Dans ce « Jazz Confiné #2 », cinq vidéos proposées par des jazzmen confinés de part et d’autre de l’Atlantique. Stars reconnues ou musiciens confirmés de la jeune scène internationale et européenne, tous improvisent en toute spontanéité sans jamais manquer d’inspiration.
Adrien Chicot est de retour avec « City Walk »
Promenade urbaine fougueuse et élégante
Après « All in » et « Playing in the Dark », Adrien Chicot est de retour avec « City Walk ». Fidèle à ses complices, le contrebassiste Sylvain Romano et le batteur Jean- Pierre Arnaud, le pianiste propose un album d’une fougue et d’une élégance rares. La musique moderne, fluide et rythmique évoque avec justesse les atmosphères urbaines.
Annoncé pour le 16 novembre 2018, la sortie de « City walk » (Gaya Music Production/L’Autre Distribution) a de quoi réjouir les amateurs de jazz. En effet, le troisième album du pianiste Adrien Chicot est l’occasion de le retrouver avec ses fidèles complices, le contrebassiste Sylvain Romano et le batteur Jean-Pierre Arnaud. On ne s’en plaint vraiment pas d’ailleurs, car il serait dommage de changer l’équipe de rêve qui a gravé « All in » en 2014 et « Playing in the Dark » en 2017.
L’album « City Walk » parcourt les cités d’une foulée élégante, fluide et fougueuse. Dans la grande tradition des trios jazz piano-contrebasse-batterie celui d’Adrien Chicot tutoie le swing de bout en bout des neuf plages de l’album.
« City Walk »
Sur « City Walk », enregistré par Philippe Gaillot et Lucas Debieve au Studio Recall en juin 2018, Adrien Chicot assume la totalité des compositions et des arrangements.
Avec ses deux compères Sylvain Romano et Jean-Pierre Arnaud, il s’attache à explorer toutes les dimensions de la musique. De riches climats harmoniques accueillent les mélodies qui se déroulent avec bonheur au fil des morceaux. La dimension pulsatile prégnante est portée par une section rythmique attentive et réactive, toujours en totale connivence avec le leader. Le trio tourne comme un seul homme !
Bop et hard-bop n’ont plus de secret pour le pianiste mais il renouvelle sans cesse son inspiration. Rythmicien hors pair, il oriente son propos vers des contrées poétiques et sensibles. Son imagination féconde lui insuffle des dépaysements pianistiques qui lui font retrouver les territoires de certains de ses aînés (Monk, Ellington Corea, McCoy Tyner …).
Au fil des cités
Propulsée par le trio soudé et alerte, la musique de « City Walk » vit et respire. Fluide, aérienne et énergique elle se pare de couleurs multiples au long des neuf pistes de l’album.
On se réjouit du swing fluide et virevoltant de Bogota dont les allures bop procurent un bain de jouvence. On attend avec délice lundi prochain pour retrouver l’atmosphère alerte et lumineuse de See You Monday et l’improvisation légère et limpide du pianiste. Après un petit clin d’oeil à Monk et un bonjour à Duke, on s’immerge dans City Walk dont le chrorus de piano fait un détour du côté d’harmonies latinisantes et denses évocatrices de Corea.
Les bruits de rue de Traffic tranchent avec la ligne poétique et sensible que le pianiste expose solo. Avec lui on flâne le nez en l’air dans la cité urbaine. Traverser la rue en valsant… sur Cross The Street, un bel exploit ! Porté par les balais souples et efficaces, la contrebasse éloquente fait entendre un son boisé et passe le relai au piano dont l’imagination et l’aisance laissent pantois.
Sur le tempo hard-bop de Caïpiroska, la rythmique insuffle son énergie au piano dont les inflexions ne sont pas sans rappeler un certain McCoy Tyner. On en redemande et Greeen Light advient à propos comme un tremplin au déchainement de la batterie sur le motif répété inlassablement par la contrebasse et le piano.
Percussive autant qu’aérienne la musique de Mosquito Hunt enthousiasme par son riche climat harmonique. Le sensible et serein Ko I Sashi enchante et termine cette promenade agréable. Véritable dentelle musicale, ce morceau apaise par ses multiples contrastes et sa douce poésie.
Sur « City Walk », on emboite le pas des musiciens. Dans la même foulée qu’eux on perçoit les bruits de la rue, on ressent le trafic ardent des cités, on saisit les atmosphères et les lumières, on devine les bars et leurs panneaux lumineux… mais par chance, point de pollution. Il est plaisant de se laisser porter par le rythme de la musique au gré d’une déambulation urbaine inventive, dynamique, fluide et élégante qui se renouvelle à chaque carrefour.
Pour apprécier live la musique de « City Walk », RV à 19h30 ou 21h30 le 04 décembre 2018 au Duc Des Lombards à Paris pour le concert de sortie de l’album avec Adrien Chicot (piano), Sylvain Romano (contrebasse) et Jean-Pierre Arnaud (batterie).
Jazz Confiné #2
Jazz Confiné #1
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Les précieuses « Happy Hours » de Christophe Marguet
Rien de mieux en ces temps « confinés » que d’écouter « Happy Hours », un opus réjouissant dont le titre tient toutes ses promesses. Ce sont en effet de « joyeuses heures » musicales que célèbre en quartet, le batteur et compositeur Christophe Marguet. Autour de lui, sont réunis le trompettiste Yoann Loustalot, le pianiste Julien Touéry et la contrebassiste Hélène Labarrière. Un jazz festif où explosent les couleurs de la vie.
Enregistré les 08 et 09 avril 2017 au Studio Aeronef à Paris par Antoine Karacostas, l’album « CLAXXX » a été mixé et masterisé le 02 septembre 2017 au Bass Hit Recording Studio de New-York par Dave Darlington. Il est sorti le 26 octobre 2018 chez
L’ONJ constitue un point qu’ont en commun les deux musiciens. En effet,
On s’est trouvé fort attristé d’apprendre hier sur la page Facebook de
En 1996, Roy Hargrove rencontre Chucho Valdés au festival de jazz de La Havane et forme ensuite le groupe Crisol qui réunit autour de Chucho Valdès les percussionnistes cubains Horacio « El Negro » Hernandez, Jose Luis « Changuito » Quintana et Miguel « Anga » Diaz et des jazzmans afro-américains comme les saxophonistes David Sanchez et Gary Bartz, le tromboniste Frank Lacy et le guitariste Russell Malone. Le superbe album « Habana » sorti en 1997 lui vaut d’ailleurs son premier Grammy Award dans la catégorie « musique afro-cubaine ».
Durant cette même année 2003, il invite D’Angelo et Erykah Badu sur « Hard Groove » puis le trompettiste oriente ensuite sa musique vers le jazz funk et fondeThe RH Factor, avec lequel il grave « Strength » en 2004 et « Distractions » en 2006.
