Le guitariste et chanteur Thomas Dutronc est de retour chez Blue Note France avec l’album « Frenchy » et quatorze standards de la chanson française. Il les interprète en français un peu, en anglais beaucoup, en duo, en trio, avec des invités prestigieux des sphères rock, pop, funk ou jazz. Portés par un quartet talentueux, les titres abordent des partis-pris esthétiques variés. Avec de bons moments et d’autres plus dispensables, l’album devrait trouver sa cible auprès d’amateurs d’une pop jazzy souriante et souple.
Auditorium Lyon – Paolo Fresu, Trilok Gurtu, Omar Sosa
Le monde musical de trois leaders charismatiques
Le mardi 13 décembre à 20h, l’Auditorium de Lyon, en coproduction avec Jazz à Vienne, propose le troisième concert de sa saison Jazz 2016/2017. La soirée s’annonce prometteuse avec la réunion sur la même scène des trois grands leaders, Paolo Fresu, Trilok Gurtu, Omar Sosa.
Après la soirée inoubliable du 13 novembre où Joshua Redman et Brad Mehldau ont offert un jazz intime et complice situé entre romantisme et modernité, l’Auditorium et « Jazz à Vienne » invitent les spectateurs dans le monde métissé des musiques des trois instrumentistes, Paolo Fresu, Trilok Gurtu, Omar Sosa. Issus d’univers très différents, ces trois leaders charismatiques se retrouvent régulièrement pour proposer une musique très libre qui fusionne leurs influences.
Cette musique plutôt confortable propose un univers musical aux tonalités colorées où le jazz croise les traditions portées par chacun des instrumentistes. Il en résulte des ambiances planantes plutôt dépaysantes. En effet, le trompettiste sarde Paolo Fresu contribue à créer un écrin de mélodies réverbérées et éthérées dont la légèreté permet de libérer l’expression rythmique du pianiste cubain Omar Sosa. Le percussionniste indien Trilok Gurtu dresse quant à lui des piliers rythmiques souples et propices à l’expression des solistes.
A n’en pas douter, les trois protagonistes de la soirée réservent au public des moments d’étonnement. Des spirales planantes générées par la trompette ou le bugle de Paolo Fresu. Des joutes spectaculaires entre le pianiste et le percussionniste où Omar Sosa délaisse le clavier pour des scats vocaux et de fascinantes gestuelles en réponse aux onomatopées rythmiques de Trilok Gurtu qui affectionne de telles confrontations.
Cette musique du monde plutôt contemporaine alimente un climat quasiment magique. La musique du trio Paolo Fresu, Trilok Gurtu, Omar Sosa est le plus souvent démonstrative et extravertie et en tout cas toujours très consensuelle. On se souvient de l’accueil chaleureux du public du Festival « A Vaulx Jazz 2016 » le 10 mars lors de la venue du trio Paolo Fresu, Trilok Gurtu, Omar Sosa après un concert propice à la rêverie.
Le concert du 13 décembre est précédé à 19h des « Propos d’avant concert » dans le Bas-Atrium animés par Jean-Paul Boutellier. On gage que la soirée du 13 décembre sera d’une belle facture avec la réunion de ces trois musiciens créatifs que sont Paolo Fresu, Trilok Gurtu, Omar Sosa.
Thomas Dutronc sort « Frenchy »
Clin d’œil à Pierre Marcus & « Following the right way »
Le contrebassiste Pierre Marcus poursuit son chemin et présente son troisième album, « Following the right way ». Non content de jouer avec Baptiste Herbin, Irving Acao, Simon Chivallon et Thomas Delor, figures marquantes de la scène jazz française actuelle, il leur adjoint des invités. L’album propose une promenade dont les jalons font écho à l’itinéraire personnel du leader. Le propos solide et fort actuel demeure enraciné dans la tradition. L’oreille ne s’y trompe pas et suit avec bonheur le contrebassiste sur la voie qu’il continue à tracer.
Oboman et Aquarela proposent « A Bela Vida »
A la tête de son trio Aquarela, le hauboïste et joueur de cor anglais Jean-Luc « Oboman » Fillon présente « A Bela Vida », troisième album qu’il consacre aux musiques brésiliennes. Entouré de ses deux compères brésiliens, le mandoliniste Eduardo Miranda et le guitariste Tuniko Goulart, le leader invite le percussionniste brésilien Zé Luis Nascimento à les rejoindre. Avec de tels virtuoses, mélodies et rythmes brésiliens frémissent de lyrisme et d’élégance. Une évasion bienvenue en ces temps bouleversés pour retrouver le goût de la Bela Vida.
Qui n’a pas fredonné un jour une mélodie issue d’un dessin animé de Walt Disney ? Dans chaque génération, on a le souvenir d’un film qu’on a partagé avec enfants, grands-parents, parents ou petits-enfants. En fait, les airs du monde merveilleux de Disney sont comme autant de Madeleines de Proust. Même si le cinéma propose aujourd’hui d’autres esthétiques, les dessins animés et films de Walt Disney demeurent magiques et les enfants (…les adultes aussi) visionnent ou revoient avec autant de plaisir, ces films témoins d’une autre époque.



Dès le titre de l’album, « ABUC », Roberto Fonseca annonce la couleur. Tout comme il inverse les lettre du nom de « CUBA » pour nommer son album, il mélange dans un voyage musical chatoyant toutes les musiques cubaines au long des quatorze plages. En effet le pianiste mêle les rythmes et les sons. Il inscrit de la modernité au sein de la tradition musicale cubaine.
Avant cet album, on connaissait déjà quelques détails de la vie du pianiste cubain Roberto Fonseca. Apparu sur scène à l’âge de 15 ans au Festival International de la Havane, celui qui a étudié au Havana’s Superior Institut of Art a sorti son premier album « Tiene que ver » en 1999. On sait qu’il a assuré le remplacement de Ruben Gonzalez au sein du Buena Vista Social Club avant d’accompagner Ibrahim Ferrer lors d’une grande tournée mondiale.
Roberto Fonseca s’affranchit de toute chronologie et navigue en zigzag à travers le temps dans un voyage qui n’a vraiment rien de linéaire. Au gré des titres il mélange les époques et les styles et fait même coexister des musiques de différentes périodes au sein d’un même morceau.
En ouverture de l’album, on écoute une riche version orchestrale de Cubano Chant. Le piano présente le thème. Il est vite rejoint par des percussions foisonnantes et de chatoyants riffs cuivrés . Le trombone virtuose de Trombone Shorty vient dialoguer avec l’orchestre et le piano. L’énergie est au rendez-vous. Pour terminer l’album, Roberto Fonseca reprend le thème en piano solo. Une très courte improvisation virtuose et syncopée prise sur un rythme plus rapide que le titre d’ouverture.
Après “Osloob Hayati” sorti en mars 2015, la flutiste Naïssam Jalal et son groupe « Rythms of Resistance » poursuit sa route musicale. Annoncé pour le 10 novembre, « Almot Wala Almazala » (Les Couleurs du Son//L’Autre Distribution), le deuxième album du quintet, s’inscrit dans la continuité du premier.
La jeune flutiste d’origine syrienne est née à Paris où elle a étudié la flute traversière classique au conservatoire. À 17 ans Naïssam Jalal découvre l’improvisation et deux ans après elle quitte la France en quête de ses racines. Elle étudie le nay au Grand Institut de musique arabe de Damas en Syrie puis rejoint le Caire où elle étudie le violon. De retour en France en 2006 elle se défie déjà des frontières musicales et partage son activité entre de nombreux styles, rap, musiques orientales, afrobeat et même musiques latines comme le tango avec Melingo. Elle côtoie le milieu du jazz et on l’a écouté récemment sur
Le pianiste Gerardo Jerez Le Cam transcende les styles et mélange les musiques traditionnelles et contemporaines argentines avec leurs cousines roumaines et moldaves. Cet artiste franco-argentin natif de Buenos Aires a en effet inventé le « tango balkanique » et il revient en 2016 avec « Reflejos Migrantes » (Label Ouest/l’Autre Distribution) à paraître le 10 novembre. L’enregistrement a été réalisé en juillet 2016 à La Soufflerie de Rezé près de Nantes. Cet album vraiment ébouriffant présente un riche mélange de trames mélodiques et d’envolées tourbillonnantes.
Le dimanche 13 novembre à 16h, l’Auditorium de Lyon, en coproduction avec Jazz à Vienne, propose le deuxième concert de sa saison Jazz 2016/2017. Le duo du saxophoniste Joshua Redman et du pianiste Brad Mehldau sera précédé à 15h par des « Propos d’Avant-Concert » animés par Jean-Paul Boutellier dans le Bas-Atrium à 15h.
« For Paco » (Label Bleu/L’Autre Distribution) n’est pas un album destiné aux puristes de flamenco ni même aux inconditionnels de jazz traditionnel. Cet album convient par contre à ceux et celles qui ont apprécié la démarche de Paco de Lucia, ce guitariste légendaire qui a modernisé le flamenco dans les années 70 en explorant la musique classique et le jazz. Son art construit à partir d’une technicité éblouissante a conservé une dimension sensible et une inventivité sans pareille.
C’est dans une telle logique que Louis Winsberg a créé JALEO à la fin des années 90. En recherche d’un monde qui lui appartienne en propre, le guitariste a exploré librement les univers musicaux qu’il connaissait. Il les a mêlés, invitant à ses côtés des musiciens prêts à s’engager dans cette quête, celle d’un ailleurs qui bouscule les frontières et les identités jusqu’à en définir une nouvelle histoire, celle de JALEO.
Pour enregistrer cet album lumineux, Louis Winsberg a réuni le quintet de base constitué de lui-même aux guitares, oud, saz, mandoline, bouzouki et percussions, Sabrina Romero (chant, danse, cajon), Jean-Christophe Maillard (saz, guitares, choeurs), Cédric Baud (guitare, saz, mandoline) et Stéphane Edouard (percussions, tablas). La couleur prédominante est donnée par les guitares, les voix et les percussions?
paru en 2013. Aux côtés de Frédéric Viale demeure l’équipe chaleureuse et complice des trois Brésiliens déjà présents sur l’album précédent. Les interventions innovantes du guitariste Nelson Veras apportent une touche précieuse à la palette du quartet. Le bassiste Natallino Neto assure un soutien rythmique et harmonique sans faille. La souplesse sans pareille de Zaza Desiderio confirme décidément la place qu’occupe le batteur dans l’hexagone. Une telle section rythmique basse-batterie permet aux deux solistes de s’élancer sans risque dans des improvisations vertigineuses.
En fait le titre de l’album « les Racines du Ciel », celui de la composition éponyme et l’illustration de la pochette se réfèrent au tableau de Véronique Denoyel, une amie peintre de Frédéric Viale. L’accordéoniste dit puiser sa sensibilité et son inspiration dans cette image et les couleurs de la nature. C’est d’ailleurs elle qui a inspiré Le Printemps et Ballade Automnale, deux ballades nostalgiques qui évoquent les couleurs de ces saisons changeantes. On aime le duo poétique accordéon/guitare de cette Ballade Automnale dédiée au contrebassiste Eric Fassio. Sur Le Printemps, on valse dans les langueurs que dessine l’accordina de Frédéric Viale.

Le silence est palpable et la sobriété sensible des deux interprètes renouvelle ce titre tant de fois interprété.
Originaire de São Paulo au Brésil, Fernando DelPapa joue du cavaquinho dès l’âge de 13 ans. Il gagne Paris en 2000 où il s’engage dans des études d’ethnomusicologie. Parallèlement il s’engage dans les aventures musicales de différents groupes :Orquestra do Fubá, Roda do Cavaco et Terça Feira Trio où il se fait connaître sous le nom de Fernando Cavaco.
Pour précision, l’album « Eu Tambèm » (Helico Music/L’autre Distribution) sorti le 23 septembre 2016 a pu être réalisé grâce à un financement participatif.
Le rythme de la samba pagode plane sur tout le disque. O Mar où chante la trompette de Robinho Antunes, résonne comme un clin d’oeil au grand compositeur du genre, Paulinho da Viola. Les lignes de basses insistantes et les saveurs nordestines du titre Olho Magico exercent un attrait infini. On bouge sur les sonorités africaines de Meu Barraco. On voyage du désert du Nordeste à celui du Texas à l’écoute de Couro Cru. La nostalgie de Quebra Cabeça n’est pas sans évoquer l’univers de de Chico Buarque. Palafitas fleure bon le romantisme d’une ancienne modinha où accordéon, guitare et violoncelle aspirent à des escapades mexicaines.