« Inspiration Baroque » par l’Ensemble AMARILLIS et Louis SCLAVIS

« Inspiration Baroque » par l’Ensemble AMARILLIS et Louis SCLAVIS

« Inspiration Baroque » par l’Ensemble Amarillis & Louis Sclavis

La rencontre de l’Ensemble Amarillis et de Louis Sclavis a généré une création intitulée « Inspiration Baroque ». L’album sorti le 08 mars chez NoMadMusic immortalise une musique d’émoi.

300-300ensemble-amarillis-e-tlouissclavis_couvDans cet opus « Inspiration Baroque » par l’Ensemble Amarillis et Louis Sclavis, deux trios coexistent. Le trio baroque Amaryllis, Héloïse Gaillard (flûtes à bec et hautbois baroque), Annabelle Luis (violoncelle baroque) et Violaine Cochard (clavecin). Le trio jazz, Louis Sclavis (clarinettes), Matthieu Metger (saxophones) et Jean-Philippe Feiss (violoncelle). Les deux formations mettent en résonance des œuvres de l’époque baroque et des compositions de Jazz européen de Louis Sclavis et Matthieu Metzger.

Durant 150 ans, en Europe, la musique baroque a transcrit l’émotion, a eu le goût du pathétique, a inventé des dissonances, des contrastes, des tensions et des ruptures. La musique improvisée européenne née au XXème siècle a inscrit l’improvisation comme un principe majeur et prône la recherche et l’expérimentation, joue beaucoup sur l’énergie et l’émotion. Ces deux musiques ont le goût du partage. La pratique du voyage leur est aussi un point commun. Rien d’étonnant donc que ces deux arts se rencontrent et échangent aujourd’hui.

Louis-et-lensemble-Amarillis-300x150L’enchaînement des morceaux concourt à mettre en évidence les points communs qui existent entre les syntaxes de cesdeux musiques. Lors du passage d’un morceau à un autre, point vraiment de démarcation mais plutôt des ponts, des similitudes, des liens même. Les musiciens en toute liberté inventent et croisent sons et partitions, alternent rythmes et fantaisies, inventent des mots nouveaux.

Les pièces de Dario Castello, Jacques Martin Hotteterre, Jean-Baptiste Barrière, Marin Marais, Georg Philipp Telemann,  Andrea Falconieri ou Henry Purcell alternent avec des morceaux écrits dans le même esprit par Louis Sclavis ou Matthieu Metzger. Les mouvements s’enchaînent en toute continuité. Les timbres des instruments anciens et modernes se combinent, certaines associations inattendues sont du meilleur effet, flûte soprano/saxophone soprano et clavecin; sopranino/haubois baroque et clarinette basse.

Tout concourt dans cet enregistrement à susciter des émotions et à toucher l’auditeur. La fantaisie de ce projet et sa liberté de ton laisse augurer de merveilleux moments d’écoute lors des concerts que vont donner ces musiciens.

A écouter le 29 juin à Lyon dans le cadre du festival La Tour Passagère.

Clin d’œil à Sonia Cat-Berro & « Lonely Siren »

Clin d’œil à Sonia Cat-Berro & « Lonely Siren »

Après vingt ans de scène et trois albums, Sonia Cat-Berro revient avec « Lonely Siren », son quatrième album chez Shed Music. Entourée de quelques-uns des meilleurs musiciens de la scène jazz hexagonale, la chanteuse propose un opus au climat captivant. Le chant de la sirène déborde d’émotions.

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Bémol 5 accueille France Musique

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Le Jazz de Paul Gonnet

Le Jazz de Paul Gonnet

Paul Gonnet fait rimer Jazz avec Intensité, Evasion & Partage

Les notes de jazz résonnent depuis longtemps dans la vie de Paul Gonnet. Durant son enfance et son adolescence il a découvert les différentes facettes de cet art musical toujours présent dans son univers actuel.

Attentif et curieux Paul Gonnet fréquente assidûment les concerts et les festivals qu’il chronique depuis de nombreuses années sur les radios (Trait d’Union, Fréquence Jazz, Lyon Première) et télévisions (TLM). Aujourd’hui il a intégré la rédaction de Jazz’in Lyon et continue à mettre sa plume au service du jazz.

Dans notre rubrique « En trois mots », nous tenions à présenter le regard que Paul Gonnet porte sur le jazz. Animé par un intérêt dont l’intensité ne faiblit pas dans le temps, il pratique une écoute attentive en direction de toutes les musiques du Jazz et porte un avis distancié et argumenté sur ce qu’il entend.

SDjangoRheinhardton baptême de jazz remonte à son enfance. En effet, c’est son grand-père qui a été en quelque sorte son passeur, celui qui a initié son premier contact avec le jazz et plus précisément avec la musique de Django RheinhardtStanGetz-1_1981_NV. L’adolescence l’a guidé vers d’autres mondes, celui du reggae et du funk (entre autres) et vers l’âge de seize ans il commence la pratique du saxophone. Deux grandes pointures du saxophone ténor l’ont alors interpelé, deux musiciens dont les esthétiques et les sons se situent presque aux antipodes. Stan Getz au son velouté et raffiné (« Voyage ») et ArchiShepp_couv-trouble in mindArchie Shepp au son plus rauque et plus brut (« Trouble in Mind »). C’est ensuite vers le discours plus orientalisant du  saxophoniste Yussef Lateef  (« Eastern Sound ») que son écoute est attirée.YusefLateef_EasternSounds_couv

Ce sont les concerts qui constituent aujourd’hui son mode d’écoute idéale et même s’il affectionne encore le saxophone, son instrument préféré est le piano .

Interrogé quant au style de jazz qui lui plaît actuellement, il prend le temps de réfléchir avant d’évoquer le style hard-bop tel que le pratique aujourd’hui les Messengers Legacy, ce groupe constitué d’anciens MessengersLegacy_07092015_JAV_NV_membres des Jazz Messengers d’Art Blakey. Leur concert du 09 juillet 2015 durant le Festival Jazz à Vienne l’a impressionné par la qualité et l’enthousiasme de ces musiciens qui contribuent à garder vivante l’âme de cette musique sans la dénaturer. Un revival bon teint !

Un jour de pleine forme Paul aime écouter Jimmy Smith, l’incomparable organiste, et plus précisément le CD « The Sermon ! «  (1957). Nous vous proposons une écoute du titre éponyme avec Lee Morgan (tpt), Tina Brooks (ts), Lou Donaldson (as), Jimmy Smith (org), Kenny Burrell (guit) et Art Blakey (dr). Rien de mieux qu’un tel concentré de bonne humeur et d’énergie pour doper notre forme.

Lorsqu’il lui arrive de chantonner un air, c’est du côté d’un certain Serge Gainsbourg que le conduisent les notes et plus précisément, le thème « Læticia » ou encore « Black Trombone ». Après réflexion, il évoque l’album « Utopies » du Hadouk trio dont il aime à chantonner n’importe quel titre. Nous vous proposons donc d’écouter quelques mesures de « Toupie valse » où l’on retrouve Didier Malherbe (doudouk, fl, cl, sax), Loy Ehrlich (hajouj, kora, ..) et Steve Shehan (perc). Un peu d’ethno-jazz peut-être salutaire et dépaysant !

Sans hésiter Paul propose plusieurs titres d’albums pour sensibiliser au jazz une connaissance proche de lui. Revient alors le disque « Trouble in Mind » d’Archie Shepp, déjà évoqué plus haut, mais la palette d’écoute proposée s’élargit avec l’album « Sketches of Spain » (1959) de Miles Davis et enfin le titre « Autumn Leaves » gravé sur le disque « Something Else » de Cannonball Adderley enregistré en 1958 lorsque le saxophoniste faisait partie du sextet de Miles Davis. On y retrouve, Miles Davis (tpt), Cannonball Adderley (as), Hank Jones (p),  Sam Jones (cb) et Art Blakey (dr). Là encore nous succombons au plaisir de l’écoute du standard « Autumn Leaves » immortalisé de belle manière par les musiciens cités.

Paul Gonnet n’est vraiment pas à court d’idées pour sensibiliser un néophyte et le conduire vers le jazz. Il n’est pas interdit de penser qu’il a souvent pratiqué une telle démarche. Avec un dernier CD, il se propose d’introduire le candide dans le monde du latin-jazz, celui de la salsa avec le CD « Acid » que Ray Baretto a enregistré en 1968. Nous ne pouvons pas résister à l’envie de proposer l’écoute du titre éponyme.

V.TsabropoulosPaul serait capable de se déplacer loin et même de traverser l’Europe pour rejoindre la Grèce afin d’écouter le pianiste Vassilis Tsabropoulos Imprégné de musiques traditionnelles grecques et byzantines, ce musicien a enregistré deux CD en piano solo dont le dernier « The promise » (ECM/Universal) en 2009 et il a aussi gravé deux autres opus avec Anja Lechner (violoncelle) et un autre avec Arild Andersen (cb). Ainsi Paul nous dit de nouveau son intérêt pour les musiques que l’on peut appeler musiques du monde, celles qui participent autrement dit au courant de l’ethno-jazz. Par contre il écoute rarement les musiques qui s’inscrivent dans le courant hip-hop, pas plus que l’électro-jazz ni même les musiques de tendance noise ou trash.

C’est  très spontanément qu’il formule trois noms pour inscrire à l’affiche du concert idéal qu’il aimerait voir sur scène. Il réunirait le pianiste Ahmad Jamal, le contrebassiste Dave Holland et le saxophoniste John Surman. Ce rapprochement hypothétique ferait se côtoyer des musiciens qui ont en commun le sens de l’esthétique. Un jour peut-être, qui sait …?

Avant de nous séparer, Paul accepte de définir « en trois mots » sa vision du jazz. Il associe cette musique à la notion d’intensité et envisage que le jazz soit un vecteur propice à  l’évasion et au partage. Ainsi pour lui, le jazz est dépaysement, génère le mouvement vers un ailleurs, un ailleurs qui inclut un autre avec lequel la musique se partage intensément.

Si votre « ciel de jazz » accueille toutes les musiques et les ambiances évoquées par Paul Gonnet, il n’est pas exclu que vous côtoyez prochainement les même scènes de musique que lui. Assis côte à côte, vous pourrez alors échanger vos impressions.

Propos recueillis le jour du Jazz Day, 30 avril 2016.
Clin d’œil à Sonia Cat-Berro & « Lonely Siren »

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Bémol 5 accueille France Musique

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Le Jazz de Marion Tisserand

Le Jazz de Marion Tisserand

 

Marion Tisserand voit le Jazz en Lumière, Partage & Amour

 

Pour  Marion Tisserand, Jazz et Photo sont inséparables. C’est le jazz qui l’a menée sur les chemins de la photographie et aujourd’hui elle demeure fidèle à cette musique que son travail photographique magnifie.

C’est à double titre que nous nous avons souhaité présenter Marion dans le premier article de cette rubrique, « En trois mots ». D’une part elle est femme, dans le monde de la photo-jazz qui est plutôt masculin, et d’autre part elle est la lauréate du « Jazz World Photo 2016 » qu’elle a remporté avec un magnifique cliché de Renaud Garcia-Fons immortalisé lors du Crest jazz Vocal 2015. Mieux que tout discours, son site présente et valorise son travail. Précisons aussi qu’elle est nominée au titre des « Jazz Journalism Awards » dans la catégorie « Photo Jazz de l’année » avec un cliché de Marcus Miller cadré lors du festival « Jazz à Vienne » (résultats à venir le 14 juin). Ces deux reconnaissances officielles viennent saluer avec véracité un talent déjà plus que confirmé. Les deux photos évoquées figurent sur la page d’accueil du site de Marion Tisserand.

Tutu_couvSon premier contact avec le jazz remonte aux années 90 et à la découverte de Miles Davis via le répertoire de l’album « Tutu ». Elle nous précise être une absolue inconditionnelle de cet artiste (trompettiste, compositeur, arrangeur, ….) qui incarne aussi, le style de jazz qu’elle préfère.

Aujourd’hui elle affectionne l’écoute du jazz sur disque vinyle. Par contre elle privilégie l’écoute « live » pour ce qui concerne les musiques d’aujourd’hui ce qui lui permet bien sûr de profiter de la musique et de se consacrer à la photographie des musiciens sur scène. Interrogée quant à son instrument préfèré, elle cite sans hésiter la contrebasse. Il serait tentant de dire que l’instrument lui rend la politesse au regard des lauriers reçus avec la photo de Renaud Garcia-Fons et sa contrebasse.

Red&BlackLight_couvLes jours de pleine forme, elle fait tourner en boucle un des deux derniers albums de Ibrahim Maalouf, « Red & Black LIght ». A n’en pas douter la journée d’ouverture du 28 juin que le Festival « jazz à Vienne » 2016 consacre à cet artiste va prodiguer à Marion l’occasion de cibler le trompettiste dans son objectif. S’il lui arrive de chantonner un air à Aurora_A-Cohen_couvun moment ou à un autre de sa journée ce peut être « Moretika » un titre du CD « Aurora » d‘Avishai Cohen (le contrebassiste) à moins que ce ne soit un des multiples thèmes d’Ibrahim Maalouf ne l’habite ou encore un des nombreux titres de Miles.

Questionnée quant à la manière qu’elle adopterait pour TrioInTokyo_MPetrucciani_couvsensibiliser une personne de son entourage au jazz, elle envisage deux options. Soit faire écouter l’album « Trio in Tokyo » de Michel Petrucciani enregistré en 1997 avec Steve Gadd et Anthony Jackson. Soit engager la personne à assister un concert d’électro-jazz, comme par exemple une prestation d’Eric Truffaz ou de Julien Lour120_Truffaz-2au. Elle a souvent ainsi procédé avec ses proches et elle nous garantit que cela fonctionne pratiquement à tous les coups.

120_Avishai NB_modifié-1Marion Tisserand a déjà eu l’occasion de photographier de nombreux artistes des scènes jazz mais elle serait prête à se déplacer très loin pour écouter et capter l’essence de la musique d’Avishai Cohen (le trompettiste), Renaud Garcia-Fons et Ibrahim Maalouf  Aujourd’hui c’est sans doute le jazz manouche qui attire le moins son attention.

En fin d’entretien, Personnal Mountains_KeithJarrett_couvnous demandons à Marion de nous indiquer ses trois albums fétiches. Pour faire suite avec ses propos précédents, elle désigne « Tutu » de Miles Davis, « Trio à Tokyo » de Michel Petrucciani et rajoute l’album « Personal Mountains » de Keith Jarrett.

Nous proposons ensuite à Marion d’imaginer l’affiche d’un concert idéal qu’elle souhaiterait voir se réaliser sur scène demain. Sa réflexion est rapide : réunir sur le même plateau Erik Truffaz, Ibrahim Maalouf et Avishai Cohen (le trompettiste). Ainsi le concert rassemblerait quelques-uns des musiciens qu’elle apprécie aujourd’hui et sans doute verrons-nous prochainement des clichés des deux premiers musiciens  cités puisqu’ils seront présents dans l’édition du Festival Jazz à Vienne auquel Marion Tisserand est fidèle. A ce propos il est tout à fait intéressant de revoir et écouter le reportage publié sur CultureBox et réalisé en 2015 par Odile Morain, « Jazz à Vienne : Marion Tisserand, le marathon d’une photographe indépendante ».

Nous tenons à remercier Marion Tisserand de nous avoir permis d’utiliser ses photographies d’Avishai Cohen et Erik Truffaz pour illustrer cet article.

Avant de nous quitter, Marion accepte de nous confier les « trois mots » qu’elle emploierait pour définir sa vision du jazz. Sa réponse fuse. Au mot mot jazz elle associe celui de la lumière, ses ombres, ses contre-jours et ses contrastes, celui de partage qui existe entre le public, les musiciens et les photographes enfin celui de l’amour, son amour pour cette musique, mais aussi celui qu’elle dit devoir au public et aux musiciens. Ses photos se font l’écho de cette conception.

Vous croiserez sûrement Marion Tisserand et son matériel photo lors concerts jazz de la région. A vous de la reconnaître !

Propos recueillis le jour du Jazz Day, 30 avril 2016.

 

Clin d’œil à Sonia Cat-Berro & « Lonely Siren »

Clin d’œil à Sonia Cat-Berro & « Lonely Siren »

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Bémol 5 accueille France Musique

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« Take me to the Alley » de Gregory Porter,

« Take me to the Alley » de Gregory Porter,

« Take Me to the Alley », le nouvel opus de Gregory Porter

En 2016 Gregory Porter revient avec « Take Me to the Alley », un album qui met une nouvelle fois en évidence son talent inné pour transcender les genres, blues, soul, gospel, jazz. La voix de baryton du chanteur résonne sur douze nouveaux titres.

GregoryPorter_couvtake-me-to-the-alley-coverAprès « Water » (2010) et « Be good » (2012) et le succès phénoménal de « Liquid Spirit », son premier disque sur Blue Note en 2013, Gregory Porter est retourné en studio à New-York pour réaliser « Take me to The Alley » (Blue Note/Universal), toujours avec le soutien de son fidèle producteur Kamau Kenyatta.  Il a enregistré avec le noyau dur de son groupe, le pianiste et directeur musical Chip Crawford, le bassiste Aaron James, le batteur Emmanuel Harrold, le saxophoniste alto Yosuke Sato et le saxophoniste ténor Tivon Pennicott. Le disque bénéficie également des participations de la chanteuse Alicia Olatuja, du trompettiste Keyon Harrold et de l’organiste Ondrel Pivec.

Douze nouveaux titres baignés du timbre chaud et sensuel de ce chanteur. Sur plusieurs morceaux il dit son engagement personnel. Le disque ouvre avec « Holding On », un morceau qu’il a déjà enregistré avec « Disclosure », le groupe d’électro britannique. Cette version, loin des climats imprégnés de la culture DJ, sonne de manière plus sereine et aérée. Le solo de trompette est redoutablement efficace.

Le titre éponyme, « Take me to the Alley », au climat très apaisant a été écrit lors de la visite du Pape François à New York, Gregory Porter évoque l’aide que sa mère avait l’habitude d’apporter aux nécessiteux et nous invite à accorder notre attention aux personnes qui en ont le plus besoin. Alicia Olatuja y assure les chœurs. C’est encore sa mère que le chanteur évoque dans « More Than a Woman« , une ballade émouvante où l’artiste rend hommage à Ruth Porter (sa mère) et la remercie pour l’amour et le soutien qu’elle n’a cessé de lui apporter tout au long de sa vie. Écoutons quelques accents de ce titre :

Vient ensuite d’une chanson débordante d’optimisme, « In Heaven » écrite par sa cousine Darlene Andrews et chantée par famille Porter lorsqu’un de ses membres vient de disparaître.

Sur l’album, le chanteur a aussi écrit deux chansons en pensant à Demyan, son fils âgé de trois ans. Sur « Day Dream », il évoque les trésors d’imagination que l’enfant déploie lorsqu’il joue. L’accompagnement subtil du pianiste est remarquable. Le second titre écrit par Gregory Porter pour son fils s’intitule « Don’t Lose Your Steam ». Bluesy en diable, le titre est porté tant par la voix du chanteur que par le groove inaltérable de l’orgue.

Les convictions politiques et sociales de l’artiste affleurent dans plusieurs morceaux de l’album, outre le titre éponyme déjà évoqué plus haut. Sur « Fan the Flames »,  un rythme hard-bop tonique, le chanteur nous engage à lutter contre les injustices et à protester tout en demeurant pacifique. C’est ensuite un regard  vers ses racines que porte Gregory Porter avec « French African Queen » au groove déchaîné.Gregory Porter_

Dans « Insanity » Gregory Porter adresse une prière à une femme aimée, pour qu’elle ne l’abandonne pas. Et bien sûr arrive la passion amoureuse et ses déboires avec « Consequence of Love », une ballade sensuelle où le chanteur évoque, avec le renfort de la voix d’Alicia Olatuja et de l’orgue, le caractère irrationnel et puissant du sentiment amoureux. Décidément l’amour, toujours … avec la lamentation teintée de bleu d’un saxophone qui pleure.  Sans doute ces accents mélancoliques sont-ils un peu convenus, mais il est parfois difficile de résister à de telles complaintes.

Le titre « In Fashion » est un peu en rupture avec l’ensemble du disque avec piano et batterie qui occupent les avant-postes. Cette chanson s’adresse aux « victimes de la mode ». Que ceux qui se sentent visés … écoutent !

Avec cet album Gregory Porter se veut le porte-voix de notre époque tout en faisant preuve de la plus grande fidélité à l’égard de la tradition jazz et soul. Peut-être un tantinet plus posé que les précédents albums, « Take me to the Alley » laissera-t-il les amateurs de groove déchaîné un peu sur la réserve mais à tous les coups ils aimeront la teinte soul-bluesy beaucoup plus prégnante dans cet opus. Pour ceux qui veulent en savoir plus cet artiste, rien de mieux qu’un petit clic vers le site de l’artiste.

Immersion à prévoir dans le monde musical de Gregory Porter lors de la soirée du 11 juillet sur la scène du Théâtre Antique de Vienne puisque le chanteur se produira, dans le cadre du « Festival Jazz à Vienne ». Nul doute que le chanteur saura encore une fois rallier tous les publics pour cette première partie d’une soirée prometteuse qui célèbre le 75ème anniversaire de Chick Corea.

Clin d’œil à Sonia Cat-Berro & « Lonely Siren »

Clin d’œil à Sonia Cat-Berro & « Lonely Siren »

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Lancement du Jazz Day 2016 à Lyon

Lancement du Jazz Day 2016 à Lyon

Lancement du « Jazz Day » à l’Alliance Française

C’est à l’Alliance Française de Lyon, labellisée par l’Unesco, que s’est déroulé le lancement du « Jazz Day » 2016. Le lycée Lumière de Lyon a ouvert le feu d’artifice musical de cet évènement.

De nombreux responsables d’évènements ont rejoint les organisateurs de cette Journée Internationale du Jazz. Après une présentation synthétique et dynamique de l’origine et des objectifs de ce « Jazz Day » organisé jazz-day-2016-568x852-200x300par « Jazz à Vienne » sur le territoire métropolitain, Benjamin Tanguy a remercié l’ensemble des acteurs participant à l’organisation de cette manifestation. Outre les responsables des espaces privilégiés accueillant régulièrement la vie du jazz au quotidien, il a mis l’accent sur l’accueil fait au jazz dans des lieux où cette musique pénètre rarement, tels les EHPAD(s) du territoire métropolitain. C’est bien là un des buts majeurs de cette journée telle qu’elle a été profilée par l’UNESCO, objectiver le jazz comme véhicule d’un lien social, un art qui vit de l’échange et promeut la mixité et la liberté.

L’ouverture de la journée s’est faite en musique, avec dix-neuf élèves du Lycée Lumière de Lyon ont présenté un projet musical sur le thème du jazz mis en place sous la direction de Jean-Luc Hyvoz, professeur de musique de ce lycée. Visiblement la motivation et l’implication était grande parmi ces jeunes gens. Neuf grands thèmes de jazz et des formations de taille variées, JazzDay_Morjana-Julien_30042016_NVdu duo au chœur des terminales L.

La séance ouvre par « Cantaloupe Island », comme un clin d’œil à Herbie Hancock (à l’initiative de cette Journée Internationale du Jazz), avec Jiulia, Lucas et Corentin. Tous les lycéens ontvaincu leur trac (visible) pour donner le meilleur d’eux-mêmes et offrir des interprétations soignées. Certains de ces « musiciens en herbe » JazzDay-choeur-lycee.Lumiere_30042016_NVsont multi-instrumentistes mais il s’est sans doute agi d’un challenge pour eux que de s’essayer à cette musique, pas forcément familière à leurs oreilles (ces mêmes élèves travaillent actuellement Mozart). Nous retenons le duo de Mathéo (b) et Candice (voc) qui ont interprété « Spain » de Chick Corea. Peut-être avaient-ils écouté la version d’Al Jarreau. Le concert s’est terminé avec « Autum leaves » joué par Morjana, Mathéo, Senthuuran et Julien.

JazzDay_D-Peyreplane_30042016_NVLa séance d’ouverture du « Jazz Day » a pris fin avec le vernissage de l’Expositon « Pays’JAZZ » de Daniel Peyreplane dont les photographies font le plaisir des amateurs de photos jazz. Les clichés exposés nous promènent dans des paysages où le jazz s’invite, paysages divers et surprenants pour certains. Ce qui demeure par contre une certitude, c’est la qualité du regard photographique de cet « homme au chapeau » dont la silhouette et les clichés nous sont familiers et précieux. L’exposition reste ouverte au public pendant tout le mois de mai à l’Alliance Française. Ne ratez pas le cliché de Mathias Eick ! Il vaut le détour.

La pluie s’est invitée à la fête mais pluie du matin n’arrête pas le pèlerin de Jazz. Au regard du large choix d’évènements proposés pour ce « Jazz Day », il est certain que les uns, les unes et les autres auront trouvé leur bonheur au gré de leurs déambulations diurnes et noctures … et seront de nouveau de la fête dans un an.

 

 

Clin d’œil à Sonia Cat-Berro & « Lonely Siren »

Clin d’œil à Sonia Cat-Berro & « Lonely Siren »

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