« Continuum » de Nik Bärtsch’s Mobile

« Continuum » de Nik Bärtsch’s Mobile

« Continuum », le nouvel album de Nik Bärtsch’ Mobile

L’album « Continuum » (ECM/Universal) de Nik Bärtschs’s Mobile est sorti le 18 mars chez ECM. Un concert du même groupe est programmé le 21 mai dans le cadre du Festival Jazz à Saint-Germain-des-Prés. Les nouvelles sont bonnes quand l’actualité discographique et celle des concerts se téléscopent.

N.BartschCette double occurrence a en effet de quoi ravir les amateurs de la musique acoustique du pianiste et compositeur suisse. La personnalité singulière de Nik Bärtsch a émergé sur la scène jazz ces dix dernières années et a conquis un public très large. Entre la précision de l’horloger suisse et le détachement du maître zen, sa musique, héritière de Steve Reich, excelle à transmettre « une énergie intense et calme », un groove hypnotique renforcé par la puissance de cohésion qui émane du groupe.

Au commencement était « Mobile » … c’est dont s’est souvenu Nik Bärtsch qui a consacré son dernier disque, à son groupe d’origine, « Mobile », groupe totalement acoustique. Il lui a adjoint un quintet à cordes sur trois pièces, et « Mobile » est devenu, « Mobile Extended ». Puisque l’actualité des concerts rejoint celle du disque le plaisir sera augmenté d’entendre « live » la musique du CD « Continuum »

2464 XAprès trois albums studio (Stoa, 2006, Holon, 2008, et Lyria, 2010) et un double album live (2012) avec son groupe amplifié « Ronin », c’est en effet avec sa formation d’origine « Mobile » que le claviériste et compositeur suisse Nik Bärtsch a enregistré en mars 2015 son nouvel album « Continuum » (ECM/Universal) sous la direction artistique de Manfred Eicher. Pour précision, l’effectif de « Mobile » se recoupe avec le line-up actuel de « Ronin ».

N-Bartsch'Mobile_legrouA la base, le quartet acoustique « Mobile », fondé en 1997, est la source de l’esthétique de Nik Bärtsch et de son attitude musicale. Une attitude façonnée par son approche conceptuelle de la réduction et de la répétition, mais aussi par sa fascination pour la culture japonaise. Le pianiste conçoit l’art musical comme une sorte de rituel. Nik Bärtsch et ses comparses, Kaspar Rast (batterie), Sha (clarinette) et Nicolas Stocker (percussions) travaillent à la confection d’un son de groupe global fondé sur l’énergie sans se complaire dans de vains exercices de virtuosité. « Cette musique puise son énergie dans la tension entre la précision des compositions et de l’auto-contournement de l’improvisation. De cette restriction auto-imposée découle la liberté. L’extase par l’ascétisme », dit l’artiste.

Jouant avec des textures musicales issues du jazz, du funk, de la musique contemporaine, du minimalisme ainsi que des musiques rituelles et sacrées, il crée de nouvelles énergies extrêmement structurées. L’approche artistique de Bärtsch est quelque peu inspirée de Ligeti et de sa finesse rythmique.La musique se développe en modules, comme des spirales ascensionnelles dont les structures sont fondées sur la répétition d’un certain nombre d’éléments qui se propulsent à travers le rythme. Cela n’est pas sans évoquer les motifs de la musique minimaliste (Reich, Glass, Riley) mais chez Bärtsch, les pulsations sont rythmiques et non flottantes.

Les musiciens sont moins soucieux de donner en spectacle leur virtuosité individuelle et prennent plutôt part à la création d’un timbre commun, fort et énergique.

affiche_festivalJazzastgermaindes presNik Bärtsch a choisi le festival « Jazz à Saint-Germain-des-Prés » pour présenter avec les musiciens du groupe « Mobile » son nouvel album « Continuum » le 21 mai à 21h dans le grand amphithéâtre de la Maisons des Océans. Ce concert constitue un évènement car le groupe se fait rare en France et la musique de « Mobile » devrait résonner de la meilleure manière dans ce joyau de l’architecture du début du 20ème siècle.

Nul doute qu’on se laissera pénétrer par la sensualité quasi-physique de la musique de Nik Bärtsch et son groupe « Mobile ».

Thierry Balin 4tet gagnant du Tremplin Jazz à Sète 2018

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Thierry Balin Quartet collectionne les bonnes nouvelles en 2018. Gagnant du Tremplin « Jazz à Sète » 2018 et programmé le 19 juillet, au Théâtre de la Mer, pour la 23ème édition du festival, en première partie de Chick Corea & The Akoustic Band. Sortie le 09 mars d’un superbe deuxième album, « Résilience ».

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Concert Dessine à « Jazz à Vienne » le 05/07/18

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Jazz à Vienne et le Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême relient les arts. Ainsi le festival isérois programme le « Concert Dessine » qui réunit la chanteuse Rokia Traoré et le dessinateur Rubén Pellejero le 05 juillet 2018, sur la scène du Manège de Vienne. Belle perspective de fusion entre la musique métisse et le dessin.

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Le trompettiste Fabien Mary signe « Left Arm Blues »

Le trompettiste Fabien Mary signe « Left Arm Blues »

A la tête d’un octet, Fabien Mary présente « Left Arm Blues (and Others New York Stories) ». Suite à une immobilisation forcée, le trompettiste a écrit de la main gauche huit des neuf titres de l’album aux arrangements peaufinés. Le disque séduit par son élégance et sa fluidité, son swing et sa richesse harmonique.

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« Border Lines » de Stéphane Tsapis

« Border Lines » de Stéphane Tsapis

« Border Lines », le pays singulier de Stéphane Tsapis

Dans l’album « Border Lines » (Cristal Records/Harmonia Mundi) paru le 18 mars, le pianiste Stéphane Tsapis explore avec beaucoup de liberté ses racines grecques. Le disque présente un panorama musical de la Grèce d’hier et d’aujourd’hui.

couv_border-line_tsapisLe titre de l’album « Border Lines » de Stéphane Tsapis génère plusieurs réflexions en ces temps où les frontières sont au cœur des préoccupations de notre monde.

Puisque c’est le propre du « jazz » de ne pas fixer de frontières, puisque cette musique prône le concept de liberté, cet opus a tout à fait sa place dans le jazz, cet idiome qui a ouvert les bras à tant de mondes musicaux et l’ouverture à la diversité. Dans un tel territoire, musiciens et auditeurs ne sont pas en situation « borderlines ». La définition du terme « borderlines » comme un état d’instabilité émotionnel, recouvre aussi la situation de celui qui vit à cheval sur deux cultures et est en déstabilisé. Tel fut le cas pour Stéphane Tsapis que la barrière de la langue a conduit à se sentir français quand il est en Grèce et pas tout à fait français quand il est en France…

Le titre de l’album « Border Lines » est donc à double titre compréhensible. C’est en considérant la musique comme « langage universel » que le musicien transforme la notion de frontière et affirme qui il existe et définit son propre territoire.

Avec poésie, dérision et humour, Stéphane Tsapis navigue dans « Border Lines » entre compositions originales et musiques traditionnelles grecques revisitées. Onze titres singuliers. Un répertoire interprété avec grande intelligence et sans fébrilité.

Stéphane-tsapi-trio-s-300x200Ce projet très original évoque différentes époques et régions du pays. Les musiques stimulent l’écoute et entraînent l’auditeur aux confins d’un monde aux frontières mouvantes. Stéphane Tsapis a confié la direction artistique de son projet au compositeur Arthur Simonini et a construit le monde musical de son album avec la complicité de Marc Buronfosse  à la contrebasse et d’Arnaud Biscay à la batterie.

Clin d’œil en ouverture du disque avec « Welcome to my country » et virgule à mi-album avec « Tourist’s point of view », des balises d’humour qui définissent la place du touriste. Les modes des musiques anciennes dépaysent. On est transporté en Macédoine et dans d’autres contrées d’Asie Mineure.  Avec d’intrigantes harmonies, les musiciens nous transportent ensuite avec « Karaghiósis in Wonderland » dans le monde magique du théâtre d’ombres et de son héros Karaghiósis.Le titre « Goldman Sucks » fait résonner une énergie plus électrique où la colère résonne de manière évidente pour dire la révolte dont le titre est porteur.

Des images, des paysages oniriques défilent au fur à mesure que le disque se déroule. Il est vrai que Stéphane Tsapis est aussi professeur de création musicale pour l’image au Conservatoire à rayonnement régional de la Ville de Paris et compose beaucoup pour le cinéma… ceci explique peut-être cela. Une consultation du site de Stéphane Tsapis vous permettra de mieux le connaître.

La vidéo réalisée au Studio de l’Hermitage donne envie d’écouter l’album « Border Lines » de bout en bout.

L’album « Border Lines » ouvre les frontières musicales sur un nouveau monde, celui de Stéphane Tsapis, un musicien dont le discours nuancé emprunte la voie de la délicatesse pour narrer des émotions fortes.

Thierry Balin 4tet gagnant du Tremplin Jazz à Sète 2018

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Concert Dessine à « Jazz à Vienne » le 05/07/18

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« Suite of Time » de Hans Ulrik

« Suite of Time » de Hans Ulrik

« Suite of Time », la Messe Jazz de Hans Ulrik

À l’occasion du 75ème anniversaire de l’église Grundtvig, le saxophoniste danois Hans Ulrik publie le 18 mars un élégant album « Suite of Time » (Stunt records/Una Volta Music).

église-Grundtvig_photo-de-ole-meyer--236x300Cette église fut construite en souvenir de N.F.S Grundtvig (1783 – 1872), prêtre danois et homme des Lumières. La première pierre fut posée en 1921 et l’édifice fut inauguré en 1940. Son architecture s’inspire des façades crénelées des églises traditionnelles des villages danois mais sa taille avoisine celle d’une cathédrale. Dans l’église pas d’icône. Juste la lumière. L’opus de Hans Ulrik « Suite of Time » célèbre l’édifice autant que la philosophie lumineuse de Grundtvig

SuiteofTime_couvLe saxophoniste Hans Ulrik a été invité à composer la musique des célébrations de l’anniversaire de l’église. Il a écrit la partition de « Suite of Time » construite comme une sorte de « Messe Jazz ». Avec un prélude, une suite de quatre mouvements, un sacrement et un post lude inspirés par un texte de l’historien Henrik JENSEN retraçant les différentes périodes historiques que l’église a traversées. La Suite évoque les années 1945, 1967, 1989 et 2001 et après. Autour de Hans Ulrik se retrouvent Peter Rosendal (trombone à piston & Wurlizer), Henrik Gunde (piano), Kaspar Vadsholt (basse), Anders Modensen (batterie) et Marylin MAZUR (percussions sur les titres 1, 6 & 7).

Un jazz instrumental moderne et serein. Une construction simple et aérienne au service d’un discours lumineux et pur.

Dans les premières pièces, les inflexions hardbop du saxophone ténor de Hans Ulrik précèdent les lumineuses envolées du saxophone soprano utilisé sur les dernières compositions.

Un voyage musical entre profane et sacré propice à une introspection stimulante.

Thierry Balin 4tet gagnant du Tremplin Jazz à Sète 2018

Thierry Balin 4tet gagnant du Tremplin Jazz à Sète 2018

Thierry Balin Quartet collectionne les bonnes nouvelles en 2018. Gagnant du Tremplin « Jazz à Sète » 2018 et programmé le 19 juillet, au Théâtre de la Mer, pour la 23ème édition du festival, en première partie de Chick Corea & The Akoustic Band. Sortie le 09 mars d’un superbe deuxième album, « Résilience ».

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Concert Dessine à « Jazz à Vienne » le 05/07/18

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Le trompettiste Fabien Mary signe « Left Arm Blues »

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« Dreamers » par le quartet de Sébastien Texier

« Dreamers » par le quartet de Sébastien Texier

Sébastien Texier et ses « Dreamers » échappent à la pesanteur

Dans son nouvel album « Dreamers » paru le 01 avril chez Cristal Records/Harmonia Mundi, Sébastien Texier fait le choix d’une formation qui laisse libre cours à son imagination.

325-292_Dreamers_couvDans l’opus « Dreamers », le rêve existe comme un lien, un fil qui relie les nouvelles compositions. Dans notre monde contemporain, il est difficile de rêver, de s’évader… et Sébastien Texier (saxophone alto, clarinettes) a voulu réunir autour de lui des compagnons qui sont à la fois des musiciens et des rêveurs, de vrais « dreamers », Olivier Caudron à l’orgue Hammond B3, Pierre Durand à la guitare électrique et Guillaume Dommartin à la batterie.

Ces quatre musiciens complices évoluent en osmose. Au centre du nouvel opus de Sébastien Texier la mélodie permet à chaque soliste de s’exprimer en toute liberté.

Les rêves se suivent et les « dreamers » interprètent différents climats de rêves. Au fil des huit titres de l’album, les musiciens nous engagent à l’évasion et nous invitent à les rejoindre dans leurs mondes aux couleurs accueillantes.

C’est une Nouvelle-Orléans dynamique qui ouvre le disque avec « Let’s Roll ». Les titres se suivent et nous transportent. L’amitié est dessinée dans « Frienship », la solidarité habite l’hymne recueilli de « Silent March », la douceur se projette dans les lignes de « Smooth Skin », la partition de Crest Waves » surfe sur l’équilibre, comme un rêve, « Dreaming with Ornette » s’élève vers Ornette (Coleman), les paysages paradisiaques imprègnent « Cape Cod ». L’atmosphère planante de « Dreamers », résonne comme un dernier écho de leurs atmos-rêves. Hormis « Cape Cod » écrit par Olivier Caudron, toutes les autres compositions sont de Sébastien Texier.

Let’s dream ! ….. sans aucune arrière pensée.

Thierry Balin 4tet gagnant du Tremplin Jazz à Sète 2018

Thierry Balin 4tet gagnant du Tremplin Jazz à Sète 2018

Thierry Balin Quartet collectionne les bonnes nouvelles en 2018. Gagnant du Tremplin « Jazz à Sète » 2018 et programmé le 19 juillet, au Théâtre de la Mer, pour la 23ème édition du festival, en première partie de Chick Corea & The Akoustic Band. Sortie le 09 mars d’un superbe deuxième album, « Résilience ».

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Le Jazz de Benjamin Tanguy

Le Jazz de Benjamin Tanguy

Le Jazz de Benjamin Tanguy : Liberté, Inspiration, Rencontres

Benjamin Tanguy vit une passion pour le Jazz qu’il a découvert enfant auprès de son oncle, organisateur de concerts. Cette musique lui rend bien son investissement puisqu’il est aujourd’hui coordinateur artistique de la programmation musicale de la 36ème édition du « Festival Jazz à Vienne ».

Avant d’exercer cette fonction de coordinateur artistique de la programmation musicale des scènes de Jazz à Vienne, Benjamin Tanguy a vécu dans le sein de cette musique dont il a exploré les univers multiples. Il a été attentif à l’ensemble des styles qu’il a découverts au fil des années. C’est le regard de ce trentenaire amateur de jazz que nous avons souhaité connaître et nous le remercions d’avoir accepté de nous livrer la vision qu’il porte sur cette musique.

160_elvinjonesBaigné dans le jazz depuis son enfance, Benjamin Tanguy écoutait beaucoup de vinyles. Il fréquentait assidûment les médiathèques et lisait avec grand intérêt la presse spécialisée jazz.  C’est à l’âge de 10 ans qu’il « a eu le déclic pour le jazz » lors de l’écoute d’un concert du batteur Elvin Jones en Suisse. Cet icône charismatique de la batterie a imprimé son influence sur le monde du jazz et même celui du rock par sa maîtrise de la polyrythmie. Sans doute a-t-il aussi marqué la perception de Benjamin pour la dimension rythmique de la musique.

Actuellement Benjamin Tanguy pratique tous les modes d’écoute du jazz : vinyle, CD, streaming, mp3, clips mais aussi bien sûr la musique « live » des concerts. S’il a pratiqué le saxophone alto, c’est un autre saxophone qui a sa préférence : le sax ténor. Sa réponse fuse lorsque nous lui demandons quel est le style de jazz qu’il préfère aujourd’hui. Ses goûts vont vers ce qu’il nomme « les fils du jazz », toutes ces musiques qui incarnent actuellement la dimension politique et sociétale que le jazz a toujours incarné et les courants sont nombreux, hip-hop, groove, le jazz tel qu’il est aujourd’hui pratiqué à New-York, …

Un jour de pleine forme, ce sont les musiques brésiliennes qu’il écoute, celles de João Gilberto, de Chico Buarque entre autres. Son goût pour ces musiques l’a ainsi conduit cette année à nous faire découvrir une pépite, le chanteur et guitariste brésilien Tigana Santana, programmé au Club de Minuit le 09/07/16 à 00h. Par contre il lui arrive de moins en moins souvent de se surprendre à chantonner un air de jazz. Son dernier souvenir remonte à la période qui a suivi le concert donné durant le festival « Jazz à Vienne » de 2009 par Roy Hargrove avec son RH Factor en hommage au trompettiste Freddie Hubbard (disparu l’année précédente). Il s’est entendu chantonner les riffs qui avaient émaillé le concert.

Pour Benjamin Tanguy, sensibiliser une connaissance au jazz est chose simple. Cela consiste à lui faire écouter des musiques que proposent les « fils du jazz ». Pour lui « le jazz est partout, dans toutes les musiques ». Ainsi, après avoir été familiarisé à l’écoute de ces « musiques populaires », la personne pourra envisager d’aller, de fil en aiguille, vers un une autre forme de jazz. Donc le jazz d’aujourd’hui peut représenter un pont qui permettrait d’approcher plus globalement le jazz. Ce pourrait être par exemple Kamasi Washington, ce saxophoniste qui en 2015 a gravé « Epic », un triple CD au succès retentissant.

 

Il serait tout aussi pertinent pour lui de proposer une écoute du concert de Beyonce « live » avec The Roots, ou un clip de Kendrick Lamark ou des Snarky Puppy dont le premier album studio « Culcha Vulcha » va sortir le 06 mai chez Ground up/UNiversal Classic.

Dans la mesure où le statut professionnel de Benjamin Tanguy le conduit à se déplacer souvent et loin pour é160_couv_john_coltrane_a_love_supremecouter des musiciens dans la perspective de  programmations éventuelles, nous ne le questionnons pas quant à l’artiste qui le ferait parcourir de longues distances. Par contre il nous confie qu’il aurait volontiers traversé l’océan pour écouter Jimmy Scott et il aurait apprécié d’assister à un concert de John Coltrane. Aujourd’hui, il écoute rarement du « jazz improvisé trop libre », autrement dit du « free jazz » qui met en scène  des performances avant tout techniques et dont le propos n’est plus en adéquation avec le contexte sociétal actuel.

Au regard de son devoir de réserve de p160_KolnConcert-Keith-Jarret_couv-1rogrammateur, il ne répondra pas à la question de l’affiche idéale d’un concert hypothétique, ce qui est tout à fait compréhensible. Par contre Benjamin répondra sans hésitations quant aux tryptique des albums fétiches dont il ne se séparerait pas. Il évoque d’abord un album représentatif du jazz modal post-bop, un opus icônique, le disque « Love Supreme » du saxophoniste John Coltrane, album sorti en 1965 chez « 160_moaning-artBlakey_couvImpulse ». Il cite ensuite le disque « Köln Concert » du pianiste Keth Jarrett enregistré en direct en 1975 chez ECM. Il s’agit d’un concert en piano solo totalement improvisé. Enfin Benjamin fait référence à un album de hard-bop, « Moanin' » enregistré par le batteur Art Blakey avec les Jazz Messengers en 1958 sous le label Blue Note. Funky en diable !

Pour terminer, Benjamin Tanguy accepte de préciser les « trois mots » qui définiraient sa vision actuelle du jazz. Après une réflexion très rapide les termes s’enchaînent pour caractériser un jazz qu’il voit libre, inspiré et précurseur de rencontres.

Lors de la 36ème édition du « Festival Jazz à Vienne », vous aurez sans doute l’occasion d’apercevoir Benjamin Tanguy et nous gageons que vous apprécierez les concerts programmés par celui qui est le coordinateur artistique de la programmation. Il est important de savoir que ses goûts ne sont pas « sous influence ». Il se prévaut d’un « goût indépendant », se garde de fonctionner par « coup de cœur » et veille à conserver une oreille très attentive aux  musiques qu’il écoute et analyse.

Propos recueillis le jour du Jazz Day, 30 avril 2016.

 

Thierry Balin 4tet gagnant du Tremplin Jazz à Sète 2018

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