Sur « Remembering Jaco », le Multiquarium Big Band d’André Charlier et Benoît Sourisse fait revivre la mémoire de Jaco Pastorius avec Biréli Lagrène à la basse fretless. La voix de Peter Erskine, ancien batteur de Weather Report, évoque la mémoire de Jaco. Les dix-sept musiciens de l’orchestre et leur invité rendent un hommage éblouissant au grand bassiste. Orchestrations éclatantes et jubilatoires… du groove à couper le souffle !
Gaël Horellou présente Identité
Un nouveau projet entre Maloya et Jazz
Gaël Horellou présente son nouveau projet Identité sur son tout dernier album au titre éponyme. Un dialogue fusionnel original entre les rythmiques de l’Océan Indien et les harmonies du jazz. Un Jazz énergique pimenté des couleurs du Maloya.
Sur l’album « Identité » (Breaks/Absilone) sorti le 27 mars 2017, le saxophoniste Gaël Horellou entremêle les codes du jazz et ceux du maloya. Depuis 2009, le Maloya (musique, chant et danse à la fois) figure au Patrimoine Culturel Immatériel de l’Humanité. Métissé dès l’origine, le Maloya a été créé par les esclaves d’origine malgache et africaine dans les plantations sucrières, avant de s’étendre à toute la population de l’île. Jadis dialogue entre un soliste et un chœur accompagné de percussions, le Maloya s’enrichit aujourd’hui de nouveaux apports musicaux. Le projet mené par Gaël Horellou en témoigne.
« Identité ». Catalyseur habile entre les traditions, Gaël Horellou fait alterner des morceaux qui mettent en valeur l’héritage du Maloya et d’autres où la verve du Jazz prend le dessus. Trois percussionnistes et trois instrumentistes tressent une musique respectueuse des différences et des traditions musicales. Ensemble les musiciens créent un nouveau langage dont l’énergie vibre de générosité.
Immergé dans le jazz depuis 1994 le saxophoniste altiste Gaël Horellou fait partie de ces éternels chercheurs féconds et toujours avides de rencontres. Il aime à mêler les styles et les musiques et s’amuse avec ses identités multiples. A l’aise dans toutes les expérimentations, il est toujours en quête de nouvelles rencontres musicales, sonores et humaines où son saxophone puisse donner de la voix. Gaël Horellou joue avec les rythmes, déjoue les pièges des catégories et se joue des différentes formes d’expression.
On a connu Gael Horellou à ses débuts au sein du Collectif Mu lorsqu’il a participé à la création du fameux « Crescent » de Macon. Il a contribué ensuite au développement de l’électro jazz de la fin des années 90 avec Cosmik Connection et aussi aux côtés de Laurent de Wilde. Il a ensuite évolué entre drum’n bass et jazz-rock progressif avec NHX puis a proposé des projets variés avec de nombreuses formations. Il pratique d’ailleurs toujours le hard-bop en quartet. Sur le site de Gaël Horellou on dénombre rien moins que 4 groupes de jazz et 4 autres de musiques électroniques, 12 albums sous son nom et 20 comme co-leader ou sideman. Un infatigable inventeur de son, un initiateur qui n’a jamais la créativité en berne.
En 2011, Gaël Horellou découvre La Réunion et tombe sous le charme de l’île et de sa culture. Il conçoit de mettre le jazz en conversation avec le maloya, la musique de l’île. Le nouveau projet « Identité » de Gaël Horellou chemine entre jazz et maloya…« Une identité à chercher quelque part entre un toit de tôle ondulée et la brique rouge de Brooklyn ».
Pour mener son projet à bien, le saxophoniste réunit autour de lui l’organiste Florent Gac, le guitariste réunionnais Nicolas Beaulieu ainsi qu’une rythmique de percussions traditionnelles tenues par Emmanuel Félicité, Vincent Philéas et Jérôme Calciné. Le groupe « Identité » entame une première tournée de concerts sur l’île puis se retrouve en 2015 pour une résidence de création au Séchoir. Le groupe y affine son répertoire et travaille les compositions et les arrangements avec le soutien de la Région Réunion, Dac-Oi et la Spedidam.
La musique marie la puissance du chant et des percussions traditionnelles, bases du maloya, aux sonorités modernes d’un combo jazz peu banal alliant saxophone alto, orgue et guitare. Dix titres avec en alternance
- des maloyas traditionnels que le groupe revisite. On écoute un extrait de Marie Moussassa…
- des compositions de Gaël Horellou dont Saint Leu où l’altiste toujours très énergique s’exprime avec conviction aux côtés de l’orgue et de la guitare soutenus par la solide rythmique qu’assurent les percussions. 3’33 pour prendre la mesure du climat…
- deux standards de jazz Lonely Woman du grand Ornette Coleman et Nature Boy de Eden Ahbez. La percussion en introduction puis le saxophone expose le thème …
Toujours très expressif, l’altiste est en verve et s’exprime avec conviction et virtuosité. Exalté il exulte quelquefois jusqu’à la transe mais ne joue pas uniquement sur l’énergie et expose les mélodies avec sensibilité. L’alliance sonore sax alto/guitare électrique/orgue est du meilleur effet et les percussions savent aussi bien restituer les rythmiques traditionnelles que faire varier leur expression lorsque les solistes s’expriment dans un idiome plus typiquement jazz.
A Lyon on se réjouit de voir prochainement Gaël Horellou et son projet « Identité » pour le Jazz Day. RV le 30 avril 2017 sur le Sirius (péniche face au 4 quai Augagneur) à partir de 18h.
On peut aussi écouter Gaël Horellou avec les musiciens du sextet « Identité » à Paris le 12 mai à 21h au Sunset.
« Remembering Jaco » par Charlier/Sourisse/Multiquarium Big Band
Ibrahim Maalouf annonce « 40 Mélodies »
Le trompettiste Ibrahim Maalouf annonce pour le 06 novembre 2020, la sortie de son 12ème album studio, « 40 Mélodies », en référence aux 40 bougies qu’il aura soufflées la veille, date de son anniversaire. Avec le guitariste François Delporte, il revisite les mélodies qui ont émaillée ses disques et ses concerts. Un album intimiste qui revient à l’essentiel… une trompette et une guitare.
Fred Pallem & Le Sacre du Tympan racontent Les Fables de La Fontaine
Sur leur nouvel opus, Fred Pallem & Le Sacre du Tympan font plus que raconter les Fables de la Fontaine. Leur musique réveille les textes du grand fabuliste qui s’en trouvent sublimés. Avec un brin d’insolence et un zeste d’amusement, les voix des récitants projettent dans le 21ème siècle les mots du 17ème qui demeurent d’une grande actualité. Les oreilles se régalent de ces quatorze titres où mots et musique s’accordent pour le meilleur.
Sur « Silent Light » on retrouve d’un côté les harmonies plutôt classiques développées par le Brésilien sur l’album « Duas Vozes » enregistré avec le percussionniste brésilien Nana Vasconcelos. Alors que Dominic Miller et Miles Bould commençaient à répéter en vue de l’enregistrement des quatre titres prévus en duo guitare/percussions, est survenu le décès de Vasconcellos. L’hommage à l’esthétique de l’album de Gismonti et Vasconcelos prend encore plus de sens. En effet les quatre pièces enregistrées par Miller en duo avec le percussionniste Miles Bould possèdent cette beauté musicale où la subtilité des percussions colorent de mille nuances le jeu de la guitare. What You Didn’t Say, Water, En Passant et Baden. Cette dernière composition, riche en syncopes et décalages rythmiques est dédiée au célèbre guitariste brésilien Baden Powell.
Deux ans après la sortie de « Wallflower », la pianiste et chanteuse canadienne revient avec « Turn Up the Quiet » (Verve/Universal) à sortir le 05 mai 2017. Comme annoncé en février,
Jazz à Vienne 2017 est à l’image du

Cette année on note un équilibre entre les 34 représentations dévolues au théâtre et les 31 spectacles consacrés aux musiques. Par contre si la danse est cette fois très peu représentée, on note 74 prestations consacrées au cirque.
Le saxophoniste alto chante en continu sans effort au-dessus de la trame polyrythmique riche nourrie par un batteur hyper réactif et un bassiste très libre. Le leader décroche du micro et le discours du bassiste démarre poussé par le chant hors-micro de l’altiste et les mille nuances de la batterie. Quand Coleman revient, son souffle serein et inlassable émet des lignes réitératives auxquelles se mêlent des mélodies aiguës qui semblent venues d’un autre saxophone. Un double discours, comme un croisement de temporalité. La maîtrise technique absolue du musicien lui permet de libérer son discours de toute contrainte, de prendre tous les risques, de se dépasser et de créer dans l’instant une musique unique et toujours innovante.
Après de sublimes moments où le calme règne sur scène, les musiciens convoquent une fusion assez étonnante entre saxophone et batterie. La trame se densifie et la tension monte d’un ton. Le saxophoniste sculpte la matière sonore. Un solo de batterie phénoménal relance les échanges entre le bassiste et le saxophoniste qui interrogent la musique et interagissent sans répit. Des geysers jaillissent du saxophone alors que le bassiste et le batteur segmentent le rythme. Steve Coleman fait même un clin d’oeil au be-bop et à Charlie Parker.

Les morceaux s’enchaînent entrecoupés de pauses bienvenues qui permettent aux musiciens d’opérer les changements de pulsation. Des moments de répit comme des prétextes pour mieux changer le rythme qui de tellurique devient obsédant ou quasiment enflammé par la contrebasse qui anime un pseudo cérémonial vaudou.
De bout en bout du concert, Shabaka Hutchings manifeste une grande écoute vis à vis des autres musiciens dont il capte les ondes pour mieux leur renvoyer. Le discours du saxophoniste ténor est totalement maîtrisé. De son jeu se dégage un magnétisme quasi mystique qui abreuve une prière musicale nourrie de spiritualité et d’énergie. S’il se lamente avec lyrisme il sait aussi libérer avec spontanéité des fulgurances et des flots de notes mais sans exubérance. De l’épaisseur sonore surgit même parfois un chant aux allures de gospel ensauvagé.

Effectivement sur scène on constate la disparition du piano acoustique remplacé par des claviers. En effet, dans la version quartet du projet, Avishai Cohen dirige sa nouvelle formation entre Fender Rhodes, basse Fender, contrebasse, sans oublier les micros qui portent son chant. Certes le musicien est familier des claviers qu’il utilise pour écrire ses musiques mais sans doute escompte-t-il ainsi teinter son répertoire d’un son plus tendance.
Au Fender, Avishai Cohen débute le set par un chant traditionnel de shabbat puis enchaîne par deux titre de son ancien album « Aurora » (2009) dont le superbe Leolam puis Winter Song qu’il ouvre à la basse Fender. Puis le répertoire déroule des chansons qui regardent du côté de la pop sans omettre un blues écrit par le leader pour sa femme mais qu’il dédie à toutes les femmes présentes. Le substrat blues est plutôt light et les paroles quasi indigentes… doo doo doo.
Un chant yéménite ramène le répertoire du côté des musiques traditionnelles et les musiciens unissent leurs talents pour célébrer une musique empreinte de profondeur et de véracité. Un morceau quasi instrumental enflamme la scène et la contrebasse poussée par la percussion donne toute la mesure de sa profondeur.
De bout en bout du set on est impressionné par la prestation éblouissante du percussionniste Itamar Doari. Il assure une assise rythmique solide avec une simplicité et une efficacité remarquables. Les accompagnements du violoncelle sont par contre insuffisamment mis en valeur, comme noyés dans la masse sonore et l’on ne peut donc en savourer la finesse. Tous les musiciens unissent leurs voix au chant du leader qui prend un visible plaisir à l’exercice vocal.