Robin McKelle revient en force avec « Alterations »

Robin McKelle revient en force avec « Alterations »

Fusion musicale sensible

Robin McKelle présente « Alterations », un huitième album consacré à la reprise de chansons popularisées par des artistes féminines. Sa démarche s’inscrit dans l’histoire du jazz où les standards réinterprétés à l’envi n’en finissent pas d’être recréés. Dans cette dynamique, la chanteuse modifie le cadre originel des morceaux, son chant revisite le contexte musical et les titres prennent de nouvelles couleurs. Avec musicalité et sensibilité, elle fusionne de nombreux genres dans sa musique. Une belle réussite !

Après « Melodic Canvas » (2018) à l’esthétique acoustique et plutôt minimaliste, la chanteuse Robin McKelle revient en force avec « Alterations » (Membran/Sony), un opus qui redonne vie à des reprises de chansons inscrites dans la mémoire collective par des interprètes féminines. Enregistré à New-York avec une équipe de musiciens accomplis, l’album est annoncé pour le 14 février 2020.Couverture de l'album Alterations de Robin-McKelle

Dans son acception la plus générale, le terme alteration est associé à l’idée de changement, de modification. Dans le langage musical, une altération augmente ou diminue une note d’un demi-ton. En nommant son album « Alteration », Robin McKelle annonce ainsi clairement que sa démarche procède de cette logique de variation. En effet, elle sort les chansons de leur cadre habituel, en modifie la forme et leur donne un nouveau corps via un habillage musical différent tout en respectant le cristal de leur essence originelle principalement sous-tendu par le texte.

Aux neuf chansons dont les années d’origine s’étalent entre 1956 et 2011, Robin McKelle ajoute Head High, une superbe composition personnelle qui honore la mémoire de ces artistes.

« Alterations est un hommage à ces femmes qui ont changé ma vie… à des chansons qui m’ont fait trembler. Il m’a fallu un immense courage pour rendre miennes les sculptures sonores parfaites de ces artistes que j’admire autant pour leur musique que pour leur parcours. Poser mon empreinte sur celle laissée par Amy Winehouse ou Joni Mitchell n’aurait pas été possible avant… ». Robin McKelle

« Alterations » met en valeur les chansons de différents genres, de diverses époques qu’ont popularisé des femmes célèbres de Billie Holiday à Amy Winehouse, en passant par Dolly Parton, Janis Joplin, Sade, Carole King, Adele et Lana Del Rey. Par la force et la grâce de sa voix de contralto, tantôt suave et sensible, tantôt rugueuse et éraillée mais toujours fort expressive, Robin McKelle décontextualise les morceaux de leur cadre d’origine et les restitue dans un idiome musical sensible qui fusionne jazz, soul, rythm’n blues, blues et rock.

De « Introducing Robin McKelle » à « Alterations »

De 2006 à 2018, huit albums

Robin McKelle

Robin McKelle@Frank Bullitt

Née à Rochester aux Etats-Unis en 1976, Robin McKelle a étudié le jazz à l’Université de Miami puis au Berklee College of Music de Boston d’où elle sort diplômée. Elle entame ensuite sa carrière comme pianiste et choriste au début des années 2000. En 2004 elle est récompensée du troisième prix du concours Thelonious Monk Jazz Competition de Washington. Elle intègre alors le Boston Pops Orchestra comme soliste.

Après un album auto-produit « Never Let Me Go » (2000), la chanteuse enregistre « Introducing Robin McKelle » (2006) et « Modern Antique » (2008), ses deux premiers albums où elle reprend des standards de jazz et de rythm’n blues des années 40 et se produit accompagnée par un big band. Après « Mess Around » (2010) entre rythm’n blues, jazz et soul, elle sort avec son sextet The Flystones « Soul Flower » (2012) et « Heart Of Memphis » (2014), deux albums imprégnés d’influences soul et funk puis « Merry Christmas Vol 1 » (2014), un EP de trois titres consacrés aux chants de Noël.

C’est ensuite la sortie de « The Looking Glass » (2016), un opus aux échos raffinés de pop-soul-jazz et « Melodic Canvas » (2018) un album plus intime où jazz et soul cohabitent.

En 2020, « Alterations »

Dans un premier temps, Robin McKelle a sélectionné deux cents chansons puis par élimination a retenu neuf titres auxquels elle ajoute Head High, une composition personnelle.

Elle enregistre l’album « Alterations » à New-York avec un quartet de musiciens accomplis qui réunit le pianiste américain Shedrick Mitchell, aussi à l’orgue et au Fender Rhodes, le bassiste Richie Goods, ancien élève de Ron Carter et Ray Brown, le batteur Charles Haynes présent aux côtés de Lady Gaga ou Kanye West mais aussi immergé dans le jazz et le guitariste Nir Felder, qu’on a vu s’aventurer sur les territoires d’Esperanza Spalding, Jack DeJohnette ou Meshell Ndegeocello. Le groupe est renforcé par le saxophoniste ténor Keith Loftis qui les rejoint sur Head High et le trompettiste Marquis Hill sur Born to die.

Chaque plage propose un univers différent et pourtant l’ambiance globale de l’album restitue une impression d’unité, de cohérence. Cet état de fait résulte en grande partie de la qualité des arrangements qui assurent une sorte de continuum dans la musique, qu’il s’agisse de jazz, de soul, de rythm’n blues ou de blues. Ainsi les transitions d’un titre à un autre s’opèrent avec un grand naturel et dans une continuité qui évite tout télescopage esthétique. Au final, le plaisir de l’écoute est constant.

Au fil des titres

On se laisse convaincre par l’expressivité poignante de la voix de Robin McKelle sur Back to Back d’Amy Winehouse. Elle transforme la chanson d’amour en une mélodie mélancolique aux couleurs afro-latines. La voix se love entre orgue, percussions et cymbales, exit la noirceur, place à une lumière feutrée. C’est ensuite un lifting délicat que la chanteuse réserve au tube Rolling In The Deep qu’interprétait Adele. Gorgée d’énergie, la voix se promène entre soul et jazz et le court chorus bluesy de la guitare est exaltant.

Avec sa composition, Head High, on plonge dans l’idiome hard bop. La voix groovy et pétillante évoque le souvenir de Betty Carter, le ténor se fait impétueux et le morceau devient frénétique à souhait. Un pur moment de bonheur !

Hommage sensible à Billy Holiday, Don’t Explain développe un chant gorgé d’affliction dont la dimension dramatique rejoint celle du titre original. L’arrangement musical subtil, le solo inspiré de contrebasse et les chœurs qui doublent le chant ajoutent à la dimension intime de ce morceau. Plus tard c’est une relecture sentimentale que la chanteuse donne de la romance pop Born To Die qu’a chanté Lana Del Re. La trompette bouchée magnifie la douceur exquise de cette ballade que délivre la voix suave aux mille nuances.

Plus loin, Robin McKelle insuffle un groove funk et galvanisant au thème qu’interprétait Dolly Parton. Jolene se trouve ainsi métamorphosé et électrisé par les soli des instrumentistes et la voix rocailleuse qu’adopte la chanteuse. Imprégnée d’une forte charge émotionnelle, la voix rafraîchit ensuite River, la composition de Joni Mitchell qu’illumine un chorus de guitare inspiré et touchant. Plus tard, sur la chanson de Sade, No Ordinary Love, le chant alterne  entre ballade et accents latins alors que le solo tendu de la guitare pousse le morceau et la voix vers une transe irrésistible.

Mercedes Benz, l’hymne solo que proclamait Janis Joplin, devient un cantique aux accents de gospel. La voix déchirante de Robin McKelle inspire à la guitare une intervention blues-rock qui enflamme les tympans. Une version intense et profondément soul à réécouter en boucle. L’album se termine par un duo sensible entre la voix et le piano qui reprennent la chanson de Carole King, You’ve Got A Friend.

Libre à chacun(e) de préférer les versions originales mais nul(le) ne peut dénier à Robin McKelle de s’être approprié de manière très personnelle ces succès  internationaux qu’elle a repris avec brio. Sa voix souple et sensible pose avec légèreté et détermination des accents jazz, soul ou blues sur ces chansons populaires qu’elle habille de nouvelles couleurs et interprète avec un talent infini.

Pour s’immerger dans l’univers musical de l’album « Alterations » et retrouver Robin McKelle, plusieurs concerts se profilent. RV le 05 mars 2020 au Théâtre de Cambrai, le 07 mars 2020 à Dreux dans le cadre de Jazz de Mars, le 13 mars 2020 à Wissous au St-Ex, le 14 mars 2020 à Montbrison au Théâtre des Pénitents, les 16 & 17 mars 2020 à Paris au New Morning, le 26 mars 2020 dans le cadre du festival de Jazz International de Megève, le 15 avril 2020 à Colmar, salle des Catherinettes et le 20 mai 2020 au Théâtre National de Nice. ICI pour consulter l’ensemble des dates de concert.

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« Healing rituals » de Naïssam Jalal

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Clin d’œil à « Toku In Paris »

Clin d’œil à « Toku In Paris »

Un opus élégant et soigné

Avec « Toku In Paris, », le trompettiste et chanteur japonais Toku présente son nouveau projet enregistré en Europe. Entouré de six musiciens chevronnés, il invite la chanteuse, parolière et compositrice Sarah Lancman. L’oreille se laisse entraîner avec bonheur à leur suite dans une promenade poétique sur des routes où se croisent amour et jazz. Un opus soigné dont l’élégance sereine se double de charme et de sensibilité.

Avec douze albums à son actif en tant que leader, le trompettiste chanteur et compositeur japonais Toku publie « Toku In Paris », son premier album européen.couverture de l'album Toku in Paris de Toku

Sorti le 24 janvier 2020 en partenariat entre Sony Japan et le label Jazz Eleven fondé par Giovanni Mirabassi et Sarah Lancman, l’opus déroule un répertoire de huit compositions originales du leader auxquelles s’ajoutent deux autres titres de Sarah Lancman et une reprise de Michel Legrand.

Avec une équipe de six musiciens parmi les meilleurs des scènes jazz européennes, Toku propose un album personnel où chaque morceau dessine un univers qui lui appartient en propre et participe à la cohérence d’un répertoire de onze titres construit avec soin, comme celui d’un concert.

Toku

Né dans la préfecture de Niigata au Japon, Toku a grandi en écoutant toutes sortes de musiques. Après le cornet, il apprend la trompette et le cor. Au lycée, il intègre un groupe qui reprend des titres de pop et de rock. Il découvre ensuite le jazz et déménage aux Etats-Unis où il apprend l’anglais et pratique le jazz avec son colocataire qui s’avère être pianiste de jazz. C’est là en quelque sorte que débute sa carrière de jazzman !

Le trompettiste et chanteur TOKU

Toku©Akira Kitajima

En effet il est ensuite repéré par le DJ Rob Crocker à la suite de quoi il signera “Everything She Said”, son premier album chez Sony Music Records Inc. en janvier 2000 et en août de la même année il débute au Blue Note de Tokyo puis au New Millenium Hall de l’Université de Séoul (Corée du Sud). Les albums vont ensuite se succéder à commencer par Bewitching (2001) puis Chemistry of Love (2002) où il commence à chanter. Avec You are so beautiful qu’il interprète pour une publicité télé Hitachi et le single Do-Re-Mi pour la campagne publicitaire Odyssey de Honda, il acquiert plus de notoriété. Plus tard, les albums se succèdent jusqu’à ”Toku Sings and Plays Stevie Wonder ~a jazz tribute from Atlanta” (2011), ”Dear, Mr Sinatra” (2015) et « Shake », son douzième album en 2017.

Sa carrière l’a vu collaborer avec Cindy Lauper et avec de grands jazzmen tels que Kenny Baron, Ron Carter, Chris Cheek, Lew Soloff ou Philippe Catherine. Entre tradition et modernité, Toku mène sa carrière d’instrumentiste et chanteur influencé par la musique de jazz et celle de son pays. Il a aussi récemment participé à l’album de la chanteuse Sarah Lancman, « A contretemps » sorti en 2018.

C’est entouré d’une équipe de jazzmen expérimentés qu’il enregistre l’album « Toku In Paris » (Jazz Eleven) en juillet 2019 à Paris.

« Toku In Paris »

L’album s’articule autour d’un répertoire original de onze titres composés en majorité par Toku, avec deux pièces créditées (paroles et musique) à Sarah Lancman et la reprise de Je ne pourrais jamais vivre sans toi composé par Michel Legrand pour le film de Jacques Demy « Les Parapluies de Cherbourg ».

Toku s’entoure d’un groupe d’émérites jazzmen parmi lesquels Giovanni Mirabassi au piano et Pierrick Pedron au saxophone alto sur cinq titres. La batterie est partagée entre André Ceccarelli et Lukmil Perez et la contrebasse entre Thomas Bramerie et Laurent Vernerey. Le leader invite Sarah Lancman qui le rejoint pour un duo vibrant

La voix du chanteur évoque quelques familiarités avec celle de Kurt Elling au niveau du registre et du grain chaleureux.

Le baryton crooner à la voix sensuelle et profonde développe sur trompette et bugle, un jeu doté d’une force sereine tempérée d’une douceur féline. Avec ses complices il élabore un album que n’entache aucun étalage virtuose. Les interventions soignées et maîtrisées de tous les intervenants contribuent à faire de « Toku In Paris » un voyage musical aux vibrations dynamiques et aux accents élégants.

L’amour au fil des titres

En ouverture, Toku pose sa voix de crooner sur Love is Calling you. La section rythmique réactive et incisive soutient un tempo assez vif sur lequel l’alto pétillant et la trompette mordante voltigent.

Deux thèmes dont Sarah Lancman a écrit les paroles et composé la musique évoquent ensuite le retour et le départ de l’aimée(e). She Comes back Again, sur un tempo de valse, fête le retour de celle qu’on aime, avec un bugle élégant et raffiné et un piano vitaminé. Au rythme d’une ballade, After You, murmure la tristesse de la solitude après le départ de l’être chéri… notes perlées du bugle, piano evansien.

Dédié à Horace Silver, Strollin’ in Paris recèle (peut-être) un double clin d’œil, le premier à Chet Baker qui a enregistré l’album intitulé « Strollin »’ (1986), du nom de la composition du pianiste et le second à celle de John Lewis, Afternoon in Paris. Le morceau de Toku fait résonner des réminiscences West Coast et invite à déambuler dans les rues de Paris ou sur la Seine. Plus tard, l’énergie d’un chorus de l’alto sous influence bop apaise la mélodie soul que la voix chagrinée pose sur I Think Love You et son motif de basse réitératif.

Place ensuite à deux thèmes composés par le leader, deux instrumentaux de belle facture. Sur Nuageux joué en quartet, les balais d’André Ceccarelli dessinent des arabesques et le bugle brumeux à souhait instaure l’atmosphère voluptueuse d’un songe à la tonalité mélancolique que renforcent les arpèges aériens et les notes vagabondes du piano romantique. Dès l’ouverture, exposé à l’unisson par trompette et alto, Be Careful émarge dans l’esthétique hard bop. La trompette caracole puis l’alto au son tranchant ébouriffe les notes puis passe le relai à un piano enthousiaste et à une impro courte mais étincelante de la batterie. Par son titre, le morceau annonce le piège qu’il recèle lorsque le tempo en 4/4 accueille une mesure en 3/4, avec le risque que cela représente de plantage… mais avec de tels experts, aucun danger, tout se déroule sans anicroche malgré le rythme trépidant adopté par les instrumentistes.

Advient alors la reprise sobre et inspirée du superbe titre, I Will Wait For You (Je ne pourrais jamais vivre sans toi) de Michel Legrand. Le piano ouvre l’espace au bugle chaleureux avant que le duo Sarah Lancman/Toku ne vibre ensuite de tendresse. Douce voix de velours de la chanteuse et baryton au léger vibrato… le moment se savoure !

Sur un tempo de boléro, l’amour habite ensuite Still In Love With You, que Lukmil Perez pilote d’un groove souple et félin, avec la complicité efficace et discrète de Thomas Bramerie. Le miel vocal et les étoiles célestes soufflées via le pavillon de l’instrument invitent au rêve. L’atmosphère se fait encore plus intime sur Blue Smoke, une ballade épurée où la voix chaude et sensible du chanteur dialogue avec le piano romantique.

Construit comme celui d’un concert, le répertoire de l’album se termine par une pièce instrumentale qui rallie le quintet pour le bien nommé Closing à la couleur funky soul. Chorus flamboyant de l’alto, solo attendri de la trompette, chorus incisif du piano. Les contrechants de la trompette et l’accompagnement churchy du piano contribuent au climat nostalgique de ce dernier titre qui donne envie de faire de nouveau tourner l’album sur la platine pour mieux s’en imprégner.

Pour s’immerger dans le monde de « Toku In Paris », plusieurs dates se profilent. En effet Toku part à la conquête de la France et de l’Europe qui ne devraient guère résister à son charme. RV avec Toku European All Stars qui réunit Toku (voix, trompette), Pierrick Piedron (saxophone alto), Giovanni Mirabassi (piano), Laurent Vernerey (contrebasse) et André Ceccarelli (batterie), le 12 février 2020 au Jazz Club d’Annecy et le 13 février 2020 à Luynes au Club Jazz Fola. Pour le concert de sortie d’album à la Maison de la Culture du Japon, à Paris, le 15 février 2020, le quintet est rejoint par Sarah Lancman sur les deux sets de 16h30 et 20h. ICI pour d’autres dates.

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Claude Tchamitchian présente « Poetic Power »

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Un trio au programme explicite

Associé au saxophoniste Christophe Monniot et au batteur Tom Rainey, Claude Tchamitchian présente « Poetic Power ». Cet album matérialise la nouvelle aventure musicale du contrebassiste dans la formule orchestrale réduite du trio. Après ses projets orchestraux à l’écriture foisonnante, le leader joue la carte de l’épure. Entre écriture et improvisation, les échanges des musiciens développent une promenade déambulatoire libre et inventive, poétique et puissante.

couverture de l'album Poetic Power de Claude TtchamitchianFamilier des projets orchestraux à l’écriture dense et complexe, « Need Eden » et « Traces », Claude Tchamitchian captive aussi par ses albums en solo dont le dernier, « In Spirit » sorti en 2019 a permis d’accéder à l’intimité de son univers. Pour son dernier projet musical, le contrebassiste fait le choix du trio « Poetic Power » pour lequel il réunit à ses côtés le saxophoniste Christophe Monniot et le batteur Tom Rainey.

Autour de nouvelles compositions du leader, l’aventure musicale des concerts de 2019 débouche sur l’enregistrement d’un disque au Studio de la Buissonne. La sortie de l’album « Poetic Power » (Emouvance/Socadisc) est annoncée pour le 14 février 2020.

Très réactifs, saxophones, contrebasse et batterie échangent et tissent une musique foisonnante et changeante. Aérienne et lyrique, tellurique et dramatique, organique et puissante, elle mue et évolue, réserve de surprenantes transformations où fragilité et force croisent le fer. « Poetic Power », un voyage onirique entre terre et ciel.

Poetic Power Trio

Compositeur inspiré et leader engagé, le contrebassiste Claude Tchamitchian fait figure de référence dans le monde de la musique improvisée. Impliqué dans la Compagnie et le label « Emouvance », il mène par ailleurs de nombreuses aventures artistiques où il se confronte à d’autres univers que le sien qu’il continue aussi à explorer. Après le tentet, le sextet et le solo, il revient avec le Poetic Power Trio qui réunit à ses côtés Christophe Monniot (saxophones) et Tom Rainey (batterie).

Musicien à l’esprit libre et ouvert, virtuose effervescent et improvisateur remarquable, Christophe Monniot poursuit sa carrière de leader tout en s’investissant dans d’autres projets. Ainsi, il rejoint Claude Tchamitchian au sein du Poetic Power Trio auquel il prête sa fougue et son jeu si peu académique.

Considéré comme l’un des batteurs les plus inventifs de la scène new-yorkaise, l’Américain Tom Rainey mène sa carrière depuis plus de trente ans entre avant-garde aventureuse et jazz ludique. Ouvert à toutes les aventures, il imagine des formules rythmiques atypiques qui défient les formats pré-établis et évoluent en permanence. Son jeu très expressif contribue pour beaucoup aux climats surprenants et poétiques du Poetic Power Trio.

Composé de trois fortes individualités, le Poetic Power Trio fait montre d’une cohésion qui ne se dément pas d’un bout à l’autre des six titres du répertoire de l’album « Poetic Power ».

« Poetic Power », l’album

C’est à partir des échanges très réactifs des trois musiciens que la suite orchestrale de « Poetic Power » prend vie et propose une déambulation poétique.

Au fil des six compositions du leader, le trio entreprend une pérégrination imaginaire et sensible dans des paysages aux lumières et aux reflets changeants.

La musique sculpte un rêve dont les reliefs contrastés restituent les échos d’une marche parmi les éléments de la nature. Le saxophone lyrique et aérien, la batterie fluide et vive et la contrebasse précise et profonde évoquent le souffle du vent à moins que ce ne soit la respiration de l’ombre, Shadow’s Breath. Sur L‘Envolée Belle, la contrebasse gronde, le saxophone volubile se fait tranchant et la batterie pulsatile ponctue les envols du sax’oiseau dont les effets électroniques troublants dédoublent la voix de l’instrument.

Impressionniste, la contrebasse boisée fait résonner les harmoniques sur So close, so far qui explore un univers aux facettes multiformes. Narrative et expressive, la batterie dynamise ou calme les interventions de ses compagnons très réactifs à ses ponctuations. Sur Unnecessary Fights, elle arbitre avec brio et délicate fermeté le combat inutile de la contrebasse tellurique et du saxophone volcanique et furieux.

Il fait bon voyager sur les sentiers imaginaires de l’album, « Poetic Power. Comme dans un rêve éveillé, les pieds ancrés dans le sol et la tête perchée dans les étoiles, on ressent la caresse du vent, on foule l’herbe encore humide, on pose le regard sur l’eau limpide, on devine le souffle de l’ombre, on gravit la colline… comme par magie, la puissance poétique de la musique opère.

Pour retrouver live Claude Tchamitchian Trio et les paysages de « Poetic Power », RV à Paris le lundi 16 mars à 20h30 au Pan Piper

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ECM publie « Life Goes On » de Carla Bley

ECM publie « Life Goes On » de Carla Bley

Entre silence et grâce, la vie continue

Riche de cinquante années d’existence, le label ECM continue sa saga et annonce pour le 14 février 2020 la sortie de « Life Goes On », le nouvel album de Carla Bley en trio. A ses côtés, le bassiste Steve Swallow et le saxophoniste Andy Sheppard. Comme le titre l’indique, l’opus se fait l’écho de la « renaissance » de la pianiste et compositrice. Entre ombre et lumière, entre silence et grâce, l’album restitue la musique de la vie, une fantaisie minimaliste pleine d’humour et de légèreté.

Couverture de l'album Life Goes On de Crala BleyQuatre ans après « Andando el Tiempo » (ECM/Universal), la pianiste Carla Bley revient en trio avec « Life Goes On » (ECM/Universal) dont la sortie est attendue le 14 février 2020. A ses côtés se tiennent ses compagnons fidèles depuis 25 ans, Steve Swallow (basse) et Andy Sheppard (saxophones).

Réalisé au Studio Auditorio Stelio Molo à Lugano en mai 2019, sous la direction artistique de Manfred Eicher, l’album propose trois titres déclinés en plusieurs parties, trois suites dont la première, Life Goes On, donne son titre à l’album. Composée par la pianiste après sa « renaissance », cette pièce authentifie par sa musique d’abord mélancolique puis joyeuse, que la vie continue avec sa part de mystère, de dérision et de grâce.

Life Goes On

Débuté sur les octaves inférieures du clavier du piano, Life Goes On, le premier mouvement de la suite, déroule un blues parodique en douze mesures dont on aimerait que sa simplicité (apparente) inspire la vie. La ligne mélodique repose sur la basse éloquente et sur le phrasé velouté du ténor dont le chorus porteur d’espérance est illuminé de grâce. Chaque note du saxophone advient comme une offrande. Son vibrato quasi imperceptible porte en lui la force ontologique de la vie. Le piano minimaliste émarge dans l’univers de Satie.

Avec une fluidité sensible et dépouillée, les deux mouvements suivants questionnent la coexistence entre ombre et lumière. Par le dépouillement et la sobriété du jeu pianistique, On évoque la facette monkienne de l’univers de Carla. L’élégance des lignes de basse et l’interrogation du ténor accentuent la dimension dramaturgique de l’atmosphère musicale. L’évolution se dessine ensuite subrepticement sur And On. Entre piano et le ténor se noue un dialogue allègre. Le saxophone flirte avec l’art de la fugue et le piano lui répond par des accords impressionnistes alors que, telle la force vitale qu’elle incarne, la basse demeure imperturbable.

Le quatrième et dernier mouvement de la suite, And Then One Day, débute par un motif répétitif du piano et du soprano. La basse invite ensuite très vite la musique dans une déambulation imaginaire. Inspiré, le soprano entame un chorus lunaire qui entraîne le trio dans un voyage vers les étoiles. Après la lascivité du tango, on passe à un rythme à quatre temps plus dansant. Ponctuée par ce joyeux éclairage, la vie continue certes, mais les instruments laissent en suspens les interrogations… et puis un jour ?

Beautiful Telephones

Le titre de la deuxième pièce s’inspire des premières impressions du président Trump, lorsqu’il a pénétré pour la première fois dans le bureau ovale de la Maison Blanche. Ce sont d’abord les « beaux téléphones » qu’il a remarqué ! La composition de la pianiste joue sur le registre des émotions et de l’humour.

Sur le premier mouvement, le piano instaure un décor entre ombre et ténèbres que le solo de basse tente d’éclairer d’une étincelle d’espérance. La suite continue avec une deuxième mouvement plus aérien. Le ténor entame alors un dialogue dense et maîtrisé avec le piano ensorceleur. Y-a-t-il quelqu’un aux commandes ?

Ironique et moqueur, le troisième mouvement met en évidence le jeu si peu orthodoxe de la pianiste. Dans son discours truffé de citations se disputent humour et langueurs italiennes. Le ténor y va de son grain de sel avec les échos d’un God Save The Queen moqueur.

Copycat

La dernière pièce donne alternativement la parole aux musiciens, l’un répond à l’autre, poursuit sa pensée et l’explore plus avant à sa manière. After You ouvre par une mélodie langoureuse et gorgée de mélancolie que souffle le ténor voluptueux. Il passe la parole, à la basse qui poursuit sa réflexion et tisse à sa manière une incitation au rêve. Au final, soutenus par le piano, les deux instruments se rejoignent. C’est sans compter sur le piano ironique qui pose sur son clavier un motif musical, court, ironique et surréaliste, Follow The leader.

Le trio se retrouve sur Copycat, le troisième mouvement. Le soprano voltige au-dessus des accords espiègles du piano. Les trois conteurs nouent une conversation fusionnelle et ludique, empreinte de gaîté et de légèreté. La basse tend un fil souple sur lequel rebondit avec souplesse le saxophone troubadour. Maître du tempo, le piano arbitre les dialogues et cet amusement superbe et fluide se termine par un triolet qui réunit les trois complices.

Minimaliste et légère, riche en émotions et en contrastes, ludique et un brin sophistiquée, la musique de Carla Bley et de son trio interroge le silence et stimule l’imagination. Pourvoyeuse de grâce et de sérénité, elle réconforte et engage à la contemplation. Poétique et sobre, « Life Goes On » recèle en son cœur l’essence même de l’art singulier du trio de Carla Bley. Entre silence et grâce, la vie continue.

Jazz Campus en Clunisois 2023 – La Programmation

Jazz Campus en Clunisois 2023 – La Programmation

À Cluny, en Bourgogne du sud, du 19 au 26 août 2023, le festival « Jazz Campus en Clunisois » donne rendez-vous à un large public pour vivre au rythme du jazz et des musiques improvisées. Fidèle aux valeurs de ses origines, il propose un large panorama de cette « musique en état perpétuel de création ». L’occasion de retrouver près de quarante artistes, six ateliers musique et chant, deux ateliers jeune public, des bœufs jusqu’au bout de la nuit. Des musicien.ne.s de renommée internationale, des artistes créatifs au long cours et aussi de nouveaux venus qui sont les enchanteurs de demain.

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Laurent Cugny Tentet présente « Zeitgeist »

Laurent Cugny Tentet présente « Zeitgeist »

Avec « Zeitgeist » Laurent Cugny livre sa définition du jazz : un langage musical universel qui traverse les époques et transcende les mélodies. Le pianiste dirige ici la fine fleur des musiciens hexagonaux réunis dans un tentet où chaque instrumentiste s’exprime avec une grande liberté. Électricité et mélodie font bon ménage. Un album jubilatoire.

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« Healing rituals » de Naïssam Jalal

« Healing rituals » de Naïssam Jalal

​Loin des colères et de la frénésie du monde, la flutiste et compositrice Naïssam Jalal met le cap sur la profondeur et la douceur avec « Healing rituals ». Elle a imaginé et créé huit rituels de guérison qui résonnent comme huit rituels de sérénité où se mêlent harmonies du Moyen Orient et lyrisme modal. Une musique acoustique et vibrante aux atmosphères apaisantes, intenses et lumineuses.

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Coup de cœur pour Didier Ithursarry Trio & « Atea »

Coup de cœur pour Didier Ithursarry Trio & « Atea »

Une porte ouverte sur un univers vibrant

Sur « Atea » l’accordéoniste Didier Ithursarry ouvre la porte de l’univers qu’il a créé avec Pierre Durand à la guitare et Joce Mienniel aux flûtes. Loin des formats habituels, le trio invite à pénétrer dans un espace vibrant qui puise son inspiration dans le monde, ses paysages et ses traditions musicales. Inspirés, les musiciens fondent un monde imaginaire qui transporte l’oreille dans des ailleurs dépaysants, vibrants et passionnants.

Annoncé pour le 31 janvier 2020, l’album « Atea » (LagunArte Productions/L’autre distribution) fait partie des bonnes surprises de ce début d’année. Entouré du guitariste Pierre Durand et du flûtiste Joce Menniel, l’accordéoniste aux origines basques, Didier Ithursarry, chemine loin des chemins battus, aux antipodes du déjà (trop) vu, connu, entendu.

Le Cuareim Quartet rejoint le trio sur la Forró Suite arrangée par Geoffroy Tamisier. Ce quatuor à cordes né au Mexique de la rencontre de Rodrigo Bauza (violon), Federico Nathan (violon), Olivier Samouillan (alto) et Guillaume Latil (violoncelle) contribue à enrichir le propos des six mouvements de la suite.

Didier Ithursarry place sa musique sous le signe des « Illuminations » (Départ/Illuminations) d’Arthur Rimbaud….

Assez vu. La vision s’est rencontrée à tous les airs.
Assez eu. Rumeurs des villes, le soir, et au soleil, et toujours.
Assez connu. Les arrêts de la vie. – Ô Rumeurs et Visions !
Départ dans l’affection et le bruit neufs !

« Atea », la porte

Le titre de l’album résonne comme une clé. En langue basque, Atea signifie la porte, celle qu’on ouvre ou ferme, celle qui rassure, qui claque, qui invite ou intrigue. Témoin, gardienne d’histoires de vies, d’humeur et de sueur. Protectrice de secrets.

Entrer ou sortir. S’arrêter. S’abriter. Traverser. Passer d’un monde à un autre, de l’ici vers l’ailleurs, du souvenir à la destination rêvée, du réel à l’imaginaire, jusqu’à l’inconscient. Accueillir l’autre et ses traditions puis échanger.

De fait, sur « Atea », le trio de Didier Ithursarry ouvre grand sa porte à des influences venues d’ailleurs. Enrichis de ces apports, les musiciens inspirés s’aventurent sur des sentiers non balisés. Ils captent l’air, la lumière, le vent, les poussières, les effluves, les sons et de ces ailleurs musicaux dont ils s’abreuvent. Ils invitent ensuite l’oreille à franchir le seuil de leur univers musical et l’accueillent dans l’intimité de leur musique.

Via les impressions transmises par la musique, on accède à des paysages, des sensations, on franchit la porte du 221B Baker Street à Londres, on s’aventure dans une habitation du Pays Dogon au Mali, on suit le chemin laborieux des forçats de Guyane, on s’abrite sous une tente dans le désert de Gobi entre Chine et Mongolie, on passe le seuil d’une maison du quartier Lapa de Rio, on fait escale au Mexique, on pénètre dans une ferme basque… et partout, on se sent chez soi.

Au fil des douze titres… entre danse et rêverie

Avec l’accordéon, la guitare et les flûtes, on embarque dans un voyage sensible, captivant et envoûtant ponctué par des mouvements virevoltants, vigoureux, légers, poétiques, langoureux ou mélancoliques.

En parfaite symbiose les trois musiciens ouvrent une première porte sur l’univers de Forçats. A l’unisson, l’accordéon, la guitare et la flûte mêlant souffle et effets de voix entament une mélodie intrigante. Avec eux on entre dans la danse virevoltante et harassante de la marche et des travaux des forçats. La caravan’trio donne ensuite à entendre sa marche laborieuse qui parcourt tour à tour la steppe, le désert et les oasis du très expressif Gobi. Une sorte de blues où l’on ressent tour à tour le soleil ardent et le froid nocturne. Le vent piquant tourbillonne à travers les notes enivrantes de la flûte virtuose.

couverture de l'album Atea de Didier Ithursarry TrioDans un développement quasi cinématographique, le trio étoffé du « Cuareim Quartet » développe les six mouvements de la Forró Suite et emporte la musique dans le Nordeste du brésil. D’entrée, l’accordéon à la sonorité lunaire caresse une mélodie mélancolique sur un écrin de cordes. Sur le deuxième mouvement, les sept musiciens jouent ensemble jusqu’à donner le tournis. Les envolées bondissantes de la flûte, le phrasé sensuel de l’accordéon et le rythme lascif de la guitare donnent le tournis et l’envie de danser le baião avec eux. Sur le troisième mouvement, le quartet à cordes ouvre un espace musical onirique puis, accordéon et guitare dessinent des lignes musicales sensibles chargées d’un tendre spleen. La guitare insuffle ensuite un climat plus folk au quatrième mouvement où les nappes sonores des cordes et la flûte au timbre coloré content une histoire musicale mystérieuse. Les notes tendres et lyriques de l’accordéon flottent plus tard sur le tapis sonore romantique que tisse le quartet à cordes. La suite s’achève par une farandole qui reprend le thème du deuxième mouvement et incite à danser jusqu’à l’ivresse.

Avec Mali le voyage change de continent. Sur une rythmique réitérative de l’accordéon, guitare et flûte attisent le feu de la mélodie jusqu’à l’hypnose. Avec Sherlok, on franchit la porte d’un monde étrange chargé d’une langueur mélancolique où la musique éthérée flotte comme en apesanteur.

C’est ensuite un hommage tendre et sensible à l’âme basque que rend l’accordéon en solo sur Gizian Argi Hastian, une très belle mélodie que le poète musicien Etxahun Iruri, a composé en travaillant dans les champs et en soignant ses bêtes. l’album se termine par un feu d’artifice d’allégresse avec Mariachi for Aita que l’accordéoniste adresse au père, aita en basque, le sien sans doute mais pourquoi pas à tous les pères.

Pour s’immerger dans l’univers lumineux et vibrant de « Atea » et retrouver Didier Ithursarry (accordéon); Pierre Durand (guitare) et Joce Mienniel (flûtes),  RV à Paris le 18 mars 2020 lors du concert de lancement de l’album au Studio de l’Ermitage.

Jazz Campus en Clunisois 2023 – La Programmation

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Laurent Cugny Tentet présente « Zeitgeist »

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« Healing rituals » de Naïssam Jalal

« Healing rituals » de Naïssam Jalal

​Loin des colères et de la frénésie du monde, la flutiste et compositrice Naïssam Jalal met le cap sur la profondeur et la douceur avec « Healing rituals ». Elle a imaginé et créé huit rituels de guérison qui résonnent comme huit rituels de sérénité où se mêlent harmonies du Moyen Orient et lyrisme modal. Une musique acoustique et vibrante aux atmosphères apaisantes, intenses et lumineuses.

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Clin d’œil à « Prévert Parade », Minvielle & Papanosh

Clin d’œil à « Prévert Parade », Minvielle & Papanosh

Quand Liberté rime avec Poésie, Humour & Musique

Le vocalchimiste André Minvielle et le quintet normand Papanosh ont mis en musique textes et poèmes de Jacques Prévert. Sur « Prévert Parade », les six complices font swinguer la poésie de Prévert. Animées par un même esprit libertaire, poésie et musique dialoguent en fanfare. Mots et tempo battent des mains, les vers valsent et entrent en transe. Une fête enlevée où liberté rime avec Poésie, Humour et Musique.

« Prévert Parade » (La C.A.D./Label Vibrant/L’Autre Distribution) scelle sur disque la rencontre entre la poésie de Jacques Prévert et la musique du chanteur André Minvielle et de Papanosh, le quintet du collectif rouennais « Les Vibrants Défricheurs ». Le chanteur gascon s’est associé aux cinq trublions de Papanosh pour composer des musiques sur des textes de Jacques Prévert.

Une même liberté habite les vers et la musique. Présent au fil des rimes, l’humour résonne et rebondit aussi au long des portées musicales. Au final, ça valse, ça grogne, ça éructe, ça groove en fanfare. Une ode joyeuse où notes et mots dansent en chœur. Pour les oreilles curieuses en quête de surprise, « Prévert Parade » est une aubaine inouïe.

Le projet « Prévert Parade »

C’est lors d’une des fameuses Hestejadas de las arts d’Uzeste Musical qu’André Minvielle croise la route du collectif normand Papanosh. La première rencontre se poursuit par d’autres collaborations entre les allumés inspirés toujours avides d’inventer et de renouveler leur art et le vocalchimiste gascon collecteur d’accent, scatteur devant l’éternel et jongleur de syllabe.

Pour ce qui concerne Prévert, l’histoire commence lorsque Fellag confie à André Minvielle le poème « Étranges étrangers » de Prévert que le chanteur interprète à sa manière et enregistre en 2016 sur son album « 1Time ». Lors d’une soirée hommage au Théâtre des Bouffes du Nord à Paris, la petite-fille de Prévert, Eugénie Bachelot-Prévert, propose au chanteur de continuer un travail de relecture des poèmes de Prévert.

Pour ce faire, André Minvielle travaille avec Papanosh composé de Raphaël Quenehen (saxophones, chant), Quentin Ghomari (trompette, trompette à coulisse), Sébastien Palis (piano, orgue, chant), Thibault Cellier (contrebasse, chant), Jérémy Piazza (batterie, percussions, chant), dans la perspective d’une création autour des poèmes de Jacques Prévert dont les contenus demeurent (tristement) d’actualité dans le monde actuel.

Le pari est de taille car il s’agit de mettre en musique les mots du poète sans omettre de conserver son esprit libertaire mais il est vrai que tant Minvielle que Papanosh émergent largement sur ce territoire. Ainsi, co-produite par l’association Les Chaudrons d’André Minvielle et La Fraternelle de Saint Claude (39), la création « Prévert Parade » voit le jour en 2018 après une résidence du 10 au 15 septembre 2018 à La frat’.

L’album « Prévert Parade »

De fait la versification poétique de Prévert possède un rythme intrinsèque et génère une tension rythmique qui fait fi des règles de la métrique musicale. Pourtant Prévert a peu écrit pour la chanson, ce sont les musiciens qui ont mis ses textes en musique, musiciens parmi lesquels on peut certes citer Kosma mais aussi Sebastian Maroto, Henri Crolla, Christiane Verger, Hanns Eisler, Louis Bessières, et plus récemment Vanina Michel.Couverture de l'album Prevert Parade de Minvielle et Papanosh

Il a fallu la liberté inventive parée d’un brin de folie des compositions d’André Minvielle, Quentin Ghomari, Thibault Cellier, Sébastien Palis et Raphaël Quenehen pour insuffler une vie musicale au douze poèmes de Jacques Prévert gravés sur l’album « Prévert Parade » (La C.A.D./Label Vibrant/L’Autre Distribution) à paraître le 31 janvier 2020. Si les poèmes choisis pour figurer sur « Prévert Parade », mettent l’humour et l’absurde au cœur de leur propos, il n’empêche que la dimension politique n’en est pas absente loin de là. L’armée n’y a pas bonne presse, pas plus que les tenants du pouvoir. 

On peut dire que les six complices ont mis Les petits plats dans les grands pour faire Cortège aux poèmes de Jacques Prévert. Si La guerre est évoquée c’est pour lui préférer la paix, Les belles familles convoquent L’Amiral auquel elles donnent Quartier libre à Alicante. Ensuite les musiciens convoquent La brouette ou les grandes inventions qu’ils poussent Un matin rue de la Colombe. C’est alors que d’Étranges étrangers chantent pour que n’advienne pas Le combat avec l’Ange. Destiné se présente avant que ne retentisse le bluesy Chant Song. Le répertoire se termine avec Séganagramme, paroles de Minvielle et musique de Raphaël Quenehen.

Loin de toutes les conventions, « Prévert Parade » propose une musique populaire imprégnée de liberté, d’humour et d’un grain de folie qui éclairent la poésie de Prévert de vibrations actuelles. Fanfare insolente, marche martiale, groove cuivré, murmures feutrés, rythmiques cubaines, java-valse, blues poignant, fulgurances free, et syncopes énergiques entrent en résonance avec les mots du poète.

Pour découvrir et vivre live « Prévert Parade », quelques RV se profilent, le 11 février 2020 au Théâtre de Gascogne à Mont-de-Marsan, le 12 février 2020 à Cenon au Rocher de Palmer, le 14 février 2020 au Théâtre d’Orléans à Orléans et le 24 mars 2020 à La Dynamo de Banlieues Bleues à Pantin dans le cadre du 37ème festival Banlieues Bleues.

Jazz Campus en Clunisois 2023 – La Programmation

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À Cluny, en Bourgogne du sud, du 19 au 26 août 2023, le festival « Jazz Campus en Clunisois » donne rendez-vous à un large public pour vivre au rythme du jazz et des musiques improvisées. Fidèle aux valeurs de ses origines, il propose un large panorama de cette « musique en état perpétuel de création ». L’occasion de retrouver près de quarante artistes, six ateliers musique et chant, deux ateliers jeune public, des bœufs jusqu’au bout de la nuit. Des musicien.ne.s de renommée internationale, des artistes créatifs au long cours et aussi de nouveaux venus qui sont les enchanteurs de demain.

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Laurent Cugny Tentet présente « Zeitgeist »

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« Healing rituals » de Naïssam Jalal

« Healing rituals » de Naïssam Jalal

​Loin des colères et de la frénésie du monde, la flutiste et compositrice Naïssam Jalal met le cap sur la profondeur et la douceur avec « Healing rituals ». Elle a imaginé et créé huit rituels de guérison qui résonnent comme huit rituels de sérénité où se mêlent harmonies du Moyen Orient et lyrisme modal. Une musique acoustique et vibrante aux atmosphères apaisantes, intenses et lumineuses.

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Macha Gharibian présente « Joy Ascension »

Macha Gharibian présente « Joy Ascension »

Musique méditative chargée d’allégresse

Sorti le 24 janvier 2020, « Joy Ascension » propose un voyage dans les paysages variés qu’explore Macha Gharibian. D’envolées lyriques en pulsations hypnotiques, le troisième album de la pianiste et chanteuse creuse son sillon entre jazz, soul-folk et blues, sans vraiment choisir son port d’attache. Un univers sonore contrasté et ouvert qui ne manque ni d’audace ni de subtilité. Une méditation intimiste chargée d’allégresse et de générosité.

Après son deuxième album « Trans Extended » sorti en 2016, la pianiste, chanteuse, auteure et compositrice Macha Gharibian est de retour le 24 janvier 2020 avec « Joy Ascension » (Meredith Records/Rue Bleue/Pias).

Couverture de l'album Joy Ascension de Macha GharibianPartagée entre piano et clavier, elle est soutenue par la contrebasse flexible de Chris Jennings et la batterie organique de Dré Pallemaerts avec lesquels elle propose deux titres instrumentaux. Son chant pose son empreinte singulière sur six titres où s’invitent allégresse, mystère, lumière et tendresse. Macha Gharibian s’entoure aussi de deux invités prestigieux, le trompettiste Bert Joris et le joueur de doudouk Artyom Minasyan qui rejoignent le trio sur deux plages.

Hormis une reprise de 50 Ways To Leave Your Lover de Paul Simon et Sari Siroun Yar, chant traditionnel arménien, les paroles et musiques des autres titres sont à porter au crédit de Macha Gharibian laquelle a par ailleurs co-écrit le texte de The Woman I Am Longing To Be avec Pierre de Tregomain

« Joy Ascension », un univers musical dont les audaces subtiles explorent les cultures chères à Macha Gharibian, celles de ses racines, du jazz et d’une pop teintée de folk aux accents soul. Avec sobriété et délicatesse, la pianiste utilise sa voix comme un instrument de musique qui ajoute force et sensibilité aux couleurs de ses claviers acoustique et électrique. Les vibrations rythmiques pulsatiles ou hypnotiques participent à nuancer le paysage musical qui de méditatif devient mystérieux, incantatoire, joyeux ou spirituel.

Macha Gharibian

Fille du guitariste Dan Gharibian, co-fondateur du groupe Bratsch, Macha Gharibian a débuté le piano par une formation classique puis a découvert le jazz à New-York en 2005. Éclairée par l’enseignement de Ralph Alessi, Uri Caine, Jason Moran, Ravi Coltrane à la « School for Improvisational Music », elle s’engage dans l’écriture musicale qui intègre l’ensemble des dimensions constitutives de sa vie construite entre l’Arménie de ses ancêtres, Paris et New-York. Son activité inscrite entre théâtre, cinéma et danse l’amène à collaborer avec Simon Abkarian, Brontis Jodorowsky, Nicolas Tackian.

Au fil des ans, le chant prend place dans son expression au même titre que son jeu sur les touches blanches et noires. Elle accorde aussi de plus en plus d’intérêt pour les claviers électriques et en particulier le Fender Rhodes.

Après un premier album « Mars » (2013), elle sort « Trans Extended » en 2016 qui lui vaut un accueil chaleureux de la part du public et des critiques. Le 24 janvier 2020, elle revient avec « Joy Ascension » (Meredith Records/Rue Bleue/Pias) entourée d’une paire rythmique de premier cru en les personnes de Chris Jennings (contrebasse) et Dré Pallemaerts (batterie).

« Joy Ascension »

L’album ouvre avec Joy Ascension qui donne son titre à l’album et évolue entre blues, gospel, folk et soul. Soutenue par le jeu solide de la contrebasse et le tapis déroulé par le tambourin, la voix charnelle gospellise une complainte qu’elle élève jusqu’à atteindre la félicité.

Deux titres instrumentaux permettent de prendre la mesure de la subtile alchimie qui opère entre piano/Fender, contrebasse et batterie. Sur une rythmique binaire énergique, le piano attaque Fight que batterie et contrebasse stimulent dans le combat palpitant que la musicienne mène avec détermination entre piano et Fender. Les séquences harmoniques et rythmiques martiales font palpiter la musique.

Évocatrice du Caucase la mélopée du piano de Georgian Mood est reprise au Fender sur une pulsation hypnotique. La musique élastique rebondit sur la texture sonore du morceau propulsé entre jazz et ethno-world.

La sonorité de velours de la trompette ouvre ensuite The Woman I Am Longing To Be, une ballade complainte où le jeu atmosphérique du piano et les volutes de la trompette offrent un écrin intime au chant-prière. Piano et chant dialoguent avec le doudouk sur Sari Siroun Yar, un traditionnel arménien. Une incantation mystérieuse aux accents célestes mêle la voix et le souffle du doudouk. Avec l’envoutement surgit l’émotion. Sur la reprise de la composition de Paul Simon, 50 Ways To Leave Your Lover, le chant haut perché et imprégné d’accents folk/pop cède la place à un chorus lumineux du Fender qui sculpte la matière sonore et l’irradie de lumière.

Morceau de bravoure vocal, Crying Bohemia touche au spirituel avec de vibrantes lamentations soutenues avec sobriété et gravité par les accords du piano. L’album se termine avec Freedom Nine Dance, une incantation imprégnée de folklore arménien. Intimement liée à la voix chantonnante et aux envolées du clavier, la contrebasse pleine de vitalité s’unit à la batterie vigoureuse sur les rythmiques complexes. Entre allégresse et tristesse, piano et clavier tentent de s’envoler vers la liberté.

Aux confluences de plusieurs univers, « Joy Ascension » embarque l’oreille dans un monde dont les climats contrastés se succèdent avec harmonie. Les mélodies joyeuses ou incantatoires sont stimulées par une pulsation dense et organique ou portées par une rythmique souple et hypnotique. L’album enchante par la cohérence qui se dégage des multiples influences musicales intimement liées dans la musique de Macha Gharibian.

Jazz Campus en Clunisois 2023 – La Programmation

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« Healing rituals » de Naïssam Jalal

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Clin d’œil à RP3 & « In Odd We Trust »

Clin d’œil à RP3 & « In Odd We Trust »

Étrange rêve groovy

En 2020, Rémi Panossian Trio fête ses dix années d’existence et saisit l’occasion pour sortir un cinquième opus. Le titre, « In Odd We Trust », et la pochette annoncent la couleur. Étrange, vous avez dit étrange ?… en fait, pas si étrange que cela de la part de ce trio RP3 inventif et espiègle. Cet album anniversaire aurait tout aussi bien pu s’intituler « Dream & Groove ».

Depuis 10 ans, Rémi Panossian Trio, ou plus simplement RP3, n’a eu cesse de se démarquer dans le très dense univers des trios jazz piano-(contre)basse-batterie. De « Add Fiction » (2011) à « Morning Smile » (2017), en passant par « RP3 » (2015) puis « Bbang » (2016), le pianiste Rémi Panossian, le contrebassiste Maxime Delporte et le batteur Frédéric Petitprez ont élaboré leur musique. Elle évolue dans un périmètre dont les limites semblent extensibles et dont les codes sont en prise avec le monde actuel.

RP3 a construit sa musique en référence à une recette savamment dosée dont le trio préserve le secret. En effet, dans leur shaker les trois bartenders mixent en toute liberté impros jazz et riffs pop, rythmique rock et mélodies lyriques, le tout pimenté d’un zeste de folie et d’un soupçon d’étrangeté. « In Odd We Trust » (Add Fiction/L’Autre distribution), le cinquième album du trio annoncé pour le 31 janvier 2020 ne déroge pas à sa cuisine savante et son écoute ne laisse pas indemne.

Étrange, vous avez dit étrange ?

couverture de l'album In Odd We Trust de RP3A dire vrai, la pochette de l’album affiche plus d’étrangeté que la musique. Au recto comme au verso coexistent absurde, fantaisie, imaginaire et surréalisme.

Sur le recto on trouve des rappels de titres de l’album, un clou et une panthère, des collines avec le Christ d’Ipanema et la statue de la Liberté, un auto portrait de Van Gogh qui aurait avalé une pieuvre, des animaux farceurs. Dans le ciel, des oiseaux en vol, une soucoupe volante, des dirigeables, des ballons en baudruche et un astronaute fou. Sur un banc trois vieillards grimés assis sur un banc avec à leurs pieds un téléphone rouge (!), une bouteille (vide?) après une partie de bowling et en arrière-plan, trois silhouettes dans le sable occupées à jouer ou à plonger dans une baignoire (vide sans doute)… quant au verso, on y devine des champignons (hallucinogènes), Autant dire que ça plane!

On l’aura compris, pour le trio tout est possible, rien n’est inimaginable.

« In Odd We Trust »

Sur les dix plages de l’album le trio en communion propose un jazz contemporain contrasté. La musique navigue entre énergie et poésie, légèreté et facétie, fluidité et groove. On est frappé par la mise en place rythmique, les riffs mélodiques entêtants et la liberté des improvisations.

En ouverture, la rythmique binaire rock de Seven Hills devient organique et le piano fait tourner en boucle la mélodie métronomique qui n’en finit pas de groover. Le trio continue avec Vengeance tardive, une mélodie élastique et sautillante qui se densifie sans pour autant perdre sa bonne humeur que le piano espiègle insuffle.

Plus loin, le piano déambule paisiblement sur After Van Gogh, une ballade mélancolique qui inspire à la contrebasse un solo poétique et au piano un jeu sensible. Advient ensuite Dr Vincent, une composition au climat funky que n’aurait pas renié Horace Silver. Riche en contrastes, le thème donne à entendre des ruptures fort maîtrisées dans les cadences rythmiques et les développements mélodiques. Ce morceau porte en lui l’essence même de l’art de ce trio acoustique.

Habile à distiller les contrastes, RP3 continue avec Bye Bye Tristesse qui se métamorphose en bain de jouvence après un court solo ensoleillé de contrebasse et une méditation pianistique. Après une telle plénitude, le climat de Junkie Babies assombrit le paysage musical. Les arpèges répétitifs du piano instillent d’abord une dose d’étrangeté puis la tension monte sur le clavier jusqu’à atteindre une transe radieuse.

Songe éveillé, Walking Trees évoque une randonnée musicale au-dessus de laquelle plane le fantôme d’un trio mythique, celui d’E.S.T. La promenade continue avec Wind Memories où la tristesse rêveuse du piano ruisselle tout au long du motif continu de contrebasse que soutiennent les balais mousseux de la batterie. RP3 excelle de complicité sur Think One Thing and Sing dont la ligne mélodique réitérative permet au piano virtuose de groover en totale symbiose avec la rythmique tendue.

L’album se termine avec le très singulier Le Clou et la Panthère. Après un début pseudo laborieux se développe une ligne de basse continue puis un chorus étincelant du piano, un solo ardent de la batterie et après une tension extrême, le trio facétieux fait se dégonfler la (panthère) musique.

« In Odd We Trust », un album/cocktail savamment dosé et addictif en diable. Après une première gorgée du mélange on est tenté par une deuxième puis on en redemande une troisième avant de se jeter sur la piste suivante et d’écluser les dix titres jusqu’à plus soif !

Pour retrouver RP3 et les ambiances contrastées de l’album « In Odd We Trust », plusieurs RV se profilent. Le 05 février 2020 au Metronum de Toulouse, le 21 février 2020 à La Maison du Savoir de Tarbes et le 10 mars 2020 à Paris au New Morning. ICI, pour plus de détails sur la tournée de RP3

Jazz Campus en Clunisois 2023 – La Programmation

Jazz Campus en Clunisois 2023 – La Programmation

À Cluny, en Bourgogne du sud, du 19 au 26 août 2023, le festival « Jazz Campus en Clunisois » donne rendez-vous à un large public pour vivre au rythme du jazz et des musiques improvisées. Fidèle aux valeurs de ses origines, il propose un large panorama de cette « musique en état perpétuel de création ». L’occasion de retrouver près de quarante artistes, six ateliers musique et chant, deux ateliers jeune public, des bœufs jusqu’au bout de la nuit. Des musicien.ne.s de renommée internationale, des artistes créatifs au long cours et aussi de nouveaux venus qui sont les enchanteurs de demain.

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Laurent Cugny Tentet présente « Zeitgeist »

Laurent Cugny Tentet présente « Zeitgeist »

Avec « Zeitgeist » Laurent Cugny livre sa définition du jazz : un langage musical universel qui traverse les époques et transcende les mélodies. Le pianiste dirige ici la fine fleur des musiciens hexagonaux réunis dans un tentet où chaque instrumentiste s’exprime avec une grande liberté. Électricité et mélodie font bon ménage. Un album jubilatoire.

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« Healing rituals » de Naïssam Jalal

« Healing rituals » de Naïssam Jalal

​Loin des colères et de la frénésie du monde, la flutiste et compositrice Naïssam Jalal met le cap sur la profondeur et la douceur avec « Healing rituals ». Elle a imaginé et créé huit rituels de guérison qui résonnent comme huit rituels de sérénité où se mêlent harmonies du Moyen Orient et lyrisme modal. Une musique acoustique et vibrante aux atmosphères apaisantes, intenses et lumineuses.

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Coup de cœur pour François Ripoche & « Happy Mood! »

Coup de cœur pour François Ripoche & « Happy Mood! »

Jazz pêchu & Bonne Humeur à revendre

Il était une fois… un saxophoniste nantais, François Ripoche qui réunit autour de lui six pointures du jazz d’aujourd’hui pour célébrer l’énergie et l’improvisation collective, Steve Potts, Glenn Ferris, Louis Sclavis, Geoffroy Tamisier, Darryl Hall et Simon Goubert. La fin de l’histoire…  se nomme « Happy Mood! », un album réjouissant et généreux, joyeux et plein d’allant qui retrouve l’esprit populaire du jazz des origines. Du jazz pêchu qui met de bonne humeur !

C’est un all-stars de musiciens parmi les plus inventifs et exigeants des improvisateurs jazz d’aujourd’hui que le saxophoniste et compositeur nantais François Ripoche a convié autour de lui pour enregistrer l’album « Happy Mood! » (Black & Blue/Socadisc) à sortir le 31 janvier 2020.

Couvertue de l'album Happy Mood! de François RipocheLe projet réunit du beau monde, Américains et Français, jeunes et moins jeunes. Tous se connaissent, certains ont joué ensemble mais jamais tous les sept n’ont été réunis, François Ripoche (saxophone ténor), Steve Potts (saxophones soprano et alto), Glenn Ferris (trombone), Louis Sclavis (clarinettes), Geoffroy Tamisier (trompette), Darryl Hall (contrebasse) et Simon Goubert (batterie). Au final une grande cohésion les réunit et l’album témoigne de l’entente hors pair de ce groupe.

Autour de ses compositions et de deux reprises, François Ripoche et six personnalités du jazz actuel célèbrent l’improvisation collective. « Happy Mood! » résonne comme un hymne joyeux évocateur des fanfares originelles. Une musique tonique et généreuse qui donne du ressort et engendre la bonne humeur !

François Ripoche

A l’initiative du projet « Happy Mood! », le Nantais François Ripoche se définit lui-même comme « Saxophoniste, bricoleur (claviers, batterie, électronique) et jazzman ». Musicien improvisateur dans l’âme, il est engagé dans de nombreuses aventures musicales et artistiques parmi lesquelles « Francis et ses Peintre »s, « Francis et ses Peintres + Katerine », « La Tête et les Jambes » avec Hélena Noguerra et des ciné-concerts.

Le saxophoniste François Ripoche, album Happy Mood!

François Ripoche©Richard Dumas

Avant de découvrir le jazz, de suivre ensuite un cursus au conservatoire de Nantes puis des stages auprès de Jo Lovano, Dave Liebman ou Lee Konitz, et de collaborer avec Steve Potts, Sarah Lazarus, John Betsch, Jean-Jacques Avenel, Georges Arvanitas, Alain Jean-Marie ou Simon Goubert, François Ripoche a débuté l’apprentissage du saxophone dans l’harmonie municipale de sa commune.

Avec en mémoire le son des fanfares déambulant dans les rues et les clubs de la Nouvelle-Orléans, il se souvient que le jazz a été une musique de fête. Sur ces bases, il conçoit sept compositions originales auquel il associe deux reprises, Auprès de mon arbre de Georges Brassens et Music Matador d’Eric Dolphy élément fondateur de son projet. Il décide ensuite de donner une grande part à l’improvisation polyphonique propre au jazz des origines, cette forme de jazz où l’ensemble du groupe improvise en même temps autour du thème exposé par un soliste. Pour ce faire, il envisage de convoquer une « fanfare » de vents avec cuivres (trompette et trombone) et bois (clarinette et saxophones) que soutient une section rythmique (contrebasse et batterie).

Il lui reste alors à inviter les musiciens profilés pour le projet, d’excellents improvisateurs rompus à l’invention collective.

Le septet Happy Mood

Pour François Ripoche l’équation est simple, s’adresser à de fins improvisateurs qui soient désireux de jouer ensemble. Il en réfère aux musiciens avec lesquels il a échangé depuis 25 ans ou à d’autres avec qui il a plus récemment partagé des moments musicaux… autour de lui il réunit donc du beau monde, un casting prestigieux qui regroupe :

  • Steve Potts (saxophones soprano et alto), compagnon de Charles Lloyd, Eric Dolphy, Roy Ayers, Richard Davis, Joe Henderson, Dexter Gordon, Johnny Griffin, Ben Webster, Hal Singer ou encore l’Art Ensemble of Chicago et surtout du batteur Chico Hamilton et de Steve Lacy pendant 26 ans.
  • Glenn Ferris (trombone), a croisé Stevie Wonder, Philly Joe Jones, Billy Cobham, Tony Scott, Michel Petrucciani, Jack Walrath, Martial Solal, Chris Mc Gregor, Archie Shepp et bien d’autres.
  • Louis Sclavis (clarinettes), figure majeure de la musique improvisée européenne dont la liste des rencontres musicales est longue de Michel Portal à Marc Ducret en passant par Henri Texier, Aldo Romano, Didier Levallet, Dominique Pifarély, François Merville sans omettre Evan Parker, Antony Braxton, Cecil Taylor et tant d’autres encore
  • Simon Goubert (batterie), premier batteur à recevoir le Prix Django Reinhardt de l’Académie du Jazz, maitre ès baguettes toujours en recherche d’expériences, de Christian Vander à Abbaye Cissoko avec des aventures partagées auprès de Dave Liebman, Bernard Lubat, Martial Solal, René Urtreger, Ricardo Del Fra, Steve Grossman, Sonny Fortune, Alain Jean-Marie, Christian Escoudé, Jacky Terrasson, Eric Watson, Lee Konitz,.
  • Darryl Hall (contrebasse), auréolé du prestigieux Prix Theloulious Monk, apprécié pour son groove et son swing par Hank Jones, Tom Harrel, Howard Johnson, Robert Glasper, Christian McBride, Geri Allen, Dianne Reeves, Stefon Harris, Benny Golson ou encore Laurent de Wilde et Christian Escoudé
  • Goeffroy Tamisier (trompette), tricoteur de sons recherché pour sa musicalité, créateur de l’ensemble OLH Acoustic, présent aux côtés du groupe indian jazz music MUKTA, membre de l’ONJ de Claude Barthélémy, auteur de compositions pour pour Kenny Weelher.

Certes « Happy Mood! » regroupe sept figures du jazz contemporain connues pour leur exigence et leur inventivité et dont la réputation d’improvisateur n’est pas usurpée mais de fait, le septet sonne vraiment comme un groupe. Entre contrebasse et batterie, la « mini fanfare » invente une musique puissante et décoiffante, explosive et généreuse.

Au fil du répertoire

A la croisée des styles et des genres, François Ripoche écrit sept compositions originales aux titres évocateurs et peu anodins.auxquels s’ajoutent deux reprises.

Brassens et Dolphy

C’est avec délicatesse que le leader a réarrangé Auprès de mon arbre écrit en 1965 par Georges Brassens. Sur un tempo de ballade, ténor, trombone, clarinette basse et trompette soufflent leurs phrases nostalgiques évocatrices du regret. L’album se termine avec Music Matador d’Eric Dolphy que le combo revitalise. Trompette et trombone se câlinent, ténor et alto se courtisent.

Compositions originales

D’emblée propulsé dans la cour de récré de la Moyenne section, on rejoint les enfants qui égrènent leurs mélodies. Air festif de l’alto qui dialogue avec la batterie puis chant plus rugueux du trombone organique. On se prend à danser avant que ne sonne la fin de la récré. Ce sont ensuite des musiciens enthousiastes qui dessinent la Funky Town de François Ripoche. Sur une ligne de basse funky, la mélodie joyeuse se déploie dans la ville. La clarinette limpide et boisée dit le plaisir de se promener les mains dans les poches alors que la batterie pirouette dans les rues.

Le décor change plus tard quand d’un magma sonore chaotique émerge une histoire mingusienne et furieuse en diable où soprano et clarinette basse n’en finissent pas de courir alors que le collectif en osmose accompagne Le mièvre et la tordue.

Engagé via le collectif Philomélos pour soutenir de jeunes migrants isolés réfugiés à Nantes, François Ripoche inclut dans le répertoire le titre Lampedusa où les souffles des instruments errent comme les âmes de naufragés échoués. Climat ellingtonnien, trombone aux inflexions bluesy, alto mélancolique. On ne ressent guère d’espoir au sein de ce cauchemar.

Stone renvoie ensuite à Milestones de Miles Davis dont on perçoit des échos. Les instruments courent sans fin et font valser leurs improvisations successives, trombone effervescent, alto fiévreux, clarinette en ébulition et trompette exaltée. On en ressort essouflé pour succomber à Ivresse Urbaine et ses arrangements cafardeux. Le collectif met en valeur le chorus enivrant de la contrebasse, le solo grisant de la trompette et ses fulgurances, les élucubrations et les grognements de la clarinette basse qui évoque la phraséologie d’Eric Dolphy. On a la tête qui tourne et le pas peu sûr.

Plus loin, les musiciens épinglent « les puissants » dont les discours politiques affichent des Convictions à géométrie variable. Le climat musical évoque celui d’une foire d’empoigne où se succèdent les envolées tourbillonnantes de l’alto, de la clarinette, du ténor et du trombone. Leurs échos volubiles rappellent l’ambiance des fêtes néo-orléanaises et même si le débat tourne à la cacophonie joyeuse. Après ce titre on demeure conforté dans l’idée qu’il vaut mieux fréquenter les salles de concert que les meetings politiques pour être sûr de demeurer de bonne humeur !

Porté par un septet prestigieux, le vitaminé « Happy Mood! » célèbre l’improvisation. Il tire son inspiration de jazz des origines dont il retrouve l’esprit et offre une musique généreuse dont les accents dynamiques insufflent la joie de vivre. De ses neuf plages coulent des flots de bonne humeur à écouter sans modération et à partager largement en attendant d’écouter le septet en concert.

Jazz Campus en Clunisois 2023 – La Programmation

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Jazz à Vienne 2020 – Swing XXL le 09 juillet

Jazz à Vienne 2020 – Swing XXL le 09 juillet

Wynton Marsalis & Jazz At Lincoln Center-Count Basie Orchestra

Le festival « Jazz à Vienne » lève le voile sur la programmation de la soirée du 09 juillet 2020. Elle s’annonce « Swing » avec Wynton Marsalis & Jazz at Lincoln Center et The Legendary Count Basie Orchestra avec Patti Austin pour un hommage à Ella Fitzgerald. Du Swing XXL avec deux big bands sur la scène du Théâtre Antique !

Après avoir dévoilé son affiche et annoncé les quatre premiers noms de la programmation de sa 40ème édition en décembre 2019, le festival Jazz à Vienne met l’eau à la bouche aux amateurs de big bands en révélant l’intitulé et la teneur de la soirée du 09 juillet 2020.

Cette « Soirée Swing » XXL va rassembler deux big bands mythiques du jazz, Jazz at Lincoln Center avec Wynton Marsalis et The Legendary Count Basie Orchestra avec Patti Austin.

Jazz At Lincoln Center avec Wynton Marsalis

Wynton Marsalis Soirée Swing XXL l 09 juillet 2020 à Jazz à Vienne

Wynton-Marsalis©Frank Stewart

Natif de la Nouvelle Orléans et membre illustre de la famille Marsalis du pianiste Ellis Marsalis, le trompettiste Wynton Marsalis a été révélé dans les années 80 alors qu’il tournait avec les Jazz Messengers d’Art Blakey.

Aujourd’hui il inscrit son travail dans la tradition du jazz originel et dans ce cadre assure la direction musicale du Lincoln Center Jazz Orchestra, big band. Cet orchestre figure au sommet de la hiérarchie mondiale des plus célèbres big bands.

La dernière venue du Lincoln Center Jazz Orchestra dont Wynton Marsalis remonte à 2009 et son retour sur la scène du Théâtre Antique de Vienne est un évènement réjouissant.

Count Basie Orchestra dirigé par S. Barnhart avec Patti Austin

 Dirigé par le trompettiste Scotty Barnhart, le légendaire Count Basie Orchestra renoue lui-aussi avec le Théâtre Antique de Vienne.

Count Basie Orchestra Soirée Swing XXL le 09 juillet 2020 à Jazz à ViennePatti Austin avec Count Basie Orchestra Soirée Swing XXL le 09 juillet 2020 à Jazz à VienneSa dernière prestation à Vienne remonte en effet à 1997 et nul ne se plaindra du retour de ses 18 musiciens. Pour l’occasion le mythique big band va interpréter des morceaux de son tout dernier album « Ella 100 », annoncé pour le 02 août 2020 sur le label Concord Jazz. L’orchestre accueille la chanteuse Patti Austin qui interprète d’ailleurs plusieurs morceaux sur l’opus que le big band a enregistré en hommage à Ellla Fitzgerald.

Avec la chanteuse, le Count Basie Orchestra fera la part belle à l’album phare « Ella and Basie », sorti en 1963 et à n’en pas douter, interprètera Baby Come to Me, How Do You Keep the Music Playing, Satin Doll, Honeysuckle Rose ou encore Ain’t Misbehavin et aussi quelques pièces du trio de Patti Austin

RV avec « Jazz à Vienne » le 09 juillet 2020 pour vivre une Soirée Swing XXL avec deux des plus prestigieux Big Bands sur la Scène du Théâtre Antique de Vienne

Jazz Campus en Clunisois 2023 – La Programmation

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