Le 25 août, Jazz Campus en Clunisois 2021 déroule une soirée en deux parties. Après le projet « Dans la Forêt » de Joce Mienniel, le « Roots Quartet » du guitariste Pierre Durand propose sa musique qui fusionne avec une grande cohérence les musiques qui ont forgé sa personnalité. Le public a apprécié ces deux spectacles dont les identités musicales différentes lui ont permis de s’immerger entre forêt et groove.

Jean-Pierre Como signe « Infinite »
La délicate poésie d’un jazz intemporel
« Infinite », le dernier opus du pianiste Jean-Pierre Como, vibre de musicalité. Sereine, la musique navigue entre douceur feutrée et ardeur maîtrisée. Le jazz sensible et poétique de l’album dégage un charme auquel il est difficile de résister.
Sorti le 07 septembre 2018, « Infinite » (L’Ame Soeur/Socadisc) réunit Christophe Panzani (saxophones soprano et ténor), Bruno Schorp (contrebasse) et Rémi Vignolo (batterie) autour du pianiste et compositeur Jean-Pierre Como.
Pour son onzième album, le leader a favorisé l’expression des musiciens en temps réel. Comme il le précise, le disque résulte d’un « projet collectif » né « d’une inspiration plus orale qu’écrite ».
« Infinite » témoigne du dynamisme créatif des quatre interprètes. Leurs interactions fécondes ont enrichi l’écriture de la partition originelle qui compte neuf compositions originales de Jean-Pierre Como et deux titres écrits par Rémi Vignolo. Il en ressort cinquante-cinq minutes d’un jazz lyrique distillé via le dialogue permanent des quatre musiciens complices.
Les musiciens
Christophe Panzani use de ses saxophones comme des pinceaux pour dessiner des volutes de tendresse et des arcs de volupté. La contrebasse de Bruno Shorp libère des ondes de force tempérées par de mélodieuses expressions. Rémy Vignolo fait sonner sa batterie avec une souplesse qui n’oublie pas de s’abreuver aux sources de Vulcain.
Labellisé « Artiste Steinway » en mai 2018, Jean-Pierre Como a rejoint la grande famille des Artistes Steinway au même titre que Keith Jarrett, Ahmad Jamal et Diana Krall dans le monde du jazz. Sur son Steinway le pianiste libère de fluides envolées lyriques, dessine de tendres mélodies poétiques, égrène avec subtilité des notes comme des perles cristallines. Avec délicatesse il utilise ses claviers pour nuancer les couleurs ou stimuler son propos.
Impressions musicales
On se laisse embarquer dans un voyage musical. On navigue sereinement sur de superbes textures harmoniques au gré de mélodies tournoyantes et de ballades poétiques.
I Remember ouvre l’album sur un climat crépusculaire. Grâce au re-recording, les saxophones de Christophe Panzani dialoguent. Inspirées par le jeu serein du piano et portées par une section rythmique tellurique, les notes du soprano tournoient avec superbe dans l’espace musical.
La ballade mélancolique Little Man met en valeur le style épuré de Jean-Pierre Como qui accompagne la lamentation du saxophone. Sur Lucky Day le climat se fait funky et laisse libre court au jeu souple et musclé du ténor et au phrasé gospellisant du piano.
Saxophones ténor et soprano croisent leurs chants sur Olinda. Ils créent un climat de tension qui inspire une superbe improvisation du piano soutenu par la puissance rythmique impulsée par Rémi Vignolo et Bruno Schorp. Sur Wonderland l’atmosphère devient plus onirique et l’on pénètre dans le pays des merveilles du quartet. Au sortir d’ombrageux sentiers foulés par la contrebasse et le saxophone, le piano voltige solo et déclenche un vertige proche de l’ivresse.
On se prend à chantonner sur le tempo chaloupé de La Sorrentina composée par Rémi Vignolo. Exposée à l’unisson par le ténor et le piano la mélodie enchante. On est ensuite chaviré par la courte mais volubile improvisation de Como qui inspire à Panzani une incandescente intervention.
On succombe plus tard au plaisir d’écouter Song for Wayne qui évoque de fort belle manière l’univers de Wayne Shorter. Dans les aigus, le soprano de Panzani évoque à s’y méprendre les inflexions ensorcelantes de Shorter. Magnifique clin d’oeil !
Sur Midnignt Sun le soprano s’envole. Avec Esquisse, on plonge dans un tableau musical bucolique où la contrebasse boisée devise sereinement avec le piano autour de la mélodie avant que les deux instruments n’entrelacent leurs improvisations délicates et raffinées. La sonorité chaleureuse du ténor renforce le climat de paisible sérénité.
Advient ensuite l’exquise ballade, In The Mood for Dreams. La mélodie inspire tout à tour le ténor et le piano qui rivalisent de sensibilité dans leurs expressions. Le son voilé du premier précède le jeu profond du second. Un moment de grâce indicible mais palpable.
L’album se termine avec Le temps d’un instant dont l’introduction piano/ténor évoque brièvement les couleurs sonores du label ECM. Le piano devient ensuite volubile avant de laisser place au lyrisme du saxophone qui s’envole mû par une fougue inspirée.
Sur « Infinite », le dialogue des musiciens libère un jazz intemporel où douceur et force s’entremêlent. Fondé sur la richesse et la spontanéité des échanges, l’album de Jean-Pierre Como navigue entre tendresse et lyrisme, entre délicate sensualité et sereine poésie. Un album incontournable à écouter en boucle.
Rendez-vous le 12 novembre 2018 à 21h au Studio de l’Ermitage à Paris pour le concert de sortie de l’album « Infinite ». Avec sur scène, Christophe Panzani (saxophones), Bruno Schorp (contrebasse) et Rémi Vignolo réunis autour de Jean-Pierre Como (piano).

Jazz Campus en Clunisois 2021 – Joce Mienniel & Pierre Durand

Jazz Campus en Clunisois 2021 – 60% de Matière Grave
Pour sa quatrième soirée, Jazz Campus en Clunisois 2021 propose « 60% de Matière Grave », un projet mené par le contrebassiste Jean-Philippe Viret avec Jean-Charles Richard au saxophone baryton et François Thuillier au tuba. Lors du concert du 25 août au Théâtre les Arts de Cluny, ces trois instruments imposants ont révélé au public combien la légèreté fait partie de leur vocabulaire. Leur musique élégante et sensible a fait l’unanimité.

Jazz Campus en Clunisois 2021 – Felsh! & Théo Ceccaldi Trio
Le 24 août 2021, Jazz Campus en Clunisois présente deux trios sur la scène du Théâtre Les Arts de Cluny. Le trio bourguignon Felsh! t précède Théo Ceccaldi Trio. Le public très attentif fait un accueil chaleureux au premier groupe très inventif et manifeste un enthousiasme unanime vis à vis de la deuxième formation dont la virtuoité n’a d’égale que son inventivité. Une soirée fort réussie qui présente deux facettes du jazz.