Les sorties estivales 2020 du label Blue Note affichent des tonalités musicales fort différentes. « Mr. Roscoe (consider the simultaneous) » du trompettiste Ambrose Akinmusire, « FMaj Pixie » du trio GoGo Penguin et « Pick me up off the Floor » de Norah Jones. Ces trois albums. constituent l’occasion idéale pour se familiariser avec trois idiomes qui témoignent de la diversité et de la richesse du jazz actuel.
Abou Diarra célèbre le blues mandingue avec « Koya »
Le blues ensorcelant et apaisant de « Koya »
« Koya », le nouvel album d’Abou Diarra, se profile entre émotion et énergie, entre poésie malienne et blues. Un monde musical situé entre tradition et modernité.
Sur les onze plages de l’album « Koya » (Mix et Métisse/L’Autre Distribution), sorti le 10 novembre, Abou Diarra chante et s’accompagne du kamale n’goni, sorte de harpe/luth africaine utilisée à l’origine par les chasseurs de sa région natale. L’album rend hommage à sa mère dont il porte le nom. On écoute d’ailleurs sa voix voilée sur le titre Koya Blues.
Abou Diarra a composé et écrit la totalité des titres et est accompagné de ses complices de scène, Daouda Dembelé à la guitare et Moussa Koita aux claviers. Si l’harmonica de Vincent Bucher renforce la tonalité blues, les discrètes touches d’électro apportées par Nicolas Repac (chargé de la direction artistique) contribuent à moderniser l’ambiance de l’album
« Koya », le quatrième album d’Abou Diarra, promène son blues entre la tradition malienne et une modernité bienheureuse et ronde irriguée des samples de Nicolas Repac.
Formé par « Vieux Kanté », un maître virtuose de l’instrument et aveugle, Abou Diarra a sillonné pendant plusieurs mois les routes d’Abidjan-Bamako-Conakry à pied, accompagné de son seul instrument le kamale n’goni qui restitue la douce mélancolie du Mali. Grâce aux cordes supplémentaires ajoutées par Abou Diarra, l’instrument devient guitare, basse ou même percussion … et le miracle opère tant sur les ballades nostalgiques que sur les rythmes endiablés. Ainsi Tunga sonne comme un reggae qui ne dit pas son nom. Le rythme de Ma chérie incite à la danse et on respirerait presque la poussière de la piste de danse.
Les flutes peuhles et mandingues enregistrées par Simon Wensé contribuent à la dimension traditionnelle de la musique. Ainsi, Djalaba résonne des plaintes de la flûte qui joint son chant aux voix. Par contre sur Koya Blues, le dialogue entre la flûte et l’harmonica accentue l’ambiance lancinante de ce blues qui fait un clin d’oeil complice à la musique du Mississippi.
Le grand Toumani Diabaté est invité et la sonorité magique de sa kora résonne sur Labanko et Djarabi. En bambara, « Djarabi » signifie « Mon amour ». On écoute ce titre qui a inspiré le clip ci-après réalisé par Maet Charles avec la complicité de Victor Delfim. On apprécie la chorégraphie de Jean-Paul Mehansio interprétée par le danseur lui-même et Lorna Goiame.
« Un homme et une femme s’observent et s’apprivoisent. de la solitude au désir, de la rupture à la tendresse, un temps suspendu au creux de la rencontre amoureuse ».
Sur « Koya », Abou Diarra pratique un métissage réussi entre tradition wassoulou, l’afrofunk, le blues et le jazz dont il a exploré les techniques. Ça groove tout au long des onze titres de l’album !
Pour écouter Abou Diarra sur scène avant la fin de cette année 2016, rendez-vous le 24 décembre au Nouveau Théâtre de Montreuil dans le cadre du Festival Africolor… et en avant-goût, cette vidéo enregistrée en direct au cours du concert Ocora Couleurs du Monde avec Françoise Degeorge et le Festival Africolor 12 nov 2016
Sortie estivales 2020 chez Blue Note
Jana Herzen et Charnett Moffett signent « Round the World »
Deuxième projet du duo vocal de la chanteuse, compositrice et guitariste Jana Herzen et du bassiste Charnett Moffett, l’album « Round the World » propose une promenade rafraîchissante, dans des contrées où flirtent jazz, pop et folk. Onze chansons élégantes aux vibrations apaisantes. Entre langueur et nostalgie, entre réconfort et espoir, un patchwork musical intime et réconfortant. À savourer avec délice.
« Up » signe le retour de Pericopes+1
Pericopes+1 revient avec « Up », un troisième album dont le titre claque. Les deux lettres incarnent un ailleurs musical merveilleux vers lequel le trio complice et énergique élève sa musique. Les oreilles se dressent en direction d’un univers sonore ressourçant qui se joue du temps et de l’espace pour mieux les investir. Un monde musical innovant où se croisent imagination groovy et poésie lyrique.
Sorti le 23 octobre, « Lulu’s Back in Town » (B Stream/L’Autre Distribution) est vraiment un album dont l’écoute est stimulante. En rupture avec la morosité atmosphérique ambiante de ce début d’hiver, les quinze titres donnent la pêche. C’est en effet un grand plaisir que de se laisser booster par le swing que Lucy Dixon impulse aux standards des années 30/40 interprètés avec tonus et légèreté, tout en respectant la tradition, sans pour autant manquer d’originalité.
d’Astor Piazzola, ce compositeur argentin à l’origine d’une musique unique, le tango nuevo. Les deux musiciens rendent en effet hommage au Maître argentin et restituent l’énergie et la subtilité de son univers tanguistique.
Sur ce nouvel opus, le dialogue instrumental bandonéon/piano restitue une conversation musicale entre les esthétiques des deux compositeurs. D’emblée, on ne perçoit que les différences qui séparent les deux écritures pourtant très vite il apparaît que le principe de la fugue est un point commun entre Bach et Piazzola.
On a récemment pu apprécier les performances de Kurt Elling sur l’album
C’est en effet à l’occasion du concert du 22 novembre proposé par la saison 2016/17 de « Jazz à Vienne », que Benjamen Tanguy a présenté le visuel du Festival « Jazz à Vienne ». Dès le premier coup d’oeil on retrouve la palette artistique reconnaissable de Bruno Théry qui écrit l’histoire graphique des éditions du Festival « Jazz à Vienne » depuis maintenant trente ans.
Ce double album est le résultat du travail mené par Gilles Peterson depuis 2008, en collaboration étroite avec son Havana Cultura Band, qui réunit le meilleur des musiciens et chanteur(se)s cubains invité(e)s : Danay Suarez, Daymé Arocena, Telmary et Elain Morales, Mayra Carirad Valdes, Dreiser Sexto Sendido. Dans la galaxie du producteur on trouve les brillants re-mixeurs que sont Mala, Motor City Drum Ensemble, Owiny Sigoma, Poirier ou Michel Cleis.
Après recours à un financement participatif sur la plateforme numérique Proarti, « Serpientes » a pu finaliser les huit titres de l’album « Le bruit de tes talons » sorti le 29 novembre avec une magnifique pochette créée après 3 semaines de travail avec les typographes de « La fin du monde ». les morceaux sont principalement de compositions de Laurent Gehant ainsi que quelques morceaux prêtés par des compositeurs argentins contemporains. Sans oublier quelques standards de tango comme la version renouvelée de Volver que propose le groupe avec une ambiance surréaliste qui regarde du côté du western.

Premier album de ce « Label ECM-Focus2 », l’opus « Rising Grace » enregistré en quintet par le guitariste autrichien Wolfgang Muthspiel. Il a fait ses débuts chez ECM en 2013 sur « Travel Guide », dans un trio qui réunissait Ralph Towner et Slava Grigoryan. Il a ensuite gravé son premier CD en leader en 2014 avec l’album « Driftwood » où le contrebassiste Larry Grenadier et le batteur Brian Blade se tenaient à ses côtés. Le guitariste avait déjà travaillé avec le contrebassiste dans l’orchestre de Gary Burton, dans les années 90. Durant ces mêmes années il avait aussi joué en trio avec Brian Blade et le contrebassiste Marc Johnson.
« A Multitude of Angels » est un coffret de quatre disques regroupant les enregistrements de quatre concerts solo donnés en Italie en octobre 1996, à Modène, Ferrare, Turin et Gênes par un des artistes phares du label ECM, le pianiste Keith Jarrett.