Echo#3-A Vaulx Jazz 2019

Echo#3-A Vaulx Jazz 2019

Soirée Orange Sonic

Intitulée « Orange Sonic », la soirée du 22 mars 2019 présente un double plateau. Après la musique brute du groupe « Festen », le public savoure la rencontre musicale et chorégraphique proposée par Thomas de Pourquery et ses acolytes de « Supersonic » qui rencontrent leurs amis du Congo. Pour ce RV transcontinental, le soleil a irradié la nuit du Festival A Vaulx Jazz.

Echo#3-A Vaulx Jazz 2019 fait un clin d’oeil sur la soirée « Orange Sonic » du 22 mars 2019 au Centre Culturel Communal Charlie Chaplin de Vaulx-en-Velin. A la tension rythmique saturée de « Festen » succède la lumière cosmique pulsatile et joyeuse de la bande de musiciens et danseurs réunis autour de Thomas de Pourquery.

« Festen »

Depuis 2007, les frères Fleau, Maxime (batterie) et Damien (saxophone), Jean Kapsa (piano) et Oliver Degabriele (basse) sévissent sous le nom de « Festen », groupe à l’énergie brute qui porte le nom du film de Thomas Vinterberg.

Le 22 mars 2019 en ouverture de soirée, les musiciens de « Festen » présentent le répertoire de leur sixième album « Inside Stanley Kubrick » sorti en septembre 2018 chez Laborie Jazz. Les quatre protagonistes invitent le public à pénétrer dans leur musique qui explore l’univers de Stanley Kubrick. Derrière le groupe sont projetées des images ou quelques extraits de films de ce géant du cinéma. Ainsi la musique puise des idées clefs de quelques films. La violence du fameux « Orange mécanique », le côté brut et solide du monolithe de « 2001 Odyssée de l’Espace »,  » le climat guerrier et explosif de « Docteur Folamour », l’ambiance inquiétante et sanglante du fameux Overlook Hotel de « Shining », pour ne citer que ceux-là.

D’un bout à l’autre du set, rythmique tendue, sono à fond, pulsation souvent binaire qui n’a rien à envier au rock. Les solistes s’effacent au profit du collectif et les éclairages ne restituent que la silhouette des musiciens. Toute expressivité individuelle est gommée, la pulsation rythmique écrase le propos, le piano sature, la basse ronfle, la batterie groove, le saxophone éructe. Ça ne groove point, ça tonne.

Dans la salle des têtes oscillent rythmiquement, certains protègent leurs tympans, d’autres encore attendent en vain que quelque nuance ménage une place au silence et aux contrastes… mais que nenni. C’est Fast and Furious !

Thomas de Pourquery & Friends from Congo

La seconde partie de soirée voit revenir Thomas de Pourquery qui avait enchanté A Vaulx Jazz le 21 mars 2015 avec son projet « Supersonic plays Sun Ra » en ouverture de la dernière soirée de la 28ème édition du festival « A Vaulx Jazz ». Le public s’en souvient encore. Depuis le compositeur, saxophoniste et chanteur a triomphé avec son superbe projet « Sons of Love » sorti en 2017 avec Supersonic.

Lors d’un séjour en République du Congo, Thomas de Pourquery et Supersonic ont joué et rencontré le chorégraphe Delavalett Bidiefono et les danseurs de sa compagnie ainsi que des musiciens congolais. Cet épisode se poursuit avec trois rencontres en France entre le sextet Supersonic de Thomas de Pourquery et trois danseurs parmi lesquels Delavalett Bidiefono, une chanteuse et deux percussionnistes congolais. Le 22 mars 2019, A Vaulx Jazz accueille la première date de cette rencontre transcontinentale entre les musiciens français et les danseurs et musiciens congolais. Le festival Détours de Babel (La Source Fontaine) et le festival Banlieues Bleues en sont les deux autres étapes.

Après l’entrée en scène de Delavalett Bidiefono qui danse sur les notes du saxophone de Thomas de Pourquery, le reste des douze musiciens et danseurs les rejoignent sur scène et la rencontre commence.  D’emblée l’alchimie fonctionne entre les musiciens français d’une part les danseurs et musiciens congolais d’autre part. En effet les deux groupes fusionnent en bloc uni.

Conduite avec énergie par le batteur Edward Perraud et le bassiste Frederick Galiay,Echo#3-A Vaulx Jazz 2019_Thomas de Pourquery, Fabrice Martinez, Berlea Dieuveille Bilemboloe la rythmique tellurique accueille les percussions africaines de Fabe Beauriel Bambi et Mohamed Sylla. Les quatre musiciens stimulent les interactions des solistes. Le pianiste Arnaud Roulin est en perpétuelle interaction avec le trio de soufflants qui donnent aussi de la voix. Flanqué du volubile et inventif Laurent Bardainne (saxophone ténor) et du lumineux Fabrice Martinez (trompette, buggle), Thomas de Pourquery (saxophone alto) accueille la chanteuse Berléa Dieuveille Bilembolo qui les rejoint sur les arrangements conçus à partir du répertoire du groupe.

Sur le devant de la scène, en avant des musiciens, les deux danseurs Delavalett Bidiefono et Fiston Bidiefono croisent leur danse souple et athlétique avec celle de Cognès Mayoukou qui se meut comme une liane élastique. Ils font alterner mouvements expressifs et coulés avec des enchainements toniques où bras et jambes fouettent l’air comme le font ceux des boxeurs. Comme un combat ritualisé, la danse devient une extension de la musique. Une énergie communicative circule entre la musique et les danseurs et les deux arts croisent leurs ardeurs.

Les vibrations africaines essaiment et la syntaxe de la musique s’en trouve enrichie. Le jazz dense et combatif de Supersonic accueille le battement pulsatile des percussions et la voix de Berlea Dieuveille Bilembolo développe un chant qui évolue entre sensibilité et puissance. Les tubes supersoniques se succèdent, Give the Money Back, Slow Down, Simple Forces, ….

Après avoir accueilli, pop, blues, funk, soul, rock, boogaloo, la musique de Supersonic se teinte d’accents africains et prend des allures d’une célébration gospel groovy.

Si Thomas de Pourquery confie au public le bonheur que cette « rencontre » représente pour lui, il assortit aussi son discours de petits signes de la main et de bisous mais ne se prive pas de stimuler le public pour qu’il participe à la liesse et chante avec plus de cœur pour tenter d’atteindre le Graal. Echo#3-A Vaulx Jazz 2019_Thomas de Pourquery & Friends from CongoAu final, tout le monde se sent concerné et joue le jeu sans trop se forcer et l’énergie communicative qui se dégage de la scène gagne la salle qui en redemande.

Le groupe franco-congolais revient sans trop se faire prier pour le plus grand plaisir du public et interprète un morceau de Caetano Veloso, O Estrangeiro que Thomas de Pourquery a réarrangé pour l’occasion, comme pour faire le lien entre l’Afrique et le Brésil, clin d’oeil à l’histoire coloniale de la musique qui a cheminé d’Afrique au Brésil et a fait le chemin inverse pour irriguer la rumba congolaise.

La rencontre dynamique proposée par le toujours bienveillant Thomas de Pourquery a donné lieu à d’intenses moments d’échanges scéniques. Animés d’une énergie vitale irradiante, les enfants de Sun Ra, les danseurs et le musiciens congolais ont orchestré une transe ardente et sans frontière qui a conquis le public de Vaulx-en-Velin.

D. Linx, G. de Chassy et M. Pastorino – « On Shoulders We Stand »

D. Linx, G. de Chassy et M. Pastorino – « On Shoulders We Stand »

Sur l’album « On Shoulders We Stand », le chanteur David Linx, le pianiste Guillaume de Chassy et le clarinettiste Matteo Pastorino proposent un voyage musical entre jazz et classique. Guillaume de Chassy a retranscrit des thèmes de pièces classiques sur lesquelles David Linx a écrit des paroles. Un album enchanteur où poésie, sobriété et raffinement s’entrelacent avec bonheur. Une réussite absolue !

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Ellinoa & Wanderlust Orchestra – « Ville Totale »

Ellinoa & Wanderlust Orchestra – « Ville Totale »

« Ville Totale » marque le retour discographique de la compositrice vocaliste et cheffe d’orchestre Ellinoa et son Wanderlust Orchestra. Un voyage musical incantatoire qui imagine les retrouvailles entre l’Homme et la Nature. Une exploration musicale où poésie et narration, jazz, pop et musiques contemporaine allient leurs textures au sein d’une riche palette sonore. Une fable écologique et dystopique qui évolue entre énergie et délicatesse.

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Focus sur Manu Le Prince et « Children of The Night »

Focus sur Manu Le Prince et « Children of The Night »

Avec « Children of The Night », Manu Le Prince rend hommage à Wayne Shorter, saxophoniste et compositeur essentiel de l’histoire du jazz. Entourée d’un aréopage de musiciens français, cubains et brésiliens, elle met en parole quelques-uns des grands standards du mythique jazzman dont les qualités de mélodiste font l’unanimité.

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Echo#3-A Vaulx Jazz 2019

Echo#2-A Vaulx Jazz 2019

Ukandanz - Freaks… énergie à revendre

Pour la « Soirée Transe » du 21 mars 2019, le festival A Vaulx Jazz propose un double plateau étoffé avec Ukandanz et Freaks. Deux groupes habités par l’énergie et animés d’une liberté créative incontestable. Après les vibrations d’un éthiojazz groovy le public goûte au délices d’un voyage sensoriel excentrique.

Echo#2-A Vaulx Jazz 2019 revient sur la « Soirée Transe » du 21 mars 2019 au Centre Culturel Communal Charlie Chaplin de Vaulx-en-Velin. uKanDanz et Freaks, deux esthétiques qui croisent le jazz avec d’autres genres musicaux. Deux idiomes singuliers dont l’énergie fait mouche.

Ukandanz… c’est reparti

Après une pause de deux ans, uKanDanz revient sur les scènes après la sortie de leur nouvel album, « Yeketelale » dont le nom annonce la bonne nouvelle en amharique… ça continue . Après la scène de l’Opera Underground où le groupe s’est produit en décembre 2018 uKanDanz fait entendre la nouvelle mouture de sa musique au public du festival A Vaulx Jazz.

Echo#2-A Vaulx Jazz 2019 - Le groupe UkandanzSur scène, trois blocs. Au centre en pleine lumière, le chanteur Asnake Guebreyes. Les éclairages n’auront cesse de mettre en lumière sa veste blanche aux décorations multicolores. Sur le devant de la scène mais dans une ombre quasi permanente, le guitariste Damien Cluzel et le saxophoniste Lionel Martin. En arrière la section rythmique réunit Adrien Spirli au synthé basse et Yann Lemeunier à la batterie, deux nouvelles recrues issues de Mazalda.

Si l’on reconnait avec peine les solistes de l’avant-scène, l’ombre et le brouillard ne permettent guère de distinguer les silhouettes des deux rythmiciens. Certes un concert vaut essentiellement pour la musique qu’il propose mais si le public est sensible aux jeux de lumière il apprécie tout de même de percevoir les musiciens autrement que comme des ectoplasmes.

Echo#2-A Vaulx Jazz 2019 - Le chanteur Asnaké GuebreyesMoins éruptif qu’à l’ordinaire, le saxophone fait entendre des barrissements désespérés avant de se lâcher pour donner le meilleur de lui-même dans les derniers morceaux. Point cette fois de guitare qui arpente la scène. Moins acérée qu’à l’ordinaire elle demeure pourtant un rouage essentiel de la machine uKanDanz qu’elle stimule par ses fulgurances. Porté par la force pulsatile énergique de la section rythmique, le concert met surtout en valeur le chant virtuose. Quand il ne chante pas, Asnake Guebreyes sautille et fait tressauter ses pectoraux.

Recentrée autour du chant, la musique se prête plus à l’écoute qu’à la danse mais lorsque le groupe reprend un de ses anciens hits, le public répond enfin à l’appel du chanteur et vient bouger devant la scène.

Avec moins de rage, uKanDanz a installé sa transe. Rythmes impairs complexes et dissonances sont maîtrisés. Porté par de denses lignes de basse, un groove puissant sous-tend les mélodies lancinantes de la voix. uKanDanz confime la richesse de ses couleurs musicales.

Théo Ceccaldi et Freaks

Echo#2-A Vaulx Jazz 2019 - Le groupe FreaksEn seconde partie de soirée la meute de Freaks débarque sur scène. Plus qu’un groupe il s’agit d’un collectif soudé autour de son leader Théo Ceccaldi dont le violon déborde de sensibilité et de lyrisme. Il est encadré par l’énergique Quentin Biardeau au saxophone ténor et claviers et le saxophoniste Matthieu Metzger dont le souffle puissant et profond alterne entre alto et baryton. En arrière le guitariste virtuose Giani Caserotto, le très réactif violoncelliste Valentin Ceccaldi et le redoutable batteur Etienne Ziemniak.

Une écriture subtile se cache derrière la furie du rock et la complexité des mesures impaires. Freaks délivre une musique insaisissable faite de sensations, une musique contrastée à la fois déjantée et virtuose construite autour de la liberté. La tension portée par le rouleau compresseur rythmique et les larsens alterne avec des moments de détente et de calme. Les motifs répétitifs tricotent la trame sur laquelle sont brodées de subtiles mélodies.

Echo#2-A Vaulx Jazz 2019 - Théo CeccaldiEntre Amanda Dakota, le morceau présenté par le leader comme la seule chanson d’amour de la soirée et Henry m’a tuer (hommage à Henry Threadgill) joué en rappel, le répertoire de Freaks navigue entre apocalypse et poésie, rêves romantiques et cauchemars furieux, tonnerre et brise délicate, vociférations et murmures, souffle volcanique et caresse éthérée.

Excentrique et décapante, brute et peaufinée, tonitruante et délicate la musique déroule ses nuances schizoïdes. Tour à tour allumés ou lyriques, les solistes font exploser les sons et les codes. Une rythmique d’enfer balise la chevauchée épique que conduit le violon magique. Les séquences imprévisibles surprennent et ravissent le public qui se laisse gagner par la frénésie musicale.

Freaks, ça mord, ça décape, ça inquiète mais ça caresse et ça cajole. Paroxysme et décibels coexistent avec détente et calme. Une musique savamment déjantée qui zappe entre free jazz, punk et new wave. Les membres du Tricollectif d’Orléans ont gagné le public à leur cause.

D. Linx, G. de Chassy et M. Pastorino – « On Shoulders We Stand »

D. Linx, G. de Chassy et M. Pastorino – « On Shoulders We Stand »

Sur l’album « On Shoulders We Stand », le chanteur David Linx, le pianiste Guillaume de Chassy et le clarinettiste Matteo Pastorino proposent un voyage musical entre jazz et classique. Guillaume de Chassy a retranscrit des thèmes de pièces classiques sur lesquelles David Linx a écrit des paroles. Un album enchanteur où poésie, sobriété et raffinement s’entrelacent avec bonheur. Une réussite absolue !

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Ellinoa & Wanderlust Orchestra – « Ville Totale »

Ellinoa & Wanderlust Orchestra – « Ville Totale »

« Ville Totale » marque le retour discographique de la compositrice vocaliste et cheffe d’orchestre Ellinoa et son Wanderlust Orchestra. Un voyage musical incantatoire qui imagine les retrouvailles entre l’Homme et la Nature. Une exploration musicale où poésie et narration, jazz, pop et musiques contemporaine allient leurs textures au sein d’une riche palette sonore. Une fable écologique et dystopique qui évolue entre énergie et délicatesse.

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Focus sur Manu Le Prince et « Children of The Night »

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Avec « Children of The Night », Manu Le Prince rend hommage à Wayne Shorter, saxophoniste et compositeur essentiel de l’histoire du jazz. Entourée d’un aréopage de musiciens français, cubains et brésiliens, elle met en parole quelques-uns des grands standards du mythique jazzman dont les qualités de mélodiste font l’unanimité.

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Echo#3-A Vaulx Jazz 2019

Echo#1-A Vaulx Jazz 2019

Soirée XXL… musique grand format

20 mars 2019… date du printemps mais aussi date du lancement des concerts du festival A Vaulx Jazz sur la scène du Centre Culturel Communal Charlie Chaplin. La soirée XXL a tenu ses promesses. Deux ensembles grand format, deux moments musicaux réjouissants. Le public ne s’y est pas trompé et a accueilli avec autant de chaleur les deux performances.

Echo#1-A Vaulx Jazz 2019 propose un retour sur la « Soirée XXL » du  20 mars 2019 au Centre Culturel Communal Charlie Chaplin de Vaulx-en-Velin. Le festival Hors les Murs bat son plein depuis le 11 mars 2019 mais la venue de deux grandes formations, Eve Risser Red Orchestra & Kaladjula Band et Very Big Experimental Toubifri Orchestra, marque de belle manière le début du festival sur la scène du Centre Culturel Communal Charlie Chaplin.

Le public est au rendez-vous et les « fidèles » se réjouissent de retrouver l’ambiance conviviale de ce festival qui a fêté ses 30 ans en 2017 et revient en 2019 sur un rythme biennal.

Kogoba Basigui : Eve Risser Red Orchestra & Kaladjula Band

Le projet Kogoba Basigui rapproche le Red Desert Orchestra de la pianiste et compositrice Eve Risser et le Kaladjula Band de Naïny Diabaté. Le combat féministe de Naïny Diabaté au Mali rejoint celui que mène Eve Risser pour promouvoir la place des femmes dans le jazz.

Issue d’une famille de griots et elle-même griotte, Naïny Diabaté a donné à l’orchestre le nom de sa famille. Elle lutte depuis longtemps pour permettre aux femmes de son pays d’apprendre la musique et de la pratiquer. Naïny Diabaté a d’ailleurs créé un école qui compte aujourd’hui 40 élèves musiciennes d’où sont issues les six maliennes qui jouent à ses côtés.

Après son White Desert Orchestra, la pianiste et compositrice Eve Risser a réuni autour de son piano arrangé cinq instruments à vent, une basse, une guitare et une batterie et créé le Red Desert Orchestra. Elle a voulu rapprocher sa musique de celle de l’Afrique et est entrée en contact avec Naïny Diabaté. Les deux musiciennes ont travaillé ensemble entre la France et Bamako pour élaborer le répertoire et le spectacle du projet Kogoba Basigui.

Sur scène le résultat est édifiant. La musique du Mali et le jazz moderne fusionnent réellement en un langage plein de vie. Les rythmes riches et variés portent l’écriture complexe et soutiennent les improvisations audacieuses des solistes.

Echo#1-A Vaulx Jazz 2019 - Evve Risser et Nïny DiabatéLes vives couleurs des costumes africains trouvent écho dans celles des musiciens du Red Orchestra. Lorsque les danseuses viennent sur le devant de la scène, la musique se pare elle aussi du jaune qui ensoleille les tenues. Les climats varient. Tonitruant et sombre pour évoquer la guerre quand l’alto exaspéré répond aux percussions déchaînées. Festif et léger pour évoquer la vie quotidienne.

Le répertoire se tisse au fil des mouvements musicaux que dirige Eve Risser entre piano, claviers et flûte. A tour de rôle la parole circule entre les voix, les instruments à vent, les instruments africains à corde, la rythmique qui réunit percussions, basse, guitare et batterie. Lorsque Naïny Diabaté rejoint Eve Risser et s’assied à ses côtés pour chanter, le public reste suspendu à la voix de la griotte.

Le projet Kogoba Basigui a déployé un répertoire magique où musique traditionnelle et jazz sont entrés en osmose.

Very Big Experimental Toubifri Orchestra

Les dix-huit musiciens du Very Big Experimental Toubifri Orchestra présentent leur tout nouveau répertoire qu’ils annoncent comme « dix-huit-céphale ». De facto, on retrouve les fondamentaux de ce big band qui soigne autant la musique que sa présentation volontairement théâtralisée. Echo#1-A Vaulx Jazz 2019 -The Very Big Experimental Toubifri Orchestra

Ça fonctionne toujours et le public bon joueur sourit aux mises en scène du début de spectacle et des divers mouvements qui vont animer le set.

Sans conteste, les séquences musicales sont convaincantes. Tout est sous contrôle. De nombreuses influences se croisent au sein du répertoire « de l’excellence à tout instant …sauf du reggae » annonce « Captain Sax » !

Sous des atours fantaisistes, le Toubifri Orchestra déploie une force de frappe de chaque instant. Des arrangements solides alliés à une écriture précise et complexe, des voix et des solistes virtuoses. Le groupe sait organiser à merveille un tohu-bohu bon enfant. Avec sourire le public apprécie cette musique complexe et décomplexée.

 

D. Linx, G. de Chassy et M. Pastorino – « On Shoulders We Stand »

D. Linx, G. de Chassy et M. Pastorino – « On Shoulders We Stand »

Sur l’album « On Shoulders We Stand », le chanteur David Linx, le pianiste Guillaume de Chassy et le clarinettiste Matteo Pastorino proposent un voyage musical entre jazz et classique. Guillaume de Chassy a retranscrit des thèmes de pièces classiques sur lesquelles David Linx a écrit des paroles. Un album enchanteur où poésie, sobriété et raffinement s’entrelacent avec bonheur. Une réussite absolue !

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Ellinoa & Wanderlust Orchestra – « Ville Totale »

Ellinoa & Wanderlust Orchestra – « Ville Totale »

« Ville Totale » marque le retour discographique de la compositrice vocaliste et cheffe d’orchestre Ellinoa et son Wanderlust Orchestra. Un voyage musical incantatoire qui imagine les retrouvailles entre l’Homme et la Nature. Une exploration musicale où poésie et narration, jazz, pop et musiques contemporaine allient leurs textures au sein d’une riche palette sonore. Une fable écologique et dystopique qui évolue entre énergie et délicatesse.

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Focus sur Manu Le Prince et « Children of The Night »

Focus sur Manu Le Prince et « Children of The Night »

Avec « Children of The Night », Manu Le Prince rend hommage à Wayne Shorter, saxophoniste et compositeur essentiel de l’histoire du jazz. Entourée d’un aréopage de musiciens français, cubains et brésiliens, elle met en parole quelques-uns des grands standards du mythique jazzman dont les qualités de mélodiste font l’unanimité.

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Ambronay 2018 – Estrellas Argentinas

Ambronay 2018 – Estrellas Argentinas

Un duo harmonieux, sensible et fusionnel

Le 06 octobre 2018, le Chapiteau du festival d’Ambronay accueille Mariana Flores et Quito Gato. Le duo présente un répertoire éloigné de l’idiome de la Cappella Mediterranea qui les réunit aux côtés de Leonardo García Alarcón. Avec « Estrellas Argentinas », des chansons populaires argentines dédiées aux femmes d’Amérique latine, les deux artistes enchantent le public.

Pour l’édition « Vibrations : Cosmos » du festival d’Ambronay,  la « Journée Cosmique » du 06 octobre 2018 se profile comme  un point d’orgue. Quatre concerts entre abbatiale et chapiteau et une conférence d’Hubert Reeves, parrain de cette journée. Le public a manifesté attention et intérêt pour cette nouvelle expérience et la constellation d’activités proposées.

Conférence d’Hubert Reeves

A 17h, l’affluence est grande sous le Chapiteau pour assister à la conférence d’Hubert Reeves. L’astrophysicien engage l’assemblée à réfléchir à la crise contemporaine et à réagir pour éviter le saccage de la planète avec à la clé, le risque d’une possible sixième extinction. Il évoque la nécessité de combattre la force de détérioration mise en route par l’intelligence de l’homme en mobilisant les forces de restauration pour éviter ainsi la disparition de l’art et de la culture, de la science et de la compassion.

Réceptif, le public plébiscite avec chaleur les propos du scientifique.

« Estrellas Argentinas »

Estrellas Argentinas à Ambronay, Mariana Flores & Quito GatoA 21h, Mariana Flores et Quito Gato succèdent à Hubert Reeves sous le Chapiteau du festival d’Ambronay où les spectateurs sont venus nombreux écouter ces deux artistes s’exprimer dans un répertoire tout autre que celui qu’ils pratiquent habituellement avec la Cappella Mediterranea à l’Abbatiale et sur les scènes internationales de musique baroque.

La chanteuse le confie d’ailleurs en fin de soirée, « Estrellas Argentinas » c’est « la musique [qu’elle] chante à la maison » et c’est un plaisir pour elle d’« accueillir le public chez elle ».

Après une brève pièce d’introduction interprétée solo par le pianiste, la chanteuse entre en scène. Sa tenue sobre et élégante s’accorde au répertoire de la soirée. Trois tableaux dont les riches nuanciers proposent des couleurs et des climats contrastés.

Tout au  long du concert l’attention du public est captivée par le chant expressif de Mariana Flores, l’accompagnement fluide et les superbes harmonies que Quito Gato prodigue sur le piano ou la guitare.

Premier tableau

Il est consacré à des chansons populaires de la province de Mendoza d’où la chanteuse est originaire.

De tonada en cueca les ambiances varient. La chanteuse expressive offre ses chants au public comme des confidences. A la douce tendresse du premier morceau pris sur un tempo médium succède l’allégresse d’une cueca festive dont la guitare soutient le rythme enlevé. D’une voix chargée d’émotion, Mariana Flores partage avec le public un morceau qu’elle chante depuis ses huit ans. Elle projette un miroir d’images, de couleurs, de sensations que la guitare accompagne avec délicatesse et beaucoup de sensibilité. La belle complicité qui règne entre les deux interprètes est palpable.

Sur le morceau suivant, la chanteuse mutine colore sa voix d’une énergie qui contraste avec la douceur du morceau précédent où la voix évoquait solitude et nostalgie. Le premier tableau se termine avec une valse lente que le guitariste exécute avec précision, nuance et légèreté

Deuxième tableau

Le duo conduit ensuite le répertoire au nord de l’Argentine.

Le set ouvre avec une zamba mélancolique où la douce voix pose une lumière caressante sur le fil des lamentations de la guitare. Le duo interprète ensuite trois pièces du compositeur Ariel Ramírez sur des paroles de Felix Luna.

Dorotea la Cautiva s’élève telle une supplication poignante que la voix porte avec puissance alors que le piano égrène un chapelet de larmes. Le duo complice propose ensuite une version superbe du morceau Alfonsina y el mar dédié à la poétesse Alfonsina Storniu. Avec délicatesse la guitare soutient le chant émouvant de tristesse. Sur Juana Azurduy le rythme se fait presque martial et la voix donne toute sa puissance pour évoquer l’âme de la révolutionnaire et porter le flambeau de sa résistance sous le chapiteau.

Troisième tableau

Ce dernier temps de la soirée est consacré au tango dont Quito Gato dit qu’il « fut un cadeau pour l’Argentine ». Le duo évoque la richesse du style et ses mélanges de rythmes.

Après Malena joué solo à la guitare, le duo présente une version très expressive du Chiquilín de Bachín d’Astor Piazzola. Avec une maîtrise inouïe, la voix toujours très claire passe d’une douce tristesse à une puissante colère pour évoquer l’histoire tragique de ce gosse qui hante un restaurant de Bachin et lutte pour survivre. Le piano développe de superbes harmonies et accompagne le récit poignant que conte la chanteuse de sa diction précise.

Le registre se fait plus confidentiel sur Et dia que me quieras que chantait Carlos Gardel. La voix se pare d’une tendre sensualité pour évoquer l’amour. L’accompagnement subtil et sobre de Quito Gato contribue à teinter de mystère ce moment sensible et nostalgique. Le set se termine avec un superbe Yo Soy Maria tiré de l’opéra tango de Piazzola, Maria de Buenos Aires. Campée sur scène avec aplomb, la chanteuse incarne la passion avec brio.

Ovationnés par un public enthousiaste, Mariana Flores et Quito Gato reviennent généreusement pour deux rappels. Une valse tendre et mutine puis Zamba Para No Morir. La soirée se termine sur le fil de l’émotion. Le public repart les yeux remplis d’étoiles après une soirée enchanteresse.

D. Linx, G. de Chassy et M. Pastorino – « On Shoulders We Stand »

D. Linx, G. de Chassy et M. Pastorino – « On Shoulders We Stand »

Sur l’album « On Shoulders We Stand », le chanteur David Linx, le pianiste Guillaume de Chassy et le clarinettiste Matteo Pastorino proposent un voyage musical entre jazz et classique. Guillaume de Chassy a retranscrit des thèmes de pièces classiques sur lesquelles David Linx a écrit des paroles. Un album enchanteur où poésie, sobriété et raffinement s’entrelacent avec bonheur. Une réussite absolue !

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Ellinoa & Wanderlust Orchestra – « Ville Totale »

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Focus sur Manu Le Prince et « Children of The Night »

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Avec « Children of The Night », Manu Le Prince rend hommage à Wayne Shorter, saxophoniste et compositeur essentiel de l’histoire du jazz. Entourée d’un aréopage de musiciens français, cubains et brésiliens, elle met en parole quelques-uns des grands standards du mythique jazzman dont les qualités de mélodiste font l’unanimité.

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Jazz Campus en Clunisois 2018 – Sylvain Rifflet et Refocus

Jazz Campus en Clunisois 2018 – Sylvain Rifflet et Refocus

Concerto pour saxophone, cordes et percussions

Samedi 25 août 2018, pour son dernier jour, Jazz Campus présente le projet « Refocus » de Sylvain Rifflet. Sur la scène du théâtre les Arts de Cluny, tel un funambule inspiré et lyrique, le saxophoniste offre un concert à la mise en place rodée et à l’esthétique peaufinée.

Didier Levallet présente le projet « Refocus » de Sylvain Rifflet comme un moment qui lui « tient à cœur ». Le saxophoniste français a travaillé sur le même format et dans le même esprit que Stan Getz en 1961 lorsqu’il a enregistré l’album « Focus », sa « plus aboutie des tentatives de travail musical avec un ensemble à cordes ».

C’est d’ailleurs sous le même label Verve que Sylvain Rifflet a gravé « Refocus » sorti le 15 septembre 2017 comme « Un hommage singulier au « Focus » de Stan Getz ».

« Refocus » sur scène

Sur scène la géométrie de l’orchestre est réduite et le projet « Refocus » est recentré. En effet, de vingt sur l’album, l’effectif des musiciens sur scène se restreint à sept. Ainsi le saxophone ténor de Sylvain Rifflet est entouré d’un quatuor à cordes, le quatuor Appasionato, de la contrebasse de Florent Nisse, du vibraphone et de la batterie tenus par Guillaume Lantonnet.

Loin de la prouesse gravée sur l’album, « Refocus live » ne possède ni la magie, ni la poésie du disque. Néanmoins on a écouté une superbe prestation orchestrale concertante où, sur le devant de la scène, le saxophoniste dialogue brillamment avec l’orchestre au fil d’une partition précise et ouvragée.

Impressions de concert

Le concert débute avec les deux premiers titres de « Refocus » comme deux clins d’œil aux deux premiers morceaux de « Focus » enregistré par Stan Getz. En ouverture, sur Rue Breguet le vibraphone commence avec délicatesse avant l’entrée du saxophone dont le souffle précède le son. Il est rejoint par les cordes du quatuor et de la contrebasse.

Sur Night Run, Guillaume Lantonnet glisse à la batterie et le climat se tend. Le public réagit avec intérêt à l’esthétique peaufinée de la musique.

Après les trois premiers morceaux l’effet de surprise disparaît et l’écoute se fait plus attentive. L’oreille a tout loisir de se concentrer sur la sonorité soignée du saxophone, ses mélodies et ses contrechants, ses phrasés fluides et souples, son expression lyrique et véloce, son souffle délicat et puissant et sa parfaite maîtrise des aigus, sur-aigus et harmoniques.

Sur le vibraphone, la frappe précise, déliée et légère de Guillaume Lantonnet ouvre Echoplex avec de subtils effets de reverb. Après l’entrée des cordes, Florent Nisse réajuste le micro de son instrument pour le plus grand bonheur du public qui peut enfin capter le travail essentiel de la contrebasse. En effet, tout au long du concert, situé à la charnière entre le quatuor et le trio, le contrebassiste assume avec autorité et talent son rôle de soutien rythmique et harmonique.

Le concert se poursuit et Sylvain Rifflet introduit des slaps qui contrastent avec ses phrasés soignés. Sur Une de perdue, une de perdue, le tempo s’accélère les archets frappent puis frottent les cordes, le saxophone prend son envol et explore avec lyrisme toutes les possibilités techniques de son instrument. C’est ensuite un clin d’oeil tout en souplesse à Henry Threadgill.

Après un bref incident technique d’amplification, les musiciens, comme ceux des orchestres classiques, reprennent à la mesure 85 et le concert se poursuit sans accroc. Le saxophone surfe ensuite avec aisance sur une trame rythmique complexe. Les torrents impétueux et maîtrisés des cordes se marient avec les riches textures coloristes du vibraphone et le son large et boisé de la contrebasse.

Sylvain Riflet-Refocus le 25 aout 2018 à Jazz Campus en ClunisoisHarlequin on the string conclut le concert et constitue sans doute un des moments les plus réussis du concert. Tel un funambule inspiré, Sylvain Rifflet semble jouer sans filet sur le fil musical, glisse, rebondit, prend ses aises, flotte et retombe toujours sur la corde.

Le public manifeste son enthousiasme et le saxophoniste revient seul pour un rappel. Sylvain Rifflet offre une version singulière du thème The Peacocks de Jimmy Rowles que Stan Getz avait gravé en duo avec le pianiste. Accompagné d’une shruti box à trois octaves, le leader démontre sa parfaite maîtrise du son mais nul n’avait attendu la fin du set pour en être convaincu.

Avec « Refocus » et Sylvain Rifflet, le dernier concert 2018 de Jazz Campus a offert aux festivaliers un moment musical placé sous le signe de la Beauté. Une écriture et des arrangements léchés, une mise en place précise servie par les qualités techniques indubitables des instrumentistes. On regrette un peu la relative froideur de cette esthétique peu habitée par les émotions.

D. Linx, G. de Chassy et M. Pastorino – « On Shoulders We Stand »

D. Linx, G. de Chassy et M. Pastorino – « On Shoulders We Stand »

Sur l’album « On Shoulders We Stand », le chanteur David Linx, le pianiste Guillaume de Chassy et le clarinettiste Matteo Pastorino proposent un voyage musical entre jazz et classique. Guillaume de Chassy a retranscrit des thèmes de pièces classiques sur lesquelles David Linx a écrit des paroles. Un album enchanteur où poésie, sobriété et raffinement s’entrelacent avec bonheur. Une réussite absolue !

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Ellinoa & Wanderlust Orchestra – « Ville Totale »

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« Ville Totale » marque le retour discographique de la compositrice vocaliste et cheffe d’orchestre Ellinoa et son Wanderlust Orchestra. Un voyage musical incantatoire qui imagine les retrouvailles entre l’Homme et la Nature. Une exploration musicale où poésie et narration, jazz, pop et musiques contemporaine allient leurs textures au sein d’une riche palette sonore. Une fable écologique et dystopique qui évolue entre énergie et délicatesse.

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Focus sur Manu Le Prince et « Children of The Night »

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Avec « Children of The Night », Manu Le Prince rend hommage à Wayne Shorter, saxophoniste et compositeur essentiel de l’histoire du jazz. Entourée d’un aréopage de musiciens français, cubains et brésiliens, elle met en parole quelques-uns des grands standards du mythique jazzman dont les qualités de mélodiste font l’unanimité.

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Jazz Campus en Clunisois 2018 – Dadada

Jazz Campus en Clunisois 2018 – Dadada

Une escapade entre apesanteur et vibrations

Le 24 août 2018, le public se presse au Théâtre Les Arts de Cluny pour écouter « Dadada ». Autour du pianiste Roberto Negro sont réunis le saxophoniste Émile Parisien et le batteur Michele Rabbia. Les paysages musicaux proposés par ces trois improvisateurs émérites déclenchent l’enthousiasme du public.

Avec un intérêt non dissimulé, Didier Levallet présente « Dadada » comme un espace de « circulation entre les paroles » des musiciens inventifs réunis par le pianiste Roberto Negro, un des acteurs les plus actifs et les plus créatifs de la scène jazz européenne.

Dadada

En octobre 2017, le pianiste Roberto Negro a sorti l’album « Saison 3 » (Label Bleu/L’Autre Distribution) avec le saxophoniste Émile Parisien et le batteur-percussionniste Michele Rabbia. Les spectateurs brûlent d’écouter sur scène la musique de ce trio dont le premier disque a obtenu un franc succès.

Drôle d’équipage que celui de ce trio… un poète pianiste, un saxophoniste stellaire et un batteur-sculpteur.

Les trois artistes font plus que jouer de la musique. Ils s’amusent et jouent vraiment avec la musique qu’ils élaborent et façonnent avec un plaisir affiché. Leurs facéties sérieuses oscillent entre arabesques oniriques, abstractions dansantes et furie aérienne.

Impressions de concert

Dadada à Jazz Campus en Clunisois, le 24 aout 201Roberto Negro, Émile Parisien et Michele Rabbia naviguent librement dans un univers qui leur appartient en propre, une sorte de cosmo-musique dans laquelle ils invitent le public à les rejoindre..

Concentré, le batteur caresse la caisse claire, les sons électroniques affleurent, le piano se fait entendre, les percussions s’en mêlent à leur tour vite rejointes par le saxophone. Les interactions s’instaurent entre les trois partenaires… le concert commence.

Entre apesanteur et tumulte, la libre parole des trois musiciens évolue sans obstacle et génère des moments musicaux irrigués de mille nuances. Entre frémissement et frénésie la musique se transforme. Elle se fait passion ou colère, devient murmure ou frisson… même le silence s’insinue sans crier gare.

Roberto Negro et son projet Dadada à Jazz Campus en Clunisois, le 24 aout 2018Le pianiste a composé l’ensemble des titres du répertoire hormis Cantabile de Ligeti qu’il invoque sur son clavier. On écoute Nano, Shampoo, Brimorion et d’autres titres encore dont Roberto Negro dit qu’ils « changent de nom » au fil des semaines mais peu importe le titre pourvu qu’on ait l’ivresse !

Les dynamiques compères font vibrer les ondes sonores. Ils pratiquent une musique physique nimbée d’une euphorie perceptible qu’ils partagent. En totale interaction, ils échafaudent un univers semblable à un arc en ciel de sensations. Calme et tonnerre, douceur et exaspération, caresse et extase, volupté et fureur.

Sur scène les trois virtuoses développent une véritable dramaturgie musicale où se télescopent drôlerie, sérieux, interrogation, autorité, doute et lyrisme. Trois paroles musicales au service d’une musique collective où chacun conserve son identité.

En fin de concert, le piano installe une ambiance crépusculaire que le souffle du soprano teinte de bleu avant de bondir et d’exulter poussé dans ses retranchements par l’arsenal électronique et la batterie volcanique qui délire. Le piano conclut le set qui se termine en douceur dans le bruissement de sacs plastiques froissés et le souffle chuchoté du saxophone.

Euphorique le public ovationne sans retenue le trio qui revient interpréter une dernière « chanson d’amour sicilienne » avant de regagner les coulisses. On se quitte avec regrets mais ressourcé par l’énergie de ce grandiose concert qui fera date dans les archives du festival.

D. Linx, G. de Chassy et M. Pastorino – « On Shoulders We Stand »

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