Victoires du Jazz 2018

Les femmes de retour au palmarès

La chanteuse Cécile McLorin Salvant, l’organiste Rhoda Scott, les pianistes Laurent de Wilde et Roberto Negro, le trompettiste David Enhco, le saxophoniste Raphaël Imbert, The Amazing Keystone Big Band sont distingués par les Victoires du Jazz 2018. Le 01 décembre 2018, le film documentaire musical de Yan Pröfrock permettra de découvrir les lauréat.e.s dans les lieux de vie du jazz.

La 16ème cérémonie des Victoires du Jazz animée par son président Sébastian Danchin et Sandra Nkaké s’est déroulée le 25 octobre 2018 dans l’auditorium Debussy-Ravel de la Sacem. Elle a été relayée en direct sur les réseaux sociaux de l’organisation « Les Victoires de la musique ».

Distribuées par les 200 personnalités de l’Académie des votants pour les Victoires du Jazz, ces récompenses ont distingué 5 artistes, 2 albums et 6 professionnels du monde du spectacle et du disque Jazz.

Le Palmarès des Victoires du Jazz

Nombreux sont les albums de jazz publiés au fil des mois. Tous sont valeureux. On se réjouit de savoir récompensés par des Victoires du Jazz les artistes auxquels les « Latins de Jazz » ont consacré des chroniques (album et/ou concert).

Vingt ans après avoir remporté la Victoire de la Révélation Jazz, le pianiste Laurent de Wilde est lauréat en 2018 dans la catégorie « Artiste de l’année ». L’année 2018 est une année faste pour cet artiste qui a par ailleurs été honoré en 2018 du Grand Prix Jazz de la Sacem qui distingue « la carrière de celles et ceux dont les mots, les notes, les œuvres ont marqué la création ».

Ces récompenses honorent l’activité d’écriture, de composition et d’édition de cet artiste dont il convient de rappeler et saluer l’activité discographique récente, « Riddles » en duo avec Ray Lema, sorti en 2016 et « New Monk Trio » à qui l’Académie du Jazz a décerné le prix du « Meilleur disque français » 2017. On note aussi son implication dans la direction artistique de l’album « Thanks a Million » du trompettiste Éric Le Lann et du pianiste Paul Lay.

Lauréat du Prix Frank Ténot, dans la catégorie « Artiste qui monte » le trompettiste David Enhco est issu de la dynastie des Casadesus (grand-père chef d’orchestre, mère soprano lyrique). Il a suivi une double formation, classique au conservatoire et jazz au Centre des Musique Didier Lockwood. Après s’être produit très jeune sur les scènes avec son frère Thomas (piano), il a une activité soutenue et mène plusieurs projets de front dans le jazz et la musique classique. Il a co-fondé le label Nome sur lequel il a publié en quartet l’album « Horizons »  et est aussi impliqué comme co-directeur  et musiciens de The Amazing Keystone Big Band.

Lauréate dans la catégorie « Voix de l’année », après avoir été récompensée de deux Grammy Awards et reçu le prix Django Reinhardt 2017 de l’Académie du Jazz, la chanteuse et song-writer Cecile McLorin Salvant a récemment sorti l’album « The Window » d’une musicalité peu commune.

Lauréat dans la catégorie « Groupe de l’année », The Amazing Keystone Big Band est co-dirigé par Bastien Ballaz, Jon Boutellier, David Enhco & Fred Nardin. Après « Pierre et le Loup et le Jazz » , « Le Carnaval Jazz des Animaux », « Django Extended » et « Monsieur Django et Lady Swing », l’orchestre a récemment publié « We Love Ella » (Nome/L’Autre Distribution) qui réinvente quelques-uns des grands succès de la grande Ella Fitzgerald et « La voix d’Ella » un conte musical joyeux et ludique.

L’album « Saison 3 » (Label Bleu/L’Autre distribution) du groupe Dadada mené par le pianiste Roberto Negro est lauréat dans la catégorie « Album sensation de l’année ». Cet artiste à l’activité bouillonnante ne cesse de renouveler son inspiration sur les galettes mais aussi sur scène où Dadada et le projet « Saison 3 » proposent de véritables escapades musicales entre apesanteur et vibrations.

  • « Music is my Hope » du saxophoniste et clarinettiste Raphaël Imbert

L’album « Music is my Hope » (Jazz Village/Pias) du saxophoniste et clarinettiste Raphaël Imbert est lauréat dans la catégorie « Album inclassable de l’année ». Impliqué dans la Compagnie Nine Spirit qu’il dirige, cet artiste au profil singulier entreprend un perpétuel questionnement sur le jazz. Cet explorateur du spirituel dans le jazz a publié le résultats de dix années de recherche dans  « Jazz supreme - Initiés, mystiques et prophètes », ouvrage sorti en 2014 et réédité en 2018 aux Éditions de l’Éclat - Éclat-L’Eclat Poche avec une préface de Pascal Chamoiseau.

  • Rhoda Scott

Honorée par la Victoire d’Honneur, l’organiste et chanteuse américaine Rhoda Scott voit sa carrière couronnée l’année même de ses 80 ans fêtés le 03 juillet 2018 sur la scène du Théâtre Antique de Vienne. Très liée à la France, elle a célébré le jazz à travers sa musique et affirmé la place des femmes dans le jazz avec son Lady Quartet  A la tête de cet orchestre elle a enregistré l’album « We Free Queens » (Sunset Records/L’Autre Distribution). Sa musique groovy et festive réjouit le public en toute occasion.

Le retour des femmes au palmarès

On peut remercier la contrebassiste Joëlle Léandre pour sa réaction devant le palmarès 2017 où ne figurait aucune artiste féminine alors qu’il y a environ 8% de femmes (chanteuses et instrumentistes) dans le jazz, milieu très masculin. Ainsi, après un palmarès 2017 totalement masculin, celui de 2018 rétablit la proportion puisque deux femmes figurent cette année sur le palmarès des artistes récompensés aux Victoires du Jazz, l’organiste Rhoda Scott et la chanteuse Cecil McLorin Salvant.

Par ailleurs trois femmes sont lauréates de Victoires consacrée à la profession jazz, Pierrette Devineau (catégorie programmation de spectacles), Marion Piras (catégorie production de spectacles) et Nathalie Piolé (catégorie homme/femme de média) ce qui permet à l’Académie des Victoires de la Musique de faire figurer cinq noms féminins sur les treize catégories.

Faible exposition médiatique du Jazz

Au-delà de la représentativité des femmes dans les palmarès, ce qui interpelle surtout est la faible exposition médiatique des Victoires du Jazz et donc celle dont leurs lauréats.e.s bénéficient. Cet état de fait est sans doute relier avec la visibilité réduite du jazz dans les médias (audio/vidéo/presse) ce qui à terme contribue à discriminer cette musique ?

En fait, moins un art est exposé moins il est visible du public. Moins le public est sollicité moins il se mobilise et moins l’art concerné est vendeur donc moins il génère de profits financiers et moins il mobilise l’intérêt de ceux qui tiennent les leviers économiques. Ces faits et bien d’autres touchent la formation, la diffusion et la production et à ce titre préoccupent l’ensemble des professionnels du jazz. Il faudrait plus que quelques lignes pour explorer plus avant cette problématique enracinée dans un terreau économique et sociétal.

Les modalités de diffusion du palmarès des Victoires du Jazz 2018 auprès du grand public entérinent de facto la visibilité confidentielle du jazz sur les médias nationaux. En effet, il faut attendre le samedi 1er décembre vers 0h35 sur France 3 et sur CultureBox pour visionner le film documentaire de Yan Pröfrock et retrouver alors les lauréats des Victoires de la musique 2018 à travers six portraits et de nombreuses séquences live inédites, dans le film des Victoires du Jazz 2018.

Les élégantes polyrythmies du Obradovic-Tixier Duo

Les élégantes polyrythmies du Obradovic-Tixier Duo

Né de la collaboration entre la batteuse croate Lada Obradovic et le pianiste français David Tixier, le « Obradovic-Tixier Duo » présente « The Boiling Stories of A Smoking Kettle », un album où élégantes mélodies et rythmiques complexes coexistent dans un équilibre subtil. Les compositions évoluent entre légèreté et densité, délicatesse et énergie. Il en résulte un cocktail polyrythmique inventif dont la musicalité ne se dément à aucun moment. A écouter en boucle !

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Poésie et énergie avec Youpi Quartet & « Mozaïc »

Poésie et énergie avec Youpi Quartet & « Mozaïc »

Rarement groupe n’a aussi bien porté son nom que le Youpi Quartet. En effet, ce groupe fusionnel offre une musique à la fois énergique et enchanteresse. Sans instrument harmonique, le quartet complice réunit les souffles de la flutiste Émilie Calmé et de l’harmoniciste Laurent Maur et la performante paire rythmique composée du bassiste Ouriel Ellert et du batteur Curtis Efoua. L’oreille savoure l’éclatante alchimie musicale de « Mozaïc » et après l’écoute de l’album, un seul mot échappe … Youpi !

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Kandace Springs revient avec « The women who raised me »

Kandace Springs revient avec « The women who raised me »

La chanteuse et pianiste Kandace Springs revient avec « The Women who raised me », un album studio qui rend hommage aux voix des femmes qui l’ont inspirée. Avec élégance, elle reprend des standards chantés par douze grandes voix féminines. Entourée par d’illustres artistes de jazz, elle parcourt un voyage au fil d’un siècle de musique et projette sa voix magnétique dans l’espace jazz. Élégance et émotion sont au rendez-vous.

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Auditorium de Lyon – Madeleine Peyroux

Auditorium de Lyon – Madeleine Peyroux

Hymnes profanes et sensibles

Le vendredi 09 novembre 2018 à 20h, l’Auditorium de Lyon accueille Madeleine Peyroux. La chanteuse présente à Lyon son neuvième album « Anthem » sorti le 31 août 2018. Après vingt-deux ans de carrière elle livre un message spirituel à travers ses « hymnes personnels ». Une soirée imprégnée d’une élégance sensible et poétique.

Ce deuxième concert de la saison 2018/2019 de l’Auditorium-Orchestre National de Lyon est réalisé en co-production avec « Jazz à Vienne ». Il propose aux spectateurs d’écouter le nouveau répertoire de Madeleine Peyroux… 22 ans après ses débuts sur le superbe « Dreamland » qui a permis de découvrir la chanteuse, sa guitare et sa voix bluesy que d’aucuns ont comparé à celle de Billie Holiday.

Madeleine Peyroux de 1996 à 2016

Après son premier disque « Dreamland » sorti en 1996, Madeleine Peyroux poursuit sa carrière discographique, « Careless Love » en 2004, « Half The Perfect World » en 2006, « Bare Bones » en 2009 avec onze compositions originales, « Standing on The Roof Top » en 2011 où elle s’éloigne du format voix-guitare et élargit sa palette musicale auprès de Marc Ribot et Meshell Ndegeocello, « The Blue Room » en 2013 qui navigue entre jazz, country, blues et pop et « Keep Me in Your Heart for a While » un best of sorti en en 2014.

En 2016, pour ses 20 ans de carrière, Madeleine Peyroux publie « Secular Hymns » en trio, un disque sensible et élégant baigné dans le blues, la soul et le gospel. Les dix titres issus du répertoire américain populaire, du jazz ou emprunté à Tom Waits, prennent la forme de « cantiques profanes et élégants ».

On prend alors la mesure de l’évolution musicale de la chanteuse et aussi de la richesse de ses influences.

En 2018, l’album « Anthem »

Madeleine Peyroux présente son album "Anthem" à l'Auditorium de LyonLe 31 août 2018, Madeleine Peyroux sort l’album « Anthem » qu’elle produit et co-écrit avec Larry Klein. Tout au long des plages de ce neuvième opus enregistré en quintet, la chanteuse porte un regard sobre et poétique mais aussi philosophique voire même engagé sur l’état actuel du monde.

L’album témoigne de son amour pour la liberté et de son besoin de spiritualité ce qu’annonce d’emblée son titre. Anthem est d’ailleurs le troisième titre du poète Leonard Cohen que reprend la chanteuse Elle dit elle-même faire du titre Anthem son « hymne personnel »..

De fait, « Anthem » s’inscrit dans la continuité de « Secular Hymns ». Il a pris forme au cours de l’année 2016 qui a vu les électeurs américains porter au pouvoir Donald Trump. Madeleine Peyroux élabore et affine les chansons dans un processus collectif d’écriture avec les musiciens de l’album, Patrick Warren, Brian McLeod et David Baerwald. Les titres passent du politique à l’évocation du monde personnel de Madeleine Peyroux et mêlent ainsi l’universel et l’intime en un équilibre parfait entre humour noir et compassion.

Tournée de lancement de l’album et concert à Lyon

Le 09 novembre 2018 à 20h sur la scène de l’Auditorium de Lyon, Madeleine Peyroux vient entourée du guitariste Jon Herington, du batteur Graham Hawthorne, du bassiste Paul Frazier et du claviériste Andy Ezrin. A 19h, le concert est précédé de la séance rituelle des « Propos d’avant concert » qui se déroule dans le Bas Atrium de l’Auditorium de Lyon.

Pour le public, la soirée est l’occasion de découvrir la multitude d’histoires que conte avec élégance et sensibilité la chanteuse Madeliene Peyroux.

Des chansons pleines de couleurs et de péripéties. Le répertoire se colore de tristesse sur All My Heroes, se teinte de désespoir à travers Lullaby, respire la sentimentalité et l’ironie dans Down on me. La chanteuse va aussi sans doute évoquer les rêves jamais atteints du bluesy Ghosts of Tomorrow et porter un regard critique sur la société à travers The Brand New Deal.

Au programme de la soirée à n’en pas douter, Madeleine Peyroux va interpréter pour le public de l’Auditorium de Lyon le monumental Anthem de Leonard Cohen mais aussi  le superbe Liberté, poème que Paul Eluard a écrit durant la second guerre mondiale et qui porte l’aspiration de toutes celles et ceux épris de liberté…

Les élégantes polyrythmies du Obradovic-Tixier Duo

Les élégantes polyrythmies du Obradovic-Tixier Duo

Né de la collaboration entre la batteuse croate Lada Obradovic et le pianiste français David Tixier, le « Obradovic-Tixier Duo » présente « The Boiling Stories of A Smoking Kettle », un album où élégantes mélodies et rythmiques complexes coexistent dans un équilibre subtil. Les compositions évoluent entre légèreté et densité, délicatesse et énergie. Il en résulte un cocktail polyrythmique inventif dont la musicalité ne se dément à aucun moment. A écouter en boucle !

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Poésie et énergie avec Youpi Quartet & « Mozaïc »

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Rarement groupe n’a aussi bien porté son nom que le Youpi Quartet. En effet, ce groupe fusionnel offre une musique à la fois énergique et enchanteresse. Sans instrument harmonique, le quartet complice réunit les souffles de la flutiste Émilie Calmé et de l’harmoniciste Laurent Maur et la performante paire rythmique composée du bassiste Ouriel Ellert et du batteur Curtis Efoua. L’oreille savoure l’éclatante alchimie musicale de « Mozaïc » et après l’écoute de l’album, un seul mot échappe … Youpi !

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Kandace Springs revient avec « The women who raised me »

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La chanteuse et pianiste Kandace Springs revient avec « The Women who raised me », un album studio qui rend hommage aux voix des femmes qui l’ont inspirée. Avec élégance, elle reprend des standards chantés par douze grandes voix féminines. Entourée par d’illustres artistes de jazz, elle parcourt un voyage au fil d’un siècle de musique et projette sa voix magnétique dans l’espace jazz. Élégance et émotion sont au rendez-vous.

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Opera Underground – Les RV de novembre 2018

Opera Underground – Les RV de novembre 2018

Jazz et autres « Ailleurs Musicaux »

Les concerts d’octobre continuent que déjà s’annoncent les RV de novembre 2018 avec l’Opera Underground. Deux grands noms du jazz américain, Ben Sidran et Marc Ribot et une légende de l’Ethio-jazz, Hailu Mergia. Des « Ailleurs Musicaux » prometteurs avec Meridian Brothers, Vaudou Game et Kamilya Jubran & Sarah Murcia. Un programme alléchant.

Les RV de novembre 2018 de l’Opéra Underground laissent augurer de prometteuses soirées qui devraient ravir tous les curieux et amateurs de musique. Il y en a pour tous les goûts.

Toujours présent, le jazz côtoie d’autres « Ailleurs Musicaux » dont les syntaxes se promènent de l’Amérique du Sud au Togo, en passant par le Moyen-Orient. Ces escapades aux climats variées témoignent de la diversité des musiques et des croisements qui les parcourent et les vivifient.

Du côté du Jazz

Ben Sidran, Hailu Mergia et Marc Ribot sont programmés dans le cadre des RV de novembre 2018 de l’Opera Underground. La stature et la rareté de ces figures sur les scènes françaises du jazz font de leurs concerts des moments essentiels de cette fin d’année 2018. Trois concerts à faire figurer en bonne place sur l’agenda des amateurs de jazz

Ben Sidran

Ben Sidran est attendu le 03 novembre 2018 à 20h à l’Amphi de l’Opéra de Lyon. Il n’est guère besoin de le présenter tant sa légende le précède. Celui qui est souvent surnommé le Cow-boy sidéral doit cette appellation à sa composition Space Cowboy.

Ben Sidran ne se contente pas d’être pianiste et chanteur, il est aussi compositeur et poète, érudit et producteur, critique et écrivain. S’il s’est produit avec les plus grands noms du rock comme Eric Clapton et les Rolling Stones, il a aussi côtoyé quelques grandes figures du jazz parmi lesquelles on peut citer Abbey Lincoln, Eddie Gomez, Peter Erskine, Johnny Griffin, Ben Riley, Gil Evans, Dizzy Gillespie, Bobby McFerrin et Brecker Brothers. En 1972, il a publié « Black Tall », sa thèse de doctorat sous-titrée « Une histoire culturelle de la musique noire en Amérique » qui est devenu un ouvrage de référence dans le jazz.

Récemment en France on l’a écouté en solo mais c’est en trio qu’il vient à l’Amphi de l’Opéra de Lyon. Le 03 novembre 2018, il est annoncé avec son fils Leo Sidran chanteur et batteur et avec le bassiste Billy Peterson. Un jazz qui fait se rencontrer tradition et modernité.

Hailu Mergia

La venue du claviériste Hailu Mergia à l’Amphi de l’Opéra de Lyon le 22 novembre 2018 à 20h  constitue un évènement à ne pas rater.

Figure légendaire de l’éthio-jazz Hailu Mergia est un des claviéristes les plus respectés de la scène éthiopienne d’Addis-Abeba des années 70 où jouent aussi des musiciens comme Mulatu Astatke, Alémyahu Esthete ou Girma Bèyènè. Arrangeur et pianiste du fameux Walias Band pionnier de l’éthio-jazz, il fuit le régime meurtrier de Mengistu et trouve refuge aux États-Unis en 1981 où il exerce le métier de taxi et continue à pratiquer la musique.

En 1985, il enregistre « Hailu Mergia And His Classical Instrument », un album où il joue lui-même de tous les instruments, accordéon, Rhodes, synthétiseur et boîte à rythmes. En 2013, le label Awesome Tapes From Africa édite à nouveau cet album solo qui connait alors un énorme succès et relance sa carrière musicale.

Son dernier projet réunit deux autres musiciens, le bassiste éthiopien Alem Kebede et le batteur culte du groupe de reggae Culture, Ken Joseph. Leur nouvel album, « Lala Belu », est d’une vitalité étonnante et propose une vision totalement contemporaine de cet éthio-jazz que Hailu Mergia ne cesse de réinventer.

Le tonique septuagénaire Hailu Mergia (orgue, rhodes, accordéon, mélodica) vient à l’Amphi avec Alemseged Kebede Anissa (basse électrique) et Kenneth Courtney Joseph (batterie).

22 novembre 2018, un moment à vivre pour découvrir la version renouvelée de l’ethio-jazz que propose les claviers et l’accordéon du leader Hailu Mergia et les gammes pentatoniques de l’éthiojazz. Au programme de la soirée, rythmes envoutants et musique hypnotique.

Marc Ribot’s Ceramic Dog

Figure essentielle et incontournable du jazz américain Marc Ribot n’en finit pas d’étonner et d’enthousiasmer. Sa venue à l’Amphi de l’Opéra de Lyon le 30 octobre 2018 à 20h fait partie de ces moments mobilisateurs pour tous ceux qui apprécient les musiques innovantes.

Précision importante, pour des raisons artistiques, le concert initialement prévu le samedi 1er décembre à 20h est avancé au vendredi 30 novembre à 20h.

Marc Ribot bientôt dans les RV de novembre 2018 de l'Opera UndergroundGuitariste célèbre de la scène underground new-yorkaise. Marc Ribot s’est fait connaitre du grand public en collaborant avec Tom Waits, Elvis Costello et John Zorn. Ses projets personnels passent de la musique d’avant-garde aux rythmes latins postmodernistes de ses Cubanos Postizos récemment écoutés aux Nuits de Fourvière.

Celui qui a dynamité les frontières des styles et promène son jazz dans des paysages variées, se présente le 30 octobre 2018 à  la tête de Ceramic Dog, son power trio dont on a apprécié le dernier album  « YRU Still Here ? » (Enja Yellow Bird/L’autre Distribution) sorti le 28 mai 2018. A ses côtés, le bassiste Shahzad Ismaily et le batteur Ches Smith.

Le trio propose un pamphlet politique vigoureux, avec des textes irrigués d’une colère portée à son paroxysme par une musique qui se profile entre rock, folk, funk et blues.

Le 30 octobre 2018, Marc Ribot promet une soirée de jazz hors norme. Les convulsions de la musique enragée et paroxystique de Ceramic Dog risquent d’enflammer la passion des spectateurs présents sur les gradins de l’Amphi de l’Opéra de Lyon.

Autres « Ailleurs Musicaux »

Meridian Brothers

Le 06 novembre 2018 à 20h, les Meridian Brothers avec le quatuor Wassily présentent une création pour l’Opéra Underground.

RV de Novembre 2018 de l'Opera Underground avec Meridian BrothersLors de cette soirée à l’Amphi de l’Opéra de Lyon, le quintet du musicien colombien Eblis Alvarez présente une version de son album ¿Dónde Estás María? avec des arrangements pour quatuor à cordes écrits spécialement pour le quatuor Wassily.

Le quatuor Wassily est en résidence à l’Opéra durant toute la saison 2018/2019. Les violonistes Antoine Brun et Marine Faup-Pelot, l’altiste Dominik Baranowski et le violoncelliste Raphaël Ginzburg se sont déjà produits sur la scène de la Grande Salle de l’Opéra de Lyon le 17 octobre 2018 dans le cadre de la soirée Porteños aux côtés du chanteur et clarinettiste Daniel Melingo.

Le guitariste Eblis Alavarez est un des acteurs les plus importants de la nouvelle scène de Bogota. Il a étudié le jazz et la musique classique puis la composition électronique au Danemark. Il a redécouvert ensuite les musiques tropicales populaires de Colombie dont il a fait la matière première de ses expérimentations avec les Meridian Brothers. Autour du guitariste et chanteur, le groupé réunit Mauricio Ramirez (batterie percussions), Maria Valencia (saxophone, claviers), Cesar Quevedo (basse) et Alejandro Forero (claviers).

Le 06 novembre 2018 le quintet Meridian Brothers et le Quatuor Wassily promettent une soirée festive aux croisées des musiques savantes et populaires de l’Amérique Latine. A prévoir, accents psychédéliques imprégnés de cumbia, salsa, chicha et merengue et enrichis des arrangements pour cordes.

Vaudou Game

A 20h, le chanteur guitariste togolais Peter Solo et son collectif Vaudou Game sont les invités de l’Amphi de l’Opéra pour la soirée du 09 novembre 2018.

RV de Novembre 2018 de l'Opera Underground avec Meridian BrothersPeter Solo est natif de d’Aného-Glidji, haut-lieu de la culture vaudou. Durant les rituels vaudou sont employées des gammes particulières. Le guitariste en utilise les harmonies intégrées par lui dans une musique qui emprunte beaucoup à l’afro-funk des années 70. Sa musique rappelle aussi que les rituels étaient à l’origine dévolus à la nature et à ses éléments, ses forces. L’Air est l’élément auquel se réfère Peter Solo.

Dans la musique vaudou pas d’instruments harmoniques, pas de kora ni de balafon, les chants sont seulement accompagnés par les peaux des tambours. Dans Vaudou Game, le chant et la guitare du leader sont accompagnés la batterie de Gilbert Ai-Nho, la basse de Gaétan Ahouandjogbe, les saxophones et les percussions de Ghislan Paillard la trompette et les percussions d’Aurélien Joly, les claviers et la guitare de Jérémy Garcia. Tous les musiciens donnent de la voix pour accompagner le chant de Peter Solo.

Pour la soirée du 09 novembre 2018, groove hypnotique et énergie débridée garantis. Vaudou Game, c’est la certitude de vibrer en rythme et de se dégourdir les jambes.

Avec la récente vidéo de l’Anniversaire, pour se mettre dans la tonalité de la soirée…

Le Havre en chanson

Le 10 novembre 2018 à 20h l’Amphi de l’Opéra de Lyon accueille « Le Havre en Chansons ».

Il s’agit de la cinquième conférence du cycle “Musiques portuaires” organisé en partenariat avec l’Opera Underground de Lyon et le Centre des Musiques Traditionnelles Rhône-Alpes.  Ainsi après le rebetiko, les musiques afro-colombiennes, celles de Buenos-Aires et de Valparaiso, le cycle explore les chants de marins du Havre.

La soirée propose une restitution jouée, chantée et parlée d’une enquête minutieuse menée auprès des Havrais. Avec trois musiciens ethnologues Michel Colleu, collecteur, chanteur, instrumentiste (violon, vielle, concertina), Marc Blondel (collecteur, chanteur, flûtiste) et Bernard Subert (chanteur, transcripteur, clarinettiste) renaissent les chants et cris des matelots de la marine marchande et des vendeurs ambulants, les chants des marins baleiniers, long-courriers et ouvriers.

Un patrimoine sonore et musical précieux mis à portée d’oreilles le 10 novembre 2018 à l’Amphi de l’Opéra de Lyon.

Kamilya Jubran et Sarah Murcia

Après sa venue récente et fort appréciée aux côtés de Louis Sclavis, la contrebassiste Sarah Murcia est de retour le 21 novembre 2018 à 20h à l’Amphi de l’Opéra de Lyon avec la chanteuse et oudiste Kamilya Jubran.

RV de Novembre de l'Opera Underground avec Kamilya Jubran et Sarah Murcia

Kamilya Jubran et Sarah Murcia © Marc Domage

La chanteuse et oudiste Kamilya Jubran et la contrebassiste et compositrice Sarah Murcia se connaissent depuis plus de 15 ans. Elles se sont rencontrées en 1998 au sein de la formation palestinienne « Sabreen ». Aujourd’hui les deux leaders proposent le nouveau répertoire de leur projet « Habka » entourées d’un trio de cordes constitué de Régis Huby (violon), Guillaume Roy (alto), Atsushi Sakaï (violoncelle), tous trois membres du quatuor Ixi, un collectif soudé d’improvisateurs virtuoses.

La oudiste et la contrebassiste ont approfondi leur écriture et leur rapport à l’improvisation. Elles reviennent avec une musique puisée aux sources des musiques arabes, des musiques improvisées et des formats classiques.

Le 21 novembre 2018, Kamilya Jubran et Sarah Murcia présentent leur musique intense et très personnelle aux confluences de plusieurs mondes. Un univers à distance des clichés exotiques trop souvent associés à la musique arabe.

Une fois encore en novembre 2018, l’Opéra Underground programme des musiques où tradition et innovation font bon ménage. Les musiques populaires croisent des langages plus modernes. L’Autre Scène de l’Opéra propose à la fois des valeurs sûres et des artistes à découvrir. Il y en a pour toutes les sensibilités!

Les élégantes polyrythmies du Obradovic-Tixier Duo

Les élégantes polyrythmies du Obradovic-Tixier Duo

Né de la collaboration entre la batteuse croate Lada Obradovic et le pianiste français David Tixier, le « Obradovic-Tixier Duo » présente « The Boiling Stories of A Smoking Kettle », un album où élégantes mélodies et rythmiques complexes coexistent dans un équilibre subtil. Les compositions évoluent entre légèreté et densité, délicatesse et énergie. Il en résulte un cocktail polyrythmique inventif dont la musicalité ne se dément à aucun moment. A écouter en boucle !

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Poésie et énergie avec Youpi Quartet & « Mozaïc »

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Kandace Springs revient avec « The women who raised me »

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La chanteuse et pianiste Kandace Springs revient avec « The Women who raised me », un album studio qui rend hommage aux voix des femmes qui l’ont inspirée. Avec élégance, elle reprend des standards chantés par douze grandes voix féminines. Entourée par d’illustres artistes de jazz, elle parcourt un voyage au fil d’un siècle de musique et projette sa voix magnétique dans l’espace jazz. Élégance et émotion sont au rendez-vous.

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Clin d’œil à The Amazing Keystone Big Band & We Love Ella

Clin d’œil à The Amazing Keystone Big Band & We Love Ella

Hommage à Ella Fitzgerald

The Amazing Keystone Big Band revient le 19 octobre 2018 avec « We Love Ella ». Les dix-sept musiciens de l’orchestre et la chanteuse Célia Kaméni tentent de réinventer quelques grands succès de la légendaire Ella Fitzgerald.

couverture de l'album We LOve Ella par The Amazing Keystone Big BandAprès « Pierre et leLloup et le Jazz « , « Le Carnaval Jazz des Animaux » et « Django Extended » et « Monsieur Django et Lady Swing », les deux disques sur Django Reinhardt, The Amazing Keystone Big Band propose « We Love Ella » (Nome/L’Autre Distribution), un projet qui rend hommage à la chanteuse Ella Fitzgerald.

Les dix-sept musiciens et la chanteuse Célia Kaméni célèbrent en 2018 celle qui aurait eu 100 ans en 2017. Pour l’occasion les quatre directeurs musicaux ré-arrangent à leur manière les plus grands succès d’Ella Fitzgerald qui aimait lover sa voix au cœur des big bands, comme elle le fit avec celui du batteur Chick Webb, puis avec ceux de Duke Ellington et Count Basie.

Pour les adultes, les neuf titres de « We love Ella »

En cinquante-cinq minutes, The Amazing Keystone Big Band et Célia Kaméni reprennent les grands titres que la « First Lady of Swing » a fait swinguer. Sur la plupart des plages on peut écouter les chorus ébouriffants de quelques-uns des musiciens du big band et l’on aurait apprécié que les solistes s’expriment plus longtemps.

L’album ouvre avec deux titres qu’Ella FItzgerald a enregistrés avec Louis Armstrong, le rutilant A Woman is A Sometime Thing composition de Gershwin tirée de l’opéra « Porgy & Bess » et la ballade Moonlight in Vermont. Le répertoire se poursuit avec Blues in the Night suivi de Old Devil Moon pris sur un rythme latinisant où la voix de tête de la chanteuse lisse le chant qui perd en chaleur.

Pris sur un tempo très ralenti, loin de la version enregistré par Ella FItzgerald en 1961, la superbe composition de Mel Torme, Born to Be Blue, met en valeur l’intonation cajoleuse de la chanteuse servie par une soyeuse orchestration

A Tisket A Tasket prend des airs de ragtime et dépayse le morceau du côté de La Nouvelle-Orléans. Dans la voix de Célia Kaméni on retrouve quelques inflexions de la grande Ella FItzgerald que la légendaire chanteuse a enregistré en 1938 avec l’orchestre de Chick Web.

 It Ain’t Necessarily So swingue même s’il manque un peu de flamboyance. Stompin’At the Savoy regarde du côté de l’esthétique West Coast et permet de savourer une prestation instrumentale bienvenue avant que la voix ne se retrouve au centre de l’attention sur Bess’ Scat, le dernier titre de l’album. Un scat bien maîtrisé de Célia Kaméni qu’accompagnent piano, contrebasse et batterie ensuite rejoints par le big band étincelant.

Pour les enfants… « La voix d’Ella »

couverture de l'album La voix d'Ella par The Amazing Keystone Big BandThe Amazing Keystone Big Band n’oublie pas les plus jeunes avec l’album « La voix d’Ella », un conte musical joyeux et ludique. L’histoire est écrite par Philippe Lechermeier, illustrée par Amanda Minazio et racontée par Vincent Dedienne.

Célia Kaméni incarne la voix de Bess. La jeune héroïne vit dans un orphelinat d’Alabama, où elle découvre un jour la voix d’or de la grande Ella Fitzgerald. Elle n’aura alors plus qu’un seul rêve… chanter comme Ella. Pas facile quand on est noire en 1953, mais les épreuves donnent du courage à Bess.

« We Love Ella » et « La voix d’Ella », deux projets discographiques qui rendent hommage à Ella Fitzgerald, cette incontournable icône du jazz… et font naître l’envie de visiter son site pour apprécier la voix unique de celle qui demeure « The First Lady of Song.

Les élégantes polyrythmies du Obradovic-Tixier Duo

Les élégantes polyrythmies du Obradovic-Tixier Duo

Né de la collaboration entre la batteuse croate Lada Obradovic et le pianiste français David Tixier, le « Obradovic-Tixier Duo » présente « The Boiling Stories of A Smoking Kettle », un album où élégantes mélodies et rythmiques complexes coexistent dans un équilibre subtil. Les compositions évoluent entre légèreté et densité, délicatesse et énergie. Il en résulte un cocktail polyrythmique inventif dont la musicalité ne se dément à aucun moment. A écouter en boucle !

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Poésie et énergie avec Youpi Quartet & « Mozaïc »

Poésie et énergie avec Youpi Quartet & « Mozaïc »

Rarement groupe n’a aussi bien porté son nom que le Youpi Quartet. En effet, ce groupe fusionnel offre une musique à la fois énergique et enchanteresse. Sans instrument harmonique, le quartet complice réunit les souffles de la flutiste Émilie Calmé et de l’harmoniciste Laurent Maur et la performante paire rythmique composée du bassiste Ouriel Ellert et du batteur Curtis Efoua. L’oreille savoure l’éclatante alchimie musicale de « Mozaïc » et après l’écoute de l’album, un seul mot échappe … Youpi !

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Kandace Springs revient avec « The women who raised me »

Kandace Springs revient avec « The women who raised me »

La chanteuse et pianiste Kandace Springs revient avec « The Women who raised me », un album studio qui rend hommage aux voix des femmes qui l’ont inspirée. Avec élégance, elle reprend des standards chantés par douze grandes voix féminines. Entourée par d’illustres artistes de jazz, elle parcourt un voyage au fil d’un siècle de musique et projette sa voix magnétique dans l’espace jazz. Élégance et émotion sont au rendez-vous.

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Steen Rasmussen Quinteto publie « Canta »

Steen Rasmussen Quinteto publie « Canta »

Swing voluptueux et subtiles harmonies

Le 19 octobre 2018, Steen Rasmussen Quinteto livre « Canta ». Un swing absolu s’écoule des douze plages de cet album joyeux et tendre. Une douce sensualité imprègne les délicates mélodies et les subtiles harmonies de cet opus inspiré des musiques du Brésil.

Autour du Steen Rasmussen Quinteto, l’album « Canta » (Stunt Recors/Una Volta Music) réunit une pléiade de vocalistes et d’instrumentistes. Ils mettent leurs talents au service de ce délicieux opus qui sonne brésilien jusque dans les moindres détails.

L’exquise saudade brésilienne est intégrée dans des rythmes sophistiqués au swing fluide et souple. De somptueuses harmonies surgissent au détour des portées et teintent la musique d’une délicate sensualité et d’une douce nostalgie.

Steen Rasmussen

Steen RasmussenLe pianiste et compositeur danois Steen Rasmussen n’en est pas à son coup d’essai. En effet depuis plusieurs années il cultive avec réussite son goût pour la musique brésilienne.

Après avoir écouté les plus grands noms de la musique du Brésil, de João Donato à Toquinho en passant par Antonio Carlos Jobim, Tania Maria, Djavan, Joyce et Elis Regina, il a adopté l’ensemble des styles musicaux du Brésil, de la bossa nova à la samba en passant par la « musique populaire brésilienne ».

On est presque tenté de dire qu’il compose et joue comme le ferait un natif du Brésil.

Steen Rasmussen Quinteto

Steen Rasmussen QuintetoLe quintet du leader existe depuis 2007. Il réunit autour de Steen Rasmussen (piano, claviers, harmonica & voix) la tromboniste Lis Wessberg, le bassiste Fredrik Damsgaard, le batteur Jonas Johansen et le percussionniste Jacob Andersen. Le groupe tourne régulièrement au Danemark, en France, en Espagne, en Equateur, en Colombie et au Brésil.

Parmi les réussites discographiques du Steen Rasmussen Quinteto on peut citer « Lo Mejor de Cada Casa » signé en 2013 avec le guitariste et chanteur Leo Minax. Cet album lui a valu un franc succès au Danemark mais aussi à l’international.

En 2015 il enregistre « Presença » à Rio de Janeiro avec Paulo Braga qui a joué un rôle essentiel dans l’évolution de la batterie brésilienne dans les années 70 et a longtemps joué avec Antonio Carlos Jobim et Elis Regia avec lesquels il a enregistré « Elis & Tom ». Il s’est aussi illustré dans le jazz aux côtés David Sanborn, Eliane Elias, Joe Henderson, Pat Metheny et Michael Brecker.

« Canta »

couverture de l'album Canta par Steen Rasmussen QuintetoLes compositions inventives du leader sont mises en valeur par l’interprétation du quinteto mais aussi par les interventions des invités de choix que Steen Rasmussen a su convaincre de participer à l’album « Canta ».

On retrouve les voix de la fameuse chanteuse brésilienne Joyce Moreno, de la chanteuse italienne Barbara Casini qui a joué avec Stefano Bollani et Enrico Rava, de la chanteuse suédoise Josefine Cronholm, de Leo Minax, chanteur brésilien adopté par Madrid, des vocalistes danois Marie Carmen Koppel, Caroline Franceska et Mark Linn.

Joyce Moreno et Barbara Casini interviennent par ailleurs au titre de guitaristes sur les thèmes qu’elles interprètent. D’autres instrumentistes prêtent aussi leur concours à « Canta » parmi lesquels on peut citer entre autres noms ceux de Hans Ulrick au saxophone ténor et Alfonso Correa au berimbau.

Impressions musicales

L’album propose un répertoire de douze titres parmi lesquels figurent deux morceaux instrumentaux. Interprété en trio piano-basse-batterie, Snowflakes in Calle Leon sied au crépuscule. En accord avec son titre, la musique suggère la légèreté et la douceur des flocons de neige et séduit les amateurs de ballades.

Joué en quartet piano-contrebasse-batterie-percussions, Canta sonne comme un forró et charme par la souplesse de sa rythmique et la fluidité du jeu pianistique.

Avec Nothing like the Sun, Steen Rasmussen signe une sorte d’afro-samba sur laquelle Joyce Moreno pose ses douces onomatopées arpégées avant de se lancer dans un chorus lumineux que stimule le triangle. Le trombone double la voix et le piano improvise avec légèreté. Cette composition rappelle l’influence de João Donato et incite à la danse.

Avec une douce sensualité, Barbara Casini pose sa voix sur Un Altro Sogno, une bossa nova chantée en italien et étirée par les cordes des instruments de Bjarke Falgren (violon, alto et violoncelle). Le piano élégant prend un solo langoureux et l’on chavire dans une rêverie empreinte de saudade. Estrela Quente met en valeur le chant de Leo Minax que le trombone cuivre de mélancolie. Le piano construit son improvisation sous la voûte céleste étoilée.

Baião para Cafe Central célèbre le légendaire club de jazz de Madrid, le « Cafe Central », sur un rythme du Nordeste brésilien, le baião. La voix claire de Josefine Cronholm voltige en symbiose avec le trombone. A leur suite, le pianiste se fait trapéziste et prend un solo aérien. Le scat ensorcelant de la chanteuse relance la danse, épaulée par les percussions et la batterie volcanique.

Joyce Moreno et Leo Minax conjuguent l’harmonie sur Accelera, une plage joyeuse dont le balanço est accompagné par le contrechant du trombone qui promène sa coulisse sur la spirale musicale. Il souffle un chorus chaleureux qui donne envie de se lover entre les portées de la partition pour mieux étreindre la musique dansante.

Les volutes du saxophone ténor de Hans Ulrik brodent la ligne diaphane de la voix de Barbara Casini. Berimbao, cymbales et percussions parsèment leurs interventions sur la mélodie onirique de Homenagem A vida qui se densifie avec les brumes évanescentes du chorus du ténor nordique.

La voix acidulée de Caroline Francesca expose la mélodie puis dialogue avec le trombone sur Balançando qui groove d’une douce nonchalance. Le vocaliste Mark Linn fait planer un parfum aux effluves asiatiques sur Distrito Chinês, une bossa nova planante qui ondule sur les cordes de la contrebasse.

Les deux derniers titres surprennent. Ils génèrent des climats plus contemplatifs. Après un duo introductif chargé de grâce entre la voix éthérée de Josefine Cronholm et le piano, Picture of Ocean dessine une ode à l’océan. Le trombone et la section rythmique raffinée évoquent le mouvement perpétuel des eaux. L’album se termine avec I surrender to you qui résonne comme un cantique chanté par la voix aux inflexions soul de Carmen Kappel accompagnée par les seuls claviers de Steen Rasmussen.

Porté par des échos venus du Brésil, l’album « Canta » charme par le mariage habile qu’il opère entre bossa nova, samba, rythmes brésiliens et jazz. Des mélodies délicates se balancent sur des rythmes dansants. De riches harmonies enchantent les couleurs d’une musique joyeuse dont la fluidité captive.

Les élégantes polyrythmies du Obradovic-Tixier Duo

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