Le 15 mai 2020, le contrebassiste et compositeur Gabriel Midon présente « Imaginary Stories », un opus singulier où coexistent musique et poésie. Autour du leader, un groupe de jazz à géométrie variable et un quatuor à cordes dont les subtiles interventions élargissent la palette sonore de l’opus. Un véritable travail d’orfèvre préside à treize Histoires Imaginaires aux couleurs changeantes et aux contours contrastés. A savourer encore et encore !
« Free », le nouvel album de Guillaume Perret
Guillaume Perret, « Free »… en solo et sans filet
Guillaume Perret bouscule de nouveau le paysage du jazz. Il choisit cette fois de naviguer libre et seul. Avec « Free », il déplace les balises et se libère des contraintes. Il lève le voile sur l’essence de sa musique.
Après avoir explosé les conventions du jazz avec « The Electric Epic » qui lui avait valu d’être remarqué par John Zorn et d’enregistrer en 2009 sous le label Tzadic, Guillaume Perret a contribué à révolutionner les repères du jazz. Son ouverture d’esprit l’a conduit alors à explorer d’autres horizons musicaux et à pratiquer une musique hors normes, la fusion de tous les styles qui l’ont influencé. De cela témoigne l’album « Open me » sorti en 2014.
On l’a aimé avec « The Electric Epic ». Aujourd’hui il explore différemment l’univers sonore et on le découvre « solo » dans « Free » (Kakoum Records/Harmonia Mundi) dont la sortie est annoncée le 23 septembre. L’ouverture d’esprit de Guillaume Perret et son désir de découverte le poussent en effet à explorer un nouveau son. En utilisant des pédales et des effets, il propulse son saxophone électrifié dans un univers surprenant et inclassable qui dépayse et invite à la rêverie. Performant en solo avec son saxophone et ses machines filtrant le son, Guillaume Perret nous restitue l’ampleur d’un orchestre entier à lui tout seul.
En fait, par l’électrification de son instrument et les dispositifs d’effets associés, le musicien peut produire les sons de tous les instruments de l’orchestre. Ainsi le saxophone génère sonorités et rythmes d’une percussion, d’une grosse caisse ou d’une caisse claire, d’une basse, d’une guitare ou d’un synthé. Guillaume Perret a enregistré, édité et mixé l’album « Free » en 9 jours. Pas de programmation, tout est joué en temps réel. Une prise par morceau mais aucune post production. Avec son seul saxophone traité, l’artiste recrée des sections d’orchestre ou des prod électro, un drive de batterie ou la suspension d’une basse.
Choisir le terme « free » en guise de titre d’album procède d’une démarche qui peut paraître provocatrice à certains. En effet d’aucuns verront dans l’utilisation de ce mot une référence au courant musical du free jazz dont la musique de Perret est loin d’être le reflet. En fait on comprend que l’artiste a besoin de se libérer des contraintes de l’orchestre, de s’autoriser à naviguer en toute liberté au gré de ses inspirations, de ses envies et de donner ainsi à entendre la bande-son de son imaginaire. C’est d’ailleurs ce que Guillaume Perret prétend. « Conçu comme une musique de film, « Free » se veut un parcours libre au travers de différents paysages, différentes émotions ».
Les nouvelles inspirations de Guillaume Perret sont plus calmes que dans ses précédents albums avec son groupe « Electric Epic ». Elles n’en restent pas moins énergiques et rythmées. Pour découvrir le nouvel univers de l’artiste on a laissé se dérouler l’album en boucle et on s’en est imprégné.
A l’écoute de « Free », on capte les pulsations de la musique, on se laisse gagner par les sensations, on vibre au gré des énergies et des rythmes qui évoluent au fil des plages de l’album. Il en résulte des émotions lumineuses et d’autres plus sombres. On voyage comme en immersion dans le monde de Guillaume Perret. Une épopée qui libère vraiment l’oreille.
Guillaume Perret pare deux titres de lumière et les dédie à son fils. Susu, une boucle hypnotique qui n’en finit pas de tourner et En Good aux allures d’un calypso enchanteur que n’aurait pas renié Sonny Rollins.
On aime son clin d’oeil à I Got Rythm et on sourit à l’écoute des réminiscences d’un bon vieux jazz qui swing sur She’s got Rythm à l’ambiance jungle. Avec surprise on découvre Heavy Dance, une galette électro qui aurait mémorisé la musique de Bach.
Au fil des titres, les ambiances varient et c’est en apnée qu’on écoute Cosmonaut à l’atmosphère sidérale. La pulsion aquatique exacerbée de Birth of Aphrodite renvoie au tableau de Boticelli où la déesse nait de l’océan. La spirale angoissante d’Inner Jail résonne comme en écho à Inside Song, chant sombre jailli des profondeurs insondables. Sur la vidéo, Benjamin Flao (illustration) et Serge Sang (montage) ajoutent leurs talents à celui du musicien.
On craque surtout sur Pilgrim, une mélopée erratique, celle du pèlerin errant à la recherche de sa terre promise. Au-delà de la musique dont elle restitue l’essence, la vidéo donne à voir la performance scénique de Guillaume Perret, entre saxophone électrifié, pédales et dispositifs d’effets. Véritable trip pour les yeux et les oreilles.
« Free ». Une musique hybride et troublante qui évoque un imaginaire fantastique et provoque de très fortes sensations. Un album envoutant qui libère et transporte.
Le site de Guillaume Perret constitue un passage incontournable pour en savoir plus sur l’artiste, sa musique et ses concerts à venir. A ne pas rater, la date du 17 novembre au Café de la Danse, à Paris. En attendant, on écoute l’album sans modération !
Gabriel Midon présente « Imaginary Stories »
Answer Me par Keith Jarrett
Pour les 75 ans de Keith Jarrett, le label ECM dévoile le 8 mai 2020, un titre inédit du légendaire pianiste. Une version live de Answer Me, issu du prochain album solo de Keith Jarrett enregistré à Budapest. Un petit trésor !
Vincent Peirani et Emile Parisien dévoilent Deus Xango
Près de six ans après un premier album « Belle Époque » décoré de prestigieux prix internationaux, le duo constitué de Vincent Peirani et Emile Parisien revient avec son nouveau projet, « Abrazo ». Histoire de mettre l’eau à la bouche, le duo dévoile Deus Xango, un premier single pour patienter en attendant la sortie de l’album prévue pour le 28 août 2020.



Les pieds dans la terre de ses ancêtres et la tête dans la modernité, Juan Carmona voue son art au flamenco. Son nouvel album « Perla de Oriente » (Nomades Kultur/L’autre Distribution) est à son image, insaisissable et intemporel. Le guitariste inscrit sa musique dans les pas de Paco de Lucia à qui il rend d’ailleurs hommage avec cet album.
Ce onzième opus teinté de reflets orientaux restitue le langage tout à fait personnel de Juan Carmona, celui qu’on avait aimé dans « Alchemya » et « Sinfonia Flamenca ». Dans ces enregistrements réalisés en studio dans les conditions du live, on perçoit la véracité de la création spontanée, les accents de sincérité de l’instantané, la complicité et la connivence qui lient les musiciens. Autour de Juan Carmona sont réunis Domingo Patricio aux flûte, pad et claviers, Bandolero aux percussions, El Bachi à la basse, Paco Carmona à la seconde guitare flamenca. El Piculabe assure le cante traditionnel flamenco et les pieds du danseur Sergio Aranda s’associent aux palmas assurés par Huanares alors que Noemie Humanes qui assure les chœurs. Le guitariste a invité de nouveaux venus dans son équipe. Thomas Bramerie à la contrebasse, Alex Ouemba à la batterie et Levon Minassian au duduk dont la présence constitue un atout indéniable.
Ce concert avec « The Trio Project » conduit par Hiromi inaugure
En 2009 elle enregistre à Tokyo, le double CD live « Duet » avec Chick Corea. Elle devient ensuite une véritable coqueluche auprès des publics du Japon et d’ailleurs.
Dédié à Damas et entièrement enregistré dans le mythique studio de Sear Sound à New-York, l’album « Diwan of Beauty & Odd » (OKeh/Sony) sorti le 16 septembre, propose treize poèmes musicaux. Une plongée sonore dans un monde céleste où Dhafer Youssef invite un orchestre de jazz à sa mesure. A ses côtés, la fine fleur du jazz new-yorkais. Le pianiste Aaron Parks, le trompettiste Ambrose Akinmusire, le contrebassiste Ben Williams et le batteur Mark Guiliana. Il s’agit du premier album que l’artiste enregistre entièrement avec un groupe de musiciens américains.
Certes cet album est plus enraciné dans le jazz que « Birds Requiem » mais on retrouve les chants traditionnels soufis, ses mélodies aériennes et les envols saisissants de la voix de Dhafer Youssef. La brillance des performances vocales de l’artiste coexiste avec une forte portée émotionnelle.
« Chimichurri », une instrumentation acoustique minimale, un piano et des percussions. « Chimichurri », deux musiciens prodigieux, le pianiste
Les deux musiciens jouent ensemble sur scène depuis 2011 et cet album est donc la suite logique de leur travail. Enregistré en mai 2015 à Buenos Aires, l’album « Chimichurri » est le premier du pianiste sous le label OKeh.
La Cumbiada de Gerardo Di Giusto et les deux célèbres tangos de Carlos Gardel, La Perigrinacion et Sus Ojos Se Cerraron émargent du côté de l’Argentine. C’est un climat afro-cubain tendu qui s’installe sur Vamos, la composition de Baptiste Trotignon, déjà enregistré par les deux artistes sur l’album du même nom enregistré par Minino Garay en 2015.
C’est en toute simplicité et vêtues de noir que les jumelles Caronni présentent leur duo et leur répertoire. Elles ont le souci de caractériser les influences de leur musique et donnent des repères au public d’Ambronay toujours curieux de découvrir les artistes présentés sous le Chapiteau. Parmi les treize titres inscrits au répertoire proposé, huit appartiennent à leur album « Navega Mundos » (Les Grands Fleuves/L’Autre Distribution) sorti en novembre 2015.
En effet, après une introduction instrumentale sensible elles s’évadent du cadre traditionnel du tango. Le murmure de la clarinette s’enroule autour de la mélodie nostalgique que chantent les cordes du violoncelle mais la passion reste sous-jacente.
C’est
dans un bar bondé que les musiciennes sont accueillies pour l’After. Après leur généreuse prestation, elles jouent le jeu et offrent un second concert qu’elles animent avec patience et pédagogie. Elles se présentent et n’hésitent pas à donner des précisions très éclairantes concernant leurs trajectoires personnelles et les musiques qu’elles interprètent. On découvre la chacarera, rythme argentin inspiré de l’époque de la colonisation et typique de leur région d’origine, vers Rosario dans la campagne du nord-est de l’Argentine. C’est ensuite l’histoire d’un homme qui parcourt la pampa et dont la seule compagnie est celle d’un essieu grinçant, … en quelque sorte une rencontre musicale entre Jean-Sébastien (Bach !) et
Avec Anda » (World Village/Harmonia Mundi), le poète et clarinettiste argentin Daniel Melingo, inscrit définitivement le tango dans les musiques du XXIème siècle. L’album est conçu comme une bobine de ciné-tango, comme un road-movie sonore peuplé de voyous pittoresques et déjantés.
, un tango alangui puis Volando Entre Las Nubes, titre instrumental inquiétant à l’ambiance western rocky. Enfin, le titre En Un Bosque De La China déjà évoqué dans l’article
depuis longtemps Neil Cowley a fait sa place dans le monde de la musique. S’il a commencé par la musique classique, il a tôt fait de l’abandonner pour se tourner vers le rock puis le jazz. Ses talents de claviériste et de producteur sont appréciés de groupes avec lesquels il travaille (« The Brand New Heavies », « Zero 7 »). Après un essai en duo, il monte un groupe en trio avec le contrebassiste Richard Sadler et le batteur Evan Jenkins Ainsi est né le Neil Cowley Trio qui flirte avec le jazz et le rock sans pour cela faire du jazz-rock. Le trio sort deux albums en trio, « Displaced » en 2007 puis « Loud…Louder…Stop » en 2008. « Radio Silence » paraît en 2010. En 2012, Rex Horan remplace Richard Sadler et la même année le nouveau Neil Cowley trio sort « The Face of Mount Molehill » puis « Touch and Flee » en 2014.
En fait, en envisageant de « jouer le moins de notes possibles et juste les bonnes » sur deux fois 88 touches de piano, les deux musiciens se sont vraiment attaqués à une énigme (riddles en anglais). En effet il est toujours tentant pour un pianiste de bavarder sur un clavier et cela s’aggrave lorsque deux pianistes se retrouvent face à face. Forts de leurs expériences passées, Ray Lema et Laurent de Wilde ont résolu l’équation et leur credo a pris la forme de l’album « Riddles » (Gazebo-One Drop/L’Autre Distribution). Dix pièces qui reflètent leur joie de jouer ensemble, une seule musique élaborée et jouée à deux pianos.
A 70 ans, Ray Lema a derrière lui une carrière éclatante et a ouvert sa culture
congolaise aux musiques du monde et au jazz. Preuve en est son dernier album
L’enregistrement et le mixage parviennent à faire sonner deux pianos comme un seul et à raconter un voyage qui traverse le monde de la musique. Rythmes et chants se mêlent. Ils évoquent la forêt congolaise dans Too Many Keys, la Jamaïque dans The Wizard, les pays tropicaux et leurs arbres aux lianes magiques dans Liane et Banian. Quand le blues rencontre une mélodie du Sahel se dessine la musique de Cookie qu’on déguste avec délice comme le gâteau du même nom. Les deux idiomes se fondent en un nouveau langage.
Vingt ans après son premier opus, Madeleine Peyroux poursuit son cheminement musical et revient le 16 septembre 2016 sur le prestigieux label Impulse! avec « Secular Hymns ».
Accompagnée des deux musiciens qui sont à ses côtés en tournée depuis deux ans, le guitariste Jon Herington et le contrebassiste Barak Mori, la chanteuse a choisi d’enregistrer une sélection de chansons qu’elle envisage « comme des cantiques, des cantiques profanes, des chansons qui ont toutes une dimension très individuelle, personnelle et intime ».
Madeleine Peyroux promène sa voix dans le répertoire américain populaire. Avec grande tendresse elle se frotte au blues avec If the sea was whiskey de Willie Dixon et Hello Babe de Lilian « Lil » Green. Elle interprète avec une douce mélancolie le spiritual traditionnel Trampin et s’aventure avec bonheur sur les rives du folk de Townes Van Zandt et donne une version sensible du titre The Highway Kind.