concert sera suivi d’un album.

Côté danse, le festival regarde du côté du tango et propose un spectacle de danse avec Esteban Moreno le 16 juillet lors d’une « Nuit Tango ». En effet, Lyon est une place forte du tango. Dans la magnifique salle de l’Association « Tango de Soie » (rue René Leynaud) sur les pentes de la Croix-Rousse, 75 membres de l’association viennent danser régulièrement. La salle est tenue par Estaban Moreno qui est également chorégraphe. Le festival et le chorégraphe unissent leurs énergies autour de la création « No exit » conçue à partir de la musique de « ¡Sigamos! », l’album piano solo de Gustavo Beytelmann. Ce  pianiste sexagénaire au talent fou a joué avec Astor Piazzola et aussi avec Gotan Project. Les répétitions ont déjà commencé. La soirée Tango ouvre avec le projet « Anda » du chanteur Daniel Melingo qui est lui aussi une figure familière de Fourvière.

En 2017, Fellag, avec ses mots qui caressent les blessures des siècles, est l’invité d’honneur du festival. Le festival parcourt son œuvre et invite les artistes avec lesquels il souhaite travailler. Fellag revient avec le spectacle « Bled Runner » les 24 et 25 juin. Entre théâtre et musique Fellag réunit le 30 juin à l’Odéon le comédien Jacques Bonnaffé et le musicien André Minvielle autour du texte « Un coing en hiver » pour le spectacle « Comme un poisson dans l’autre ». Fellag propose aussi « Chants des Marins Kabyles » le 27 juin à l’Odéon, une rencontre entre lui-même et un de ses amis musicien et dessinateur Hocine Boukella (leader de Cheick Sidi Bémol). Fellag croise les chansons des Marins Kabyles imaginaires chantés par Boukella avec des extraits des Contes du whisky de Jean Ray. Par ailleurs, le  01 et le 02 juillet, en partenariat avec le cinéma Comoedia, le festival présente les films que Fellag a choisis.

Le Cirque demeure au cœur du projet des Nuits de Fourvière et va vivre d’est en ouest dans Lyon et la métropole. En ouverture, un grand week-end le 1er juillet et le 02 juillet avec des manifestations gratuites de 14h à minuit Dès le 01 juillet, le Domaine de Lacroix-Laval se transforme à nouveau en guinguette estivale et en terre d’accueil pour les arts du cirque. Spectacles, bals, apéritifs musicaux, ateliers cirque, projections en plein air tout le mois durant. Sur le domaine sont réunis du 01 au 23 juillet le chapiteau de « L’homme cirque » et neuf australiens qui présentent « A Simple Space ». Avec aussi « Santa Madera » les 08 et 09 juillet. Le Parc de Parilly accueille « La dernière saison » du Cirque Plume de fin juin au 05 août. Mais il faut aussi compter avec « Machine de Cirque » une bande drôle et fantaisiste en grande forme et en grand format les 22 et 23 juin au Grand Théâtre.

Les Nuits de Fourvière affectionnent aussi le format des Nuits Thématiques qui permettent de mettre en valeur des traditions musicales et culturelles et de donner la parole à des générations différentes.

Très attaché à l’Italie, en 2017 le festival lui consacre deux nuits. Le 18 juillet la première « Nuit italienne » accueille Richard Galliano en quintet pour son répertoire consacrée à Nino Rota et le pianiste italien Stephano Bollani en piano solo. La deuxième « Nuit italienne » du 23 juillet présente Musica Nuda, le duo de Petra Magoni et Feruccio Spinetti déjà accueillis en 2016 par les Nuits lors d’un concert dans l’Auditorium du Musée des Confluences. La seconde partie de soirée revient à l’invité d’honneur des Nuits 2016, Vinicio Capossela pour le spectacle, « Ombra – chansons de la Cupa et autres effrois ». Le 14 juillet 2017, c’est la « Nuit Reggae & Calypso » avec Calypso Rose, Inna de Yard et Brain Damage qui fait partie de Jarring Effects de Lyon. La « Nuit Soul » du 22 juillet présente Michael Kiwanuka et voit le retour de Valerie June à l’occasion de son nouvel album. C’est le musicien et chercheur musicologue Raphaël Imbert qui organise la « Nuit du Blues ». Le 19 juillet il invite les musiciens qu’il a rencontrés sur la route du Mississippi, des vieux bluesmen mais aussi la merveilleuse chanteuse et violoncelliste Leyla McCalla en trio. Pour l’Eclat Final, le Grand Théâtre clôture avec une « Nuit Irlandaise ».

Le festival des Nuits de Fourvière cultive aussi les découvertes et entretient ses coups de cœur.

Ainsi cette année il donne carte blanche à Aurélien Bory qui vient du cirque, du théâtre et de la danse tout en possédant une formation d’ingénieur. Les 17 et 18 juin, au Radiant, il invente un « Plan B » avec les étudiants du CNAC et par ailleurs crée « L’Espace Furieux » avec les étudiants de l’Ensatt  du 27 juin au 07 juillet au Théâtre Terzieff Ensatt.

Avec la complicité du Théâtre de la Renaissance, les Nuits de Fourvière offrent aussi une carte blanche à Lorrraine de Sagazan les 09 et 10 juin. L’artiste et metteur en scène propose deux spectacles « Démons » et « Maison de Poupée » présentés en diptyque avec repas servi à l’entracte. Les 22, 23 et 24 juin, ce même Théâtre de la Renaissance voit le retour du Collectif Mensuel qui avait enflammé la scène avec leur splendide « Blockbuster ». En 2017, la troupe propose « L’homme qui valait 35 milliards », une satire de l’histoire du magnat de l’acier Lakshmy Mittal. A suivre absolument. C’est encore au Théâtre de la Renaissance que Jérôme Margotton met en scène en 3 volets « Les contes du Piano-Caméra » le 17 juin avec goûter prévu pour les enfants.

En 2017 la Compagnie Marius poursuit son exploration du répertoire de Marcel Pagnol et revient pour la 4ème année avec « Le Schpountz » à l’Odéon les 17 et 18 juin. Les Nuits proposent aussi un super week-end en entrée libre à Saint-Just avec le vocalchimiste André Minvielle et son « Ti’Bal Tribal » le 01 juillet sur la place de Trion et « L’ABCD’erre de la vocalchmie » le 02 juillet à l’Odéon.

On note le retour de l’humoriste Laurent Gerra qui fête ses 50 ans sur la scène du Grand Théâtre les 11 et 12 juillet avec son nouveau spectacle « Sans modération ». Pour cela, on lui fait confiance ! Enfin on remarque avec intérêt la venue de la star française de l’année, la comédienne Isabelle Huppert qui vient le 03 juillet en solo au Grand Théâtre lire des textes de Sade « Juliette et Justine, Le vice et la Vertu ».

Bien sûr, Les Nuits de Fourvière, ce sont aussi les grandes têtes d’affiche proposés aux 4500 spectateurs que peut accueillir le Grand Théâtre. En 2017 le programme est encore une fois alléchant et il y en a pour tous les goûts.

Goran Bregovic présente « Trois lettres de Sarajavo » avec son « Orchestre des mariages et des enterrements » et l’ONL autour de 3 violonistes issus des trois religions monothéistes. C’est aussi le retour d’Arcade Fire (05 juin) et celui de Camille et de son imaginaire toujours renouvelé (20 juillet), de Benjamin Biolay (19 juin). Sont aussi programmés Paolo Conte (20 juin), Benjamin Clementine (29 juin), Norah Jones et son nouveau projet « Day Breaks » avec en ouverture Renaud Garcia-Fons et le répertoire de « La vie devant soi » (25 juillet), Les Insus (27 & 28 juillet), Imany et la brésilienne Céu (21 juillet), Yan Tiersen en solo (10 juillet), Michel Camilo & Tomatito précédés de la « Rosenberg Family » (13 juillet), le concert fleuve du 17 juillet avec Brian Wilson qui célèbre l’album des Beach Boys « Pet Sounds » sorti en 1966. Sans compter encore bien d’autres belles soirées de rock anglais ou de pop française comme Julien Doré (16 juin), Vianney (24 juillet)….

Les Nuits de Fourvière 2017… pour voir ce que l’on aime, découvrir ce que l’on ignore encore, explorer des horizons inconnus, flirter avec des univers cachés, se laisser surprendre, être bouleversé, rire, danser… tout simplement prendre plaisir et s’abreuver de culture et de divertissement.

Pour retrouver l’intégralité de l’édition 2017, il suffit de se connecter sur le site internet des Nuits de Fourvière. Ouverture des réservations le 27 mars à 14h (celles du Cirque Plume est déjà ouverte).

« Remembering Jaco » par Charlier/Sourisse/Multiquarium Big Band

« Remembering Jaco » par Charlier/Sourisse/Multiquarium Big Band

Sur « Remembering Jaco », le Multiquarium Big Band d’André Charlier et Benoît Sourisse fait revivre la mémoire de Jaco Pastorius avec Biréli Lagrène à la basse fretless. La voix de Peter Erskine, ancien batteur de Weather Report, évoque la mémoire de Jaco. Les dix-sept musiciens de l’orchestre et leur invité rendent un hommage éblouissant au grand bassiste. Orchestrations éclatantes et jubilatoires… du groove à couper le souffle !

lire plus
Ibrahim Maalouf annonce « 40 Mélodies »

Ibrahim Maalouf annonce « 40 Mélodies »

Le trompettiste Ibrahim Maalouf annonce pour le 06 novembre 2020, la sortie de son 12ème album studio, « 40 Mélodies », en référence aux 40 bougies qu’il aura soufflées la veille, date de son anniversaire. Avec le guitariste François Delporte, il revisite les mélodies qui ont émaillée ses disques et ses concerts. Un album intimiste qui revient à l’essentiel… une trompette et une guitare.

lire plus
Fred Pallem & Le Sacre du Tympan racontent Les Fables de La Fontaine

Fred Pallem & Le Sacre du Tympan racontent Les Fables de La Fontaine

Sur leur nouvel opus, Fred Pallem & Le Sacre du Tympan font plus que raconter les Fables de la Fontaine. Leur musique réveille les textes du grand fabuliste qui s’en trouvent sublimés. Avec un brin d’insolence et un zeste d’amusement, les voix des récitants projettent dans le 21ème siècle les mots du 17ème qui demeurent d’une grande actualité. Les oreilles se régalent de ces quatorze titres où mots et musique s’accordent pour le meilleur.

lire plus
A Vaulx Jazz-Soirée Future Sax – Steve Coleman

A Vaulx Jazz-Soirée Future Sax – Steve Coleman

Steve Coleman continue à inventer le jazz

La venue de Steve Coleman pour la seconde partie de la soirée du 23 mars 2017 constitue un évènement majeur. Le retour du saxophoniste alto avec son trio Reflex mobilise les amateurs de jazz de toutes générations. Le concert comble voire dépasse les attentes des spectateurs qui repartent convaincus que le jazz a un avenir.

Depuis quatre décennies Steve Coleman poursuit sa quête et refuse les étiquettes. Il est pourtant le cofondateur, au milieu des années 80, du mouvement M-BASE. Imprégné de philosophie il s’est aussi penché avec attention sur l’harmonie et les cycles rythmiques. Il a su intégrer le funk et le hip-hop à son vocabulaire musical et manifeste beaucoup d’intérêt pour les musiques et les cultures de Cuba, de l’Inde, du Ghana, de l’Égypte et plus récemment du Brésil.

Né en 1956, ce saxophoniste altiste est aujourd’hui considéré comme un de ceux qui a influencé la conception musicale des nombreux jazzmen venus après lui. Dans le même sens, il aime lui aussi faire référence aux anciens musiciens qui ont contribué à forger les bases de son univers. Charlie Parker, Sonny Stitt, Von Freeman mais aussi Sam Rivers, Thad Jones, Bunky Green sans oublier bien sûr Sonny Rollins et John Coltrane. Il dit avoir construit sa conception du jazz à partir de l’écoute de toutes ces figures légendaires du jazz et affirme que « le jazz est un continuum ».

C’est la troisième fois que Steve Coleman tourne en trio qu’il nomme d’ailleurs toujours « Reflex ». En 1993 il avait à ses côtés Reggie Washington et Gene Lake puis a retrouvé Marcus Gilmore et David Virelles en 2011. En 2017 il vient avec deux complices de longue date, ce qui facilite les interactions et la compréhension mutuelle. Il s’agit du bassiste Anthony Tidd et du batteur Sean Rickman.

Tel un architecte, Steve Coleman construit un set équilibré et solide. La musique prend forme, se transforme, se déforme, se bâtit au fur et à mesure des séquences qui se succèdent au gré de l’inspiration des musiciens et ils n’en manquent pas. Le concert se déroule dans la pénombre. Cette ambiance propice à la concentration participe sans doute du recueillement quasi mystique qui plane au-dessus du public. Très concentré, le saxophoniste semble ancré dans la musique comme un roc inaltérable autour duquel il élabore une musique instantanée qui comble d’aise les spectateurs unis dans une écoute attentive.

Le saxophoniste alto chante en continu sans effort au-dessus de la trame polyrythmique riche nourrie par un batteur hyper réactif et un bassiste très libre. Le leader décroche du micro et le discours du bassiste démarre poussé par le chant hors-micro de l’altiste et les mille nuances de la batterie. Quand Coleman revient, son souffle serein et inlassable émet des lignes réitératives auxquelles se mêlent des mélodies aiguës qui semblent venues d’un autre saxophone. Un double discours, comme un croisement de temporalité. La maîtrise technique absolue du musicien lui permet de libérer son discours de toute contrainte, de prendre tous les risques, de se dépasser et de créer dans l’instant une musique unique et toujours innovante.

Que cette musique porte le nom de jazz ou comme le dit Steve Coleman, « un tout cohérent avec l’univers », elle met d’accord les musiciens, les mélomanes, les néophytes et tous ceux qui écoutent avec attention et sans idées préconçues.

Après de sublimes moments où le calme règne sur scène, les musiciens convoquent une fusion assez étonnante entre saxophone et batterie. La trame se densifie et la tension monte d’un ton. Le saxophoniste sculpte la matière sonore. Un solo de batterie phénoménal relance les échanges entre le bassiste et le saxophoniste qui interrogent la musique et interagissent sans répit. Des geysers jaillissent du saxophone alors que le bassiste et le batteur segmentent le rythme. Steve Coleman fait même un clin d’oeil au be-bop et à Charlie Parker.

Après la lave, le saxophoniste souffle le zéphyr sur un tempo très lent qui permet à la basse de tracer une ligne mélodique et de faire résonner les harmoniques de son instrument avant que survienne un nouveau paroxysme et que le rythme s’accélère. En rappel le concert se termine par un cadeau inattendu… ‘Round Midnight, comme un salut du saxophoniste à Thelonious Monk, un des plus grands compositeurs du jazz.

Le grand ordonnateur Steve Coleman a distribué les cartes, les musiciens ont joué et gagné la partie avec brio. Du début à la fin du set, la mise en place est parfaite, la suite musicale se déroule avec une fluidité étonnante et bannit tout excès démonstratif. Le public est comblé et manifeste avec chaleur son admiration et son respect.

Maître incontestable de l’improvisation et de la composition spontanée Steve Coleman a comblé le public du festival A Vaulx Jazz. Il a offert un voyage musical construit à partir des fondations du jazz et de son inspiration intérieure. Il a démontré si tant est que cela soit encore à prouver, que cette musique possède un avenir. Il reste aux musiciens à l’investir, aux public à s’en saisir et aux producteurs et programmateurs à le mettre en valeur.

« Remembering Jaco » par Charlier/Sourisse/Multiquarium Big Band

« Remembering Jaco » par Charlier/Sourisse/Multiquarium Big Band

Sur « Remembering Jaco », le Multiquarium Big Band d’André Charlier et Benoît Sourisse fait revivre la mémoire de Jaco Pastorius avec Biréli Lagrène à la basse fretless. La voix de Peter Erskine, ancien batteur de Weather Report, évoque la mémoire de Jaco. Les dix-sept musiciens de l’orchestre et leur invité rendent un hommage éblouissant au grand bassiste. Orchestrations éclatantes et jubilatoires… du groove à couper le souffle !

lire plus
Ibrahim Maalouf annonce « 40 Mélodies »

Ibrahim Maalouf annonce « 40 Mélodies »

Le trompettiste Ibrahim Maalouf annonce pour le 06 novembre 2020, la sortie de son 12ème album studio, « 40 Mélodies », en référence aux 40 bougies qu’il aura soufflées la veille, date de son anniversaire. Avec le guitariste François Delporte, il revisite les mélodies qui ont émaillée ses disques et ses concerts. Un album intimiste qui revient à l’essentiel… une trompette et une guitare.

lire plus
Fred Pallem & Le Sacre du Tympan racontent Les Fables de La Fontaine

Fred Pallem & Le Sacre du Tympan racontent Les Fables de La Fontaine

Sur leur nouvel opus, Fred Pallem & Le Sacre du Tympan font plus que raconter les Fables de la Fontaine. Leur musique réveille les textes du grand fabuliste qui s’en trouvent sublimés. Avec un brin d’insolence et un zeste d’amusement, les voix des récitants projettent dans le 21ème siècle les mots du 17ème qui demeurent d’une grande actualité. Les oreilles se régalent de ces quatorze titres où mots et musique s’accordent pour le meilleur.

lire plus
A Vaulx Jazz-Soirée Future Sax – Shabaka and The Ancestors

A Vaulx Jazz-Soirée Future Sax – Shabaka and The Ancestors

Shabaka and the Ancestors ré-imaginent l’univers du jazz

La première partie de la soirée du 23 mars 2017 intitulée « Future Sax » accueille « Shabaka and the Ancestors », une des formations du saxophoniste ténor Shabaka Hutchings. Le groupe tient ses promesses et offre un jazz libre inspiré par l’Afrique de Sud. Le public enthousiaste cède à l’alchimie incandescente du jazz.

Le saxophoniste ténor londonien Shabaka Hutchings se prénomme du nom d’un pharaon égyptien nubien Neferkare Shabaka (-716 à -702) issu de la vingt-cinquième dynastie d’Egypte. Comme bien d’autres musiciens de jazz avant lui, le musicien se tourne vers l’Afrique pour abreuver son inspiration à la source de cette matrice primitive.

S’il est né à Birmingham, Shabaka Hutchings a été élevé à la Barbade avant de revenir en Angleterre. Impliqué dans de nombreux projets dont « Sons of Kemet », un brass-band punk qui rêve d’Éthiopie, mais aussi « The Comet is Coming » qui fait rimer Fela avec Zappa. Il est aussi est immergé dans la scène jazz d’Afrique du Sud depuis des années et joue avec le quartet de son mentor Louis Moholo-Moholo de Cape Town. Shabaka Hutchings cède aussi à la transe vaudou dans les Caraïbes avec Anthony Joseph mais il ne sera pas présent à ses côtés pour la dernière soirée du festival A Vaulx Jazz.

Le 23 mars 2017, Shabakah Hutchings se présente sur scène avec la plupart des musiciens de Joahanesbourgh (hormis le pianiste et le trompettiste) avec lesquels il a enregistré son récent album en leader, « Winsdom Of Elders ». A ses côtés, Mthunzi Mvubu au saxophone alto, Ariel Zomonsky à la contrebasse, Gontse Makhene aux percussions, Tumi Mogorosi à la batterie et le chanteur Siyabonga Mthembu.

Dès le début du set, la fascination gagne la salle lorsque s’élèvent la plainte exacerbée et les cris déchirants du chanteur qui, tel un prêtre, semble célébrer un culte auquel on est convié. Il est rejoint par le saxophone alto énergique puis par le ténor qui appelle à la transe. Les rythmiciens, contrebassiste, batteur et percussionniste, unissent leurs énergies et libèrent une force vitale qui engendre une tension redoutable. L’alliage de leurs rythmes conjoints déroule un tapis propice  à l’expression des solistes. Vibrations incantatoires des cuivres, mélopée profonde du chanteur qui convoque même les oiseaux.

Les morceaux s’enchaînent entrecoupés de pauses bienvenues qui permettent aux musiciens d’opérer les changements de pulsation. Des moments de répit comme des prétextes pour mieux changer le rythme qui de tellurique devient obsédant ou quasiment enflammé par la contrebasse qui anime un pseudo cérémonial vaudou.

Pourtant rien de démonstratif ni de gratuit dans ce tapis rythmique. Il n’a qu’un objet, servir et  favoriser l’expression des solistes. La prière du saxophone ténor, l’incantation de l’alto, la plainte de la voix. Ainsi les trois prêtres unissent leurs chants et le jazz advient en toute liberté.
 
Les ambiances évoluent et le paysage musicale se bouleverse. Des rengaines mélodieuses alternent avec des chants mélancoliques ou des ambiances évocatrices de paysages. La mise en place est parfaite.

De bout en bout du concert, Shabaka Hutchings manifeste une grande écoute vis à vis des autres musiciens dont il capte les ondes pour mieux leur renvoyer. Le discours du saxophoniste ténor est totalement maîtrisé. De son jeu se dégage un magnétisme quasi mystique qui abreuve une prière musicale nourrie de spiritualité et d’énergie. S’il se lamente avec lyrisme il sait aussi libérer avec spontanéité des fulgurances et des flots de notes mais sans exubérance. De l’épaisseur sonore surgit même parfois un chant aux allures de gospel ensauvagé.

Dans  le verbe du saxophoniste on retrouve des échos rollinsiens mais aussi des familiarités avec le monde de Sun Ra et même des accents qui évoquent la chaleur d’un certain Gato. Le saxophone ténor apparaît comme l’extension du corps de l’artiste, uniquement le porte-voix qui lui permet de propulser son cri. On décèle chez l’altiste Mthunzi Mvubu des influences très coltraniennes même si bien sûr Trane demeure aussi au premier titre une influence majeure de Shabaka Hutchings.

Ce 23 mars 2017, le Jazz triomphe vraiment A Vaulx Jazz. La musique magnétique de « Shabaka and the Ancestors » engendre une fièvre pulsative propice à l’exaltation voire à la transe cathartique. Pourtant elle est porteuse d’une douce spiritualité et engendre une sorte de ressourcement qui transparaît sur les visages de tous les spectateurs présents. La terre mère a inspiré les musiciens qui invitent le jazz dans une nouvelle lumière porteuse d’avenir.

« Remembering Jaco » par Charlier/Sourisse/Multiquarium Big Band

« Remembering Jaco » par Charlier/Sourisse/Multiquarium Big Band

Sur « Remembering Jaco », le Multiquarium Big Band d’André Charlier et Benoît Sourisse fait revivre la mémoire de Jaco Pastorius avec Biréli Lagrène à la basse fretless. La voix de Peter Erskine, ancien batteur de Weather Report, évoque la mémoire de Jaco. Les dix-sept musiciens de l’orchestre et leur invité rendent un hommage éblouissant au grand bassiste. Orchestrations éclatantes et jubilatoires… du groove à couper le souffle !

lire plus
Ibrahim Maalouf annonce « 40 Mélodies »

Ibrahim Maalouf annonce « 40 Mélodies »

Le trompettiste Ibrahim Maalouf annonce pour le 06 novembre 2020, la sortie de son 12ème album studio, « 40 Mélodies », en référence aux 40 bougies qu’il aura soufflées la veille, date de son anniversaire. Avec le guitariste François Delporte, il revisite les mélodies qui ont émaillée ses disques et ses concerts. Un album intimiste qui revient à l’essentiel… une trompette et une guitare.

lire plus
Fred Pallem & Le Sacre du Tympan racontent Les Fables de La Fontaine

Fred Pallem & Le Sacre du Tympan racontent Les Fables de La Fontaine

Sur leur nouvel opus, Fred Pallem & Le Sacre du Tympan font plus que raconter les Fables de la Fontaine. Leur musique réveille les textes du grand fabuliste qui s’en trouvent sublimés. Avec un brin d’insolence et un zeste d’amusement, les voix des récitants projettent dans le 21ème siècle les mots du 17ème qui demeurent d’une grande actualité. Les oreilles se régalent de ces quatorze titres où mots et musique s’accordent pour le meilleur.

lire plus
A Vaulx Jazz – Soirée Jazz Front / Avishai Cohen

A Vaulx Jazz – Soirée Jazz Front / Avishai Cohen

Avishai Cohen se libère du jazz

Pour le second concert de « Soirée Jazz Front » du 22 mars 2017, le festival A Vaulx Jazz invite le contrebassiste Avishai Cohen et son « Jazz Free Quartet ». Nouveau projet. Nouveau quartet. Nouveau son. Très clairement le leader prend ses distances avec le jazz.

Il n’est plus besoin de présenter Avishai Cohen, contrebassiste, compositeur, arrangeur et chanteur devenu un artiste incontournable de la scène jazz internationale après un passage aux côtés de Danilo Perez puis chez Chick Corea durant cinq ans. Depuis 2005 le musicien poursuit sa quête musicale en recherche d’un son distinctif. Pour ce faire sa musique explore des territoires où les racines du jazz rencontrent les musiques classique, celles d’Europe de l’Est, d’Espagne, du Maghreb, du Moyen-Orient et aussi d’Israël, comme un retour aux sources. Même si elle se réfère à de nombreuses influences, l’identité musicale d’Avishai Cohen repose essentiellement sur le chant profond de sa contrebasse et ses lignes mélodiques émouvantes.

Alors qu’un album est attendu à l’automne 2017 chez Sony, Avishai Cohen tourne actuellement son tout nouveau projet « Jazz Free » qu’il présente en septet ou en quartet. C’est la version du « Jazz Free Quartet » que propose le festival A Vaulx Jazz à un public très mobilisé autour de cet artiste. Le concept du nouveau projet annonce une musique libérée du jazz.

Dès la présentation du groupe on comprend qu’il va moins s’agir de jazz instrumental que de chant sur un fond de groove mouvant. En effet, l’artiste l’annonce tout de go dès le début du set, pas un seul musicien de jazz dans le groupe… sauf peut-être lui, enfin on l’espère, si tant est qu’il soit possible de donner une définition formelle de ce qu’est vraiment un musicien de jazz.

Effectivement sur scène on constate la disparition du piano acoustique remplacé par des claviers. En effet, dans la version quartet du projet, Avishai Cohen dirige sa nouvelle formation entre Fender Rhodes, basse Fender, contrebasse, sans oublier les micros qui portent son chant. Certes le musicien est familier des claviers qu’il utilise pour écrire ses musiques mais sans doute escompte-t-il ainsi teinter son répertoire d’un son plus tendance.

Les musiciens du groupe viennent tous d’Israël. Itamar Doari, le percussionniste est membre régulier du trio d’Avishai Cohen. La violoncelliste Yael Shapira chante aussi et a joué avec le leader dans le cadre de son quatuor à cordes « Almah ». Elyasaf Bishari joue de l’oud, de la basse électrique et chante également.

Au Fender, Avishai Cohen débute le set par un chant traditionnel de shabbat puis enchaîne par deux titre de son ancien album « Aurora » (2009) dont le superbe Leolam puis Winter Song qu’il ouvre à la basse Fender. Puis le répertoire déroule des chansons qui regardent du côté de la pop sans omettre un blues écrit par le leader pour sa femme mais qu’il dédie à toutes les femmes présentes. Le substrat blues est plutôt light et les paroles quasi indigentes… doo doo doo.

Un chant yéménite ramène le répertoire du côté des musiques traditionnelles et les musiciens unissent leurs talents pour célébrer une musique empreinte de profondeur et de véracité. Un morceau quasi instrumental enflamme la scène et la contrebasse poussée par la percussion donne toute la mesure de sa profondeur.

De bout en bout du set on est impressionné par la prestation éblouissante du percussionniste Itamar Doari. Il assure une assise rythmique solide avec une simplicité et une efficacité remarquables. Les accompagnements du violoncelle sont par contre insuffisamment mis en valeur, comme noyés dans la masse sonore et l’on ne peut donc en savourer la finesse. Tous les musiciens unissent leurs voix au chant du leader qui prend un visible plaisir à l’exercice vocal.

D’ailleurs Avishai Cohen interprète seul au chant et à l’archet sur sa contrebasse le gospellisant Sometimes I Feel Like a Motherless Child. Le charisme et le talent naturel de l’artiste suffisent pour que l’émotion surgisse enfin sur scène, même si l’on a entendu Avishai Cohen en d’autres temps interpréter des titres avec plus de déchirement. il est vrai que le musicien a essuyé quelques contrariétés avec le son et la pédale de son Fender Rhodes qu’il a du coup abandonné.

En fait, tout repose sur la partie vocale répartie entre l’ensemble des artistes et sur un fond rythmique qui doit porter la musique et faire vibrer le public, le faire bouger. D’ailleurs le message des musiciens est explicite. A plusieurs reprises ils invitent la salle à taper dans les mains en rythme et pour finir, sur un rythme aux influences latines Avishai Cohen sollicite le public à venir danser sur le devant de la scène qui se remplit très vite.

Après ce set, on se questionne pourtant sur le rôle de l’artiste dont on peut attendre, comme le disait Jean Vilar, qu’il ait « …le courage et l’abnégation de présenter au spectateur ce qu’il ne sait pas qu’il désire ». Visiblement une partie de la salle a eu ses désirs satisfaits. Une autre partie du public regrette la distance prise par les artistes avec les fondamentaux du jazz au profit d’une musique compactée et formatée au goût du jour… pour plaire et remplir les salles, mais n’est-ce pas là un des objectifs des producteurs, tourneurs, artistes et organisateurs ?

« Remembering Jaco » par Charlier/Sourisse/Multiquarium Big Band

« Remembering Jaco » par Charlier/Sourisse/Multiquarium Big Band

Sur « Remembering Jaco », le Multiquarium Big Band d’André Charlier et Benoît Sourisse fait revivre la mémoire de Jaco Pastorius avec Biréli Lagrène à la basse fretless. La voix de Peter Erskine, ancien batteur de Weather Report, évoque la mémoire de Jaco. Les dix-sept musiciens de l’orchestre et leur invité rendent un hommage éblouissant au grand bassiste. Orchestrations éclatantes et jubilatoires… du groove à couper le souffle !

lire plus
Ibrahim Maalouf annonce « 40 Mélodies »

Ibrahim Maalouf annonce « 40 Mélodies »

Le trompettiste Ibrahim Maalouf annonce pour le 06 novembre 2020, la sortie de son 12ème album studio, « 40 Mélodies », en référence aux 40 bougies qu’il aura soufflées la veille, date de son anniversaire. Avec le guitariste François Delporte, il revisite les mélodies qui ont émaillée ses disques et ses concerts. Un album intimiste qui revient à l’essentiel… une trompette et une guitare.

lire plus
Fred Pallem & Le Sacre du Tympan racontent Les Fables de La Fontaine

Fred Pallem & Le Sacre du Tympan racontent Les Fables de La Fontaine

Sur leur nouvel opus, Fred Pallem & Le Sacre du Tympan font plus que raconter les Fables de la Fontaine. Leur musique réveille les textes du grand fabuliste qui s’en trouvent sublimés. Avec un brin d’insolence et un zeste d’amusement, les voix des récitants projettent dans le 21ème siècle les mots du 17ème qui demeurent d’une grande actualité. Les oreilles se régalent de ces quatorze titres où mots et musique s’accordent pour le meilleur.

lire plus