Jazz Campus en Clunisois 2021 – Trio Oliva/Abbuehl/Ber

Jazz Campus en Clunisois 2021 – Trio Oliva/Abbuehl/Ber

Poésie musicale en apesanteur

Pour sa dernière soirée au Théâtre les Arts de Cluny, le festival Jazz Campus en Clunisois 2021 invite Susanne Abbuehl, Stéphane Oliva et Samuel Ber qui présentent le projet « Princess ». Comme allégé de toute contrainte, le trio offre un art minimaliste qui flotte en apesanteur. Un moment de poésie crépusculaire hors du temps.

Le vendredi 27 août, c’est une encore autre facette du jazz que Didier Levallet, directeur artistique du festival Jazz Campus en Clunisois 2021  présente au public du Théâtre les Arts de Cluny. Sur des musiques de Susanne Abbuehl et Stéphane Oliva et sur des textes de Susanne Abbuehl, le programme de « Princess » évoque l’univers du clarinettiste, compositeur et arrangeur Jimmy Giuffre qui avait dans le début des années 60 monté un trio et expérimenté l’improvisation totale avec le pianiste Paul Bley et le contrebassiste Steve Swallow.

Pour ce projet, la chanteuse et compositrice Susanne Abbuehl au parcours très diversifié retrouve le pianiste et compositeur Stéphane Oliva avec lequel elle a sorti l’album « Princess » (Vision Fugitive/L’Autre Distribution) en 2017. Sur scène de Cluny, la batterie est tenue par le jeune batteur belge Samuel Ber.

Dès le début du concert, la voix irradiée de grâce de la chanteuse s’élève au-dessus des notes du piano, soutenue par les battements délicats des balais sur les cymbales. Après avoir présenté le projet « Princess », la chanteuse émue dit son plaisir d’être sur la scène pour son premier concert après le confinement.

Tout au long du set, la connivence qui unit les trois artistes est perceptible, regards attentifs et bienveillants, écoute et interaction de chaque instant. Leur dialogue collectif explore toutes les possibilités expressives. Le trio invite le bugliste Matthieu Michel à les rejoindre. Outre les thèmes de Jimmy Giuffre parmi lesquels on identifie Trance et Princess, le trio interprète Desireless / Mopti de Don Cherry, Jimmy composé par Stéphane Oliva en hommage à Paul Bley et une version éthérée de What a Wonderful World de Bob Thiele et George David Weiss.

Sans étalage de virtuosité, les trois musiciens pratiquent un art sensible où chaque note est choisie. Leurs broderies musicales planent en suspension au dessus-de la scène.

Abreuvé par les harmonies subtiles du piano, le souffle de la chanteuse possède la pureté du cristal et rivalise avec la transparence du silence. En réelle apesanteur, sa dentelle vocale déroule les paroles des poèmes ou improvise avec souplesse sur les accords du piano. Ses incantations sont soutenues par les contrechants du bugle. Le visage nimbé de lumière et d’un sourire bienveillant, la chanteuse danse littéralement entre le pianiste et le batteur qu’elle semble soutenir et encourager lors de leurs improvisations. Accompagnée de sa kalimba, elle transfigure la matière vocale et étire la mélodie. Tel un souffle céleste, sa voix diaphane caresse la nuit, tisse de tendres complaintes, accueille le silence et pour finir invite le soleil à briller au cœur de la nuit.

Sur le clavier, le pianiste égrène avec subtilité des notes légères ou plaque ses arpèges magiques comme des guirlandes évanescentes et lumineuses. Véritable coloriste, le batteur virtuose froisse l’air, le martèle, l’enflamme ou le découpe avec délicatesse, tendresse ou vigueur. Les contrechants du bugle accentuent la dimension éthérée du chant.

Avec subtilité, le trio a élaboré une véritable dentelle aérienne brodée de subtiles dynamiques. Après deux rappels, le public conquis par la pure beauté de la musique quitte la salle. Il gardera en mémoire le souvenir de la musique minimaliste du trio Oliva/Abbuehl/Ber qui est parvenue à exprimer l’indicible et à libérer la voix du silence.

Laurent Coq présente « Confidences »

Laurent Coq présente « Confidences »

Le pianiste Laurent Coq propose « Confidences », son troisième album enregistré en trio piano-contrebasse-batterie. Un répertoire de huit compositions empreintes à la fois de poésie, de mélancolie et d’allégresse. Il serait dommage de se priver de ce jazz vibrant au lyrisme intense et à l’écriture singulière. Pas question donc que cette sortie se fasse sous le sceau du secret. « Confidences »… à partager largement !

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Jazz Campus en Clunisois 2024 – Louis Sclavis Quintet

Jazz Campus en Clunisois 2024 – Louis Sclavis Quintet

Pour sa septième et dernière soirée au Théâtre les Arts, le Festival Jazz Campus en Clunisois 2024 affiche complet. Le compositeur, saxophoniste et clarinettiste Louis Sclavis vient en quintet présenter son projet « India ». Fusion entre son jazz toujours inventif et des réminiscences mélodiques issues en droite ligne de l’Inde. De Madras à Cluny en passant par Calcutta… les notes vagabondent.

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Jazz Campus en Clunisois 2024 – Louis Sclavis Quintet

Jazz Campus en Clunisois 2024 – Néon & Unfolding

Pour sa cinquième soirée, le Festival Jazz Campus en Clunisois 2024 accueille deux quartets sur la scène du Théâtres Les Arts de Cluny. Au programme, « Néon » puis « Unfolding – Baccarini/Melville ». Leurs univers différents déclenchent l’enthousiasme du public. Les contraintes formelles sont oubliées au profit d’une expression musicale libre et inventive.

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Jazz Campus en Clunisois 2021 – Trio Oliva/Abbuehl/Ber

Jazz Campus en Clunisois 2021 – Joce Mienniel & Pierre Durand

Dépaysement entre forêt et groove

Le 25 août, Jazz Campus en Clunisois 2021 déroule une soirée en deux parties. Après le projet « Dans la Forêt » de Joce Mienniel, le « Roots Quartet » du guitariste Pierre Durand propose sa musique qui fusionne avec une grande cohérence les musiques qui ont forgé sa personnalité. Entre Forêt et Groove, le public a apprécié ces deux spectacles aux identités musicales différentes.

Double plateau au Théâtre les Arts de Cluny pour la soirée du 25 août 2021 du festival Jazz Campus en Clunisois. La soirée ouvre avec le projet « dans la Forêt » de Joce Mienniel auquel succède le « Roots Quartet » du guitariste et compositeur Pierre Durand

Joce Mienniel « Dans la Forêt »

Au fond de la scène du théâtre, derrière le voile tendu qui le masque ou le révèle et sur lequel sont projetées des images, Joce Mienniel évoque la forêt, urbaine ou végétale, ses reliefs et sa géométrie, sa verticalité et ses bruits.

« Dans la Forêt », poésie urbaine contemporaine

Jazz Campus en Clunisois 2021 – Joce MiennielJazz Campus en Clunisois 2021 – Joce Mienniel« Dans la Forêt » est un spectacle conceptuel. Avec ses flûtes, sa voix, ses guimbardes et d’autres instruments de musique traditionnelle, l’artiste inscrit sa musique dans des images qui révèlent son imaginaire mais laissent peu de place à celui du spectateur devant lequel les projections vidéos sont projetées et s’imposent sans qu’il soit guère possible d’échapper au décor.

Alors que le musicien tout de noir vêtu souffle dans ses flûtes, les images défilent sur la toile à en donner le vertige, paysages urbains nocturnes, façades d’immeuble, usines désaffectées où la nature reprend le dessus, branches d’arbres, jeux d’enfants sur le bitume de la ville.. Les flûtes répondent aux oiseaux et l’instrumentiste devient danseur pour commander les pédales d’effet et générer des boucles sur lesquelles il improvise. Outre la guimbarde et la kalimba (piano à pouces), Joce Mienniel a aussi recours à de petites percussions de type maracas.

A la fin du spectacle, le flutiste remercie l’équipe du festival et le public d’avoir accepté de le suivre dans sa forêt et rappelle que ce spectacle solo a pris naissance durant l’enfermement imposé pendant le confinement.

Pierre Durand « Roots Quartet »

Au festival Jazz campus en Clunisois 2021, le guitariste Pierre Durand porte deux casquettes. D’une part il anime un stage dont le thème s’intitule « Du groove avant toute chose », d’autre part il se produit en seconde partie de la soirée du 26 août avec son « Roots Quartet ».Pierre Durand

En ouverture du set, il annonce clairement qu’il « n’est pas le musicien d’une seule culture », que sa musique plonge dans les racines de celles qui l’ont nourri, blues, gospel, rock, pop, hip hop et musiques traditionnelles d’Afrique, d’Amérique du Sud, d’Europe de l’Est sans oublier le jazz. Il précise d’ailleurs que pour lui, le jazz est la seule musique qui mélange les autres sans distinction de genre, comme Didier Levallet l’a fait tout au long des 44 ans d’existence du festival.

Très mobile sur scène, Pierre Durand est entouré du saxophoniste Hugues Mayot, du contrebassiste Guido Zorn et du batteur Joe Quitzke. Une grande complicité préside aux interactions musicales de ce set groovy et très dépaysant.

Durant What you want, what you choose, la guitare dialogue avec le saxophone. Leur conversation d’abord calme devient plus soutenue. Les fulgurances du ténor répondent aux riffs de la guitare et contrastent avec les lignes sereines que l’archet déploie sur les cordes de la contrebasse. Imprégné d’une profonde désespérance, le morceau suivant voit la tension monter d’un cran. La batterie tellurique stimule le chorus véhément du saxophone très libre et après un break, la guitare soutenue par une rythmique calypso pousse la musique à son paroxysme et l’engage dans une gigue aux accents irlandais.

Le début du thème suivant contraste par son ouverture tout en douceur. Saxophone et guitare jouent en suspension alors que la batterie se fait volcanique avant de s’arrêter pour laisser contrebasse et guitare gamberger à deux avant que le quartet ne se retrouve apaisé puis reprenne la mélopée lancinante à laquelle le groupe dote, pour le final du morceau, d’une belle énergie. Pierre Durand présente ensuite Le Regard Des Autres. Après une ouverture en fanfare, guitare et saxophone entreprennent un dialogue touffu alors que la vertueuse et solide contrebasse monte et descend ses lignes de basse au-dessus de l’expressive batterie. La musique s’arrête puis repart de plus belle. La tension rythmique stimule les délires inspirés du saxophone et le jeu groovy de la guitare.

Le set se termine et Pierre Durand qui a, au sens propre et au sens figuré mouillé le maillot, informe le public que Guido Zorn a joué sur la contrebasse de Didier Levallet qu’il remercie chaleureusement. Pour le rappel dont le leader dit qu’il s’inscrit dans la tradition tex-mex, le quartet interprète un thème joué sur un rythme de boléro et empreint d’une tendre nostalgie. Le public quitte la salle après une soirée dépaysante et ressourçante.

Laurent Coq présente « Confidences »

Laurent Coq présente « Confidences »

Le pianiste Laurent Coq propose « Confidences », son troisième album enregistré en trio piano-contrebasse-batterie. Un répertoire de huit compositions empreintes à la fois de poésie, de mélancolie et d’allégresse. Il serait dommage de se priver de ce jazz vibrant au lyrisme intense et à l’écriture singulière. Pas question donc que cette sortie se fasse sous le sceau du secret. « Confidences »… à partager largement !

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Jazz Campus en Clunisois 2024 – Louis Sclavis Quintet

Jazz Campus en Clunisois 2024 – Louis Sclavis Quintet

Pour sa septième et dernière soirée au Théâtre les Arts, le Festival Jazz Campus en Clunisois 2024 affiche complet. Le compositeur, saxophoniste et clarinettiste Louis Sclavis vient en quintet présenter son projet « India ». Fusion entre son jazz toujours inventif et des réminiscences mélodiques issues en droite ligne de l’Inde. De Madras à Cluny en passant par Calcutta… les notes vagabondent.

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Jazz Campus en Clunisois 2024 – Néon & Unfolding

Pour sa cinquième soirée, le Festival Jazz Campus en Clunisois 2024 accueille deux quartets sur la scène du Théâtres Les Arts de Cluny. Au programme, « Néon » puis « Unfolding – Baccarini/Melville ». Leurs univers différents déclenchent l’enthousiasme du public. Les contraintes formelles sont oubliées au profit d’une expression musicale libre et inventive.

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Jazz Campus en Clunisois 2021 – 60% de Matière Grave

Elégance, sensibilité et légèreté

Pour sa quatrième soirée, Jazz Campus en Clunisois 2021 propose « 60% de Matière Grave », un projet mené par le contrebassiste Jean-Philippe Viret avec Jean-Charles Richard au saxophone baryton et François Thuillier au tuba. Lors du concert du 25 août au Théâtre les Arts de Cluny, ces trois instruments imposants ont révélé au public combien la légèreté fait partie de leur vocabulaire. Leur musique élégante et sensible a fait l’unanimité.

Composé de trois instruments de familles différentes, cordes, bois à anche simple et cuivre, le trio acoustique réuni autour de Jean-Christophe Viret a offert aux spectateurs du festival Jazz Campus en Clunisois une musique d’une grâce sans pareille. En effet, le 25 août 2021, les trois musiciens ont exploré avec délice l’univers infini de la matière grave et offert au public du Théâtre les Arts de Cluny une musique exigeante mais accessible, inventive et savoureuse, radieuse et lyrique.

Relégués au fond de l’orchestre symphonique où ils sont appelés « les gros », la contrebasse, le saxophone baryton et le tuba assurent la fondation indispensable de toute harmonie. Lorsqu’ils sont confiés aux mains des jazzmen virtuoses que sont Jean-Philippe Viret (contrebasse), Jean-Charles Richard (saxophone baryton) et François Thuillier (tuba), ces instruments ont dispensé une musique élégante, sensible et d’une inouïe légèreté.

Tout au long du concert, les trois musiciens hors du commun font preuve d’une maîtrise technique sans faille et aux cours de leurs improvisations, ils développent des nuances harmoniques raffinées tout en assurant la dimension rythmique d’une musique chambriste légère et sensible. Sur les élégantes mélodies, la parole circule avec fluidité entre les trois instrumentistes. 

Lorsque le saxophoniste véloce et le tubiste virtuose explorent le registre aigu de leurs instruments respectifs, la contrebasse assure une solide assise rythmique. Les rôles s’inversent et à leur tour, tuba et baryton proposent un écrin rythmique aux cordes de la contrebasse boisée que caresse l’archet. Chants et contrechants se parent de délicatesse. Les molécules aériennes n’en finissent pas de vibrer, soumises tour à tour à une nostalgie délicate, à un swing débridé, une tendresse mélancolique ou un brin de gravité réflexive.

Les musiciens se permettent des fantaisies mélodiques, véritables merveilles de délicatesse. Les sons rebondissent et malgré ses phrasés complexes, la musique swingue de malice et réserve des moments surprenants… lorsque le tubiste chante dans l’embouchure en même temps qu’il souffle, quand la contrebasse endosse le rôle d’un surdo et entraîne les notes dans une procession dansante que ne renieraient point les Brésiliens.

Au fil de la soirée se succèdent les compositions de Jean-Philippe Viret, Entre deux rêves, Pour rire en Mai, Un Chinon, chinon, un nichon, Mon petit lapin (en hommage au violoniste Stéphane Grappelli qui affublait ses accompagnateurs de ce nom), De fil en aiguille, Choro devant.  C’est avec Lucullus, joué en rappel que se termine le concert, Sur cette composition de François Thuillier empreinte de nostalgie, les trois instruments font preuve de mordant autant que de velouté.

Le public a savouré les nuances harmoniques raffinées de ce concert qui s’est avéré un véritable concentré d’émotions. Finallement, contrebasse, saxophone baryton et tuba ne sont pas aussi graves qu’ils y paraissent.

Laurent Coq présente « Confidences »

Laurent Coq présente « Confidences »

Le pianiste Laurent Coq propose « Confidences », son troisième album enregistré en trio piano-contrebasse-batterie. Un répertoire de huit compositions empreintes à la fois de poésie, de mélancolie et d’allégresse. Il serait dommage de se priver de ce jazz vibrant au lyrisme intense et à l’écriture singulière. Pas question donc que cette sortie se fasse sous le sceau du secret. « Confidences »… à partager largement !

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Jazz Campus en Clunisois 2024 – Louis Sclavis Quintet

Jazz Campus en Clunisois 2024 – Louis Sclavis Quintet

Pour sa septième et dernière soirée au Théâtre les Arts, le Festival Jazz Campus en Clunisois 2024 affiche complet. Le compositeur, saxophoniste et clarinettiste Louis Sclavis vient en quintet présenter son projet « India ». Fusion entre son jazz toujours inventif et des réminiscences mélodiques issues en droite ligne de l’Inde. De Madras à Cluny en passant par Calcutta… les notes vagabondent.

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Jazz Campus en Clunisois 2024 – Néon & Unfolding

Pour sa cinquième soirée, le Festival Jazz Campus en Clunisois 2024 accueille deux quartets sur la scène du Théâtres Les Arts de Cluny. Au programme, « Néon » puis « Unfolding – Baccarini/Melville ». Leurs univers différents déclenchent l’enthousiasme du public. Les contraintes formelles sont oubliées au profit d’une expression musicale libre et inventive.

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Jazz Campus en Clunisois 2021 – Felsh! & Théo Ceccaldi Trio

Une soirée « Trio² »… deux facettes du jazz

Le 24 août 2021, Jazz Campus en Clunisois présente deux trios sur la scène du Théâtre Les Arts de Cluny. Le trio bourguignon Felsh! t précède Théo Ceccaldi Trio. Le public très attentif fait un accueil chaleureux au premier groupe très inventif et manifeste un enthousiasme unanime vis à vis de la deuxième formation dont la virtuosité n’a d’égale que son inventivité. Une soirée fort réussie qui présente deux facettes du jazz.

Le sourire aux lèvres, Didier Levallet présente la troisième soirée du festival Jazz Campus en Clunisois 2021. Une soirée qui aurait pu s’appeler « Trios² » puisque deux trios se produisent successivement dans la salle du Théâtre Les Arts de Cluny avec en première partie le trio Felsh! suivi du Théo Ceccaldi Trio. L’occasion rêvée pour le directeur du festival de présenter au public deux esthétiques différentes de cet art musical nommé jazz.

Felsh!

La soirée ouvre avec la prestation du groupe Felsh! constitué de deux chalonnais, le pianiste Clément Mérienne et le contrebassiste Jonathan Chamand et du clunisois pur jus, le batteur Loup Godfroy. Ce dernier confiera au public durant le concert combien cela est « fort » pour lui de jouer dans la salle du Théâtre es Arts de Cluny qu’il a fréquenté à l’âge de 13/14 ans, sans se douter qu’un jour il jouerait à son tour sur la scène de ce festival.

Les trois complices jouent leurs propres compositions et dispensent une musique dont la palette sonore se révèle très ouverte. La formation bourguignonne prête une attention particulière aux cadences et explore des territoires où la liberté est reine et où les idées circulent à profusion.

On est frappé par la fluidité des interactions, par les arrangements minutieux d’une musique à la dimension percussive indéniable dont il se dégage une fraîcheur vivifiante. Les moments se suivent sans jamais se ressembler. Au fil du répertoire alternent des textures très libres et d’autres plus conventionnelles quoiqu’inventives, des ambiances tendues et organiques, d’autres plus souples et lyriques, des moments volcaniques proches de la transe, des climats pulsatiles et nerveux, des propositions sombres, intrigantes ou drôles.

Sur le clavier les notes ruissellent alors que les baguettes martèlent les cymbales. Les riffs de contrebasse impulsent le rythme sur 2 cordes et les arpèges répétés à l’envi sur le clavier déclenchent des impressions inquiétantes. En perpétuelle recherche, les trois musiciens font preuve d’une écoute mutuelle qui leur permet une réactivité instantanée, des changements de rythme et d’intensité surprenants. Il en ressort une musique à la construction complexe où les lignes rythmiques s’interpellent, se croisent, se rattrapent ou s’enlacent.

Jazz Campus en Clunisois 2021_Felsh!La contrebasse terrienne, le piano volubile et la batterie volcanique parviennent à suspendre le temps et à captiver l’attention des spectateurs qui succombent au charme de la musique de Felsh!

Au fil d’un répertoire composé de morceaux aux titres évocateurs, Aroundfish, Tuyau, Estampe, Aride, Flocon, les trois interprètes bousculent les repères habituels et provoquent un dépaysement musical total. Ils s’aventurent sur de nouvelles terres musicales qu’ils défrichent et ensemencent de manière très décomplexée.

Derrière son patronyme qui interpelle, Felsh! se révèle un trio fusionnel qui ose, explore, intrigue et pour finir, embarque le public de Cluny conquis par leur prestation généreuse. Chaleureusement applaudi, le groupe a d’ailleurs offert un rappel fort apprécié.

Théo Ceccaldi Trio

Les quatorze cordes du violon de Théo Ceccaldi, de la guitare de Guillaume Aknine et du violoncelle de Valentin Ceccaldi s’unissent pour offrir au public clunisois un concert qui rend hommage à la musique de Django Reinhardt dont ils « respecte l’esprit, mais pas la lettre », comme le précise Didier Levallet lors de sa présentation. Le trio offre aux spectateurs une musique qu’il est difficile de qualifier tant elle s’éloigne des conventions. Entre tendresse et déchaînement, les trois virtuoses offrent un set où se succèdent envolées lyriques, subtiles caresses, tendresses oniriques et tension échevelés.

Visiblement heureux de retrouver Guillaume Aknine, absent des scènes pour raison de santé après une malencontreuse fracture du coude qui l’a empêché de jouer, les deux frères Ceccaldi encadrent sur scène le guitariste, Théo côté jardin et Valentin côté cour. Avec son humour habituel, le violoniste vêtu d’une superbe veste rouge précise d’emblée au public que le trio rend hommage au labrador de Guillaume récemment disparu et fan d’Elvis Presley et d’Igor Stravinsky, sans omettre de préciser plus tard qu’il s’agissait d’une « blague » et que leur musique célèbre bien celle de Django Reinhardt.

Le trio entame le set avec Balancelle & Chèvrefeuille. Changements de rythmes étonnants, prises de risque de chaque instant, virtuosité omniprésente Plus tard, sur Six pouces Sous Mer, le trio suspend sa musique au-dessus du rythme. Au fil de Rythme Futur, la guitare explose, les archets se démènent sur les cordes et déjouent les lois de la pesanteur, le tout saupoudré d’un peu de rock déjanté ! Sacrée entreprise que celle de ce trio démoniaque qui bouleverse tous les attendus, propulse les notes jusqu’aux cintres du théâtre sans jamais se départir de regards et de sourires complices.

Jazz Campus en Clunisois 2021_Théo Ceccaldi Trio_violoncelleJazz Campus en Clunisois 2021_Théo Ceccaldi Trio_guitare, violon & vesteDu début à la fin du set, on perçoit dans le jeu des trois compères des prises de risques insensées comme seuls savent les prendre et en triompher, les musiciens inventifs virtuoses. Envol de nappes planantes, guitare éthérée, profonde désespérance du violoncelle, complainte du violon, musique sautillante et vive, énergie frénétique, sons étirés, archets virevoltants, tensions extatiques, subtiles respirations hors du temps, envoûtantes sonorités. Avec une désinvolte bienveillance, la guitare arbitre le dialogue entre l’archet du violon et celui du violoncelle.

Après avoir tombé la veste, Théo Ceccaldi présente un nouveau morceau « sans nom » pour lequel il sollicite d’éventuelles suggestions au public. Puis, sur Brûle Roulette de Django, le trio étire les sons avant de s’emballer et de faire exploser tous les formats musicaux. Le concert se termine avec une sublime version de Manoir De Mes Rêves. Le thème est exposé avec une délicatesse inouïe et une tendresse éperdue par le violon. Ce sont ensuite les pizzicati volubiles du violoncelliste qui frappe rythmiquement la caisse de son instrument puis avec précision, la guitare égrène des notes perlées qui tissent des guirlandes de nostalgie.

Théo Ceccaldi Trio a sculpté une musique lyrique et virtuose dont le charme a opéré du premier morceau du set jusqu’à la dernière note rappel. Le public ne s’y est pas trompé et s’est laissé emporter en orbite dans le monde imaginaire des trois musiciens auxquels il a réservé un accueil plus qu’enthousiaste.

Laurent Coq présente « Confidences »

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Le pianiste Laurent Coq propose « Confidences », son troisième album enregistré en trio piano-contrebasse-batterie. Un répertoire de huit compositions empreintes à la fois de poésie, de mélancolie et d’allégresse. Il serait dommage de se priver de ce jazz vibrant au lyrisme intense et à l’écriture singulière. Pas question donc que cette sortie se fasse sous le sceau du secret. « Confidences »… à partager largement !

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Jazz Campus en Clunisois 2024 – Louis Sclavis Quintet

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David Tixier Trio annonce « Because I Care »

David Tixier Trio annonce « Because I Care »

Effervescence musicale créative

Le pianiste compositeur et arrangeur français David Tixier présente « Because I Care », avec le chanteur David Linx invité sur trois titres. Enregistré dans le contexte de la pandémie et axé sur les compositions personnelles du leader, l’opus témoigne de la motivation et de la vivacité des artistes impliqués dans sa création. Traversée par un fluide vital palpable, la musique oscille entre tensions et légèreté, émotions fortes et tendresse. Une effervescence musicale bienvenue et rassurante en ces temps incertains.

Enregistré en 2020, dans le contexte particulier de la crise sanitaire, « Because I Care » (Cristal Records/Believe), le nouvel album du David Tixier Trio est annoncé pour le 27 août 2021. Le titre qui donne son nom au disque joue avec les mots. visuel de l'album Because I Care du David Tixier TrioIl fait référence au mythe d’Icare mais incite à prendre soin, I Care, pour éviter de se brûler les ailes et s’échapper du monde actuel en déroute.

La pochette de l’album attire l’œil, un prototype de vaisseau semble posé sur terre en même temps qu’il déploie des ailes, prêt à s’envoler. « …Inspirée des premiers prototypes d’ailes mécaniques de Léonard de Vinci » elle est créditée à Hélène Berly. Elle « …attise la curiosité, stimule l’imagination“. Les ailes « symbolisent l’espoir, la technicité humaine, le champ des possibles au début de l’histoire d’Icare où le vol représente encore un projet de liberté. »

Véritable enjeu et réel défi pour les artistes impliqués dans sa création, « Because I Care » témoigne de la vitalité créatrice des trois musiciens et de leur écoute symbiotique. Véritable réussite, l’album voit le jour grâce au travail, à la motivation et à la détermination de David Tixier (piano, wurlitzer, compositions, arrangement), Lada Obradovic (batterie, arrangement) et Jérémy Bruyère (contrebasse). Leur art a triomphé de l’adversité.

David Tixier

Après avoir suivi des études musicales suivies de 2011 à 2018 entre le CRR de Paris, la HEMU de Lausanne, en Suisse et la HKB de Berne, en Suisse, le pianiste, compositeur et arrangeur français David Tixier mène de front plusieurs projets.

  • Depuis 2015, le pianiste mène un projet en piano solo, le David Tixier Piano Solo avec lequel il a enregistré l’album « Substantial Existence, The Giant Corners » (Label Unit Records), en Mars 2016 sur lequel est invité le chanteur américain Sachal Vasandani.
  • Il est par ailleurs co-leader du projet Obradovic-Tixier Duo aux côtés de la batteuse croate Lada Obradovic. Le dynamique duo a été lauréat du ReZZo Focal 2018 du festival Jazz A Vienne, Révélation 2018 du festival Jazz Au Phare sur l’Île de Ré, a remporté en 2018 le 1er Prix du Colmar Jazz Festival et en 2019 le Prix de groupe de Jazz A La Défense. Outre ses performances scéniques, le Obradovic-Tixier Duo a sorti en 2017, un premier EP de 5 morceaux puis « Professor Seek & Mister Hide », un vinyle deux titres (Cristal Records & Jazz Au Phare Revelations 2018) et en 2020, l’album « The Boiling Stories Of A Smoking Keetle » (Naim Records/Modulor).
  • Enfin, David Tixier est aussi leader du « David Tixier Trio », un trio acoustique créé en février 2016 avec Rafael Jerjen (contrebasse) et Lada Obradovic (batterie). Depuis sa création, le trio a joué sur les scènes de nombreuses salles et festivals européens. En 2017, le trio sort un premier album enregistré à New York au Bunker Studios, « Universal Citizen » (Label Neuklang) sur lesquels apparaissent Mike Moreno (guitare) & Sachal Vasandani (chant).

Les années passent et…

« Because I Care »… une création artistique à l’écoute du monde

…. en février 2020, juste avant le premier confinement, c’est à l’Alhambra Studios de Rochefort-sur-Mer, avec Jérémy Bruyère (contrebasse, basse électrique) et Lada Obradovic (batterie) que le trio de David Tixier enregistre son deuxième album, « Because I Care » (Cristal Records/Believe) sur lequel est invité le chanteur David Linx qui intervient sur trois morceaux. Avec son titre qui joue avec les mots et fait un clin d’oeil à Icare, l’album « Because I Care » s’inscrit dans une situation complexe, celle de la pandémie et de ses conséquences sur le monde dont climat social, politique et économique s’est détérioré et se fragilisé.

Sur les réseaux sociaux, au quotidien, les nouvelles, vraies ou fausses, se télescopent et les individus connectés ne trouvent pas forcément réponse aux questions qu’ils se posent. Faute d’écoute et de dialogue qui permettrait à tout individu d’échanger et d’exprimer son point de vue, il devient difficile aux utilisateurs des plateformes de réseaux sociaux d’adopter des positions ouvertes et d’accepter les différences d’opinion. Le monde est en quelque sorte devenu un dédale inextricable dont il est difficile de se libérer. C’est cette analogie entre le monde actuel et le labyrinthe dont Icare a tenté de s’échapper en volant que David Tixier évoque à travers le titre de son album mais le mythe rappelle qu’en s’approchant trop près du soleil, Icare a brûlé ses ailes de cire et la chute lui a été fatale.

C’est dans un tel contexte que naît « Because I Care », une création artistique dont le titre annonce la volonté du leader de se soucier du monde, de le faire dans le respect de l’autre, de sa (ses) différence(s), sans forcément prendre position mais en tentant de comprendre et de faire cohabiter les opinions. Avec ses morceaux aux titres explicites, cet album affiche le souci de David Tixier de proposer des idées pour mieux exister. Outre ses huit compositions personnelles, le musicien a intégré au répertoire le titre de Neil Young, Old Man, qui a bercé son adolescence lors de ses longues marches, depuis le collège pour rejoindre l’école de musique où il apprenait le piano.

Ainsi, est-il permis de penser que via la musique de l’album « Because I Care » David Tixier répond à la question Pourquoi créer ? De facto, il en va pour cet album comme pour toute création artistique, car depuis la nuit des temps, l’Art et ceux qui le pratique observent, écoutent, interrogent le monde puis proposent des pistes pour réfléchir, échanger, faire entre sa voix, chercher et (re)trouver sa propre voie au sein d’un monde ouvert sur l’Autre.

Libre à chacun.e d’adhérer ou pas, mais on est tenté de se laisser convaincre par les indications de David Tixier et de regarder le monde autrement pour… échapper aux menaces environnantes sans se laisser duper par le calme qui règne dans l’œil de l’ouragan, croire en la nature humaine et trouver l’énergie en soi et à travers les autres pour goûter de nouveau à la saveur de la vie sans jamais lâcher prise, devenir celui dont on dit que la vie était rêvée et comme lui vivre de nouveau dans une fraternité soucieuse de tout un(e) chacun(e). Belle préconisation que l’art comme fluide vital… difficile de ne pas adhérer à cette vision.

Au fil des titres

L’album ouvre avec Because I Care sur lequel le trio invite David Linx qui expose le thème à l’unisson avec le piano. Comme il sait si bien le faire, le chanteur déploie son art du chant, son placement rythmique si personnel ainsi que sa manière unique de moduler les sons. Les paroles du morceau sont à créditer au chanteur et au pianiste. Court interlude improvisé par Jérémy Bruyère, Because I Don’t, s’inscrit en contrepoint au titre de l’album. Le contrebassiste fait chanter le blues à son instrument « pour tous ces moments où il serait plus simple de ne pas se soucier des choses et de se libérer ainsi de ses dilemnes intérieurs ». (cf. livret de l’album)

Le thème Nutra, qui signifie « à l’intérieur » en croate, est dédié à Lada Obradovic. A partir d’un motif de basse, le piano déroule le thème en boucle et pose ses notes mordantes sur le tempo haché qu’insuffle la section rythmique. Plus loin, le solo du piano est irrigué d’une énergie maitrisée et celui de la batterie crépite sous un florilège de percussions.

Après une introduction de David Tixier au wurlitzer, David Linx chante Old Man. De son timbre voilé, son chant souple propulse avec une liberté infinie les paroles et la ligne mélodique du titre de Neil Young.

Le contraste est grand avec le titre suivant. En effet, le piano introduit seul Losing the Grip auquel il donne de premier abord une couleur pastorale. Le trio entre ensuite en scène et après un riff de basse, le clavier développe son discours en nappes sonores qui libèrent son lyrisme enflammé lequel laisse place à un solo aérien de la contrebasse inspirée. La batterie fait alterner caresses délicates et rythmes cadencés et percussifs. Dès l’introduction de In the Hurricane’s Eye, la batterie donne le ton et instaure un climat tendu que tempère ensuite le solo de la basse électrique mais le wurlitzer intervient et insuffle une effervescence que la batterie entretient avec flamme.

A Life’s Flavour emprunte ensuite le chemin de l’allégresse et du swing. Véritable « ode au renouveau », le morceau laisse percevoir la complicité qui règne entre les trois musiciens. Leurs échanges fournis permettent d’apprécier un superbe dialogue musical entre piano et contrebasse que soutient une batterie à la fois douce et entraînante.

Thème lumineux s’il en est, Human Dance est présenté par le piano vite rejoint par la voix acrobatique de David Linx qui, sur ce titre, se livre avec bonheur à une improvisation qui n’est pas sans rappeler l’art de Betty Carter. Entre chant et piano les notes dansent au rythme de la vie.

L’album se termine dans climat plus organique avec One Whose Life Was Told to Be Dreamt. Après une introduction où l’archet développe une ligne sombre et profonde sur les cordes de la contrebasse, la batterie impulse le rythme et le solo du piano monte en intensité. Le clavier libère ensuite son expression de toute contingence et ouvre l’espace à la contrebasse qui tisse une improvisation volubile. Avec une rythmique que la batterie tisse avec subtilité, le final laisse entrevoir apaisement et sérénité .

RV le 05 octobre 2021 à 21h au Sunside (Paris) avec David Tixier Trio pour le concert de sortie de l’album. ICI pour suivre l’ensemble des concerts à venir du David Tixier Trio.

Laurent Coq présente « Confidences »

Laurent Coq présente « Confidences »

Le pianiste Laurent Coq propose « Confidences », son troisième album enregistré en trio piano-contrebasse-batterie. Un répertoire de huit compositions empreintes à la fois de poésie, de mélancolie et d’allégresse. Il serait dommage de se priver de ce jazz vibrant au lyrisme intense et à l’écriture singulière. Pas question donc que cette sortie se fasse sous le sceau du secret. « Confidences »… à partager largement !

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Jazz Campus en Clunisois 2024 – Louis Sclavis Quintet

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Pour sa septième et dernière soirée au Théâtre les Arts, le Festival Jazz Campus en Clunisois 2024 affiche complet. Le compositeur, saxophoniste et clarinettiste Louis Sclavis vient en quintet présenter son projet « India ». Fusion entre son jazz toujours inventif et des réminiscences mélodiques issues en droite ligne de l’Inde. De Madras à Cluny en passant par Calcutta… les notes vagabondent.

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Jazz Campus en Clunisois 2024 – Louis Sclavis Quintet

Jazz Campus en Clunisois 2024 – Néon & Unfolding

Pour sa cinquième soirée, le Festival Jazz Campus en Clunisois 2024 accueille deux quartets sur la scène du Théâtres Les Arts de Cluny. Au programme, « Néon » puis « Unfolding – Baccarini/Melville ». Leurs univers différents déclenchent l’enthousiasme du public. Les contraintes formelles sont oubliées au profit d’une expression musicale libre et inventive.

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Simon Moullier trio présente « Countdown »

Simon Moullier trio présente « Countdown »

Virtuosité, groove & lyrisme

Sur « Countdown », son deuxième album, le vibraphoniste français Simon Moullier retrouve le contrebassiste Luca Alemanno et le batteur Jongkuk Kim. Le trio acoustique revisite dix standards. Virtuosité, groove et lyrisme irriguent le répertoire de bout en bout. Un opus enchanteur à écouter encore et encore… !

Consacré aux standards, « Countdown » ouvre avec le titre de Coltrane qui donne son nom au disque et figurait sur « Giant Steps » (1961).visuel de l'album Count Down de Simon Moullier trio

Par un travail rythmique, mélodique et harmonique très maîtrisé, Simon Moullier trio rend hommage « aux grands compositeurs et aux piliers du jazz ». Avec décontraction et une grande cohésion, Simon Moullier (vibraphone), Luca Alemanno (contrebasse) et Jongkuk Kim (batterie) font varier les climats. Ils développent un jeu subtil qui ne manque pas d’énergie et de groove. Leur relecture apporte un vent de fraîcheur au répertoire.

Dans leur jeu collectif coexistent finesse, rondeur, souplesse et fluidité. Ainsi, le patrimoine que représentent ces standards de John Coltrane, Thelonious Monk, Charles Mingus, Cole Porter, Eden Ahbez, Bill Evans, Jerome Kern, Tadd Dameron et Toninho Horta, s’en trouve résolument actualisé.

Les mailloches tournoient pendant que les cordes de la contrebasse vibrent en parfaite symbiose avec les peaux des fûts et les cymbales de la batterie.

Simon Moullier

Aujourd’hui basé à New-York, Simon Moullier est né en France. Après avoir suivi à Nantes des études de percussions classiques et de batterie il a poursuivi son cursus aux États-Unis où il est sorti diplômé du Berklee College of Music et du Thelonious Monk Institute. Il a partagé la scène à l ‘international avec de nombreuses sommités du jazz parmi lesquelles figurent Herbie Hancock, Danilo Perez, Gerald Clayton, Logan Richardson. Il intervient sur de nombreux albums aux côtés de Mark Turner, Kendrick Scott, Miguel Zenon, Alex Hahn, Dayna Stephens et bien d’autres encore.

Herbie Hancock parle ainsi de lui : « Sa musique est fraîche, elle parle à tout le monde. Je n’ai jamais entendu quelqu’un jouer du vibraphone comme ça. »

S’il s’inscrit dans la lignée de Lionel Hampton, Milt Jackson, Bobby Hutcherson et Gary Burton, le jeune Simon Mouiller développe un langage très personnel où modernité et liberté font bon ménage. Il essaie « de trouver comment tordre les notes sur [s]on instrument pour obtenir une qualité plus vocale dans [s]on phrasé. Puis [il a] commencé à incorporer de nouvelles techniques pour développer d’autres possibilités d’expression sur l’instrument et aborder un langage personnel”.

En plus de son travail d’interprète, Simon Moullier est un éducateur actif et a passé de nombreuses heures à faire de la sensibilisation communautaire à Cuba, en Indonésie, au Panama et en Inde.

En 2020 il a sorti son premier opus « Spirit Song » (Outside In Music) sur lequel I’ll remember April figurait seul comme seul standard parmi huit compositions de Simon Moullier, le vibraphoniste revient avec « Countdown » (Fresh Sound New Talent) enregistré pour neuf titres durant la pandémie de 2020, en mai, au Sear Sound Studio de New York et paru le 11 juin 2021.

Au fil des pistes

Pris sur un tempo alerte, Countdown résonne avec légèreté et ses lignes mélodiques rebondissent avec bonheur. A l’écoute du thème de Monk, Work, on demeure saisi par la fluidité de l’expression du vibraphoniste et on perçoit la profonde complicité du trio.

I Concentrate On You permet de percevoir le jeu raffiné et coloré du leader. Sa sonorité très ronde met en valeur son sens du toucher… on ferme les yeux et on imagine les maillets danser en douceur au-dessus des lames du vibraphone. Le morceau restitue l’entièreté de l’art de Cole Porter.

Sur Goodbye Pork Pie Hat, le trio restitue des vibrations chargées de fraîcheur qui vivifient la superbe mélodie de Mingus. Plus loin, le trio métamorphose la composition de Eden Ahbez, Nature Boy, en une version chaloupée qui invite à la danse. La contrebasse fait vibrer ses cordes avec lyrisme alors que la sonorité du vibraphone n’est pas sans évoquer celle du marimba.

Avec subtilité, le vibraphoniste décompose Turn Out The Stars avant de laisser s’écouler les sonorités cristallines de son instrument avec un groove infini. Un concentré de musicalité dénué de toute mélancolie. Du très grand art !

Plus loin, c’est au tour de la chanson de Jerome Kern, The Song Is You, d’être magnifiée par le vibraphone dont les lignes musicales swinguent. Le trio raconte une histoire musicale délicieuse et gorgée d’effets polyphoniques inouïs. Un véritable ravissement.

Avec délicatesse, le trio offre ensuite une version solaire de la samba Beijo Partido de Toninho Horta. Dans un climat harmonique sophistiqué, les modulations renforcent l’atmosphère mystérieuse de la composition originale. Le contraste est grand avec le tempo fulgurant qu’adoptent les trois musiciens sur Hot House, le thème de Tadd Dameron. Le vibraphoniste phrase bop avec ferveur sur un train d’enfer et ouvre l’espace au batteur dont le chorus foudroyant laisse pantois.

Le répertoire se termine avec un hommage à Thelonious Monk dont le titre Ask Me Now est magnifié. L’accompagnement cadencé de la contrebasse soutient le sautillement des mailloches qui parent de lumière le thème. De superbes vibrations dansantes et décontractées pour rêver sans fin.

Laurent Coq présente « Confidences »

Laurent Coq présente « Confidences »

Le pianiste Laurent Coq propose « Confidences », son troisième album enregistré en trio piano-contrebasse-batterie. Un répertoire de huit compositions empreintes à la fois de poésie, de mélancolie et d’allégresse. Il serait dommage de se priver de ce jazz vibrant au lyrisme intense et à l’écriture singulière. Pas question donc que cette sortie se fasse sous le sceau du secret. « Confidences »… à partager largement !

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Jazz Campus en Clunisois 2024 – Louis Sclavis Quintet

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Pour sa septième et dernière soirée au Théâtre les Arts, le Festival Jazz Campus en Clunisois 2024 affiche complet. Le compositeur, saxophoniste et clarinettiste Louis Sclavis vient en quintet présenter son projet « India ». Fusion entre son jazz toujours inventif et des réminiscences mélodiques issues en droite ligne de l’Inde. De Madras à Cluny en passant par Calcutta… les notes vagabondent.

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Pour sa cinquième soirée, le Festival Jazz Campus en Clunisois 2024 accueille deux quartets sur la scène du Théâtres Les Arts de Cluny. Au programme, « Néon » puis « Unfolding – Baccarini/Melville ». Leurs univers différents déclenchent l’enthousiasme du public. Les contraintes formelles sont oubliées au profit d’une expression musicale libre et inventive.

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Jazz Campus en Clunisois 2021 – Trio Oliva/Abbuehl/Ber

Jazz Campus en Clunisois 2021 – La Programmation

Du jazz ouvert, libre et inventif

En Bourgogne du Sud, du 21 au 28 août 2021, le festival « Jazz Campus en Clunisois » donne rendez-vous à un large public pour vivre au rythme du jazz et des musiques improvisées. Fidèle aux valeurs de ses origines, le festival demeure toujours aussi vivace et ancré dans ses racines. Dans des lieux patrimoniaux de Cluny et du Clunisois, il propose un large panorama de la diversité d’expressions que recouvre le mot jazz aujourd’hui. Du jazz ouvert, libre et inventif.

visuel du festival Jazz Campus en Clunisois 2021Créé en 1977 par le contrebassiste et compositeur Didier Levallet (ancien directeur de l’Orchestre National de jazz), le festival « Jazz Campus en Clunisois » privilégie, depuis 44 ans, le rapport entre la création la plus actuelle et les pratiques amateurs ou pré- professionnelles. « Jazz Campus en Clunisois » regroupe chaque année à la fin de l’été un stage de jazz et un festival qui présente un bouquet de concerts alléchants.

Inscrite dans le vaste champ des musiques de jazz d’aujourd’hui, la programmation de « Jazz Campus en Clunisois » privilégie depuis toujours « ce qui se fait de plus innovant, espiègle ou impertinent, mais en tout cas musicalement indiscutable ». Cette année, une quinzaine de concerts vont se tenir dans des lieux patrimoniaux de Cluny (abbaye, théâtre, parc abbatial, haras) et du Clunisois.

Cerise sur le gâteau, les réjouissances artistiques sont compatibles avec l’exploration du patrimoine, des paysages verdoyants et des nombreuses richesses gastronomiques et œnologiques du sud de la Bourgogne.

Du 21 au 28 août 2021

Le festival ouvre le samedi 21 août à 21h dans le parc abbatial de Cluny avec concert en plein air de HradČany (en cas de pluie repli au Théâtre Les Arts de Cluny). Depuis 15 ans, le trio qui réunit Serge Adam (trompette), Pierre Botta (saxophone, ney) et David Venitucci (accordéon) puise son imaginaire dans les modes de jeux qui caractérisent les musiques populaires de l’Est méditerranéen. Une identité musicale construite sur l’héritage très riche des traditions issues des Balkans à la Turquie tout en demeurant ancré les pieds dans le jazz.

Jazz Campus en Clunisois 2021 - C. Delaunay & H. Labarriere

C. Delaunay - H. Labarriere©Laurent-Poiget & ©Eric-Legret

Lundi 23 août, à 21h00 au Lab71 de Dompierre-les-Ormes, la clarinettiste Catherine Delaunay et la contrebassiste Hélène Labarrière se produisent en duo. Après avoir participé à l’émission de France Musique « A l’improviste » à laquelle elles avaient été invitées, ces deux musiciennes essentielles de la scène jazz hexagonale ont décidé ensuite de poursuivre le chemin ensemble, en ajoutant leurs propres compositions à cette première expérience improvisée. A découvrir absolument.

C’est à partir de 21h au Théâtre Les Arts de Cluny que se déroulent les deux concerts de la soirée du mardi 24 août.

En ouverture, le trio « Felsh ! » constitué de Clément Mérienne (piano), Jonathan Chamand (contrebasse) et Loup Godfroy (batterie). Entre « Bach, les Beatles, le grincement d’une porte, des ronds dans l’eau, Ornette Coleman… » les deux chalonnais et le clunisois Loup Godfroy creusent leur trace avec légèreté et espièglerie. La soirée se poursuit avec le projet Django du Trio de Théo Ceccaldi. Les cordes de son violon, celles de la guitare de Guillaume Aknine et celles du violoncelle de Valentin Ceccaldi tirent une révérence affectueuse à la musique de Django Reinhardt et la transportent dans leur univers ludique aux ambiances contrastées. Un jazz qui oscille entre frénétiques envolées et délicates caresses. Une soirée à ne rater sous aucun prétexte.

Dans le cadre du marché d’été de la ville qui réunit artisans et producteurs locaux (de 17h à 22h), rendez-vous est donné aux festivaliers le mercredi 25 août, à 19h sur la place de l’Abbaye de Cluny pour écouter les premiers morceaux travaillés par la fanfare des stagiaires. En soirée, à 21h, entouré de François Thuillier (tuba), Jean-Charles Richard (saxophone baryton), le contrebassiste Jean-Philippe Viret promet « 60% de matière grave ». Tour à tour les trois musiciens se font soliste sur les élégantes mélodies du contrebassiste. Tout un programme en perspective, avec en définitive une musique qui allie audace et légèreté.

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Jeudi 26 août, un trio de Bourguignons investit le Farinier de l’Abbaye de Cluny à 19h. Le violoniste Clément Janinet (originaire de Beaune, la clarinettiste Elodie Pasquier (native de Tournus) et le violoncelliste Bruno Ducret (fils de Marc Ducret et d’Hélène Labarrière) au violoncelle. Trio chambriste, « La Litanie des cimes » promet des ambiances sereines et acoustiques.

A partir de 21h ce même jeudi 26 août, la soirée se poursuit au Théâtre Les Arts avec, en première partie, le projet « Dans la Forêt » de Joce Mienniel (flûtes, boucles, guimbardes, kalimba). Le flûtiste s’inspire de « la forêt aux deux sens du terme, urbaine et végétale, dans sa géométrie, dans sa verticalité, dans ses reliefs et dans ses bruits… » Une création autant visuelle que sonore et des promesses de dépaysements.

Jazz Campus en Clunisois 2021 - Pierre Durand

Pierre Durand©Sylvain-Gripoix

En deuxième partie de soirée, place au « Roots Quartet » de Pierre Durand. Avec Hugues Mayot (saxophone ténor), Guido Zorn (contrebasse) et Joe Quitzke (batterie), le guitariste propose sa une musique chatoyante. Elle vibre des échos de l’Afrique, du rock, de la pop, du folk et réconcilie tous les langages du monde dans un idiome singulier qui ne manque pas d’originalité.

A 12h15, on se retrouve le vendredi 27 août, pour le rituel concert en plein air (repli au théâtre en cas de pluie) dans le cadre du Haras national de Cluny.

La musique est offerte par le duo « NoSax NoClar » qui réunit Bastien Weeger (saxophone) et Julien Stella (clarinette). Le voyage musical onirique qu’ils proposent devrait dépayser le pique-nique dans l’herbe.

A 21h, le Théâtre les Arts accueille le Trio Oliva/Abbuehl/Hegg-Lunde constitué de Susanne Abbuehl (voix), Stéphan Oliva (piano) et Oyvind Hegg-Lunde (batterie). Les trois partenaires viennent présenter leur projet « Princess ». Le trio pratique l’art du trio en toute liberté et propose une musique que l’on peut situer « au-delà du jazz ». Un chant à trois voix, un projet collectif… la musique poétique, aérienne et éthérée d’un trio princier.

Le samedi 28 août de 10h à 14h, la musique va retentir dans le parc abbatial de Cluny avec la restitution des ateliers des stages du festival par les « jazz étudiants » des ateliers de Sophie Agnel, Guillaume Orti, Géraldine Keller, Pascal Berne, Sylvain Rifflet, Pierre Durand, ainsi que la fanfare animée par Etienne Roche et Michel Deltruc. A partager sans modération !

« Jazz Campus en Clunisois » boucle sa programmation 2021 avec la venue du Andy Emler Megaoctet dont la prestation est programmée à partir de 21h dans le parc abbatial (repli au théâtre en cas de pluie). Avec cet orchestre qui vient de fêter son trentième anniversaire, le festival se termine en apothéose avec la promesse d’une musique hors normes, à la fois festive et virtuose, turbulente et innovante, audacieuse et en perpétuel développement. La musique que le leader se plaît lui-même à qualifier de « musique européenne vivante de début de siècle… » sera jouée par l’équipe de choc des improvisateurs français que le pianiste et compositeur Andy Emler a réuni autour de lui, Claude Tchamitchian (contrebasse), Eric Echampard (batterie), François Verly (percussions), Guillaume Orti (saxophone alto), Laurent Blondiau (trompette et bugle), François Thuillier (tuba), Philippe Sellam (saxophone alto) et Laurent Dehors (saxophones, clarinettes, cornemuse). Un concentré de plaisir musical à nul autre pareil.

Une fois de plus, la programmation attractive et variée de « Jazz Campus en Clunisois » n’en finit pas d’étonner et de ravir. En 2021, cet évènement demeure un festival à dimensions humaines et continue à mettre en regard l’appropriation de l’improvisation et de la musique de jazz avec ses manifestations les plus abouties.

Laurent Coq présente « Confidences »

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Jazz Campus en Clunisois 2024 – Louis Sclavis Quintet

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L’arc en ciel vocal de Samara Joy

L’arc en ciel vocal de Samara Joy

Une étoile montante prometteuse

Accompagnée par le trio du guitariste Pasquale Grasso, la jeune vocaliste Samara Joy présente son premier album éponyme paru le 09 juillet 2021. Avec un talent inouï, elle explore quelques-uns des standards du Great American Songbook. Porteuse d’émotion et chargée d’un groove inouï, sa voix rajeunit les grands standards. Une étoile montante du jazz vocal à suivre absolument !

visuel de l'album Samara Joy de Samara JoyAprès avoir remporté en 2019 la prestigieuse compétition de chant au Sarah Vaughan International Jazz Vocal Competition, c’est le 09 juillet 2021 que la chanteuse Samara Joy a sorti son premier album, « Samara Joy » chez Whirlwind Recordings. A 21 ans seulement cette étoile montante du jazz vocal est produite par le vétéran des nominations aux Grammy, Matt Pierson.

Sur son premier disque, Samara Joy est accompagnée par le trio du guitariste virtuose Pasquale Grasso qui réunit autour de lui le contrebassiste Ari Roland et le légendaire batteur Kenny Washington. Douze pistes pour la découvrir et prendre la mesure de cet arc en ciel vocal qu’est la voix de Samara Joy.

Samara Joy McLendon

Samara Joy McLendon a grandi dans le Bronx entourée d’une famille de musiciens. La musique est une part intégrante de son identité. Ses grands-parents paternels, Elder Goldwire et Ruth McLendon, étaient les leaders de « The Savette », un groupe de gospel originaire de Philadelphie. Son père a tourné avec le célèbre artiste gospel Andrae Crouch, et elle a grandi dans une maison remplie du son des chansons de son père et les musiques de nombreux artistes de Gospel et de rhythm and blues parmi lesquels on peut citer Stevie Wonder, Lalah Hathaway, George Duke, Musiq Soulchild, Kim Burrell, Commissioned et bien d’autres. Elle précise : « Ma mère et mon père m’ont permis d’avoir accès à un large spectre musical allant de Luther Vandross et Chaka Khan en passant par George Duke et Stevie Wonder ». Elle n’a pas chanté à l’église et a découvert le jazz au lycée grâce à ses amis. 

Depuis ses débuts, elle est comparée avec Sarah Vaughan et Ella Fitzgerald. Pourtant, même si l’on retrouve dans l’album la trace prégnante de l’inspiration que leurs voix ont exercé sur la jeune vocaliste, la jeune chanteuse précise : « En fait, je n’avais jamais entendu parler de Sarah Vaughan avant l’université. Mes amis écoutaient beaucoup de jazz et m’ont prêté beaucoup de leurs albums préférés. C’est la version de Sarah de « Lover man » et les enregistrements de Tadd Dameron avec le trompettiste Fats Navarro qui ont tout changé pour moi, ça m’a converti. »

Depuis, elle n’a cessé de creuser à la recherche de ses racines jazz et à n’en pas douter, son travail a abouti car l’album « Samara Joy » constitue une belle réussite.

« Samara Joy » (Whirlwind Recording)

Sur les douze pistes de l’album « Samara Joy » enregistré en octobre 2020 à New-York (Oktaven Studio) et sorti le 09 juillet 2021, l’interprétation pleine de fraîcheur de la chanteuse allie insouciance et nostalgie. Sa voix possède à la fois fraîcheur et profondeur, force et souplesse. Avec une facilité perceptible à l’écoute, la jeune chanteuse de 21 ans réussit avec ce premier album, une performance qui devrait faire l’unanimité dans le milieu du jazz.

En ouverture, la voix de velours de la chanteuse caresse Stardust, la chanson populaire composée en 1927 par Hoagy Carmichael. Avec un vibrato léger et fort bien maîtrisé, le chant distille avec douceur le texte de la chanson alors que la sonorité pétillante et le jeu virtuose du guitariste ne sont pas sans évoquer ceux de Joe Pass.

C’est ensuite sur un tempo medium que le trio interprète Everything Happens To Me. La voix au timbre juvénile swingue avec insouciance, grâce et souplesse. L’improvisation trop courte du guitariste propose des lignes mélodiques aux notes claires et détachées et le contrebassiste offre une superbe variation du thème à l’archet. Avec aisance, la chanteuse procède à de grands écarts de tessiture sans jamais laisser percevoir aucun forçage de voix.

Samara Joy pulse avec facilité et sans aucun effort quels que soient les différents tempos du thème If You Never Fall In Love With Me sur lequel elle conjugue aisance, swing et vitalité. La chanteuse interprète ensuite avec une désinvolture désarmante, la chanson de Matty Malneck, Lets Dream in the Moonlight que le trio a pris sur une pulsation ultra-rapide. Elle rend ainsi hommage à Billie Holiday qui en avait écrit des paroles. On est époustouflé par le solo virtuose du guitariste.

Le contraste est grand avec la reprise du thème de Frankie Laine, It Only Happens Once, qui résonne comme un hommage à Nat King Cole. Dotée d’une sensualité à fleur de voix, la voix se pare d’un vibrato pourvoyeur d’une grande émotion. Sur Jim, la chanteuse reprend les paroles que Billie Holiday avait posées sur la mélodie de Nelson A. Shawn et Caesar Petrillo. On se laisse charmer de bout en bout par sa voix limpide et élégante.

Avec The Trouble With Me Is You, il s’agit d’un nouveau clin d’œil à Nat King Cole. D’ailleurs, Samira Joy interprète ce standard comme le ferait un crooner. Sa voix veloutée fait glisser les notes et son chant flexible se fait intime. Le solo du guitariste distille un moment de pur bonheur. Sur un tempo de valse, la voix se fait plus grave et plus incisive, elle semble se jouer des grands écarts de notes qu’elle maîtrise à la perfection, ce qui surprend au regard de son jeune âge.

La chanteuse donne ensuite une version imprégnée d’une puissance nostalgie de la ballade de Jimmy Davis, Lover Man. Samara Joy étire les paroles avec une force expressive renversante. Le timbre de sa voix se fait plus chaleureux sur Only A Moment Ago que le trio prend sur le rythme chaloupé d’un calypso qui invite à bouger. Sur la compositon d’Irving Mills, Moonglow, le chant devient plus nasal. C’est sur ce titre que la chanteuse répond à l’archet de la contrebasse par deux riffs de 8 secondes, avec le soutien de la guitare. On aurait apprécié que ces scats esquissés soient plus longs et plus structurés.

L’album se termine avec But Beautiful. Seulement accompagnée par la guitare aux accords charmeurs, la voix se charge d’émotion sur la superbe ballade de Jimmy Van Heusen qu’elle interprète avec sobriété. Ce titre permet vraiment de prendre la mesure de l’étendue du registre de la voix traversée par le fantôme de la majestueuse Ella.

Samara Joy est entrée dans l’univers des chanteuses de jazz quatre ans seulement après son inscription au Purchase College de New-York. Sa première réalisation discographique laisse augurer d’un avenir prometteur pour cette toute jeune-femme dont la voix se pare déjà de toutes les couleurs de l’arc en ciel.

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Pour sa cinquième soirée, le Festival Jazz Campus en Clunisois 2024 accueille deux quartets sur la scène du Théâtres Les Arts de Cluny. Au programme, « Néon » puis « Unfolding – Baccarini/Melville ». Leurs univers différents déclenchent l’enthousiasme du public. Les contraintes formelles sont oubliées au profit d’une expression musicale libre et inventive.

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Echo#2-Nuits de Fourvière 2021

Echo#2-Nuits de Fourvière 2021

Musique irrésistible et ascensionnelle

​Ciel dégagé, température estivale et vent léger président à la soirée du 18 juillet 2021 qui voit se produire Stefano Bollani puis Thomas de Pourquery sur la scène du Grand Théâtre de Fourvière. Les deux jazzmen avaient enchanté le public des Nuits de Fourvière lors de leur première venue, en 2017 pour le pianiste et en 2018 pour le saxophoniste. Si Stefano Bollani se produit de nouveau en solo, c’est à la tête de son Supersonic que revient Thomas de Pourquery. Une soirée pourvoyeuse de contrastes et de surprises. Deux concerts irrésistibles et inoubliables.

Cet Echo#2-Nuits de Fourvière 2021 se souvient de la soirée du18 juillet 2021 dont l’affiche réunit le pianiste Stefano Bollani puis le saxophoniste Thomas de Pourquery et son Supersonic.

Stefano Bollani - Variations pour piano sur Jesus Christ Superstar

Pantalon blanc, chemise colorée et cheveux gris attachés, c’est un Stefano Bollani souriant qui s’adresse au public attentif du Grand Théâtre de Fourvière auquel il dit son plaisir de se retrouver à Lyon. En effet, le pianiste et compositeur italien s’était produit à l’Odéon le 18 juillet 2017, en première partie d’une Nuit Italienne mémorable. A l’issue d’un set exubérant, le musicien transalpin avait conquis l’ensemble des spectateurs et spectatrices présents.

Echo#2-Nuits de Fourvière 2021, visuel de l'album Piano Variations on Jesus Christ Superstar de Stefano BollaniLe pianiste et compositeur Stefano Bollani précise d’emblée combien il a été séduit à 14 ans, par la musique, l’histoire et l’atmosphère des scènes du film « Jesus Christ Superstar » d’Andrew Lloyd Webber & Tim Rice. Cinquante ans après la parution de l’album-concept original « Jesus Christ Superstar », il a d’ailleurs gravé sa propre version de l’opéra rock, sur son album « Piano Variations on Jesus Christ Superstar », une version instrumentale pour piano dont il a présenté plusieurs titres au public de Fourvière. Il s’agit en fait d’improvisations très libres sur la structure et les mélodies originales qu’il se réapproprie via différents styles musicaux.

Après une interprétation enflammée et lyrique du Prélude composé par ses soins et malgré le vent qui disperse les partitions, Stefano Bollani donne ensuite une version vigoureuse et bluesy de Heaven On Their Minds qu’il joue tantôt assis tantôt debout emporté par sa flamme. Complètement immergé dans sa musique, le pianiste poursuit avec le délicat Everything’s Alright où très vite, la délicatesse se double d’un lyrisme éperdu de la main droite avant que la musique ne s’apaise de nouveau.

Il présente les trois premiers morceaux puis invite le public à pénétrer « dans le monde des méchants ». Ses deux mains dialoguent comme les protagonistes de l’histoire que le pianiste conte avec force conviction et mille nuances.

Après un moment véhément, il radoucit son propos avant de s’animer de nouveau entre phrasés caribéens et phrasés concertants. Il enchaîne ensuite Pilate’s Dreams, The Temple et I Don’t Know How to Love Him. La ballade mélancolique jouée avec une très grande sensibilité donne à entendre les prémices de la condamnation du Jésus après quoi le jeu du pianiste se fait plus percussif, authentifiant ainsi la dimension dramatique du moment.

©Marion Tisserand

Après avoir qualifié Ponce Pilate « d’hygiéniste » qui se lavait les mains (!..), déclenchant ainsi de grands rires dans l’assemblée, Stefano Bollani se remet au piano pour Gethsemane, un morceau tout en délicatesse où sa main droite entame le dialogue avec le Seigneur. Puis, différents moments musicaux se suivent où alternent véhémence, interrogations, silences et réflexions avant de se terminer par de délicates notes qui signent l’acceptation de sa mort.

Vient ensuite King Herod’s Song, un morceau que le pianiste qualifie de « vaudeville », juste avant la tragédie, où se mêlent rythmes de fox-trot, de bossanova et dont le rythme va en s’accélérant. Le contraste est grand avec Trial before Pilate où la main gauche bourdonne alors que la droite plaque des accords avec force. La musique se calme ensuite, se teinte de blues avant d’enfler de nouveau. Emporté par son jeu puissant qui reprend le thème de Superstar, le pianiste joue debout avant de terminer en délicatesse avec John Nineteen : Forty-One joué sur un tempo de ballade étiré à l’extrême. Le pianiste salue le public et sort de scène mais revient très vite, sous les vivas, rappelé par le public enthousiaste qui en redemande encore.

Après une ovation fournie, c’est Il Sentiero, une de ses propres compositions qu’il interprète. D’abord esquissée, la mélodie se répète sur un rythme ternaire, de légère elle devient plus appuyée et l’on se promène à la suite du pianiste sur un sentier musical qui fait alterner trouées lumineuses, sous-bois plus sombres, pour se terminer dans une clairière ensoleillée et paisible…. ces cinq dernières minutes musicales recèlent toutes les nuances de l’art de Stefano Bollani.

Thomas de Pourquery & Supersonic

Après sa participation à la soirée « Hommage à Nougaro » proposée le 24 juin 2018 sur la scène de l’Odéon de Fourvière avec Babx et André Minvielle, le saxophoniste, chanteur et compositeur Thomas de Pourquery revient à Fourvière en 2021 avec son groupe Supersonic.

La nuit est tombée quand la scène s’éclaire. Le son de la trompette s’élève. Après une introduction musicale qui déclenche les applaudissements nourris du public, la voix de Thomas de Pourquery s’élève au-dessus de la musique du groupe. Sa voix souvent grave s’envole avec facilité dans les aigus. Le front ceint de perles, il salue le public, remercie les organisateurs… le spectacle peut commencer.

Car il s’agit en effet tout autant d’un concert que d’un spectacle. Le son est au rendez-vous, les éclairages sont inspirés, le décor est planté… la navette Supersonic est prête à décoller, le public se prépare à monter dans la machine stellaire avec les six musiciens présents sur scène, Thomas de Pourquery (saxophone alto, chant), Arnaud Roulin (piano, claviers, Moog et synthétiseurs), Fabrice Martinez (trompette, bugle, chant), Laurent Bardainne (saxophone ténor, chant), Frederick Galiay (basse, chant) et Edward Perraud (batterie, chant).Echo#2-Nuits de Fourvière 2021, visuel de l'album Back to the Moon de Thomas de pourquery & Supersonic

Après Take-off et Joy qui mettent le spectacle en orbite, advient Back to The Moon, comme un alunissage vigoureux dans le monde stellaire du sextet qui présente, dixit le leader « les nouvelles mélopées » de « Back to The Moon », album à sortir le 17 septembre 2021 sous le nouveau label de Thomas de Pourquery, Lying Lions Productions.

La basse ronflante et la batterie pulsatile font merveille et dynamisent voix et instruments solistes. Thomas de Pourquery tombe la veste et pose ses perles, les fulgurances de son alto croisent celles de la trompette. Tout s’enchaîne sans discontinuer, riffs de basse, lamentations du ténor, chant de la foule que le leader invite à les rejoindre. Les pieds dans le jazz, la tête entre rock et pop, le sextet joue avec énergie.

Dans une totale communion, le groupe propose un répertoire pourtant nouveau mais déjà totalement maîtrisé. Mise en place parfaite, interactions de chaque instant. Les ambiances se suivent et se renouvellent, gravité, légèreté, humour. Cuivrée, la musique se fait martiale puis céleste sans oublier de swinguer. Poussé par l’ardent batteur à la chemise toujours fleurie, l’alto chante solo puis hurle avant de rejoindre les cintres de la scène avec une citation de Ne me quitte pas. Le « Chevalier Blanc »,

© Marion Tisserand pour Jazz-Rhones-Alpes.com

Fabrice Martinez ainsi présenté par Thomas de Pourquery, lance l’introduction de Yes Yes Yes Yes avant que tout le groupe ne se retrouve pour un moment sidérant. Propulsés par une musique quasi-sidérale, les spectateurs sont prêts à décoller, portés par la basse tellurique, la batterie dopée, les synthés aux sonorités tournoyantes, la trompette interstellaire, le ténor puissant et l’alto vociférant.

Alors que le groupe débute I Gotta dream, Thomas de Pourquery stimule le public qu’il trouve « trop bien installé, trop bien vacciné », lui demande de se lever et de « faire les essuie-glaces avec les bras au-dessus de la tête en rythme » et ça fonctionne, tout le monde obéit au doigt et à l’œil au leader alors que la musique se développe de manière exponentielle. Le saxophoniste les félicite, « pas mal pour des provinciaux… dans le milieu du panier » et parvient même à les faire chanter avec lui, tant dans les graves que dans les aigus. La musique se fait de plus en plus dense.

Après avoir taquiné de nouveau le public, Thomas de Pourquery annonce le dernier morceau. Féroce et inspiré comme jamais, Edward Perraud derrière sur ses fûts et ses cymbales fait monter plus encore la tension sur la reprise de Caetano Veloso, O Estrangeiro qui explose de mille feux. L’air devient musique, on la respire, on la vit, elle vibre en chacun.e.

Pour le plus grand bonheur du public, le groupe revient pour un rappel et interprète une version délicate de Love in Outer Space de Sun Ra auquel Thomas de Pourquery et Supersonic ont consacré leur premier album « Play Sun Ra » sorti en 2014.

Deux concerts épiques et inoubliables. Comme l’a dit Thomas de Pourquery, « les étoiles sont tout près finalement »… Le 18 juillet 2021, elles étaient sur la scène du Grand Théâtre de Fourvière et le public est monté au ciel avec Stefano Bollani puis avec Thomas de Pourquery et ses complices du Supersonic.

Avec tous nos remerciements à Marion Tisserand et Jazz-Rhône-Alpes pour les photos de Stefano Bollani et Thomas de Pourquery & Fabrice Martinez qui témoignent de la prestation de ces artistes sur la scène du Grand Théâtre de Fourvière, le 18 juillet 2021.
Laurent Coq présente « Confidences »

Laurent Coq présente « Confidences »

Le pianiste Laurent Coq propose « Confidences », son troisième album enregistré en trio piano-contrebasse-batterie. Un répertoire de huit compositions empreintes à la fois de poésie, de mélancolie et d’allégresse. Il serait dommage de se priver de ce jazz vibrant au lyrisme intense et à l’écriture singulière. Pas question donc que cette sortie se fasse sous le sceau du secret. « Confidences »… à partager largement !

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Jazz Campus en Clunisois 2024 – Louis Sclavis Quintet

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Pour sa septième et dernière soirée au Théâtre les Arts, le Festival Jazz Campus en Clunisois 2024 affiche complet. Le compositeur, saxophoniste et clarinettiste Louis Sclavis vient en quintet présenter son projet « India ». Fusion entre son jazz toujours inventif et des réminiscences mélodiques issues en droite ligne de l’Inde. De Madras à Cluny en passant par Calcutta… les notes vagabondent.

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Echo#5-Jazz à Vienne 2021

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Vincent Peirani - Avishai Cohen

Avec un double plateau alléchant et des conditions atmosphériques estivales, la soirée du 05 juillet 2021 du festival Jazz à Vienne a comblé le public du Théâtre Antique. Après Vincent Peirani et ses invités, le contrebassiste Avishai Cohen venu en trio a offert une prestation magistrale. Les vibrations musicales ont déclenché les ovations d’une foule enthousiaste qui a apprécié l’engagement et la générosité des musiciens.

Echo#5-Jazz à Vienne 2021 propose un retour sur la soirée du 05 juillet 2021

Carte Blanche à Vincent Peirani

Accompagné de son quintet Living Being, l’accordéoniste Vincent Peirani ouvre la soirée. Avec son « Chamber Rock Orchestra », il propose une ré-interprétation du répertoire de son album « Night Walker » (2018) pour laquelle il a convié un ensemble de quatorze cuivres des élèves de la section classique du Conservatoire à Rayonnement Régional (CRR) de Lyon dirigés par Thierry Seneau. D’après le leader, la présence de ses deux autres invités, Vincent Segal (violoncelle) et Piers Faccini (chant, guitare) doit contribuer à « apporter un brin de délicatesse ».

Après Angel of Mercy, que chante Piers Faccini accompagné de Vincent Peirani, Vincent Segal et Tony Paeleman, retour au répertoire de l’album Living Being II « Night Walker » avec Émile Parisien (saxophone soprano), Tony Paeleman (fender rhodes), Julien Herné (basse/guitare électrique) et Yoann Serra (batterie) regroupés autour du leader pour interpréter Bang Bang de Sonny Bono.

Le quintet installe ensuite l’alchimie musicale de Unknown Chemistry puis le leader invite les élèves du CRR à rejoindre la scène pour « étoffer » l’orchestre sur Le clown sauveur de la fête foraine. Le soprano lyrique et toujours très expressif d’Émile Parisien installe une atmosphère étrange voire inquiétante sur ce thème de Vincent Peirani. Le set continue avec le retour du chanteur/guitariste, du violoncelliste et l’ensemble des cuivres et les ambiances se diversifient. Par bonheur, un chorus rayonnant de Tony Paeleman et une échappée orientale d’Émile Parisien dominent la dense masse orchestrale.

Déterminé à instaurer des contrastes, le leader rappelle Piers Faccini et Vincent Ségal pour interpréter deux titres du guitariste sur lesquels s’étirent les contrechants du violoncelle et de la voix du chanteur. Le set se poursuit avec des morceaux qui font alterner interventions des cuivres, du violoncelliste et du chanteur/guitariste. Certes, la volonté du leader de varier les climats est réussie mais à vrai dire les solos toujours captivants d’Émile Parisien et les sonorités exacerbées des keyboards sont les bienvenus dans les paysages sonores souvent très (trop) denses.

Après le poétique Black Rose de Piers Faccini sur lequel les notes du clavier sont soutenues par le jeu délicat des balais et le chant nostalgique de l’archet, l’ensemble des musiciens entament Call Song de Purcell dont ils donnent une version qui a l’air de plaire au public. Une dramaturgie musicale tente de s’instaurer sur scène et déclenche sur les gradins une intense émotion qui augmente encore lorsque la plainte céleste du soprano s’élève au-dessus de la masse orchestrale. Standing ovation et rappel véhément. Le quintet revient sur scène pour un « vrai dernier morceau ». Le premier set de la soirée se termine avec la composition de Vincent Peirani Falling, une mélancolique ballade nocturne sur laquelle Piers Faccini a posé des paroles.

La Carte Blanche offerte à Vincent Peirani a permis au public de découvrir ses invités et sa capacité à accueillir et à partager. Il n’en demeure pas moins une relative frustration car, soucieux de mettre en valeur son projet, le leader est peut-être demeuré un peu trop en retrait.

Avishai Cohen, magistral et généreux

Echo#5-Jazz à Vienne 2021_Avishai Cohen Trio_2021.07.5C’est en trio que le contrebassiste Avishai Cohen se présente sur la scène du Théâtre Antique. Avec au piano, son complice de trois ans Elchin Shirinov et à la batterie, la jeune Roni Kaspi, formée par Terri Lyne Carrington au Berklee College of Music de Boston.

Les trois premiers morceaux permettent de s’immerger dans la musique que le trio prépare pour le prochain album du leader…. contrepoint entre piano et contrebasse, solo brillantissime du piano, batterie pointilliste. Fasciné, le public découvre ces nouveaux territoires musicaux avec lesquels il n’est pas encore familier mais dès le quatrième thème, il retrouve ses repères. Lancinants échanges entre piano/contrebasse. Phrasés percussifs de la main droite du pianiste, motifs orientaux de sa main gauche, jeu musclé de la contrebasse déclenchent les vivats de la foule enthousiaste.

Le concert continue et les riffs réitératifs du piano propulsent la contrebasse pulsatile. Le dialogue des deux instruments confine à la communion. Le piano s’éloigne un instant de ses mélopées méditerranéennes pour s’évader vers des contrées bop. Le contrebassiste entretient une relation presque charnelle avec son instrument sur lequel il s’exprime avec puissance et lyrisme. Une grande complicité est perceptible entre Elchin Shirinov et Avishai Cohen. Sous le regard bienveillant et stimulant du leader, le pianiste répond au chant de l’archet par un chorus enfiévré.

Après ces échanges véhéments, changement d’atmosphère avec une ballade à la trame délicate. Contrebasse et piano conversent avec délicatesse, soutenus par la souple pulsation des balais sur cymbales et peaux. Sur le clavier, les notes chantent en réponse à la ligne lyrique de la contrebasse. Nouveau contraste sur le titre suivant dont le propos s’inscrit dans la tradition musicale séfarade. Après avoir exposé le thème à l’archet, Avishai Cohen tire les cordes d’une main alors qu’il percute la caisse de son instrument. Son chorus tellurique stimule Elchin Shirinov dont le chorus dévale comme un torrent indomptable mais, maître de son clavier il canalise son énergie après avoir déclenché des tonnerres d’applaudissements.

Avishai Cohen pose sa contrebasse mais revient très vite sous les rappels. Seul sur scène, il propose alors au public quelque chose de « very special »… un blues… une complainte incantatoire qu’il élève à l’archet et à la voix… au final, on reconnait Sometimes I Feel Like a Motherless Child. Moment d’intense émotion. Il enchaîne alors avec Alfonsina Y El Mar, ce thème qu’il affectionne et a déjà offert au public de Vienne lors de ses précédentes venues. Sa voix chaude croise les notes graves des cordes. Il termine en chantonnant avec légèreté puis enchaine en trio avec un morceau qui met en valeur un chorus vigoureux et véloce que Roni Kaspi articule avec force sous le regard bienveillant d’Avishai Cohen. Après une dernière fausse sortie, le contrebassiste revient pour un dernier morceau sur lequel, poussée par un riff nerveux du pianiste, la batteuse fait gronder son instrument.

Avec Avishai Cohen, le Théâtre Antique de Vienne a chaviré. Une fois de plus, le musicien a offert au public de Jazz à Vienne un concert inoubliable où ont coexisté lyrisme, puissance, émotion, humour, générosité.

Laurent Coq présente « Confidences »

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Le pianiste Laurent Coq propose « Confidences », son troisième album enregistré en trio piano-contrebasse-batterie. Un répertoire de huit compositions empreintes à la fois de poésie, de mélancolie et d’allégresse. Il serait dommage de se priver de ce jazz vibrant au lyrisme intense et à l’écriture singulière. Pas question donc que cette sortie se fasse sous le sceau du secret. « Confidences »… à partager largement !

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