À l’occasion du 75ème anniversaire de l’église Grundtvig, le saxophoniste danois Hans Ulrik publie le 18 mars un élégant album « Suite of Time » (Stunt records/Una Volta Music).
Cette église fut construite en souvenir de N.F.S Grundtvig (1783 – 1872), prêtre danois et homme des Lumières. La première pierre fut posée en 1921 et l’édifice fut inauguré en 1940. Son architecture s’inspire des façades crénelées des églises traditionnelles des villages danois mais sa taille avoisine celle d’une cathédrale. Dans l’église pas d’icône. Juste la lumière. L’opus de Hans Ulrik « Suite of Time » célèbre l’édifice autant que la philosophie lumineuse de Grundtvig
Le saxophoniste Hans Ulrik a été invité à composer la musique des célébrations de l’anniversaire de l’église. Il a écrit la partition de « Suite of Time » construite comme une sorte de « Messe Jazz ». Avec un prélude, une suite de quatre mouvements, un sacrement et un post lude inspirés par un texte de l’historien Henrik JENSEN retraçant les différentes périodes historiques que l’église a traversées. La Suite évoque les années 1945, 1967, 1989 et 2001 et après. Autour de Hans Ulrik se retrouvent Peter Rosendal (trombone à piston & Wurlizer), Henrik Gunde (piano), Kaspar Vadsholt (basse), Anders Modensen (batterie) et Marylin MAZUR (percussions sur les titres 1, 6 & 7).
Un jazz instrumental moderne et serein. Une construction simple et aérienne au service d’un discours lumineux et pur.
Dans les premières pièces, les inflexions hardbop du saxophone ténor de Hans Ulrik précèdent les lumineuses envolées du saxophone soprano utilisé sur les dernières compositions.
Un voyage musical entre profane et sacré propice à une introspection stimulante.
Thierry Balin Quartet collectionne les bonnes nouvelles en 2018. Gagnant du Tremplin « Jazz à Sète » 2018 et programmé le 19 juillet, au Théâtre de la Mer, pour la 23ème édition du festival, en première partie de Chick Corea & The Akoustic Band. Sortie le 09 mars d’un superbe deuxième album, « Résilience ».
Jazz à Vienne et le Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême relient les arts. Ainsi le festival isérois programme le « Concert Dessine » qui réunit la chanteuse Rokia Traoré et le dessinateur Rubén Pellejero le 05 juillet 2018, sur la scène du Manège de Vienne. Belle perspective de fusion entre la musique métisse et le dessin.
A la tête d’un octet, Fabien Mary présente « Left Arm Blues (and Others New York Stories) ». Suite à une immobilisation forcée, le trompettiste a écrit de la main gauche huit des neuf titres de l’album aux arrangements peaufinés. Le disque séduit par son élégance et sa fluidité, son swing et sa richesse harmonique.
Sébastien Texier et ses « Dreamers » échappent à la pesanteur
Dans son nouvel album « Dreamers » paru le 01 avril chez Cristal Records/Harmonia Mundi, Sébastien Texier fait le choix d’une formation qui laisse libre cours à son imagination.
Dans l’opus « Dreamers », le rêve existe comme un lien, un fil qui relie les nouvelles compositions. Dans notre monde contemporain, il est difficile de rêver, de s’évader… et Sébastien Texier (saxophone alto, clarinettes) a voulu réunir autour de lui des compagnons qui sont à la fois des musiciens et des rêveurs, de vrais « dreamers », Olivier Caudron à l’orgue Hammond B3, Pierre Durand à la guitare électrique et Guillaume Dommartin à la batterie.
Ces quatre musiciens complices évoluent en osmose. Au centre du nouvel opus de Sébastien Texier la mélodie permet à chaque soliste de s’exprimer en toute liberté.
Les rêves se suivent et les « dreamers » interprètent différents climats de rêves. Au fil des huit titres de l’album, les musiciens nous engagent à l’évasion et nous invitent à les rejoindre dans leurs mondes aux couleurs accueillantes.
C’est une Nouvelle-Orléans dynamique qui ouvre le disque avec « Let’s Roll ». Les titres se suivent et nous transportent. L’amitié est dessinée dans « Frienship », la solidarité habite l’hymne recueilli de « Silent March », la douceur se projette dans les lignes de « Smooth Skin », la partition de Crest Waves » surfe sur l’équilibre, comme un rêve, « Dreaming with Ornette » s’élève vers Ornette (Coleman), les paysages paradisiaques imprègnent « Cape Cod ». L’atmosphère planante de « Dreamers », résonne comme un dernier écho de leurs atmos-rêves. Hormis « Cape Cod » écrit par Olivier Caudron, toutes les autres compositions sont de Sébastien Texier.
Thierry Balin Quartet collectionne les bonnes nouvelles en 2018. Gagnant du Tremplin « Jazz à Sète » 2018 et programmé le 19 juillet, au Théâtre de la Mer, pour la 23ème édition du festival, en première partie de Chick Corea & The Akoustic Band. Sortie le 09 mars d’un superbe deuxième album, « Résilience ».
Jazz à Vienne et le Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême relient les arts. Ainsi le festival isérois programme le « Concert Dessine » qui réunit la chanteuse Rokia Traoré et le dessinateur Rubén Pellejero le 05 juillet 2018, sur la scène du Manège de Vienne. Belle perspective de fusion entre la musique métisse et le dessin.
A la tête d’un octet, Fabien Mary présente « Left Arm Blues (and Others New York Stories) ». Suite à une immobilisation forcée, le trompettiste a écrit de la main gauche huit des neuf titres de l’album aux arrangements peaufinés. Le disque séduit par son élégance et sa fluidité, son swing et sa richesse harmonique.
Le Jazz de Benjamin Tanguy : Liberté, Inspiration, Rencontres
Benjamin Tanguy vit une passion pour le Jazz qu’il a découvert enfant auprès de son oncle, organisateur de concerts. Cette musique lui rend bien son investissement puisqu’il est aujourd’hui coordinateur artistique de la programmation musicale de la 36ème édition du « Festival Jazz à Vienne ».
Avant d’exercer cette fonction de coordinateur artistique de la programmation musicale des scènes de Jazz à Vienne, Benjamin Tanguy a vécu dans le sein de cette musique dont il a exploré les univers multiples. Il a été attentif à l’ensemble des styles qu’il a découverts au fil des années. C’est le regard de ce trentenaire amateur de jazz que nous avons souhaité connaître et nous le remercions d’avoir accepté de nous livrer la vision qu’il porte sur cette musique.
Baigné dans le jazz depuis son enfance, Benjamin Tanguy écoutait beaucoup de vinyles. Il fréquentait assidûment les médiathèques et lisait avec grand intérêt la presse spécialisée jazz. C’est à l’âge de 10 ans qu’il « a eu le déclic pour le jazz » lors de l’écoute d’un concert du batteur Elvin Jones en Suisse. Cet icône charismatique de la batterie a imprimé son influence sur le monde du jazz et même celui du rock par sa maîtrise de la polyrythmie. Sans doute a-t-il aussi marqué la perception de Benjamin pour la dimension rythmique de la musique.
Actuellement Benjamin Tanguy pratique tous les modes d’écoute du jazz : vinyle, CD, streaming, mp3, clips mais aussi bien sûr la musique « live » des concerts. S’il a pratiqué le saxophone alto, c’est un autre saxophone qui a sa préférence : le sax ténor. Sa réponse fuse lorsque nous lui demandons quel est le style de jazz qu’il préfère aujourd’hui. Ses goûts vont vers ce qu’il nomme « les fils du jazz », toutes ces musiques qui incarnent actuellement la dimension politique et sociétale que le jazz a toujours incarné et les courants sont nombreux, hip-hop, groove, le jazz tel qu’il est aujourd’hui pratiqué à New-York, …
Un jour de pleine forme, ce sont les musiques brésiliennes qu’il écoute, celles de João Gilberto, de Chico Buarque entre autres. Son goût pour ces musiques l’a ainsi conduit cette année à nous faire découvrir une pépite, le chanteur et guitariste brésilien Tigana Santana, programmé au Club de Minuit le 09/07/16 à 00h. Par contre il lui arrive de moins en moins souvent de se surprendre à chantonner un air de jazz. Son dernier souvenir remonte à la période qui a suivi le concert donné durant le festival « Jazz à Vienne » de 2009 par Roy Hargrove avec son RH Factor en hommage au trompettiste Freddie Hubbard (disparu l’année précédente). Il s’est entendu chantonner les riffs qui avaient émaillé le concert.
Pour Benjamin Tanguy, sensibiliser une connaissance au jazz est chose simple. Cela consiste à lui faire écouter des musiques que proposent les « fils du jazz ». Pour lui « le jazz est partout, dans toutes les musiques ». Ainsi, après avoir été familiarisé à l’écoute de ces « musiques populaires », la personne pourra envisager d’aller, de fil en aiguille, vers un une autre forme de jazz. Donc le jazz d’aujourd’hui peut représenter un pont qui permettrait d’approcher plus globalement le jazz. Ce pourrait être par exemple Kamasi Washington, ce saxophoniste qui en 2015 a gravé « Epic », un triple CD au succès retentissant.
Il serait tout aussi pertinent pour lui de proposer une écoute du concert de Beyonce « live » avec The Roots, ou un clip de Kendrick Lamark ou des Snarky Puppy dont le premier album studio « Culcha Vulcha » va sortir le 06 mai chez Ground up/UNiversal Classic.
Dans la mesure où le statut professionnel de Benjamin Tanguy le conduit à se déplacer souvent et loin pour écouter des musiciens dans la perspective de programmations éventuelles, nous ne le questionnons pas quant à l’artiste qui le ferait parcourir de longues distances. Par contre il nous confie qu’il aurait volontiers traversé l’océan pour écouter Jimmy Scott et il aurait apprécié d’assister à un concert de John Coltrane. Aujourd’hui, il écoute rarement du « jazz improvisé trop libre », autrement dit du « free jazz » qui met en scène des performances avant tout techniques et dont le propos n’est plus en adéquation avec le contexte sociétal actuel.
Au regard de son devoir de réserve de programmateur, il ne répondra pas à la question de l’affiche idéale d’un concert hypothétique, ce qui est tout à fait compréhensible. Par contre Benjamin répondra sans hésitations quant aux tryptique des albums fétiches dont il ne se séparerait pas. Il évoque d’abord un album représentatif du jazz modal post-bop, un opus icônique, le disque « Love Supreme » du saxophoniste John Coltrane, album sorti en 1965 chez « Impulse ». Il cite ensuite le disque « Köln Concert » du pianiste Keth Jarrett enregistré en direct en 1975 chez ECM. Il s’agit d’un concert en piano solo totalement improvisé. Enfin Benjamin fait référence à un album de hard-bop, « Moanin' » enregistré par le batteur Art Blakey avec les Jazz Messengers en 1958 sous le label Blue Note. Funky en diable !
Pour terminer, Benjamin Tanguy accepte de préciser les « trois mots » qui définiraient sa vision actuelle du jazz. Après une réflexion très rapide les termes s’enchaînent pour caractériser un jazz qu’il voit libre,inspiré et précurseur de rencontres.
Lors de la 36ème édition du « Festival Jazz à Vienne », vous aurez sans doute l’occasion d’apercevoir Benjamin Tanguy et nous gageons que vous apprécierez les concerts programmés par celui qui est le coordinateur artistique de la programmation. Il est important de savoir que ses goûts ne sont pas « sous influence ». Il se prévaut d’un « goût indépendant », se garde de fonctionner par « coup de cœur » et veille à conserver une oreille très attentive aux musiques qu’il écoute et analyse.
Propos recueillis le jour du Jazz Day, 30 avril 2016.
Thierry Balin Quartet collectionne les bonnes nouvelles en 2018. Gagnant du Tremplin « Jazz à Sète » 2018 et programmé le 19 juillet, au Théâtre de la Mer, pour la 23ème édition du festival, en première partie de Chick Corea & The Akoustic Band. Sortie le 09 mars d’un superbe deuxième album, « Résilience ».
Jazz à Vienne et le Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême relient les arts. Ainsi le festival isérois programme le « Concert Dessine » qui réunit la chanteuse Rokia Traoré et le dessinateur Rubén Pellejero le 05 juillet 2018, sur la scène du Manège de Vienne. Belle perspective de fusion entre la musique métisse et le dessin.
A la tête d’un octet, Fabien Mary présente « Left Arm Blues (and Others New York Stories) ». Suite à une immobilisation forcée, le trompettiste a écrit de la main gauche huit des neuf titres de l’album aux arrangements peaufinés. Le disque séduit par son élégance et sa fluidité, son swing et sa richesse harmonique.
« Inspiration Baroque » par l’Ensemble Amarillis & Louis Sclavis
La rencontre de l’Ensemble Amarillis et de Louis Sclavis a généré une création intitulée « Inspiration Baroque ». L’album sorti le 08 mars chez NoMadMusic immortalise une musique d’émoi.
Dans cet opus « Inspiration Baroque » par l’Ensemble Amarillis et Louis Sclavis, deux trios coexistent. Le trio baroque Amaryllis, Héloïse Gaillard (flûtes à bec et hautbois baroque), Annabelle Luis (violoncelle baroque) et Violaine Cochard (clavecin). Le trio jazz, Louis Sclavis (clarinettes), Matthieu Metger (saxophones) et Jean-Philippe Feiss (violoncelle). Les deux formations mettent en résonance des œuvres de l’époque baroque et des compositions de Jazz européen de Louis Sclavis et Matthieu Metzger.
Durant 150 ans, en Europe, la musique baroque a transcrit l’émotion, a eu le goût du pathétique, a inventé des dissonances, des contrastes, des tensions et des ruptures. La musique improvisée européenne née au XXème siècle a inscrit l’improvisation comme un principe majeur et prône la recherche et l’expérimentation, joue beaucoup sur l’énergie et l’émotion. Ces deux musiques ont le goût du partage. La pratique du voyage leur est aussi un point commun. Rien d’étonnant donc que ces deux arts se rencontrent et échangent aujourd’hui.
L’enchaînement des morceaux concourt à mettre en évidence les points communs qui existent entre les syntaxes de cesdeux musiques. Lors du passage d’un morceau à un autre, point vraiment de démarcation mais plutôt des ponts, des similitudes, des liens même. Les musiciens en toute liberté inventent et croisent sons et partitions, alternent rythmes et fantaisies, inventent des mots nouveaux.
Les pièces de Dario Castello, Jacques Martin Hotteterre, Jean-Baptiste Barrière, Marin Marais, Georg Philipp Telemann, Andrea Falconieri ou Henry Purcell alternent avec des morceaux écrits dans le même esprit par Louis Sclavis ou Matthieu Metzger. Les mouvements s’enchaînent en toute continuité. Les timbres des instruments anciens et modernes se combinent, certaines associations inattendues sont du meilleur effet, flûte soprano/saxophone soprano et clavecin; sopranino/haubois baroque et clarinette basse.
Tout concourt dans cet enregistrement à susciter des émotions et à toucher l’auditeur. La fantaisie de ce projet et sa liberté de ton laisse augurer de merveilleux moments d’écoute lors des concerts que vont donner ces musiciens.
Thierry Balin Quartet collectionne les bonnes nouvelles en 2018. Gagnant du Tremplin « Jazz à Sète » 2018 et programmé le 19 juillet, au Théâtre de la Mer, pour la 23ème édition du festival, en première partie de Chick Corea & The Akoustic Band. Sortie le 09 mars d’un superbe deuxième album, « Résilience ».
Jazz à Vienne et le Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême relient les arts. Ainsi le festival isérois programme le « Concert Dessine » qui réunit la chanteuse Rokia Traoré et le dessinateur Rubén Pellejero le 05 juillet 2018, sur la scène du Manège de Vienne. Belle perspective de fusion entre la musique métisse et le dessin.
A la tête d’un octet, Fabien Mary présente « Left Arm Blues (and Others New York Stories) ». Suite à une immobilisation forcée, le trompettiste a écrit de la main gauche huit des neuf titres de l’album aux arrangements peaufinés. Le disque séduit par son élégance et sa fluidité, son swing et sa richesse harmonique.
Paul Gonnet fait rimer Jazz avec Intensité, Evasion & Partage
Les notes de jazz résonnent depuis longtemps dans la vie de Paul Gonnet. Durant son enfance et son adolescence il a découvert les différentes facettes de cet art musical toujours présent dans son univers actuel.
Attentif et curieux Paul Gonnet fréquente assidûment les concerts et les festivals qu’il chronique depuis de nombreuses années sur les radios (Trait d’Union, Fréquence Jazz, Lyon Première) et télévisions (TLM). Aujourd’hui il a intégré la rédaction de Jazz’in Lyon et continue à mettre sa plume au service du jazz.
Dans notre rubrique « En trois mots », nous tenions à présenter le regard que Paul Gonnet porte sur le jazz. Animé par un intérêt dont l’intensité ne faiblit pas dans le temps, il pratique une écoute attentive en direction de toutes les musiques du Jazz et porte un avis distancié et argumenté sur ce qu’il entend.
Son baptême de jazz remonte à son enfance. En effet, c’est son grand-père qui a été en quelque sorte son passeur, celui qui a initié son premier contact avec le jazz et plus précisément avec la musique de Django Rheinhardt. L’adolescence l’a guidé vers d’autres mondes, celui du reggae et du funk (entre autres) et vers l’âge de seize ans il commence la pratique du saxophone. Deux grandes pointures du saxophone ténor l’ont alors interpelé, deux musiciens dont les esthétiques et les sons se situent presque aux antipodes. Stan Getz au son velouté et raffiné (« Voyage ») et Archie Shepp au son plus rauque et plus brut (« Trouble in Mind »). C’est ensuite vers le discours plus orientalisant du saxophoniste Yussef Lateef (« Eastern Sound ») que son écoute est attirée.
Ce sont les concerts qui constituent aujourd’hui son mode d’écoute idéaleet même s’il affectionne encore le saxophone, son instrument préféré est le piano .
Interrogé quant au style de jazz qui lui plaît actuellement, il prend le temps de réfléchir avant d’évoquer le style hard-bop tel que le pratique aujourd’hui les Messengers Legacy, ce groupe constitué d’anciens membres des Jazz Messengers d’Art Blakey. Leur concert du 09 juillet 2015 durant le Festival Jazz à Vienne l’a impressionné par la qualité et l’enthousiasme de ces musiciens qui contribuent à garder vivante l’âme de cette musique sans la dénaturer. Un revival bon teint !
Un jour de pleine forme Paul aime écouter Jimmy Smith, l’incomparable organiste, et plus précisément le CD « The Sermon ! « (1957). Nous vous proposons une écoute du titre éponyme avec Lee Morgan (tpt), Tina Brooks (ts), Lou Donaldson (as), Jimmy Smith (org), Kenny Burrell (guit) et Art Blakey (dr). Rien de mieux qu’un tel concentré de bonne humeur et d’énergie pour doper notre forme.
Lorsqu’il lui arrive de chantonner un air, c’est du côté d’un certain Serge Gainsbourg que le conduisent les notes et plus précisément, le thème « Læticia » ou encore « Black Trombone ». Après réflexion, il évoque l’album « Utopies » du Hadouk trio dont il aime à chantonner n’importe quel titre. Nous vous proposons donc d’écouter quelques mesures de « Toupie valse » où l’on retrouve Didier Malherbe (doudouk, fl, cl, sax), Loy Ehrlich (hajouj, kora, ..) et Steve Shehan (perc). Un peu d’ethno-jazz peut-être salutaire et dépaysant !
Sans hésiter Paul propose plusieurs titres d’albums pour sensibiliser au jazz une connaissance proche de lui. Revient alors le disque « Trouble in Mind » d’Archie Shepp, déjà évoqué plus haut, mais la palette d’écoute proposée s’élargit avec l’album « Sketches of Spain » (1959) de Miles Davis et enfin le titre « Autumn Leaves » gravé sur le disque « Something Else » de Cannonball Adderley enregistré en 1958 lorsque le saxophoniste faisait partie du sextet de Miles Davis. On y retrouve, Miles Davis (tpt), Cannonball Adderley (as), Hank Jones (p), Sam Jones (cb) et Art Blakey (dr). Là encore nous succombons au plaisir de l’écoute du standard « Autumn Leaves » immortalisé de belle manière par les musiciens cités.
Paul Gonnet n’est vraiment pas à court d’idées pour sensibiliser un néophyte et le conduire vers le jazz. Il n’est pas interdit de penser qu’il a souvent pratiqué une telle démarche. Avec un dernier CD, il se propose d’introduire le candide dans le monde du latin-jazz, celui de la salsa avec le CD « Acid » que Ray Baretto a enregistré en 1968. Nous ne pouvons pas résister à l’envie de proposer l’écoute du titre éponyme.
Paul serait capable de se déplacer loin et même de traverser l’Europe pour rejoindre la Grèce afin d’écouter le pianiste Vassilis Tsabropoulos Imprégné de musiques traditionnelles grecques et byzantines, ce musicien a enregistré deux CD en piano solo dont le dernier « The promise » (ECM/Universal) en 2009 et il a aussi gravé deux autres opus avec Anja Lechner (violoncelle) et un autre avec Arild Andersen (cb). Ainsi Paul nous dit de nouveau son intérêt pour les musiques que l’on peut appeler musiques du monde, celles qui participent autrement dit au courant de l’ethno-jazz. Par contre il écoute rarement les musiques qui s’inscrivent dans le courant hip-hop, pas plus que l’électro-jazz ni même les musiques de tendance noise ou trash.
C’est très spontanément qu’il formule trois noms pour inscrire à l’affiche du concert idéal qu’il aimerait voir sur scène. Il réunirait le pianiste Ahmad Jamal, le contrebassiste Dave Holland et le saxophoniste John Surman. Ce rapprochement hypothétique ferait se côtoyer des musiciens qui ont en commun le sens de l’esthétique. Un jour peut-être, qui sait …?
Avant de nous séparer, Paul accepte de définir « en trois mots » sa vision du jazz. Il associe cette musique à la notion d’intensité et envisage que le jazz soit un vecteur propice à l’évasion et au partage. Ainsi pour lui, le jazz est dépaysement, génère le mouvement vers un ailleurs, un ailleurs qui inclut un autre avec lequel la musique se partage intensément.
Si votre « ciel de jazz » accueille toutes les musiques et les ambiances évoquées par Paul Gonnet, il n’est pas exclu que vous côtoyez prochainement les même scènes de musique que lui. Assis côte à côte, vous pourrez alors échanger vos impressions.
Propos recueillis le jour du Jazz Day, 30 avril 2016.
Thierry Balin Quartet collectionne les bonnes nouvelles en 2018. Gagnant du Tremplin « Jazz à Sète » 2018 et programmé le 19 juillet, au Théâtre de la Mer, pour la 23ème édition du festival, en première partie de Chick Corea & The Akoustic Band. Sortie le 09 mars d’un superbe deuxième album, « Résilience ».
Jazz à Vienne et le Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême relient les arts. Ainsi le festival isérois programme le « Concert Dessine » qui réunit la chanteuse Rokia Traoré et le dessinateur Rubén Pellejero le 05 juillet 2018, sur la scène du Manège de Vienne. Belle perspective de fusion entre la musique métisse et le dessin.
A la tête d’un octet, Fabien Mary présente « Left Arm Blues (and Others New York Stories) ». Suite à une immobilisation forcée, le trompettiste a écrit de la main gauche huit des neuf titres de l’album aux arrangements peaufinés. Le disque séduit par son élégance et sa fluidité, son swing et sa richesse harmonique.