Le pianiste, arrangeur et compositeur martiniquais Xavier Belin signe un album prometteur, « PiTakPi ». A la tête de son quartet du même nom, il développe un projet moderne et très personnel. Attaché à sa culture et à la modernité de son écriture, il déborde de créativité. Il compose autour de la clave du « ti-bwa », utilisée dans la musique traditionnelle martiniquaise, mais aussi autour du « ti-bwa », instrument de percussion en bambou frappé avec des baguettes. Du jazz moderne influencé par les musiques afro-descendantes.
Sylvain Rifflet sort Re-Focus
Un hommage singulier au « Focus » de Stan Getz
L’album « Re-Focus » marque une nouvelle étape dans le parcours de Sylvain Rifflet. Des résonances et des distances existent entre « Focus » enregistré par Stan Getz en 1961 et « Re-Focus » annoncé pour le 15 septembre 2017. Un opus à découvrir.
Sylvain Rifflet sort « Re-Focus » (Verve/Universal) le 15 septembre 2017. Bien loin de « Mechanics » qui a valu au saxophoniste d’être nommé « Album de l’année » aux Victoires du Jazz 2016, à mille lieues de la musique répétitive chère au musicien, l’album s’inscrit dans le parcours de cet artiste qui creuse son sillon dans un univers dont il dessine lui-même les limites, ce qui ne constitue pas le moindre de ses mérites.
Grand admirateur du saxophoniste Stan Getz dont il loue le lyrisme, le son et l’élégance, le saxophoniste et clarinettiste Sylvain Rifflet sort « Re-Focus » et fait ainsi écho à l’album « Focus » enregistré par Stan Getz en 1961. Certes les formats se ressemblent et pourtant ils sont dissemblables et c’est bien là réside l’intérêt majeur du travail de Sylvain Rifflet. S’inspirer sans plagier. Servir une même esthétique sans resservir le même discours. Sylvain Rifflet se joue des codes et impose le sien.

Bien sûr les résonances entre les deux albums sont perceptibles. D’abord à travers le titre qui annonce d’emblée le lien existant entre « Re-Focus » et « Focus », ensuite via la pochette dont la teinte dominante émarge dans le bleu.
Le label Verve est un autre point commun. Directeur chez Universal, Nicolas Pflug a ouvert les portes de ce label mythique à Sylvain Rifflet qui inscrit ainsi son patronyme à côté de quelques-uns des plus prestigieux artistes de jazz des XXème et XXIème siècles.
Par ailleurs les deux albums présentent tous deux des compositions originales interprétées par un orchestre à cordes sur lequel un saxophone ténor improvise en soliste. Dans les deux cas, la partition classique écrite et l’improvisation jazz servent le propos mélodique de la musique. Il s’agit réellement d’une véritable union entre les deux univers et non d’une simple coexistence convenue.
Certes en 2017, le monde du jazz s’est ouvert à de nombreux univers mais aujourd’hui les orchestres à cordes servent encore le plus souvent d’écrin à une voix ou un instrument. Ainsi, de même qu’en 1961 « Focus » est apparu comme un ovni dans le paysage du jazz, l’on peut considérer « Re-Focus » une sorte d’ajni, album jazz non identifié dans l’univers jazz de 2017. Comme une résurgence de l’esthétique cool qui serait irriguée de modernité.
Bien sûr le lyrisme peut aussi apparaître comme un point commun entre les deux opus. On retrouve en effet une sorte de filiation entre les deux saxophonistes, mais Sylvain Rifflet n’a aucunement cloné Stan Getz ce qui serait d’ailleurs parfaitement impossible. Il a soigné le grain de son expression même si on retrouve sa technique de jeu percussive et sa parfaite maîtrise de l’instrument.
Un autre point commun réside en la présence d’un batteur sur les deux albums. Par contre Roy Haynes intervient seulement sur le titre I’m Late, I’m Late de « Focus » alors que Jeff Ballard met son talent au service de « Re-Focus » sur cinq titres. Souple et fluide aux balais sur les ballades. Punchy et vif sur toms et cymbales sur les tempi rapides. Sa participation contribue pour beaucoup à inscrire l’album dans le monde du jazz.
D’autres nuances, voire même des différences apparaissent. L’orchestre à cordes de « Re-Focus », en l’occurrence l’Ensemble Appassionato de Mathieu Herzog, est plus étoffé que celui qui accompagnait Stan Getz sur « Re-Focus », la distribution est de plus étoffée par les interventions du percussionniste Guillaume Lantonnet (marimba et vibraphone) et par celles du contrebassiste Simon Tailleu.
Si l’écriture de « Focus » revient à Eddie Sauter, celle de « Re-Focus » compte une pièce écrite par Fred Pallem mais a contrario de Stan Getz qui intervient uniquement comme interprète soliste, Sylvain Rifflet ne s’est pas contenté de la position d’improvisateur soliste. Il est aussi intervenu dans l’écriture de l’album puisque cinq titres sont à porter à son crédit. Il en a aussi écrit coécrit trois autres avec Fred Pallem qui a par ailleurs conçu tous les arrangements de « Re-Focus ». On se loue de l’intervention du leader du « Sacre du Tympan » dont les albums et les concerts sont autant de bonheurs.
Pour avoir écouté les deux albums en parallèle de nombreuses fois, on est frappé par les points communs qui existent entre les deux premiers titres de « Focus » et ceux « Re-Focus ». Ainsi Night Run apparaît comme calqué sur I’m Late, Im Late. Tout comme Sauter s’était inspiré de Bartok, Rifflet et Pallem ont regardé du côté de Sauter. De la même manière Rue Bréguet affiche des similitudes troublantes de tempo et d’esthétique avec Her, comme si le premier se calquait en miroir sur l’autre. Pourtant les arrangements plus audacieux, le son sans vibrato et le jeu du saxophoniste empreint de plus de modernité signent la différence.
Après les deux premiers titres, l’écriture, les arrangements et l’interprétation des musiciens font que « Re-Focus » se distingue et prend ses distances vis à vis de « Focus » sans pour autant que la filiation ne disparaisse. Percussionniste et contrebassiste contribuent pour beaucoup à l’ambiance du titre Une de perdue, une de perdue. Percussionniste et batteur structurent à merveille Egyptian Riot. Le titre se profile comme la bande-son onirique d’un film aux couleurs orientales et au climat plein de suspens.
« Re-Focus », un écho respectueux à « Focus » dont il s’inspire. Un album concertant où l’orchestre à cordes dépasse le rôle de faire-valoir du soliste. Un album habité par le saxophone ténor de Sylvain Rifflet très inspiré.
A ne pas rater les concerts de Sylvain Rifflet à l’occasion de la sortie de l’album « Re-Focus ». Le 18 octobre 2017 à Tourcoing dans le cadre du « Tourcoing Jazz Festival » et le 19 octobre 2017 à Paris au Flow.
Xavier Belin dévoile « PiTakPi »
Tony Paeleman présente « The Fuse »
Le pianiste, claviériste et compositeur Tony Paeleman présente « The Fuse », son troisième album en tant que leader. A la tête de son trio électrique, il fait exploser les sons jusqu’à la transe. Avec le bassiste Julien Herné et le batteur Stéphane Huchard, il rend hommage aux musiques des années 80. Impossible de résister à la puissance survitaminée de cet album groovy et électrique.
Théo & Valentin Ceccaldi – « Constantine »
Théo & Valentin Ceccaldi pilotent « Constantine », un voyage musical immersif dans leur histoire familiale. Avec leurs amis du Grand Orchestre du Tricot, le violoniste et le violoncelliste ont invité une myriade d’amis, toutes générations confondues, venus du jazz, du rock ou des musiques traditionnelles. Force émotionnelle, nostalgie poétique et lyrisme flamboyant irriguent cette fresque évocatrice d’exil et d’orient. Il fait bon embarquer dans ce road-movie dépaysant.

« Three Letters from Sarajavo » (Mercury/Universal), le nouvel album de Goran Bregovic, raconte l’histoire de Sarajevo, son identité, ses multiples croyances et le tissu de ses paradoxes.
, son nouvel opus annoncé pour le 15 septembre 2017. Une fois encore le saxophoniste étonne.
Pierrick Pédron évolue en terrain plus que connu, celui de l’improvisation qu’il développe avec une grande maîtrise.
Pierrick Pédron et Thomas Bramerie sur l’album « Deep in A dream ».
r Fred Nardin l’album est l’occasion de se présenter au sein d’un nouveau trio où il retrouve son complice, le batteur Leon Parker avec lequel il joue sur scène depuis bientôt six ans. La contrebasse est quant à elle tenue par le new-yorkais Or Bareket. A l’écoute des dix plages de l’album on saisit une certaine complicité qui lie les trois musiciens.
Trois longues années se sont écoulées depuis « Beautiful Life » le précédent opus de 
Ce sont ses propres textes que la chanteuse interprète avec une grâce infinie sur Infant Eyes, la magnifique composition de Wayne Shorter. Sur un tempo étiré, la charge émotionnelle augmente encore lorsque l’harmonica de Grégoire Maret rejoint la voix de Dianne Reeves. L’harmoniciste intervient aussi sur Heavens, titre qu’il avait déjà enregistré avec la chanteuse sur son propre album « Wanted » en 2016.
En 1987 le pianiste
Bill Charlap intègre aussi dans ce nouvel album des thèmes moins connus comme Bon ami de Jim Hall et Curtains de Gerry Mulligan. Avec ce titre qui ouvre l’opus, le pianiste fait une révérence en direction du saxophoniste avec qui il avait joué à ses débuts.
Accessible en téléchargement numérique sur les plateformes depuis le 30 juin 2017 et disponible en magasin depuis le 01 septembre 2017, l’album « Onze Heures Onze Orchestra Volume 1 » est la dernière parution discographique inscrite au catalogue du label Onze heures Onze.
« The Source », annoncé pour le 08 septembre 2017 suit la parution de « A Tribute to Art Blakey And The Jazz Messengers », un premier EP de quatre titres paru le 19 mai 2017. Tous deux sont enregistrés par Tony Allen chez Blue Note.
En 2017, pour l’écriture des onze titres de l’album « The Source », Tony Allen s’est rapproché du saxophoniste Yann Jankielewicz avec qui il travaille depuis l’album « Secret Agent » de 2009. Autour du batteur sont réunis quelques-uns des meilleurs musiciens actuels. Le saxophoniste Yann Jankielewicz, le tromboniste et tubiste Daniel Zimmermann, les saxophonistes Rémi Sciuto et Jean-Jacques Elangue, le trompettiste Nicolas Giraud, le pianiste Jean-Philippe Dary, le guitariste Indy Dibongue et le contrebassiste Mathias Allamane. Sans oublier deux invités de marque avec lesquels Tony Allen a déjà collaboré, le pianiste Damon Albarn sur le titre Cool Cats et le claviériste et coproducteur Vincent Taurelle sur Life is beautiful.
Nat King Cole constitue un véritable fil rouge dans la vie de Gregory Porter depuis son enfance. Avec l’album « Nat King Cole & Me » le chanteur rend un hommage sincère à celui dont il a coutume de dire que “C’est un homme qui sortait vraiment de l’ordinaire. Il nous a laissé des musiques tellement grandes — si belles à écouter — qu’on ne peut que subir l’influence de ce timbre extraordinaire, son style, ce cool absolu.”