Sur l’album « On Shoulders We Stand », le chanteur David Linx, le pianiste Guillaume de Chassy et le clarinettiste Matteo Pastorino proposent un voyage musical entre jazz et classique. Guillaume de Chassy a retranscrit des thèmes de pièces classiques sur lesquelles David Linx a écrit des paroles. Un album enchanteur où poésie, sobriété et raffinement s’entrelacent avec bonheur. Une réussite absolue !
Clin d’œil à Hubert Dupont & Smart Grid
Echanges incisifs aux accents fougueux
Après son projet « Golan-Al Joulan », le contrebassiste Hubert Dupont revient à la tête d’un quartet saxophone alto-piano-contrebasse-batterie. Via le titre de son album, « Smart Grid », le leader confirme une évidence, le jazz serait affaire de réseau intelligent. La nouvelle est bonne même si elle n’est pas vraiment neuve. Hubert Dupont replonge dans les flux de la musique improvisée pour le meilleur.
Attendu pour le 25 octobre 2018, l’album « Smart Grid » (Ultrabolic/Musea) marque le retour du contrebassiste Hubert Dupont au quartet saxophone alto-piano- contrebasse-batterie après les deux albums « Golan-Al Joulan Vol 1 » (2016) et « Golan-Al Joulan Vol 2 » (2017).
Déjà présent onze ans plus tôt aux côtés d’Hubert Dupont, sur « Spider’s Dance » (2007), le pianiste Yvan Rebillard est de nouveau de l’aventure. Le saxophoniste alto Denis Guivarc’h et le batteur Pierre Mangeard les rejoignent.
Le jazz vit d’interactions intelligentes
Tout organisme vivant, système ou société évolue via un réseau par lequel transite ce qui permet le développement de la vie végétale, animale, systémique ou sociétale. En intitulant l’album « Smart Grid », Hubert Dupont reprend la métaphore et la transpose au groupe de jazz. Il renforce même le propos en ajoutant le maillage symbolique d’un réseau sur toutes les pages de l’album et sur le disque lui-même…
… un groupe de jazz vit à travers ses interactions et c’est encore mieux si les échanges se font de manière intelligente !
« Smart Grid »
Sur « Smart Grid » circule un jazz fougueux et tranchant.
De fait, l’écoute de l’album confirme ce que le titre annonce, l’énergie et la créativité musicale circulent sans obstacle entre les quatre points du réseau/quartet et cela fonctionne même plutôt bien. Entre Dupont, Guivarc’h, Robilliard et Mangeard, les interactions sont productives. Les compositions se développent et prennent belle tournure au fil d’ardents échanges et d’improvisations fougueuses qui jaillissent et rebondissent de l’un à l’autre.
Hubert Dupont assume la totalité des compostions qu’il dirige par ailleurs avec une grande autorité. Six titres sur lesquels le quartet pratique une musique stimulante aux accents véhéments.
Capté live salle Jacques Brel à Fontenay-sous-Bois en 2017, l’enregistrement restitue une musique stimulante et incisive interprétée par des solistes virtuoses. Leur propos musical interactif témoigne d’une connivence très contrôlée.
Impressions musicales
On savoure avec un délice infini l’improvisation vigoureuse que développe l’avide alto sur Greed et l’on apprécie le chorus chantant de la contrebasse qui chante l’allégresse sur Eoliane. On frémit aux interpellations toniques et sportives qu’échangent saxophone et piano sur Helliptic.
La contrebasse bruitiste, les phrases éthérées du piano et les notes vaporeuses de l’alto font régner un climat d’apesanteur sur le mystérieux Recondition. La pulsation impaire qu’impulse la batterie de sa frappe sèche et crépitante sur Pendulair déclenche un solo nerveux du piano suivi de l’emballement débridé de l’alto. La tension règne et fascine.
La magie de Wonder réside en son climat particulier. Contrebasse, piano et batterie jette les fondations d’une construction incertaine. On en saisit mieux les formes lorsque l’alto ordonne les lignes et noue son discours avec le piano avant de se lancer dans d’étourdissantes et fulgurantes acrobaties jubilatoires…
Pour écouter live Hubert Dupont (contrebasse), Denis Guivarc’h (saxophone alto), Yvan Robilliard (piano) et Pierre Mangeard (batterie), RV à 20H30 le 25 octobre 2018 au Studio de l’Ermitage à Paris pour le concert de sortie de l’album « Smart Grid ».
D. Linx, G. de Chassy et M. Pastorino – « On Shoulders We Stand »
Ellinoa & Wanderlust Orchestra – « Ville Totale »
« Ville Totale » marque le retour discographique de la compositrice vocaliste et cheffe d’orchestre Ellinoa et son Wanderlust Orchestra. Un voyage musical incantatoire qui imagine les retrouvailles entre l’Homme et la Nature. Une exploration musicale où poésie et narration, jazz, pop et musiques contemporaine allient leurs textures au sein d’une riche palette sonore. Une fable écologique et dystopique qui évolue entre énergie et délicatesse.
Focus sur Manu Le Prince et « Children of The Night »
Avec « Children of The Night », Manu Le Prince rend hommage à Wayne Shorter, saxophoniste et compositeur essentiel de l’histoire du jazz. Entourée d’un aréopage de musiciens français, cubains et brésiliens, elle met en parole quelques-uns des grands standards du mythique jazzman dont les qualités de mélodiste font l’unanimité.
Sur « Smart Grid » circule un jazz fougueux et tranchant.
On s’achemine ensuite sur les pas hésitants du clavecin qui avance au rythme des hoquets du piano. Le Bal Ethylic tangue sévère mais les deux instruments parviennent à avancer bras-dessus bras-dessous pour mieux affronter une gigue anglaise qui fait tourner les têtes de fantomatiques danseurs qui auraient croisé Purcell.
C’est en qualité de co-compositeur et arrangeur qu’il a participé à plusieurs titres de « Handmade », l’album d’Hindi Zahra récompensé en 2010 par une Victoire de la Musique pour le meilleur album de musique du monde. Il co-arrange avec Jonathan Quarmby et Kevin Bacon à la plupart des chansons du chanteur Tiken Jah Fakoly.
Sur « (the mystery of) Kem » (

représente un challenge que le violoniste français


