Echo#2-Nuits de Fourvière 2018

Echo#2-Nuits de Fourvière 2018

Un rendez-vous réussi entre Jazz et Spiritualité

Les Nuits de Fourvière ont connu un heureux mélange d’énergie, de recueillement et d’allégresse avec le concert du 06 juin 2018 donné en hommage à Paul Robeson dans le Temple du Change. Raphaël Imbert et ses complices ont offert de fortes vibrations émotionnelles. La dimension spirituelle de « Music is my Hope » a éclaté.

Echo#2-Nuits de Fourvière 2018Après un Focus sur Raphaël Imbert, cet explorateur du spirituel dans le jazz,  Echo#2-Nuits de Fourvière 2018 revient sur le concert généreux et inoubliable qu’il a donné avec les membres de son groupe le 06 juin 2018 au Temple du Change de Lyon.

Dans le cadre des Nuits de Fourvière, le concert de Raphaël Imbert et de son groupe au Temple du Change a mis en évidence le lien indéniable qui relie le jazz au negro-spiritual, au blues et sa mélancolie, à la folk protestataire et à la soul poignante, inclut l’énergie pimentée du rock et bien sûr des improvisations inspirées.

Musique et émotion

Raphaël Imbert au saxophone ténor, les chanteuses Aurore Imbert et Marion Rampal, les guitaristes Pierre Durand et Thomas Weirich et le (chanteur et) batteur Jean-Luc Di Fraya rejoignent le pianiste et claviériste pour continuer le negro spiritual inaugural, Didn’t My Lord Deliver Daniel que Pierre-François Blanchard a commencé seul. Le groupe enchaîne avec Die Moorsoldaten/Peat Bog Soldiers interprété par les deux chanteuses en anglais puis en allemand. La plainte du saxophone, les lamentations des guitares donnent une allure de prière à ce premier chant antifasciste composé dans les camps de concentration.

Sur A Letter To A Muse, la clarinette basse du leader et les guitares enveloppantes précèdent le souffle poétique d’Aurore Imbert qui termine le morceau. C’est aussi à la clarinette basse que Raphael Imbert interprète avec son groupe le spiritual Deep River, popularisé par Paul Robeson. Dans le temple, ce gospel prend des allures de cantique.

Dès le début du concert les murs du temple renvoient les échos de l’émotion palpable que la musique de Raphaël Imbert instaure dans ce lieu sacré. Une musique généreuse où énergie et sensibilité se côtoient avec bonheur. Son swing intrinsèque obtient dès le début du concert l’adhésion spontanée de l’assemblée qui répond aux émotions transmises par les officiants. Il est vrai que le lieu se prête à cette manifestation musicale profane empreinte d’une profonde spiritualité.

C’est à l’issue de ce quatrième morceau que de rouge et noir vêtu, Raphaël Imbert présente musiciens et chanteuses. Il évoque la substance et l’histoire du projet « Music Is My Hope » dédié à Paul Robeson (1898 -1976), ce militant américain, noir, artiste, chanteur et communiste privé de sa nationalité par le McCarthysme jusqu’en 1958 où il revient en concert sur la scène du Carnegie Hall. Ce 06 juin 2018, le groupe a débuté le concert avec deux des morceaux que Paul Robeson avait interprétés lors de ce fameux concert du 09 mai 1958.

Le public s’implique

Le concert continue avec Blue Prelude, un chant d’amour déchirant qui fut repris par Nina Simone. La voix envoûtante de Marion Rampal dont la concentration n’a d’égale que la puissance de son chant, est portée par les lamentations intenses des guitares imprégnées de blues. Le cri déchirant du saxophone exprime une désespérance intense qui densifie le climat de cette poignante interprétation de Blue Prelude.

Aurore Imbert revient avec Lady On Earth, une de ses compositions, une ballade poétique et féministe au climat plutôt pop. Le groupe poursuit avec Here’s A Song,un titre composé par Raphaël Imbert avec des paroles de Marion Rampal. Au son de la clarinette basse, du piano bastringue et de la guitare « arrangée » de Pierre Durand qui sonne comme un banjo, le groupe stimule le public dont les mains marquent très vite le tempo.

Arrive ensuite un moment marquant du concert avec Circle Game, la magnifique composition de Joni Mitchell pour laquelle le saxophoniste dit nourrir une affection personnelle de longue date. Le saxophone ténor chante le blues, les guitares se font furieuses, la batterie s’en mêle et porte la musique à son paroxysme. On n’est guère loin de la transe et pourtant le manège cesse de tourner en douceur et le morceau se termine avec la guitare. Après Eastern Queen, une ballade entre prière et blues chargée d’une intense émotion et dédiée à la compagne du leader advient un autre instant clé du concert.

Bach et improvisation

Très concentré, Raphaël Imbert s’avance sur le devant de la scène avec sa clarinette basse pour jouer solo, Christ Lag in Todesbanden, un choral de Bach devant des spectateurs attentifs et silencieux. Jazz et spiritualité oscillent en phase.

Totalement investi, le musicien fait montre d’une parfaite maîtrise de son instrument dont il explore l’entière tessiture. Ses improvisations alternent entre douceur et volubilité avec des échappées free. Sa prière captive l’assemblée.

Le public est conquis

On aurait presque envie d’écrire, « la messe est dite » car de fait, après cette pièce qui mêle écriture de Bach et improvisation, le public est définitivement acquis à la musique du groupe.

Advient ensuite Showboat to Delphi, un titre de Raphaël Imbert avec des paroles de Marion Rampal, qui est censé terminer le set. Après une introduction confidentielle à trois, voix, saxophone et orgue, la trame musicale s’épaissit. Poussé par la batterie et les guitares, le saxophone élève son blues comme une ultime prière et le public entraîné par la chanteuse à la voix hypnotique reprend les paroles en chœur jusqu’à ce que le groupe quitte la scène par l’allée centrale alors que la guitare continue seule encore quelques instants. Une ovation spontanée fait se lever l’assemblée qui salue la performance musicale et la générosité de Raphaël Imbert et ses compagnons.

Marion Rampal présente de nouveau les musiciens et glisse subrepticement une des citations inscrite sur les murs du temple, « Ta Parole est une Lampe à mes pieds, une Lumière sur mon chemin » comme un répons à Raphaël Imbert qui a intercalé de manière plus abrupte dans sa première prise de parole, l’autre phrase du livre sacré qui fait face à la première, « Si vous demeurez dans ma Parole, la Vérité vous rendra Libres ». Un clin d’oeil ludique de ces deux membres de la Cie Nine Spirit.

Une musique libératrice

En rappel et en acoustique, Marion Rampal commence Sheanandoa alors que l’ensemble des autres musiciens se rejoignent derrière elle et l’accompagne de leurs chants et contrechants. Raphaël lmbert fait résonner l’orgue du temple puis rejoint le groupe. Après les derniers remerciements du saxophoniste aux Nuits de Fourvière et avec le soutien rythmique du public, le concert se termine sur Sweat River Blues gravé sur « Music is My Home ». Ce blues explose de l’énergie du rock.

A vrai dire, à aucun moment la basse n’a fait défaut car piano droit, clavier-Hammond XK-1c et batterie ont assuré un soutien indéfectible aux voix, guitares et saxophone ténor ou clarinette basse, ces deux derniers assurant tour à tour un trait d’union entre les cordes vocales et celles des guitares.

Comme l’a dit Raphaël Imbert, le public a écouté « du jazzrocksoulblues et free ». Tel un hymne pacificateur et réconciliateur, « Music is My Hope » a éclairé le public des Nuits de Fourvière de sa généreuse lumière et instauré un moment ineffable où ont coexisté paix et fraternité. Un concert bouleversant non dénué de vigueur où se sont croisés recueillement, colère, espoir et allégresse. Dans le cadre intime et sacré du Temple du Change a régné une quasi communion entre jazz et spiritualité, entre musiciens-chanteuses et public. Un moment de répit hors du temps et de l’urgence du monde.

« Dracula » – Un livre-disque signé Adèle Maury/ONJ

« Dracula » – Un livre-disque signé Adèle Maury/ONJ

Sous la direction artistique de Frédéric Maurin, l’Orchestre National de Jazz présente « Dracula », le premier livre-disque de l’ONJ pour les jeunes. Un conte musical dont la musique balance entre opéra-jazz et comédie musicale. L’univers graphique en noir et blanc de l’album est imaginé par Adèle Maury, une jeune artiste révélée en 2020 au Festival d’Angoulême. Un projet original et captivant pour les yeux et les oreilles de tous, parents et enfants.

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Fay Claassen & David Linx – « And Still We Sing »

Fay Claassen & David Linx – « And Still We Sing »

L’artiste néerlandaise Fay Claassen s’associe avec David Linx sur « And Still We Sing ». Le duo vocal collabore avec le WDR Big Band, dirigé par Magnus Lindgren. Fay Claassen & David Linx rivalisent d’élégance sur cet album dont le titre paraphrase le titre de l’un des poèmes les plus célèbres de Maya Angelou, « And still I rise ». Dix plages gorgées de swing et d’émotions font de ce splendide opus un sommet de l’art vocal.

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Legraux Tobrogoï, énergique et enflammé

Legraux Tobrogoï, énergique et enflammé

Avec huit plages de musique instrumentale, « Pantagruel Résolu » ouvre l’appétit des amateurs de musique vigoureuse et réjouissante. Le sextet Legraux Tobrogoï n’en finit pas de faire résonner ses vociférations énergiques et enflammées. Déterminé à faire bouillonner les notes et à asticoter les portées, les loustics toulousains stimulent les oreilles qui auraient eu le malheur de s’endormir ! Pas question de résister à ce « Pantagruel Résolu ». C’est furieux et ça groove de toute part à qui mieux mieux !

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Echo#2-Nuits de Fourvière 2018

Echo#1-Nuits de Fourvière 2018

Une musique céleste et tellurique à la fois

Les Nuits de Fourvière fêtent les 70 ans du Hot Club de Lyon en invitant Erik Truffaz en quintet à l’Odéon. Pour l’occasion le trompettiste reprend le répertoire de « Bending New Corners », album sorti chez Blue Note en 1999. Ensorcelée par le musicien helvète, la pluie cesse dès les premières notes de ce concert superbe.

Nuits de Fourvière 2018 – Echo#1Cet Echo#1-Nuits de Fourvière 2018 propose un retour sur la Nuit du Hot Club de Lyon donnée à l’Odéon à l’occasion des 70 ans de cette vénérable institution lyonnaise.

Après des trombes d’eau tombées en ouverture du 05 juin 2018, Domnique Delorme, directeur des Nuits de Fourvière, accueille Gérard Vidon et Sami Chidiac. Ainsi réunis pour les 70 ans du Hot-Club de Lyon, le président sortant (devenu président d’honneur) et le nouveau président remercient le Festival pour ce concert. Les musiciens gagnent ensuite la partie protégée de la scène de l’Odéon pour le plus grand plaisir du public venu en nombre assister au concert du quintet d’Erik Truffaz malgré une météo exécrable.

C’est donc devant des gradins colonisés par 1200 spectateurs encapuchonnés que le trompettiste Erik Truffaz gagne la scène. Trois des musiciens présents sur l’album « Bending New Corners » sorti chez Blue Note en 1999 sont à ses côtés, le rappeur Nya, le bassiste Marcello Giulliani et le batteur Marc Erbetta. Le pianiste Benoît Corboz complète l’équipe.

Après quelques gouttes en début de concert, la pluie cesse… on savait Erik Truffaz musicien, serait-il aussi  sorcier ou magicien ? Le public ne s’en plaint pas et manifeste son enthousiasme de bout en bout du concert.

Dès le premier morceau, on capte la complicité qui réunit les musiciens. Le leader dirige l’orchestre et fait circuler la musique avec énergie, souplesse et efficacité. Il ponctue le set d’interventions inspirées et l’on retrouve les sonorités qui étaient les siennes en 1999.

Sur Sweet Mercy, le chorus du claviériste surfe sur la vague puissante que déroule la section rythmique. La nuit tombe, le rythme se calme, les sons sont réverbérés, les nappes de la trompette succèdent au flow du rappeur. Erik Truffaz tutoie les étoiles et leur adresse des notes aiguës, précises et très claires dotées à la fois de puissance et de délicatesse.

Avec Bending New Corners, le  tempo se fait plus pressant et les pierres de l’Odéon vibrent des échanges de la trompette et de la voix de Nya. Son flow souple captive l’auditoire. La basse électrique stimule la batterie et entraine le fender dans un combat énergique dont la musique est la grande gagnante. L’espace d’un instant, la trompette se pare d’accents davisiens avant d’entamer un dialogue véhément mais fluide avec les claviers.

Il fait bon retrouver Marc Erbetta, le batteur historique des groupes d’Erik Truffaz, présent aux côtés du leader depuis ses débuts jusqu’en 2015. Au fil du concert et de ses interventions, on prend plus encore la mesure de la puissance de son jeu. Sa batterie semble trempée dans un acier souple et solide à la fois. Incandescent derrière ses fûts, Marc Erbetta semble s’amuser, il capture l’âme du rythme et déjoue ses pièges. Le leader se loue d’ailleurs de rejouer avec lui. En fermant les yeux on croirait percevoir les pulsations de deux batteries.

Sur Siegfried dédié au cinéaste qui a fait le premier clip du groupe, la rythmique prend des accents bluesy alors que la trompette se fait mélodique. La musique d’une précision étonnante engage le public comme un sixième musicien qui suit le rythme sans accroc (ce qui est plutôt rare). Le rythme reprend ensuite le train d’enfer d’un swing qui porte le sceau du jazz. Le public adhère, ponctue les derniers morceaux avec beaucoup de fougue et avec un enthousiasme non feint rappelle les musiciens.

Dès le début du rappel, quelques spectateurs gagnent le proscénium et se massent devant le groupe pour écouter avec attention la ballade proposée par Erik Truffaz accompagné par le piano de Benoît Corboz  Les musiciens reviennent tous sur scène. La foule se fait plus dense sur la suite du rappel et fait un triomphe à la musique d’Erik Truffaz et de son groupe.

Entre acoustique et électronique la musique d’Erik Truffaz a triomphé de la temporalité. En effet l’esthétique de « Bending New Corners » n’a pas pris une ride vingt ans après sa création. Avec une énergie décontractée et une élégante souplesse le quintet a tendu ses notes entre le ciel et la colline de Fourvière offrant au public de l’Odéon une musique céleste et tellurique à la fois.

« Dracula » – Un livre-disque signé Adèle Maury/ONJ

« Dracula » – Un livre-disque signé Adèle Maury/ONJ

Sous la direction artistique de Frédéric Maurin, l’Orchestre National de Jazz présente « Dracula », le premier livre-disque de l’ONJ pour les jeunes. Un conte musical dont la musique balance entre opéra-jazz et comédie musicale. L’univers graphique en noir et blanc de l’album est imaginé par Adèle Maury, une jeune artiste révélée en 2020 au Festival d’Angoulême. Un projet original et captivant pour les yeux et les oreilles de tous, parents et enfants.

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Fay Claassen & David Linx – « And Still We Sing »

Fay Claassen & David Linx – « And Still We Sing »

L’artiste néerlandaise Fay Claassen s’associe avec David Linx sur « And Still We Sing ». Le duo vocal collabore avec le WDR Big Band, dirigé par Magnus Lindgren. Fay Claassen & David Linx rivalisent d’élégance sur cet album dont le titre paraphrase le titre de l’un des poèmes les plus célèbres de Maya Angelou, « And still I rise ». Dix plages gorgées de swing et d’émotions font de ce splendide opus un sommet de l’art vocal.

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Legraux Tobrogoï, énergique et enflammé

Legraux Tobrogoï, énergique et enflammé

Avec huit plages de musique instrumentale, « Pantagruel Résolu » ouvre l’appétit des amateurs de musique vigoureuse et réjouissante. Le sextet Legraux Tobrogoï n’en finit pas de faire résonner ses vociférations énergiques et enflammées. Déterminé à faire bouillonner les notes et à asticoter les portées, les loustics toulousains stimulent les oreilles qui auraient eu le malheur de s’endormir ! Pas question de résister à ce « Pantagruel Résolu ». C’est furieux et ça groove de toute part à qui mieux mieux !

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« Fire », l’album enflammé de Dave Liebman

« Fire », l’album enflammé de Dave Liebman

Étincelles, flamme, cendres… une flambée infernale

« Fire » est le troisième album de la série que Dave Liebman consacre aux éléments naturels. Le casting de l’album est exceptionnel puisque le saxophoniste réunit autour de lui trois musiciens impliqués dans l’évolution du jazz et devenus des légendes, Jack DeJohnette, Dave Holland et Kenny Werner. Un jazz ardent et chaleureux dont le feu flamboyant étincelle et crépite.

Après « Water-Giver of Life » (1997) enregistré avec Pat Metheny, Billy Hart et Cecil McBee et « Air » (2011) gravé avec Walter Quintus, le saxophoniste Dave Liebman publie « Fire », le troisième album de sa série consacrée aux éléments naturels, sorti le 20 avril 2018 sous le label Jazzline.

Artiste innovant, Dave Liebman fait partie de ces figures qui ont contribué à l’histoire du jazz. Technicien émérite, il produit des performances volcaniques et fougueuses inscrites dans la mouvance post-coltranienne. Sa sensibilité et son sens de la musicalité lui permettent par ailleurs de prodiguer des musiques lyriques à la forte dimension émotionnelle.

Dave Liebman

Le saxophoniste Dave Liebman au festoval A Vaulx Jazz en 2015Après avoir eu comme professeurs Lennie Tristano (1963) et Charles Llyod (1964), Dave Liebman a fait partie des groupes d’Elvin Jones et de Miles Davis dans les années 70, Dave Liebman a mené une brillante carrière de leader et s’est aussi engagé dans la transmission de la musique qu’il pratique depuis les années 60.

Au fil des ans il a joué avec de nombreux musiciens parmi lesquels John Scofield, Richie Beirach, Bob Moses, Billy Hart, Chick Corea, Steve Grossman, Larry Coryell, Lenny White, Michael Brecker, Randy Brecker, Pee Wee Ellis, Joe Lovano, Ravi Coltrane mais aussi en Europe Joachim Kuhn, Daniel Humair, Paolo Fresu,  Michel Portal, Wolfgang Reisinger, Jean-Paul Celea, MArtial Solal et bien d’autres.Le saxophoniste Dave Liebman au Festival A Vaulx Jazz en 2015

Sa discographie compte parmi les plus imposantes des musiciens de jazz. Il a en effet participé à plus de 500 enregistrements dont environ 200 comme leader ou co-leader. Parmi ses nombreux groupes on peut citer le groupe Quest avec lequel il a enregistré sept albums mais peut noter aussi l’intérêt qu’il manifeste vis à vis de groupes tel l’Ensemble Intercontemporain de Paris. On sans doute parler de sa part d’un éclectisme musical qui lui permis de s’exprimer dans de nombreux idiomes, de la fusion au free passant par exemple par les arias de Puccini.

Dave Liebman s’est imposé dans le jazz comme un maître du saxophone soprano sur lequel il s’est forgé un style unique et inimitable qu’il développe sur des répertoires qui mêlent en général les expressions du passé, du présent et de demain.

« Fire »

Lorsqu’il évoque les éléments de la nature dans ses albums, Dave Liebman se réfère à la dualité qui se rapporte à chacun de ces éléments. Ainsi au feu, Fire, sont associés des éléments bénéfiques telles la chaleur et lumière et aussi le fait que le feu permette à l’homme d’améliorer sa subsistance. Couverture de l'album "Fire" de Dave LiebmanA contrario, le processus qui génère le feu est porteur de destruction. Les étincelles, Sparks, qui donnent naissance à des flammes, Flames, voire des brasiers pouvant se transformer en un enfer, Inferno, ravageur dont témoignent les cendres, Ashes.

Pour enregistrer l’album, Dave Liebman réunit quatre musiciens pointures du jazz le batteur Jack DeJohnette, le contrebassiste Dave Holland et le pianiste Kenny Werner. La relation du saxophoniste avec les deux premiers remonte à la fin des années 60 alors qu’il jouait avec Miles Davis. Il a rencontré Holland à Londres durant une tournée en Europe et DeJohnette à New-York durant des jam-sessions, tous deux ont rejoint ensuite l’orchestre de Miles Davis et au fil des ans sont devenus des références sur leur instrument respectif.

L’album « Fire » recrée les ambiances de cette musique de la fin des années 60 en incluant une forte dose de free jazz inspiré par la musique de Coltrane de l’époque de l’album « Ascension », cette époque où coexistaient free-jazz et jazz fusion. Sur le disque, six titres dont cinq composés par Dave Liebman et soixante-neuf minutes d’une musique aux climats contrastés. Les atmosphères oscillent entre des déchaînements furieux et passionnés et des moments plus contemplatifs et sereins, évocateurs tour à tour de cette dualité qui habite le feu.

Impressions musicales

Flash!, une séance d’improvisation collective donne le ton. Le saxophone ténor serpente et trace son chemin à travers un bouillonnement rythmique incessant puis le saxophone soprano émet des spirales incandescentes annonciatrices de flammes

Avec trente-deux minutes trente-cinq, Fire constitue le titre phare de l’album. On serait tenté de rejoindre le feu allumé et entretenu par les quatre musiciens pour partager leur musique enflammée.

Avec quelques notes ciselées le piano peint une mélodie onirique qu’accompagne la contrebasse portée par le tapis que les balais tissent sur la batterie. Le soprano s’insinue ensuite avec délicatesse et déroule avec lyrisme ses phrases musicales élastiques qu’il étire avant de laisser place à la contrebasse très libre dans son improvisation. Le ténor devenu rageur se manifeste avec véhémence sur les accords dissonants du pianiste. après un solo de la batterie qui combine rythmes binaires et ternaires. La plage se termine dans un étrange climat de sérénité créé par les sonorités vaporeuses du ténor et le piano apaisé.

En introduction de Sparks, la flute en bois, le piano, la batterie et la contrebasse créent une atmosphère méditative puis le saxophone soprano s’élance avant de laisser place à la contrebasse tellurique que frotte l’archet jusqu’à ce que tous les instruments conjuguent leur énergie pour faire jaillir les étincelles fatales

Des bourrasques sonores enflammées du ténor et des flammèches jaillies du piano sur Flames se dégagent une atmosphère incandescente. La batterie termine le morceau et introduit Inferno par un long solo continu qui va se prolonger alors que le soprano déclenche sa fureur inextinguible et entraîne le piano qui va se déchainer jusqu’à l’épuisement

Avec Ashes se termine l’album. Le titre dessine une oasis sonore dès les premières notes de la flute enchanteresse. Le ténor souffle ensuite une brume moelleuse. C’est un climat musical évanescent que font régner les quatre musiciens après avoir attisé le feu sur les cinq plages précédentes mais on sait bien que sous les cendres couve le feu  et pour ne pas l’oublier on peut réécouter l’album sans se lasser.

Sur « Fire », le jazz étincelle et éclaire de sa lumière les six plages de l’album. Des retours de flamme évocateurs de musiques historiques qui ont gagné en sérénité et en précision. Un feu de camp lumineux qu’entretiennent quatre compagnons complices, à moins qu’il ne s’agisse d’un incendie ravageur. A chacun(e) sa vision.  Une musique libre et inspirée, forte et sensible à la fois.

« Dracula » – Un livre-disque signé Adèle Maury/ONJ

« Dracula » – Un livre-disque signé Adèle Maury/ONJ

Sous la direction artistique de Frédéric Maurin, l’Orchestre National de Jazz présente « Dracula », le premier livre-disque de l’ONJ pour les jeunes. Un conte musical dont la musique balance entre opéra-jazz et comédie musicale. L’univers graphique en noir et blanc de l’album est imaginé par Adèle Maury, une jeune artiste révélée en 2020 au Festival d’Angoulême. Un projet original et captivant pour les yeux et les oreilles de tous, parents et enfants.

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Fay Claassen & David Linx – « And Still We Sing »

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Legraux Tobrogoï, énergique et enflammé

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Nuits de Fourvière 2018-Focus sur Raphael Imbert

Nuits de Fourvière 2018-Focus sur Raphael Imbert

Explorateur du spirituel dans le jazz

Une rencontre organisée par les Nuits de Fourvière dans la librairie Musicalame propose un focus sur Raphaël Imbert en amont de son concert du 06 juin 2018 au Temple du Change. Le saxophoniste livre quelques pistes pour mieux appréhender sa musique et son nouveau projet « Music is My Hope ».

affiche officielle du festval "Les Nuits de Fourvière" 2018Raphael Imbert compte parmi ces artistes auquel le festival des Nuits de Fourvière est attaché. Une histoire singulière relie en effet le saxophoniste et le festival.

Le premier contact remonte au 17 juin 2013, lorsque le saxophoniste tient un pupitre de la section de cuivres du Big Band d’Archie Shepp pour le projet Attica Blues. Après la sortie de son album  » Music is My Home », le festival programme Raphaël Imbert le 09 juillet 2015 au Musée des Confluences où il présente son projet avec des membres de la Cie Nine Spirit et les deux bluesmen américains présents sur l’album.

L’aventure entre le festival et Raphaël Imbert se prolonge en 2016. Le 11 juin, le saxophoniste participe à la soirée Moondog organisée par les Nuits de Fourvière en hommage à Louis Thomas Harding et le samedi 16 juillet Raphaël Imbert ouvre le premier set de la Nuit du Blues entre jazz et blues pour un hommage à Paul Robeson avec Marion Rampal. En 2017, c’est en Monsieur Loyal qu’il présente la Nuit du Blues.

Le 06 juin 2018 les Nuits de Fourvière accueillent Raphael Imbert à 20h30 au Temple du Change pour présenter son tout dernier projet, « Music is My Hope », dont l’album est sorti en janvier 2018. Dans le lieu où il a déjà interprété la musique de son projet « Bach Coltrane », il se présente avec à ses côtés les chanteuses Marion Rampal & Aurore Imbert, les guitaristes Thomas Weirich & Pierre Durand et le batteur Jean-Luc Di Fraya et Pierre-François Blanchard aux claviers et sur l’orgue du Temple.

Le 15 mai 2018, les Nuits de Fourvière organisent une rencontre avec Raphaël Imbert à la librairie Musicalame spécialisée dans les ouvrages musicaux. Richard Robert, conseiller artistique et assistant à la programmation musical du festival engage le musicien à se présenter et à proposer des pistes de compréhension au public qui s’est pressé nombreux pour ce moment d’échange riche et convivial.

Avec humour Raphael Imbert présente son approche autodidacte de l’instrument et son entrée dans la « classe de jazz la plus ancienne et la plus prestigieuse créée en 1963 par Guy Longnon au Conservatoire de Marseille ». Il précise avoir « mené de front cet aspect autodidacte tout en travaillant sur l’idée de naturel, d’instinct que cette musique peut représenter et en même temps d’avoir envie de comprendre de quoi il s’agit, de comprendre l’environnement de cette musique ».

Il en profite pour glisser en confidence au public que « c’est Louis Armstrong and The Good Book qui [lui a] fait comprendre ce qu’est le jazz » et il conseille cet album comme « une ordonnance, un remède absolu » qui permet de découvrir « le plus grand jazzman de l’histoire qui chante et joue les grands thèmes de gospel et negro spirituals, les fondamentaux de cette musique qu’on découvre au-delà de leur version religieuse et qui est en fait un outil de transmission géniale, ce sont en effet des mélodies pentatoniques, qui utilisent cinq notes (les touches noires du piano). Le jazz, les thèmes sont des objets de transmission géniale, comme « When the Saints Go Marching In » (qu’il joue)… est un élément d’apprentissage de toutes les musiques aux USA ».

Raphael Imbert termine sa présentation en ajoutant que pour lui  le jazz « n’existe que par son rapport au public, il s’est créé avec l’enregistrement, les concerts enregistrés live, … le public est nécessaire à ce qui se passe, il ne faut pas jouer POUR le public mais avec lui qui peut interagir avec les musiciens sur la scène ».

Couverture du livre de Raphaël Imbert "Jazz Supreme-Inities, mystiques et prophetesLe musicien affirme que son  » Panthéon, [s]a sainte trinité c’est Coltrane, Ayler et Duke Ellington ». Il précise ensuite en quoi il entend dans la musique plus que la musique, en quoi ses recherches lui ont permis d’aller « à la source du spirituel de la musique ».

A cette occasion il évoque la deuxième réédition de son livre « Jazz supreme - Initiés, mystiques et prophètes » préfacée par Patrick Chamoiseau et sorti le 02 mai 2018 aux Éditions de l’Éclat - Éclat-L’Eclat Poche. Cet ouvrage publié en mars 2014 aux même Éditions de l’Éclat résulte de dix années de recherches du saxophoniste commencées après qu’il ait été lauréat de la Villa Médicis Hors-les-Murs en 2004.

Dans son livre, Raphaël imbert révèle la  présence du « religieux sans dogme » dans le jazz et les très forts engagements des musiciens de jazz au sein de la franc-maçonnerie noire américaine. La dernière partie de l’ouvrage est consacrée à John Coltrane qui incarne à lui seul ce Jazz Supreme qu’il a porté à ses sommets. Lors de sa venue à la librairie Musicalame, le musicien expose plus brièvement mais non moins clairement en quoi le jazz s’est construit à partir d’une dimension spirituelle qui a permis tant aux hommes du jazz qu’à leur art de s’inventer et d’exister face à un univers souvent adverse.

Raphael Imbert présente le jazz comme un « acte de résistance » contre les impositions de l’occident et pose la dimension du « spirituel » comme un point commun entre « Bach et Coltrane [qui] ont cette connivence mystique, ce rapport à l’histoire du protestantisme qui est finalement très proche, pareil avec Mozart et Duke Ellington, l’aspect maçonnique est intéressant, on a deux compositeurs qui revendiquent pleinement leur appartenance à la maçonnerie comme étant un élément majeur de leur imaginaire et mystique [avec un] aspect initiatique [qui] se met en place ». Ces liens donnent tout leur sens aux albums « Bach Coltrane » (2008) et « Heavens Amadeus & the Duke » (2013).

Pour terminer, Raphaêl Imbert évoque la figure et l’engagement de Paul Robeson (1898 -1976) auquel il rend hommage avec son projet « Music is My Hope ». Cet acteur, chanteur, militant communiste, apatride durant et même après la période du mccarthysme, « il a récupéré son passeport en 1958 », incarne pour Raphaël Imbert le « premier artiste qui chante la musique populaire du monde entier, qui dit que la musique est universelle » et il loue « la force et la beauté de son engagement ». La rencontre se termine avec le chant antifasciste Peat Bog Soldiers que joue le musicien sur son saxophone soprano.

Raphaël Imbert ne cache pas son plaisir à jouer « Music Is My Hope » le projet qu’il dédie à Paul Robeson dans le Temple du Change le 06 juin 2018 à partir de 20h30. On ne doute pas que le concert sera un moment empreint de spiritualité et d’espoir

Remerciements cordiaux à Pascale Canard-Volland pour ses clichés.
« Dracula » – Un livre-disque signé Adèle Maury/ONJ

« Dracula » – Un livre-disque signé Adèle Maury/ONJ

Sous la direction artistique de Frédéric Maurin, l’Orchestre National de Jazz présente « Dracula », le premier livre-disque de l’ONJ pour les jeunes. Un conte musical dont la musique balance entre opéra-jazz et comédie musicale. L’univers graphique en noir et blanc de l’album est imaginé par Adèle Maury, une jeune artiste révélée en 2020 au Festival d’Angoulême. Un projet original et captivant pour les yeux et les oreilles de tous, parents et enfants.

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Fay Claassen & David Linx – « And Still We Sing »

Fay Claassen & David Linx – « And Still We Sing »

L’artiste néerlandaise Fay Claassen s’associe avec David Linx sur « And Still We Sing ». Le duo vocal collabore avec le WDR Big Band, dirigé par Magnus Lindgren. Fay Claassen & David Linx rivalisent d’élégance sur cet album dont le titre paraphrase le titre de l’un des poèmes les plus célèbres de Maya Angelou, « And still I rise ». Dix plages gorgées de swing et d’émotions font de ce splendide opus un sommet de l’art vocal.

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Legraux Tobrogoï, énergique et enflammé

Legraux Tobrogoï, énergique et enflammé

Avec huit plages de musique instrumentale, « Pantagruel Résolu » ouvre l’appétit des amateurs de musique vigoureuse et réjouissante. Le sextet Legraux Tobrogoï n’en finit pas de faire résonner ses vociférations énergiques et enflammées. Déterminé à faire bouillonner les notes et à asticoter les portées, les loustics toulousains stimulent les oreilles qui auraient eu le malheur de s’endormir ! Pas question de résister à ce « Pantagruel Résolu ». C’est furieux et ça groove de toute part à qui mieux mieux !

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Stephan Oliva… Cinéma Invisible

Stephan Oliva… Cinéma Invisible

Le Son devient BO Imag(inair)e

Stephan Oliva projette ses musiques sur l’écran imaginaire de « Cinéma Invisible », un album sorti le 02 mars 2018. En concert, le pianiste improvise à partir des mots proposés par le public et propose une BO inédite. Une expérience inédite à vivre le 09 juin 2018 à 18h à la MLIS de Villeurbanne.

Le concept de l’album « Cinéma Invisible » (Illusions Music)Couverture de l'album "Cinéma Invisible" de Stephan Oliva est pour le moins original. Philippe Ghielmetti, du label Illusions Music et Stéphane Oskeritzian proposent à Stephan Oliva de rentrer en studio, sans l’informer précisément de la teneur du projet, si ce n’est que cela a un vague rapport avec le cinéma. Après avoir enregistré « Ghosts of Bernard Herrmann » (2007), « Film Noir » (2011) et « Vaguement Godard » (2013), le pianiste cinéphile accepte la proposition des deux producteurs complices.

Au Studio La Buissonne de Pernes-les-Fontaines, Stephan Oliva s’installe devant le piano et répond par ses improvisations aux mots de la liste proposée par Philippe Ghielmetti et Stéphane Oskeritzian. Il s’agit de termes de pure technique cinématographique (travelling, arrière-plan, gros plan, flashback, hors-champ, …). Gérard de Haro recueille cinq heures d’enregistrements. Stéphane Oskeritzian en sélectionne des séquences et les monte.

Les plages suggèrent des images mystérieuses et envoûtantes. Ralenti suspend le temps, Champ-Contrechamp capte la lumière, Gros Plan génère le trouble, Flashback interroge, Arrêt sur Image inquiète, Split Screen libère le mouvement.

« Cinéma Invisible ». Un album de vingt-quatre plages d’improvisation qui portent les noms de termes techniques cinématographiques. Quarante-cinq minutes et trois secondes de climats et de rythmes variés. Une Bande Originale à s’approprier librement et à projeter en noir et blanc ou en couleurs sur l’écran imaginaire de chacun(e).

Stephan Oliva prolonge le jeu lors de concerts où le public incarne le rôle du réalisateur et dirige le concert, comme cela s’est déroulé en studio lors de l’enregistrement de « Cinéma Invisible ».

Dans le cadre de ses rendez-vous « Images et sons passages », la Maison du Livre et de l’Image de Villeurbanne convie les amateurs de musique et de cinéma le samedi 09 juin 2018 à 18h pour assister à une séance de « Cinéma Invisible » projeté par Stephan Oliva.

Les talents d’improvisateur de Stephan Oliva, son goût pour le septième art et sa sensibilité qui confine à la poésie laissent augurer un moment riche en promesses, surprises et découvertes.

 

« Dracula » – Un livre-disque signé Adèle Maury/ONJ

« Dracula » – Un livre-disque signé Adèle Maury/ONJ

Sous la direction artistique de Frédéric Maurin, l’Orchestre National de Jazz présente « Dracula », le premier livre-disque de l’ONJ pour les jeunes. Un conte musical dont la musique balance entre opéra-jazz et comédie musicale. L’univers graphique en noir et blanc de l’album est imaginé par Adèle Maury, une jeune artiste révélée en 2020 au Festival d’Angoulême. Un projet original et captivant pour les yeux et les oreilles de tous, parents et enfants.

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Fay Claassen & David Linx – « And Still We Sing »

Fay Claassen & David Linx – « And Still We Sing »

L’artiste néerlandaise Fay Claassen s’associe avec David Linx sur « And Still We Sing ». Le duo vocal collabore avec le WDR Big Band, dirigé par Magnus Lindgren. Fay Claassen & David Linx rivalisent d’élégance sur cet album dont le titre paraphrase le titre de l’un des poèmes les plus célèbres de Maya Angelou, « And still I rise ». Dix plages gorgées de swing et d’émotions font de ce splendide opus un sommet de l’art vocal.

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Legraux Tobrogoï, énergique et enflammé

Legraux Tobrogoï, énergique et enflammé

Avec huit plages de musique instrumentale, « Pantagruel Résolu » ouvre l’appétit des amateurs de musique vigoureuse et réjouissante. Le sextet Legraux Tobrogoï n’en finit pas de faire résonner ses vociférations énergiques et enflammées. Déterminé à faire bouillonner les notes et à asticoter les portées, les loustics toulousains stimulent les oreilles qui auraient eu le malheur de s’endormir ! Pas question de résister à ce « Pantagruel Résolu ». C’est furieux et ça groove de toute part à qui mieux mieux !

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Marcus Miller revient avec « Laid Black »

Marcus Miller revient avec « Laid Black »

Cool et groove pour le meilleur

Trois ans après « Afrodeezia », Marcus Miller revient avec « Laid Black », son nouvel album studio publié chez Blue Note Records. La star de la basse et ses invités explorent tous les horizons. Le généreux groove millerien traverse sans jamais faillir jazz-funk, gospel, R&B, soul et hip-hop. Rien d’innovant mais une valeur sûre à savourer simplement.

Couverture de l'album "Laid Black" de Marucs MillerCompositeur, producteur, arrangeur et instrumentiste, Marcus Miller n’a plus rien à prouver. Avec « Laid Black » annoncé pour le 01 juin 2018 chez Blue Note, Marcus Miller revient et signe un album inscrit dans la continuité du précédent « Afrodeezia ».

Il continue à imposer sa carrure aux confins du jazz et du funk. à la tête d’un groupe qui réunit d’incroyables jeunes talents et de nombreux invités de marque, Trombone Shorty, Selah Sue, Kirk Whalum, Take 6, Jonathan Butler.

Au sommet de son art depuis plus de trente ans Marcus Miller prend pourtant encore le temps d’enregistrer la vision musicale du monde qu’il perçoit aujourd’hui. En neuf titres, il brosse une synthèse parfaite des styles qui constituent le sous-bassement de sa musique, mélodies intemporelles et rythmique solide et imperturbable.

Avec son titre d’ouverture enregistré live, Trip Trap, « Laid Black » restitue l’écho des musiques urbaines qui transpirent un funk remuant. 7-T’s restitue lui aussi une ambiance supra funky à laquelle le tromboniste Trombone Shorty participe avec un bel entrain.

Du côté des reprises on trouve Que Sera Sera, le standard que reprend la chanteuse Selah Sue dans l’arrangement de Sly Stone. Le morceau se teinte d’accents soul exacerbés par l’orgue et les riffs orchestraux des cuivres. Sur Keep ‘Em Runnin, le bassiste invite un certain rappeur, Julian Miller… son fils.

Sublimity se distingue de l’ensemble des plages avec ses mélodies et ses séquences variées comme autant de contrastes lumineux et enchanteurs. On retrouve avec plaisir le saxophone alto d’Alex Hann et la trompette de Marquis Hill à l’unisson ainsi que le piano caressant de Brett Willams. La somptueuse basse et les cuivres échangent avec bonheur et tendresse sur un tissu rythmique tout en rondeur.

Déjà enregistré sur « Afrodeezia », le thème Preacher’s Kid se teinte cette fois d’une émotion perceptible. Marcus Miller dédie en effet ce morceau à son père récemment disparu. Son chant est porté par la clarinette basse qui est rejointe par l’ensemble vocal Take 6 et les saxophonistes Kirk Whalum et Alex Han pour un final gospélisant en diable.

On gage que les neuf titres « Black Laid » vont faire vibrer leur groove sur les scènes aux côtés de Tutu, Blast et autres grands succès de Marcus Miller.

 

Quelques rendez-vous se profilent pour écouter live la musique de Marcus Miller. Le 03 juillet 2018 à Jazz à Vienne,  le 08 juillet 2018 au Festival Django Reinhardt,  le 19 juillet 2018 à Jazz à Juan, le 20 juillet 2018 à Chambéry, le 27 juillet 2018 à Jazz en Baie le 30 juillet 2018 à Jazz in Marciac.
« Dracula » – Un livre-disque signé Adèle Maury/ONJ

« Dracula » – Un livre-disque signé Adèle Maury/ONJ

Sous la direction artistique de Frédéric Maurin, l’Orchestre National de Jazz présente « Dracula », le premier livre-disque de l’ONJ pour les jeunes. Un conte musical dont la musique balance entre opéra-jazz et comédie musicale. L’univers graphique en noir et blanc de l’album est imaginé par Adèle Maury, une jeune artiste révélée en 2020 au Festival d’Angoulême. Un projet original et captivant pour les yeux et les oreilles de tous, parents et enfants.

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Fay Claassen & David Linx – « And Still We Sing »

Fay Claassen & David Linx – « And Still We Sing »

L’artiste néerlandaise Fay Claassen s’associe avec David Linx sur « And Still We Sing ». Le duo vocal collabore avec le WDR Big Band, dirigé par Magnus Lindgren. Fay Claassen & David Linx rivalisent d’élégance sur cet album dont le titre paraphrase le titre de l’un des poèmes les plus célèbres de Maya Angelou, « And still I rise ». Dix plages gorgées de swing et d’émotions font de ce splendide opus un sommet de l’art vocal.

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Legraux Tobrogoï, énergique et enflammé

Legraux Tobrogoï, énergique et enflammé

Avec huit plages de musique instrumentale, « Pantagruel Résolu » ouvre l’appétit des amateurs de musique vigoureuse et réjouissante. Le sextet Legraux Tobrogoï n’en finit pas de faire résonner ses vociférations énergiques et enflammées. Déterminé à faire bouillonner les notes et à asticoter les portées, les loustics toulousains stimulent les oreilles qui auraient eu le malheur de s’endormir ! Pas question de résister à ce « Pantagruel Résolu ». C’est furieux et ça groove de toute part à qui mieux mieux !

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Festival du Péristyle 2018 – Opéra de Lyon

Festival du Péristyle 2018 – Opéra de Lyon

Voyage transmusical festif et dépaysant

Du 07 juin au 01 septembre, le Café Jazz du Péristyle cède la place au Festival du Péristyle 2018. La proposition musicale s’élargit au-delà du jazz. Un voyage transmusical pour lequel nul passeport n’est requis. Esprit festif et escales dépaysantes, de Lyon à Addis Abeba en passant par New York, Bogotá, Paris, Sao Paolo.

Cette première édition du Festival du PéristyleLogo du Festival du Péristyle 2018 s’inscrit dans le nouveau projet de l’Opéra de Lyon, « Opera Underground » présenté par Olivier Conan. Soucieux de décloisonner les musiques, cet importateur de talents ouvre les frontières musicales au delà-du jazz, croise les influences, affectionne les musiques hybrides et vivantes qui innovent en mariant tradition et modernité.

La scène change d’orientation et prend plus d’importance avec une sono plus puissante. La réorganisation de l’espace du péristyle libère de l’espace sur le devant de la scène pour favoriser l’écoute et la proximité avec les musiciens. Les tables habituelles sont conservées et des relais sonores favorisent l’écoute à distance.

Ainsi, du 07 juin au 01 septembre, du lundi au samedi, le Festival du Péristyle 2018 propose 75 rendez-vous avec 27 groupes. Au programme… des musiques venues du monde entier. Trois sets par jour, des concerts en entrée libre à 19h, 20h15 et 22h. Il y en a pour tous les goûts, toutes les cultures et toutes les générations. Des promesses de découvertes, des talents avérés et des surprises à n’en pas douter.

En ouverture

Du 07 juin au 09 juin 2018, Maa Ngalale réunit le griot sénégalais Ablaye Cissoko et les Vénézuéliens de la Gallera Social club. une musique fraîche et ludique où la kora prend naturellement la place de la harpe llanera vénézuélienne et les rythmes de maracaibo prennent aisément des accents mandingues. Une grande fête en perspective !

Jazz & Hip-Hop

On brûle d’envie de découvrir les new-yorkais invités à ce Festival du Péristyle 2018. Du 28 au 30 juin 2018, rendez-vous avec « Big Lazy », le trio mythique du guitariste Steven Ulrich avec à ses côtés le batteur Yuval Lion et le contrebassiste Andrew Hall.

Du 19 au 21 juillet 2018, place à « Hearing Things », le quartet du saxophoniste Matt Bauder qui réunit Ava Mendoza (guitare), JP Schlegelmilch (orgue) et Vinnie Sperrazza (batterie). Les 23 et 24 juillet 2018 seront présents les quatre membres du groupe « Endangered Blood », avec Jim Black (batterie), Chris Speed (saxophone tenor, clarinette), Oscar Noriega (saxophone, alto, clarinette basse) et Trevor Dunn (contrebasse).

A suivre avec intérêt, le hip-hop enjazzé de Bad Fat du 02 au 04 juillet 2018. A découvrir le tryptique Django de Stephane Wrembel du 26 au 28 juillet 2018 et l‘hommage à Didier Lockwood que rend le Bugala quartet du 23 au 25 août 2018.

Le jazz brésilien est aussi de la partie du 05 au 07 juillet 2018 avec le Trio Corrente. Quant au jazz régional, il est représenté par le Foehn trio et Watchdog.

Grèce, Portugal, Balkans et Italie

Du 11 au 13 juin 2018 le groupe Rebetien célèbre la mélancolie grecque du rebetiko et du 16 au 18 août 2018, c’est le fado qui s’invite avec la fadista Carina Salvado.

Les musiques des Balkans sont à l’honneur avec le quintet électrique Burek annoncé les 30 et 31 août 2018 et Bezzib, un orchestre atypique qui devrait surprendre et séduire du 20 au 22 août 2018.

Du 09 au 11 août 2018, le public du péristyle va chavirer au rythme de la tarentelle avec les musiciens de Télamuré qui vont faire régner l’esprit de la fête propre à l’Italie du Sud.

Afrique

Du 04 au 16 juin 2018 place à Nouiba qui célèbre le chaäbi alors que le oudiste Mohamed Abozekry revient en trio du 25 au 27 juin 2018. L’afrofunk de SuperGombo va résonner et faire danser les foules du 02 au 04 août 2018.

Qu’on se le dise, les musiques éthiopiennes vont faire vibrer le péristyle. Issu d’Addis-Abeba, Qwanqwa est annoncé du 06 au 18 juillet 2018 et prend le relai du guitariste Nadav Peled et de son « Anbessa Orchestra » programmé du 12 au 14 juillet 2018. De l’ethio-jazz new-yorkais qui décoiffe.

Amérique du Sud & Cie

Vénézuela et Colombie sont à l’honneur. Du 18 juin au 20 juin 2018, à suivre la nouvelle création du toujours innovant et créatif musicien et chercheur Jaime Salazar. Il propose « Free Cages », une nouvelle création musicale inspirée tant des musiques colombiennes que des univers sonores minimalistes des années 40. Un voyage musical prometteur de John Cage à la Colombie.

A découvrir du 09 au 11 juillet 2018, la première venue en France de Seferina Banquez, la reine incontestée du bullerengue, cette musique rurale de la côte caraïbe colombienne. Les traditions de Colombie et celles du Venezuela se croisent au cœur du répertoire du trio AA’IN accueilli le 25 juillet 2018. Du 30 juillet au 01 août 2018 c’est le cuatro, cette petite guitare à 4 cordes, instrument national du Venezuela, qui est mis à l’honneur par le C 4 trio.

Le Brésil s’invite du 27 au 29 août 2018 avec « Joao Selva », le nouveau projet que Jonathan Da Silva mène avec Bruno Hovart. Une plongée dans l’univers tropicaliste des années 70. Du 06 au 08 août 2018 les Amériques du Sud et du nord font alliance au sein du groupe Ladama. Le péristyle va restituer l’énergie de quatre femmes talentueuses et redoutables.

Et pour finir…

Le Festival du Péristyle 2018 se termine de manière festive le 01 septembre 2018 avec trois sets animés par le collectif Maloya lyonnais Ti’Kaniki.

Embarquement prochain annoncé le 07 juin prochain pour le Festival du péristyle 2018 de l’Opéra de Lyon. Pour profiter de ce voyage transmusical festif aux propositions alléchantes. Nul besoin de passeport ni de visa, seul bagage requis, l’envie de découvrir et partager des musiques venues du monde entier. Un bel exemple de décloisonnement des genres !

« Dracula » – Un livre-disque signé Adèle Maury/ONJ

« Dracula » – Un livre-disque signé Adèle Maury/ONJ

Sous la direction artistique de Frédéric Maurin, l’Orchestre National de Jazz présente « Dracula », le premier livre-disque de l’ONJ pour les jeunes. Un conte musical dont la musique balance entre opéra-jazz et comédie musicale. L’univers graphique en noir et blanc de l’album est imaginé par Adèle Maury, une jeune artiste révélée en 2020 au Festival d’Angoulême. Un projet original et captivant pour les yeux et les oreilles de tous, parents et enfants.

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Fay Claassen & David Linx – « And Still We Sing »

Fay Claassen & David Linx – « And Still We Sing »

L’artiste néerlandaise Fay Claassen s’associe avec David Linx sur « And Still We Sing ». Le duo vocal collabore avec le WDR Big Band, dirigé par Magnus Lindgren. Fay Claassen & David Linx rivalisent d’élégance sur cet album dont le titre paraphrase le titre de l’un des poèmes les plus célèbres de Maya Angelou, « And still I rise ». Dix plages gorgées de swing et d’émotions font de ce splendide opus un sommet de l’art vocal.

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Legraux Tobrogoï, énergique et enflammé

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Avec huit plages de musique instrumentale, « Pantagruel Résolu » ouvre l’appétit des amateurs de musique vigoureuse et réjouissante. Le sextet Legraux Tobrogoï n’en finit pas de faire résonner ses vociférations énergiques et enflammées. Déterminé à faire bouillonner les notes et à asticoter les portées, les loustics toulousains stimulent les oreilles qui auraient eu le malheur de s’endormir ! Pas question de résister à ce « Pantagruel Résolu ». C’est furieux et ça groove de toute part à qui mieux mieux !

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Direction artistique de ONJ, sept candidatures retenues

Direction artistique de ONJ, sept candidatures retenues

Rendez-vous en juillet…

Pour succéder à Olivier Benoit à la direction de l’Orchestre National de Jazz, le ministère de la Culture et le Conseil de l’association a lancé une procédure de recrutement. A l’issue de la présélection, sept candidatures ont été retenues. Début juillet sera connu le nom du prochain Directeur Artistique de l’ONJ.

L’Orchestre National de Jazz est à l’aube d’une nouvelle mandature. En effet 2018 marque la dernière année de celle du guitariste et composteur Olivier Benoit dont on a déjà évoqué le bilan.Logo de l'ONJ

C’est ainsi que, après plus 30 ans d’existence, l’ONJ va bientôt se doter d’un nouveau Directeur Artistique pour succéder à  Antoine Hervé (1987-1989), Claude Barthélemy (1989-1991), Denis Badault ((1991-1994), Laurent Cugny (1995-1997), Didier Levallet (1997-2000), Paolo Damiani (2000-2002), Claude Barthélemy (2002-2005), Franck Tortiller (2005-2008), Daniel Yvinec (2008-2013) et Olivier Benoit (2014-2018).

Il faut attendre début juillet 2018 pour connaître le résultat de la procédure de recrutement du prochain Directeur Artistique de l’ONJ lancé par le Ministère de la Culture et l’association via son conseil.

En effet, le Conseil de l’Orchestre National de Jazz s’est réuni mardi 15 mai dernier pour procéder à la présélection des candidatures à la Direction artistique de l’ONJ. A l’examen approfondi des 26 dossiers reçus, le Conseil s’est « félicité de l’intérêt manifesté par les musiciennes et musiciens pour cet outil unique. La qualité des projets proposés et l’attention portée par les postulants à des points cruciaux du cahier des charges (exemplarité artistique du projet, pluridisciplinarité, attention aux jeunes talents, souci du public, de la diversité et, en particulier, de la juste place des femmes à tous niveaux…) a été remarquée.

A la suite d’un large débat, le vote a permis de retenir sept candidatures qui répondent le mieux aux critères définis conjointement avec le Ministère de la Culture. Ce résultat a été l’objet d’un unanime consensus :

  • Pierre de Bethmann
  • François Corneloup
  • Laurent Dehors
  • Régis Huby
  • Raphaël Imbert
  • Grégoire Letouvet
  • Frédéric Maurin

Ces sept artistes seront donc amenés à défendre leurs projets devant le Conseil le 29 juin prochain. A l’issue de cette audition, la prochaine Direction artistique de l’ONJ sera choisie.

Rendez-Vous début juillet connaître le nom du prochain Directeur Artistique de l’ONJ.

« Dracula » – Un livre-disque signé Adèle Maury/ONJ

« Dracula » – Un livre-disque signé Adèle Maury/ONJ

Sous la direction artistique de Frédéric Maurin, l’Orchestre National de Jazz présente « Dracula », le premier livre-disque de l’ONJ pour les jeunes. Un conte musical dont la musique balance entre opéra-jazz et comédie musicale. L’univers graphique en noir et blanc de l’album est imaginé par Adèle Maury, une jeune artiste révélée en 2020 au Festival d’Angoulême. Un projet original et captivant pour les yeux et les oreilles de tous, parents et enfants.

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Fay Claassen & David Linx – « And Still We Sing »

Fay Claassen & David Linx – « And Still We Sing »

L’artiste néerlandaise Fay Claassen s’associe avec David Linx sur « And Still We Sing ». Le duo vocal collabore avec le WDR Big Band, dirigé par Magnus Lindgren. Fay Claassen & David Linx rivalisent d’élégance sur cet album dont le titre paraphrase le titre de l’un des poèmes les plus célèbres de Maya Angelou, « And still I rise ». Dix plages gorgées de swing et d’émotions font de ce splendide opus un sommet de l’art vocal.

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Legraux Tobrogoï, énergique et enflammé

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Avec huit plages de musique instrumentale, « Pantagruel Résolu » ouvre l’appétit des amateurs de musique vigoureuse et réjouissante. Le sextet Legraux Tobrogoï n’en finit pas de faire résonner ses vociférations énergiques et enflammées. Déterminé à faire bouillonner les notes et à asticoter les portées, les loustics toulousains stimulent les oreilles qui auraient eu le malheur de s’endormir ! Pas question de résister à ce « Pantagruel Résolu ». C’est furieux et ça groove de toute part à qui mieux mieux !

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Clin d’œil à Fabrice Martinez & « Rebirth Reverse »

Clin d’œil à Fabrice Martinez & « Rebirth Reverse »

La complétude de “Rebirth Reverse”

Avec le soutien de l’ONJ Fabric, le trompettiste Fabrice Martinez annonce la sortie d’un double vinyle, « Rebirth Reverse ». Deux facettes d’un même groupe. Électrique ou acoustique, la musique est pourtant porteuse du même ADN harmonique. Réjouissant, étonnant et stimulant.

Pochette de l'album "Rbirth - Reverse" de Fabrice Martinet etChut!Non content du succès de « Rebirth » sorti en mai 2016, le trompettiste Fabrice Martinez, membre de l’ONJ d’Olivier Benoit, revient le 25 mai 2018 avec « Rebirth Reverse » (ONJ Records), un double vinyle où chaque titre est décliné en deux versions que tout semble opposer à la première écoute.

A la tête du quartet Chut! composé de Fred Escoffier (piano), Bruno Chevillon (contrebasse) et Eric Echampard (batterie), Fabrice Martinez dévoile « Reverse », une facette en miroir inversé de « Rebirth ».

Le propos en miroir de ces deux opus interpelle autant qu’il ravit. Rétro-électrique et groovy pour l’un, intemporel et acoustique pour l’autre. Le très électrique « Rebirth », a été re-masterisé pour s’adapter aux sillons du vinyle et restituer la chaleur de l’analogique alors que « Reverse », nouveau et  acoustique, a bénéficié d’un enregistrement en direct dans une chapelle.

Fabrice Martinez et Chut! proposent donc deux faces inversées du même monde en déclinant deux versions d’un répertoire commun. Si l’esthétique des deux opus diffère, la musique est pourtant indubitablement porteuse du même ADN harmonique. C’est d’ailleurs cette fondation harmonique qui tend un pont entre ces deux musiques-sœurs. L’une très rythmique, marquée par l’esthétique électro et rétro des années 70, l’autre aérienne, inscrite dans la grande tradition des musiques improvisées européennes.

« Rebirth » exacerbe les rythmes, concentre les intensités et valorise l’énergie. « Reverse » inverse le processus, étire les silences et caresse les mélodies, explore l’espace sonore et tend des voiles. Le premier incite au mouvement et le second à la rêverie mais l’inventivité habite les deux mondes tout autant porteurs de contrastes et de nuances.

« Reverse » théâtralise la musique qu’il projette sur une scène où s’invitent en contre-jour des traces contrapuntiques fugaces, des réminiscences du monde de Nino Rota, des résurgences de la musique européenne classique du XIXème siècle qui émargeraient du côté de Ravel ou des embardées plus contemporaines et telluriques.

Le trompettiste Fabrice MartinezSur « Reverse » Fabrice Martinez s’exprime exclusivement au bugle. Son jeu lumineux ravit l’oreille par la précision de son  articulation, son originalité et des prises de risques inouïes. On re-découvre avec plaisir l’exploration réussie du clavier qu’entreprend Fred Escoffier loin des climats électrifiés

Les phrasés élégants de Bruno Chevillon s’accommodent très bien des atmosphères contemporaines, lyriques ou romantico-oniriques. Le toucher coloriste d’Eric Echampard sied aux ambiances réverbérées, crée une impression feutrée d’intimité mais prodigue un soutien solide aux solistes. Au fil des plages aériennes de « Reverse », Bruno Chevillon et Eric Echampard constituent une paire rythmique à la réactivité extrême.

De fait « Rebirth » et « Reverse » ne sont pas en opposition. Tous deux se complètent plus qu’ils ne s’opposent. Les musiciens explorent deux faces du même monde. L’une inscrite dans un monde électrique, l’autre dans un univers acoustique aux sons aériens. Il fait bon choisir entre les versions miroirs des titres en fonction des envies et des moments.

 
Le lundi 28 mai 2018 à 20h30, la Dynamo de Banlieues Bleues et le label ONJ Records fêtent à Pantin les quatre ans d’existence du label et la sortie du double album vinyle « Rebirth reverse ». C’est l’occasion de retrouver sur scène Fabrice MartinezFred Escoffier, Bruno Chevillon et Eric Echampard.
« Dracula » – Un livre-disque signé Adèle Maury/ONJ

« Dracula » – Un livre-disque signé Adèle Maury/ONJ

Sous la direction artistique de Frédéric Maurin, l’Orchestre National de Jazz présente « Dracula », le premier livre-disque de l’ONJ pour les jeunes. Un conte musical dont la musique balance entre opéra-jazz et comédie musicale. L’univers graphique en noir et blanc de l’album est imaginé par Adèle Maury, une jeune artiste révélée en 2020 au Festival d’Angoulême. Un projet original et captivant pour les yeux et les oreilles de tous, parents et enfants.

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Fay Claassen & David Linx – « And Still We Sing »

Fay Claassen & David Linx – « And Still We Sing »

L’artiste néerlandaise Fay Claassen s’associe avec David Linx sur « And Still We Sing ». Le duo vocal collabore avec le WDR Big Band, dirigé par Magnus Lindgren. Fay Claassen & David Linx rivalisent d’élégance sur cet album dont le titre paraphrase le titre de l’un des poèmes les plus célèbres de Maya Angelou, « And still I rise ». Dix plages gorgées de swing et d’émotions font de ce splendide opus un sommet de l’art vocal.

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Legraux Tobrogoï, énergique et enflammé

Legraux Tobrogoï, énergique et enflammé

Avec huit plages de musique instrumentale, « Pantagruel Résolu » ouvre l’appétit des amateurs de musique vigoureuse et réjouissante. Le sextet Legraux Tobrogoï n’en finit pas de faire résonner ses vociférations énergiques et enflammées. Déterminé à faire bouillonner les notes et à asticoter les portées, les loustics toulousains stimulent les oreilles qui auraient eu le malheur de s’endormir ! Pas question de résister à ce « Pantagruel Résolu ». C’est furieux et ça groove de toute part à qui mieux mieux !

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« Letters to Marlene » – G. de Chassy / C. Marguet / A. Sheppard

« Letters to Marlene » – G. de Chassy / C. Marguet / A. Sheppard

Une arme musicale porteuse d’espoir

Après « Shakespeare Songs », Guillaume de Chassy, Christophe Marguet et Andy Sheppard reviennent avec « Letters to Marlene ». L’iconique Marlene Dietrich devient leur muse et les inspire. Les trois musiciens lui adressent des lettres musicales porteuses d’espoir. Une superbe réussite.

A travers la musique de l’album « Letters to Marlene » sorti le 09 mai 2018 sous le label NoMadMusic, le pianiste Guillaume de Chassy, le batteur Christophe Marguet et le saxophoniste Andy Sheppard questionnent lCouverture de l'album "Letters to Marlene" par Guillaume de Chassy, Christophe mArguet et Andy Shepparde rôle de l’artiste lors des périodes troubles de l’histoire.

Marlene Dietrich les inspire, elle qui, en son temps, s’est engagée avec courage contre le nazisme. Cette star a en effet affiché ses convictions pour la paix en chantant sur le front pour les alliés, ennemis de l’Allemagne, quitte à se couper de son pays natal qu’elle a quitté dès 1930 pour les États-Unis.

En effet, Marlene Dietrich a soutenu le moral des armées américaine, britannique et plus largement celles des alliés, puisque la star s’est produit sur le front européen en avril 1944 puis en 1945 durant la campagne de libération de l’armée du Général Patton. Elle a reçu en 1947 la Medal of Freedom, distinction militaire américaine décernée aux civils pour service rendus.

Le projet

Les trois musiciens donnent à leur album la forme de « …lettres musicales : lettres d’admiration et de gratitude en hommage à son exceptionnel parcours d’artiste et de femme porteuse d’espoir ; musiques pour interroger autrement deux époques troublées : les années 1930-1940 et nos années 2010-2020 ».

Après avoir observé le regain de nationalisme et populisme qui affecte tant l’Europe que les USA depuis le début des années 2010, ils font un parallèle entre la période actuelle du XXIème siècle et celle qui, au XXème siècle, a vu la montée du nazisme.

Guillaume de Chassy, Christophe Marguet et Andy Sheppard envisagent leur musique comme une arme pacificatrice. Ils inscrivent leur credo au cœur de leur art et le transmettent à celles et ceux qui voudront bien l’entendre.

L’album

Guillaume de Chassy et Christophe Marguet s’investissent dans l’écriture et composent huit thèmes, trois écrits par le pianiste et cinq par le batteur.

Leurs compositions côtoient deux morceaux chantés par Marlene Dietrich. Falling In Love Again composé par Friedrich Hollaender avec des paroles de Sammy Lerner que la star interprétait dans le célèbre film « L’Ange Bleu » (1930) et la célèbre chanson Lili Marleen (Norbert Schultze/Hans Leip) popularisée par le régime nazi et devenue ensuite un emblème de résistance contre lui

Les onze Letters to Marlene évoquent le courage, l’engagement, la solitude, le spleen lié à l’exil, la fraternité, le combat, le triomphe et aussi l’amour, Le trio construit un album à l’esthétique soignée. Andy Sheppard, Guillaume de Chassy et Christophe Marguet élaborent un discours musical dont l’essentiel repose certes sur l’écriture et les arrangements du pianiste et du batteur mais aussi sur la liberté d’expression, le dialogue et l’écoute. Le chant du saxophone incarne la voix, celle qui déclame, se souvient, murmure, s’enthousiasme ou combat sur des poèmes dont les climats varient au fil des plages.

Enregistré en janvier 2018 aux Studios La Buissonne de Pernes les Fontaines, l’album est mixé et mastérisé par Philippe Teissier du Cros.

Libre à chacun de sourire avec distance ou de craquer avec enthousiasme sur… le visuel de la pochette qui détourne la célèbre photo du 29 septembre 1944 où Marlene Dietrich pose sur la base de la 8th Air Force à Birmingham avec les hommes du 401st Bomb Group. Seul demeure le visage de la star. Ceux d’Andy Sheppard, Christophe Marguet et Guillaume de Chassy se substituent aux militaires d’origine, le Colonel William T Seawell, le Capitaine Captain Felix Kalinski et le pilote Lawrence W Pfeiffer.

Impressions musicales

L’album ouvre avec Lili Marleen, superbe ode musicale où les incantations du saxophone ténor s’élèvent au-dessus des accords en nappe du piano et du flot tournoyant des balais. Sur Letter to Marlene piano et saxophone devisent avec une courtoise sensibilité.

Le climat évolue et se fait joyeux avec America. Sur un rythme de marching band piano et saxophone exposent le thème à l’unisson puis le saxophone volubile en prend à sa guise avec le tempo marqué par les accords du piano et la batterie martiale.

On change d’atmosphère avec Et in Terra Pax Hominibus Bonae Voluntatis. On flotte alors dans un univers onirique où la sonorité quelque peu solennelle du ténor chante la paix et la liberté. Suspendu hors du temps, on imagine un avenir où la sérénité peut advenir.

On rêve ensuite avec The Dress, une courte ballade raffinée chantée par un soprano solaire. On change de monde et l’on part sur le front avec les jeeps pour parcourir Les Ardennes. Dans cette pièce musicale le soprano virevolte comme la voix de Marlene aurait pu la faire au-dessus des cahots des routes qu’évoquent les rythmiques saccadées du piano et de la batterie.

On se recueille ensuite à l’écoute de Seule à l’ambiance minimaliste très épurée. Le soprano mélancolique et les arpèges délicats du piano évoquent la solitude profonde. Plus loin, les improvisations et les échanges enflammés du trio sur A Dinner at Marlene’s Place évoquent l’animation des moments partagés par Marlene Dietrich et Jean Gabin accueilli par la star à Hollywood de 1941 à 1943.

Élégante et délicate, la lettre Ein Koffer in Berlin restitue un climat de tendre nostalgie que piano et saxophone ténor peignent avec une intense retenue sur la toile des souvenirs mais Falling in love again ne laisse pas s’installer la mélancolie. Éloignée de celle de la chanson originale, l’ambiance se fait tumultueuse. On se surprend à fredonner la romance d’un bonheur revenu.

Sur un lent tempo où tango et rumba s’étreignent, le trio adresse leur dernière lettre à leur muse qui  a vécu recluse à Paris durant les dernières années de sa vie. Last Dance restitue à la fois une intense sensualité et un climat de tristesse éperdue… la musique repart et l’on vogue de nouveau au fil des climats somptueux des onze « Letters To Marlene ».

Une fois encore, les artistes mettent en avant leur musique pour promouvoir la tolérance, la paix et le respect. Poétique et esthétique, l’album « Letters to Marlene » fait plus que convaincre. Andy Sheppard incarne un chanteur inspiré et sensible, Christophe Margueur un batteur tirailleur ou pacificateur et Guillaume de Chassy un metteur en scène coloriste et lyrique. L’écoute de l’album procure une indicible émotion qui engage à partager largement cette musique.

 

Pour écouter live le trio Guillaume de Chassy, Christophe Marguet & Andy Sheppard et écouter le répertoire de « Letter to Marlene » quelques rendez-vous se profilent. Le 23 mai 2018 au festival « Jazz in Arles », le 24 mai 2018 à Fontenay-sous-Bois (Le Comptoir), le 26 mai 2018 à Lurs à l’Osons Jazz Club, les 01 & 02 juin 2018 au Jazz Club de Dunkerque, et le 22 août 2018 au Théâtre les Arts de Cluny dans le cadre du festival Jazz Campus en Clunisois.
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