« O.S.L.O » au Saint-Fons Jazz Festival

« O.S.L.O » au Saint-Fons Jazz Festival

« O.S.L.O. », du Jazz Ouvert, Solide, Libre & Orchestral

Le « Saint-Fons Jazz Festival » a terminé sa 18ème édition en beauté, avec la création du « Ouch! Synthesis Liberty Ørchestra ». Tous les accents du jazz se retrouvent et brossent un arc-en-ciel musical chevauché par les cinq musiciens du Label Ouch! Records.

Le 27 janvier en seconde partie de la soirée de clôture du « Saint-Fons Jazz Festival#18 » c’est « O.S.L.O » qui se présente sur scène avec Lionel Martin (saxophones ténor et soprano), Louis Sclavis (clarinette et clarinette basse), Mario Stanchev (piano), Damien Cluzel (guitare), Ramon Lopez (batterie).

Décidément, Lionel Martin, le créateur du Label Ouch! Records accumule les belles idées. D’abord, créer en 2016 un label exclusivement dédié aux vinyles avec aujourd’hui cinq albums à son catalogue dont le dernier « Madness Tenors-Be Jazz For Jazz » sorti le 27 janvier 2017. Ensuite rééditer un album épuisé de Louis Sclavis, le fameux « Ellington on the Air ». Enfin réunir une sorte de all-stars du label sous l’appellation « Ouch! Synthesis Liberty Ørchestra » et engager ce quintet de personnalités marquantes dans une création qui tenait du défi. En définitive on peut parler de réussite sur toute la ligne.

Indéniablement les musiciens « O.S.L.O » se connaissent et pour la plupart ont eu l’occasion de travailler ensemble mais les idiomes qu’ils explorent différent quelque peu. Par contre tous ces protagonistes sont impliqués dans la création musicale avec laquelle ils entretiennent une relation très forte. Esprits ouverts et curieux, créatifs et attentifs, ils œuvrent tous pour une musique libre et c’est bien là leur point commun.

Le concert débute avec Nobody’s Perfect, une composition de Mario Stanchev gravée sur le dernier album du label « Madness Tenors-Be Jazz For Jazz » et les musiciens font mentir le titre du thème. Ça tourne parfaitement, même si on sent les musiciens très concentrés. Pour le second morceau la musique regarde du côté de Louis Moreau Gottschalk, avec la Marche des Gibaros enregistré sur « Jazz Before Jazz ». le groupe a trouvé ses marques. Les écritures des thèmes diffèrent mais la texture musicale prend sa forme et sa couleur. L’interprétation du groupe se démarque de celle des albums.

Arrive alors la magnifique Suite proposée et écrite par Louis Sclavis. Inscrite dans l’esthétique très libre de ce musicien hors pair, le thème compte trois mouvements dont le second cultive particulièrement l’énergie. Dans la troisième partie de la suite, clarinette en si bémol et saxophone soprano devisent avec aisance et complicité, soutenus avec souplesse par la batterie dont Ramon Lopez use comme d’une percussion, faisant alterner des passages rythmiques et des moments empreints de douceur mélodiques. Il se saisit d’expressions des soufflants dont il capte l’essence et s’évade alors dans des improvisations qui semblent le combler de bonheur. Le concert est sous contrôle, plus de doute, « O.S.L.O » a trouvé son idiome.

Après ce voyage dans l’univers de la musique improvisée, Mario Stanchev entraîne « O.S.L.O » dans son monde avec son magnifique Portrait en deux couleurs, écrit comme un hommage à Duke Ellington et Billy Straihorn. Inspiré, il a capté la quintessence et les couleurs de ces deux maîtres du piano et de la composition. Porté par le groupe, il donne alors à entendre son expressivité la plus sensible sur ce clavier qu’il utilise comme un pinceau pour dessiner un moment d’intense émotion où le silence respire.

Après cette escale romantique, le voyage continue dans les univers musicaux et voici venir les couleurs familières du groupe uKanDanZ de Lionel Martin et Damien Cluzel. Là encore, même si l’on reconnaît Awo, le thème écrit par Lionel Martin, une fois encore la musique se dépayse. Elle quitte les sentiers incandescents foulés par uKanDanZ tout en respectant l’esprit de l’écriture originale et le thème se transfigure.

Damien Cluzel arpente la scène comme chaussé d’escarpins et parcours son manche tout en retenue. Pourtant il conserve ce groove qui est sa marque de fabrique mais insuffle une tonalité plus blues que rock. On pense à Marc Ribot. Au saxophone ténor, Lionel Martin maîtrise son énergie et donne à entendre une sonorité, des inflexions et des attaques qui ne sont pas sans évoquer celles d’un certain Rollins des années 60. L’entente des deux compères reste entière.

« O.S.L.O » termine le concert avec un thème de Mario Stanchev, Hymne, comme un hymne à la liberté qu’on aurait envie de baptiser Ouch! Hymn. Le public conquis en redemande et les musiciens reviennent interpréter Sema, un titre emblématique du répertoire d’uKanDanZ. La solide trame orchestrale fait circuler l’énergie et le voyage musical se termine en beauté.

Avant de quitter le scène Louis Sclavis affirme encore une fois son engagement pour une musique libre de toute entrave. Il réfute les assertions des décideurs qui font passer l’art sous les fourches caudines de l’économie et de la politique.

Au service de la musique le groupe « O.S.L.O. » a trouvé son identité. Tour à tour, chaque musicien occupe l’espace sans jamais le monopoliser. Clarinettes et saxophones s’expriment en totale complémentarité. Piano et guitares unissent leurs cordes. La batterie-percussion capte tour à tour les échos de chaque instruments et comme un sampler les utilise pour construire ses mélodies rythmiques. Le groupe « O.S.L.O. » synthétise de nombreuses facettes du jazz et construit le sien dont les couleurs arc-en-ciel émerveillent.

On ne peut que se féliciter d’avoir assisté à la naissance d’une identité musicale singulière, celle du groupe « O.S.L.O ». Du coup on se prend à espérer d’écouter prochainement son jazz Ouvert, Libre, Solide & Orchestral.

Charles Tolliver est de retour avec « Connect »

Charles Tolliver est de retour avec « Connect »

Le trompettiste Charles Tolliver est de retour avec « Connect » sur le label londonien indépendant Gearbox Records. Après un long silence discographique, le leader signe un album studio enregistré avec les très expérimentés new-yorkais Jesse Davis, Keith Brown, Buster Williams et Lenny White et la participation du britannique Binker Golding. Un opus énergique et ciselé. Quatre titres qui fleurent bon le hard-bop.

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Avec « Trickster », Peter Rosendal signe un album inspiré

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Une des meilleures surprises de cet été 2020 réside en l’écoute de « Trickster ». En effet, il fait bon se délecter à l’écoute de cet album qui surprend autant qu’il enchante. Il transporte dans des contrées musicales stimulantes et imaginatives. Pour ce faire, le pianiste danois Peter Rosendal a associé le Big Band The Orchestra au groupe folk Trio Mio pour lesquels il a composé et arrangé un répertoire de neuf titres qui évoluent entre folk et jazz. Au-delà de sa richesse, la musique fascine par son imagination, sa fantaisie mais aussi par une mise en place précise et éclatante.

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Sortie estivales 2020 chez Blue Note

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Les sorties estivales 2020 du label Blue Note affichent des tonalités musicales fort différentes. « Mr. Roscoe (consider the simultaneous) » du trompettiste Ambrose Akinmusire, « FMaj Pixie » du trio GoGo Penguin et « Pick me up off the Floor » de Norah Jones. Ces trois albums. constituent l’occasion idéale pour se familiariser avec trois idiomes qui témoignent de la diversité et de la richesse du jazz actuel.

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« A tribute to Fela Kuti & his Shining Fearlessness » au Musée des Confluences

« A tribute to Fela Kuti & his Shining Fearlessness » au Musée des Confluences

Fela Kuti, le roi de l’Afrobeat, inspirateur des arts

Il y a 20 ans Fela Kuti rejoint le firmament des stars. Le 11 février 2017 à 20h30, le Musée des Confluences l’honore avec « A tribute to Fela Kuti & his Shining Fearlessness », un concert-hommage à Fela mené par le batteur Sangoma Everett… et d’autres évènements à découvrir.

L’Afrique et ses fils n’ont pas fini d’inspirer les arts. Peinture, écriture, musique, danse, cinéma. Le Musée des Confluences explore ces trois derniers axes et ouvre son cycle des « Vibrations du Monde » en célébrant la mémoire de Fela Kuti.

Né en 1938 au Nigéria, Fela Anikulapo Kuti, plus connu sous le nom de Fela Kuti, est devenu dans les années 70 un véritable héros du peuple africain. Nourri de la pensée des Black Panthers, Fela, tel un fils spirituel de Malcolm X a dénoncé le système politique, le capitalisme, la dictature et la corruption régnant dans son pays. Tel un guerrier, le « Black President » a été humilié, torturé, battu, emprisonné mais sa musique a enflammé le cœur de son pays et fait battre celui de l’Afrique tout entière.

Fela a résisté et a mené son combat avec comme seule arme, sa musique, l’Afrobeat. Ce style, il l’a forgé avec à ses côtés, le batteur Tony Allen. L’afrobeat, c’est un cocktail musical incandescent qui mêle les musiques traditionnelles d’Afrique de l’ouest avec le jazz, la soul et la funk music. Fela dénonce et conduit sa lutte avec rage dans des chansons d’abord écrites en yoruba puis en pidgin, le créole anglais des faubourgs de Lagos.

Ses fils, Femi et Seun, ont repris le flambeau et partout dans le monde Fela n’en finit pas d’inspirer d’autres artistes.

Au Musée des Confluences, trois temps pour cet hommage à la star de Lagos. La résidence et le concert de Sangoma Everett, « A tribute to Fela Kuti & his Shining Fearlessness », la projection de « Finding Fela », un documentaire de 2015 autour de la vie de Fela et la résidence du danseur Serge Aimé Coulibaly avec la création du spectacle « Kalakuta Republic ».

  • Relecture de l’œuvre de Fela, le concert « A tribute to Fela Kuti & his Shining Fearlessness » se déroule le 11 février à 20h30 dans le Grand Auditorium du Musée des Confluences. Présenté avec le soutien de Jazz à Vienne, il est la résultante de la résidence menée par la batteur Sangoma Everett dès le 06 février au Musée des Confluences.

Pour ce « Tribute to Fela Kuti & His Shining Fearlessness », Sangoma Everett dont le prénom en zoulou signifie devin et guérisseur, s’est entouré d’un tentet de dix musiciens talentueux. Le chanteur Sahr Ngaujah, interprète émérite du rôle de Fela Kuti dans « Fela! », la comédie produite à Broadway en 2008. Représentant de premier plan de la scène de l’afrobeat, le claviériste Dele Sosimi a  joué dans le groupe Egypt ’80 fondé par Fela et collabore avec les fils de ce dernier.

Le saxophoniste Ganesh Geymeier au discours riche et mature. Le trompettiste Alain Vankenhove connu pour ses collaborations avec les plus grands du jazz. Le bassiste sénégalais Mamadou Ba aujourd’hui directeur de l’Orchestre Harry Bellafonte à New-York. Le percussionniste Edmundo Carneiro. L’harmoniciste Olivier Ker Ourio. Le jeune pianiste Bastien Brison membre du « Sangoma Everett Trio ». Sangoma Everett a par ailleurs choisi de collaborer avec le jeune et talentueux arrangeur Philippe Maniez.

  • Dans ce même Grand Auditorium est projeté « Finding Fela » le jeudi 09 février à 19h30 (entrée libre). Ce film documentaire d’Alex Gibney rend un bel hommage à Fela Kuti à travers des archives historiques, politiques et culturelles, de nombreux témoignages et des extraits de la comédie musicale « Fela! ».

La projection sera suivie d’une discussion avec Sangoma Everett, le chanteur Sahr Ngaujah et Robert Lapassade que l’on sait fin connaisseur de l’Afrobeat.

  • Du 31 janvier au 05 février, le Musée des Confluences accueille le danseur chorégraphe Serge Aimé Coulibaly pour la création de son spectacle « Kalakuta Republic » inspiré de la vie de Fela Kuti.

Du 31 janvier au 05 février, les visiteurs du musée peuvent assister, de 14h à 18h,  au processus de création de cette pièce haute en couleur dans le studio de l’exposition « Corps rebelles ». Cette création est présentée ensuite les 10 et 11 mars à la Maison de la Danse.

Pour en savoir plus sur l’ensemble de ces spectacles, rien de mieux qu’une visite sur le site du Musée des Confluences.

Charles Tolliver est de retour avec « Connect »

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Le trompettiste Charles Tolliver est de retour avec « Connect » sur le label londonien indépendant Gearbox Records. Après un long silence discographique, le leader signe un album studio enregistré avec les très expérimentés new-yorkais Jesse Davis, Keith Brown, Buster Williams et Lenny White et la participation du britannique Binker Golding. Un opus énergique et ciselé. Quatre titres qui fleurent bon le hard-bop.

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Avec « Trickster », Peter Rosendal signe un album inspiré

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Une des meilleures surprises de cet été 2020 réside en l’écoute de « Trickster ». En effet, il fait bon se délecter à l’écoute de cet album qui surprend autant qu’il enchante. Il transporte dans des contrées musicales stimulantes et imaginatives. Pour ce faire, le pianiste danois Peter Rosendal a associé le Big Band The Orchestra au groupe folk Trio Mio pour lesquels il a composé et arrangé un répertoire de neuf titres qui évoluent entre folk et jazz. Au-delà de sa richesse, la musique fascine par son imagination, sa fantaisie mais aussi par une mise en place précise et éclatante.

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Sortie estivales 2020 chez Blue Note

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Les sorties estivales 2020 du label Blue Note affichent des tonalités musicales fort différentes. « Mr. Roscoe (consider the simultaneous) » du trompettiste Ambrose Akinmusire, « FMaj Pixie » du trio GoGo Penguin et « Pick me up off the Floor » de Norah Jones. Ces trois albums. constituent l’occasion idéale pour se familiariser avec trois idiomes qui témoignent de la diversité et de la richesse du jazz actuel.

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Théâtre de Vienne – Basel Rajoub

Théâtre de Vienne – Basel Rajoub

La musique hypnotique et lumineuse de Basel Rajoub

Le saxophoniste Basel Rajoub est programmé le 16 février au Théâtre de Vienne dans le cadre de la « Saison 2016/17 Jazz à Vienne ». Irrigué de la tradition moyen-orientale le propos du saxophoniste emprunte au jazz la liberté des improvisations. Une musique bouleversante à découvrir absolument.

Le 13 mai 2016, le troisième album de Basel Rajoub, « The Queen of Turquoise » (Jazz Village/Harmonia Mundi) a reçu un accueil unanime et chaleureux. Ce projet s’inscrit dans le Soriana Project, un corpus d’œuvres musicales que le saxophoniste compose. Basel Rajoub conçoit ce projet en hommage à sa Syrie natale. (Soriana signifie notre Syrie). « The Queen of Turquoise » est la traduction littérale du nom de l’épouse du compositeur, Malika, la reine, Fairouz, la turquoise.

Né à Alep, Basel Rajoub vit aujourd’hui en Suisse. Il met à profit la parfaite connaissance de son héritage culturel pour intégrer les rythmes et les modes des traditions moyen-orientales et intègre la modernité du jazz dans son discours.

Les saxophones côtoient les instruments orientaux. Il en ressort une musique lumineuse et aérienne qui convoque le silence mais le rompt avec magie pour développer des échappées rythmiques absolument captivantes. S’il s’agit de musique de monde, il ne s’agit pas de fusion entre la musique moyen-orientale et le jazz. L’écriture sobre, lyrique et intelligente ménage un équilibre remarquable entre les idiomes traditionnels et la modernité du jazz.

Le 16 février 2017 à 20h30 Basel Rajoub est annoncé en quartet sur la scène du Théâtre de Vienne. Si le leader embouche saxophones ténor et soprano, on espère aussi l’écouter au duclar, cet instrument traditionnel en bois qui ne possède qu’une octave. Il est accompagné de la chanteuse Lynn Adib, du joueur de qânun Feras Charestan soliste virtuose du Qatar Philharmonic Orchestra et du Syrian National Symphony Orchestra, du percussionniste Andrea Piccioni habitué à jouer avec les plus grands musiciens de par le monde (Bobby Mc Ferrin, Paul McCandless, Gianluigi Trovesi, Luciano Biondin, …).

Lumineuse et mélancolique, la musique de Basel Rajoub devrait combler les amateurs de musiques ouvertes sur les altérités et sur la modernité.

Charles Tolliver est de retour avec « Connect »

Charles Tolliver est de retour avec « Connect »

Le trompettiste Charles Tolliver est de retour avec « Connect » sur le label londonien indépendant Gearbox Records. Après un long silence discographique, le leader signe un album studio enregistré avec les très expérimentés new-yorkais Jesse Davis, Keith Brown, Buster Williams et Lenny White et la participation du britannique Binker Golding. Un opus énergique et ciselé. Quatre titres qui fleurent bon le hard-bop.

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Avec « Trickster », Peter Rosendal signe un album inspiré

Avec « Trickster », Peter Rosendal signe un album inspiré

Une des meilleures surprises de cet été 2020 réside en l’écoute de « Trickster ». En effet, il fait bon se délecter à l’écoute de cet album qui surprend autant qu’il enchante. Il transporte dans des contrées musicales stimulantes et imaginatives. Pour ce faire, le pianiste danois Peter Rosendal a associé le Big Band The Orchestra au groupe folk Trio Mio pour lesquels il a composé et arrangé un répertoire de neuf titres qui évoluent entre folk et jazz. Au-delà de sa richesse, la musique fascine par son imagination, sa fantaisie mais aussi par une mise en place précise et éclatante.

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Sortie estivales 2020 chez Blue Note

Sortie estivales 2020 chez Blue Note

Les sorties estivales 2020 du label Blue Note affichent des tonalités musicales fort différentes. « Mr. Roscoe (consider the simultaneous) » du trompettiste Ambrose Akinmusire, « FMaj Pixie » du trio GoGo Penguin et « Pick me up off the Floor » de Norah Jones. Ces trois albums. constituent l’occasion idéale pour se familiariser avec trois idiomes qui témoignent de la diversité et de la richesse du jazz actuel.

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« La vie devant soi » par Renaud Garcia-Fons

« La vie devant soi » par Renaud Garcia-Fons

Une carte postale musicale et poétique de Paris

Loin des rivages méditerranéens, Renaud Garcia-Fons déambule dans Paris. Son dernier album, « La vie devant soi » célèbre la cité cosmopolite aux ambiances contrastées. Entre nostalgie et jubilation, mélodies et rythmes sculptent la musique de la vie.

Avec son nouvel album « La vie devant soi », le contrebassiste Renaud Garcia-Fons prend de la distance avec ses opus précédents. Il s’éloigne de ses racines catalanes et de ces mondes qu’il a explorés avec tant de brio, l’Espagne, la Méditerranée, l’Inde, l’Orient, l’Afrique… Il vient arpenter le pavé de la cité parisienne. Un beau prétexte pour dresser le portrait de son Paris imaginaire, entre hier et aujourd’hui. Un Paris universel où les musiques comme la vie sont faites de rencontres… d’où le clin d’oeil au titre du livre d’Ajar/Gary.

Né au pied de la Butte Montmartre, Renaud Garcia-Fons conduit sa musique dans les climats qui alimentent sa créativité. Dans son écriture, affleurent toutes les musiques qui ont fait Paris, toutes celles qui ont croisé sa vie. Si Debussy, Ravel et Satie alimentent un Paris poétique et rêveur, les chansons d’après-guerre et la musette contribuent à évoquer un Paris nostalgique et gouailleur..

Pour ce nouveau projet, Renaud Garcia-Fons s’entoure de deux complices rompus comme lui à tous les styles. Virtuose autant que poète, l’accordéoniste David Venitucci est un coloriste d’ambiance. Poète subtil et sensible, il maîtrise l’improvisation et tous les registres de son instrument. Le multi-instrumentiste Stephan Caracci passe quant à lui avec aisance du vibraphone à la batterie sur laquelle il utilise uniquement les balais. Son jeu nuancé se prête à tous les contrastes. L’ouverture d’esprit des deux instrumentistes leur permet d’intégrer le nouveau monde musical du contrebassiste.

Décidément toujours inspiré, Renaud Garcia-Fons joue des cinq cordes de son instrument avec autant de virtuosité que de sensibilité. Dans « La vie devant soi », ses compositions sont autant de clins d’oeil à ces grandes figures qui ont fondé le Paris artistique, Prévert, Doisneau, Sempé, Goscinny, Michel Simon, Georges Brassens. Tout au long des onze plages de l’album, on arpente avec lui le pavé de la cité parisienne. Écouter le disque c’est un peu comme assister à la projection d’un film dont les scènes content les paysages, les habitants et la vie d’un Paris plein d’émotions et de mouvements.

Avec Monsieur Taxi et dans Les rues vagabondes, on déambule dans le Paris trépidant d’aujourd’hui dont on sent battre le cœur. Porté par la musique, on gravit Montmartre en courant jusqu’à l’essoufflement. On ne sait plus qui a crié Je prendrai le métro ! mais pour attraper les rames dont les musiciens nous font entendre le ballet incessant, on s’engouffre ensuite dans les escaliers et couloirs du métro au plus vite.

Ressorti à l’air libre, on se promène Le long de la Seine et de ses quais comme aspiré par une nostalgie lascive. Le vibraphone dessine les dernières gouttes d’une averse de printemps et l’on ressent le désir de sortir dans les ruelles et d’explorer les parcs Après la pluie.

La vie devant soi résonne des accents d’une contrebasse qui se promène sur les terres méditerranéennes de Momo et de de Madame Rosa (les héros du roman éponyme d’Emile Ajar/Romain Gary). Comme le livre, la trame narrative de ce thème hésite entre nostalgie et espoir, entre valse et mélopée bluesy.

Ensuite, comme dans un film en noir et blanc, la musique projette aussi une vision d’antan, Les écoliers  qui sortent en courant des salles de classe pour traverser la cour de récréation et dévalent en bandes dans les rues où ils flânent en sautillant.

L’album se termine avec une magnifique complainte, Elégie de Novembre. Empreints d’une gravité recueillie, les trois instruments unissent leurs chants d’où émerge le souvenir d’un certain mois de novembre … en 2015. L’émotion affleure mais un trait d’espoir s’élève et conclut le thème, comme si, après le pire, la vie reprenait le dessus. La boucle est bouclée…  et s’ouvre La vie devant soi.

« La vie devant soi ». Une musique chambriste à l’accent parisien. L’album conjugue un groove enjoué et jubilatoire avec des atmosphères nostalgiques et poétiques. La partition célèbre les différences et les réunit pour colorer une carte postale Paris musical aux accents universels.

Renaud Garcia Fons présentera le projet « La vie devant soi » en trio le 14 mars à 20h à l’Européen, à Paris. Pour en savoir plus sur l’artiste et découvrir l’ensemble des dates de concerts de ce répertoire (et pourquoi pas les autres projets aussi), une visite sur le site de Renaud Garcia-Fons s’impose.
Charles Tolliver est de retour avec « Connect »

Charles Tolliver est de retour avec « Connect »

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Avec « Trickster », Peter Rosendal signe un album inspiré

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Sortie estivales 2020 chez Blue Note

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Auditorium Lyon – Projet « Jazz 100 »

Le projet « Jazz 100 » fête le Jazz et ses stars nées en 1917 !

Le projet « Jazz 100 », mené par le pianiste Danilo Perez se produit le 05 février à l’Auditorium de Lyon dans le cadre des « concerts jazz » organisés en coproduction avec Jazz à Vienne. Un all-stars cinq étoiles pour un hommage à quatre figures du jazz nées en 1917, Monk, Ella, Mongo et Dizzy. C’est la fête du Jazz !

1917. Année du premier enregistrement de jazz par « The Original Dixieland Jazz Band ». C’est aussi l’année de naissance de quatre icônes du jazz.

La chanteuse Ella Fitzgerald, le percussionniste Ramón « Mongo » Santamaria, le pianiste Thelonious « Sphere » Monk et le trompettiste « Dizzy » Gillespie. Si l’on peut dire que ces deux derniers ont contribué grandement à la fondation du courant be-bop, Ella Fitzgerald est reconnue comme une des chanteuses les plus emblématiques du jazz, celle dont les scats ont marqué l’art du jazz. Quant à  Mongo Santamaria, il a au même titre que Dizzy, participé à la naissance du jazz afro-cubain. Tous ont œuvré à l’évolution du jazz vers la modernité et à son ouverture vers les musiques latines.

Organisé en coproduction par l’Auditorium de Lyon et Jazz à Vienne et aussi en partenariat avec le Saint-Fons Jazz Festival, le projet « Jazz 100 » célèbre le centième anniversaire de la naissance de ces quatre stars du jazz. C’est d’ailleurs, l’ancien pianiste de Dizzy Gillespie, Danilo Pérez, qui est le directeur musical de ce projet. Autour de lui il a rassemblé un ensemble d’artistes de jazz, virtuoses, leaders de groupes et compositeurs pour rendre hommage à ces figures intemporelles de l’histoire du jazz que sont Monk, Ella, Mongo & Dizzy.

Le projet « Jazz 100″ est construit autour du trio de Danilo Perez, c’est à dire, lui au piano, Ben Street à la contrebasse et Adam Cruz à la batterie. La trompette est tenue par Avishai Cohen, le saxophone ténor par Chris Potter. La partie vocale est assurée par la chanteuse Robin McKelle dont la voix fut souvent comparée à ses débuts à celle d’Ella. Les percussions sont confiées à Roman Diaz, une figure notoire de la scène jazz d’avant-garde et de la musique afro-cubaine.

Une telle affiche est vraiment alléchante et on peut espérer écouter le grand standard Afro Blue composé par Mongo Santamaria. Sans doute les musiciens vont-ils aussi interpréter quelques unes des compositions de Dizzy, de celles qui ont participé à faire connaître et à intégrer la musique afro-cubaine dans le jazz comme par exemple le célèbre Manteca et le non moins connu Cubana-Be, Cubana-bop. On peut aussi gager que, Round Midnight, le standard archi-connu de Monk sera de la partie. Et bien d’autres thème qui seront arrangés par Danilo Perez, Chris Potter, Ben Street ou Avishai Cohen ou d’utres.

En tout cas on peut espérer un concert de qualité qui permettra à nombre de spectateurs de se (re)tremper dans ce qu’on peut nommer le jazz « classique ». On se réjouit d’avance de pouvoir savourer live les échos de ces musiques que l’on écoute encore avec grand intérêt et une certaine nostalgie sur les vinyles qui craquent.

Précédé d’un « propos d’avant concert » animé à 15h dans le Bas-Atrium par Jean-Paul Boutellier, le concert « Jazz 100 » débute à 16h le dimanche 05 février. Lorsque de grands interprètes s’attachent à les faire vivre sur les scènes du XXIème siècle, les fondamentaux du jazz ont encore de beaux jours devant eux

 

Charles Tolliver est de retour avec « Connect »

Charles Tolliver est de retour avec « Connect »

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Avec « Trickster », Peter Rosendal signe un album inspiré

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Sortie estivales 2020 chez Blue Note

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Alexis Avakian présente l’album « Hi Dream »

Alexis Avakian présente l’album « Hi Dream »

Un jazz de rêve (mé)tissé avec lyrisme et élégance

Le saxophoniste Alexis Avakian revient avec « Hi Dream ». Cet album très personnel gravé en quintet restitue les influences musicales du leader. Un jazz solide et lyrique métissé de subtiles influences arméniennes. Un répertoire sensible à l’esthétique élégante.

Pour l’album « Hi Dream » (Paris Jazz Underground/Absilone/Socadisc) sorti le 06 janvier 2017, Alexis Avakian a réuni l’équipe de son premier disque « Digging Chami ». Autour de lui on retrouve le pianiste Ludovic Allainmat, le contrebassiste Mauro Gargano, le batteur Fabrice Moreau et le doudoukiste Artyom Minasyan dont les accents timbrent de nostalgie les ambiances de quatre titres. On découvre ici le leader à la flûte et à la guitare. Fidèle au label du collectif Paris Jazz Underground, Alexis Avakian affirme une identité perceptible dans l’écriture et dans le son propre au groupe.

On pourrait traduire le titre du disque « Hi Dream » par Salut, Rêve … le rêve d’un enfant qui souhaite depuis toujours devenir musicien. Par ailleurs puisque « Hay » signifie arménien en arménien, ne pourrait-on pas aussi entendre qu’il s’agit d’un… Rêve Arménien. Il est vrai que ces deux sens conviennent autant l’un que l’autre. Libre à chacun de choisir mais en tout cas, la trame narrative et la substance musicale de l’album incitent vraiment au rêve. Hi Dream…!

« Hi Dream ». Onze titres pour un projet à l’esthétique raffinée. L’album fait alterner des ballades très fluides et lyriques, des morceaux plus tempétueux aux rythmiques toniques, des atmosphères très jazz et des ambiances plus influencées par la tradition musicale arménienne.

Pour « Hi Dream » le saxophoniste a peaufiné dix compositions originales et arrangé un thème traditionnel. La mère d’Alexis Avakian, joueuse de qanûn, lui a transmis la richesse culturelle arménienne. D’ailleurs certains titres de l’album témoignent avec sensibilité de cet héritage et l’on ressent en même temps la nostalgie et l’espérance de l’âme arménienne

On a rêvé sur Noubar, thème traditionnel arménien où Alexis Avakian embouche flûte et saxophone pour dialoguer avec le doudouk. On a vibré à l’écoute Boulevard des grands pins, dédié à la grand-mère du saxophoniste. Le titre évoque l’histoire de ce quartier de Marseille devenu une vraie « Petite Arménie ». De la même manière, Alexis Avakian fait un clin d’oeil à Glendale, la cité californienne qui compte une des plus grandes communautés arméniennes des USA mais le découpage rythmique très particulier sonne là plus franchement jazz, avec quelques sons de guitare que le saxophoniste pose à dessein.

Mais « Hi Dream » baigne aussi sa trame dans le jazz, un jazz plein de nuances où les musiciens peuvent laisser libre cours à leur inventivité et explorer des territoires variés. Per Gonzo rend compte de l’influence que, Jerry Bergonzi, le grand saxophoniste a exercée sur Alexis Avakian.

D’autres compositions rendent hommage à des personnes chères au saxophoniste. Ainsi l’album ouvre avec Adieu mon Drôle dédié à un peintre amoureux du jazz. On est ému par les chants du saxophone et du doudouk qui s’enroulent et dessinent un paysage mélancolique mais serein. Agnès, morceau délicat et pointilliste est dédié à celle qui soutient les projets du saxophoniste depuis 16 ans. Chalût Calvi fait aussi un clin d’oeil au directeur du Festival de Calvi, René Caumer très impliqué dans les projets du saxophoniste.

On frisonne à l’écoute de Minor Mood et son climat onirique et recueilli. On apprécie la délicatesse de Lullaby, murmurée uniquement par les souffles des saxophones, doudouk et flûtes qui mêlent leurs timbres avec élégance. Une berceuse dont la poésie éthérée met un point final à l’album.

En fait, on laisse tourner l’album en boucle et à chaque nouvelle écoute on découvrir de nouvelles nuances, de nouveaux accents, ….

Loin des étalages techniques exubérants, les musiciens mettent leur virtuosité et leur lyrisme au service d’une écriture moderne et subtile. Servi par des interprètes sensibles, « Hi Dream », un jazz métissé qui coule avec légèreté et dessine les contours d’un univers onirique et raffiné.

Pour apprécier en live la musique de l’album « Hi Dream »… Rendez-Vous à Paris, au Sunset, le 02 février pour écouter Alexis Avakian et son quintet. Sans oublier de visiter le site d’Alexis Avakian pour en savoir encore plus sur l’artiste et ses projets.
Charles Tolliver est de retour avec « Connect »

Charles Tolliver est de retour avec « Connect »

Le trompettiste Charles Tolliver est de retour avec « Connect » sur le label londonien indépendant Gearbox Records. Après un long silence discographique, le leader signe un album studio enregistré avec les très expérimentés new-yorkais Jesse Davis, Keith Brown, Buster Williams et Lenny White et la participation du britannique Binker Golding. Un opus énergique et ciselé. Quatre titres qui fleurent bon le hard-bop.

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Avec « Trickster », Peter Rosendal signe un album inspiré

Avec « Trickster », Peter Rosendal signe un album inspiré

Une des meilleures surprises de cet été 2020 réside en l’écoute de « Trickster ». En effet, il fait bon se délecter à l’écoute de cet album qui surprend autant qu’il enchante. Il transporte dans des contrées musicales stimulantes et imaginatives. Pour ce faire, le pianiste danois Peter Rosendal a associé le Big Band The Orchestra au groupe folk Trio Mio pour lesquels il a composé et arrangé un répertoire de neuf titres qui évoluent entre folk et jazz. Au-delà de sa richesse, la musique fascine par son imagination, sa fantaisie mais aussi par une mise en place précise et éclatante.

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Sortie estivales 2020 chez Blue Note

Sortie estivales 2020 chez Blue Note

Les sorties estivales 2020 du label Blue Note affichent des tonalités musicales fort différentes. « Mr. Roscoe (consider the simultaneous) » du trompettiste Ambrose Akinmusire, « FMaj Pixie » du trio GoGo Penguin et « Pick me up off the Floor » de Norah Jones. Ces trois albums. constituent l’occasion idéale pour se familiariser avec trois idiomes qui témoignent de la diversité et de la richesse du jazz actuel.

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Emile Parisien en résidence à l’AmphiJazz de Lyon

Emile Parisien en résidence à l’AmphiJazz de Lyon

Un jazz libre et créatif irrigué d’énergie et de sensibilité

Du 09 au 11 février 2017, l’AmphiJazz de l’Opéra de Lyon accueille le saxophoniste Émile Parisien en résidence. Duo, trio, quartet et quintet. Le jeune saxophoniste propose un éventail de concerts qui présentent l’étendue prodigieuse de son art.

A 35 ans, Émile Parisien est aujourd’hui considéré comme un représentant de ce que l’on nomme communément le Jazz Européen. Rien d’étonnant à cela car dès ses 11 ans, ce natif du Lot a biberonné le jazz à Marciac, terre française où le jazz est sacré.

Au Collège Jazz de Marciac le saxophoniste a appris l’art du jazz auprès de maitres émérites (Pierre Boussaguet, Guy Lafitte) puis a rencontré quelques-unes des plus grandes figures de cet art, Wynton Marsalis (parrain de « Jazz in Marciac »), mais aussi Christian McBride, Johnny Griffin ou Bobby Hutcherson. Doté ainsi d’une large approche musicale, Émile Parisien gagne la capitale en 2000 et poursuit sa trajectoire qui le conduit à jouer avec Daniel Humair, Michel Portal, Jacky Terrasson, Claude Tchamitchian, Jean-Paul Celea, Yaron Herman, Manu Codjia, Christophe Wallemme…

Si aujourd’hui Émile Parisien peut offrir une telle variété de réjouissances au cours de sa résidence à l’AmphiJazz de l’Opéra de Lyon, c’est bien parce que le saxophoniste compte parmi les musiciens les plus expérimentés et les plus prisés de la scène française. En effet, depuis 2007 il a  accumulé les récompenses.

Son talent de musicien créateur et innovateur est authentifié dans les sphères professionnelles au regard des récompenses attribuées par les organismes nationaux officiels, SACEM et SPEDIDAM mais aussi par Culture France et l’AFIJMA (Association des Festivals Innovants en Jazz et Musiques Actuelles). Par ailleurs, d’autres prix témoignent de sa reconnaissance auprès d’un large public car Émile Parisien a aussi reçu le prix Django Rheinhardt en 2012 et le titre d’Artiste de l’année aux Victoires du Jazz 2014.

S’il participe à de nombreux enregistrements comme sideman auprès de Daniel Humair, Jean-Paul Celea, Gueorgui Kornazov, Yaron Herman, Hugo Carvalhais, Stephane Kerecki, Vincent Peirani et Anne Paceo, Émile Parisien compte aujourd’hui six albums à son actif. Le dernier en date, « Sfumato », est sorti le 07 octobre chez ACT. Du jazz libre et créatif entre écriture et improvisation.

Ainsi, enrichi de ces riches expériences, Émile Parisien met à profit sa résidence à l’Amphijazz de l’Opéra de Lyon pour présenter des concerts représentatifs de son art. Celui d’un musicien inventif ancré dans ce courant du jazz européen où l’improvisation a la part belle mais où la dimension sensible de la musique est essentielle. Entre furie et élégance, son expression fait coexister énergie et liberté.

Ainsi, le jeudi 9 février à 20h30, Émile Parisien produit le Quintet Sfumato avec Joachim Kühn en écho à son dernier album « Sfumato ». Joachim Kühn au piano, Manu Codjia à la guitare, Simon Tailleu à la contrebasse et Mario Costa à la batterie. Belle occasion pour savourer le lyrisme de ce célèbre pianiste qui a grandement contribué à l’identité du jazz européen.

Le vendredi 10 février à 20h30, le saxophoniste propose son projet « Yes Ornette ! » (enregistré en 2012 chez Out Note Records) avec le contrebassiste Jean-Paul Céléa et le batteur Wolfgang Reisinger. Ces quelques extraits engagent à ne pas rater non plus la soirée du vendredi qui promet d’être essentielle car elle permet d’écouter deux grands musiciens qui ont eux-aussi marqué de leur empreinte le courant du jazz européen.

Le samedi 11 février à 20h30, Émile Parisien présente son quartet actuel qui réunit autour de lui Julien Touery (piano), Ivan Gélugne (contrebasse) et Julien Loutellier (batterie). On gage que ces jeunes musiciens raviront le public.

On est tenté de dire aux spectateurs qui n’ont jamais vu ni écouté Émile Parisien sur scène, que le saxophoniste vit autant la musique avec son corps qu’avec son âme. Son agitation et ses grimaces scéniques peuvent surprendre voire déranger mais il suffit de se concentrer sur le cœur de la musique pour en saisir l’essence.

Doté d’un swing indubitable, le discours musical jaillit comme une lave fluide de son saxophone volcanique. Non dénué de sensibilité, le saxophoniste Émile Parisien surprend autant qu’il enchante.

Enfin il convient de ne pas rater une des deux séances proposées à 12h30 le mercredi 08 et le vendredi 10 février. Émile Parisien invite son compère pianiste Roberto Negro apprécié pour sa créativité. Un duo de choc pour des variations musicales poétiques. A découvrir avec curiosité.

Charles Tolliver est de retour avec « Connect »

Charles Tolliver est de retour avec « Connect »

Le trompettiste Charles Tolliver est de retour avec « Connect » sur le label londonien indépendant Gearbox Records. Après un long silence discographique, le leader signe un album studio enregistré avec les très expérimentés new-yorkais Jesse Davis, Keith Brown, Buster Williams et Lenny White et la participation du britannique Binker Golding. Un opus énergique et ciselé. Quatre titres qui fleurent bon le hard-bop.

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Avec « Trickster », Peter Rosendal signe un album inspiré

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Une des meilleures surprises de cet été 2020 réside en l’écoute de « Trickster ». En effet, il fait bon se délecter à l’écoute de cet album qui surprend autant qu’il enchante. Il transporte dans des contrées musicales stimulantes et imaginatives. Pour ce faire, le pianiste danois Peter Rosendal a associé le Big Band The Orchestra au groupe folk Trio Mio pour lesquels il a composé et arrangé un répertoire de neuf titres qui évoluent entre folk et jazz. Au-delà de sa richesse, la musique fascine par son imagination, sa fantaisie mais aussi par une mise en place précise et éclatante.

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Sortie estivales 2020 chez Blue Note

Sortie estivales 2020 chez Blue Note

Les sorties estivales 2020 du label Blue Note affichent des tonalités musicales fort différentes. « Mr. Roscoe (consider the simultaneous) » du trompettiste Ambrose Akinmusire, « FMaj Pixie » du trio GoGo Penguin et « Pick me up off the Floor » de Norah Jones. Ces trois albums. constituent l’occasion idéale pour se familiariser avec trois idiomes qui témoignent de la diversité et de la richesse du jazz actuel.

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« More Light », le jazz lumineux de Sandro Zerafa

« More Light », le jazz lumineux de Sandro Zerafa

 Un propos musical tout en finesse

Avec « More Light », le guitariste Sandro Zerafa propose un album lumineux aux compositions inspirées. Les musiciens élaborent une musique qui se promène entre modernité et tradition. La souplesse et la sensibilité de la musique vont droit à l’âme.

couverture de l'album More Light de Sandro ZerafaAnnoncé pour le 27 janvier, l’album « More Light » (Jazz&People/Harmonia Mundi) est le quatrième opus de Sandro Zerafa, ce guitariste maltais basé à Paris. Entouré par quelques-uns des artistes les plus prisés du moment, le musicien fait mouche avec neuf compositions originales inspirées. Sandro Zerafa, Yonathan Avishai (piano), Yoni Zelnik (contrebasse) et Lukmil Perez Herrera (batterie) sont rejoints sur trois titres par le saxophoniste David Prez.

Ancré dans la tradition, « More Light » propose un jazz moderne où les solistes échappent à la gravité. Leurs propos aériens se densifient au fil des mesures pour mieux surprendre et enchanter l’auditeur. Sandro Zerafa articule ses phrases avec précision et souplesse. Les musiciens rivalisent d’inventivité et de finesse tout au long des plages. Un album rafraîchissant et inspiré.

On ne se lasse pas d’écouter les neufs titres de « More Light » qui séduisent d’abord par leur fraîcheur et leur légèreté puis révèlent leur profondeur et leur densité. Les solistes rivalisent de créativité. Leur propos musical se tient loin du bavardage et la musique respire. On se laisse particulièrement emporter par Nowness et Blurred Vision IV dont on apprécie le flou tout à fait artistique.

Né à Pietà, Malte, Sandro Zerafa étudie la musique à l’Université de Malte et au Conservatoire de Lyon dont il sort avec le 3ème prix d’orchestre. Il obtient, par ailleurs, la Mention Spéciale du Jury au Concours de La Défense en Composition.

Avant « More Light », le guitariste a enregistré trois disques sous son nom qui ont tous été largement supportés par la critique. Son premier disque en tant que leader « White Russian 5tet » s’est vu récompensé par JazzMagazine ainsi que son deuxième opus, « Urban Poetics ». Son troisième album « The Bigger Picture » loué par JazzMagazine a aussi été repéré par JazzNews.

Sandro Zerafa a aussi enregistré quinze disques en tant que sideman et joué dans le monde entier avec de grands noms du Jazz tels que Francesco Bearzatti, Youn Sun Nah, Sergio Krakowsli, Hugo Lippi, Chico Buarque, Manu Katché, Laurent Coq et bien d’autres. Membre fondateur du collectif/label Paris Jazz Underground, le guitariste est aussi directeur artistique, depuis 2009, du « Malta Jazz Festival », qui se déroule chaque année en juillet sur l’île de Malte.

« More Light » illumine ce début d’année 2017. Un album à écouter et à partager sans modération pour faire connaître encore plus largement le talent de Sandro Zerafa.

Charles Tolliver est de retour avec « Connect »

Charles Tolliver est de retour avec « Connect »

Le trompettiste Charles Tolliver est de retour avec « Connect » sur le label londonien indépendant Gearbox Records. Après un long silence discographique, le leader signe un album studio enregistré avec les très expérimentés new-yorkais Jesse Davis, Keith Brown, Buster Williams et Lenny White et la participation du britannique Binker Golding. Un opus énergique et ciselé. Quatre titres qui fleurent bon le hard-bop.

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Avec « Trickster », Peter Rosendal signe un album inspiré

Avec « Trickster », Peter Rosendal signe un album inspiré

Une des meilleures surprises de cet été 2020 réside en l’écoute de « Trickster ». En effet, il fait bon se délecter à l’écoute de cet album qui surprend autant qu’il enchante. Il transporte dans des contrées musicales stimulantes et imaginatives. Pour ce faire, le pianiste danois Peter Rosendal a associé le Big Band The Orchestra au groupe folk Trio Mio pour lesquels il a composé et arrangé un répertoire de neuf titres qui évoluent entre folk et jazz. Au-delà de sa richesse, la musique fascine par son imagination, sa fantaisie mais aussi par une mise en place précise et éclatante.

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Sortie estivales 2020 chez Blue Note

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Sarah McKenzie sort « Paris In the Rain »

Sarah McKenzie sort « Paris In the Rain »

Un élégant voyage dans les contrées d’un jazz traditionnel

La jeune pianiste et chanteuse australienne Sarah McKenzie revient sur le devant de l’actualité jazz avec un nouvel album chez Impulse! Records, « Paris In The Rain ». Avec des standards et des compositions originales, l’album brille par la musicalité de ses arrangements et par son élégance.

Un an après « We could be lovers » (Impulse! records/Universal), Sarah McKenzie est de retour avec « Rain In The Rain ». Installée à Paris depuis peu, elle offre une sorte de déclaration d’amour à la capitale de la France dont elle tente de restituer la beauté à travers la composition qu’elle lui dédie et qui donne son nom à l’album, Paris In Rain.

« Paris In The Rain », un album aux ambiances précieuses. Avec soin, Sarah McKenzie murmure son amour pour un jazz élégant voire précieux. La chanteuse pianiste sait aussi faire preuve d’énergie sur ses propres compositions pour surprendre et dépayser un propos plutôt pastel.

Sarah McKenzie assume à la fois la position de pianiste, chanteuse, compositrice et arrangeuse. En effet sur son nouvel opus elle propose cinq compositions originales. Elle a par ailleurs élaboré la totalité des arrangements des treize titres de l’album. Influencée par George Shearing elle parvient à créer des climats d’une musicalité palpable.

Pour ce faire Sarah McKenzie s’est entourée d’un groupe de musiciens qui créent des textures peaufinées frisant parfois la perfection au détriment d’une spontanéité que l’on cherche un peu. Au vibraphone on retrouve Warren Wolf déjà présent sur « We could be lovers ». Les autres instruments sont tenus par des musiciens aux qualités avérées, le guitariste Mark Whitfield, le bassiste Reuben Rodgers, le batteur Gregory Hutchinson, le trompettiste Dominick Farinacci, le flutiste Jamie Baum, les saxophonistes Scott Robinson (alto) et Ralph Moore (ténor).

On a particulièrement apprécié les interventions de Romero Lumambo à la guitare sur deux thèmes aux ambiances latines, Triste de Jobim et une version du thème In The Name of Love qui fleure bon le Brésil. Légèreté et douceur de chaque instant..

Le toucher de piano de Sarah McKenzie apporte une fraîcheur incontestable aux standards tant de fois interprétés comme Day in Day out de Johny Mercer et Rube Bloom, Embraceable you de George et Ira Gerschwin; Triste d’Antonio Carlos Jobim, Little Girl Blue de Richard Rodgers et Lorenz Hart ainsi que Tea for Two de Vincent Youmans et Irving Caesar. Par contre c’est vraiment sur ses propres compositions qu’on peut prendre la mesure du talent de pianiste de la jeune-femme comme par exemple sur Road Chops, qu’elle fait choix d’interpréter en version instrumentale. La dynamique exubérante de ce morceau final tranche avec le reste des thèmes qui émargent plutôt dans des atmosphères délicates.

On a apprécié la belle énergie et la teneur poétique des compositions de la pianiste qui ne déparent pas loin de là avec les morceaux du Great American Songbook repris par la chanteuse. Sur ces morceaux, des échanges féconds s’engagent entre Sarah McKenzie et les musiciens.

Sur One Jealous Moon, le saxophoniste Ralph Moore accentue le côté bluesy du morceau alors que la voix se fait poétique. Sur Onward and Upward, Sarah McKenzie rend un hommage appuyé à Nat King Cole dans un morceau très joyeux au tempo soutenu. Son brillant solo de piano ouvre la voie à une intervention inspirée de Jamie Baum à la flute qui passe ensuite la main à Dominick Farinacci dont la trompette chante le blues.

Empreinte d’une profonde mélancolie, Don’be a fool flotte en quasi apesanteur. Le solo de vibraphone de Warren Wolf contribue à accentuer le climat de tristesse de ce morceau où la voix de la chanteuse évoque les affres de la passion amoureuse.

Si l’album « Paris In The Rain » ouvre brillamment avec la composition éponyme de Sarah McKenzie, c’est avec ce morceau que se termine cette chronique consacrée à un album qui sait concilier esthétique et musicalité. Un brin de soleil pour réchauffer un hiver rigoureux

Charles Tolliver est de retour avec « Connect »

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Sortie estivales 2020 chez Blue Note

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Yilian Cañizares, « Invocacion » deluxe

Yilian Cañizares, « Invocacion » deluxe

Son violon chante… elle aussi !

A l’occasion du concert parisien prévu le 21 janvier à 19h au Trianon, en première partie du Jazz Magazine Festival, Yilian Cañizares ressort le 20 janvier chez Naïve son album « Invocacion » en version digitale deluxe. Beau début d’année 2017 pour la violoniste et chanteuse cubaine.

On se rappelle le 09 mars 2015 chez Naïve la sortie de l’album « Invocacion ». A l’époque on a découvert avec surprise la prodigieuse chanteuse et violoniste Yilian Cañizares. Cette native de La Havane a vraiment le rythme dans la peau et propose un langage singulier et séduisant. Sur l’album Yilian Cañizares est accompagnée de Daniel Stawinski au piano, David Brito à la contrebasse et Cyril Regamey à la batterie et aux percussions.

En ce début 2017, Naïve ressort l’album « Invocacion » en version deluxe avec 2 remixes inédits par BLVK SAMURAI, excellent Producteur et Beatmaker de la Nouvelle Orléans, Beroni Abebe Osun (BLVK SAMURAI remix) et Toi Mon Amour (BLVK SAMURAI remix).

Nourrie de jazz, de musique cubaine et de musique classique, Yilian Cañizares navigue entre douceur langoureuse et exubérance incandescente. La jeune violoniste et chanteuse plonge l’auditeur dans une musique éclectique et hybride, entre tradition et modernité, entre lyrisme et rythmes ensorcelants. « Invocacion », une musique énergique et puissante qui enchante les oreilles et dynamise le cœur.

A l’exception de Beroni Abebe Osun (chant tradiitonnel) et de Non, je ne regrette rien (Vaucaire/Dumont), Yilian Cañizares a composé les huit autres titres de l’album. On est emballé par les contrastes de la musique où les rythmes cubains complexes alternent avec de douces compositions. Au violon, ses interventions instrumentales sont renversantes de vélocité, de nuances et de précision. Le chant séduit par sa fluidité sur les ballades et sur les rythmes médium mieux que sur les tempi rapides où la chanteuse a une légère tendance à forcer sur sa voix.

De La Havane à Caracas en passant par la Suisse, la violoniste a élaboré un langage très personnel qui balance entre des rythmes effrénés et de douces invocations à ses ancêtres. On aime Donde Hay Amor l’hommage qu’elle fait à son grand-père, et aussi celui qu’elle adresse Luis Carbonnell avec Canción de Cuna para dormi a un negrito. Yilian Cañizares révèle la tendresse de son amour pour sa mère dans Iya Mi où elle mêle sa voix au flow de Akua Naru. Sa version de Non, je ne regrette rien, la chanson d’Edith Piaf, renouvelle le titre même s’il ne l’enchante pas.

Sur la version d’origine de Toi Mon amour la voix dialogue vraiment avec le violon alors que la version remixée met plus l’accent sur la dimension rythmique. La version remixée de Beroni Abebe Osun introduit une étrangeté qui sied fort à ce titre dédié à la déesse yoruba Orisha. Le titre éponyme de celui de l’album demeure un moment clé de cet album « Invocacion » qui convoque les esprits de la vie.

Nul doute que la prestation d’Yilian Cañizares va ouvrir avec brio à 19h la deuxième édition du Jazz Magazine Festival le samedi 21 janvier 2017 au Trianon. Avec la jeune chanteuse et violoniste, jazz et musique cubaine font mettre la salle en forme. A 20h10, se produira la chanteuse Malou Beauvoir; Qui sait, chantera-t-elle La vie en Rose en écho au titre de Piaf que reprend Yilian Cañizares. La soirée se termine avec à 21h30 la venue sur scène de l’exceptionnelle Cecil McLorin Salvant dont le dernier album, “For One To Love”, vient d’être récompensé d’un Grammy Award. Veinards celles et ceux qui assisteront à ce triple concert riche en promesses.

Pour plus d’actualité sur Yilian Cañizares, une visite sur son site s’impose.

Charles Tolliver est de retour avec « Connect »

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