Oboman et Aquarela proposent « A Bela Vida »

Oboman et Aquarela proposent « A Bela Vida »

Evasion virtuose au gré des rythmes brésiliens

A la tête de son trio Aquarela, le hauboïste et joueur de cor anglais Jean-Luc « Oboman » Fillon présente « A Bela Vida », troisième album qu’il consacre aux musiques brésiliennes. Entouré de ses deux compères brésiliens, le mandoliniste Eduardo Miranda et le guitariste Tuniko Goulart, le leader invite le percussionniste brésilien Zé Luis Nascimento à les rejoindre. Avec de tels virtuoses, mélodies et rythmes brésiliens frémissent de lyrisme et d’élégance. Une évasion bienvenue en ces temps bouleversés pour retrouver le goût de la Bela Vida.

couverture de l'album A Bela Vida par Oboam, jean-Luc Fillon et le trio AquarelaAprès « Choros do Brazil » et « Outros Choros do Brazil », Jean-Luc « Oboman » Fillon persiste avec son trio Aquarela dans la veine brésilienne avec « A Bela Vida » (Buda Musique/Socadisc). Sur ce troisième opus dédié aux musiques brésiliennes, le trio qu’il forme avec les Brésiliens Eduardo Miranda (mandoline 10 cordes) et Tuniko Goulart (guitare 7 cordes) s’adjoint le percussionniste Zé Luis Nascimento.

Le répertoire met à l’honneur nombre de célèbres compositeurs brésiliens parmi lesquels entre autres, Pixinguinha, Guinga, Egberto Gismonti, Hermeto Pascoal, Jacob de Bandolim et Antônio Carlos Jobim.

Complices, les quatre artistes s’évadent sur les ailes des superbes mélodies. Ils s’en donnent à cœur joie et déploient leur virtuosité avec élégance.

Les musiciens

Oboman

Compositeur, arrangeur et chef d’orchestre, Jean-Luc Fillon est aussi multi-instrumentiste. Son pseudo « Oboman » témoigne de l’amour qu’il porte au hautbois, oboe. Il embouche aussi le hautbois d’amour, le cor anglais, la clarinette basse et la contrebasse.

Virtuose, expressif, audacieux et créatif, il s’autorise toutes les libertés sur cet album et contribue une fois de plus à faire entendre et apprécier ces instruments rarement utilisés dans le jazz.

Les treize albums de sa discographie démontrent le large spectre de ses inspirations et de ses projets. Ainsi il joue en duo avec l’accordéoniste Didier Ithursarry pour le projet « Paris by Song », avec le bassoniste Paul Hanson pour le projet « Late Trane » et s’engage aussi avec le joueur de didgeridoo Othello Ravez dans le monde d' »Obotello ». En trio il s’aventure vers les contrées d’Afrique avec « African Dream ». En quartet sans piano avec Johan Renard (violon), Claude Tchamitchian (contrebasse) et François Merville (batterie), il croise jazz et musiques improvisées avec » Echoes of Freedom ».  Il a aussi exploré les univers de Cole Porter, de Duke Ellington. Avec l’orchestre symphonique, son hautbois devient nomade.

Depuis 2013 et un premier album intitulé « Choros do Brasil », il chemine avec le mandoliniste Eduardo Miranda et le guitariste Tuniko Goulart avec lesquels il a enregistré ensuite « Outros Choros do Brazil » en 2015 et le superbe « A Bela Vida » en 2020.

Eduardo Miranda

Originaire de São Paulo, le mandoliniste a développé un style très personnel sur son instrument dont il est considéré aujourd’hui comme un maître. Très inspiré, il s’appuie sur une maîtrise technique exceptionnelle qui lui permet d’allier virtuosité et expressivité.

Tuniko Goulart

Né à Pelotas, dans le sud du Brésil, le guitariste a mené une carrière professionnelle depuis l’âge de 11 ans. Sur les scènes et en studio, il a collaboré avec les plus grands artistes brésiliens qui ont contribué à développer chez lui l’art de la composition.

Zé Luis Nascimeto

Originaire de Salvador de Bahia, le percussionniste brésilien, vit en France depuis 1996. Très ouvert à la diversité, il a enrichit son style d’origine d’influences venues des percussions orientales et occidentales. Ainsi Il a développé un jeu très personnel qui lui permet de collaborer avec des artistes d’univers très variés.

Au fil des pistes

L’album ouvre avec Baiao de Lacan du compositeur guitariste brésilien Guinga. D’emblée, le hautbois fringant et festif entraîne le quartet dans une musique jubilatoire.

Le répertoire se poursuit avec Corta Jaca, une composition de la Brésilienne Chiquinha Gonzaga que reprend le quartet. Après une batucada introductive, la mandoline entraine l’oreille dans un vertigineux flot de notes, le hautbois virevolte et déploie un arc en ciel de sonorités chatoyantes. C’est ensuite au gré d’échos venus d’Afrique et de tonalités hispanisantes que s’envole le hautbois espiègle et enjoué sur une version revisitée du titre Brejeiro écrit par Ernesto Nazareth. A ses côtés, la mandoline tricote sur un tempo frénétique.

Après l’alegria advient la saudade. Sans percussion, la mandoline conte la belle romance de Caprichos do Destino dont la mélodie est reprise par le hautbois avec une douce sensualité. Sur un rythme ternaire enlevé, la guitare virtuose entraîne Batukuniko sur un rythme vertigineux, entre Afrique, Jazz et Brésil. C’est ensuite une version endiablée et un rien bluesy que le quartet propose de la composition Assanhado de Jacob do Bandolim. Le morceau s’en trouve comme revitalisé et le hautbois d’amour échange sans complexes avec la mandoline virtuose.

Chorando Baixinho sert de tremplin à l’expressivité sans faille d’Oboman. Ce titre d’Abel Ferreira sert de tremplin à l’expressivité sans faille de Jean-Luc Fillon. Sur cette pièce, la mandoline fait vibrer l’âme et pleurer doucement des larmes imprégnées de blues brésilien. Le quartet poursuit avec une composition d’Hermeto Pascoal, Frevo em Maceiro. Le hautbois se lance dans une improvisation bouillante quelque peu ébouriffée et l’oreille se laisse conduire avec bonheur dans un univers évocateur des calypsos chers à un certain Sonny Rollins.

Un brin de nostalgie, émaille Naquele Tempo. Cette composition de Pixinguinha dont le titre évoque le temps passé, fait scintiller des éclats de saudade que la mandoline brillante et le hautbois guilleret égrènent avec une subtile dose d’alegria. Sur 7 Anéis, les envolées lyriques du hautbois et les percussions aériennes propulsent ensuite la musique Egberto Gismonti dans les cieux. La magie opère et l’azur illumine le titre.

Servi par une interprétation ardente, Chorinho Pra Vocé invite à la danse. Sur ce choro de Severino Aranjo la mandoline brille de mille feux, soutenue par le pandero caressant. Le répertoire propose ensuite Santa Morena, une seconde composition de Jacob do Bandolim. Sur un rythme ternaire allègre, la mélodie tournoie sous les doigts de la mandoline et de la guitare ancrée dans des racines flamencas. Magistral !

L’album se termine en apothéose avec une splendide version du Choro d’Antônio Carlos Jobim. Inspirés et en grande symbiose, les musiciens s’expriment dans un esprit très proche de celui de la pièce qui figurait dans l’album Stone Flower (1970) de Jobim.

« A Bela Vida », une pépite de bonheur où virtuosité et lyrisme flirtent avec sensibilité et délicatesse. Un concentré joyeux qui réjouit le cœur et l’âme.

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