Thierry Balin Quartet collectionne les bonnes nouvelles en 2018. Gagnant du Tremplin « Jazz à Sète » 2018 et programmé le 19 juillet, au Théâtre de la Mer, pour la 23ème édition du festival, en première partie de Chick Corea & The Akoustic Band. Sortie le 09 mars d’un superbe deuxième album, « Résilience ».
« Continuum » de Nik Bärtsch’s Mobile
« Continuum », le nouvel album de Nik Bärtsch’ Mobile
L’album « Continuum » (ECM/Universal) de Nik Bärtschs’s Mobile est sorti le 18 mars chez ECM. Un concert du même groupe est programmé le 21 mai dans le cadre du Festival Jazz à Saint-Germain-des-Prés. Les nouvelles sont bonnes quand l’actualité discographique et celle des concerts se téléscopent.
Cette double occurrence a en effet de quoi ravir les amateurs de la musique acoustique du pianiste et compositeur suisse. La personnalité singulière de Nik Bärtsch a émergé sur la scène jazz ces dix dernières années et a conquis un public très large. Entre la précision de l’horloger suisse et le détachement du maître zen, sa musique, héritière de Steve Reich, excelle à transmettre « une énergie intense et calme », un groove hypnotique renforcé par la puissance de cohésion qui émane du groupe.
Au commencement était « Mobile » … c’est dont s’est souvenu Nik Bärtsch qui a consacré son dernier disque, à son groupe d’origine, « Mobile », groupe totalement acoustique. Il lui a adjoint un quintet à cordes sur trois pièces, et « Mobile » est devenu, « Mobile Extended ». Puisque l’actualité des concerts rejoint celle du disque le plaisir sera augmenté d’entendre « live » la musique du CD « Continuum »
Après trois albums studio (Stoa, 2006, Holon, 2008, et Lyria, 2010) et un double album live (2012) avec son groupe amplifié « Ronin », c’est en effet avec sa formation d’origine « Mobile » que le claviériste et compositeur suisse Nik Bärtsch a enregistré en mars 2015 son nouvel album « Continuum » (ECM/Universal) sous la direction artistique de Manfred Eicher. Pour précision, l’effectif de « Mobile » se recoupe avec le line-up actuel de « Ronin ».
A la base, le quartet acoustique « Mobile », fondé en 1997, est la source de l’esthétique de Nik Bärtsch et de son attitude musicale. Une attitude façonnée par son approche conceptuelle de la réduction et de la répétition, mais aussi par sa fascination pour la culture japonaise. Le pianiste conçoit l’art musical comme une sorte de rituel. Nik Bärtsch et ses comparses, Kaspar Rast (batterie), Sha (clarinette) et Nicolas Stocker (percussions) travaillent à la confection d’un son de groupe global fondé sur l’énergie sans se complaire dans de vains exercices de virtuosité. « Cette musique puise son énergie dans la tension entre la précision des compositions et de l’auto-contournement de l’improvisation. De cette restriction auto-imposée découle la liberté. L’extase par l’ascétisme », dit l’artiste.
Jouant avec des textures musicales issues du jazz, du funk, de la musique contemporaine, du minimalisme ainsi que des musiques rituelles et sacrées, il crée de nouvelles énergies extrêmement structurées. L’approche artistique de Bärtsch est quelque peu inspirée de Ligeti et de sa finesse rythmique.La musique se développe en modules, comme des spirales ascensionnelles dont les structures sont fondées sur la répétition d’un certain nombre d’éléments qui se propulsent à travers le rythme. Cela n’est pas sans évoquer les motifs de la musique minimaliste (Reich, Glass, Riley) mais chez Bärtsch, les pulsations sont rythmiques et non flottantes.
Les musiciens sont moins soucieux de donner en spectacle leur virtuosité individuelle et prennent plutôt part à la création d’un timbre commun, fort et énergique.
Nik Bärtsch a choisi le festival « Jazz à Saint-Germain-des-Prés » pour présenter avec les musiciens du groupe « Mobile » son nouvel album « Continuum » le 21 mai à 21h dans le grand amphithéâtre de la Maisons des Océans. Ce concert constitue un évènement car le groupe se fait rare en France et la musique de « Mobile » devrait résonner de la meilleure manière dans ce joyau de l’architecture du début du 20ème siècle.
Nul doute qu’on se laissera pénétrer par la sensualité quasi-physique de la musique de Nik Bärtsch et son groupe « Mobile ».
Thierry Balin 4tet gagnant du Tremplin Jazz à Sète 2018
Concert Dessine à « Jazz à Vienne » le 05/07/18
Jazz à Vienne et le Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême relient les arts. Ainsi le festival isérois programme le « Concert Dessine » qui réunit la chanteuse Rokia Traoré et le dessinateur Rubén Pellejero le 05 juillet 2018, sur la scène du Manège de Vienne. Belle perspective de fusion entre la musique métisse et le dessin.
Le trompettiste Fabien Mary signe « Left Arm Blues »
A la tête d’un octet, Fabien Mary présente « Left Arm Blues (and Others New York Stories) ». Suite à une immobilisation forcée, le trompettiste a écrit de la main gauche huit des neuf titres de l’album aux arrangements peaufinés. Le disque séduit par son élégance et sa fluidité, son swing et sa richesse harmonique.
Le titre de l’album « Border Lines » de Stéphane Tsapis génère plusieurs réflexions en ces temps où les frontières sont au cœur des préoccupations de notre monde.
Ce projet très original évoque différentes époques et régions du pays. Les musiques stimulent l’écoute et entraînent l’auditeur aux confins d’un monde aux frontières mouvantes. Stéphane Tsapis a confié la direction artistique de son projet au compositeur Arthur Simonini et a construit le monde musical de son album avec la complicité de Marc Buronfosse à la contrebasse et d’Arnaud Biscay à la batterie.
Cette église fut construite en souvenir de N.F.S Grundtvig (1783 – 1872), prêtre danois et homme des Lumières. La première pierre fut posée en 1921 et l’édifice fut inauguré en 1940. Son architecture s’inspire des façades crénelées des églises traditionnelles des villages danois mais sa taille avoisine celle d’une cathédrale. Dans l’église pas d’icône. Juste la lumière. L’opus de Hans Ulrik « Suite of Time » célèbre l’édifice autant que la philosophie lumineuse de Grundtvig
Le saxophoniste Hans Ulrik a été invité à composer la musique des célébrations de l’anniversaire de l’église. Il a écrit la partition de « Suite of Time » construite comme une sorte de « Messe Jazz ». Avec un prélude, une suite de quatre mouvements, un sacrement et un post lude inspirés par un texte de l’historien Henrik JENSEN retraçant les différentes périodes historiques que l’église a traversées. La Suite évoque les années 1945, 1967, 1989 et 2001 et après. Autour de Hans Ulrik se retrouvent Peter Rosendal (trombone à piston & Wurlizer), Henrik Gunde (piano), Kaspar Vadsholt (basse), Anders Modensen (batterie) et Marylin MAZUR (percussions sur les titres 1, 6 & 7).
Dans l’opus « Dreamers », le rêve existe comme un lien, un fil qui relie les nouvelles compositions. Dans notre monde contemporain, il est difficile de rêver, de s’évader… et Sébastien Texier (saxophone alto, clarinettes) a voulu réunir autour de lui des compagnons qui sont à la fois des musiciens et des rêveurs, de vrais « dreamers », Olivier Caudron à l’orgue Hammond B3, Pierre Durand à la guitare électrique et Guillaume Dommartin à la batterie.
Baigné dans le jazz depuis son enfance, Benjamin Tanguy écoutait beaucoup de vinyles. Il fréquentait assidûment les médiathèques et lisait avec grand intérêt la presse spécialisée jazz. C’est à l’âge de 10 ans qu’il « a eu le déclic pour le jazz » lors de l’écoute d’un concert du batteur Elvin Jones en Suisse. Cet icône charismatique de la batterie a imprimé son influence sur le monde du jazz et même celui du rock par sa maîtrise de la polyrythmie. Sans doute a-t-il aussi marqué la perception de Benjamin pour la dimension rythmique de la musique.
couter des musiciens dans la perspective de programmations éventuelles, nous ne le questionnons pas quant à l’artiste qui le ferait parcourir de longues distances. Par contre il nous confie qu’il aurait volontiers traversé l’océan pour écouter Jimmy Scott et il aurait apprécié d’assister à un concert de John Coltrane. Aujourd’hui, il écoute rarement du « jazz improvisé trop libre », autrement dit du « free jazz » qui met en scène des performances avant tout techniques et dont le propos n’est plus en adéquation avec le contexte sociétal actuel.
rogrammateur, il ne répondra pas à la question de l’affiche idéale d’un concert hypothétique, ce qui est tout à fait compréhensible. Par contre Benjamin répondra sans hésitations quant aux tryptique des albums fétiches dont il ne se séparerait pas. Il évoque d’abord un album représentatif du jazz modal post-bop, un opus icônique, le disque « Love Supreme » du saxophoniste John Coltrane, album sorti en 1965 chez «
Impulse ». Il cite ensuite le disque « Köln Concert » du pianiste Keth Jarrett enregistré en direct en 1975 chez ECM. Il s’agit d’un concert en piano solo totalement improvisé. Enfin Benjamin fait référence à un album de hard-bop, « Moanin' » enregistré par le batteur Art Blakey avec les Jazz Messengers en 1958 sous le label Blue Note. Funky en diable !