Les précieuses « Happy Hours » de Christophe Marguet

Les précieuses « Happy Hours » de Christophe Marguet

Un jazz festif aux couleurs de la vie

Rien de mieux en ces temps « confinés » que d’écouter « Happy Hours », un opus réjouissant dont le titre tient toutes ses promesses. Ce sont en effet de « joyeuses heures » musicales que célèbre en quartet, le batteur et compositeur Christophe Marguet. Autour de lui, sont réunis le trompettiste Yoann Loustalot, le pianiste Julien Touéry et la contrebassiste Hélène Labarrière. Un jazz festif où explosent les couleurs de la vie.

Sorti le 27 mars 2020, l’album « Happy Hours » (Mélodie en sous-sol/L’Autre Distribution) propose douze plages enregistrées en quartet par le batteur Christophe Marguet entouré du trompettiste Yoann Loustalot, du pianiste Julien Touéry et de la contrebassiste Hélène Labarrière.

Générosité, complicité et musicalité sont au rendez-vous sur les douze plages de l’album « Happy Hours » de Christophe Marguet.

Happy Quartet

Le batteur Christophe Marguet le 22 aout 2018 à Jazz campus en Clunisois

Christophe Marguet

A la tête de ce quartet qui partage autant l’amitié que la musique, le batteur Christophe Marguet propose douze titres de sa composition.

Tour à tour organiques et sensibles, les morceaux naviguent entre écriture et improvisation, nostalgie et joie ardente. La vitalité de la rythmique stimule le lyrisme de la trompette et du bugle et le jeu à la fois dense et subtil du piano. Mélodique, les pulsations de la batterie se mèlent aux lignes énergiques de la contrebasse boisée. Les alliages de timbres ravissent les oreilles et incitent à la joie.

Au fil des pistes des douze Happy Hours

On frémit à l’écoute de Beauté Cachée sublimée par le jeu coloriste de la batterie et la sonorité veloutée de la trompette dont le phrasé délicat concourt à mettre la mélodie en suspension. A l’écoute de C.C.H., il prend l’envie de gagner le Camping Cedric Herrou. Le morceau met en effet en lumière le drumming lyrique chargé d’éclats d’allégresse en parfaite osmose avec la contrebasse au jeu tendu. Soutenue par le piano agile, la trompette impose avec autorité son jeu expressif aux aigus frémissants.

Sur Haute Fidélité, l’influence de Paul Motian imprègne le jeu de la batterie. Le souffle charnel du bugle caresse une mélodie répétitive sur un motif continu de piano avant d’entamer un solo à la fois.méditatif et phosphorescent. A travers Happy Hours aux accents rythmiques africains, la musique exulte. Les fulgurances de la trompette ou du bugle font un clin d’œil à Don ChCouverture de l'album Happy Hours de Christophe Margueterry. Le morceau évolue ensuite dans le partage avec le solo swinguant et inspiré du pianiste. Le court solo de batterie témoigne de l’engagement toujours éclatant du leader.

En Intro à Trop Tard le piano illustre avec délicatesse le reportage photographique du brésilien Sébastien Salgado qui relate la famine en Éthiopie dans les années 80. Sur Trop Tard, le trio piano/contrebasse/batterie propose ensuite une musique sombre à la tonalité solennelle et dramatique. La trompette les rejoint pour chanter le désespoir alors que le solo ardent de contrebasse donne à espérer. Après une Introduction féérique aux accents aquatiques, Immersion invite à un voyage initiatique joyeux… mélodie jouée à l’unisson par la contrebasse et le piano et douceur du bugle.

Place ensuite à L’enfant Eveillé, un hommage musical à l’insouciance de l’enfance qu’incarne à merveille un échange pétillant entre trompette et piano. Le solo de contrebasse interagit en souplesse avec la ligne mélodique symbiotique du soufflant et du piano. Inspiré de la musique traditionnelle d’Afrique de l’Ouest que jouait Don Cherry, Dear Don rend plus tard hommage de belle manière au trompettiste disparu. Le titre invite à un sentiment de jubilation suggérée par le piano effervescent, la contrebasse entraînante et le chorus euphorique de la trompette soutenue par le jeu plein de vitalité de la batterie.

Plus loin, Mémoire Vive évoque des souvenirs d’enfance. Soutenu par les balais du batteur en surtension, le piano entrelace ses lignes tortueuses et enflammées avec celles de la contrebasse énergique. L’album se termine avec le bien nommé Organique, hommage à la musique jubilatoire d’Eddy Louis. Le quartet désarticule le morceau, le morcelle. Les phrasés explosifs et l’expression nerveuse de la trompette invitent littéralement à la danse.

Hymne au jeu collectif « Happy Hours », sonne comme la vraie vie, irradie de couleurs, explose, frémit, pulse, invite à rêver et à réfléchir, à se souvenir, Un album indispensable qui incite à l’optimisme.

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