Nouvelle réjouissante pour les amateurs de jazz live… Jazz Campus en Clunisois programme 3 concerts sur le territoire de la Bourgogne Sud ! En effet, même si, en raison de la crise sanitaire, Didier Levallet et toute l’équipe du festival ont dû renoncer à leur semaine annuelle de programmation musicale et aux stages, ils ne se sont pas résignés. Au final, Jazz Campus est là avec trois concerts proposés au public les 20 et 21 août 2020. Sylvain Rifflet solo, Novo Quartet et Rose Radio. Belle perspective que le plaisir de renouer avec des émotions musicales vivantes !
« Jazz 100 », modernité du jazz centenaire
Après 100 ans de vie le jazz se renouvelle encore
Le all-stars réuni autour du pianiste Danilo Perez est au-rendez-vous le 05 février sur la scène de l’Auditorium de Lyon dans le cadre des « Concerts Jazz » organisés en coproduction avec Jazz à Vienne. « Jazz 100 » présente un jazz centenaire renouvelé. Fidèle à l’esprit des créateurs, l’orchestre rajeunit la forme même s’il gomme la flamboyance des origines.
Comme annoncé dans la chronique Le projet « Jazz 100 » fête le Jazz et ses stars nées en 1917 !, « Jazz 100 », c’est le pianiste Danilo Perez et son trio composé de Ben Street (contrebasse) et Adam Cruz (batterie) auxquels se joignent Avishai Cohen (trompette), Chris Potter (saxophones ténor & soprano, flûte), Robin McKelle (chant) et Roman Diaz (percussions, chant). Celles et ceux qui s’attendaient à une fête latine ont dû ressentir une relative frustration car la musique présentée était loin de la fièvre insufflée par Dizzy Dillespie et ses comparses à la grande époque où le jazz fusionnait avec les musiques cubaines.
La prestation de « Jazz 100 » a paré d’une modernité étonnante les musiques de Monk, Dizzy, Mongo et Ella. Arrangements soignés, lyrisme tempéré, textures riches et inventives. Certes Danilo Perez a joué avec Dizzy Gillespie entre 1989 et 1992 mais il est aussi le partenaire de Wayne Shorter depuis 2001. Sans doute cette proximité a-t-elle transformé sa perception de la musique. De même les leaders que sont Chris Potter et Avishai Cohen explorent et évoluent dans des idiomes personnels dont la forme diffère de celle du jazz centenaire honoré dans ce projet. Ce différentiel entre la musique originelle et celle des artistes actuels participe sans doute à influencer l’esthétique de la musique de « Jazz 100 ».
Si les arrangements et les interprétations de « Jazz 100 » conservent la structure et l’esprit de la musique des origines, ils la dotent d’une modernité étonnante. Ainsi la prestation offerte ce 05 février par le combo de Danilo Perez prouve combien le jazz est capable de se renouveler sans reproduction. Pas de revivalisme mais un jazz revivifié qui ne demande qu’à se projeter en direction des cents années à venir. Point de retour en arrière malgré un clin d’oeil complice aux créateurs. Un coup de projecteur sur un jazz d’aujourd’hui qui laisse augurer des perspectives évolutives porteuses d’avenir.
Sur Cubano-Be, Cubano Bop de Dizzy Gillespie, le chant du percussionniste Roman Diaz ravive le souvenir que l’on a des interventions vocales dont Dizzy ponctuaient ses morceaux. De la même manière les incantations du percussionniste ouvrent le grand standard écrit par Mongo Santamaria, Afro Blues. Le morceau se poursuit avec un inventif échange percussion/batterie devant les autres musiciens réunis en arc de cercle devant eux. Les hommes des peaux sont ensuite rejoints par l’orchestre tout entier. Le climat enfle, s’épaissit et dessine des textures luxuriantes évocatrices de l’Afrique originelle.
On oublie très vite le chant un brin trop léché et les interventions sans relief que Robin McKelle tente pour honorer la mémoire de la grande Ella Fitzgerald dont les performances font encore référence. Pourtant la chanteuse parvient à capter l’attention lors de son interprétation de la ballade It’s Up to Me and You qu’elle interprète en duo avec Danilo Perez. Le timbre chaleureux de sa voix font oublier le reste de sa prestation appliquée qui aurait gagnée à être plus spontanée.
Au ténor ou au soprano, Chris Potter est égal à lui-même de bout en bout du concert. Sur Off Minor, ses arrangements restituent à merveille les climats, les ruptures de rythme, les dissonances de la musique de Monk. En équilibre entre le bop et le jazz contemporain, Chris Potter excelle et fait monter la tension allant même jusqu’à parer son improvisation d’accents presque rollinsiens. Il rend ainsi un magnifique hommage à la musique de Monk qui porte en elle le ferment éternel d’un jazz moderne et évolutif.
Le moment le plus marquant du concert est sans doute le solo de Danilo Perez qui interprète Round Midnight, un des thèmes les plus connus de Monk. Un moment singulier hors du temps où l’esthétique engendre l’émotion. Le jeu délicat et minimaliste du pianiste s’éloigne sans cesse du thème qui demeure pourtant toujours présent en filigrane. L’artiste cisèle une véritable sonate crépusculaire.
On a aussi apprécié le climat que le groupe a impulsé en rappel sur « Manteca » arrangé par Avishai Cohen. Avec une belle énergie, la section rythmique chauffée à blanc restitue les couleurs cubaines premières du thème de Dizzy Gillespie. Batteur, percussionniste, bassiste et pianiste soutiennent les soufflants. La dernière intervention du trompettiste Avishai Cohen étonne et enthousiasme. On s’étonne encore de la capacité de cet artiste à sortir de son esthétique habituelle. Ses aigus et son sens du rythme impressionnent.
Avec « Jazz 100 », le jazz centenaire baigne dans un terreau de modernité qui donne un nouvel élan aux standards éternels. Cette musique élaborée honore la mémoire des créateurs que furent Dizzy Gillespie, Thelonious « Sphere » Monk, Ella Fitzgerald et Mongo Santamaria. Moins organique mais plus léchée, elle insuffle un bain de jouvence à ces standards qui ont fondé le jazz et que l’on se plaît à écouter encore et encore. « Jazz 100 » engage à demeurer ouvert à un autre jazz, fils du premier et capable de générer un avenir créatif à cette musique éternelle. Le jazz a encore de beaux jours devant lui.
Jazz Campus est là … avec 3 concerts !
Le trompettiste Pierre Drevet signe « EchangƎ »
Le trompettiste, compositeur et arrangeur Pierre Drevet signe le superbe « EchangƎ ». Enregistré live avec le Brussels Jazz Orchestra et la chanteuse Claire Vaillant, l’album délivre une musique flamboyante où la richesse et la joie du partage sont perceptibles. Compositions originales, arrangements éclatants, splendides envolées des solistes. Du swing grand format dont l’écoute déclenche l’enthousiasme. A partager sans réserve.
Les flamboyantes couleurs sonores de « Twins »
Premier projet du Collectif La Boutique, « Twins » est construit autour du répertoire de Jean-Remy Guédon. Le trompettiste Fabrice Martinez en assure la direction artistique et propose une relecture inspirée des titres, avec en invité, l’accordéon de Vincent Peirani. Orchestre rutilant et sonorités flamboyantes accrochent l’oreille.
Après « Live at the Sunset » sorti en 2008, voici venir « We Free Queens » avec le Lady Quartet de Rhoda Scott. Il s’agit de la première production discographique du Sunset/Sunside, dirigé par Stéphane Portet. Sorti le 03 février sous le label Sunset Records, l’album est distribué par L’Autre Distribution.
Née en 1925, Denise Deronzier a contribué avec l’équipe de la MJC à la création du « Crest Jazz Festival » dont elle a été présidente durant 25 ans. Jusqu’en 2015 elle a aussi assurée la Présidence du Concours de Jazz Vocal qui participe au repérage des talents émergents. De son métier d’institutrice, Denise Deronzier a toujours gardé un grand intérêt pour la transmission et l’attention à autrui.
Le 31 janvier 2017, le Maire de Vaulx-en-Velin, Pierre Dussurgey et l’adjointe au maire déléguée à la Culture, Nadia Lakehal ouvrent la séance de présentation à la presse du trentième festival « A Vaulx Jazz », avec un hommage à Gilbert Chambouvet, le fondateur du festival et à son successeur Thierry Serrano qui a poursuivi le projet. L’équipe municipale affirme son attachement au festival qui décline ses offres en direction des amateurs férus de jazz mais aussi sur tout le territoire vaudais pour sensibiliser au jazz les citoyens de la commune de Vaulx-en-Velin.
Si la nouvelle équipe du festival demeure impliquée dans les valeurs des origines, elle affiche la volonté de créer une nouvelle identité qui passe par un changement d’esthétique. En effet, éloignée de celle de Bruno Théry, la nouvelle ligne graphique créée par Vincent Delpeux et Pierre Raine, marque explicitement la volonté de « casser les codes ». Les oscillations, les fréquences des affiches et du logo évoquent la dimension musicale du festival. La main se tend et s’ouvre et annonce encore plus fort la volonté d’ouvrir « A Vaulx Jazz » à d’autres publics.
Le 27 janvier en seconde partie de la soirée de clôture du « Saint-Fons Jazz Festival#18 » c’est « O.S.L.O » qui se présente sur scène avec Lionel Martin (saxophones ténor et soprano), Louis Sclavis (clarinette et clarinette basse), Mario Stanchev (piano), Damien Cluzel (guitare), Ramon Lopez (batterie).
Le concert débute avec Nobody’s Perfect, une composition de Mario Stanchev gravée sur le dernier album du label « Madness Tenors-Be Jazz For Jazz » et les musiciens font mentir le titre du thème. Ça tourne parfaitement, même si on sent les musiciens très concentrés. Pour le second morceau la musique regarde du côté de Louis Moreau Gottschalk, avec la Marche des Gibaros enregistré sur « Jazz Before Jazz ». le groupe a trouvé ses marques. Les écritures des thèmes diffèrent mais la texture musicale prend sa forme et sa couleur. L’interprétation du groupe se démarque de celle des albums.
soutenus avec souplesse par la batterie dont Ramon Lopez use comme d’une percussion, faisant alterner des passages rythmiques et des moments empreints de douceur mélodiques. Il se saisit d’expressions des soufflants dont il capte l’essence et s’évade alors dans des improvisations qui semblent le combler de bonheur. Le concert est sous contrôle, plus de doute, « O.S.L.O » a trouvé son idiome.
Après ce voyage dans l’univers de la musique improvisée, Mario Stanchev entraîne « O.S.L.O » dans son monde avec son magnifique Portrait en deux couleurs, écrit comme un hommage à Duke Ellington et Billy Straihorn. Inspiré, il a capté la quintessence et les couleurs de ces deux maîtres du piano et de la composition. Porté par le groupe, il donne alors à entendre son expressivité la plus sensible sur ce clavier qu’il utilise comme un pinceau pour dessiner un moment d’intense émotion où le silence respire.
Après cette escale romantique, le voyage continue dans les univers musicaux et voici venir les couleurs familières du groupe uKanDanZ de Lionel Martin et Damien Cluzel. Là encore, même si l’on reconnaît Awo, le thème écrit par Lionel Martin, une fois encore la musique se dépayse. Elle quitte les sentiers incandescents foulés par uKanDanZ tout en respectant l’esprit de l’écriture originale et le thème se transfigure.
d’escarpins et parcours son manche tout en retenue. Pourtant il conserve ce groove qui est sa marque de fabrique mais insuffle une tonalité plus blues que rock. On pense à Marc Ribot. Au saxophone ténor, Lionel Martin maîtrise son énergie et donne à entendre une sonorité, des inflexions et des attaques qui ne sont pas sans évoquer celles d’un certain Rollins des années 60. L’entente des deux compères reste entière.
« O.S.L.O » termine le concert avec un thème de Mario Stanchev, Hymne, comme un hymne à la liberté qu’on aurait envie de baptiser Ouch! Hymn. Le public conquis en redemande et les musiciens reviennent interpréter Sema, un titre emblématique du répertoire d’uKanDanZ. La solide trame orchestrale fait circuler l’énergie et le voyage musical se termine en beauté.
Le saxophoniste Ganesh Geymeier au discours riche et mature. Le trompettiste Alain Vankenhove connu pour ses collaborations avec les plus grands du jazz. Le bassiste sénégalais Mamadou Ba aujourd’hui directeur de l’Orchestre Harry Bellafonte à New-York. Le percussionniste Edmundo Carneiro. L’harmoniciste Olivier Ker Ourio. Le jeune pianiste Bastien Brison membre du « Sangoma Everett Trio ». Sangoma Everett a par ailleurs choisi de collaborer avec le jeune et talentueux arrangeur Philippe Maniez.
Le 13 mai 2016, le troisième album de Basel Rajoub, « The Queen of Turquoise » (Jazz Village/Harmonia Mundi) a reçu un accueil unanime et chaleureux. Ce projet s’inscrit dans le Soriana Project, un corpus d’œuvres musicales que le saxophoniste compose. Basel Rajoub conçoit ce projet en hommage à sa Syrie natale. (Soriana signifie notre Syrie). « The Queen of Turquoise » est la traduction littérale du nom de l’épouse du compositeur, Malika, la reine, Fairouz, la turquoise.

Pour l’album « Hi Dream » (Paris Jazz Underground/Absilone/Socadisc) sorti le 06 janvier 2017, Alexis Avakian a réuni l’équipe de son premier disque « Digging Chami ». Autour de lui on retrouve le pianiste Ludovic Allainmat, le contrebassiste Mauro Gargano, le batteur Fabrice Moreau et le doudoukiste Artyom Minasyan dont les accents timbrent de nostalgie les ambiances de quatre titres. On découvre ici le leader à la flûte et à la guitare. Fidèle au label du collectif Paris Jazz Underground, Alexis Avakian affirme une identité perceptible dans l’écriture et dans le son propre au groupe.