« Free », le nouvel album de Guillaume Perret

« Free », le nouvel album de Guillaume Perret

Guillaume Perret, « Free »… en solo et sans filet

Guillaume Perret bouscule de nouveau le paysage du jazz. Il choisit cette fois de naviguer libre et seul. Avec « Free », il déplace les balises et se libère des contraintes. Il lève le voile sur l’essence de sa musique.

guillaumeperretfree_couvAprès avoir explosé les conventions du jazz avec « The Electric Epic » qui lui avait valu d’être remarqué par John Zorn et d’enregistrer en 2009 sous le label Tzadic, Guillaume Perret a contribué à révolutionner les repères du jazz. Son ouverture d’esprit l’a conduit alors à explorer d’autres horizons musicaux et à pratiquer une musique hors normes, la fusion de tous les styles qui l’ont influencé. De cela témoigne l’album « Open me » sorti en 2014.

On l’a aimé avec « The Electric Epic ». Aujourd’hui il explore différemment l’univers sonore et on le découvre « solo » dans « Free » (Kakoum Records/Harmonia Mundi) dont la sortie est annoncée le 23 septembre. L’ouverture d’esprit de Guillaume Perret et son désir de découverte le poussent en effet à explorer un nouveau son. En utilisant des pédales et des effets, il propulse son saxophone électrifié dans un univers surprenant et inclassable qui dépayse et invite à la rêverie. Performant en solo avec son saxophone et ses machines filtrant le son, Guillaume Perret nous restitue l’ampleur d’un orchestre entier à lui tout seul.

En fait, par l’électrification de son instrument et les dispositifs d’effets associés, le musicien peut produire les sons de tous les instruments de l’orchestre. Ainsi le saxophone génère sonorités et rythmes d’une percussion, d’une grosse caisse ou d’une caisse claire, d’une basse, d’une guitare ou d’un synthé. Guillaume Perret a enregistré, édité et mixé l’album « Free » en 9 jours. Pas de programmation, tout est joué en temps réel. Une prise par morceau mais aucune post production. Avec son seul saxophone traité, l’artiste recrée des sections d’orchestre ou des prod électro, un drive de batterie ou la suspension d’une basse.

Choisir le terme « free » en guise de titre d’album procède d’une démarche qui peut paraître provocatrice à certains. En effet d’aucuns verront dans l’utilisation de ce mot une référence au courant musical du free jazz dont la musique de Perret est loin d’être le reflet. En fait on comprend que l’artiste a besoin de se libérer des contraintes de l’orchestre, de s’autoriser à naviguer en toute liberté au gré de ses inspirations, de ses envies et de donner ainsi à entendre la bande-son de son imaginaire. C’est d’ailleurs ce que Guillaume Perret prétend. « Conçu comme une musique de film, « Free » se veut un parcours libre au travers de différents paysages, différentes émotions ».

Les nouvelles inspirations de Guillaume Perret sont plus calmes que dans ses précédents albums avec son groupe « Electric Epic ». Elles n’en restent pas moins énergiques et rythmées. Pour découvrir le nouvel univers de l’artiste on a laissé se dérouler l’album en boucle et on s’en est imprégné.

A l’écoute de « Free », on capte les pulsations de la musique, on se laisse gagner par les sensations, on vibre au gré des énergies et des rythmes qui évoluent au fil des plages de l’album. Il en résulte des émotions lumineuses et d’autres plus sombres. On voyage comme en immersion dans le monde de Guillaume Perret. Une épopée qui libère vraiment l’oreille.

guillaume-perret-free-cover-digipack-3e-vol-ext-photoGuillaume Perret pare deux titres de lumière et les dédie à son fils. Susu, une boucle hypnotique qui n’en finit pas de tourner et En Good aux allures d’un calypso enchanteur que n’aurait pas renié Sonny Rollins.

On aime son clin d’oeil à I Got Rythm et on sourit à l’écoute des réminiscences d’un bon vieux jazz qui swing sur She’s got Rythm à l’ambiance jungle. Avec surprise on découvre Heavy Dance, une galette électro qui aurait mémorisé la musique de Bach.

Au fil des titres, les ambiances varient et c’est en apnée qu’on écoute Cosmonaut à l’atmosphère sidérale. La pulsion aquatique exacerbée de Birth of Aphrodite renvoie au tableau de Boticelli où la déesse nait de l’océan. La spirale angoissante d’Inner Jail résonne comme en écho à Inside Song, chant sombre jailli des profondeurs insondables. Sur la vidéo, Benjamin Flao (illustration) et Serge Sang (montage) ajoutent leurs talents à celui du musicien.

On craque surtout sur Pilgrim, une mélopée erratique, celle du pèlerin errant à la recherche de sa terre promise. Au-delà de la musique dont elle restitue l’essence, la vidéo donne à voir la performance scénique de Guillaume Perret, entre saxophone électrifié, pédales et dispositifs d’effets. Véritable trip pour les yeux et les oreilles.

« Free ». Une musique hybride et troublante qui évoque un imaginaire fantastique et provoque de très fortes sensations. Un album envoutant qui libère et transporte.

Le site de Guillaume Perret constitue un passage incontournable pour en savoir plus sur l’artiste, sa musique et ses concerts à venir. A ne pas rater, la date du 17 novembre au Café de la Danse, à Paris. En attendant, on écoute l’album sans modération !

Gabriel Midon présente « Imaginary Stories »

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Le 15 mai 2020, le contrebassiste et compositeur Gabriel Midon présente « Imaginary Stories », un opus singulier où coexistent musique et poésie. Autour du leader, un groupe de jazz à géométrie variable et un quatuor à cordes dont les subtiles interventions élargissent la palette sonore de l’opus. Un véritable travail d’orfèvre préside à treize Histoires Imaginaires aux couleurs changeantes et aux contours contrastés. A savourer encore et encore !

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Answer Me par Keith Jarrett

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Pour les 75 ans de Keith Jarrett, le label ECM dévoile le 8 mai 2020, un titre inédit du légendaire pianiste. Une version live de Answer Me, issu du prochain album solo de Keith Jarrett enregistré à Budapest. Un petit trésor !

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Vincent Peirani et Emile Parisien dévoilent Deus Xango

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Près de six ans après un premier album « Belle Époque » décoré de prestigieux prix internationaux, le duo constitué de Vincent Peirani et Emile Parisien revient avec son nouveau projet, « Abrazo ». Histoire de mettre l’eau à la bouche, le duo dévoile Deus Xango, un premier single pour patienter en attendant la sortie de l’album prévue pour le 28 août 2020.

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Juan Carmona présente « Perla de Oriente »

Juan Carmona présente « Perla de Oriente »

« Perla de Oriente », un flamenco aux accents orientaux

Le 23 septembre, Juan Carmona sort « Perla de Oriente » enregistré en studio dans les conditions du live à l’occasion d’une tournée en Asie. Accompagné de son septet le guitariste parvient à faire revivre l’émotion et la magie de ses concerts. Un flamenco entre modernité et tradition.

300_perla-de-oriente_couv_juan-carmonaLes pieds dans la terre de ses ancêtres et la tête dans la modernité, Juan Carmona voue son art au flamenco. Son nouvel album « Perla de Oriente » (Nomades Kultur/L’autre Distribution) est à son image, insaisissable et intemporel. Le guitariste inscrit sa musique dans les pas de Paco de Lucia à qui il rend d’ailleurs hommage avec cet album.

Sans fioritures, loin des orchestrations et des albums sophistiqués, l’artiste revisite son répertoire qu’il réinterprète et réinvente. Après avoir parcouru la Corée du Sud, Taïwan et la Chine, Juan Carmona fait de son carnet de route le fil rouge de l’album « Perla de oriente ». En effet, chaque titre évoque le voyage et rappelle un souvenir de la tournée.

Mar de China, une alegria comme un reflet distant de la mer de Cadiz. La fine et délicate Casa de té inspirée de la cérémonie du thé. Perla de Oriente en souvenir de Shangai, un titre inédit comme une perle rare posée au carrefour entre Asie et Orient. Buleria prohibida qui ré-interprète la buleria traditionnelle. On frémit aux accents de la voix  écorchée d’El Piculabe sur Luz de Manama. Le son nostalgique du duduk, cet instrument arménien en bois d’abricotier, teinte d’émotions sensibles Perla de oriente qui termine l’album et donne envie d’écouter de nouveau l’ensemble du répertoire.

Virtuose confirmé, Juan Carmona inscrit sa musique au croisement de la modernité et des traditions les plus vivantes d’Andalousie. « Perla de Oriente », son dernier album résonne d’accents orientaux. Fluide et mélodique, harmoniquement riche, puissant et rythmé, le flamenco du guitariste continue à renouveler le style.

350_juan_carmona_photo_molinavisuals-2Ce onzième opus teinté de reflets orientaux restitue le langage tout à fait personnel de Juan Carmona, celui qu’on avait aimé dans « Alchemya » et « Sinfonia Flamenca ». Dans ces enregistrements réalisés en studio dans les conditions du live, on perçoit la véracité de la création spontanée, les accents de sincérité de l’instantané, la complicité et la connivence qui lient les musiciens. Autour de Juan Carmona sont réunis Domingo Patricio aux flûte, pad et claviers, Bandolero aux percussions, El Bachi à la basse, Paco Carmona à la seconde guitare flamenca. El Piculabe assure le cante traditionnel flamenco et  les pieds du danseur Sergio Aranda s’associent aux palmas assurés par Huanares alors que Noemie Humanes qui assure les chœurs. Le guitariste a invité de nouveaux venus dans son équipe. Thomas Bramerie à la contrebasse, Alex Ouemba à la batterie et  Levon Minassian au duduk dont la présence constitue un atout indéniable.

Pour en savoir encore plus sur Juan Carmona, la consultation de son site s’impose.

Quand l’actualité des concerts rime avec celle des sorties discographiques le plaisir n’en est qu’augmenté. Ainsi on peut écouter Juan Carmona et son septet  le 25 octobre au New Morning pour le concert de sortie de l’album « Perla de Oriente ».

Gabriel Midon présente « Imaginary Stories »

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Le 15 mai 2020, le contrebassiste et compositeur Gabriel Midon présente « Imaginary Stories », un opus singulier où coexistent musique et poésie. Autour du leader, un groupe de jazz à géométrie variable et un quatuor à cordes dont les subtiles interventions élargissent la palette sonore de l’opus. Un véritable travail d’orfèvre préside à treize Histoires Imaginaires aux couleurs changeantes et aux contours contrastés. A savourer encore et encore !

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Hiromi en concert le 17 octobre à l’Auditorium de Lyon

Hiromi en concert le 17 octobre à l’Auditorium de Lyon

Entre tradition et modernité, l’étourdissante Hiromi

La pianiste Hiromi se produit le 17 octobre à l’Auditorium de Lyon dans le cadre d’une coproduction avec Jazz à Vienne et Rhino Jazz(s) Festival. Les réjouissances musicales seront ébouriffantes à n’en point douter.

300_hiromiCe concert avec « The Trio Project » conduit par Hiromi inaugure la saison « Jazz et Musiques du Monde 2016/17 » de l’Auditorium de Lyon présentée dans la chronique du 27 avril. La pianiste Hiromi (Hiromi Huehara) se produit en trio avec le bassiste Jimmy Johnson qui remplace Anthony Jackson précédemment annoncé. Nul doute que sur sa basse à 5 cordes, le bassiste de James Taylor conjuguera son talent à celui du batteur Simon Philips. Ce dernier puise quant à lui ses racines dans un rock plutôt swing. Avec de tels musiciens, on peut parier que l’énergie sera au rendez-vous sur scène.

Hiromi s’inscrit dans la lignée de ces jeunes pianistes virtuoses formées au Japon. On se rappelle le choc éprouvé à son écoute lors de sa première venue en 2003 dans le cadre du Rhino Jazz(s) Festival. Sa prestation au Festival Jazz à Vienne en 2011 avait ensuite tenu toutes ses promesses. On ne doute pas que les amateurs de jazz attendent avec impatience la venue de la pianiste le 17 octobre à 20h à l‘Auditorium de Lyon.

Cette enfant prodige du piano, formée dès 6 ans au sein de la fameuse Yamaha School of Music a  fréquenté ensuite le Berklee College of Music de Boston avant de se faire connaître en 2003 lorsqu’elle enregistre l’album « Another Mind » avec le soutien du grand Ahmad Jamal.hiromi En 2009 elle enregistre à Tokyo, le double CD live « Duet » avec Chick Corea. Elle devient ensuite une véritable coqueluche auprès des publics du Japon et d’ailleurs.

Son dixième opus « Spark » (Concord/Universal) sorti cette année montre une Hiromi toujours aussi phénoménale et débordante d’énergie. Ses influences sont multiples. D’Oscar Peterson à Ahmad Jamal, en passant par Bach et Liszt, avec des détours du côté de « Sly & The Family Stone » et King Crimson. Pour faire court, un jazz marqué de l’empreinte du rock et du classique.

Avec sa technique prodigieuse et sa virtuosité dopées par une audace étonnante, Hiromi donne rendez-vous à tous les amateurs de jazz le 17 octobre à 20h, à l’Auditorium de Lyon pour un concert qui mélange tradition et modernité.

Pour mieux se préparer à mieux vivre la soirée, un « propos d’avant-concert » est aussi proposé (entrée libre) à 19h dans le Bas-Atrium de l’Auditorium. Sans oublier un tour sur le site de la pianiste et une petite « mise en oreille vidéo » pour se motiver à ne pas rater ce concert

Gabriel Midon présente « Imaginary Stories »

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Le 15 mai 2020, le contrebassiste et compositeur Gabriel Midon présente « Imaginary Stories », un opus singulier où coexistent musique et poésie. Autour du leader, un groupe de jazz à géométrie variable et un quatuor à cordes dont les subtiles interventions élargissent la palette sonore de l’opus. Un véritable travail d’orfèvre préside à treize Histoires Imaginaires aux couleurs changeantes et aux contours contrastés. A savourer encore et encore !

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Answer Me par Keith Jarrett

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Vincent Peirani et Emile Parisien dévoilent Deus Xango

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Près de six ans après un premier album « Belle Époque » décoré de prestigieux prix internationaux, le duo constitué de Vincent Peirani et Emile Parisien revient avec son nouveau projet, « Abrazo ». Histoire de mettre l’eau à la bouche, le duo dévoile Deus Xango, un premier single pour patienter en attendant la sortie de l’album prévue pour le 28 août 2020.

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« Diwan of Beauty & Odd » de Dhafer Youssef

« Diwan of Beauty & Odd » de Dhafer Youssef

Étranges poèmes enluminés de Beauté

Après « Birds Requiem », Dhafer Youssef revient avec « Diwan of Beauty & Odd ». Union parfaite entre la musique soufi et le jazz d’aujourd’hui, cet album célèbre la beauté et l’étrange.

diwan-of-beauty-and-odd_couvDédié à Damas et entièrement enregistré dans le mythique studio de Sear Sound à New-York, l’album « Diwan of Beauty & Odd » (OKeh/Sony) sorti le 16 septembre, propose treize poèmes musicaux. Une plongée sonore dans un monde céleste où Dhafer Youssef invite un orchestre de jazz à sa mesure. A ses côtés, la fine fleur du jazz new-yorkais. Le pianiste Aaron Parks, le trompettiste Ambrose Akinmusire, le contrebassiste Ben Williams et le batteur Mark Guiliana. Il s’agit du premier album que l’artiste enregistre entièrement avec un groupe de musiciens américains.

L’alliage des influences orientales et du groove urbain, la coexistence de la tradition et de la modernité projettent à travers ce nouvel opus musical un message de paix.

Le chant lumineux de Dhafer Youssef génère une énergie positive qui suspend le temps. A l’écoute de « Diwan of Beauty & Odd » on flotte comme en apesanteur. On savoure les délices de l’étrange où même l’ombre s’éclaire de beauté.

dhafer-youssef-2_photoflavienprioreauCertes cet album est plus enraciné dans le jazz que « Birds Requiem » mais on retrouve les chants traditionnels soufis, ses mélodies aériennes et les envols saisissants de la voix de Dhafer Youssef. La brillance des performances vocales de l’artiste coexiste avec une forte portée émotionnelle.

Le trompettiste Ambrose Akinmusire pénètre et épouse l’univers du chanteur. C’est merveille de les écouter se répondre ou jouer à l’unisson. Le toucher délicat du pianiste Aaron Parks soutient et sublime l’élévation du chant. Leur communion sur le titre d’ouverture Fly Shadow Fly est saisissante. Même après l’entrée de la batterie et du oud, le piano brode encore de précieuses enluminures.

Dhafer Youssef transcende les genres et les frontières des mesures simples. Pour mieux camper l’étrange et magnifier la beauté il utilise les mesures impaires qui complexifient les structures et créent une tension palpable. La section rythmique épouse alors les mélodies et induit un groove organique dont Dhafer Youssef prétend qu’il incarne la vie. Cette pulsion insuffle son énergie à la voix qui élève sa prière vers des contrées célestes où désir et mélancolie irriguent la vie pour le meilleur et pour le pire.

Une profonde cohérence du répertoire fait apparaître l’album est comme un tout où chaque titre contribue à valoriser et à compléter l’autre. Certes chaque thème a son identité propre et on peut distinguer des moments où le battement ternaire du jazz prévaut sur l’atmosphère hypnotique du chant soufi comme par exemple Cheerful Meshuggah mais in fine, l’album est plus que la somme de tous ces titres pris séparément. Il vaut par son ensemble et s’impose comme un tout insécable.

Les illustrations du livret et celles de la couverture évoquent le monde de Francis Bacon et sa peinture où coexistent beauté et étrangeté. On a souri en lisant la dédicace que Dhafer Youssef fait figurer à la fin de son album. Il dédie « Diwan of Beauty & Odd » « à ceux qui ne l’écouteront pas et à ceux qui ne l’aimeront pas ». Dommage … on l’a écouté et on l’a aimé mais même s’il ne s’adresse pas directement à nous, on ne s’en séparera pas !

« Diwan of Beauty & Odd »,  une ode poétique et lumineuse à un monde pacifié dont le cœur battrait au rythme de la musique de Dhafer Youssef.

Gabriel Midon présente « Imaginary Stories »

Gabriel Midon présente « Imaginary Stories »

Le 15 mai 2020, le contrebassiste et compositeur Gabriel Midon présente « Imaginary Stories », un opus singulier où coexistent musique et poésie. Autour du leader, un groupe de jazz à géométrie variable et un quatuor à cordes dont les subtiles interventions élargissent la palette sonore de l’opus. Un véritable travail d’orfèvre préside à treize Histoires Imaginaires aux couleurs changeantes et aux contours contrastés. A savourer encore et encore !

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Answer Me par Keith Jarrett

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Vincent Peirani et Emile Parisien dévoilent Deus Xango

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B. Trotignon et M. Garay présentent « Chimichurri »

B. Trotignon et M. Garay présentent « Chimichurri »

« Chimichurri », entre nostalgie mélodique et frénésie percussive

Après cinq ans de collaboration sur les scènes, Baptiste Trotignon et Minino Garay annoncent la sortie de « Chimichurri », leur premier album en duo. Un voyage musical entre les univers des deux musiciens.

300_trotignon-garay_chimichurri_couv« Chimichurri », une instrumentation acoustique minimale, un piano et des percussions. « Chimichurri », deux musiciens prodigieux, le pianiste Baptiste Trotignon immergé dans la culture européenne et le percussionniste-batteur Minino Garay inscrit dans la tradition sud-américaine et le monde afro-américain.

Annoncé pour le 23 septembre 2016, l’album « Chimichurri » (OKeh/Sony) se promène à travers les univers musicaux des deux artistes et narre une histoire tressée entre Nord et Sud, entre « le son du bois et celui des peaux ».

« Chimichurri », un séduisant équilibre entre énergie et mélodie. Deux instrumentistes complices inventent une musique qui navigue entre nostalgie et frénésie. Un jazz brut aux saveurs épicées qui célèbre l’esprit de la fête mais n’oublie pas la poésie.

300_baptistetrotignonmininogaray_par_pontenpie_03Les deux musiciens jouent ensemble sur scène depuis 2011 et cet album est donc la suite logique de leur travail. Enregistré en mai 2015 à Buenos Aires, l’album « Chimichurri » est le premier du pianiste sous le label OKeh.

Tout au long des quinze titres du disque, énergie et nostalgie circulent, mélodie et percussion rivalisent et s’équilibrent. Il arrive que les touches du piano se fassent percussives alors que la mélodie se blottit sur les peaux des percussions. Comme si le fameux condiment sud-américain évoqué dans le titre de l’album, le piment Chimichurri, induisait un équilibre harmonieux entre tous les éléments qui fondent le disque. Très savamment organisé, le répertoire fait alterner les ambiances. Il propose quelques mélodies très populaires, deux standards du jazz et du tango ainsi que deux compositions de Baptiste Trotignon.

300_baptistetrotignonmininogaray_par_pontenpie_04 La Cumbiada de Gerardo Di Giusto et les deux célèbres tangos de Carlos Gardel, La Perigrinacion et Sus Ojos Se Cerraron émargent du côté de l’Argentine. C’est un climat afro-cubain tendu qui s’installe sur Vamos, la composition de Baptiste Trotignon, déjà enregistré par les deux artistes sur l’album du même nom enregistré par Minino Garay en 2015.

On retrouve avec plaisir l’univers de « West Side Story » de Leonard Bernstein évoqué à travers cinq titres. Maria, Tonight, I Feel Pretty, Somewhere sont irrigués d’une pulsation portoricaine à laquelle un jazz brut et organique « tire la bourre ». Les rythmes s’accélèrent, vibrent et finalement explosent en crescendo, à la fin du célèbre America.

Sur un tempo rapide, Baptiste Trotignon fait preuve d’une virtuosité extrême pour interpréter le Chorinho Pra Ele d’Hermeto Pascoal où l’on cherche sans le trouver le balanço brésilien. Côté du jazz c’est Monk et Parker qui sont honorés. Sur Trinckle Tinkel Baptiste Trotignon fait des clins d’œil à Fats Waller et à Errol Garner. Par ailleurs, il prend Passport sur un tempo d’enfer que Bud Powell n’aurait pas renié. Une douce légèreté plane sur Jenny Wren de Paul Mc Cartney alors que le climat de Fly, composé par le pianiste, se fait plus plus romantique.

Du dialogue entre le piano de Baptiste Trotignon et les percussions de Minino Garay émerge un album plein de contrastes. « Chimichurri » évolue entre une énergie presque brute qui frôle le chaos et de tendres mélodies où la poésie prend le dessus.

Gabriel Midon présente « Imaginary Stories »

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Le 15 mai 2020, le contrebassiste et compositeur Gabriel Midon présente « Imaginary Stories », un opus singulier où coexistent musique et poésie. Autour du leader, un groupe de jazz à géométrie variable et un quatuor à cordes dont les subtiles interventions élargissent la palette sonore de l’opus. Un véritable travail d’orfèvre préside à treize Histoires Imaginaires aux couleurs changeantes et aux contours contrastés. A savourer encore et encore !

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Answer Me par Keith Jarrett

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Vincent Peirani et Emile Parisien dévoilent Deus Xango

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Ambronay 2016 – Las Hermanas Caronni

Ambronay 2016 – Las Hermanas Caronni

« Las Hermanas Caronni », loin des musiques formatées

Samedi 17 septembre le duo des jumelles Caronni ouvre le cycle des « réjouissances sous le Chapiteau » que propose le Festival d’Ambronay. « Las Hermanas Caronni » offrent un concert hors des sentiers battus, comme une invitation au voyage.

« Las Hermanas Caronni » est un duo instrumental et vocal. Gianna au chant et aux clarinettes (clarinette et clarinette basse). Laura au chant « lead » et au violoncelle. Elles sont toutes les deux impliquées dans la composition des morceaux qu’elles interprètent. Avec trois albums à leur actif depuis leur venue en France dans les années 90, les sœurs font entendre une musique qui prend racine dans les traditions de leur pays natal, l’Argentine. A ce titre leur production s’inscrit dans ce qu’il est convenu de nommer « Musique du monde ». Pourtant leur identité musicale dépasse largement cette appellation.

En effet, immergées très jeunes dans la pratique de la musique baroque, « Las Hermanas Caronni » se sont aussi familiarisées avec la musique amérindienne et la pratique des percussions. De leur solide bagage musical classique acquis ensuite dans les conservatoires argentins et français (Lyon), les sœurs ont atteint une parfaite maîtrise instrumentale, Par ailleurs les deux artistes portent un intérêt certain pour le jazz et la liberté que l’improvisation procure. Di Donatto, Portal et Sclavis sont quelques-uns des clarinettistes de référence cités par Gianna.

Sur le chapiteau tombe la pluie. Sous le Chapiteau « Las Hermanas Caronni » installent une douce poésie empreinte de sérénité. L’élégance de leur musique triomphe des éléments naturels.

las-harmanas-caronni_ambronay-chapiteau_17092016_nvC’est en toute simplicité et vêtues de noir que les jumelles Caronni présentent leur duo et leur répertoire. Elles ont le souci de caractériser les influences de leur musique et donnent des repères au public d’Ambronay toujours curieux de découvrir les artistes présentés sous le Chapiteau. Parmi les treize titres inscrits au répertoire proposé, huit appartiennent à leur album « Navega Mundos » (Les Grands Fleuves/L’Autre Distribution) sorti en novembre 2015.

La tradition argentine imprègne le répertoire de « Las Hermanas Caronni ». Les musiques du Nord-Ouest de l’Argentine inspirent Cansino, un duo instrumental très calme, presque méditatif qui incite à prendre le temps. C’est du côté des traditions amérindiennes que les sœurs tirent leur inspiration pour le titre Esta cajita qui met en évidence la dimension percussive de ces musiques, l’une utilisant le corps du violoncelle et l’autre les « sabots de chèvre » pour marquer le tempo.

Les jumelles se réapproprient un tango de 1942, Yuyo Verde (« herbe folle »), dont elles donnent une version très libre.las-harmanas-caronni-3_ambronay-chapiteau_17092016_nv En effet, après une introduction instrumentale sensible elles s’évadent du cadre traditionnel du tango. Le murmure de la clarinette s’enroule autour de la mélodie nostalgique que chantent les cordes du violoncelle mais la passion reste sous-jacente. C’est La Chica del 17, un tango « vintage » que les sœurs interprètent en l’honneur à leur grand-mère qui leur a transmis le gout du chant. Laura entraîne son violoncelle dans une danse enlevée et sautillante. Avec Chamuya c‘est la milonga qu’explorent « Las Hermanas Caronni ». Ce titre plein d’humour figure sur leur deuxième album « Vuela ». Il s’agit d’une « milonga chinoise » écrite en souvenir de la période où elles croisent Juan Carlos Cáceres et jouent dans un orchestre de tango dans le quartier de Belleville à Paris. Le violoncelle lyrique laisse la parole à la clarinette basse très expressive qui ponctue son discours de citations de « La vie en rose » et de « Summertime ». La voix de Laura s’en mêle et installe une ambiance chinoise avant de reprendre des tonalités plus argentines.

La musique de « Las Hermanas Caronni » fait aussi des escapades du côté de la péninsule ibérique avec El Espagñol un morceau instrumental mélancolique d’inspiration espagnole. Les musiciennes font un clin d’œil à l’Andalousie avec leur reprise du titre des « Doors », Spanish Caravan. Pour pimenter le tout elles insèrent des bribes d’un morceau classique qu’elles donnent à découvrir au public. Il s’agit de « Tableaux d’une exposition » de Moussorgsky.

« Las Hermanas Caronni » saluent aussi la France avec une version très personnelle du morceau de Brassens, Je me suis fait tout petit. Leur pointe d’accent charmant accompagne leur interprétation de ce titre où la clarinette prend des accents klezmer et la voix de Laura se lance dans un scat très souple. Interrompues par les applaudissements du public abusé par la fin du scat, les sœurs ne se laissent pas déstabiliser et reprennent le morceau pour le terminer avec une fantaisie quelque peu dramatisée sur les cordes du violoncelle.

Avec émotion, les sœurs rappellent l’arrivée de leurs grands-parents suisses-italiens sur la terre argentine et interprètent Pachamama, « terre-mère » en leur mémoire. Les deux voix se superposent, puis la clarinette brode et esquisse un pas de tango.

Au-delà de toutes leurs influences musicales, « Las Hermanas Caronni » nourrissent leur répertoire de poésie et de douceur. On retient Macondo, composition écrite en hommage à l’écrivain colombien Gabriel Garcia Marquez qui a situé à Macondo l’intrigue de son roman « Cent ans de solitude ». Elles nous rappellent d’ailleurs que ce roman est toujours d’actualité et que le temps tourne en rond. On a aimé les vers de Rainer Maria Rilke chantés sur la version inspirée de La mélodie des Choses dont la musique est écrite par Laura Caronni.

Le public ne cache pas son enthousiasme pour la musique des jumelles Caronni qui reviennent avec Drume negrita, une berceuse traditionnelle cubaine. « Las Hermanas Caronni » invitent ensuite les spectateurs à les rejoindre pour un After au Bar du Festival.

laura-caronni_ambronay-after_170916_nvC’est gianna-caronni_ambronay-after_cl_17092016_nvdans un bar bondé que les musiciennes sont accueillies pour l’After. Après leur généreuse prestation, elles jouent le jeu et offrent un second concert qu’elles animent avec patience et pédagogie. Elles se présentent et n’hésitent pas à donner des précisions très éclairantes concernant leurs trajectoires personnelles et les musiques qu’elles interprètent. On découvre la chacarera, rythme argentin inspiré de l’époque de la colonisation et typique de leur région d’origine, vers Rosario dans la campagne du nord-est de l’Argentine. C’est ensuite l’histoire d’un homme qui parcourt la pampa et dont la seule compagnie est celle d’un essieu grinçant, … en quelque sorte une rencontre musicale entre Jean-Sébastien (Bach !) et Atahualpa Yupanqui. En fin de soirée, elles entraînent le public à chanter avec elles une valse créole qui conte l’histoire d’un cheval têtu et indomptable.

Après cette soirée teintée d’une nostalgie toute argentine, il vient la tentation de réécouter « Vuela » et « Navega Mundos »  pour se replonger dans l’univers de « Las Hermanas Caronni » que l’on quitte avec regret. Par contre on se console en apprenant que prochainement leur premier album, « Baguala de la siesta » (actuellement indisponible) va être pressé de nouveau.

Gabriel Midon présente « Imaginary Stories »

Gabriel Midon présente « Imaginary Stories »

Le 15 mai 2020, le contrebassiste et compositeur Gabriel Midon présente « Imaginary Stories », un opus singulier où coexistent musique et poésie. Autour du leader, un groupe de jazz à géométrie variable et un quatuor à cordes dont les subtiles interventions élargissent la palette sonore de l’opus. Un véritable travail d’orfèvre préside à treize Histoires Imaginaires aux couleurs changeantes et aux contours contrastés. A savourer encore et encore !

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Answer Me par Keith Jarrett

Answer Me par Keith Jarrett

Pour les 75 ans de Keith Jarrett, le label ECM dévoile le 8 mai 2020, un titre inédit du légendaire pianiste. Une version live de Answer Me, issu du prochain album solo de Keith Jarrett enregistré à Budapest. Un petit trésor !

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Vincent Peirani et Emile Parisien dévoilent Deus Xango

Vincent Peirani et Emile Parisien dévoilent Deus Xango

Près de six ans après un premier album « Belle Époque » décoré de prestigieux prix internationaux, le duo constitué de Vincent Peirani et Emile Parisien revient avec son nouveau projet, « Abrazo ». Histoire de mettre l’eau à la bouche, le duo dévoile Deus Xango, un premier single pour patienter en attendant la sortie de l’album prévue pour le 28 août 2020.

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Melingo, le tango du XXIème siècle

Melingo, le tango du XXIème siècle

« Anda », le tango blues halluciné de Melingo

Écouter « Anda », c’est comme visionner dix scènes d’un ciné-tango sonore peu conventionnel. C’est comme entrer dans un cabaret baroque où Melingo convoque Serge Gainsbourg, Erik Satie et d’autres fantômes felliniens qui peuplent le nouvel univers du chanteur.

200-220Melingo_couv Avec Anda » (World Village/Harmonia Mundi), le poète et clarinettiste argentin Daniel Melingo, inscrit définitivement le tango dans les musiques du XXIème siècle. L’album est conçu comme une bobine de ciné-tango, comme un road-movie sonore peuplé de voyous pittoresques et déjantés.

Avec Melingo, point question de tango conventionnel. Certes il nous avait déjà habitués à des univers singuliers avec « Corazón & Hueso » en 2011 puis avec « Linyera » en 2014. En 2016, Melingo poursuit son vagabondage musical avec dix titres d’une aventure picaresque qui régénère le tango. Au gré de ses inspirations, l’Argentin creuse ainsi le sillon d’un tango renouvelé. Un tango noir ambiancé à la Gardel teinté d’un surréalisme un peu sombre.

Tel un crooner bluesy le chanteur nous entraîne dans son nouvel univers. C’est avec plaisir qu’on retrouve la voix éraillée et rocailleuse de Melingo et de son opéra surréaliste en « tango-majeur ».

Se Vienne el Dos Mil, ouvre avec un son d’archive avec le pianiste et chef d’orchestre Osvaldo Pugliese (1905-1995), cet « ouvrier du tango » qui dialogue brièvement en 1987 avec Luis Alposta, le poète, dessinateur, peintre, essayiste, auteur de nombre des textes de Melingo. Ce court moment est suivi d’un long prologue instrumental au rythme étiré et à la mélodie lancinante qui flotte en totale liberté. Le ton est donné.320_Melingo©Nora-Lezano_MG

Les textes des deux titres suivants sont signés de Luis Alposta. D’abord A Lo Megata écrit en hommage au Japonais Tsunayoshi Megata qui diffusa le tango au Japon à partir de 1926 puis Igualito Que El Tango.

C’est ensuite un autre monde qui se profile. On découvre le soleil tropical en volant à travers les nuages pour finalement parvenir dans une forêt de Chine où tout explose. D’abord Sol tropical320_Melingo_©t_Nora-Lezano3, un tango alangui puis Volando Entre Las Nubes, titre instrumental inquiétant à l’ambiance western rocky. Enfin, le titre En Un Bosque De La China déjà évoqué dans l’article « Anda, le tango halluciné de Melingo ».

Melingo poursuit en parfait Intoxicated man qui dialogue avec le Gainsbourg de l’album « Du Jazz dans le ravin ». En musique on participe aux cauchemars du chanteur qui voit des « éléphants roses, des araignées sur le plastron d’un smoking, des chauves-souris au plafond du living-room ». Melingo se tourne ensuite vers Satie pour une Gnossienne instrumentale avant Espiral nostalgique en diable et enfin Anda qui termine l’album avec des ambiances aigres-douces.

Le tanguero Melingo travestit son personnage habituel mais que l’on ne s’y trompe pas, le tango demeure son cheval de bataille et est toujours le grand triomphateur. Un tango hors norme, un tango revigoré, un tango illuminé. Anda !

Gabriel Midon présente « Imaginary Stories »

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Le 15 mai 2020, le contrebassiste et compositeur Gabriel Midon présente « Imaginary Stories », un opus singulier où coexistent musique et poésie. Autour du leader, un groupe de jazz à géométrie variable et un quatuor à cordes dont les subtiles interventions élargissent la palette sonore de l’opus. Un véritable travail d’orfèvre préside à treize Histoires Imaginaires aux couleurs changeantes et aux contours contrastés. A savourer encore et encore !

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Pour les 75 ans de Keith Jarrett, le label ECM dévoile le 8 mai 2020, un titre inédit du légendaire pianiste. Une version live de Answer Me, issu du prochain album solo de Keith Jarrett enregistré à Budapest. Un petit trésor !

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Vincent Peirani et Emile Parisien dévoilent Deus Xango

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Près de six ans après un premier album « Belle Époque » décoré de prestigieux prix internationaux, le duo constitué de Vincent Peirani et Emile Parisien revient avec son nouveau projet, « Abrazo ». Histoire de mettre l’eau à la bouche, le duo dévoile Deus Xango, un premier single pour patienter en attendant la sortie de l’album prévue pour le 28 août 2020.

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Neil Cowley et l’album « Spacebound Apes »

Neil Cowley et l’album « Spacebound Apes »

« Spacebound Apes », un album sidéral et sidérant

Le pianiste anglais Neil Cowley revient avec « Spacebound Apes », un album-concept réalisé en studio sur son propre label. La bande son originale de l’histoire magique de Lincoln. Une promenade spatiale dans des atmosphères émotionnelles surprenantes.

300_NCTSpaceboundApes_couvdepuis longtemps Neil Cowley a fait sa place dans le monde de la musique. S’il a commencé par la musique classique, il a tôt fait de l’abandonner pour se tourner vers le rock puis le jazz. Ses talents de claviériste et de producteur sont appréciés de groupes avec lesquels il travaille (« The Brand New Heavies », « Zero 7 »). Après un essai en duo, il monte un groupe en trio avec le contrebassiste Richard Sadler et le batteur Evan Jenkins Ainsi est né le Neil Cowley Trio  qui flirte avec le jazz et le rock sans pour cela faire du jazz-rock. Le trio sort deux albums en trio, « Displaced » en 2007 puis « Loud…Louder…Stop » en 2008. « Radio Silence » paraît en 2010. En 2012, Rex Horan remplace Richard Sadler et la même année le nouveau Neil Cowley trio sort « The Face of Mount Molehill » puis « Touch and Flee » en 2014.300-72_NEILCOWLEYTRIO

Le jazz du trio est un jazz singulier qui n’est pas sans évoquer l’énergie du groupe « Bad Plus ». Le trio de Neil Cowley construit une musique dynamique qui émerge vraiment du collectif  et ne doit rien à la virtuosité. Le trio crée des ambiances et des textures aux allures changeantes. Il utilise des riffs répétitifs pour créer des tensions et des atmosphères qui ne cessent d’évoluer. Des rythmiques complexes sous-tendent des mélodies très simples habilement répétées. Sur l’album « Spacebound Apes », la musique du trio conserve ses caractéristiques singulières mais cette fois Neil CowleyRex Horan et Evan Jenkins mettent en scène la bande originale de l’histoire de Lincoln dont on peut lire le « journal ».

Au gré des plages de « Spacebound Apes » on ressent des accélérations et des décélérations. On vogue de planète en planète au gré de rythmes entêtants. On plane en apesanteur dans des galaxies inconnues dont le magnétisme bouleverse nos repères. Un voyage intergalactique qui décoiffe.

L’écoute du disque est en effet sidérante, on ne peut décrocher. On se laisse porter au fil de l’aventure musicale pour découvrir les couleurs des planètes sonores de l’album. Après le premier titre Weightless, on flotte quasiment en apesanteur comme suspendu en attente du titre suivant, Hubris Major au climat presque pop. L’atmosphère se tend jusqu’à devenir martiale dans Governance qui nous conduit aux portes de The City And The Stars où se déchaîne un rock pulsatile.

Après un paroxysme d’énergie adviennent les vibrations salvatrices de Grace …

A l’écoute du titre Echo Nebula on accède alors au monde des nébuleuses et on se sent de nouveau flotter. On plane dans une atmosphère aux couleurs irisées mais voilà qu’approchent de nouvelles planètes dont les dangers menacent. Regain d’énergie rock avec le titre The Sharks of Competition. Pour Lincoln le temps s’écoule mais il reste encore beaucoup à faire, Duty to The Last, pour accéder à l’amour dans un lieu privilégié et prometteur, Garden of Love. L’album touche à sa fin et le titre The return of Lincoln annonce le retour dans une galaxie plus apaisée. Le voyage intersidéral est terminé.

On dit d’un astéroïde qu’il peut bouleverser la vie d’une planète. Il n’est pas exclu que « Spacebound Apes », le nouvel album concept de Neil Cowley soit l’astéroïde qui explose le paysage du jazz en 2016.

« Spacebound Apes », un bon moyen pour changer de galaxie. Avec cet album magnétique et envoûtant on décolle et on découvre les confins d’un jazz décomplexé et débarrassé de ses discours habituels.

Gabriel Midon présente « Imaginary Stories »

Gabriel Midon présente « Imaginary Stories »

Le 15 mai 2020, le contrebassiste et compositeur Gabriel Midon présente « Imaginary Stories », un opus singulier où coexistent musique et poésie. Autour du leader, un groupe de jazz à géométrie variable et un quatuor à cordes dont les subtiles interventions élargissent la palette sonore de l’opus. Un véritable travail d’orfèvre préside à treize Histoires Imaginaires aux couleurs changeantes et aux contours contrastés. A savourer encore et encore !

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Answer Me par Keith Jarrett

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Pour les 75 ans de Keith Jarrett, le label ECM dévoile le 8 mai 2020, un titre inédit du légendaire pianiste. Une version live de Answer Me, issu du prochain album solo de Keith Jarrett enregistré à Budapest. Un petit trésor !

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Vincent Peirani et Emile Parisien dévoilent Deus Xango

Vincent Peirani et Emile Parisien dévoilent Deus Xango

Près de six ans après un premier album « Belle Époque » décoré de prestigieux prix internationaux, le duo constitué de Vincent Peirani et Emile Parisien revient avec son nouveau projet, « Abrazo ». Histoire de mettre l’eau à la bouche, le duo dévoile Deus Xango, un premier single pour patienter en attendant la sortie de l’album prévue pour le 28 août 2020.

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« Riddles » par Ray Lema et Laurent de Wilde

« Riddles » par Ray Lema et Laurent de Wilde

« Riddles », deux pianos, un album singulier.

Les deux pianistes Ray Lema et Laurent de Wilde, imaginent de jouer sur 2 pianos « le moins de notes possible et juste les bonnes ». Leur projet prend la forme d’un album, »Riddles », à paraître le 21 octobre.

riddles_couvEn fait, en envisageant de « jouer le moins de notes possibles et juste les bonnes » sur deux fois 88 touches de piano, les deux musiciens se sont vraiment attaqués à une énigme (riddles en anglais). En effet il est toujours tentant pour un pianiste de bavarder sur un clavier et cela s’aggrave lorsque deux pianistes se retrouvent face à face. Forts de leurs expériences passées, Ray Lema et Laurent de Wilde ont résolu l’équation et leur credo a pris la forme de l’album « Riddles » (Gazebo-One Drop/L’Autre Distribution). Dix pièces qui reflètent leur joie de jouer ensemble, une seule musique élaborée et jouée à deux pianos. 

« Riddles ». Des rythmes et des mélodies tricotées de mille couleurs imprévues. Un tour du monde qui fait se rencontrer les musiques des cinq continents.

Ray-Lema_Riddles_@alexjonasA 70 ans, Ray Lema a derrière lui une carrière éclatante et a ouvert sa culture Laurent-De-Wilde__Riddles_@alexjonascongolaise aux musiques du monde et au jazz. Preuve en est son dernier album « Headbug » au groove incandescent. Laurent de Wilde est quant à lui un pianiste touche-à-tout, un pied dans le jazz et l’autre sur les chemins de traverse. Il compose, écrit des livres et ne craint pas de se frotter au monde de l’électronique, du slam, du reggae et du théâtre. Ils ont en commun l’énergie et la capacité de transformer en succès tout ce qu’ils touchent.

Même s’ils se connaissent depuis 25 ans, les deux artistes ont dû pourtant beaucoup échanger pour créer un répertoire qui sous-tende leur projet. Pour y parvenir, les deux compositeurs se sont écoutés, se sont armés de patience et ont appris l’un de l’autre.

On les écoute parler du travail qui a présidé à l’élaboration de l’album « Riddles ».

OK8Riddles2@alexjonas L’enregistrement et le mixage parviennent à faire sonner deux pianos comme un seul et à raconter un voyage qui traverse le monde de la musique. Rythmes et chants se mêlent. Ils évoquent la forêt congolaise dans Too Many Keys, la Jamaïque dans The Wizard, les pays tropicaux et leurs arbres aux lianes magiques dans Liane et Banian. Quand le blues rencontre une mélodie du Sahel se dessine la musique de Cookie qu’on déguste avec délice comme le gâteau du même nom. Les deux idiomes se fondent en un nouveau langage.

La rythmique qui sous-tend le titre Riddles se réfère au dicton américain, « it takes two to tango ». Fondamentalement, en musique comme en danse, il convient de faire corps et de rester unis. Les deux pianistes y parviennent magistralement. Une comptine congolaise que chantait Ray Lema croise un rythme de la Nouvelle Orléans rapporté par Laurent de Wilde  pour enfanter Congo Rag à la pulsion sautillante. Une invitation à la danse.

On a particulièrement aimé le titre Fantani joué en souvenir de la chanteuse malienne Fantani Touré disparue en 2014. Les couleurs mandingues sont chantés par le piano de Laurent de Wilde …qui a déposé de la Patafix® sur les cordes. L’effet est saisissant, une kora résonne.

L’album « Riddles » s’achève avec un clin d’oeil à Prince disparu la semaine précédant l’enregistrement. Les deux pianistes ont enfourché Around The World in a Day pour un hommage de 4’36. Le titre s’inscrit d’ailleurs très bien dans la philosophie de leur projet qui embrasse toutes les cultures du monde.

Gabriel Midon présente « Imaginary Stories »

Gabriel Midon présente « Imaginary Stories »

Le 15 mai 2020, le contrebassiste et compositeur Gabriel Midon présente « Imaginary Stories », un opus singulier où coexistent musique et poésie. Autour du leader, un groupe de jazz à géométrie variable et un quatuor à cordes dont les subtiles interventions élargissent la palette sonore de l’opus. Un véritable travail d’orfèvre préside à treize Histoires Imaginaires aux couleurs changeantes et aux contours contrastés. A savourer encore et encore !

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Answer Me par Keith Jarrett

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Vincent Peirani et Emile Parisien dévoilent Deus Xango

Vincent Peirani et Emile Parisien dévoilent Deus Xango

Près de six ans après un premier album « Belle Époque » décoré de prestigieux prix internationaux, le duo constitué de Vincent Peirani et Emile Parisien revient avec son nouveau projet, « Abrazo ». Histoire de mettre l’eau à la bouche, le duo dévoile Deus Xango, un premier single pour patienter en attendant la sortie de l’album prévue pour le 28 août 2020.

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Madeleine Peyroux chante « Secular Hymns »

Madeleine Peyroux chante « Secular Hymns »

Les cantiques profanes et élégants de Madeleine Peyroux

Madeleine Peyroux revient avec l’album « Secular Hymns » où se fondent blues, gospel et jazz. Enregistrées dans les conditions du live, toutes les chansons traitent à leur manière de spiritualité. Dix titres où s’entrelacent sensibilité et sensualité.

C’est en 1996 qu’on découvre Madeleine Peyroux avec « Dreamland », son premier album aux accents bluesy. On aime le timbre de sa voix qui évoque celle de Billie Holiday. Il faut attendre 2004 pour l’écouter de nouveau dans « Careless love ». C’est ensuite en 2006 qu’elle sort « Half The Perfect World » puis en 2009 elle grave onze compositions originales sur « Bare Bones ». Avec le disque « Standing on The Roof Top » sorti en 2011, elle s’éloigne du format voix-guitare pour explorer de nouvelles sonorités et élargir sa palette musicale en compagnie de Marc Ribot et Meshell Ndegeocello. En 2013, on retrouve sa voix voilée sur « The Blue Room », un album très serein aux teintes à la fois jazz, country, blues et pop. En 2014, la chanteuse propose un album de compilations qui retrace ses vingt ans de carrière.

madeleinepeyroux_secularhymns_couv_hdVingt ans après son premier opus, Madeleine Peyroux poursuit son cheminement musical et revient le 16 septembre 2016 sur le prestigieux label Impulse! avec « Secular Hymns ». madeleinepeyroux-groupe_secularhymnsAccompagnée des deux musiciens qui sont à ses côtés en tournée depuis deux ans, le guitariste Jon Herington et le contrebassiste Barak Mori, la chanteuse a choisi d’enregistrer une sélection de chansons qu’elle envisage « comme des cantiques, des cantiques profanes, des chansons qui ont toutes une dimension très individuelle, personnelle et intime ».

Un concert donné dans la vielle église St Mary The Virgin, dans la campagne anglaise près d’Oxford, est le début de l’aventure. Sous le plafond de bois, la voix de la chanteuse sonne comme jamais. C’est donc après avoir rodé durant quelques mois leur répertoire que les musiciens et la chanteuse retournent trois jours dans l’église afin d’enregistrer ces « cantiques profanes ». Le résultat est une réussite.

« Secular Hymns », un album élégant où la voix de Madeleine Peyroux célèbre un blues sensible qui se promène entre folk, soul et gospel. Intimes et sensibles, les chansons sont empreintes d’une douce énergie où affleurent tendresse et mélancolie.

MadeleinePeyroux_photo_shervin_lainezMadeleine Peyroux promène sa voix dans le répertoire américain populaire. Avec grande tendresse elle se frotte au blues avec If the sea was whiskey de Willie Dixon et Hello Babe de Lilian « Lil » Green. Elle interprète avec une douce mélancolie le spiritual traditionnel Trampin et s’aventure avec bonheur sur les rives du folk de Townes Van Zandt et donne une version sensible du titre The Highway Kind.

Elle interprète le gospel Shout Sister Shout de la célèbre chanteuse Sister Rosette Tharpe sur un rythme très jazz. Les Alleluias souriants de la chanteuse ponctuent le tempo ralenti.

On aime la manière dont elle investit le Tango Till they’re Sore de Tom Waits. Son interprétation conserve la tonalité dramatique du titre original mais l’archer de la contrebasse et le guilele (ukulélé acoustique) apportent une tonalité un peu acidulée comme une teinte de légèreté.

La version que  Madeleine Peyroux donne du titre More Time est fort éloignée de l’ambiance reggae que le chanteur poète Linton Kwesi Johnson insuffle dans la version d’origine mais on y gagne en sensualité. La chanteuse interprète Hard Time Come Again No More avec beaucoup de recueillement et une grande sensibilité. Ce titre écrit en 1864, un peu avant la guerre de sécession par Stephen Foster, premier grand songwriter américain, est considéré comme un des grands classiques des folksongs.

On craque pour la version du titre d’Allen Toussaint Everything I Do Gonna Be Funky. Le tempo ralenti très soul sied à ce morceau popularisé par Lee Dorsey et James Brown. Tel un hymne, le morceau respire et s’élève, les pieds battent le rythme, les corps se balancent…

On ne se lasse pas d’écouter les dix chansons que Madeleine Peyroux a enregistrées sur ce huitième album. Dix hymnes délicats et sensibles à la puissance spirituelle certaine.

Gabriel Midon présente « Imaginary Stories »

Gabriel Midon présente « Imaginary Stories »

Le 15 mai 2020, le contrebassiste et compositeur Gabriel Midon présente « Imaginary Stories », un opus singulier où coexistent musique et poésie. Autour du leader, un groupe de jazz à géométrie variable et un quatuor à cordes dont les subtiles interventions élargissent la palette sonore de l’opus. Un véritable travail d’orfèvre préside à treize Histoires Imaginaires aux couleurs changeantes et aux contours contrastés. A savourer encore et encore !

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Answer Me par Keith Jarrett

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Vincent Peirani et Emile Parisien dévoilent Deus Xango

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Près de six ans après un premier album « Belle Époque » décoré de prestigieux prix internationaux, le duo constitué de Vincent Peirani et Emile Parisien revient avec son nouveau projet, « Abrazo ». Histoire de mettre l’eau à la bouche, le duo dévoile Deus Xango, un premier single pour patienter en attendant la sortie de l’album prévue pour le 28 août 2020.

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