Clin d’œil à Fred Nardin Trio & « Look Ahead »

Clin d’œil à Fred Nardin Trio & « Look Ahead »

Swing, modernité et complicité

« Look Ahead » marque le retour de Fred Nardin Trio. Après « Opening » sorti en 2017, cet épisode 2 de la collaboration entre le pianiste Fred Nardin, le contrebassiste Or Bareket et le batteur Leon Parker confirme plus avant les qualités du trio. Les musiciens complices offrent une musique au swing solide au service de développements modernes et d’envolées lyriques.

couverture de l'album Look Ahead de Fred Nardin TrioL’aventure de Fred Nardin Trio franchit donc un cap supplémentaire avec la sortie le 01 mars 2019 (Naïve/Believe) d’un deuxième album, « Look Ahead ».

Plutôt logique ! Après avoir ouvert la voie le 15 septembre 2017 avec « Opening » (Jazz Family/Socadisc), Fred Nardin Trio a continué à tracer son sillon avec de nombreux concerts et aujourd’hui il poursuit sa route plus avant avec « Look Ahead », une nouvelle galette plutôt réussie.

Trio complice et réactif pour cocktail musical bien dosé

Les onze titres de « Look Ahead » s’inscrivent en filiation directe avec l’esthétique musicale déjà exprimée sur « Opening » et affermie par les nombreux concerts ultérieurs du Fred Nardin Trio. Hormis un morceau du pianiste Herbie Hancock et un titre de Leon Parker, les autres compositions de l’album sont à porter au crédit de Fred Nardin.

Le pianiste s’exprime en toute liberté, soutenu par la rythmique solide que constitue l’inventif batteur Leon Parker et le précis contrebassiste new-yorkais, Or Bareket. Au fil des concerts s’est développée entre eux une écoute, une réactivité et une confiance mutuelle qui permettent aux trois musiciens de développer un son de groupe identifiable. La complicité qui lie les trois protagonistes soutient une musique dont le swing demeure le maître-mot.

A l’écoute des plages enregistrées par Fred Nardin Trio sur « Look Ahead », on capte ce que d’aucun nomment interplay, ce court anglicisme qui évoque tout à la fois les interactions complices, la connivence réactive et le climat de confiance qui contribuent à libérer l’expression, l’inventivité et la créativité de chaque membre du groupe.

Ainsi sécurisés, les solistes s’aventurent sans risque au gré des rythmes, des grilles et des mélodies. Un dialogue de chaque instant soutient et réunit fantaisie lyrique et voltige bouillante, force et délicatesse, rythmes effrénés qui se brisent pour mieux rebondir. Un cocktail musical équilibré et bien dosé

Impressions musicales

Nuances

L’album ouvre avec Colours, un morceau rythmique bouillonnant au lyrisme coloré où la mélodie se pare de contrastes séduisants. Il se termine avec le mélancolique Prayers que le duo piano-contrebasse teinte d’une tendre mélancolie au romantisme crépusculaire.

Vous-avez dit standards ?

Sur Just Easy écrit par Fred Nardin dans le style ellingtonnien s’expriment les frôlements subtils des balais, le développement pianistique raffiné du piano très attaché au swing et les lignes claires et rapides de la contrebasse. Seul au piano sur Prelude to « Memory of T », Fred Nardin ouvre une parenthèse stride, main gauche syncopée et les phrases foisonnantes de la main droite. En hommage à Thelonious Monk et porté par un accompagnement rythmique imperturbable, le pianiste sculpte ensuite la mélodie de Memory of T avec des aspérités qui ne manquent pas d’audace et évoquent l’inspirateur du titre.

Virtuosité

Sur Look Ahead, le piano s’inscrit dans une dynamique néo-bop. Virtuose, Fred Nardin enchaine les idées musicales avec une aisance technique manifeste et salue habilement ses aînés de son jeu habile et haletant. Sur le tempo ultra rapide de One Finger Snap d’Herbie Hancok, bouillonne le style bebop véloce du pianiste. Ses fulgurances sont stimulées par la batterie enthousiaste. Le chorus de contrebasse apporte une respiration bienvenue suivie d’un 4/4 exécuté dans la plus pure tradition.

Singulier

New Direction restitue un moment musical singulier de percussions corporelles et de que Leon Parker offre sur l’album, tout comme il le fait lors de ses concerts.

Délicatesse et rêverie

Sur un accord de piano interrogatif, la contrebasse tisse la ligne mélodique de Three for You que le trio joue avec délicatesse. Interprété par la contrebasse au jeu souple et solide et à la sonorité tellurique, Prelude to « In the skies » introduit In The Skies, son climat de rêverie et sa chorégraphie rythmique cristallisée autour d’un superbe chorus de batterie.

Sur « Look Ahead » se développe un swing élégant et efficace ancré dans une modernité traditionnelle. Cet épisode 2 de la discographie de Fred NArdin Trio a le goût d’un breuvage musical équilibré inscrit dans les valeurs conventionnelles du jazz. On ne serait pas contre un épisode 3, comme un cocktail pimenté par une fantaisie un brin plus débridée.

« Tissé », le nouvel album de Marion Rampal

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Avec « Tissé », annoncé pour le 25 février 2022, la chanteuse et compositrice Marion Rampal propose un album qui rayonne d’une énergie sereine. Sa voix claire invite à la suivre dans un vagabondage intime où se croisent les multiples facettes de son inspiration. Elle invite Archie Shepp, Anne Pacéo et Piers Faccini à rejoindre son collectif de musiciens complices. Notes et mots vibrent en harmonie et tressent une rêverie sensible et poétique.

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« French Colors » de Christophe Lampidecchia

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L’accordéoniste Christophe Lampidecchia présente son nouvel album « French Colors » inspiré de différentes cultures musicales. Entouré de ses amis, il offre un véritable tour du monde émotionnel, explore de nouvelles sonorités et fait vibrer son instrument de ses mélodies chantantes. Il invite à le suivre dans un voyage aux riches couleurs où se côtoient musette, jazz, et bien d’autres influences. Neuf titres qui vibrent d’un groove coloré et joyeux.

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Jazz à Vienne 2022 – Trois nouvelles soirées dévoilées

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Le Festival Jazz à Vienne lève le voile sur trois nouvelles soirées 2022 au Théâtre Antique. Le 29 juin 2022 avec MC Solaar accompagné d’un big band jazz et le pianiste Alfa Mist. Le 02 juillet 2022, Bachar Mar-Khalifé et son père Marcel Khalifé rendent hommage au poète Mahmoud Darwich et Dhafer Youssef présente son projet « Digital Africa » avec Ballaké Sissoko et Eivind Aarset. Le 06 juillet 2022, Marc Rebillet et Louis Cole avec cinq de ses compagnons de musique. Nouvelles dates, nouvelles promesses de réjouissances musicales.

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Coup de cœur pour… « Quest of the Invisible »

Coup de cœur pour… « Quest of the Invisible »

Un album empreint de spiritualité

Après avoir porté la force de la résistance, le souffle incandescent de la flutiste Naïssam Jalal explore l’impalpable. La musique introspective et contemplative du double album « Quest of the Invisible » incarne tour à tour la transe mystique et le silence hypnotique. De l’ombre à la lumière le souffle devient musique et s’imprègne de spiritualité. Un album essentiel.

Loin des combatifs « Osloob Hayati » (2015) et « Almot Wala Almazala » (2016) gravés avec « Rhythms Of Resistance », la flutiste franco-syrienne Naïssam Jalal poursuit sa quête spirituelle sur « Quest of the Invisible ». A la croisée des musiques mystiques extra occidentales et traditionnelles et du jazz modal, la musicienne adopte une posture plus introspective.

Le contrebassiste Claude Tchamitchian, le pianiste Leonardo Montana et le batteur-percussionniste Hamid Drake l’accompagnent dans son exploration de l’invisible.

« Quest of the Invisible »

couverture de l'album Quest of the Invisible de Naissam JalalSorti le 01 mars 2019 le double album « Quest of the Invisible » (Les Couleurs du Son/L’Autre Distribution) propose un répertoire empreint d’une spiritualité profonde. Porté par ses instruments (flûte et nay) ou sa voix, le souffle de Naïssam Jalal habite les huit plages envoûtantes de l’album.

Illustrée par le graphiste Hassan Massoudy, la pochette reflète par sa calligraphique l’élévation de la musique vers cet infini, source d’inspiration.

Deux CD, quatre musiciens, huit pièces

Le projet « Quest of the Invisible » développe les compositions de la musicienne sur deux CD de quatre pièces chacun.

Sur le premier Naïssam Jalal s’exprime en trio, entourée du pianiste Leonardo Montana et du contrebassiste Claude Tchamitchian. Le piano aérien et la contrebasse profonde entrent en communion avec le souffle de la flûte, du nay ou de la voix.  Sur le second, le trio est rejoint par le batteur et percussionniste américain Hamid Drake au daf. La percussion embarque le trio dans des rêveries plus contrastées où le rythme prend plus de place sans pourtant jamais casser le fil des mélodies introspectives.

« La musique est le seul art invisible par nature »

« Ce répertoire n’appartient à aucune tradition mystique et pourtant s’inspire de toutes les musiques spirituelles ou rituelles qui m’ont touchée et nourrie dans mon voyage musical. » Naïssam Jalal

Imprégnée de différentes traditions de l’Inde et du monde arabe (soufisme, gnawa), la musique profane de « Quest of the Invisible » navigue entre contemplation, méditation, et transe. Elle emprunte aussi au jazz modal et mystique de John Coltrane. Une spiritualité profonde imprègne chacune des pistes.

Naïssam Jalal explore l’invisible et lui donne corps sur « Quest of the Invisible ». Avec ses trois compagnons, son souffle impalpable et pur chemine sur les rives introspectives de huit méditations, comme huit songes où la technique des instrumentistes s’efface au profit de l’expression. Par-delà la forme advient le sens.

« Quest of The Invisible », quatre musiciens explorent les tréfonds de l’invisible, accèdent au silence et suspendent leurs notes aux branches du temps. Répétitives ou hypnotiques, les mélodies combinées au rythme incarnent tour à tour la force de la transe ou l’extase né de la contemplation. Au terme du voyage l’invisible devient musique.

RV avec Naïssam Jalal pour écouter live son projet « Quest of the Invisible ». Elle sera en trio avec Claude Tchamitchian et Leonardo Montana le 12 mars 2019 à 20h à la Chapelle Corneille de Rouen et à Paris, le 28 mars 2019 à 20h au Café de la Danse. Consulter ICI l’intégralité des dates des concerts de la flutiste.

« Tissé », le nouvel album de Marion Rampal

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« French Colors » de Christophe Lampidecchia

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Clin d’œil à Grazzia Giu & « Life Is »

Clin d’œil à Grazzia Giu & « Life Is »

Climat intimiste pour chansons sensibles

Accompagnée par des musiciens de jazz au service de son art vocal, la chanteuse Grazzia Giu sort « Life Is ». Un album de onze chansons de format court. Improvisations des musiciens et interventions des invités teintent de jazz un univers qui évoque la passion sur le mode de la délicatesse. Un opus nostalgique où les émotions affleurent avec souplesse.

Le 08 mars 2019, sort « Life Is » (Inouïe Distribution), le cinquième album de Grazzia Giu. Avec sensibilité elle pratique un jazz chanté où elle narre des fragments de vie. De courtes chansons où les musiciens improvisent sans débordement et prodiguent un écrin à la voix singulière de la chanteuse. Hormis deux reprises, Space Oddity de David Bowie et Perfect Day de Lou Reed, toutes les autres chansons sont écrites et composées par Grazzia Giu.

couverture de l'album Life Is de Grazzia GiuEn trio, la chanteuse interprète six titres. A ses côtés, le pianiste et co-arrangeur Lionel Melot avec lequel elle a déjà enregistré les albums « Change Air » (2009) et « Pretend » (2015), le contrebassiste Paul Cuttat aussi présent à ses côtés sur « Change Air » et le percussionniste Richard Martinez au cajon.

Sur cinq autres morceaux, chanteuse et trio accueillent des invités. Les envolées de cordes de Gérard Tempia enrichissent l’univers musical de trois chansons auxquelles elles donnent un aspect quelque peu cinématographique qui sied aux solides improvisations du pianiste. Méderic Collignon et son bugle interviennent sur une autre pièce et la voix de Loïc le Van chemine auprès de celle de Grazzia Giu sur un autre chant.

Grazzia Giu

Biberonnée de culture anglo-saxonne, Grazzia Giu a été formée à l’école du classique au conservatoire d’Anvers mais c’est finalement dans un jazz bien tempéré qu’elle creuse son sillon d’auteure, compositeure et interprète. Après avoir pratiqué le piano classique au conservatoire de Grenoble, elle étudie le jazz avec Danmuller à Grenoble, le chant lyrique avec Antonio Placer et Magali Lozano et participe à des masterclass jazz avec David Linx, Thierry Péala, Michele Hendrix, Méderic Collignon, Norma Winstone.

Après un parcours de vie dans lequel la musique à toujours tenu une très grande place, c’est à 40 ans que Grazzia Giu s’assume pleinement en tant qu’artiste. En 2008 elle sort « Lost » et son jazz intimiste. En 2010, la musique de « Change Air » se fait plus pop. Plus sobre mais toujours dynamique, « Pretend » paraît en 2015.

Aujourd’hui, Grazzia Giu continue à écrire et à composer des morceaux sincères et de plus en plus émouvants qu’elle définit elle-même…« Ma musique est l’expression d’un parcours de vie, l’écho d’une aventurière romantique, en dehors du système, peut-être, étonnée chaque jour, oui. C’est un voyage dans les songes et les tourments d’un univers construit avec tant de passion. »

« Life Is »… de plage en plage

My Dear Sons propose une déambulation qui incite à la rêverie. Avec sentiment, la voix conte une romance poétique accompagnée par un trio à l’expression subtile et élégante. Le bugle de de Médéric Collignon s’invite sur Try Again et pose ses arabesques virevoltantes sur cette chanson où la voix chaleureuse laisse affleurer de tendres émotions. Les arrangements pour cordes de Gérard Tempia dotent Afraid For d’une ambiance nostalgique. Le chant intimiste laisse percevoir une certaine fêlure qui n’est pas sans évoquer certains accents de Patricia Barber.

Les riffs répétitifs du piano et du cajon soutiennent la voix souple qui pose de manière singulière les mots sur la chanson courte et ciselée intitulée In Space. La voix chaude sublimée par les arrangements de cordes projette alors Space Oddity dans un univers de douceur. Servi par un solo de contrebasse aérien et un chorus de piano crescendo, Show Me rayonne quant à lui d’une force indéniable.

Le fond sonore des cordes et la sensibilité tout en retenue du chant posent ensuite sur Sorry un climat de paix intérieure et de sérénité. Softly Whisper fait entendre la voix de Loïc Le Van dont la tonalité mystérieuse contraste avec le chant de Grazzia Giu stimulée par le chorus d’un piano enthousiaste. Dans un climat minimaliste, le trio et la chanteuse proposent par la suite une version sobre mais profonde de Perfect Day.

Sur un rythme léger et sautillant, Life Is loue les différents aspects de la vie, le temps venu de se poser des questions puis celui des choix, la vie telle qu’en elle-même.

L’album se termine dans un climat pastoral avec la mélodie de When I was Young qui résonne comme un folk-song nostalgique coloré de sépia. 

« Life Is », un album équilibré où les nuances de la musique se font le miroir d’émotions intimes. Songes, regrets, espoir, amour, … échos de fragments de vie exprimés avec délicatesse dans des teintes introspectives jamais plaintives. Même si les souvenirs sont parfois imprégnés d’une infinie mélancolie, la force de vie affleure à chaque instant.

« Tissé », le nouvel album de Marion Rampal

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Youn Sun Nah en « Immersion »

Youn Sun Nah en « Immersion »

Plongée dans une bulle zen

Avec son dixième album « Immersion », la chanteuse Youn Sun Nah s’émancipe du label ACT. Elle propose un opus qui met en lumière sa pure profonde voix de soprano. Entre reprises et compositions inspirées, elle délaisse les prouesses vocales de ses débuts et privilégie le minimalisme. Un album de transition où popitude et jazzitude coexistent.

Après « Voyage » (2009), « Same Girl » (2010), « Lento » (2013) et She Moves On (2017), la chanteuse Youn Sun Nah quitte le label allemand ACT et signe chez Arts Music, une division de Warner Music Group, ce qui correspond à la nouvelle orientation de sa carrière vers l’international.

Quatre ans après une première collaboration avec Clément Ducol, Youn Sun Nah sollicite de nouveau l’arrangeur de Camille et Melody Gardot pour son album « Immersion » à sortir la 08 mars 2019.

« Immersion », un album sensible aux arrangements ciselés. Une plongée dans le monde musical de Youn Sun Nah. Une ode sensible à la lenteur ponctuée par quelques éclats énergiques. La diva coréenne au sommet de son art démontre une fois de plus l’étendue de son talent.

Un album conçu en studio

« Immersion » se démarque des précédents albums enregistrés dans des conditions live car il s’est pour ainsi dire « écrit » en studio. En effet, Youn Sun Nah a réuni autour d’elle une nouvelle équipe aux talents multiples. Le multi instrumentiste (piano guitare marimba percussions) Clément Ducol a certes joué de nombreuses parties instrumentales mais a aussi réalisé l’album et écrit la plupart des arrangements. Le violoncelliste et batteur Pierre-François « Titi » Dufour s’exprime avec grande aisance dans les registres jazz, classique que pop. Le superbe mixage de l’album est à porter au crédit de l’ingénieur du son, Maxime Le Guil.

La voix prodigieuse de la chanteuse développe son propos dans un écrin habillé de sonorités acoustique, électrique, électro et de subtils arrangements de cordes.

« Immersion »…. une plongée en treize paliers

Depuis ses débuts, Youn Sun Nah a fait le choix d’intégrer des reprises pop ou folk dans ses répertoires. « Immersion » ne déroge donc pas à la règle puisqu’elle propose cette fois sept reprises pour six compositions originales.

Sans doute les reprises séduiront un large public qui trouvera ainsi des repères alors que les compositions plus innovantes, même si elles sonnent pop combleront une audience plus tentée par le versus jazz.

Reprises

Chanté très sobrement avec le violoncelle, Isn’t It A Pity de George Harrison incite au recueillement. Sur un rythme de ballade nostalgique Mercy Mercy Me fait entendre le message d’alerte de Marvin Gay quant à la détérioration de la planète. Pas sûr que cette version soul et délicate n’interpelle les puissants pour y remédier.

couverture de l'album Immersion de Youn Sun NahAprès La Chanson d’Hélène gravée en 2010 sur « Same Girl », la chanteuse regarde de nouveau vers le monde du cinéma avec cette fois Sans Toi écrit par Michel Legrand pour « Cléo de 5 à 7 » réalisé par Agnès Varda et sorti en 1962. Parée d’une mélancolie à donner le cafard, la chanson tombe à propos après le récent décès du compositeur français.

Escapade du côté du classique et de la musique d’Albénitz avec Asturias qui permet de réécouter ce titre déjà interprété sur scène avec le guitariste suédois Ulf Wakenius. Le cristal de sa voix explose entre violoncelle et percussions.  Un petit tour du côté du folk-rock avec une reprise du traditionnel God’s Gonna Cut You Down popularisé par Johnny Cash. La chanteuse laisse éclater sa colère et lâche toute la puissance de sa voix.

Youn Sun Nah se saisit de son piano à pouces pour interpréter une version plaintive de You Can’t Hurry Love créé par les Suprems puis repris par Claude François et Phil Collins. L’album se termine par une version gospellisante et consensuelle du célèbre Hallelujah de Leonard Cohen. On se demande si le vibrato un peu forcé et l’emphase vont déclencher des frissons d’émotions ou des soupirs déçus.

Compositions originales

L’album ouvre avec le splendide In My Heart sur des poèmes de Rûmî. Un souffle mystique et aérien qui enchante. The Wonder dessine une féérie dont les inflexions électroniques tendent un voile gothique en arrière du chant prodigieux. Here Today résonne comme une complainte porteuse d’espérance que soutient le chant du violoncelle.

Le très court I’m Allright résonne comme un gospel aux échos électroniques bidouillés. Invincible met ensuite l’oreille en flottaison et permet de savourer la pureté du chant. Mystic River porte en lui suffisamment d’originalité et de groove pour devenir l’incontournable hit du répertoire de l’album. La chanteuse transforme cette marche musicale en un véritable tube pop qui déclenche une irrésistible envie de bouger. On visualise sans peine les mouvements de bras de la foule et les hourras !

Plusieurs RV se profilent pour écouter live la chanteuse Youn Sun Nah. Le 12 mars 2019 à Paris au Trianon et le 13 mai 2019 à l’Auditorium de Lyon. Toutes les dates de la tournée française de la chanteuse à retrouver ICI sur le site de l’artiste.

« Tissé », le nouvel album de Marion Rampal

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Coup de cœur pour… « Montevago »

Coup de cœur pour… « Montevago »

Opus audacieux et envoutant

Le violoniste Théo Ceccaldi et le pianiste Roberto Negro reviennent en duo avec le singulier « Montevago ». Sur cet opus ils réinventent l’art du duo. Musique chambriste audacieuse que seule limite l’inspiration, or celle de ces deux dandies du jazz est infinie, c’est peu dire ! L’oreille chamboulée demeure captivée par les échanges fusionnels envoûtants des deux virtuoses.

Théo Ceccaldi et Roberto Negro n’en sont pas à leur première collaboration. Paru le 01 mars 2019, « Montevago » (Brouhaha/L’Autre Distribution) advient après le superbe programme intitulé « Danse de Salon » où le duo avaient revisité à leur manière et avec brio des petites pièces, gavottes, menuets, gigues, quadrilles et mazurkas.

Le charme surprenant de « Montevago »

De Montavago, le somptueux palais situé sur les hauteurs de Palerme, l’album n’a pas emprunté que le nom. Il en a capté toute la poésie et restitue son atmosphère surannée et nostalgique. De l’album « Montevago » se dégage un charme indicible.

Le duo Ceccaldi-Negro produit une musique chambriste qui surprend de bout en bout. Sans repères, l’oreille se laisse captiver par l’enchainement des échanges entre violon et piano. La virtuosité des musiciens n’est qu’un prétexte à leur liberté d’expression. Leur dialogue évoque un ping-pong musical fusionnel où les notes circulent de l’un à l’autre sans faux rebonds, où toutes les reprises font mouche et où aucune passe ne ressemble ni à la précédente ni à la suivante.

Outre la qualité des échanges et l’inventivité sans cesse renouvelée de pièce en pièce, le soin accordé au son participe aussi pour beaucoup à la beauté de l’opus. L’oreille discerne frottements, grincements, contraintes et caresses sur les cordes du violon et du piano. Alliances étranges de timbres soyeux ou triturés qui tour à tour fascinent et interrogent.

Dix plages entre calme et tempête

D’emblée surprise, l’oreille se laisse ensuite porter au gré des dix pièces musicales aux couleurs changeantes. Calme et excitation alternent sans crier gare. Avec bonheur se succèdent mouvements détonants ou délicats, ambiances introspectives ou extraverties, espaces de calme ou de tempête.

couverture de l'album Montevago de Theo Ceccaldi et Roberto NegroOn pénètre dans l’album comme on franchit les grilles du château sicilien et l’on met les pieds dans un conte où le duo transforme le rituel il était une fois en un surprenant « Il était une fois, deux fois trois fois ».  Ainsi on est prévenu, ce n’est point l’esprit de conformité qui sert de guide aux deux créateurs mais celui d’une recherche dont eux seul déterminent les limites.

En prise avec la réalité et l’actualité, Zodiac Poisson se fait l’écho des dérives des migrants vers les côtes de l’Italie plus vraiment terre d’accueil. L’atmosphère se fait pesante et les musiciens ajoutent à leur musique des mots lourds de sens.

Réminiscences de habanera, Nera, nera, et de tarentelle adoucie, Tarentella. Bolées chaudes ou glacées venues d’un univers qui salue Stravinsky, C’est chaud c’est glacé, mais aussi clin d’oeil à Reich, tant dans le titre que dans la musique dont les répétitions provoquent l’envoutement sur Mai juin juinjuillet juin janvier

Aiutamicristo, prière fusionnelle comme une transe musicale pour convoquer l’aide du tout puissant. Romeao Rodeo, invitation à garder l’équilibre entre les cordes frappées du piano et celle vigoureusement pincées et frottées du violon… on perd presque l’équilibre mais on se rétablit de justesse. A l’écoute de Comète on accède le calme d’un vol sidéral où l’on dérive en apesanteur. Pinball Cantabile remplace la console pour le meilleur, on gagne au change car les musiciens jouent et on passe le niveau sans effort.

Accéder à la plénitude de « Montevago » est aisé. Il suffit de se mettre dans les conditions d’un concert, tous sens en éveil, oreilles ouvertes et esprit libéré de toute influence. Se laisser porter et lâcher prise permettent alors de pénétrer dans l’univers audacieux et envoutant de Théo Ceccarelli et Roberto Negro.

« Tissé », le nouvel album de Marion Rampal

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Jazz à Vienne 2022 – Trois nouvelles soirées dévoilées

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Le Festival Jazz à Vienne lève le voile sur trois nouvelles soirées 2022 au Théâtre Antique. Le 29 juin 2022 avec MC Solaar accompagné d’un big band jazz et le pianiste Alfa Mist. Le 02 juillet 2022, Bachar Mar-Khalifé et son père Marcel Khalifé rendent hommage au poète Mahmoud Darwich et Dhafer Youssef présente son projet « Digital Africa » avec Ballaké Sissoko et Eivind Aarset. Le 06 juillet 2022, Marc Rebillet et Louis Cole avec cinq de ses compagnons de musique. Nouvelles dates, nouvelles promesses de réjouissances musicales.

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Rendez-vous avec Irina Gonzalez et son groove latin…

Rendez-vous avec Irina Gonzalez et son groove latin…

Au Baiser salé le 08 mars 2019 à 19h

La chanteuse, guitariste et compositrice cubaine Irina Gonzalez fait vibrer de sa voix chaleureuse et souple les murs du « Baiser Salé » le 08 mars 2019 à 19h. En quartet elle propose les musiques issues de son album du même nom. La promesse d’un voyage musical groovy irradié de résonances latines.

Sur « Emigrar » (Ma Case prod/Agorila) sorti le 16 novembre 2018, la chanteuse, multi instrumentiste et compositrice Irina Gonzalez se joue des rythmes qu’elle colore de couleurs variées. C’est en quartet qu’elle propose de la retrouver le 08 mars 2019 à 19h sur la scène du Baiser Salé à Paris.

Irina Gonzalez

Il est vrai qu’après une trajectoire musicale très riche, Irina Gonzalez s’y entend pour croiser les cultures du monde. A Cuba, elle a appris le chant choral, la direction de chœur, a accompagné de nombreux artistes et a ensuite intégré le mouvement cubain novísima Trova qui a mêlé la musique traditionnelle cubaine à multiples influences musicales venues d’Amérique du Sud, au rock et à la pop.

Au fil de ses expériences, la musicienne a fait sien le principe de mélanger et partager les cultures du monde ce qu’elle a d’ailleurs déjà tenté et réussi sur « Mestiza », son premier EP enregistré en 2016 sous le nom « La Gitana Tropical ». En 2018, elle endosse son nom pour élaborer et enregistrer son premier album, « Emigrar ».

« Emigrar »

Sur les treize plages de l’album, Irina Gonzalez promène la chaleur de sa voix claire et souple qu’elle accompagne de sa guitare. Elle navigue avec aisance et souplesse d’un style à un autre et propose des musiques séduisantes. Certaines portent l’empreinte du Brésil avec des rythmes de samba et des effluves de bossa alors que d’autres sont plutôt estampillées du sceau Cuba. couverture de l'album Emigrar de la chanteuse Irina GonzalezOn perçoit aussi des influences de différents folklores sud-américains et des Caraïbes sans oublier des réminiscences de flamenco, des couleurs aux teintes afro et des échos d’une soul enjazzée.

Certes « Emigrar » incite au mouvement et à la joie de vivre mais le cœur du répertoire du premier album de la chanteuse cible un sujet sérieux auquel elle est très attachée, celui des migrants.

Après avoir quitté son île natale, Cuba, la musicienne s’est installée en France depuis 2012. Six années après ce déracinement, elle conçoit l’album « Emigrar » qu’elle dédie à « tous les migrants du monde, à tous ceux qui ont dû émigrer par nécessité ou qui ont simplement suivi un rêve, un souhait ». Dans son chant elle convoque même  la déesse de la mer, Yemaya à laquelle elle demande d’aider les migrants partis de chez eux.

Sur « Emigrar », composé et arrangé par Irina Gonzalez elle-même, la musicienne réunit plusieurs nationalités pour former un cocktail multiculturel, Cuba, Île de la Réunion, Guadeloupe, Guinée, Mexique et France.

Au tournant de chaque plage de l’album « Emigrar » on découvre un nouveau paysage musical. Il en résulte un dépaysement continu auquel participent les rythmes, les mélodies et les instrumentations. La musique groovy demeure raffinée.

Impressions musicales

A l’écoute de l’album « Emigrar » on se laisse cueillir aux détours de Cubana Soy aux fragrances cubaines modernes. Sur Emigrar qui ouvre l’album on est touché par les orchestrations précises et rutilantes. On vibre aussi sur Na Lua qui fleure bon la Caraïbe et le Brésil.

La basse et la rythmique efficace font groover Desde Que Te Vi. Sur El Rio de tu Amor on apprécie avec la musicalité du quatuor de saxophones (Gael Pautric, David Pautric, David Haudrechy et Alexandre Galinié) puis on est séduit sur Isla par le sitar indien de Fermin « Mohan » Zarape. Tus Ojos émarge du côté d’une soul romantique alors que Cuba se fait nostalgique sur Un Bolero puis brille de mille syncopes sur Guajira.

On ne peut que craquer sur Ilusión qui mène son groove d’enfer entre influences afro-cubaines, jazz, musiques du Brésil et où la guitare à la fois virtuose et sensible de Ralph Lavital brille de tous ses feux.

Au retour d’Urugay, du Mexique et de Cuba, Irina Gonzalez est de retour en France. Pour vibrer avec sa musique et apprécier les nuances de son projet « Emigrar », RV à 19h30 le 08 mars 2019 à Paris au Baiser Salé. En quartet, la chanteuse et guitariste est entourée de Sunny Adroit (basse), Andy Berald Catelo (batterie) et du guitariste Ralph Lavital … lequel se produit ensuite à 21h30 sur la même scène en sextet autour du projet « Yusan ». Que du bonheur !

« Tissé », le nouvel album de Marion Rampal

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Avec « Tissé », annoncé pour le 25 février 2022, la chanteuse et compositrice Marion Rampal propose un album qui rayonne d’une énergie sereine. Sa voix claire invite à la suivre dans un vagabondage intime où se croisent les multiples facettes de son inspiration. Elle invite Archie Shepp, Anne Pacéo et Piers Faccini à rejoindre son collectif de musiciens complices. Notes et mots vibrent en harmonie et tressent une rêverie sensible et poétique.

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« French Colors » de Christophe Lampidecchia

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L’accordéoniste Christophe Lampidecchia présente son nouvel album « French Colors » inspiré de différentes cultures musicales. Entouré de ses amis, il offre un véritable tour du monde émotionnel, explore de nouvelles sonorités et fait vibrer son instrument de ses mélodies chantantes. Il invite à le suivre dans un voyage aux riches couleurs où se côtoient musette, jazz, et bien d’autres influences. Neuf titres qui vibrent d’un groove coloré et joyeux.

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