Clin d’œil à Laurence Saltiel

« Jardin après la pluie » un album apaisé et serein

A la tête d’un trio sans batterie, la vocaliste Laurence Saltiel délivre sur « Jardin après la pluie » son chant toujours aussi limpide et élégant. Entre poésie et swing la voix narre des histoires où triomphent la vie et le sourire.

On se réjouit que Laurence Saltiel ait délaissé un moment ses activités de pédagogue pour enregistrer « Jardin après la pluie » (Edyson Production/Inouie Distribution). Sorti le 01 juin 2018, cet album aux climats intimistes permet d’apprécier de nouveau le talent de cette chanteuse qui perpétue l’héritage de Mimi Perrin et des Double Six… avoir étudié le jazz avec Christiane Legrand n’est en cela pas anodin.Couverture de l'album "Jardin après la pluie" de Laurence Saltiel

Ainsi « Jardin après la pluie » vient s’ajouter à « Reflections from Paris » (1992), « Tomara » (1997), « Moondance » (2004) et « Portraits de famille » (2014) et à « Salade composée », « Entrée d’scène » et « La p’tite bête au grand air », trois albums à vocation pédagogique que compte aussi sa production discographique.

Pour son retour en studio, la chanteuse s’est entourée du contrebassiste Benoit Dunoyer de Segonzac et du pianiste et accordéoniste Patrick Villanueva. La voix claire de la Laurence Saltiel est servie par le swing absolu que prodiguent ces deux musiciens accomplis.

A l’écoute des huit titres de « Jardin après la pluie » il apparaît que la force et la sensibilité de l’art de Laurence Saltiel repose sur l’équilibre précieux qu’elle fait régner entre musique, texte et chant. Le swing parcourt le disque d’un bout à l’autre, la poésie manie l’humour ou la tendresse pour évoquer la fuite du temps et les tourments de la vie sans jamais sombrer dans la tristesse. Cristalline et précise la voix révèle les textes et déroule des scats irisés de lumière et de délicatesse. La souplesse préside à l’expression … et la sérénité advient.

Standards et compositions originales

Le répertoire de l’album compte deux standards choisis par la chanteuse. Le magnifique Throw it away que la grande Abbey Lincoln a enregistré en 1994 sur l’album « The Music is Magic ». Now Go and Fly composé par le pianiste Diederik Wissels sur des paroles de Fay Classen et David Linx.

Chacun des membres du trio a par ailleurs contribué au répertoire en fournissant deux compositions sur lesquelles Laurence Saltiel a écrit ses textes avec Lili Chane, Florence Camensuli-Babo et Josephina Echenique. C’est ainsi qu’alternent des chansons interprétées en anglais, en espagnol et en français. Quelques scats lumineux de la chanteuse contribuent à leur manière à la poésie de cet album.

Impressions musicales

Les notes tendres et apaisantes du piano et la voix lumineuse font rayonner le soleil sur Jardin après la pluie qui ouvre l’album. Après le début mélancolique de Throw it away, la voix s’envole en un scat limpide dont la délicatesse irise le titre.

On sourit au fil du texte de Crime de sang dont le swing n’est pas sans évoquer celui que cultivait un certain Nougaro. Joni’s Dream incite à une certaine langueur impulsée par le tempo chaloupé de la voix et le piano. On est touché par l’hommage rendu aux femmes sur Petite fille. Une musique délicate et élégante accompagne la force et le réalisme du texte.

Le chant pur et expressif transforme Now go and Fly en une véritable île de beauté. Sur un tempo syncopé de bossa nova, Sereine déborde d’un enthousiasme contagieux dont témoigne une improvisation libérée du piano et un scat vertigineux de la voix. Pour finir, on vibre au swing fervent et fantaisiste de Peace again qui termine l’album.

« Jardin après la pluie » respire la sérénité. Un équilibre précieux règne entre musique, texte et chant. Accompagné par Benoit Dunoyer de Segonzac et  Patrick Villanueva, la vocaliste Laurence Saltiel peaufine son expression vocale comme le ferait un dessinateur. Son chant navigue entre la délicatesse des pastels, la souplesse et la précision du fusain et les nuances de l’aquarelle. Comme des lignes lumineuses, ses scats évoquent des traits de pinceau que le peintre ajoute à son tableau pour lui donner plus d’épaisseur et de force. Un album ressourçant.

Clin d’œil à Shijin

Clin d’œil à Shijin

Projet international, « Shijin » réunit le bassiste Laurent David, le saxophoniste Jacques Schwarz-Bart, le batteur Stéphane Galland et le pianiste Malcolm Braff, quatre solistes aux styles et personnalités musicales différentes. Construite sous le signe de la liberté, la musique du quartet concentre une énergie intense que de belles mélodies mettent en cohérence.

Adrien Chicot est de retour avec « City Walk »

Adrien Chicot est de retour avec « City Walk »

Après « All in » et « Playing in the Dark », Adrien Chicot est de retour avec « City Walk ». Fidèle à ses complices, le contrebassiste Sylvain Romano et le batteur Jean- Pierre Arnaud, le pianiste propose un album d’une fougue et d’une élégance rares. La musique moderne, fluide et rythmique évoque avec justesse les atmosphères urbaines.

Clin d’œil à Claudio Miotti et « CLAXXX »

Clin d’œil à Claudio Miotti et « CLAXXX »

Sur l’album « CLAXXX », le trio du guitariste Claudio Miotti présente une musique singulière. La guitare baryton du leader s’unit aux clarinettes lyriques de Matteo Pastorino et au solide groove de la batterie de Jean-Baptiste Pinet. Entre rock rageur et jazz nuageux la musique hésite et privilégie les contrastes.

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