Pour commémorer ce qui aurait été le 92ème anniversaire du compositeur italien Ennio Morricone, deux labels présentent des albums qui honorent le Maestro. Son label Decca collabore avec CAM Sugar pour présenter « Morricone Segreto ». Le label Bonsaï lui rend hommage avec « More Morricone ». Le premier présente sept titres inédits en version orchestrale, de quoi satisfaire un public amateur de pièces rares. Interprété par le contrebassiste Ferruccio Spinetti et le pianiste Giovanni Ceccarelli, le second joue sur le registre de la sobriété et de l’intimité.
Disparition de la pianiste Geri Allen
Geri Allen, une grande figure du jazz féminin
Le 27 juin 2017 à Philadelphie, disparait la pianiste, compositrice américaine Geri Allen âgée de 60 ans. Son départ laisse un vide immense dans le monde du jazz. Son brillant talent lui a valu de jouer auprès des plus grands et d’être reconnue par l’ensemble de la communauté jazz.
Née et grandie à Détroit, Geri Allen a étudié à Détroit puis avec Nathan Davis à la Howard University de Washington. Dans les années 80 à New-York elle suit l’enseignement de Kenny Barron qui a été déterminant pour elle.
Son jeu de piano très personnel s’est nourri de nombreuses influences résultant des écoutes attentives de ses aînés qu’elle admirait et d’une vie riche en rencontres. On peut citer entre autres Herbie Hancock, le free jazz mais aussi le blues et la soul.
Elle a cultivé l’éclectisme en s’abreuvant des musiques populaires tout autant que celles des scènes d’avant-garde. Ainsi elle a développé un jeu très singulier que l’on peut taxer d’économe d’où est bannie toute note superflue. Cela lui a valu d’être repérée par les plus grands et de jouer avec nombre d’entre eux dont Ornette Coleman, Charles Lloyd, Dave Holland, Jack DeJohnette et bien d’autres encore.
Dans les années 80, Geri Allen intègre le collectif M-Base. Avec Steve Coleman, Greg Osby, Gary Thomas et la chanteuse Cassandra Wilson, la pianiste s’inscrit dans le développement d’un jazz nouveau qui allie hard bop et free jazz. Elle fait même partie des « Five Elements », l’orchestre le plus funky du saxophoniste Steve Coleman avec qui elle enregistre sur son premier album en 1985 « Motherland Pulse ».
En 1985 elle grave aussi son premier disque en leader « The Printmakers » dont elle signe tous les thèmes. A ses côtés Anthony Cox et Andrew Cyrille. L’année suivante elle enregistre en solo « Home Grown ». En 1988 elle participe avec Charlie Haden et Paul Motian à l’album « Etudes » et sortira avec eux trois autres disques. Elle intègre même le Liberation Music Orchestra Montreal de Charlie Haden pour des concerts en
1989.
En 1990 elle signe chez Blue Note et sa notoriété grandit. Sur l’album « Twenty-One » (1994) elle est rejoint par une rythmique de premier plan en les personnes de Ron Carter et Tony Williams. En 1995 elle est nommée lors des Soul Train Music Awards pour cet album « Twenty One ». Geri Allen collabore ensuite avec le saxophoniste Ornette Coleman sur deux opus sortis en 1996 intitulés « Sound Museum ».
En octobre 2016, Geri Allen a sorti « Perfection », un album enregistré avec David Murray (saxophone) et Terri Lyne Carrington (batterie-percussions).
Geri Allen a été reconnue par ailleurs pour ses talents de compositrice et de pédagogue. Ainsi, en 2006, elle est sollicitée pour composer une œuvre en hommage aux victimes de l’attentat du 11 septembre 2001, « For the Healing of the Nations », une suite jazz sacrée pour voix. On note aussi qu’en 2014 elle est nommée directrice du Pitt Jazz Studies au poste qu’avait occupé Nathan Davis celui avec qui, dans les années 80 elle a joué et longuement étudié l’ethnomusicologie. Pour précision, elle a a consacré sa thèse d’ethnomusicologie au clarinettiste et saxophoniste Eric Dolphy.
On n’oubliera pas la grande figure du jazz féminin qu’incarne Geri Allen et l’on aime à se rappeler son incarnation de la pianiste Mary Lou Williams dans « Kansas City« , le film de Robert Altman. On se souvient aussi de sa tournée récente dans un trio féminin avec Esperanza Spalding (contrebasse) et Terri Lyne Carrington (batterie-percussions).
Enfin on garde un souvenir ému de la présence de Geri Allen le 11 septembre 2016 sur la scène de la Philharmonie de Paris dans le cadre de Jazz à la Villette pour une soirée hommage au pianiste McCoy Tyner avec qui elle et Craig Taborn ont partagé la scène.
Hommages à Ennio Morricone
L’ARFI présente « inDOLPHYlités »
Avec « inDOLPHYlités », cinq membres de l’ARFI honorent la musique de l’album « Out to lunch! » gravé par Eric Dolphy en 1964. Par leur démarche, entre hommage et appropriation, Mélissa Acchiardi, Christophe Gauvert, Clément Gibert, Guillaume Grenard et Christian Rollet prolongent la musique du disque original. En conservant la même instrumentation, ils revisitent le répertoire auxquels ils ajoutent trois compositions de leur cru. Il en résulte une musique ludique et effervescente qui réinvente celle de Dolphy. Le bouturage musical de ces « inDOLPHYlités » s’inscrit dans l’ADN du collectif… plus ARFIdèle que ça, impossible !
The Royal Bopsters présentent « Party of Four »
Le quartet de jazz vocal américain, « The Royal Bopsters », dévoile « Party of Four » chez Motema Records. Composé d’Amy London, de la regrettée Holli Ross, de Pete McGuinness et de Dylan Pramuk, le groupe cisèle un joyau de l’art vocalese. Dans la lignée des fameux Lambert, Hendricks & Ross, des Manhattan Transfer, et des Double Six, The Royal Bopsters présentent un album éblouissant. Accompagné d’un brillant trio piano-contrebasse-batterie, le quartet a invité Sheila Jordan, Bob Dorough et Christian McBride. Au cœur d’arrangements somptueux, les prouesses de ces quatre voix de haute voltige débordent de swing et de précision.

Ri
chard Bona convoque ensuite sur le devant de la scène un premier groupe d’enfants vêtus de tee-shirts rouge, bleu et jaune et munis d’instruments de percussion. Les jeunes accompagnent le trio sur le célèbre Watermelon Man du pianiste Herbie Hancock. Le spectacle se poursuit avec un groupe de choristes invités à chanter une berceuse africaine que propose Richard Bona. Le Théâtre entier reprend et le chanteur amuse l’assistance avec des imitations de cris d’animaux.

« Unbreakable » (ACT/PIAS) sort après 25 années d’existence du Funk Unit de l’homme au trombone rouge, le suédois Nils Landgren. A travers le titre de l’opus, le sextet du tromboniste annonce la couleur, celle de sa longévité. En effet, sur cet album, les six musiciens se disent inséparables face au temps et aux évènements. Sur les 10 plages de leur nouveau disque ils se montrent déterminés à jouer encore et encore leur musique. Un funk singulier aux couleurs européennes.
rythmique assurée par le contrebassiste Damian Nueva et les percussionnistes Adriano Tenerio et Ze Luis Nascimento
Le carioca
Pour la troisième année cet évènement est organisé par le Périscope dans le cadre des Résonances Métropolitaines, en partenariat avec la Métropole de Lyon. Il fait écho au festival « Jazz à Vienne ». A cette occasion le Périscope donne « carte blanche » à la jeune scène française dont le travail actuel représente une face originale et singulière du jazz.
Sur ce premier album « Sólo » (Label Ouest/L’Autre Distribution), le guitariste propose un voyage au cœur des musiques qu’il aime et qui ont jalonné sa vie. De rencontre musicale en rencontre humaine, de la Bretagne à l’Afrique en passant par l’Espagne et les pays de l’Est, Samuelito trace sa voie et fait entendre sa voix généreuse venue du plus profond de son être.
Après avoir enregistré l’album dans le Studio Les Tontons Flingueurs, les musiciens ont eu recours à la plateforme de financement participatif Ulele pour financer une partie de la réalisation graphique de la pochette et du pressage des disques. La création graphique est à porter au crédit de
Sur Golan Al Joulan-Vol 2 (Ultrabolic/Musea) sorti le 09 mai 2017, Hubert Dupont présente quarante et une minutes vingt de quatre titres enregistrés live en 2015 à Fontenay-sous-Bois dans l’établissement Musiques au Comptoir.
Issu d’une création collective d’artistes, de techniciens et de beaucoup d’autres participants fédérés autour de Kira Skov et Maria Faust, l’album « In The Beginning » (StuntRecords/Una Volta Music) annoncé pour le 23 juin 2017, rend un hommage très personnel à l’Estonie et à son histoire. En 2016, les deux musiciennes ont sillonné les régions frontalières du sud de l’Estonie, pays natal de la saxophoniste.