Le quartet Rahona résulte de la rencontre de deux guitaristes, Joël Rabesolo et Julien Marga. En quartet, les deux musiciens proposent un album dont le titre emprunte son nom au groupe. « Rahona » cultive lyrisme et poésie. Sa musique emprunte au jazz et intègre des éléments de musique africaine, de rock et de musique contemporaine. De belles sensations musicales aux couleurs pastels et aux ambiances nuageuses.
Label ECM-Focus3-Janvier 2017 – La voix de Theo Bleckmann
Theo Bleckman enregistre « Elegy » en leader chez ECM
Avec « Label ECM-Focus3 » se poursuit l’exploration de l’identité ECM. Sur l’album « Elegy » sorti le 27 janvier 2017, le chanteur Theo Bleckmann fait ses débuts comme leader chez ECM. Un album sublime où le chanteur évoque la mort sous un éclairage lumineux.
Après être apparu sur les deux albums ECM de Meredith Monk, « Impermanance » (2007) et « Mercy » (2002), Theo Blackmann a tenu un rôle important sur « A clear Midnight », l’album que la pianiste Julia Hülsmann a consacré en 2015 aux chansons de Kurt Weill.
« Elegy » est le premier album de Theo Bleckmann comme leader chez ECM. Chanteur à la voix d’une pureté rare, il pratique son art avec audace comme le ferait un peintre. Sa voix pose des traits de lumière sur la toile musicale déroulée par le groupe. Le chanteur propulse librement ses vocalises sur les parois d’une bulle sonore dont il semble qu’elle réverbère les échos de sa voix.
Sur « Elegy » Theo Bleckmann est accompagné de son compagnon de longue date, le guitariste Ben Monder, du pianiste Shai Maestro et de la subtile section rythmique constituée de Chris Tordini et John Hollenbeck. Certes l’album met en vedette Theo Bleckmann comme chanteur mais aussi en tant que compositeur.
Porté par la performance collective de l’orchestre, le chant de Theo Bleckmann s’étire sur les accords du piano et sa voix de ténor Prend toute sa mesure dans l’univers singulier que tisse le guitariste Ben Monder avec qui le chanteur a déjà travaillé en duo. Si Bleckmann a aussi joué avec le batteur John Hollenbeck, c’est par contre une nouvelle collaboration qu’il entreprend avec le contrebassiste ChrisTordini et Shai Maestro dont le toucher léger presque minimaliste convient tout à fait au contexte de l’album. Le pianiste joue d’ailleurs un rôle majeur dans l’album dont il assume en grande partie le contexte harmonique sur lequel évolue le chanteur. Le pianiste est tout aussi impliqué dans la dimension rythmique assurée en grande partie par la guitare et la batterie.
Le titre de l’album, « Elegy », réfère « à la mort ou évoque… la transcendance existentielle » que Theo Bleckmann a souhaité convovoquer. Malgré la gravité du contexte, le chanteur offre une musique lumineuse. Les climats changeants et contrastés nimbent la mortalité d’une aura d’espoir dénué de tristesse.
Les onze titres tressent les fils du silence avec les lignes de l’élégance. Des textes sur quatre des onze titres. De petites pièces instrumentales comme des respirations, comme des îles posées sur le fil de la vie. Sur les autres morceaux, Théo Bleckmann improvise et crée des ambiances qui empruntent la légèreté aux plumes des anges célestes.
On découvre avec intérêt la sublime interprétation de chanson de Sondheim Comedy Tonight dont le chanteur donne une version assez éloignée de l’originale la dotant d’une tonalité mélancolique. Les arrangements planants restituent le souvenir de l’humour et du regard toujours amusé que sa mère récemment décédée portait encore à 91 ans sur les choses de la vie.
Toujours en référence à la thématique de l’album, les paroles To Be Shown to Monks at a Certain Temple sont celles d’un poème Zen sur lequel Theo Bleckmann a mis de la musique. « Il s’agit de ne pas abandonner, de ne pas penser à la mort, juste continuer à bouger, ne pas être morose, continuer à vivre » précise le chanteur.
Theo Bleckmann a écrit Take my life en pensant à Bach et à ses cantates et plus précisément Ich habe genug. Sur un rythme soutenu, la voix évoque un départ presque joyeux vers l’au-delà. Le chanteur imagine « ce que serait de mourir, de perdre peu à peu ses facultés : perdre la voix, son pouls, son souffle ». L’orchestre porte la voix jusqu’au silence. Nul pathos, la vie/la mort, l’énergie avant la fin.
On vibre à l’écoute de la mélodieuse Elegy et on est touché par l’ambiance quasi fantomatique du morceau « Fields » où le toucher impressionniste du batteur évoque les mouvements des herbes qui ploient sous le souffle du vent changeant.
Enregistré aux Studios Avatar de New York, « Elegy » a bénéficié de toute l’attention du producteur Manfred Eicher qui a assuré la Direction artistique de l’album. C’est par exemple lui qui a suggéré d’utiliser des matériaux écrits par le chanteur comme des bases d’improvisations libres et de les insérer des respirations instrumentales, comme des îlots de sérénité entre les chansons. Ainsi l’album ouvre avec Semblance et se termine avec Alate alors qu’au milieu du répertoire Cortège résonne comme une marche funèbre.
« Elegy ». Une réussite absolue. Les atmosphères flottantes de l’album évoquent avec grâce les émotions liées au cycle immuable de la vie. Flexible et contrôlée la voix du chanteur évolue toute en retenue.
Très bientôt un billet « Label ECM-Focus4 » pour explorer d’autres enregistrements du Label ECM.
Les nuages musicaux de « Rahona »
Clin d’œil à Nils Wülker & « Go »
Pour l’homme toujours en mouvement qu’est Nils Wülker, rien d’étonnant à ce que son dernier album sorti le 04 septembre 2020 s’intitule « Go ». Le compositeur et trompettiste hambourgeois opère une plongée réussie dans la musique électronique. Dix titres pour découvrir des atmosphères énergiques ou planantes, cinétiques ou oniriques. Un voyage serein qui conjugue joie de vivre et espoir en devenir.
Harold López-Nussa revient avec « Te Lo Dije »
Deux ans après « Un Día Cualquiera, Harold López-Nussa revient avec « Te Lo Dije ». Sur son troisième album chez Mark Avenue Records, le pianiste cubain propose une voyage musical coloré et festif. Reggaeton, Songo et Mozambique irriguent les propos du quartet et de ses invités. Une musique énergique et très actuelle dont les accents vibrants mêlent jazz et pop cubaine.
Basel Rajoub du 16 février 2017 est annoncé comme une 
Chaque morceau développe un climat particulier. Du qanûn de Feras Sherastan s’élèvent des mélodies aux notes cristallines qui invitent le saxophone à propulser son chant dans les médiums puis à s’épaissir et enfler, soutenu par la percussion. Avec élégance et précision Andrea Piccionni caresse les tambourins plus qu’il ne les frappe. Rythmique autant que mélodique le percussionniste fait pleurer la peau des tambours. A l’issue d’un solo sensible et bouleversant il ouvre tous les possibles à ses deux complices qui croisent leurs chants inspirés. Au-dessus des harmonies développées par le qanûn plane le souffle du saxophone.
duclar mais conserve sur tous les instruments un son sensible, boisé et chaud qui rappelle parfois celui du duduk.
Dix-huit valses ou java/valses au répertoire de l’album « Le Bal Perdu ». Celles de l’accordéoniste Jo Privat qui sont à l’origine du projet que propose le flutiste Joce Minniel aux membres de l’Art Sonic Ensemble. Le flutiste élabore des arrangements suffisamment charpentés pour que basson, hautbois, cor, flûte et clarinette tissent la trame d’une orchestration aux fils musicaux inspirés. Sylvain Rifflet et Baptiste Germser proposent aussi quelques arrangements. Les notes du talentueux accordéoniste Didier Ithursarry survolent avec élégance le tissu léger soufflé par les vents. Le miracle opère et la musique virevolte et danse.
Après un peu plus de 30 ans de carrière, Richard Galliano a enregistré plus de cinquante albums et embrassé avec talent de nombreuses esthétiques musicales, la chanson, le tango, la musique brésilienne le jazz sans oublier la musique classique puisqu’il est le seul accordéoniste concertiste à enregistrer Mozart, Bach ou Vivaldi pour le prestigieux label discographique allemand “Deutsche Grammophon”.
Album innovant, « Transparent Water » (World Village/Pias) témoigne d’une aventure autant humaine que musicale et de la quête incessante du pianiste Omar Sosa vers de nouvelles orientations musicales.
L’album « Asi de Sampling ! » (Sound Surveyor Music/L’Autre Distribution) a été enregistré en 2016 par « Vocal Sampling » sous la direction de René Baños Pascual. « Vocal Sampling », dont les débuts remontent à 1989, regroupe aux côtés du directeur musical René Baños Pascual, les chanteurs Oscar Porro Jimenez, Reinaldo Sanler Maseda, Pedro Guillermo Bernard Coto, Luis Alberto Alzaga Mora et Hector Crespo Enriquez.
Même si Christophe Monniot ne se prétend pas un inventeur, il possède un réel talent d’écriture. En effet, on se souvient de sa relecture des « Quatre Saisons » de Vivaldi à qui il a fait croiser le changement climatique. L’œuvre est inspirée et monumentale. Après la création du projet au Rhino Jazz Festival le 07 octobre 2006, l’album « Vivaldi Universel (saison 5) sort en 2009 et reçoit un accueil unanime de la critique et du public.
Avec l’altiste Guillaume Roy et l’accordéoniste Didier Ithursarry avec qui il a enregistré l’album « Station Mir » en 2012. Avec le pianiste Roberto Negro et son groupe » Kimono » qui l’invite et avec qui il a enregistré en 2015.
En 2006, Christophe Monniot et le pianiste/claviériste d’origine hongroise Emil Spányi créent le groupe « Ozone » et sortent la même année un premier album au titre éponyme. En 2010 le duo « Ozone » s’étoffe rejoint par le batteur Joe Quitzke et ils enregistrent l’album « This is c’est la vie » avec Lukács Miklós, joueur de cymbalum (cithare de table à cordes frappées). Le résultat est inouï, lyrique et détonnant, dense et impétueux. En 2016 « Ozone » devient « Ozone Acoustyle Quartet » avec l’arrivée du contrebassiste Mátyás Szandai et la sortie de l’album « Organic Food » (BMC). Le disque séduit par son équilibre absolu entre lyrisme et liberté.
Al Jareau va alors enchaîner des tournées triomphales dans le monde entier à la suite de quoi il grave en 1977 le double album live « Look To The Rainbow » qui lui vaut son premier Grammy Award. Il est alors désigné chanteur jazz de l’année par la revue Downbeat. La France n’est pas en reste et le sacre aussi chanteur jazz de l’année. Ballades de charme, scats qui s’envolent. Al Jarreau use de la souplesse de sa voix pour imiter basse et percussions ce que bien d’autres reprendront par la suite.
De « Breakin’Away » (1982) on garde le souvenir joyeux de l’écoute du titre éponyme, de We’re In This Love Together et aussi du fameux Roof Garden. On sent alors poindre chez Al Jarreau une orientation qui confine à une variété/pop de qualité.
concert du 11 février ouvre à 20h30 devant une salle comble avec une démonstration de percussion offerte par Sangoma Everett, Edmundo Carneiro et Dele Sosimi sur un tambour des Collections du Musée des Confluences. Après cette introduction l’orchestre au grand complet gagne la scène. Les musiciens des différents pays d’Afrique sont parés de costumes colorés ainsi que les choristes. La salle retient son souffle.


Après avoir évoqué la personnalité et le rôle clef de Fela Kuti en tout début de spectacle, Sahr Ngaujah assume son rôle avec un professionnalisme hors pair. Sa présence scénique charismatique dénuée de tout cabotinage est totalement dévolue à la musique et participe à la réussite du spectacle. Il demeure investi même durant les « intermèdes » pourtant assez éloignés des propos musicaux de l’Afrobeat.
tible. Le percussionniste Edmundo Carneiro tient le rythme avec vigueur. Maillon actif dans la transmission de l’héritage de Fela Kuti, le claviériste Dele Sosimi témoigne une attention continue au déroulement du spectacle. Tantôt hiératique dans sa tenue traditionnelle derrière les claviers, tantôt impliqué dans les mouvements scéniques débridés auxquels il participe.