« Think Bach Op.2 », Édouard Ferlet renoue avec Bach

Ferlet re-pense Bach

Après « Think Bach » paru il y a cinq ans, Édouard Ferlet renoue avec Bach sur « Think Bach Op.2 ». Une récidive de bon aloi où Ferlet, en piano solo, compose et improvise autour des œuvres de Jean-Sébastien Bach. Entre hommage introspectif et conversation passionnée.

La musique de Jean-Sébastien Bach constitue un réservoir infini d’inspiration pour le pianiste Édouard Ferlet qui entretient une relation suivie et plus qu’intime avec sa musique. En effet, après « Think Bach » paru en 2011 puis « Bach Plucked Unplucked » enregistré en 2015 avec la claveciniste Violaine Cochard, le pianiste de jazz récidive et renoue avec Bach. Il continue son exploration des partitions de Bach sur « Think Bach Op.2 » (Mélisse/Outhere) sorti le 28 avril 2017. Sur l’album, neuf compositions du pianiste et une interprétation du largo du Concerto pour clavecin n°5 en Fa mineur BWV 1056.

La première écoute de l’album suscite d’abord un moment d’incrédulité, « …comment, il approche de nouveau la musique de Bach ! » mais sitôt après survient l’étonnement, « surprenant, il est vraiment parvenu à renouveler son propos » et enfin, avec l’immersion totale, advient le plaisir inconditionnel que procure cet opus absolument addictif.

Avec « Think Bach Op.2 », Édouard Ferlet, déjà imprégné de l’œuvre de Bach, pénètre encore plus avant au cœur de l’écriture du Maître de Chapelle. Il se glisse dans la trame des partitions qu’il explore comme un chercheur en quête de compréhension. Pour cet album le pianiste dissèque les lignes musicales, pose, dépose et repose autrement les notes, dérange et change les rythmes, bouscule la structure de la musique de Bach. On se demande s’il s’agit d’une communion ou d’un jeu espiègle entre Ferlet et l’âme de la musique de Bach. Peut-être les deux à la fois d’aileurs.

La lettre introductive que le pianiste adresse à J.S. Bach dans le livret dit beaucoup de son rapport avec le compositeur baroque. Il le tutoie, c’est dire sa familiarité avec lui. A travers les termes de la missive on perçoit  la relation passionnée voire même physique entretenue avec la musique de celui qu’il admire. « … je te joue et joue avec toi. Mes doigts en folie courent et s’essoufflent dans l’ivresse et la rigueur de tes lignes, mes muscles se figent et se relâchent pour exprimer ma rage et ma passion ». Si Édouard Ferlet fait état de ses « anciennes blessures » ce n’est point pour s’en plaindre mais pour les évoquer comme un point de départ de sa renaissance.

Sur « Think Bach Op.2 », Édouard Ferlet communie avec la musique de Bach, ausculte sa respiration profonde et entre en relation intime avec les partitions dont il s’abreuve. Il communique avec le compositeur dont il explore l’écriture. Il la comprend et déjoue les difficultés. Il joue à déplacer les phrases, à modifier les intervalles, à décaler les rythmes et les cadences, à bousculer les lignes de construction. On ne parle pas de transgression mais plutôt d’une exploration de la substance musicale. Cette recherche en quête de compréhension nourrit son inspiration. En effet de cette démarche naît une nouvelle musique comme une filiation innovante et respectueuse.

A partir de techniques compositionnelles variées évoquées dans le livret, le pianiste apporte des touches contemporaines et se réapproprie la musique de Bach. Ferlet se projette dans le monde de Bach. Il pénètre dans le rythme, le son, la charpente de la musique et les accueille dans l’univers du jazz. Il explore même les mélodies comme sur les quatre minutes de la seule piste de l’album qu’il n’a pas composée. C’est en effet uniquement la mélodie qu’il restitue du largo du Concerto pour clavecin n°5 en fa mineur BWV 1056.  Moment surprenant et émouvant.

Crazy B est sans doute la pièce où l’on perçoit le plus la manière dont le pianiste compose un morceau à partir d’une phrase citée puis cernée contournée, reprise autrement, remise sur le métier, travaillée encore et encore, transformée jusqu’à devenir un leitmotiv rythmique étourdissant où une mélodie trouve place. Le pianiste propose ainsi à l’auditeur « plusieurs sas de décompression » comme des paliers qui familiarisent l’oreille à l’évolution progressive de la phrase originale.

Encore une fois Édouard Ferlet inscrit Bach dans l’espace de sa propre musique et lui ouvre la porte du jazz via ses compositions et ses improvisations. On est  touché par la sensibilité qui se dégage de Miss Magdalena (inspiré du prélude en ut majeur BWV 846) où le pianiste siffle à l’unisson un thème écrit dans la tessiture de son sifflet.

On se laisse emporter par la rythmique et les oasis mélodiques dépaysants de Es ist Vollbracht fort distancié de l’air de la Passion selon saint Jean BWV 245. On écoute Oves, pièce façonnée « autour de l’intervalle de seconde et de l’ostinato rythmique empruntés au Prélude en sol dièse majeur BWV 884 ». Édouard Ferlet la présente comme une « ouverture… généreuse, qui a le sourire solaire, comme la musique de Bach »

 

Édouard Ferlet sera en concert pour la sortie de son album au Café de la Danse à Paris le samedi 13 mai 2017 à 20h. Avec en invités Naïssam Jalal et Sonny Troupé.
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Jazz Day 2017 par-ci, par-là… Jazz Day au Sirius

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La fougue de Gaël Horellou enflamme le Sirius

Faute de posséder le don d’ubiquité, impossible de profiter de la totalité des évènements du Jazz Day 2017 à Lyon même si tous sont attractifs. Le Jazz Day au Sirius enflamme la péniche et enchante son public. Gaël Horellou porte le message d’un jazz multiculturel et ouvert.

Comme annoncé, le Jazz Day 2017 à Lyon, Saint-Étienne et Vienne, augurait des réjouissances prometteuses pour le 30 avril. 24h de jazz à vivre un dimanche laissait envisager la possible participation de familles à cet évènement. Ce fut le cas et l’on a observé de nombreux jeunes enfants aux côtés de leurs parents durant les évènements diurnes de ce Jazz Day 2017 à Lyon.

Faute de pouvoir se transporter dans l’espace et le temps pour profiter de tous les spectacles proposés pour cette Journée Internationale du Jazz, on choisit d’entreprendre une déambulation le long des fleuves de la métropole des Gaules.

On se dirige du côté du Bémol5, 01 rue de la Baleine sur les quais de Saône, dans ce lieu qui a ouvert ses portes le 21 avril avec la venue de David Linx et de « InLab 4tet ». Ce 30 avril 2017, Yves Dorn et son équipe propose un Brunch au Bémol5 à partir de 13h30 avec la promesse d’une double programmation.

Lorsqu’on arrive, la salle affiche « complet ». Le concert de Magnetic Orchestra a commencé depuis 13h30. Il s’agit en fait du Magnetic Orchestra « augmenté ». En effet, le trio est devenu quartet avec la participation du saxophoniste ténor Stephan Moutot qui a rejoint le contrebassiste François Gallix, le pianiste Benoît Thévenot et le batteur Nicolas Serret. On découvre à l’occasion que l’orchestre présente son nouvel album « June ». Le public applaudit à tout rompre et visiblement le plaisir est de mise tant sur la scène que dans la salle. Après la courte mais énergique prestation du Magnetic Orchestra s’installent les 17 musiciens du Limonest Swing Band dirigés par Stéphane Rivero.

Le Bémol5 ne désemplit pas et la fête du jazz continue mais on le quitte pour se diriger vers le Jazz Club Saint Georges du même côté de la Saône. Dans cette cave sympathique est programmé le Georges V Quintet et là encore la salle affiche « complet »… même les escaliers sont occupés. On écoute les derniers morceaux du groupe sur l’écran situé dans l’entrée alors qu’affluent les nouveaux spectateurs venus pour écouter le Jazz Club Quarte. Décidément, du côté de la Saône, le jazz attire le public. 

On poursuit le parcours du Jazz Day péri-fluvial en direction de la confluence du Rhône pour rejoindre le Musée des Confluences qui consacre le Jazz Day aux Racines du Jazz et on prend le parti de s’y rendre en avance pour pouvoir accéder au grand Auditorium du musée et à sa double programmation, conférence de Florent Mazzoleni puis concert de Lionel Martin & Mario Stanchev autour du répertoire de l’album « Jazz Before Jazz ». mais que nenni !  Impossible d’accéder aux gradins de la salle, là encore le lieu affiche complet pour les deux spectacles.

Déçus, on se réjouit malgré tout du succès que rencontre le Jazz Day tout au long des fleuves lyonnais. On en profite pour deviser avec d’autres spectateurs déçus que l’on engage à se rendre au Sirius.

On remonte le Rhône en direction de la péniche amarrée en face 04 quai Augagneur, le Sirius qui, pour ce jazz Day accueille le saxophoniste Gaël Horellou qui vient présenter son nouveau projet et  son album « Identité ». A 17h, il y a déjà foule pour un concert qui doit commencer à 18h et qui débute à 18h30 son premier set. Les rayons du soleil dardent leur lumière à travers les vitres de la péniche dont la température va très vite monter. Outre l’astre solaire, c’est aussi et surtout la musique de Gaël Horellou et de son groupe qui réchauffe l’ambiance.

C’est en effet la verve habituelle du saxophoniste alto qui déclenche l’enthousiasme du public massé dans tous les recoins du pont. Il y a certes des fidèles qui suivent le saxophoniste mais aussi des spectateurs venus profiter de ce moment festif proposé dans le cadre du Jazz Day. Ils font coup double et découvrent en même temps le lieu et les musiciens. D’emblée, ils adhèrent à cette musique chaleureuse et énergique que le groupe offre avec grande générosité.

 Sur scène le saxophoniste Gaël Horellou est entouré de Florent Gac (orgue) et du guitariste réunionnais Nicolas Beaulieu. Si les percussionnistes de l’album ne sont pas présents, Vincent Alyberil, Fredo Ilata, Zelito et David Dorisa assurent leur partie avec brio et l’on met bien au défi quiconque de faire la différence tant sont grands leur enthousiasme et leur talent.

La musique demeure live ce qu’elle est sur l’album. Elle oscille entre les caractéristiques du Jazz et ceux du Maloya, entre chaleur des percussions et improvisations du jazz. L’altiste navigue très bien entre les deux mondes dont il possède les codes. Avec lui coexistent modernité du jazz et tradition du maloya.

La mise en place de la musique est parfaite, l’altiste possède une présence scénique inouïe. L’orchestre tout entier s’investit et avec Saint Leu et Identité la pression monte à son paroxysme. Le premier set ébouriffant se termine par une romance poétique (dixit Gaël lui-même) issue du répertoire de Broadway, Nature boy gravé sur l’album « Identité ». Le saxophoniste change de registre sans effort et son discours se pare d’accents sensibles presque poétiques.

L’orchestre attaque le second set avec Grand Brillé ou d’emblée Gaël Horellou introduit une dimension quasi mystique au cœur de la musique. Les tambouyé tendent le rythme alors que Nicolas Beaulieu déclenche l’enthousiasme du public. La transe n’est pas loin lorsque l’altiste totalement libéré enflamme presque le pont de ses improvisations hypnotiques. Malgré l’effort, le saxophoniste ne se départ pas de son sourire. La musique coule et sa chaleur se répand dans l’assemblée qui reçoit avec un bonheur palpable cette musique où se marient la culture de la Réunion et celle du jazz. Après l’interprétation de Lonely Woman composition d’Ornette Coleman où l’émotion et la sensibilité sont perceptibles, le concert se termine avec des vibrations tout droit venues de la Réunion.

La Journée Internationale du Jazz prône le dialogue interculturel. On termine ce Jazz Day péri-fluvial 2017 en adéquation avec cette philosophie. En effet, c’est bien ce qu’a offert la chaleureuse et solide musique jouée par Gaël Horellou et les musiciens qui l’accompagnent autour de son projet « Identité », un exemple absolu de musique multiculturelle et ouverte.

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Jean-Philippe Viret revient avec « Les idées heureuses »

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Élégance poétique autour de François Couperin

Jean-Philippe Viret revient avec l’album « Les idées heureuses » cinq ans après le premier opus « Supplément d’âme » où il avait enregistré « Les barricades mystérieuses » de Couperin. Une élégante promenade musicale entre poésie et introspection.

Sur ce nouvel album « Les idées heureuses » (Mélisse/Outhere Music France) sorti le 14 avril 2017, le contrebassiste Jean-Philippe Viret poursuit sa quête autour de François Couperin. Le disque emprunte d’ailleurs son titre à une pièce de l’auteur, issue du premier livre de pièces de clavecin paru en 1713.

Le contrebassiste revient avec son quatuor « Supplément d’âme ». Ce quartet à cordes est dissident dans la forme du quatuor classique dont la composition requiert deux violons, un alto et un violoncelle, En effet dans le quartet à cordes tel que l’a voulu Jean-Philippe Viret, la contrebasse remplace le second violon du quatuor. Ainsi dans son quatuor à cordes, le contrebassiste de jazz réunit autour de lui l’altiste David Gaillard, le violoniste Sébastien Surel et le violoncelliste Eric-Maria Couturier.

Avec élégance, liberté et poésie, Jean-Philippe Viret célèbre la musique de François Couperin dont le quatuor « Supplément d’âme » reprend d’ailleurs une pièce, « La muse plantine ». Les autres morceaux du répertoire sont tous des compositions originales du contrebassiste. Trois thèmes s’inspirent librement de trois pièces de Couperin. L’Idée qu’on s’en fait d’après « Les idées heureuses » de Couperin, L’an tendre, d’après « Le dodo ou l’amour au berceau » de Couperin, Tocs et tics et chocs d’après le « Le tic-toc-choc ou Les maillotins » de Couperin.

Musicien et compositeur, Jean-Philippe Viret prouve par son parcours musical son art à gérer l’éclectisme et à y réussir. On le connait pour avoir joué depuis plus de 30 ans dans l’Orchestre de contrebasses. Jean-Philippe Viret travaille aussi la matière musicale avec le groupe « 60% de matière grave » où il réunit trois instruments « graves » de 3 familles différentes, un saxophone basse avec Eric Seva, un tuba avec Michel Godard et lui-même à la contrebasse. On sait qu’il a aussi travaillé comme sideman aux côtés d’autres musiciens de jazz comme Marc Ducret, Simon Goubert ou Emmanuel Bex et bien d’autres solistes internationaux comme Dave Liebmann.

Après avoir été membre du trio de Stéphane Grappelli de 1989 à 1997, Jean-Philippe Viret a créé en 1998 son propre son trio avec lequel il a depuis enregistré des albums tous aussi passionnants les uns que les autres. Dans ce trio il se produit avec Fabrice Moreau à la batterie et Edouard Ferlet au piano. C’est d’ailleurs ce dernier qui a assuré la direction artistique de l’album « Les idées heureuses » enregistré à la Courroie à Entraigues-sur-la-Sorgue en octobre 2016.

Sur « Les idées heureuses », Jean-Philippe Viret livre en toute liberté sa propre vision du monde musical de François Couperin. La musique dessine un univers poétique qui accueille dans son intimité toute oreille qui veut bien écouter avec attention et sans a priori de genre.

La liberté que donne l’improvisation appartient à toutes les musiques et à tous les musiciens qui souhaitent la mettre au cœur de leur pratique. C’est pourquoi on ne s’inscrit pas ici dans un débat qui souhaiterait déterminer si ce disque inscrit ou non son propos dans le monde du jazz, ou une autre controverse qui prétendrait que l’album ne respecte pas à la lettre l’univers de la musique baroque de François Couperin.

En fait, considérant que l’improvisation, indissociable de la pratique du jazz, était aussi inscrite en son temps d’une autre manière dans la pratique de la musique baroque, on en conclut que cette écriture instantanée qu’est l’improvisation relie le jazz et la musique baroque. Les neuf plages de l’album « Les idées heureuses » se donnent à écouter avec limpidité pour quiconque accepte de lâcher ses repères pour rencontrer ceux qui balisent le monde de Jean-Philippe Viret.

On est touché par la dimension onirique de l’album « Les idées heureuses » qui sonne comme une musique de film. Une bande-son qui accompagnerait la rêverie d’un promeneur confronté à un monde qui l’étonne et le comble à la fois. Empreint de nostalgie et d’introspection, le propos explore la carte des sentiments de ce rêveur qui évolue entre étonnement, ravissement, questionnement et incertitude. Les quatre musiciens du quatuor à cordes réuni par Jean-Philippe Viret mettent leur maîtrise technique au service de la sensibilité et déclenchent des émotions sensibles chez l’auditeur.

Pour écouter sur scène le quatuor « Supplément d’âme » dans le répertoire de l’album « Les idées heureuses », rendez-vous le 2 mai à Jazz à Eaubonne (95600), le 30 juillet au Parc Floral de Paris dans le cadre du Paris Jazz Festival ou le 02 août à Jazz in Marciac… et pour en savoir plus sur tous les concerts à venir du contrebassiste, il suffit de consulter le site de Jean-Philippe Viret.
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¡Caramba!… Bigre au Périscope le 27 avril 2017

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Quelle histoire… c’est un Vrai Voyage à Cuba

Après avoir sorti le remarquable album « ¡Caramba! », le big band Bigre! obtient un franc succès pour son concert du 27 avril 2017 au Périscope. Feu d’artifice sur la scène, ambiance effervescente dans la salle.

Il est des concerts pour lesquels on ne regrette pas de s’être déplacés, celui de Bigre! au Périscope le 27 avril 2017 fait partie de ceux-là.

Le 27 avril 2017, c’est complet pour le concert de Bigre! au Périscope à l’occasion du lancement de l’album « ¡Caramba! ». Cela laisse déjà augurer d’un franc succès pour le big band Bigre! groupe fort prisé du  public lyonnais. Durant les deux sets les ¡Caramba ! fusent de partout. Dans la salle, nombreux sont celles et ceux dont le corps suit rythme de la musique. On voit même des couples danser dans le plus pur style « école de danse ». En fin de concert, l’ambiance de la salle est chauffée à blanc par un public dont l’enthousiasme est à la hauteur de la prestation de l’orchestre. Si on a été enthousiasmé par le dernier album du groupe, on a tout autant apprécié la prestation scénique de Bigre! qui a été de la meilleure facture.

Félicien Bouchot peut se louer de diriger Bigre!. Sur scène, les arrangements sont somptueux et précis et la mise en place du répertoire parfaite. Les improvisations des solistes démontrent, s’il est encore besoin que cela soit prouvé, la valeur de chacun des musiciens. Soutenue par l’ensemble orchestral, la chanteuse Célia Kameni, offre une prestation généreuse et fort soignée. Sa présence scénique fait montre d’un grand professionnalisme. Sa voix parvient à surmonter sans forcer la puissance du big-band qui joue à toute vapeur. Du jazz vivifiant et rutilant qui fait monter la température de la salle et déchaîne l’enthousiasme du public.

Sans doute les rythmes et les mélodies déclenchent l’adhésion des spectateurs car ils résonnent dans la conscience collective populaire qui n’a pas oublié les grands standards de la tradition cubaine des années 50. Par contre la musique de Bigre! n’oublie pas pour autant de s’inscrire dans la modernité du jazz orchestral contemporain.

Bigre! a depuis longtemps fait ses preuves dans des répertoires dont l’idiome est d’ordinaire fort loin de l’esthétique cubaine. On connaissait déjà la précision des arrangements, la puissance de de ce big band dont a coutume de dire « qu’il envoie » et sa capacité à faire preuve de nuances sans oublier la qualité individuelle des solistes.

En quittant le territoire musical habituel où il n’avait plus rien à prouver, le big band s’est lancé un défi. Sur l’album et aussi sur scène, Bigre! prouve qu’il maîtrise parfaitement la métrique compliquée des rythmiques cubaines. Les soufflants conservent leur puissance orchestrale et adaptent leur vocabulaire d’improvisateur à cette esthétique latine avec laquelle ils se sont tout à fait familiarisés. A vrai dire Félicien Bouchot peut se vanter d’avoir réussi son pari avec brio. Bigre! restitue tout à fait l’esprit des orchestres cubains d’antan.

De bout en bout du concert, ce 27 avril, Bigre! joue avec énergie. Au saxophone baryton Fred Gardette ouvre le bal des soufflants qui tous ont donné le meilleur d’eux-même sur le devant de la scène stimulés par le public, la puissance de la section rythmique et le soutien des cuivres. Vers la fin du second set, le guitariste ne boude pas son plaisir et rivalise sans rougir avec les cuivres lors d’un solo très bien construit qui déclenche un enthousiasme plus que débridé dans la salle.

On ne tarit point d’éloges non plus sur la puissance de feu de la section rythmique qui assure de bout en bout sans faillir. La présence efficace de Nicolas Frache à la basse contribue aussi à la solidité de cette rythmique qui sait pourtant adapter sa puissance lors des interventions de la chanteuse. Les trois trombones, quatre trompettes et cinq saxophones n’ont pas épargné leur souffle. Lors des tuttis, une lave rutilante sort de leurs pavillons et embrase la salle.

L’orchestre ne se pas contente de présenter les titres gravés sur l’album « ¡Caramba! », il ajoute aussi des morceaux des répertoires précédents. L’alternance entre les titres instrumentaux et les titres chantés est parfaite. Le public manifeste beaucoup d’enthousiasme vis à vis de Voyage à Cuba et de Quelle histoire mais sait écouter avec attention la Chanson des Vieux Amants.

Bigre a gardé Mea Culpa pour le rappel. ¡Caramba ! … le morceau déclenche un regain supplémentaire d’embrasement dans la salle où tous et toutes ont depuis longtemps tombé les pulls. Même après le concert on continue à répéter les paroles en boucle !  Édith Piaf ne se doutait sûrement pas que l’arrangement de cette chanson sur un tempo cubain déclencherait un tel accueil auprès du public le 27 avril 2017 au Périscope à la fin du concert de Bigre !

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Sonny Troupé Quartet Add2 présentent « Reflets denses »

Sonny Troupé Quartet Add2 présentent « Reflets denses »

Une double réalité, tantôt jazz, tantôt créole

Sur son nouvel album « Reflets Denses », Sonny Troupé explore des mélodies gwo ka qu’il arrange. La matière première prend des reflets différents, tantôt jazz, tantôt créole. Un quartet, un trio, deux saxophones pour diffracter le même sujet musical. Une musique chaleureuse loin des formats standards.

Héritier de la tradition gwo ka, le batteur et percussionniste guadeloupéen Sonny Troupé fait partie de cette nouvelle scène jazz dynamique et créative venue des Antilles. Son univers gravite aux frontières de plusieurs mondes. Après « Voyages et Rêves » (2013) puis « Luminescence » (2015) en duo avec Grégory Privat, Sonny Troupé récidive avec un nouvel album « Reflets denses » sorti le 05 avril 2017. 

Sonny Troupé a travaillé durant trois ans pour préparer cet album. Il a étudié, écouté, analysé la musique gwo ka, sa tradition et sa modernité. Le disque restitue l’authenticité de cette musique. Il s’est amusé à exploiter de manière différente une même base de mélodie pour qu’à la fin les musiques restituent des reflets différents, tantôt plus axé sur le gwo ka moderne, tantôt plus orienté vers le jazz. Bien sûr à cela, Sonny Troupe rajoute des métriques issues du métal qu’il a aussi étudié sans oublier quelques pincées d’électro pour pimenter le tout.

Le tambour ka, la percussion traditionnelle de la Guadeloupe, demeure au cœur de la musique de Sonny Troupé mais son ouverture aux mondes musicaux le conduit à confronter ses racines caribéennes avec les autres influences. Sur l’album  « Reflets Denses », il interroge l’identité créole de sa musique au travers du prisme de ses autres influences, jazz, fusion, metal. Il navigue entre passé et présent pour envisager l’avenir. Il reconfigure la tradition pour transfigurer le présent et nous invite en quelque sorte à un voyage à travers le temps. L’expérience est très plaisante.

Pour « Reflets Denses », Sonny Troupé ne lésine pas sur les moyens et réunit plusieurs formations et musiciens. Bien sûr le Sonny Troupé Quartet avec le pianiste Grégory Privat, le bassiste Mike Armoogum, le tambouyé Olivier Juste, et lui-même, à la batterie et au tambour maké.

Le groupe Reflets Denses avec le pianiste Jonathan Jurion, le bassiste Michel Alibo et le tambouyé Arnaud Dolmen. L’entité « Add 2 » composée de Thomas Koenig au saxophone ténor et à la flûte et Raphaël Philibert au saxophone alto. Sans oublie des invités. Christian Laviso qui intervient à la guitare sur Twa Jou San Manjé. Lucie Kancel et Patrice Hulman pour les chœurs, le jeune Djokaèl Méri au tambour maké sur l’introduction du thème Equation.

Un maître de musique derrière ses tambours. Trois binômes où chaque instrumentiste est le reflet de l’autre, piano, basse et gwo ka. Un duo de saxophones pluriels, avec le ténor qui penche vers le jazz et la fusion alors que l’alto est plus baigné dans le gwo ka et la musique antillaise. Un guitariste expert des rythmiques et harmoniques ka. Le résultat est à la mesure de l’effectif. Outre les prestations des musiciens, l’album intègre au fil des plages des samples sous des formes variées. Chant du coq qui ouvre le disque et évoque le début du jour, ambiances de rue, vie de marché et aussi chanteurs traditionnels et musiciens (Lin Canfrin, Kristen Aigle, Sergius Geoffroy, Robert Oumaou…).

Titre après titre, d’un reflet à un autre, les ambiances alternent. Pianistes et bassistes se croisent. Jonathan Junion se rapproche de Mike Armoogum sur la ballade intitulée Une fin ? D’une facture plus contemplative que les autres morceaux du disque, ce thème pourrait autant annoncer un début qu’une fin mais avec le temps, qui sait ?

Sur Evocation, flûte, saxophone et piano fusionnent très contenus par une section rythmique plutôt ronde. Grégory Privat chemine avec Michel Alibo. Ça sonne très jazz au niveau des expositions de thèmes et des improvisations.

Sur Twa Jou San Manjié du compositeur Guy Kontèt la contribution du guitariste Christian Laviso accentue le climat tendu du morceau. Rythmiques complexes des percussions que les saxophones poussent dans leurs retranchements. La basse se joint à la mêlée musicale jusqu’à la résolution finale éclatée et salvatrice.

L’écoute du quatrième titre, Le Temps, est un régal. Les percussions scandent avec violence l’infinie force du temps, la basse ronfle, le piano évoque la ronde des heures qui filent, les saxophones crient jusqu’au paroxysme l’avancée inexorable du temps qui passe alors qu’on demeure suspendu à la voix du « diseur de texte » (dixit Sony Troupé) Toma Roche qui a mis en mot la fuite du temps et le rapport que l’homme entretient avec lui… « Le temps nous aime comme des enfants, nous berce à sa pendule, nous fait devenir grand, nous fait devenir grand, nous donne du recul, nous pousse vers l’avant…  pour nous les enfants de peur le temps est relatif… avant que l’on renonce pour ne pas avoir peur de l’avenir en attendant la réponse, on passe son temps à regarder son heure venir… comprendre que tout y passera… le temps nous serre entre ses bras de pierre… se joue de nous et nous laisse infinis, infinis… dans la tempête du temps je tente d’attraper le temps par les deux bouts… « 

« Reflets Denses ». Onze titres à la fois différents et ressemblants. Une matière sonore chaude et flamboyante à la fois. On embarque avec le coq mais impossible de débarquer. On laisse l’album tourner en boucle pour mieux s’immerger dans le caraïb’jazz de Sonny Troupé et ses amis musiciens.

Et pour vivre en concert la musique de « Reflets Denses », rendez-vous le le 10 mai 2017 à 20h au Centre culturel Barbara, 1 rue Fleury à Paris.
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Jazz à Vienne 2017, les suggestions de Benjamin Tanguy

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 Pour bien choisir ses soirées

Chaque année la question se pose aux festivaliers quand il s’agit de choisir parmi les soirées programmées par Jazz à Vienne. Benjamin Tanguy, le coordinateur artistique du festival, accepte de jouer le rôle de guide pour éclairer d’éventuels indécis. On ne pouvait pas espérer meilleur conseiller.

On remercie Benjamin Tanguy d’avoir joué le jeu qui consiste à suggérer quelques orientations pour guider des spectateurs encore hésitants face aux 14 soirées proposées au Théâtre Antique par le festival Jazz à Vienne, du 29 juin au 13 juillet 2017. Il s’agit bien sûr de plusieurs « profils spectateur » imaginés à dessein pour cet interview… et même si l’on ne se reconnaît que partiellement dans ces portraits de festivaliers, les suggestions de Benjamin Tanguy s’avèrent pertinentes.

Nicole Videmann : on sollicite votre aide pour conseiller des spectateurs qui souhaiteraient organiser l’agenda de leurs soirées durant le festival Jazz à Vienne. En effet ces personnes aimeraient ne pas se tromper dans leurs choix et assister à 3, 4 ou 5 soirées qui répondent à leurs goûts musicaux ou à leurs aspirations personnelles. Le premier groupe rassemble des ‘jeunes’ pas familiers de jazz mais amateurs de musique « qui groove ». Ils souhaitent « s’éclater ensemble » durant quelques soirées.

Benjamin Tanguy : puisqu’ils aiment le groove on peut d’emblée leur conseiller la soirée du 01 juillet avec la venue du groupe De La Soul qui revient, après 11 ans d’absence, avec un nouvel album plébiscité par la presse et très ouvert musicalement. Ce groupe très atypique a été crée dans les années 82 à New-York. Très influencé par le jazz et la soul, De La Soul puise ses racines dans le jazz des années 70 et même s’il a choisi de s’exprimer via les textes, il demeure très instrumental et joue en live. Cet été il ne fait que quelques dates et le festival est très heureux de les avoir. Durant cette même soirée est proposé le projet « Hip-Hop symphonique », reprise  d’une création donnée en en 2016 à Radio France avec un orchestre symphonique. A Vienne c’est l’ONL (Orchestre national de Lyon) qui intervient avec la venue exceptionnelle de MC Solaar, avec les Sages Poètes de la Rue de retour après 14 ans d’absence et aussi avec Ärsenik et Bigflo & Oli.

Ensuite on peut sans risque leur proposer d’assister à la Soirée Funk du 08 juillet avec Larry Graham, Trombone Shorty et Juan Rozoff et aussi à la Soirée Soul du 10 juillet avec Mary J. Blige et en ouverture la prestation solo de Lianne La Havas, la petite protégée de Prince. S’il aiment le groove un peu ‘nouvelle génération’, on peut aussi leur proposer la soirée du 11 juillet avec Deluxe (qui a collaboré avec I Am et -M-) et  Postmodern Jukebox qui assure d’ailleurs la première partie de soirée. On  peut enfin les engager à vivre la All Night Jazz du 13 juillet puisqu’il y a au moins deux groupes très festifs qui bougent et correspondent à leur envies, Con Brio et Bixiga 70.

NV : il y a ensuite un groupe de collègues de travail qui souhaitent avant tout vivre et partager ensemble une soirée conviviale et se distraire sans se « prendre la tête » avec des musiques complexes. Ces jeunes quarantenaires aspirent avant tout à se distraire et à profiter de soirées festives.

BT : on pourrait leur conseiller de commencer avec la soirée du 29 juin qui présente le projet plutôt ouvert de Zucchero. Le chanteur est très influencé par le blues du delta du Mississippi où il a d’ailleurs enregistré son album. Je conseillerais aussi peut-être la soirée du 05 juillet avec le pianiste-chanteur Jamie Cullum et la chanteuse Stacey Kent en première partie ainsi que la Soirée Blues du 06 juillet. Il s’agit d’une soirée très ouverte avec Vintage Trouble, groupe au chanteur très charismatique qui se produit certes dans les grands festivals de blues mais aussi de rock et de Metal et qui a assuré les premières parties des Who et ACDC.

Ensuite on peut les engager à vivre la Soirée Cuba du 07 juillet avec la création réalisée par le pianiste cubain Roberto Fonseca qui invite Eliades Ochoa et Daymé Arocena. Cette soirée permet aussi de percevoir l’influence de l’Afrique sur la musique cubaine avec la venue de la diva béninoise Angelique Kidjo qui rend hommage à la chanteuse salsa Célia Cruz. On pourrait aussi leur proposer la Soirée Funk du 08 juillet qui devrait convenir car elle demeure dans une dynamique festive.

NV : que conseiller par contre à des néophytes d’un âge médian qui souhaiteraient assister à des soirées un peu « prestigieuses » et pouvoir ainsi échanger ultérieurement avec des amateurs du jazz ? Il importe aussi de préciser qu’il s’agit de leur première venue au festival Jazz à Vienne.

BT : d’emblée, on peut leur conseiller d’assister à la soirée du 30 juin où se produit l’un des maîtres du jazz, le pianiste Ahmad Jamal qui revient en quartet avec un magnifique album autour de la ville de Marseille. Il est avec des invités prestigieux, Abd Al Malik et Mina Agossi. Ce même soir ils pourront écouter en première partie le trompettiste de la Nouvelle-Orléans Christian Scott qui vient pour la première fois à Vienne. Il a joué avec des grands du jazz comme Marcus Miller et produit une musique engagée et puissante émotionnellement et va sortir prochainement un triple album. La soirée devrait être plutôt acoustique même si peu d’électricité peut teinter le groupe du trompettiste.

On les engage aussi à assister à la soirée du 05 juillet avec le pianiste-chanteur Jamie Cullum qui vient en trio et partage le plateau avec la chanteuse Stacey Kent et ensuite à la soirée du 09 juillet avec Youn Sun Nah, et le trio Ponty/Lagrène/Eastwood. Cette formation constitue un véritable évènement car elle réunit trois générations d’artistes qui ont trois visions différentes de la musique, trois cultures musicales. Une réunion d’artistes prestigieux.

On leur propose ensuite la soirée du 12 juillet où se produit le pianiste quasiment légendaire Herbie Hancok. On note que la première partie de la soirée propose le projet très exigeant du saxophoniste Donny McCaslin qui a remporté récemment deux Awards. Pour précision, il a participé au dernier album de David Bowie, « Black Star » (paru deux jours avant sa mort) où il a joué avec le guitariste Ben Monder, le claviériste Jason Lindner,, le bassiste Tim Lefebvre et le batteur Mark Guiliana. On devrait écouter des morceaux de style fusion.

On peut enfin les engager à assister à la Soirée Hommage à Coltrane, le 03 juillet qui propose des mélanges de générations avec des réinterprétations différentes de la musique du Maître. Cette soirée produit le projet de Jeff Mills et Emile Parisien qui ne sonne pas free mais très contemporain. En effet, les deux artistes font ensemble une relecture de l’album « A Love Supreme ». Il s’agit d’un concept très particulier où Jeff Mills utilise sa machine. Durant une heure, les morceaux sont lus en direct et Mills retravaille en direct sur les machines le son du saxophoniste Parisien avec des reprises en boucle. C’est la seule date en France de ce projet durant l’été. Le plateau du 03 juillet constitue un évènement. Il présente deux jeunes artistes d’aujourd’hui qui revisitent l’œuvre de Coltrane à leur façon et deux autres grands musiciens qui eux, ont joué avec Coltrane. La venue du mythique saxophoniste Pharoah Sanders à elle-seule constitue un véritable évènement même s’il n’a plus la verve d’antan. On fait confiance au saxophoniste Archie Shepp pour honorer l’héritage de Coltrane avec des musiciens d’aujourd’hui réunis à ses côtés tels que le saxophoniste Shabaka Hutchings, le pianiste Jason Moran, le batteur Nasheet Waits et la chanteuse Marion Rampal.

NV : à quel public pourrait convenir la soirée du 04 juillet qui n’a pas été évoquée ?

BT : on peut conseiller la soirée du 04 juillet à des néophytes qui viendraient pour la première fois au festival car s’y produit Anne Sila qui est connue pour avoir participé à « The Voice ». Du coup, elle possède la double culture jazz/pop qu’elle revendique. Elle conçoit d’ailleurs comme une fierté de passer sur la scène de Jazz à Vienne où elle se produit avec le Magnetic Orchestra. La venue du pianiste Yaron Herman avec son nouveau projet peut aussi plaire à un public novice car il présente de fort beaux morceaux de jazz vocal. Enfin la soirée présente aussi Émile Parisien et l’accordéoniste Vincent Peirani qui rendent hommage à Joe Zawinul disparu il y a 10 ans. Le duo est entouré d’un all-stars de musiciens dont certains ont joué avec le maître des claviers, comme le batteur Paco Sery, le bassiste Lindley Marthe et le percussionniste Aziz Samahoui. A leurs côtés on retrouve aussi le guitariste Manu Codjia et le claviériste Tony Paeleman. Cette soirée du 04 juillet pourrait tout autant convenir à des inconditionnels de jazz à l’esprit ouvert.

Dans cette chronique sont uniquement évoquées les soirées programmées au Théâtre Antique. Par contre tous les festivaliers trouveront musiques à leur goût soit sur la scène de Cybèle soit durant les afters de fin de soirée au « Club de Minuit » ou au « Jazz Mix » dans la salle du Théâtre Vienne, en accès libre. Pour une information exhaustive sur tous les concerts et évènements proposés par le festival, il est bien sûr conseillé de se connecter sur le site de Jazz à Vienne.

Propos recueillis le 18 avril 2017 auprès de Benjamin Tanguy, coordinateur artistique de Jazz à Vienne
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Jazz à Vienne 2017, les suggestions de Benjamin Tanguy

Zoom sur Jazz à Vienne 2017 avec Benjamin Tanguy

 Partir du passé pour construire l’avenir du jazz

Du 29 juin au 13 juillet, Jazz à Vienne propose 14 soirées au Théâtre Antique. Benjamin Tanguy, coordinateur artistique du festival, met en évidence les liens qui se tissent au cœur des soirées et révèle les lignes de cohérence de cette édition 2017.

Après avoir présenté la programmation du festival jazz à Vienne 2017 avec ses stars, ses hommages et ses soirées thématiques on a souhaité s’entretenir avec Benjamin Tanguy, le coordinateur artistique du festival pour en savoir plus. On le remercie d’avoir accepté de faire un zoom explicite sur les liens qui sous-tendent la trame de l’organisation et donnent du sens à cette programmation.

Nicole Videmann : pouvez-vous préciser ce qui caractérise cette édition 2017 du festival Jazz à Vienne ?

Benjamin Tanguy : cette édition 2017 se déroule du 29 juin au13 juillet avec de nombreux hommages à des artistes qui ont marqué l’histoire du jazz et de la musique au sens large du terme. A vrai dire, l’idée n’est pas de rendre des hommages dans un contexte nostalgique en prétendant que « la musique c’était mieux avant ». En fait, il s’agit plutôt d’avancer avec le passé pour construire l’avenir. Il convient de se rendre compte de tout ce que ces artistes (à qui l’on rend hommage) ont apporté et en même temps de se dire que la nouvelle génération de musiciens possède cela en héritage et qu’elle l’assume. Autrement dit, les musiciens d’aujourd’hui se sont construits avec cette musique-là et donc ce qu’ils vont produire dans le présent et dans l’avenir sera influencé par ces artistes disparus.

C’est bien le cas avec John Coltrane qui est un des musiciens qui a le plus révolutionné le jazz, lui qui était à l’aise sur de nombreux registres (be-bop, hard-bop, free jazz) et qui était autant attiré par des musiques indiennes que par des musiques africaines. Un tel artiste continue d’influencer les musiciens. Ceux qui apprennent le jazz dans les écoles de musique, dans les conservatoires et même de manière autodidacte sont influencés par Coltrane.

Un projet comme la rencontre entre Jeff Mills et Émile Parisien, le 03 juillet lors de la Soirée Hommage à John Coltrane, s’inscrit dans cet axe et correspond à ce que le festival aime présenter. En l’occurrence, avant d’avoir connaissance de leur projet à l’automne dernier, on savait que Coltrane faisait partie des influences du saxophoniste Émile Parisien mais on ignorait que Jeff Mills était un passionné de Coltrane. Leur rencontre prouve que des musiciens actuels a priori fort différents arrivent à communiquer musicalement autour de l’œuvre de musiciens disparus qui les ont influencés. Nous souhaitons faire connaître au public la musique de ceux qui influencent encore aujourd’hui les artistes d’aujourd’hui.

Pour Prince il s’agit de la même chose. Jeanne Added qui a débuté dans le jazz est capable de chanter pendant 4 heures d’affilée la musique de Prince avec beaucoup d’émotion. Ce qu’on veut présenter le le 08 juillet, c’est une soirée consacrée à la musique de Prince et non pas faire défiler des artistes qui ont joué avec lui. Bien sûr Larry Graham a été un de ses bassistes mais il n’a joué avec Prince que durant une période. En guise d’Hommage à Prince, on initie donc une création avec deux artistes qui représentent Prince et le funk à la française, Jeanne Added et Marco Prince, et Juan Rozoff qui fut un des ambassadeurs de la funk dans les années 90 aux côtés de FFF (Fédération Française de Funk) même s’il a depuis un peu quitté la scène funk. Il y aura aussi Trombone Shorty qui a joué avec Prince et qui se produit très souvent avec Lenny Kravitz, lui-même très influencé par Prince.

Dans toute la programmation de Jazz à Vienne il y a un fil. Par exemple Keziah Jones vient sur scène le 13 juillet dans la All Night Jazz avec un nouvel EP qui précède un album à venir à la rentrée. Or, sur cet album et donc dans le répertoire qu’il va présenter il y a des reprises de Coltrane et de Fela Kuti (auquel est consacrée la journée du 02 juillet) et l’on sait aussi combien Keziah Jones est influencé par Prince. Il existe donc des liens entre tous ces artistes présentés et ceux du passé.

L’idée est de mettre en évidence tout ce que le passé nous a appris, de ne pas lui tourner le dos et en même temps de ne pas adopter un côté nostalgique, d’être fier de ce que ces musiciens disparus ont apporté à la musique et de continuer à avancer avec leur musique.

NV : qu’en est-il en ce qui concerne David Bowie ?

BT : Cela procède de la même logique pour ce qui concerne le magnifique hommage qui sera rendu par Seu Jorge lors de la All Night Jazz. Suite à la disparition de David Bowie, le guitariste et chanteur brésilien Seu Jorge a décidé de jouer en live les morceaux de Bowie qu’il interprétait en brésilien dans le film de 2004 « La vie Aquatique » de Wes Anderson. Sur la scène du Théâtre Antique le 13 juillet, Seu Jorge va chanter exclusivement en brésilen, simplement accompagné de sa guitare acoustique dans un décor très marin évoquant le film, avec le bonnet rouge (référence à Cousteau) et des images du film qui seront projetées sur les écrans. Après 22h quand la nuit sera tombée, Seu Jorge sera seul sur scène… ce sera magique. On rêvait depuis 6 ans de faire venir cet artiste au festival. Cette année nous avons su très tardivement que sa venue était confirmée et nous nous en réjouissons.

NV : on peut donc percevoir un délicat fil d’Ariane qui relie tous ces hommages ?

BT : Oui c’est vrai. A vrai dire c’était quasi incontournable pour ceux qui ont disparu comme Coltrane et Fela Kuti (décédés respectivement en 1967 et 1997), mais il ne s’agit pas uniquement de marketing a priori. En fait on essaie de créer des liens, de proposer ces spectacles à un nouveau public.

Par exemple l’hommage à Zawinul n’est pas corrélé avec le fait que 2017 constitue une date anniversaire de sa mort (2007). En fait, à l’origine on envisageait de proposer une éventuelle « Carte Blanche » à Vincent Peirani. L’accordéoniste évoque alors ses après-midis d’adolescence où il relevait les chorus de Joe Zawinul. On ignorait tout à fait que l’accordéoniste Peirani avait pu être influencé par Zawinul. En outre son binôme musical Émile Parisien avait déjà rendu un hommage à Zawinul en juillet 2010 au Parc Floral avec Paco Sery. Du coup ils ont conçu un projet qui sera présenté le le 04 juillet dans le cadre de la Soirée French Touch. Il faut s’attendre à quelque chose d’assez génial puisqu’il y aura aussi à leurs côtés des musiciens qui ont joué avec Joe Zawinul en l’occurrence, Lindley Marthe (basse) Paco Serry (batterie), et aussi Aziz Sahmaoui (percussions).

NV : en quelque sorte il existe un passage de témoin entre les « créateurs disparus » et la nouvelle génération ?

BT : Oui et cela devrait permettre au public de continuer à évoluer en même temps que le jazz comme cela s’est déjà fait depuis les années 20 au fur et à mesure de l’évolution des styles, du swing au be-bop, puis au hard bop, au free jazz ou à la fusion etc… Certes certains publics sont restés fidèles à une chapelle ou à une autre mais l’essentiel pour le festival est d’essayer de faire plaisir à tous ces fans de jazz, d’aller vers d’autres publics et aussi de faire du lien entre les publics et les musiques.

Pour y parvenir, il convient de présenter des projets cohérents, de tenter quand cela est possible de faire du lien entre la première scène et la tête d’affiche, même si cela n’est pas toujours très simple sur 15 jours de festival. Il est vrai que cela est complqué car l’organisation des tournées ne permet pas toujours de travailler les thèmes de manière suivie. Les artistes pressentis en septembre ne sont plus toujours disponibles en février…

NV : au-delà de la programmation qu’est-ce qui différencie  le festival Jazz à Vienne de tous les autres festivals de jazz français ?

BT :après réflexion et avec le sourire… C’est le lieu magique que constitue le Théâtre Antique de Vienne. D’abord il possède une acoustique exceptionnelle et aussi il induit une proximité rare entre les artistes et le public. Ce « mur d’humanité » impressionne les artistes autant de jour que de nuit. De plus, les musiciens voient la Vierge Noire de Pipet qui surplombe le Théâtre. Particulièrement lorsqu’elle est éclairée durant la nuit certains artistes ressentent une sorte de connexion mystique.

Il y a aussi un autre élément propre à Jazz à Vienne. Le public ne vient pas pour être vu, pour se montrer, il vient pour l’échange, pour vivre la musique en direct. De nombreux festivaliers se retrouvent d’année en année, ils se sont approprié le lieu et se placent presque toujours au même endroit. Pour eux, Jazz à Vienne est un rendez-vous annuel vis à vis duquel ils manifestent une sorte d’attachement populaire. Ce festival appartient  finalement à tout le monde et surtout aux musiciens. Il est vrai que créé par des passionnés, le festival Jazz à Vienne a toujours eu le souci de mettre en avant la musique et les musiciens qui sont les stars du festival.

NV : en 2017 au-delà de ces points déjà évoqués, sur quoi souhaitez-vous attirer l’attention des festivaliers ?

 BT : 37 années de festival n’empêchent pas de s’interroger et d’envisager des remises en question pour avancer. Après avoir dématérialisé la billetterie, on fait le choix de passer au paiement sans espèces via l’utilisation d’une carte ou d’un pass. On parle de paiement cashless. Plus besoin de fouiller dans les poches ou les sacs à la recherche de billets, de pièces, des files d’attente moins longues, un système rapide et sécurisé sans blocage à la caisse où il n’y aurait plus de monnaie. Les festivaliers peuvent charger sur la carte ou le pass le montant de leur choix, de chez eux ou sur place et peuvent alors payer de manière rapide et sécurisée…

NV : … et ainsi on peut être encore plus disponible pour profiter de la musique et la partager avec ses voisins en toute convivialité !

Propos recueillis le 18 avril 2017 auprès de Benjamin Tanguy, coordinateur artistique de Jazz à Vienne
Saison 2020/21 pour l’Auditorium de Lyon & Jazz à Vienne

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Tony Allen annonce la sortie d’un EP en hommage à Art Blakey

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De Art Blakey à Tony Allen via Blue Note

Le batteur Tony Allen annonce la sortie chez Blue Note d’un EP de quatre titres avant la parution prochaine de son premier album sur le label mythique annoncé pour septembre 2017. « A Tribute to Art Blakey And The Jazz Messengers » rend hommage au batteur de jazz américain Art Blakey, influence majeure de Tony Allen.

En attendant la sortie de son album attendu pour l’automne, Tony Allen annonce la parution d’un EP de quatre titres produit par Vincent Taurelle, « A Tribute to Art Blakey And The Jazz Messengers » (Blue Note/Universal) disponible dès le 19 mai 2017.

Moanin, A Night In Tunisia, Politely et Drum Thunder Suite. Quatre standards des « Jazz Messengers » rejoués à travers le prisme de l’afrobeat.

Le style de Tony Allen tient autant des influences nigérianes et africaines que de celles des boppers rythmiciens que furent Kenny Clarke, Max Roach et Art Blakey. Surnommé « Bihaina » en Afrique où il a longtemps séjourné, le batteur Art Blakey (1919-1990) est cité comme le plus africain des batteurs américains de jazz. Il est aussi identifié comme l’un des pères du be-bop à la batterie, au même titre que Kenny Clarke et Max Roach.

Quand Tony Allen a entendu Art Blakey la première fois à Lagos dans les années 1960, il s’est imaginé écouter plusieurs percussionnistes jouant ensemble. Lorsqu’il réalise qu’un seul homme produit cela sur un seul et même instrument, il conçoit d’aborder son instrument de la même manière, comme un orchestre. Il déclare d’ailleurs : « je m’engage dans la batterie comme dans un orchestre, j’essaye de rendre mon jeu orchestral ».

Tony Allen pratique « l’articulation/désarticulation des éléments de la batterie, insiste sur la charley et la cymbale ride permettant de lâcher les coups sur les autres tambours ».

D’origines nigériane et ghanéenne, le batteur Tony Allen est né à Lagos le 12 août 1940. Il débute son instrument à dix-huit ans tout en travaillant comme technicien radio. En 1964, Tony Allen commence à jouer avec Fela Anikulapo Kuti. Du jazz, ils vont évoluer vers leur propre style, l’afrobeat, invention parachevée lors de leur tournée américaine de 1969, aux côtés de musiciens afro-américains, à cette époque houleuse de l’après-assassinat de Martin Luther King.

Tony Allen fut le batteur de Fela Kuti mais aussi son directeur artistique. D’ailleurs Fela lui-même a affirmé: « Sans Tony Allen il n’y aurait pas d’afrobeat ». Avec Fela Kuti & Africa 70, Tony Allen participe aux enregistrements majeurs du groupe tels que « Jealousy Progress » (1978), « No Accomodation for Lagos » (1978) ou « No Discrimination » (1978). 36 albums à leur crédit.

En 1979 Tony Allen rompt avec le chanteur et rejoint l’Europe pour tracer sa propre voie. Il travaille avec de nombreux musiciens notamment avec Ray Lema et Roy Ayers, le « Never Expect Power Always » et surtout Manu Dibango sur l’album « Wakafrika »  en 1994. Avec son propre album « Black Voices » Tony Allen réalise en 2000 la fusion entre afrobeat, rock, funk et hip-hop. En 2003  il sort l’album « Home Cooking », alliant pureté du style et des mélopées traditionnelles avec dub, funk et sonorités électroniques puis « Unsung Heroes » et « Soul II Soul ».

Après un « Tony Allen Live » en 2004, le batteur retourne à ses racines en enregistrant, dans son pays natal, le disque « Lagos No Shaking » en 2006. En 2007, Tony Allen et son nouveau groupe dénommé ‘The Good, The Bad and The Queen’ rend hommage au chanteur Bono, activiste investi dans des missions humanitaires africaines, sur l’album « In The Name of Love : Africa Celebrates U2 » (2008).

Depuis plusieurs années Tony Allen tente de nombreuses expériences (techno, électro). En 2012, le maître de l’afrobeat participe à « Rocket Juice & the Moon », avec le bassiste Flea (du groupe ‘Red Hot Chili Peppers’) et Erykah Badu. Damon Albarn, l’ex-chanteur de Blur est également présent sur le titre Go Back, extrait du dixième album solo de Tony Allen, « Film of Life », paru en octobre 2014 et produit par le groupe français les « Jazzbastards » (Ludovic Bruni, Vincent Taeger et Vincent Taurelle) chez Jazz Village.

On peut dire aujourd’hui que le batteur connaît une seconde jeunesse à Paris et en France. On se souvient avoir écouté un concert donné par Tony Allen en « Hommage à Art Blakey » le 11 mars 2016 dans le cadre du festival A Vaulx Jazz.

En 2017, en enregistrant le répertoire d’Art Blakey, Tony Allen, le batteur inventeur de l’Afrobeat se fait plaisir et rend  hommage à l’une de ses sources d’inspiration, Art Blakey, le batteur inventeur du hard bop. On se rappelle qu’Art Blakey enregistrait en son temps sur le label historique Blue Note. Ainsi avec « A Tribute to Art Blakey And The Jazz Messengers », le nouveau projet de Tony Allen gravé sur Blue Note, la boucle est bouclée. Blue Note relie donc ces deux batteurs essentiels.

On découvre le premier single de l’EP « A Tribute to Art Blakey And The Jazz Messengers » qui permet d’écouter la version que Tony Allen donne de Moanin’, la composition du pianiste Bobby Timmons.

Rendez-vous prochainement pour retrouver Tony Allen et la sortie de l’album complet « A Tribute to Art Blakey And The Jazz Messengers » attendu pour la rentrée d’automne chez Blue Note.
Saison 2020/21 pour l’Auditorium de Lyon & Jazz à Vienne

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« Remembering Jaco » par Charlier/Sourisse/Multiquarium Big Band

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Sur « Remembering Jaco », le Multiquarium Big Band d’André Charlier et Benoît Sourisse fait revivre la mémoire de Jaco Pastorius avec Biréli Lagrène à la basse fretless. La voix de Peter Erskine, ancien batteur de Weather Report, évoque la mémoire de Jaco. Les dix-sept musiciens de l’orchestre et leur invité rendent un hommage éblouissant au grand bassiste. Orchestrations éclatantes et jubilatoires… du groove à couper le souffle !

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Youn Sun Nah explore un nouvel univers, « She Moves On »

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La chanteuse va de l’avant mais conserve son ADN

Sur son nouvel album « She Moves On », la chanteuse Youn Sun Nah explore plusieurs facettes de la musique nord-américaine. Quatre ans après « Lento » sa voix unique n’a rien perdu de son élégance et de son potentiel émotionnel. Ballades touchantes, mélodies nostalgiques… Youn Sun Nah fait mouche.

Les titres des albums de Youn Sun Nah enregistrés sous le label ACT parlent… En 2009 la chanteuse dit son goût pour le « Voyage ». En 2013 avec « Lento » elle affirme son intérêt pour les ballades. Si en 2011 sur « Same Girl », elle avouait être restée la même, en 2017 sur « She Moves On », Youn Sun Nah explore d’autres contrées et avance mais sa voix n’en demeure pas moins reconnaissable dès la première note.

« She Moves On ». Sur ce nouvel opus, l’univers musical de la chanteuse Youn Sun Nah évolue. Le titre de l’album lui-même annonce la couleur. Elle va de l’avant, elle tourne la page en quelque sorte mais elle n’en renie pas pour autant son esthétique. Son ADN, sa VOIX, demeure. En effet, la chanteuse possède toujours ce pouvoir de captiver l’auditeur. Elle transforme son chant en ondes porteuses de mille éclats qui deviennent autant d’émotions lumineuses. 

On a annoncé « Shes Moves On » le nouvel album de Youn Sun Nah et sa prochaine venue sur les scènes de l’hexagone durant le printemps et l’été. Vient maintenant le temps de présenter ce quatrième opus de la chanteuse coréenne chez ACT. Cet album est bienvenu après l’absence de la chanteuse sur les scènes européennes depuis le printemps 2015.

Annoncé pour le 19 mai 2017, l’album « She Moves On » (ACT/PIAS) donne à entendre Youn Sun Nah dans un nouvel environnement musical. La chanteuse explore la musique nord-américaine avec un tout nouveau quartet américain. En premier lieu il convient d’évoquer celui qui est le producteur et l’arrangeur de l’album, le pianiste et claviériste Jamie Saft.

Plutôt connu pour son travail auprès des musiciens de l’avant-garde américaine comme John Zorn, Marc Ribot, Cuong Vu et Chris Speed, Jamie Saft démontre aussi sur ce disque son talent d’accompagnateur. Ses subtiles variations génèrent de sensibles atmosphères qui conviennent tout à fait à l’expression nuancée de la chanteuse. Comme producteur Jamie Saft a veillé à doter l’album d’un son chaleureux et feutré qui évoque les chansons de ces grands compositeurs et/ou interprètes du passé. Rien de vintage pourtant. L’ambiance demeure ancrée dans le XXIème siècle.

Pour avoir accompagné des musiciens aussi différents qu’Ornette Coleman ou Elvis Costello, le contrebassiste Brad Jones est lui aussi l’homme de la situation. Batteur du groupe « The Little Willies », Dan Rieser a participé à plusieurs enregistrements de Norah Jones dont le fameux « Come Away With Me », ce qui laisse penser qu’il a quelque familiarité avec l’accompagnement des voix. On comprend qu’une telle section rythmique soit capable de s’adapter à des contextes très différents qui vont de l’avant-garde à la pop. Leur présence sur l’album contribue pour beaucoup à sa qualité.

Quant au guitariste qui intervient sur cinq titres, on ne pouvait rêver mieux puisqu’il il s’agit du talentueux Marc Ribot dont les interventions toujours aussi brillantes et inspirées contribuent à faire de cinq chansons les moments phares de l’album. On peut aussi noter l’intervention d’un quartet de cordes sur une composition originale qui tente de restituer l’ambiance des années 60. L’enregistrement de « She Moves On » s’est déroulé aux studios Sear Sound de New York, au cœur du quartier de Hell’s Kitchen.

Dans son nouveau répertoire, Youn Sun Nah explore avec talent quelques titres allant du rock à la pop, en passant par le folk, le jazz, sans oublier les musiques traditionnelles auxquelles s’ajoutent trois compositions originales, Traveller qui ouvre l’album, Too Late (où intervient le quatuor de cordes) et Evening Star en final.

Dans des albums précédents, la chanteuse avait déjà revisité des titres de pop, de chanson française (Philippe Sarde), de rock (Metallica, Tom Waits, Nine Inch Nails), des chants traditionnels (coréen et américain) et même un morceau de Scriabine. Sur son nouvel album, Youn Sun Nah explore uniquement des musiques nord-américaines. On retrouve deux chants traditionnels. Black Is The Colour Of My True Love’s Hair (1915) qu’a interprétée Nina Simone et la chanson A Sailor’s Life (18ème siècle) d’après la version arrangée par « Fairport Convention » où chantait Sandy Danny en 1969.

En ce qui concerne les reprises, certaines ont obtenu des triomphes en leur temps comme par exemple Teach The Gifted Chrildren, le fameux titre que Lou Reed a enregistré en 1980 sur « Growing Up in Public ». La tonalité bluesy enjouée donnée par Marc Ribot est accentuée par la sobriété vocale de la chanteuse et par l’accompagnement de la section rythmique qui se calque sur le titre original.

D’autres reprises sont moins connues comme la chanson She Moves On enregistrée en 1990 par Paul Simon sur l’album « The Rhythm of the Saints » où la section rythmique offre une caisse d’écho à la voix de la chanteuse qui, stimulée par la guitare accrocheuse, se fait un peu plus aventureuse. The Dawntreader enregistré en 1968 par Joni Mitchell sur son premier album studio « Song to a Seagul  » ne compte pas parmi les titres les plus connus de la chanteuse américaine. La comparaison entre les versions des deux chanteuses demeure à l’avantage de l’originale beaucoup plus sensible, même si l’accompagnement de Jamie Shaft se fait très discret. Sur le seul titre qui émarge quelque peu dans le répertoire jazz, Fools Rushing In de R. Bloom et J. Mercer, l’orchestre contribue à donner un côté lénifiant à cette chanson que même Sinatra n’avait pas pu gommer en 1940. 

On a particulièrement apprécié la reprise que Youn Sun Nah fait avec la guitare écorchée de Marc Ribot de Drifting, la ballade dont Jimi Hendrix avait gravé un premier jet mais qui fut publiée avec deux ajouts après sa mort en 1971 sur « The Cry of love » De même on a vibré lorsque Youn Sun Nah prend sa kalimba (piano à pouces) sur le titre traditionnel Black is The Color Of My True Love’s Hair. On a retrouvé les accents de fragilité et de puissance émotionnelle que sait prodiguer la chanteuse. Les notes posées avec parcimonie et sensibilité par la seule contrebasse respectent tout à fait ce climat intime.

A l’écoute de l’album « She Moves On » on oublierait presque que Youn Sun Nah est une improvisatrice émérite. En effet sur cet opus, les effets de l’orchestre sont soignés et la technique vocale de la chanteuse est mise au service d’une esthétique qui restitue avant tout la pureté et les mille nuances de sa voix ductile, souple et puissante. On aurait pourtant apprécié quelques interprétations plus toniques voire même les improvisations débridées auxquelles elle nous avait habituées sur scène. Sans doute cette forme d’expression spontanée et moins formelle convient-elle mieux aux concerts qu’au format discographique.

Un clip rapide pour écouter celle que l’on on a découvert en 2003 durant le Rhino Jazz(s) Festival dans la petite église de Pavezin. Le temps a passé et depuis, Youn Sun Nah a quasiment atteint le statut de diva du jazz.

 
On attend donc avec impatience d’écouter les scats ébouriffants de Youn Sun Nah lors des concerts à venir sur les scènes françaises, comme par exemple les 25 & 27 mai durant le festival « Jazz sous les pommiers » à Coutances, le dimanche 09 juillet 2017 au Théâtre Antique de Vienne dans le cadre du festival « Jazz à Vienne » ou durant le festival « Jazz à Sète » le 17 juillet prochain.
Saison 2020/21 pour l’Auditorium de Lyon & Jazz à Vienne

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Opéra Underground – RV d’octobre à décembre 2020

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« Remembering Jaco » par Charlier/Sourisse/Multiquarium Big Band

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David Linx au Bémol 5 pour l’ouverture du club

David Linx au Bémol 5 pour l’ouverture du club

Le concert tient toutes ses promesses

Le 21 avril 2017, le public se presse pour écouter le groupe « InLab 4tet »et David Linx au Bémol 5, nouveau lieu du jazz lyonnais. Les spectateurs ont profité d’un concert généreux dans cet établissement rénové avec un goût très sûr.

L’attention des amateurs de jazz a été attirée sitôt l’annonce de l’ouverture de Bémol 5. Avec une affiche exceptionnelle, Yves Dorn, le maître de céans a mobilisé les fans de jazz vocal pour le concert d’ouverture du 21 avril et celui du 22 avril 2017. Stimulés par la venue du chanteur David Linx entouré par le groupe « InLab 4tet », les spectateurs sont venus nombreux pour le concert d’ouverture qui a affiché complet et dont la teneur a comblé l’assistance.

Dès leur arrivée au 01 rue de la Baleine dans le 5ème arrondissement de Lyon, les amateurs de jazz sont accueillis de manière tout à fait cordiale et professionnelle par la dynamique équipe du Bémol5. Ils découvrent alors l’ambiance cosy et chaleureuse des locaux rénovés avec goût par le propriétaire des lieux. Avant d’apprécier la musique, le public se restaure de produits gourmands et savoureux. Il est toujours de bon ton d’associer les plaisirs des sens et de faire palpiter les papilles avant que les vibrations de la musique ne comblent les oreilles.

Les musiciens du groupe « InLab 4tet » ouvrent le premier set par un titre de leur propre répertoire vite rejoints par David Linx qui interprète un premier morceau comme une « bénédiction » destinée au lieu. Après cette prière offerte à Bémol5, le concert continue et d’emblée on perçoit une belle alchimie entre le chanteur et les musiciens du groupe « InLab 4tet ».

Le saxophoniste Patrice Foudon, le pianiste Benoît Thevenot, le contrebassiste Alexandre Bès et le batteur Nicolas Serret ont totalement investi le répertoire proposé par le chanteur. David Linx reprend des morceaux de ses  albums « Changing Faces », « Rock my Boat », « Bandarkâh », « The Whistleblowers » et propose même de nouvelles pièces pas encore connues du public. Les titres se succèdent avec fluidité et les interactions musicales entre David Linx et ses accompagnateurs témoignent d’une réelle entente. De bout en bout du concert on perçoit entre les cinq musiciens une attention de chaque instant et une confiance mutuelle.

Avec beaucoup de retenue et de sensibilité Patrice Foudon et David Linx échangent sur Down on Lovers Lane, un titre que le saxophoniste avait arrangé pour l’album « Changing Faces » enregistré par David Linx & The Brussels Jazz Orchestra en 2007. C’est à Alexandre Bès qu’il échoie de commencer High Time, un nouveau morceau sur lequel le chanteur a écrit des paroles spécialement pour la soirée. Sur ‘Round About Midnight  David Linx fait un clin d’oeil à Claude Nougaro vis à vis duquel il manifeste une sincère admiration. Benoit Thevenot prend des chorus qui lui valent de vifs applaudissements. Le premier set se termine avec The Whistleblowers qui emporte l’enthousiasme du public.

« InLab 4tet » débute le second set avec Noré Linskignousurb - Oh Wotticabcha, un titre de leur dernier album qui fait monter le pression préparant ainsi le retour sur scène de David Linx qui revient interpréter une ballade de son prochain album. Il appelle ensuite deux représentants de la nouvelle génération des chanteurs qui ont travaillé avec lui dans sa classe au Conservatoire Royal de Bruxelles, Emmanuelle Duvillard et Loïs le Van. Les trois chanteurs commencent a capella et s’en donnent à cœur joie avant d’être rejoints par le quartet. La prestation inattendue mais ébouriffante ravit le public.

Le second set se déroule crescendo. La réaction du public a été très chaleureuse vis à vis de l’énergie dégagée par le groupe et le chanteur sur une nouvelle composition du saxophoniste Sylvain Beuf. On a aussi apprécié la version de Think About A Way to Stay, un titre de l’album « Bandarkâh » enregistré en1998 par David Linx et Diederik Wissels.

Comme on l’a précisé dans un article précédent, il convient de souligner le talent et l’engagement des musiciens du « InLab 4tet » qui ont préparé le répertoire spécialement pour les deux concerts du Bémol5 et ont contribué largement à la réussite de la soirée. La qualité de leurs interventions et leur accompagnement a permis au chanteur de s’exprimer en toute confiance et de faire montre de toute l’étendue du talent qu’on lui connaît.

Doté d’une tessiture de trois octaves, David Linx possède une identité musicale singulière et l’on peut dire qu’il a marqué le chant jazz de son ADN. Sur la scène du Bémol5, il offre, comme toujours, une prestation qui déclenche l’enthousiasme du public. Son approche stylistique mêle mélodie, harmonie et rythme d’une manière unique. Il explore avec inventivité la dimension rythmique de la musique, il embrasse l’harmonie et embrase avec impertinences les lignes mélodiques. Il propulse le son avec énergie ou murmure de délicats propos. Riche d’une musicalité lumineuse et d’une présence scénique charismatique, David Linx offre une prestation raffinée, élégante et généreuse. Il parvient à ménager un équilibre harmonieux entre sensibilité et énergie. Tel un instrumentiste il orne son chant de somptueuses onomatopées. Véritables acrobaties vocales maîtrisées, ses scats n’oublient pas d’être élégants.

On regrette que les contraintes horaires n’aient pas permis d’entendre un rappel mais on comprend tout à fait qu’il faille ménager les riverains. Le concert a ravi l’ensemble du public et c’est bien l’essentiel pour les spectateurs, les musiciens, l’organisateur et surtout pour le jazz.

Peut-être même certains spectateurs reviendront le 22 avril pour le second concert du groupe et pour les prochaines soirées dont il trouveront toutes les indications sur le site du Bémol 5. On rappelle aussi les spectacles programmés par Yves Dorn au Bémol 5 à l’occasion du Jazz Day.

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