Hommages à Ennio Morricone

Hommages à Ennio Morricone

« Morricone Segreto » & “More Morricone”

Pour commémorer ce qui aurait été le 92ème anniversaire du compositeur italien Ennio Morricone, deux labels présentent des albums qui honorent le Maestro. Son label Decca collabore avec CAM Sugar pour présenter « Morricone Segreto ». Le label Bonsaï lui rend hommage avec « More Morricone ». Le premier présente sept titres inédits en version orchestrale, de quoi satisfaire un public amateur de pièces rares. Interprété par le contrebassiste Ferruccio Spinetti et le pianiste Giovanni Ceccarelli, le second joue sur le registre de la sobriété et de l’intimité.

La carrière extraordinaire du musicien, compositeur, producteur arrangeur et chef d’orchestre italien Ennio Morricone (10 novembre 1928- 06 juillet 2020 1920) a duré plus de six décennies et lui a valu, en 2007, de recevoir un Oscar pour l’ensemble de sa carrière. De 1961 avec sa première bande originale pour « Il Federale » (Mission ultra-secrète) de Luciano Salce, à 2015 où il composa la musique du film « Les Huit Salopards » de Quentin Tarantino pour lequel il a reçu l’Oscar de la Meilleure musique de film, « Il Maestro » a signé plus de 600 bandes sonores originales.

Ennio Morricone

Fils de Mario Morricone, trompettiste de jazz, Ennio Morricone a suivi très tôt une formation musicale et obtenu les diplômes de trompette, composition, d’instrumentation et de direction d’orchestre à l’Académie nationale de Sainte-Cécile de Rome. La suite, on la connaît…

BO de films…

Ennio Morricone s’est surtout fait connaître du grand public pour être l’auteur des musiques des films du réalisateur Sergio Leone avec lequel il a entamé une collaboration qui a débuté avec « Pour une poignée de dollars » (1964), « Et pour quelques dollars de plus » (1965), « Le Bon, la Brute et le Truand » (1966), « Il était une fois dans l’Ouest » (1968), « Il était une fois la révolution » (1971) et « Il était une fois en Amérique » (1984) mais on peut aussi citer les musiques qu’il a composées pour d’autres fameux films parmi lesquels figurent, « Les Poings dans les poches » (1965) de Marco Bellocchio, « Théorème » (1968) de Pier Paolo Pasolini, « Le Clan des Siciliens »(1969) réalisé par Henri Verneuil, « Metello » (1969) de Mauro Bolognini, « L’Oiseau au plumage de cristal » (1970) de Dario Argento, « Macchie Solari » (1975) d’Armando Crispino, « 1900 » (1976) de Bernardo Bertolucci, « Les Moissons du ciel » (1978) de Terrence Malick, « Le Professionnel » (1981) de George Lautner, « The Thing » (1982) de John Carpenter, « Mission » (1986) de Roland Joffé, « les Incorruptibles » (1987) de Brian Palma suivi par « Outrages » (1990) et « Mission to Mars » (2000), « Cinema Paradiso (1988), « Kill Bill » (2003), « Kill Bill 2 » (2004), « Inglourious Basterds » (2009) puis « Django Unchained » (2012).

Styliste unique, Ennio Morricone a écrit des mélodies qui sont passées à la postérité. Dans le domaine des BO, les musiques de Morricone sont devenues ce que les standards sont au jazz. Une fois écoutées, elles demeurent en mémoire et animent l’imaginaire collectif.

… et aussi

Si son nom et sa musique restent attachés à des films mythiques, Ennio Morricone se prévalait d’appartenir à l’univers de la musique contemporaine expérimentale via le groupe de musique avant-gardiste Nuova Consonanza. Dans la dernière partie de sa vie, il s’est surtout consacré à la musique de concert en revisitant ses écritures le cinéma et des œuvres contemporaines.

Ennio Morricone s’est par ailleurs laissé entraîner dans l’univers du jazz par un trompettiste et pas des moindres, puisqu’il s’est agi de Chet Baker. Pour lui, qui embouche la trompette et chante, le Maestro a écrit les arrangements pour un orchestre symphonique qu’il dirige lui-même sur quatre titres de l’album « Chet is back! » sorti en 1962 et enregistré la même année aux Studios de la RCA italienne, à Rome. Le disque propose aussi huit autres pistes où Chet Baker interprète des standards de jazz à la tête d’un sextet composé de Bobby Jaspar (saxophone tenor, flûte), René Thomas (guitare), Amedeo Tommasi (piano), Benoit Quersin (contrebasse) et Daniel Humair (batterie).

En 2020, deux albums honorent Ennio Morricone, « Morrico(Decca/Cam Sugar) et « More Morricone » (Bonsaï Music/L’Autre Distribution/Idol).

« Morricone Segreto »

couverture de l'album Morricone Secret en hommage à Ennio MorriconeSortie le 06 novembre 2020 chez Decca/Cam Sugar, cette nouvelle compilation de 27 titres retrace la période la plus créative du compositeur, entre la fin des années 60 et le début des années 80 et compte avec 7 inédits.

A travers les œuvres sélectionnées, on découvre une face cachée et quelque peu excentrique de son génie. On embarque pour un voyage sonore assez sombre et psychédélique avec des mystérieuses voix, des guitares, les cordes aériennes, les synthés… « Morricone Segreto » propose des pièces rares et des prises alternatives provenant des archives historiques de son label.

« More Morricone »

Couverture de l'album More Morricone de Ferruccio Spinetti et Giovanni Ceccarelli en hommage à Ennio MorriconePierre Darmon du label Bonsaï Music a proposé au contrebassiste Ferrucio Spinetti et au pianiste Giovanni Ceccarelli d’enregistrer un album autour de la musique d’Ennio Morricone. Sur « More Morricone » (Bonsaï Music/L’Autre Distribution/Idol) paru le 18 septembre 2020, les deux musiciens font alterner des musiques de films devenues historiques avec d’autres moins connues.

Le défi de ce projet, réside dans la forme intimiste que propose le duo quand la plupart des musiques sont le plus souvent interprétées par de larges formations orchestrales. De facto, la formation piano-contrebasse parvient à restituer la quintessence des quinze mélodies de l’album. De plus, les instrumentistes font varier leurs supports d’expression, piano acoustique, Fender Rhodes clavietta et synthés pour Giovanni Ceccarelli, contrebasse acoustique, basse électrique, guitare acoustique et bouzouki pour Ferrucio Spinetti. Sur cet album empreint de délicatesse, les deux habiles praticiens du jazz n’ont pour l’occasion que peu recours à l ‘improvisation mais alimentent leurs échanges autour des mélodies qu’ils tissent et détissent à l’envi sur une trame nostalgique en diable.

Les deux musiciens ont invité la chanteuse Crystel Wautier pour interpréter le titre Hurry To Me du film « Metti, una sera a cena » (1969) puis My Heart and I de la saison 5 de la série TV « La Pieuvre » et aussi une chanson tirée du film « Revolver » (« La Poursuite Implacable ») repris ensuite par Tarantino dans son film « Inglorious Basterds » qui s’intitule Un ami avec un texte en français. La voix à la fois puissante et douce de la chanteuse belge fait merveille.

Mauro Gargano présente « Nuages »

Mauro Gargano présente « Nuages »

Avec « Nuages », le contrebassiste Mauro Gargano présente son quatrième projet en tant que leader. La musique du quartet projette dans la contemplation d’un ciel lumineux parcouru de nuages sereins et légers. L’on se prend à redouter qu’ils ne se chargent d’électricité orageuse mais rien de tel n’advient. En effet, même si quelques souffles de vent effleurent le répertoire, rien ne parvient à troubler la sérénité des poétiques nuages musicaux.

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Pierre de Bethmann Trio fait coup double

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Pierre de Bethmann Trio revient avec « Essais/Volume 4 » et un coffret qui regroupe les 4 albums des « Essais » enregistrés en 5 ans autour de reprises de thèmes issus de multiples traditions. Avec à son actif cinq années d’activité intense, quatre albums enregistrés et regroupés en un coffret, le pianiste continue à expérimenter avec brio, l’art du trio avec ses fidèles compagnons, Sylvain Romano et Tony Rabeson. Un vent de fraîcheur et de raffinement. Un havre de plénitude musicale propice au ressourcement et à la sérénité.

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L’ARFI présente « inDOLPHYlités »

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Avec « inDOLPHYlités », cinq membres de l’ARFI honorent la musique de l’album « Out to lunch! » gravé par Eric Dolphy en 1964. Par leur démarche, entre hommage et appropriation, Mélissa Acchiardi, Christophe Gauvert, Clément Gibert, Guillaume Grenard et Christian Rollet prolongent la musique du disque original. En conservant la même instrumentation, ils revisitent le répertoire auxquels ils ajoutent trois compositions de leur cru. Il en résulte une musique ludique et effervescente qui réinvente celle de Dolphy. Le bouturage musical de ces « inDOLPHYlités » s’inscrit dans l’ADN du collectif… plus ARFIdèle que ça, impossible !

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