Clin d’œil à Laurence Saltiel

Clin d’œil à Laurence Saltiel

« Jardin après la pluie » un album apaisé et serein

A la tête d’un trio sans batterie, la vocaliste Laurence Saltiel délivre sur « Jardin après la pluie » son chant toujours aussi limpide et élégant. Entre poésie et swing la voix narre des histoires où triomphent la vie et le sourire.

On se réjouit que Laurence Saltiel ait délaissé un moment ses activités de pédagogue pour enregistrer « Jardin après la pluie » (Edyson Production/Inouie Distribution). Sorti le 01 juin 2018, cet album aux climats intimistes permet d’apprécier de nouveau le talent de cette chanteuse qui perpétue l’héritage de Mimi Perrin et des Double Six… avoir étudié le jazz avec Christiane Legrand n’est en cela pas anodin.Couverture de l'album "Jardin après la pluie" de Laurence Saltiel

Ainsi « Jardin après la pluie » vient s’ajouter à « Reflections from Paris » (1992), « Tomara » (1997), « Moondance » (2004) et « Portraits de famille » (2014) et à « Salade composée », « Entrée d’scène » et « La p’tite bête au grand air », trois albums à vocation pédagogique que compte aussi sa production discographique.

Pour son retour en studio, la chanteuse s’est entourée du contrebassiste Benoit Dunoyer de Segonzac et du pianiste et accordéoniste Patrick Villanueva. La voix claire de la Laurence Saltiel est servie par le swing absolu que prodiguent ces deux musiciens accomplis.

A l’écoute des huit titres de « Jardin après la pluie » il apparaît que la force et la sensibilité de l’art de Laurence Saltiel repose sur l’équilibre précieux qu’elle fait régner entre musique, texte et chant. Le swing parcourt le disque d’un bout à l’autre, la poésie manie l’humour ou la tendresse pour évoquer la fuite du temps et les tourments de la vie sans jamais sombrer dans la tristesse. Cristalline et précise la voix révèle les textes et déroule des scats irisés de lumière et de délicatesse. La souplesse préside à l’expression … et la sérénité advient.

Standards et compositions originales

Le répertoire de l’album compte deux standards choisis par la chanteuse. Le magnifique Throw it away que la grande Abbey Lincoln a enregistré en 1994 sur l’album « The Music is Magic ». Now Go and Fly composé par le pianiste Diederik Wissels sur des paroles de Fay Classen et David Linx.

Chacun des membres du trio a par ailleurs contribué au répertoire en fournissant deux compositions sur lesquelles Laurence Saltiel a écrit ses textes avec Lili Chane, Florence Camensuli-Babo et Josephina Echenique. C’est ainsi qu’alternent des chansons interprétées en anglais, en espagnol et en français. Quelques scats lumineux de la chanteuse contribuent à leur manière à la poésie de cet album.

Impressions musicales

Les notes tendres et apaisantes du piano et la voix lumineuse font rayonner le soleil sur Jardin après la pluie qui ouvre l’album. Après le début mélancolique de Throw it away, la voix s’envole en un scat limpide dont la délicatesse irise le titre.

On sourit au fil du texte de Crime de sang dont le swing n’est pas sans évoquer celui que cultivait un certain Nougaro. Joni’s Dream incite à une certaine langueur impulsée par le tempo chaloupé de la voix et le piano. On est touché par l’hommage rendu aux femmes sur Petite fille. Une musique délicate et élégante accompagne la force et le réalisme du texte.

Le chant pur et expressif transforme Now go and Fly en une véritable île de beauté. Sur un tempo syncopé de bossa nova, Sereine déborde d’un enthousiasme contagieux dont témoigne une improvisation libérée du piano et un scat vertigineux de la voix. Pour finir, on vibre au swing fervent et fantaisiste de Peace again qui termine l’album.

« Jardin après la pluie » respire la sérénité. Un équilibre précieux règne entre musique, texte et chant. Accompagné par Benoit Dunoyer de Segonzac et  Patrick Villanueva, la vocaliste Laurence Saltiel peaufine son expression vocale comme le ferait un dessinateur. Son chant navigue entre la délicatesse des pastels, la souplesse et la précision du fusain et les nuances de l’aquarelle. Comme des lignes lumineuses, ses scats évoquent des traits de pinceau que le peintre ajoute à son tableau pour lui donner plus d’épaisseur et de force. Un album ressourçant.

Robin Nicaise, architecte de « Building & Piano studies »

Robin Nicaise, architecte de « Building & Piano studies »

Le nouveau projet de Robin Nicaise fascine par la richesse de ses couleurs sonores et par l’originalité de sa forme. Annoncé pour le 09 septembre 2021, l’album « Building & Piano studies » juxtapose en effet deux esthétiques musicales. D’une part, un concerto pour saxophone ténor de quatre titres où le quintet jazz du leader dialogue avec le quatuor à cordes, String Quartet. D’autre part, des études composées et interprétées en piano solo par le leader lui-même. Un opus ambitieux qui accroche l’oreille par son élégance et sa fluidité.

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Jazz Campus en Clunisois 2021 – Trio Oliva/Abbuehl/Ber

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Pour sa dernière soirée au Théâtre les Arts de Cluny, le festival Jazz Campus en Clunisois invite Susanne Abbuehl, Stéphane Oliva et Samuel Ber qui présentent le projet « Princess ». Comme allégé de toute contrainte, le trio offre un art minimaliste qui flotte en apesanteur. Un moment de poésie crépusculaire hors du temps.

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Jazz Campus en Clunisois 2021 – Joce Mienniel & Pierre Durand

Le 25 août, Jazz Campus en Clunisois 2021 déroule une soirée en deux parties. Après le projet « Dans la Forêt » de Joce Mienniel, le « Roots Quartet » du guitariste Pierre Durand propose sa musique qui fusionne avec une grande cohérence les musiques qui ont forgé sa personnalité. Le public a apprécié ces deux spectacles dont les identités musicales différentes lui ont permis de s’immerger entre forêt et groove.

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Nouveau clip de Madeleine Peyroux, On My Own

Nouveau clip de Madeleine Peyroux, On My Own

Promenade dans son univers personnel

La chanteuse Madeleine Peyroux revient avec « Anthem », son neuvième album. Le disque produit et co-écrit avec Larry Klein est annoncé pour le 31 août 2018 chez Universal. Pour patienter on découvre le nouveau clip de Madeleine Peyroux, On My Own. Une promenade dans l’univers de la chanteuse.

En prélude à « Anthem », à sortir le 31 août 2018 chez Universal, la chanteuse lève le voile sur On My Own, le titre qui ouvre son neuvième album. Après le single éponyme proposé le 08 juin 2018, on visionne le nouveau clip présenté par Madeleine Peyroux, On My Own.

De « Dreamland » à « Anthem »

En 1996 on a découvert l’album « Dreamland » et la voix aux accents bluesy de Madeleine Peyroux. Durant les 22 ans qui séparent « Dreamland » et « Anthem », la chanteuse a parsemé son itinéraire musical d’opus qui témoignent de la richesse de ses influences et de son évolution musicale.

« Careless Love » en 2004, « Half The Perfect World » en 2006, « Bare Bones » en 2009 avec onze compositions originales, « Standing on The Roof Top » en 2011, où elle s’éloigne du format voix-guitare et élargit sa palette musicale auprès de Marc Ribot et Meshell Ndegeocello, « The Blue Room » en 2013 qui navigue entre jazz, country, blues et pop et « Keep Me in Your Heart for a While » un best of sorti en en 2014.

En 2016 Madeleine Peyroux a fêté ses vingt ans de carrière et pour l’occasion a publié « Secular Hymns ». Sur cet album enregistré en trio la chanteuse interprète de manière très personnelle dix titres issus du répertoire américain populaire (folksong, spiritual, gospel), du jazz ou emprunté à Tom Waits. Elle leur donne la forme de « cantiques profanes et élégants ». Un disque sensible et élégant baigné dans le blues, la soul et le gospel.

Depuis, aux USA, Donald Trump a été élu. Pendant la campagne des élections présidentielles, la chanteuse-compositrice a entrepris l’écriture de son neuvième disque, « Anthem ». Co-écrit avec ses musiciens, David Baerwald (guitariste), Brian McLeod (batteur), Patrick Warren (piano) et Larry Klein, l’album dresse à sa manière un portrait sur l’état actuel du monde.

En attendant « Anthem »… le clip de Madeleine Peyroux, On My Own

couverture de l'album "Anthem" de Madeleine PeyrouxIl va falloir attendre jusqu’au 31 août 2018 pour découvrir les douze hymnes-titres de l’album « Anthem » parmi lesquels la composition de Leonard Cohen qui donne son titre à l’album et Liberté écrit en 1942 par le poète Paul Eluard.

On se réjouit aussi Madeleine Peyroux, "On my Own"de la tournée européenne prochaine de Madeleine Peyroux et de sa venue annoncée pour un concert co-produit par l’Auditorium- Orchestre National de Lyon et Jazz à Vienne, le 09 novembre 2018 à 20h dans le cadre de la saison 2018/19 de l’Auditorium de Lyon.

Pour patienter, on écoute le single sorti le 08 juin 2018 et l’on visionne le clip de Madeleine Peyroux, « On My Own ».

Sur la vidéo « On My Own » réalisée par George Scott, on suit Madeleine Peyroux dans sa promenade. Munie des accessoires de Charlie Chaplin, elle vagabonde en chantant dans les rues, sur les toits et les parcs de la ville. L’occasion idéale pour pénétrer dans son univers personnel.

Robin Nicaise, architecte de « Building & Piano studies »

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Le nouveau projet de Robin Nicaise fascine par la richesse de ses couleurs sonores et par l’originalité de sa forme. Annoncé pour le 09 septembre 2021, l’album « Building & Piano studies » juxtapose en effet deux esthétiques musicales. D’une part, un concerto pour saxophone ténor de quatre titres où le quintet jazz du leader dialogue avec le quatuor à cordes, String Quartet. D’autre part, des études composées et interprétées en piano solo par le leader lui-même. Un opus ambitieux qui accroche l’oreille par son élégance et sa fluidité.

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Jazz Campus en Clunisois 2021 – Trio Oliva/Abbuehl/Ber

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Pour sa dernière soirée au Théâtre les Arts de Cluny, le festival Jazz Campus en Clunisois invite Susanne Abbuehl, Stéphane Oliva et Samuel Ber qui présentent le projet « Princess ». Comme allégé de toute contrainte, le trio offre un art minimaliste qui flotte en apesanteur. Un moment de poésie crépusculaire hors du temps.

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Le 25 août, Jazz Campus en Clunisois 2021 déroule une soirée en deux parties. Après le projet « Dans la Forêt » de Joce Mienniel, le « Roots Quartet » du guitariste Pierre Durand propose sa musique qui fusionne avec une grande cohérence les musiques qui ont forgé sa personnalité. Le public a apprécié ces deux spectacles dont les identités musicales différentes lui ont permis de s’immerger entre forêt et groove.

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Samy Thiébault présente « Calypsotopia »

Samy Thiébault présente « Calypsotopia »

Le clip prometteur annonce « Caribbean Stories »

En amont de la sortie de son nouvel album « Caribbean Stories », Samy Thiébault présente « Calypsotopia ».  Avec son nouveau groupe le saxophoniste plonge sa musique dans celles de la Caraïbe. Il propose Calypsotopia, un single et un clip pour traverser l’été en attendant l’opus prometteur.

Samy Thiébault présente "Calypsotopia"Le 15 juin 2018, à quelques jours de l’été, le saxophoniste Samy Thiébault sort Calypsotopia, un single et un clip qui annoncent la sortie prochaine de « Caribbean Stories » sous le label Gaya Music Production.

Après « Rebirth » sorti en 2016, le musicien et compositeur Samy Thiébault propose cette fois de le suivre dans le voyage qu’il a entrepris aux sources du blues et du jazz, au cœur des musiques de la Caraïbe et de leur histoire.

Annoncé pour le 21 septembre 2018, l’album « Caribbean Stories » se profile comme un tourbillon musical. Il explore l’histoire des peuples (Africains, Taïnos, Espagnols, Indiens, Anglais) qui se sont rencontrés entre esclavagisme, révolte, métissage, utopies et liberté. Il relie « ici et maintenant » avec un « ailleurs et autrefois » partagé par ces nombreux peuples.

Le saxophoniste revient donc avec un album où jazz, calypso, merengue, valse, boléro, chachacha et bien d’autres styles musicaux s’entremêlent. Avant de dévoiler l’ensemble des titres qui marquent son aventure dans les Caraïbes Samy Thiébault présente Calypsotopia.

Sur « Caribbean Stories », Samy Thiébault est accompagné d’une nouvelle équipe. Il a réuni autour de lui une solide section rythmique avec le percussionniste cubain Inor Sotolongo, le batteur Arnaud Dolmen, originaire de la Guadeloupe et le contrebassiste Felipe Cabrera chargé aussi des fondements harmoniques. Les guitaristes Hugo Lippi et Ralph Lavital apportent leur contribution et des influences venues d’Angleterre ou de la Martinique. Le tromboniste Fidel Fourneyron très attaché aux musiques cubaines dialogue avec le saxophone ténor et la flûte de Samy Thébault.

A travers les titres de l’album « Caribbean Stories », Samy Thiébault et ses compagnons content l’histoire d’un peuple déraciné et de ses musiques qui ont contribué à forger les fondement du blues et du jazz. Il faut patienter jusqu’au 21 septembre 2018 pour apprécier et savourer ce nouvel opus du saxophoniste. En attendant et pour bien traverser l’été, on savoure le single Calypsotopia.

Deux rendez-vous sont à prévoir. Au cœur de l’été dans les chroniques de « Latins de Jazz » pour en savoir plus sur « Caribbean Stories ». Le 15 novembre 2018 au Café de la Danse à Paris pour le concert de sortie de l’album.
Robin Nicaise, architecte de « Building & Piano studies »

Robin Nicaise, architecte de « Building & Piano studies »

Le nouveau projet de Robin Nicaise fascine par la richesse de ses couleurs sonores et par l’originalité de sa forme. Annoncé pour le 09 septembre 2021, l’album « Building & Piano studies » juxtapose en effet deux esthétiques musicales. D’une part, un concerto pour saxophone ténor de quatre titres où le quintet jazz du leader dialogue avec le quatuor à cordes, String Quartet. D’autre part, des études composées et interprétées en piano solo par le leader lui-même. Un opus ambitieux qui accroche l’oreille par son élégance et sa fluidité.

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Jazz Campus en Clunisois 2021 – Trio Oliva/Abbuehl/Ber

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Jazz Campus en Clunisois 2021 – Joce Mienniel & Pierre Durand

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Clin d’œil à « R+R=NOW »

Clin d’œil à « R+R=NOW »

Reflet musical d’aujourd’hui

L’album « Collagically Speaking » (Blue Note/Universal) sorti le 15 juin 2018 propose la musique de « R+R=NOW ». Ce collectif réunit six leaders de la nouvelle génération du jazz nord-américain. Le nom du all-stars explicite en une équation la démarche des musiciens… Reflect + Respond = NOW

Couverture de l'album "R+R=NOW" de Collegically Speaking Le groupe « R+R=NOW » réunit six des leaders les plus en vue de la nouvelle génération du jazz nord-américain, Robert Glasper (claviers), Christian Scott aTunde Adjuah (trompette), Terrace Martin (synthé et vocoder), Taylor McFerrin (beatbox, synthé), Derrick Hodge (basse) et Justin Tyson (batterie).

Ce groupe fonctionne de manière égalitaire puisque chacun des membres du collectif est musicien, leader, compositeur et producteur pour la plupart d’entre eux. Ces instrumentistes accomplis sont reconnus au-delà du jazz ce dont témoignent leurs collaborations avec Prince, Kendrick Lamar, Herbie Hancock, Quincy Jones, Billy Higgins, Stevie Wonder, Thom Yorke, Mos Def, Erykah Badu, Snoop Dog, pour n’en citer que quelques-uns.

« Le travail d’un artiste est de refléter son époque »

Le collectif « R+R=NOW » revendique ces mots de Nina Simone.

Le titre du groupe donne d’ailleurs le ton du projet qui les anime, Reflect + Respond = NOW. Ainsi le message est donc clair, il propose au monde une musique dont ils revendiquent qu’elle soit le reflet et leur réponse au monde d’aujourd’hui.

Aux avant-postes de la musique d’aujourd’hui… NOW

« Nous venons tous du même jardin de béton et nous produisons une musique fluide, intègre et ouverte que traversent les courants du jazz, du hip-hop, de l’EDM et même du reggae ! » affirme Robert Glasper.

Ces audacieux musiciens qui ont dû lutter contre l’adversité sociale pour s’imposer, se disent avant-gardistes. Ensemble, ils repensent donc les courants musicaux, les découpent et les assemblent. Ils contournent ou détournent avec talent les codes du jazz qu’ils mélangent avec ceux du hip-hop, de la R&B, de la soul et du reggae. Ainsi, ils proposent le son qu’ils envisagent être celui d’aujourd’hui…NOW.

Sur l’album d’autres voix se mêlent à celles des membres du collectif comme les acteurs Omari Hardwick et Terry Crews, l’actrice Amanda Seales, Stalley et le chanteur Amber Navran.

On comprend à travers leur discours que ces fiers fers de lance du jazz outr’atlantique se positionnent aux avant-postes de la musique actuelle. Il est vrai qu’ils malaxent entre eux les courants d’avant-garde, qu’ils soient néo-soul, funk du futur, électronique astrale, hip-hop moderniste sans oublier de revendiquer l’étendard du jazz puisque l’album sort sous le légendaire label Blue Note.

Le jazz, musique hybride

Depuis ses débuts au XXème siècle, le jazz a intégré de nombreuses influences musicales définissant ainsi de nouveaux territoires, de nouveaux styles. Certaines de ces musiques; de ces courants, témoins d’une époque, sont restés inscrits dans leur temporalité. D’autres portées par des musiciens visionnaires ont imposé leur esthétique, amorcé des tournants et projeté le jazz dans un processus évolutif.

La démarche du collectif « R+R=Now » procède de ce mécanisme et à ce titre n’est donc pas nouvelle. Elle s’inscrit tout à fait dans l’évolution naturelle du jazz, cette musique qui sait s’hybrider pour survivre et être toujours en devenir. Elle est portée par de jeunes musiciens de la communauté afro-américaine issus de milieux que l’on ne peut taxer de favorisés. Ils se sont battus pour exister et être reconnus. Il est compréhensible qu’ils affichent avec force leur posture.

Les vagues de « Collagically Speaking »…

Il est essentiel de se laisser porter par les vagues énergiques ou plus tempérées de « Collagically Speaking » avant de pouvoir observer, demain, à moyen terme l’impact qu’aura cette musique sur l’évolution du jazz.

L’album ouvre avec Change of Tone. Des accords de piano puis le vocoder déroule une rengaine électro sur le beat que martelle la batterie. l’ambiance se fait électro et planante. Sur Awake to you, le tempo solide stimule la trompette à la sonorité nuageuse, la voix trafiquée par le vocoder soutenue par les nappes de notes du piano et les contrechants de la trompette. Le même thème revient sur By Design teinté d’effets cosmiques qui annoncent le piano méditatif.

Tempo musclé de la basse et de la batterie sur Resting Warrior. Trompette et claviers devisent d’abord ensemble puis prennent des chorus survoltés avant d’être rejoints par un solo de batterie. Un vrai combat de guerriers !

Avec Needed You Still règne une ambiance teintée de soul et saupoudrée d’électronique. Filtrée par le vocoder, la voix chante une ballade puis slamme en douceur sur de douces notes du piano. Colors in the Dark résonne d’une improvisation lumineuse du piano aux profonds accents jazz.

La trompette électrise le propos musical de The Night in Question alors que le reste du groupe rappelle le jazz fusion des années 70-80… jazz musique hybride… d’hier à aujourd’hui et pourquoi pas à demain ?

Porté par une ligne de basse hypnotique, Reflect Reprise sonne hip hop à fond. A écouter jusqu’à la transe ! Place ensuite à la parole essentielles de la femme sur le spatial  Her = Now suivi de Respond au climat psychédélique qui ne cesse de tourner sur lui-même.

A grands coups de beats hip-hop vigoureux, de textures électroniques futuristes et d’un groove qui emprunte au R&B et au funk le collectif « R+R=Now » élabore une musique qui capte et mélange entre eux les courants d’avant-garde de chaque style qui les inspirent. Un reflet musical du monde actuel.

 
La tournée d’été du collectif « R+R=Now » les conduit en France pour quelques dates. Ils seront à Paris à Jazz à la Défense le 1er juillet 2018, sur la scène du Théâtre Antique dans le cadre de Jazz à Vienne le 4 Juillet 2018 et au Nice Jazz Festival  le 17 Juillet 2018.
Robin Nicaise, architecte de « Building & Piano studies »

Robin Nicaise, architecte de « Building & Piano studies »

Le nouveau projet de Robin Nicaise fascine par la richesse de ses couleurs sonores et par l’originalité de sa forme. Annoncé pour le 09 septembre 2021, l’album « Building & Piano studies » juxtapose en effet deux esthétiques musicales. D’une part, un concerto pour saxophone ténor de quatre titres où le quintet jazz du leader dialogue avec le quatuor à cordes, String Quartet. D’autre part, des études composées et interprétées en piano solo par le leader lui-même. Un opus ambitieux qui accroche l’oreille par son élégance et sa fluidité.

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Jazz Campus en Clunisois 2021 – Trio Oliva/Abbuehl/Ber

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Marc Ribot’ s Ceramic Dog « YRU Still Here ? »

Marc Ribot’ s Ceramic Dog « YRU Still Here ? »

Un paroxyjazz convulsif et enragé

La sortie de l’album « YRU Still Here ? » marque la fin d’un silence discographique de cinq ans de Marc Ribot et son trio Ceramic Dog. L’esthétique vigoureuse des musiques s’accorde avec la colère des textes contestataires. Un brûlot enragé qui captive par sa flamme et ses convulsions fulgurantes.

Couverture de l'album "YRU Stil Here?" de Marc Ribot's Ceramic DogAttendu depuis « Your Turn », le précédent disque de Ceramic Dog sorti en 2013, l’album « YRU Still Here ? » (Enja Yellow Bird/L’autre Distribution) de Marc Ribot’s Ceramic Dog comble d’aise depuis le 25 mai 2018 les amateurs des musiques de ce trio singulier.

Créé en 2007, Ceramic Dog réunit le guitariste Marc Ribot, le bassiste Shahzad Ismaily (Will Oldham, Chefs Secrets 3…) et le batteur Ches Smith (Xiu Xiu,Chefs Secrets).

Par bonheur depuis 2013 les concerts du groupe ont permis de patienter et en découvrant le nouvel album, reviennent en mémoire les échos de titres, déjà écoutés lors de la venue de Ceramic Dog avec Marc Ribot dans le cadre du festival A Vaulx Jazz un certain 17 mars 2017.

Sur l’album comme alors sur la scène, le groupe emprunte tout à la fois les codes du jazz, du rock, du punk, du blues, du rap, du funk, compactés en une musique paroxystique enragée et convulsive qu’on qualifiait alors de « paroxyjazz enrocké ».

D’emblée, le groupe interpelle par le titre de son pamphlet brûlant de rage, « YRU Still Here ? » et ce n’est que le début. Textes et musiques des onze titres sont au diapason. Ils dénoncent avec mordant les folles dérives du monde, racisme, capitalisme, intolérance…

Si les textes affichent délibérément rage et colère, la musique vibre certes à l’unisson mais n’en est pas moins construite avec précision en référence aux styles des différentes musiques auxquelles elle emprunte. Rythmes effrénés de la batterie et breaks ajustés mettent en valeur les improvisations de la guitare et des voix qui crient leur désespérance. De facto textes et musiques sont au diapason.

Personal Nancy ouvre l’album et d’emblée adopte le ton d’une colère extrême… « I got right to say fuck you ! ». Les voix vocifèrent avec rage, la guitare pleure, la batterie matraque le tempo et la basse déclenche le tir. La révolte colérique plante le décor. Marc Ribot au festival A Vaulx Jazz le 17 mars 2017Muslim Jewish resistance procède de la même veine. Voix, guitare, batterie, basse et claviers exhortent à suivre le sentier de la guerre contre l’intolérance, le racisme et la haine de l’autre.

Un découpage élaboré préside à la destinée de l’instrumental Oral Sidney with a U. La basse slappe funk, le Moog déblatère comme un fou sur les riffs de la guitare entêtante, la batterie fracasse le tempo. YRU Still here ? questionne sur le climat d’un folk planant qui aurait perdu la boussole. La rage d’Agnes s’exprime via un rock qui groove grave.

Rudoyé par un rock puissant Shut That Kid Up tutoie le blues et fait monter la sauce avant de s’adoucir à sa toute fin. Orthodoxy fait entendre des échos croisés de blues et de rock teintés de sonorités de sitar venues du Pakistan. Freak freak freak on the peripherique se la joue funk à fond. Ceramic Dog s’en prend à la police des frontières de Trump dans un Fuck La Migra au son saturé qui emprunte au hip hop autant qu’au rock.

Le trio stigmatise l’intolérance de la population vis à vis des différences dans Pennsylvania 6 6666 qui restitue les souvenirs de Shahzad Ismaily et de son enfance d’enfant musulman aux origines pakistanaises grandi en Pennsylvanie, où « tous les enfants sont fous » en reprenant à la guitare un style à la Wes Montgomery sur un tempo cool latinisé avec humour… jusqu’à la superbe fin du titre.

L’album se termine avec Rawhide où la voix de Marc Ribot trafiquée par le vocoder entonne les refrains de ce folk-rock-psyché-bluesy endiablé.

« YRU Still Here ? » témoigne de la maîtrise de Ceramic Dog et Marc Ribot à transformer leur musique en un pamphlet politique vigoureux. L’art mobilisé pour combattre contre les excès et débordements des puissants, les intolérances et le non-respect des différences… c’est plutôt rassurant même si la forme peut déranger quelques bien-pensants.

 

Un rendez-vous se profile avec bonheur pour écouter le trio Ceramic Dog. Le guitariste Marc Ribot, Shazhad Ismaily à la guitare et à la basse et Ches Smith à la batterie sont annoncés à l’affiche de l’Opera Underground. Le trio va faire monter la température de l’Amphi de l’Opéra de Lyon le 01 décembre 2018. Une date à noter impérativement.
Robin Nicaise, architecte de « Building & Piano studies »

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Enrico Zanisi présente « Blend Pages »

Enrico Zanisi présente « Blend Pages »

Musique de chambre aux péripéties imprévisibles

Après « Piano Tales » enregistré en piano solo, Enrico Zanisi présente l’album « Blend Pages » qui combine musique de chambre et improvisation. Autour du pianiste sont réunis Michele Rabbia, Gabriele Mirabassi et le Quatuor IXI. Le propos musical plutôt chambresque réserve des péripéties qui surprennent tout autant qu’elles ravissent.

« Blend Pages », le dernier album du pianiste Enrico Zanisi est annoncé pour le 15 juin 2018 chez Cam Jazz. Le leader réunit autour de lui le clarinettiste Gabriele Mirabassi, le percusionniste Michele Rabbia et le quatuor à cordes français Quatuor IXI, avec Régis Huby et Clément Janinet au violon, Guillaume Roy à l’alto et Atsushi Sakaï au violoncelle.

Un pianiste explorateur et lyrique, un percussionniste évanescent et bruitiste, un clarinettiste voltigeur et magicien, un quatuor souple et subtil.

Enrico Zanisi, pianiste prometteur

Le pianiste Enrico Zanessi présente l'album "Blend Pages"

Enrico Zanisi©Elisa-Caldana

Né dans une famille de musiciens, Enrico Zanisi a commencé à se produire au piano au sein d’orchestres de chambre dès l’âge de 8 ans. En 2009 il est admis à la Manhattan School de New-York et est ensuite désigné meilleur Nouveau Talent du Top Jazz 2012 par un jury de journalistes du magazine  » Musica Jazz ».

Après trois disques gravés en trio, « Quasi Troppo Serio » (2010), « Life Variations » (2012) et « Keywords » (2014) puis « Piano Tales » (2016) où Enrico Zanisi s’exprime en solo, « Blend Pages » est le cinquième album enregistré en leader par ce jeune pianiste italien de 26 ans. Il a participé par ailleurs à de nombreux autres opus comme co-leader, sideman ou invité.

La production discographique déjà étoffée du pianiste reflète le début d’une carrière plus que prometteuse.

L’album « Blend Pages »

Enrico Zanisi présente l'album "Blend Pages"A l’origine Enrico Zanisi envisage un projet pour piano et quartet à cordes. Le canevas original évolue et au final, le leader envisage un autre propos. Il fait dialoguer musique de chambre et improvisation et enregistre l’album « Blend Pages » en France les 03, 04 et 05 avril 2017 au Studio Sextan La Fonderie à Malakoff.

Le titre de l’album, témoigne d’ailleurs de cette recombinaison adoptée par le compositeur Enrico Zanisi. Un peu comme si un coup de vent espiègle avait mélangé les pages du livret d’origine et reformaté l’organisation de l’album qui adopte à la suite de cette péripétie un nouveau format.

Au fil des plages de « Blend Pages », les intervenants varient, les climats évoluent et s’enchaînent sans pause. Le compositeur explore et élargit le spectre musical de son piano. Il propose une musique très personnelle centrée autour du piano qui pilote le scénario musical.

Impressions musicales

Uno ouvre l’album sur une ambiance chambresque à souhait. Le piano dialogue avec les cordes qui malaxent subtilement la matière sonore. Après Chevaliers où piano et quatuor explorent une superbe mélodie sur une structure assez conventionnelle, advient le lumineux Chiari. Avec majesté la clarinette s’envole et illumine le morceau débuté avec délicatesse par le piano.

Après les trois premières pièces où règne une relative tranquillité, le quatrième morceau fait basculer le roman musical dans un climat intranquille puis suivent des péripéties qui se résolvent dans la dernière composition.

Fighting for change ouvre par un accord martelé au piano. Avec ardeur les percussions et les cordes entrent en lutte puis laissent respirer et planer les sons du piano qui revient à l’accord inaugural. Sur Prelude le piano prend la main et réorganise le discours (à dessein) désordonné des cordes.

Advient ensuite la superbe Danse des Arbres où la clarinette espiègle et aérienne se lance dans un solo de haute-voltige au-dessus du tapis des cordes. L’émotion survient au détour de Resonare où le duo piano-clarinette tisse jusqu’au firmament une romantique mélodie. Percussions, quatuor, piano et clarinette se retrouvent sur Modulus aux dissonances étranges.

On est comblé par l’intensité du dernier thème, Few things Left. L’écrin orchestral sensible des cordes et la souplesse délicate des cymbales mettent en valeur le jeu pianistique sobre et bucolique et la clarinette à la sonorité azuréenne.

L’album « Blend Pages » adopte une architecture aux lignes très libres. Maître d’oeuvre du projet, Enrico Zanisi conçoit le disque comme une extension de sa pensée dont le piano est l’architecte. Le Quatuor IXI représente le substrat essentiel qui fonde l’édifice musical. Les percussions et l’électronique de Michele Rabbia constituent les éléments de liaison qui délivrent l’indispensable énergie vibratoire alors que la clarinette de Gabriele Mirabassi apporte lumière et légèreté dans l’ouvrage.

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