Avec « Lili », Tom Bourgeois rend un hommage sensible et poétique à la compositrice Lili Boulanger. A la tête de son quartet, et avec ses invités, Vincent Courtois et Veronika Harcsa, le clarinettiste, saxophoniste et compositeur tisse des instants musicaux chargés d’émotion et de lyrisme L’album distille un jazz de chambre, véritable délice de délicatesse et de douceur.
« Django! »… Baptiste Herbin en trio sans guitare
Innovant et réussi
C’est un véritable défi que réussit le saxophoniste Baptiste Herbin avec « Django! » sur lequel il revisite l’univers de Django Reinhardt, en trio saxophone, contrebasse, batterie. Sans guitare, l’album restitue l’essence de la musique du fameux guitariste manouche. Échanges énergiques, fulgurances virtuoses, valses enivrantes, exubérances et silences, tout concourt à faire de cet album absolue une réussite qui allie innovation et tradition.
Pour Baptiste Herbin : « Django c’est la liberté, l’émotion, l’invitation au voyage, l’Orient, l’Occident, c’est les montagnes, c’est la mer, il a une voix universelle. »
« Django ! »
Sur son nouvel opus intitulé « Django! », le saxophoniste Baptiste Herbin s’est entouré du contrebassiste Sylvain Romano et du batteur André Ceccarelli. C’est dans cette formation sans guitare que le saxophoniste investit l’univers de Django Reinhardt. L’esprit du célèbre guitariste et compositeur manouche est présent de bout en bout. Sans guitare, le pari était risqué et la réussite de ce projet innovant n’en est que plus criante.
« Django! »… un projet lyrique et virtuose, joyeux et entraînant, élégant et dynamique.
Pour la première fois, le saxophoniste a fait appel à un directeur artistique, en l’occurrence à Daniel Yvininec avec lequel il a élaboré un répertoire où cinq thèmes de Django Reinhardt coexistent avec d’autres standards connus et deux compositions du saxophoniste.
D’un titre à l’autre, le tempo ne fléchit guère et le swing constitue un élément essentiel de l’opus. Les échanges alternativement lyriques ou énergiques restituent la complicité qui règne au sein du trio. Entre le son profond de la solide contrebasse et le drive pulsatile de la batterie, le saxophoniste s’est libéré « de tous ses fards ». Sur son instrument il « chante les mélodies » et s’exprime avec finesse et profondeur.
« Django! » un album pour redécouvrir l’œuvre de Django Reinhardt avec le trio de Baptiste Herbin.
Au fil des titres.
Outre cinq thèmes de Django Reinhardt, le répertoire de « Django! » compte deux compositions de Baptiste Herbin, deux superbes valses musette, deux standards archi-connus et Django, la composition de John Lewis qui ouvre l’album. Après une introduction contrebasse/saxophone alto qui sonne comme un requiem, Baptiste Herbin offre un hommage émouvant à John Lewis. Sur son alto à la sonorité profonde, il fait preuve d’une volubilité étonnante avec des fulgurances dans les aigus.
Le saxophoniste se livre ensuite à une relecture stupéfiante du Night and Day de Cole Porter dont le trio donne une version très chantante. Porté par le drive incomparable d’André Ceccarelli, il reprend le solo original de Reinhardt harmonisé pour 2 saxophones avec un naturel et une élégante souplesse qui évoquent le style West Coast. A la contrebasse, Sylvain Romano lui répond par une improvisation d’une clarté harmonique inouïe.
Le trio enchaîne avec trois compositions de Django Reinhardt.
Une minute et dix-huit secondes suffisent au trio pour donner une version étourdissante de Montagne Sainte- Geneviève. L’alto invite à valser et phrase avec une telle limpidité qu’on pense entendre un accordéoniste. On a le tournis.
Les trois musiciens enflamment ensuite Nuits de Saint-Germain-des-Prés en le prenant sur un tempo bop rapide. Tel un acrobate des portées, l’alto s’envole avec virtuosité vers des sommets d’inspiration, stimulé par la vivacité et la puissance du jeu de balais d’André Ceccarelli. Vélocité et musicalité cheminent de concert. C’est sur un tempo ralenti que le trio joue ensuite Anouman, une ballade écrite en 1953 par Django Reinhardt. Les phrasés d’acrobate de l’altiste révèlent la richesse de sa pensée musicale.
La batterie entame un rythme de cha-cha-cha sur lequel l’alto développe Tea for Two, le thème de la chanson de Vincent Youmans avant que le saxophone ne s’envole dans un solo frénétique. Soutenu par le jeu volcanique du batteur aux baguettes magiques, l’altiste s’exprime dans un style hard-bop coloré, sonorité ample, virtuosité bondissante. Son discours explose tel un feu d’artifice.
De sa sonorité chatoyante et avec grand lyrisme, l’altiste étire le tempo et enchante tout au long du Troublant Boléro de Django Reinhardt. Comme transportée sur un tapis volant des Mille et Une Nuits, l’oreille entre en lévitation.
En seulement une minute et huit secondes, contrebasse et alto invitent à valser sur la mélodie de Valse de Wasso de Jimmy Rosenberg. Une prouesse épatante.
Soutenu par la batterie infaillible et énergique, Baptiste Herbin embouche le soprano et avec une virtuosité éblouissante interprète Choro Django, sa première composition dédiée au guitariste manouche. Sur Djangology Herbinologué, une autre composition du saxophoniste, ce dernier développe son phrasé vibrant et lumineux au fil d’un discours virtuose et bondissant. De sa technique irréprochable, il explore à fond la tessiture de l’instrument, des graves aux suraigus. Étonnant et prodigieux.
Plus loin, le trio offre une version admirable de la composition de Tony Murena, Indifférence. Maîtrise parfaite, lyrisme exubérant, inspiration absolue. Deux minutes cinquante de pur bonheur.
Baptiste Herbin termine l’album en solo sur Nuages. De son phrasé fluide, il offre une version singulière de la célèbre composition de Django Reinhardt. Sur l’alto dont il maîtrise toutes les possibilités, son propos inspiré constitue une véritable invitation au rêve. Inspiré et céleste.
Pour écouter, Baptiste Herbin, Sylvain Romano et André Ceccarelli interpréter le répertoire de « Django! », rendez-vous à 20h30 les 31 octobre, 01 et 02 novembre 2024 au Sunside à Paris.
Tom Bourgeois signe « Lili »
« African Rhapsody » de Leïla Olivesi
Avec son nouvel album « African Rhapsody », la pianiste Leïla Olivesi rend un hommage solaire à l’Afrique de ses origines. Cet opus confirme les talents de la compositrice. Un puissant chant d’amour inspiré par les plus grandes pages de la poésie de la négritude (Senghor, Césaire). Un monde imaginaire comme un voyage lyrique et coloré.Avec son nouvel album « African Rhapsody », la pianiste Leïla Olivesi rend un hommage solaire à l’Afrique de ses origines. Cet opus confirme les talents de la compositrice. Un puissant chant d’amour inspiré par les plus grandes pages de la poésie de la négritude (Senghor, Césaire). Un monde imaginaire comme un voyage lyrique et coloré.
« Songbook », le premier album vocal de Kenny Barron
Alliance entre tradition et modernité Le pianiste Kenny Barron signe « Songbook », son tout premier album entièrement vocal. Entouré du contrebassiste Kiyoshi Kitagawa et du batteur Johnathan Blake, le grand maître du piano mobilise un casting vocal impressionnant...
Sur chacune des onze pistes de l’album « PianoForte » (Artwork Records / [PIAS]),
Né d’une collaboration sur scène au Tourcoing Jazz Festival en 2019 sous l’impulsion du producteur Reno Di Matteo, « PianoForte » présente la trace phonographique studio des concerts que les quatre pianistes et compositeurs Éric Légnini, Bojan Z(ulfikarpasic), Pierre de Bethmann et Baptiste Trotignon avaient donnés sur scène depuis cette date.
Avec
Pas un fauteuil vide sur les gradins du Théâtre les Arts. Après avoir remercié l’ensemble des contributeurs qui permettent au festival de vivre depuis 47 ans, les techniciens, l’équipe réunie autour de son administratrice Helène Jarry et les « 25 bénévoles sans lesquels, rien ne pourrait advenir », Didier Levallet dédie le concert à Alain Michalowicz, bénévole passionné de musique que la maladie a emporté cet été. Le directeur du festival évoque aussi le rôle de la SACEM et de la SPEDIDAM et insiste sur le rôle indispensable de l’Art et de la Culture dont il assimile le rôle à un véritable « Service Public ».
Trente-six ans après « Chine » sorti en 1987 chez ECM, Louis Sclavis va interpréter avec son quintet le répertoire de son nouveau projet « India »… des « mélodies et ambiances soutenues par des pulsations et rythmes obstinés » issus de ses « souvenirs d’un théâtre sur les docks de Calcutta, d’un long train dans la campagne, d’une nuit à Kali Temple, d’une fanfare pendant les fêtes de Ganesh »… le concert commence.
Soutenus par la contrebasse et la batterie, clarinette et trompette exposent le thème de Montée au K2. Martial, le piano les rejoint et l’ascension débute. La contrebasse ronfle, les notes de la trompette sont soufflées avec force, la marche se fait plus laborieuse. Après un début tranquille, la contrebassiste prend un chorus furieux, tire les cordes avec vigueur stimulée par le martèlement de la batterie. La musique entre en fusion, clarinette et trompette reviennent comme pour répondre aux frappes ardentes du batteur sur la cloche.

La soirée ouvre avec « Néon », quartet qui regroupe Mathias Lévy (violon), Camille Maussion (saxophones ténor & soprano), Pierre Tereygeol (guitare, voix) et Eric Perez (batterie, sampler, human bass). Le concert débute avec L’odeur du Café, une composition de Pierre Tereygeol, prise sur un rythme soutenu avec de virtuoses prouesses des instrumentistes. Après un grand moment d’improvisation collective, le groupe installe une atmosphère dramatique et torturée. Un séisme sonore caractérise le début de la pièce ultérieure où les sons se dilatent, se contractent jusqu’au paroxysme.
En deuxième partie de soirée la scène du Théâtre Les Arts accueille le quartet composé de Maria-Laura Baccarini (chant), Bruno Ruder (piano, synthétiseur), Bruno Ducret (violoncelle) et François Merville (batterie). Le groupe présente « Unfolding », une création musicale de François Merville et Maria Laura Baccarini, composée sur des extraits de Fast-changing bodies (Corps à mutation rapide) de Dorothée Zumstein. Il s’agit de la deuxième représentation de ce spectacle.


Vincent Courtois précise avant le début du concert que la musique de Line for lions reflète le regard que le trio porte sur « la musique qu’ils aiment », le jazz West Coast. Au cours du concert, il rendra par ailleurs hommage à Didier Levallet pour sa programmation toujours attentive à la jeune génération du Jazz, comme ce fut le cas pour lui, invité à jouer à Cluny alors qu’il commençait tout juste sa carrière.





La plainte s’exaspère puis Robin Fincker se lance dans un monologue déchirant et époustouflant d’énergie.





Les artistes reviennent. Rob Luft se saisit de sa guitare acoustique et s’assied pour une version jazzy de Black Trombone de Serge Gainsbourg. La musique swingue. Elina Duni improvise comme un saxophone, le bugle prend un chorus époustouflant de groove, la section rythmique accélère le tempo puis revient au swing manouche, la contrebasse improvise dans les graves avant un retour au thème. Avec générosité, les artistes offrent un deuxième rappel, une chanson kosovare des années 60. « Une femme demande à la lune de retrouver son mari car elle seule sait où elle se trouve… ». Chant plaintif et nostalgique, chorus planant du bugle, guitare électrique déchaînée, section rythmique tonique. De la nostalgie à l’extase, la musique est portée à son paroxysme.





Le set débute avec une composition de Denis Charolles, A la maison. Après l’introduction, la tromboniste prend un solo puis la pianiste se lance dans un dialogue intense avec le batteur. Autre composition du batteur, Wasabi évoque le Japon. Début martial piano/batterie alors que la tromboniste souffle dans l’embouchure de son instrument. Elle entame ensuite la mélodie de sa sonorité grave et large puis insère une sourdine dans le pavillon de l’instrument et joue sur les délicates interventions du batteur alors que la pianiste improvise avec une grande liberté.