Le Jazz de Marion Tisserand

Le Jazz de Marion Tisserand

 

Marion Tisserand voit le Jazz en Lumière, Partage & Amour

 

Pour  Marion Tisserand, Jazz et Photo sont inséparables. C’est le jazz qui l’a menée sur les chemins de la photographie et aujourd’hui elle demeure fidèle à cette musique que son travail photographique magnifie.

C’est à double titre que nous nous avons souhaité présenter Marion dans le premier article de cette rubrique, « En trois mots ». D’une part elle est femme, dans le monde de la photo-jazz qui est plutôt masculin, et d’autre part elle est la lauréate du « Jazz World Photo 2016 » qu’elle a remporté avec un magnifique cliché de Renaud Garcia-Fons immortalisé lors du Crest jazz Vocal 2015. Mieux que tout discours, son site présente et valorise son travail. Précisons aussi qu’elle est nominée au titre des « Jazz Journalism Awards » dans la catégorie « Photo Jazz de l’année » avec un cliché de Marcus Miller cadré lors du festival « Jazz à Vienne » (résultats à venir le 14 juin). Ces deux reconnaissances officielles viennent saluer avec véracité un talent déjà plus que confirmé. Les deux photos évoquées figurent sur la page d’accueil du site de Marion Tisserand.

Tutu_couvSon premier contact avec le jazz remonte aux années 90 et à la découverte de Miles Davis via le répertoire de l’album « Tutu ». Elle nous précise être une absolue inconditionnelle de cet artiste (trompettiste, compositeur, arrangeur, ….) qui incarne aussi, le style de jazz qu’elle préfère.

Aujourd’hui elle affectionne l’écoute du jazz sur disque vinyle. Par contre elle privilégie l’écoute « live » pour ce qui concerne les musiques d’aujourd’hui ce qui lui permet bien sûr de profiter de la musique et de se consacrer à la photographie des musiciens sur scène. Interrogée quant à son instrument préfèré, elle cite sans hésiter la contrebasse. Il serait tentant de dire que l’instrument lui rend la politesse au regard des lauriers reçus avec la photo de Renaud Garcia-Fons et sa contrebasse.

Red&BlackLight_couvLes jours de pleine forme, elle fait tourner en boucle un des deux derniers albums de Ibrahim Maalouf, « Red & Black LIght ». A n’en pas douter la journée d’ouverture du 28 juin que le Festival « jazz à Vienne » 2016 consacre à cet artiste va prodiguer à Marion l’occasion de cibler le trompettiste dans son objectif. S’il lui arrive de chantonner un air à Aurora_A-Cohen_couvun moment ou à un autre de sa journée ce peut être « Moretika » un titre du CD « Aurora » d‘Avishai Cohen (le contrebassiste) à moins que ce ne soit un des multiples thèmes d’Ibrahim Maalouf ne l’habite ou encore un des nombreux titres de Miles.

Questionnée quant à la manière qu’elle adopterait pour TrioInTokyo_MPetrucciani_couvsensibiliser une personne de son entourage au jazz, elle envisage deux options. Soit faire écouter l’album « Trio in Tokyo » de Michel Petrucciani enregistré en 1997 avec Steve Gadd et Anthony Jackson. Soit engager la personne à assister un concert d’électro-jazz, comme par exemple une prestation d’Eric Truffaz ou de Julien Lour120_Truffaz-2au. Elle a souvent ainsi procédé avec ses proches et elle nous garantit que cela fonctionne pratiquement à tous les coups.

120_Avishai NB_modifié-1Marion Tisserand a déjà eu l’occasion de photographier de nombreux artistes des scènes jazz mais elle serait prête à se déplacer très loin pour écouter et capter l’essence de la musique d’Avishai Cohen (le trompettiste), Renaud Garcia-Fons et Ibrahim Maalouf  Aujourd’hui c’est sans doute le jazz manouche qui attire le moins son attention.

En fin d’entretien, Personnal Mountains_KeithJarrett_couvnous demandons à Marion de nous indiquer ses trois albums fétiches. Pour faire suite avec ses propos précédents, elle désigne « Tutu » de Miles Davis, « Trio à Tokyo » de Michel Petrucciani et rajoute l’album « Personal Mountains » de Keith Jarrett.

Nous proposons ensuite à Marion d’imaginer l’affiche d’un concert idéal qu’elle souhaiterait voir se réaliser sur scène demain. Sa réflexion est rapide : réunir sur le même plateau Erik Truffaz, Ibrahim Maalouf et Avishai Cohen (le trompettiste). Ainsi le concert rassemblerait quelques-uns des musiciens qu’elle apprécie aujourd’hui et sans doute verrons-nous prochainement des clichés des deux premiers musiciens  cités puisqu’ils seront présents dans l’édition du Festival Jazz à Vienne auquel Marion Tisserand est fidèle. A ce propos il est tout à fait intéressant de revoir et écouter le reportage publié sur CultureBox et réalisé en 2015 par Odile Morain, « Jazz à Vienne : Marion Tisserand, le marathon d’une photographe indépendante ».

Nous tenons à remercier Marion Tisserand de nous avoir permis d’utiliser ses photographies d’Avishai Cohen et Erik Truffaz pour illustrer cet article.

Avant de nous quitter, Marion accepte de nous confier les « trois mots » qu’elle emploierait pour définir sa vision du jazz. Sa réponse fuse. Au mot mot jazz elle associe celui de la lumière, ses ombres, ses contre-jours et ses contrastes, celui de partage qui existe entre le public, les musiciens et les photographes enfin celui de l’amour, son amour pour cette musique, mais aussi celui qu’elle dit devoir au public et aux musiciens. Ses photos se font l’écho de cette conception.

Vous croiserez sûrement Marion Tisserand et son matériel photo lors concerts jazz de la région. A vous de la reconnaître !

Propos recueillis le jour du Jazz Day, 30 avril 2016.

 

Clin d’œil à Sonia Cat-Berro & « Lonely Siren »

Clin d’œil à Sonia Cat-Berro & « Lonely Siren »

Après vingt ans de scène et trois albums, Sonia Cat-Berro revient avec « Lonely Siren », son quatrième album chez Shed Music. Entourée de quelques-uns des meilleurs musiciens de la scène jazz hexagonale, la chanteuse propose un opus au climat captivant. Le chant de la sirène déborde d’émotions.

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Bémol 5 accueille France Musique

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« Take me to the Alley » de Gregory Porter,

« Take me to the Alley » de Gregory Porter,

« Take Me to the Alley », le nouvel opus de Gregory Porter

En 2016 Gregory Porter revient avec « Take Me to the Alley », un album qui met une nouvelle fois en évidence son talent inné pour transcender les genres, blues, soul, gospel, jazz. La voix de baryton du chanteur résonne sur douze nouveaux titres.

GregoryPorter_couvtake-me-to-the-alley-coverAprès « Water » (2010) et « Be good » (2012) et le succès phénoménal de « Liquid Spirit », son premier disque sur Blue Note en 2013, Gregory Porter est retourné en studio à New-York pour réaliser « Take me to The Alley » (Blue Note/Universal), toujours avec le soutien de son fidèle producteur Kamau Kenyatta.  Il a enregistré avec le noyau dur de son groupe, le pianiste et directeur musical Chip Crawford, le bassiste Aaron James, le batteur Emmanuel Harrold, le saxophoniste alto Yosuke Sato et le saxophoniste ténor Tivon Pennicott. Le disque bénéficie également des participations de la chanteuse Alicia Olatuja, du trompettiste Keyon Harrold et de l’organiste Ondrel Pivec.

Douze nouveaux titres baignés du timbre chaud et sensuel de ce chanteur. Sur plusieurs morceaux il dit son engagement personnel. Le disque ouvre avec « Holding On », un morceau qu’il a déjà enregistré avec « Disclosure », le groupe d’électro britannique. Cette version, loin des climats imprégnés de la culture DJ, sonne de manière plus sereine et aérée. Le solo de trompette est redoutablement efficace.

Le titre éponyme, « Take me to the Alley », au climat très apaisant a été écrit lors de la visite du Pape François à New York, Gregory Porter évoque l’aide que sa mère avait l’habitude d’apporter aux nécessiteux et nous invite à accorder notre attention aux personnes qui en ont le plus besoin. Alicia Olatuja y assure les chœurs. C’est encore sa mère que le chanteur évoque dans « More Than a Woman« , une ballade émouvante où l’artiste rend hommage à Ruth Porter (sa mère) et la remercie pour l’amour et le soutien qu’elle n’a cessé de lui apporter tout au long de sa vie. Écoutons quelques accents de ce titre :

Vient ensuite d’une chanson débordante d’optimisme, « In Heaven » écrite par sa cousine Darlene Andrews et chantée par famille Porter lorsqu’un de ses membres vient de disparaître.

Sur l’album, le chanteur a aussi écrit deux chansons en pensant à Demyan, son fils âgé de trois ans. Sur « Day Dream », il évoque les trésors d’imagination que l’enfant déploie lorsqu’il joue. L’accompagnement subtil du pianiste est remarquable. Le second titre écrit par Gregory Porter pour son fils s’intitule « Don’t Lose Your Steam ». Bluesy en diable, le titre est porté tant par la voix du chanteur que par le groove inaltérable de l’orgue.

Les convictions politiques et sociales de l’artiste affleurent dans plusieurs morceaux de l’album, outre le titre éponyme déjà évoqué plus haut. Sur « Fan the Flames »,  un rythme hard-bop tonique, le chanteur nous engage à lutter contre les injustices et à protester tout en demeurant pacifique. C’est ensuite un regard  vers ses racines que porte Gregory Porter avec « French African Queen » au groove déchaîné.Gregory Porter_

Dans « Insanity » Gregory Porter adresse une prière à une femme aimée, pour qu’elle ne l’abandonne pas. Et bien sûr arrive la passion amoureuse et ses déboires avec « Consequence of Love », une ballade sensuelle où le chanteur évoque, avec le renfort de la voix d’Alicia Olatuja et de l’orgue, le caractère irrationnel et puissant du sentiment amoureux. Décidément l’amour, toujours … avec la lamentation teintée de bleu d’un saxophone qui pleure.  Sans doute ces accents mélancoliques sont-ils un peu convenus, mais il est parfois difficile de résister à de telles complaintes.

Le titre « In Fashion » est un peu en rupture avec l’ensemble du disque avec piano et batterie qui occupent les avant-postes. Cette chanson s’adresse aux « victimes de la mode ». Que ceux qui se sentent visés … écoutent !

Avec cet album Gregory Porter se veut le porte-voix de notre époque tout en faisant preuve de la plus grande fidélité à l’égard de la tradition jazz et soul. Peut-être un tantinet plus posé que les précédents albums, « Take me to the Alley » laissera-t-il les amateurs de groove déchaîné un peu sur la réserve mais à tous les coups ils aimeront la teinte soul-bluesy beaucoup plus prégnante dans cet opus. Pour ceux qui veulent en savoir plus cet artiste, rien de mieux qu’un petit clic vers le site de l’artiste.

Immersion à prévoir dans le monde musical de Gregory Porter lors de la soirée du 11 juillet sur la scène du Théâtre Antique de Vienne puisque le chanteur se produira, dans le cadre du « Festival Jazz à Vienne ». Nul doute que le chanteur saura encore une fois rallier tous les publics pour cette première partie d’une soirée prometteuse qui célèbre le 75ème anniversaire de Chick Corea.

Clin d’œil à Sonia Cat-Berro & « Lonely Siren »

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Lancement du Jazz Day 2016 à Lyon

Lancement du Jazz Day 2016 à Lyon

Lancement du « Jazz Day » à l’Alliance Française

C’est à l’Alliance Française de Lyon, labellisée par l’Unesco, que s’est déroulé le lancement du « Jazz Day » 2016. Le lycée Lumière de Lyon a ouvert le feu d’artifice musical de cet évènement.

De nombreux responsables d’évènements ont rejoint les organisateurs de cette Journée Internationale du Jazz. Après une présentation synthétique et dynamique de l’origine et des objectifs de ce « Jazz Day » organisé jazz-day-2016-568x852-200x300par « Jazz à Vienne » sur le territoire métropolitain, Benjamin Tanguy a remercié l’ensemble des acteurs participant à l’organisation de cette manifestation. Outre les responsables des espaces privilégiés accueillant régulièrement la vie du jazz au quotidien, il a mis l’accent sur l’accueil fait au jazz dans des lieux où cette musique pénètre rarement, tels les EHPAD(s) du territoire métropolitain. C’est bien là un des buts majeurs de cette journée telle qu’elle a été profilée par l’UNESCO, objectiver le jazz comme véhicule d’un lien social, un art qui vit de l’échange et promeut la mixité et la liberté.

L’ouverture de la journée s’est faite en musique, avec dix-neuf élèves du Lycée Lumière de Lyon ont présenté un projet musical sur le thème du jazz mis en place sous la direction de Jean-Luc Hyvoz, professeur de musique de ce lycée. Visiblement la motivation et l’implication était grande parmi ces jeunes gens. Neuf grands thèmes de jazz et des formations de taille variées, JazzDay_Morjana-Julien_30042016_NVdu duo au chœur des terminales L.

La séance ouvre par « Cantaloupe Island », comme un clin d’œil à Herbie Hancock (à l’initiative de cette Journée Internationale du Jazz), avec Jiulia, Lucas et Corentin. Tous les lycéens ontvaincu leur trac (visible) pour donner le meilleur d’eux-mêmes et offrir des interprétations soignées. Certains de ces « musiciens en herbe » JazzDay-choeur-lycee.Lumiere_30042016_NVsont multi-instrumentistes mais il s’est sans doute agi d’un challenge pour eux que de s’essayer à cette musique, pas forcément familière à leurs oreilles (ces mêmes élèves travaillent actuellement Mozart). Nous retenons le duo de Mathéo (b) et Candice (voc) qui ont interprété « Spain » de Chick Corea. Peut-être avaient-ils écouté la version d’Al Jarreau. Le concert s’est terminé avec « Autum leaves » joué par Morjana, Mathéo, Senthuuran et Julien.

JazzDay_D-Peyreplane_30042016_NVLa séance d’ouverture du « Jazz Day » a pris fin avec le vernissage de l’Expositon « Pays’JAZZ » de Daniel Peyreplane dont les photographies font le plaisir des amateurs de photos jazz. Les clichés exposés nous promènent dans des paysages où le jazz s’invite, paysages divers et surprenants pour certains. Ce qui demeure par contre une certitude, c’est la qualité du regard photographique de cet « homme au chapeau » dont la silhouette et les clichés nous sont familiers et précieux. L’exposition reste ouverte au public pendant tout le mois de mai à l’Alliance Française. Ne ratez pas le cliché de Mathias Eick ! Il vaut le détour.

La pluie s’est invitée à la fête mais pluie du matin n’arrête pas le pèlerin de Jazz. Au regard du large choix d’évènements proposés pour ce « Jazz Day », il est certain que les uns, les unes et les autres auront trouvé leur bonheur au gré de leurs déambulations diurnes et noctures … et seront de nouveau de la fête dans un an.

 

 

Clin d’œil à Sonia Cat-Berro & « Lonely Siren »

Clin d’œil à Sonia Cat-Berro & « Lonely Siren »

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« Autour de Chet », l’album

« Autour de Chet », l’album

« Autour de Chet » un album comme un hommage

Star de son vivant, le trompettiste et chanteur de jazz, Chet Baker, a atteint le statut d’icône après sa mort. Les plages de l’album « Autour de Chet » font résonner aujourd’hui des compositions qu’il a jouées et rejouées.

On tient à saluer l’album « Autour de Chet » (Decca/Universal) sorti le 29 avril et réalisé par Clément Ducol avec des duos de trompettiste/chanteur(se) réunis autour d’un solide quartet comptant Bojan Z au piano, Cyril Atef à la batterie, Christophe Minck à la basse et Pierre-François Dufour à la batterie et au violoncelle. Cet opus présente la vision musicale de musiciens d’aujourd’hui pour qui Chet Baker est une référence.

A l’origine inscrit dans le style west-coast des années cinquante, Chet Baker avait alors le visage d’un ange beau et Chet Baker_150désenchanté comme le fut celui de James Dean. Après une période de vie ravagée par les excès et les addictions, il a repris une seconde carrière de 1975 à sa mort tragique en 1988. S’il n’était plus physiquement le même, sa musique aussi s’était transformée. Chargée d’émotion, elle restituait, ses questionnements, ses errances, sa quête. Son souffle et sa voix nous bouleversaient. Sa musique devenait l’incarnation même de la nostalgie. Ses notes bleues ponctuaient le silence dont il se jouait. Le souffle devenait soupir, la voix se brisait. Son visage crépusculaire et parcheminé, évoquait celui d’un indien qui aurait parcouru les sentiers d’une guerre qu’il livrait avec lui-même. Autour de Chet la légende prenait forme.

Si Chet Baker n’a jamais été un virtuose, il a pourtant toujours suscité l’enthousiasme. Crooner autant que trompettiste, Chet a affirmé son identité musicale : un jeu ourlé de pudeur et de retenue, entre retrait  et distance, introspection et confidence. C’est ainsi que des générations se sont imprégnées des compositions qu’il n’a eu cesse de rejouer. Aujourd’hui encore, le musicien continue à murmurer ses poèmes musicaux dans l’inconscient collectif où il se projette tel le funambule lunaire qu’il a toujours été. Tous ses morceaux portent son empreinte et il est difficile de les écouter joués par un autre.couv-autour_de_chet

L’intérêt majeur de l’album « Autour de Chet » est de projeter l’univers de Chet Baker dans la sphère du XXIème siècle. Sur l’opus, la trompette est tenue par six musiciens différents : Luca Aquino, Stéphane Belmondo, Airelle Besson, Benjamin Biolay, Alex Tassel et Erik Truffaz. De la même manière, le chant est incarné par plusieurs voix : Hugh Coltman, Piers Faccini, Elodie Frégé, Ibeyi, Caméliana Jordana, Yael Naim, Sandra Nkake & Charles Pasi. Les associations trompettiste/chanteur(se)s quelquefois inattendues parviennent à imprimer des ambiances très singulières, quelquefois très inspirées. Les arrangements musicaux sont soignés et les choix d’orchestration varient.

Point de trompette sur les thèmes interprétés par Yaël Naïm et Pasi. Option musique de chambre, juste la voix de Yaël Naïm et les cordes pour le titre d’ouverture, l’incontournable My Funny Valentine repris dans une version rubato introspective. Pasi choisit une ambiance blues pour interpréter It could happen to you où voix et harmonica balancent entre pudeur et entrain.

Les autres thèmes proposent des duos trompette/voix. Le monde du blues émarge de nouveau dans l’interprétation désabusée et déchirante que Hugh Coltman (voc) et Erik Truffaz (tpt) donnent de Born to be blue.

Avec Airelle Besson (tpt) et Sandra Nkake (voc), deux femmes explorent les profondeurs de la nostalgie et s’abandonnent avec retenue sur un Grey December teinté d’un sépia digne des années 50. La trompette d’Airelle Besson et la voix mate et très souple de José James s’accordent en contrepoint pour un Nature Boy mystérieux. C’est un Let’s get lost très cinématographique, minimaliste et romantique qu’interprètent Rosemary Standley (voc) et Luca Aquino (tpt), avec en toile de fond l’univers de Chet. Le même Luca Aquino rejoint Piers Faccini (voc) pour une version « comptine » du morceau A Taste of Honey qui nous entraîne dans les coulisses d’un étrange théâtre d’ombres. Elodie Frégé (voc) et Alex Tassel (tpt) choisissent le parti d’un swing délicat et tendre pour reprendre But not for me qui se promène dans une atmosphère que Marylin n’aurait pas renié. Ibeyi et les jumelles Diaz joignent leurs voix à celle de la trompette de Benjamin Biolay pour un Moon and Sand chaloupé et plein de langueur.

Frisson garanti avec le duo Camelia Jordana (voc) et Erik Truffaz qui nous attirent dans un monde teinté de désenchantement avec un lancinant et désespéré The Thrill is gone.

« Autour de Chet »… un album qui colle à l’image de son inspirateur dont le profil bleu orne la pochette du disque avec bonheur. L’essentiel est restitué. L’émotion affleure tout au long de ces dix moments précieux que chacun goûtera avec sa propre sensibilité.

Et pour comble, la seconde partie de la soirée du 29 juin sur la scène du Théâtre Antique de Vienne sera l’occasion de déguster quelques-unes de ces atmosphères. En effet, Jazz à Vienne propose une soirée « Hommage à Chet Baker » avec Piers Faccini (g, voc), José James, Sandra Nkaké, Camelia Jordana, Yael Naim (voc), Erik Truffaz, Airelle Besson, Stéphane Belmondo (tp), Bojan Z (p), Cyril Atef (dms), Christophe Minck (b), Pierre-François Dufour (dms, vlc), Quatuor à cordes, Clément Ducol (dir). 

Toutes les informations à retrouver sur le site du festival Jazz à Vienne. Il reste les dix titres de l’album « Autour de Chet » pour illuminer les nuits à venir.

Clin d’œil à Sonia Cat-Berro & « Lonely Siren »

Clin d’œil à Sonia Cat-Berro & « Lonely Siren »

Après vingt ans de scène et trois albums, Sonia Cat-Berro revient avec « Lonely Siren », son quatrième album chez Shed Music. Entourée de quelques-uns des meilleurs musiciens de la scène jazz hexagonale, la chanteuse propose un opus au climat captivant. Le chant de la sirène déborde d’émotions.

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Bémol 5 accueille France Musique

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Auditorium de Lyon Saison 16/17

Auditorium de Lyon Saison 16/17

Jazz & Musiques du Monde à l’Auditorium de Lyon en 2016/17

A l’Auditorium Orchestre National de Lyon, huit concerts « Jazz & Musiques du Monde » sont reconduits pour la saison 16/17. La fréquentation des spectateurs donne raison à cette institution au dynamisme avéré.

425-205_visuel-AONLLe public cautionne les choix de programmation de cette grande maison incontournable dans le paysage lyonnais. C’est ainsi que huit concerts « Jazz & Musiques du Monde » sont programmés en 16/17 à l’AOL, soit deux de  plus que durant la saison 15/16. La nouvelle est réjouissante et la teneur des concerts proposés est plus qu’alléchante.

L’équipe de Direction, Jean-Marc Bador et Leonard Slatkin, a travaillé avec celle de « Jazz à Vienne ». La programmation fait aussi écho aux évènements de la propre programmation de l’Auditorium. Avec un festival Russe organisé cette année et les Happy Days perpétués pour la troisième année avec ses propositions innovantes.

En 2016, quatre spectacles :

  • Le 17/10/15 à 20h, une coproduction Jazz à Vienne et Rhino Jazz(s) Festival
    • Hiromi The Trio Project : retour de la tonique pianiste japonaise entourée de Anthony Jackson à (basse) et Simon Phillips (batterie)
  • Le 13/11/16 à 16h, une coproduction Jazz à Vienne
    • Joshua Redman & Brad Mehldau Duo : dialogue de deux fortes personnalités du saxophone et du piano
  • Le 19/11/16 à 20h, dans le cadre du Festival Russe organisé par l’Auditorium –Orchestre national de Lyon
    • Musiques Populaires Russes : cinq spécialistes des traditions populaires russes avec la chanteuse Larissa Souldina accompagnée du quatuor Phoenix
  • Le 13/12/16 à 20h, une coproduction Jazz à Vienne
    • Paolo Fresu / Trilock Gurtu / Omar Sosa : un kaléidoscope sonore offert par les trois leaders charismatiques qui font unissent leurs talents et leurs instruments (trompette, piano et percussions)

En 2017, quatre concerts :

  • Le 07/01/17 à 20h30, dans le cadre des Happy Days
    • Negro Spirituals : le chœur Sweet Witness sous la direction de Pascal Horecka pour un voyage dans les standards du répertoire gospel, Oh Happy Day, Glory Glory, etc…
  • Le 13/01/17 à 20h, une coproduction Jazz à Vienne
    • Dhafer Youssef quartet : vocaliste et oudiste, ce passeur de culture revient pour son nouveau répertoire avec Aaron Parks (piano) et Ben Williams (contrebasse)
  • Le 05/02/17 à 16h, une coproduction Jazz à Vienne et Saint Fons Jazz Festival
    • JAZZ 100 HOMMAGE à Thelonious Monk, Dizzy Gillespie, Ella Fitzgerald pour leur centième anniversaire : le pianiste Danilo Pérez remarqué par Dizzy à 24 ans, a joué avec lui très longtemps. Monk a aussi influencé son style. Il convie à ses côtés des grands de la scène jazz actuelle, Chris Potter (ts), Avishai Cohen (tpt) et Robin McKelle (voc) qui se fera l’écho de la voix de la grande Ella.
  • Le 12/05/17 à 20h, une coproduction Jazz à Vienne
    • Bobby McFerrin and Spirityouall : le chanteur renoue avec les racines noires de la musique américaine dans laquelle il instille toutes les influences glanées précédemment. Il présente le nouveau répertoire de son disque « Spirityouall ».

Dans le cadre des spectacles proposés en direction du Jeune Public, une autre proposition réjouissante est organisée par l’Auditorium de Lyon organise en complicité avec Jazz à Vienne, le Carnaval Jazz des Animaux interprété par « The Amazing Keystone Jazz Big Band », les 24  &  25 février 2017.

Il est par ailleurs intéressant de noter qu’une autre passerelle est activée par l’Auditorium en direction des Musiques Électroniques avec un concert organisé au Périscope par le Périscope et la S2M (Scènes des Musiques Métropolitaines).

Bien sûr la rentrée de cette saison est encore loin mais il est toujours bon d’anticiper pour ajuster les agendas. Pour cela et pour plus de détails sur cette programmation Jazz & Musiques du Monde, rendez-vous le site de l’Auditorium-Orchestre national de Lyon.

La saison 16/17 de l’Auditorium réjouit comme nous les amateurs de Jazz et de Musiques du Monde avec une programmation qui réunit des grands noms de ces styles et des découvertes innovantes.

Clin d’œil à Sonia Cat-Berro & « Lonely Siren »

Clin d’œil à Sonia Cat-Berro & « Lonely Siren »

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Bémol 5 accueille France Musique

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