Èlia Bastida meets Scott Hamilton & Joan Chamorro Trio

Èlia Bastida meets Scott Hamilton & Joan Chamorro Trio

Sensibilité, élégance et swing

Nouvelle voix du violon jazz, Èlia Bastida vient de sortir « Èlia Bastida meets Scott Hamilton & Joan Chamorro Trio », un nouvel album enregistré avec le saxophoniste Scott Hamilton et le trio de Joan Chamorro. Dialogues lyriques, arrangements splendides. Un opus sensible et inspiré où swing et musicalité flirtent avec élégance.

visuel de l'album Elia Bastitada meets Scott Hamilton & Joan Chamorro TrioAprès « Joan Chamorro présenta Alia Bastida » et « The magic sound of the violin », la violoniste barcelonaise Èlia Bastida retrouve le contrebassiste Joan Chamorro et le saxophoniste ténor Scott Hamilton sur l’album « Èlia Bastida meets Scott Hamilton & Joan Chamorro Trio » (Jazz to Jazz/DISCMEDI S.A.).

Au fil d’un répertoire choisi et d’arrangements écrits sur mesure, la violoniste, saxophoniste et chanteuse joue en parfaite osmose avec le saxophoniste.

« Èlia Bastida meets Scott Hamilton & Joan Chamorro Trio » réunit deux générations autour du jazz et du swing. La violoniste Èlia Bastida & le saxophoniste Scott Hamilton rivalisent d’inspiration au sein d’une formation atypique et à géométrie variable.

Èlia Bastida

Èlia Bastida débute le violon classique à l’âge de 5 ans. À 12 ans elle intègre l’école Oriol Martorell de Barcelone qui allie enseignement général, musique et danse. Elle y rencontre Andrea Motis et Joan Mar Sauqué, qu’elle retrouvera au sein du Sant Andeu Jazz Band (SAJB).

A l’âge de 16 ans, elle découvre le jazz et intègre le Sant Andreu Jazz Band sous la direction de Joan Chamorro. Son sérieux dans la musique et sa passion pour le jazz l’ont amenée à devenir une soliste majeure, particulièrement au violon. Elle s’inscrit dans la lignée de violonistes comme Stéphane Grappelli, Joe Venuti, Jean-Claude Ponty, Didier Lockwood, pour n’en citer que quelques-uns. Tout en combinant la musicalité et l’intensité de Grappelli, son influence première, l’apport du bebop et la richesse d’autres musiques, Èlia Bastida trace son chemin loin de toute étiquette et dans une dynamique pleine de nuances.

Elle participe aux enregistrements que SAJB fait tous les ans et fait aussi partie de l’ensemble féminin sublime du CD « La Màgia de la Veu » (2014). Èlia Bastida a déjà enregistré une trentaine d’albums (que ce soit au violon, au chant ou au saxophone ténor) dont trois albums en leader. Elle a collaboré avec des musiciens tels que Dick Oatts, Joe Magnarelli, Perico Sambeat, Jon-Erik Kellso, John Allred, Joel Frahm et Scott Hamilton.

La violoniste a aussi enregistré deux albums sous son nom, « Joan Chamorro présenta Alia Bastida » (2017) et « The magic sound of the violin » (2019). C’est sur leur troisième album, « Èlia Bastida meets Scott Hamilton & Joan Chamorro Trio » qu’Èlia Bastida retrouve Scott Hamilton, ce grand maître du saxophone avec lequel elle va jouter sur son ténor, comme le firent Ammons-Stitt, Cohn-Sims, Griffin-Davis et bien d’autres, dans les anciennes battles de saxophones ténors.

« Èlia Bastida meets Scott Hamilton & Joan Chamorro Trio »

Enregistré à The House, le 09 septembre 2019 et les 17, 18 & 19 octobre 2021, l’album propose un répertoire de quatorze titres. Èlia Bastida intervient au violon sur onze titres, chante sur deux morceaux et embouche son saxophone ténor sur une pièce.

La jeune barcelonaise, Scott Hamilton et Joan Chamorro mêlent leurs notes au sein de formations à géométrie variable, du quintet à l’octet dans lesquels se croisent les pianistes Joan Monné et Marc Martin, les batteurs Arnau Julià et David Xirgu à la batterie, les guitaristes Joseph Traver et Jurandir Santana ainsi que Seidu Joan Diallo (violon) et Christoph Mallinger (violon) et Marta Roma (violoncelle).

Au fil des plages et des formations

  • C’est en quintet avec Joan Monné (piano) et Arnau Julià ( batterie) que la violoniste, le saxophoniste et le contrebassiste interprètent trois titres.

Sur Awful Lonely, thème de George Handy, la violoniste dialogue en parfaite harmonie avec le son feutré du ténor. À 68 ans, ancré dans la tradition lestérienne, Scott Hamilton perpétue la tradition du swing et du style Cool des années 50 en évoquant quelques-uns de ses maitres Coleman Hawkins, Don Bays et Zoot Sims. Èlia Bastida et Scott Hamilton changent de registre avec le standard Tin Tin Deo de Walter Gil Fuller qui fut beaucoup joué par Dizzy Gillespie et les boppers. Ils lui insufflent une dynamique groovy tout en souplesse. En cristallisant l’héritage du passé et les tendances modernes, le saxophoniste fait du neuf avec de l’ancien. C’est ensuite en contrepoint que violon et ténor donnent une version très mélancolique de Samba em preludio, ce thème brésilien de Vinicius de Moraes & Baden Powell. Sur le solo, le violon s’exprime avec fluidité et privilégie le lyrisme à l’effervescence.

  • Èlia Bastida, Scott Hamilton et Joan Chamorro rejoignent Joan Monné (piano) et David Xirgu (batterie) sur deux morceaux.

A l’écoute de I’ll never be the same de Frank Signorelli et Matty Malneck, vient le désir irrésistible de claquer des doigts sur les deuxième et quatrième temps de cette mélodie au tempo médium que violon et ténor interprètent avec une grande élégance. Sur le dernier titre de l’album, The Nearness of You de Hoagy Carmichael, le violon chante avec une douce sensualité. Le jeu ciselé et cristallin du piano laisse tout l’espace au saxophoniste, véritable orfèvre de la ballade qui truffe son solo de citations.

  • Èlia Bastida, Scott Hamilton et Joan Chamorro retrouvent Marc Martin (piano) et Arnau Julià (batterie) sur trois pièces.

C’est une superbe version de la la chanson de Sacha Distel, The Good Life, que livre le quintet. On est séduit par le souffle velouté du ténor qui avec délice joue à saute-mouton au-dessus des barres de mesures. Le temps semble n’avoir pas de prise sur la douceur de son swing et sur les harmonies de ce standard qui s’en trouve magnifié

Sur Moon River, la ballade de Henry Mancini, le ténor s’exprime avec langueur et déploie des bouquets de charme auquel la violoniste au toucher d’une légèreté exceptionnelle répond avec un lyrisme vibrant. Èlia Bastida délaisse les cordes pour emboucher son ténor sur For Sentimental Reasons. De sa sonorité suave et avec un léger vibrato elle dialogue avec Scott Hamilton alors que le piano délivre un solo d’une élégance délicatesse.

  • Toujours accompagnée de Joan Chamorro et Scott Hamilton, Èlia Bastida chante deux samba-canção soutenue par la guitare de Jurandir Santana et batterie d’Arnau Julià.

De sa voix un peu nasale et sur un rythme chaloupé qui incite au déhanchement, elle s’exprime en brésilien sur Não vou pra casa (Antonio Almeida, Roberto Roberti) et sur Lobo Bobo (Carlos Lyra, Ronaldo Boscol). A ses côtés, les improvisations du ténor souple et décontracté convoquent le fantôme de Stan Getz.

  • Le trio violon/contrebasse/saxophone ténor et la batterie d’Arnau Julià accueillent la guitare de Joseph Traver sur la composition de Bob Carleton, Ja-Da.

Sur un tempo swing à quatre temps, le violon s’exprime avec beaucoup de sensibilité mais ne manque pas de charisme dans son échange avec le ténor et la guitare. Ça pulse avec bonheur.

  • Le piano de Jean Monné rejoint le trio violon/contrebasse/saxophone ténor, la guitare de Joseph Traver et la batterie d’Arnau Julià proposent une version revitalisée de la chanson de Charles Trenet, Que reste-t-il de nos amour ?

On se laisse enivrer par leur jeu lumineux et limpide alors que les coulées d’air moelleux du saxophone soutenu par une rythmique irréprochable galvanisent cette mélodie quelque peu nostalgique.

  • Èlia Bastida, Scott Hamilton, Joan Chamorro, Joan Monné (piano) et Arnaud Julià (batterie) invitent Seidu Joan Diallo (violon), Christoph Mallinger (violon) et Marta Roma (violoncelle) sur deux thèmes.

Les musiciens rendent hommage à Antonio Carlos Jobim avec une version revitalisée de la superbe bossa nova, O grande amor. Le ténor s’exprime avec lyrisme, nonchalance et une grande intelligence harmonique et son improvisation raffinée est mise en valeur par le jeu tout en retenue du pianiste et des cordes.

Absolue réussite, la version de Pure Imagination permet d’apprécier l’art de la ballade que développe avec élégance Scott Hamilton tout au long de cette romance suave. On tombe sous le charme de son gros son voluptueux à la Ben Webster et de son phrasé étiré en suspension au sein de l’écrin tissé par les cordes caressantes.

Rendez-Vous avec Èlia Bastida, Scott Hamilton & Joan Chamorro Trio le 21 mai 2022 au « Printemps de l’Aspre » (St Jean Lasseille 66), le 06 août 2022 au Gouvy Jazz Festival (Belgique), le 13 septembre 2022 au festival « Jazz en Tourraine » et le 08 novembre 2022 à l’Adagio de Thionville. ICI pour retrouver l’ensemble des dates de concerts de la violoniste Èlia Bastida.

Michel Petrucciani Trio au Jazz Club Montmartre CPH 1988

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« Django! »… Baptiste Herbin en trio sans guitare

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PianoForte… 40 doigts, 88 touches, 11 titres

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« Tissé », le nouvel album de Marion Rampal

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Rêverie sensible et poétique

Avec « Tissé », annoncé pour le 25 février 2022, la chanteuse et compositrice Marion Rampal propose un album qui rayonne d’une énergie sereine. Sa voix claire invite à la suivre dans un vagabondage intime où se croisent les multiples facettes de son inspiration. Elle invite Archie Shepp, Anne Pacéo et Piers Faccini à rejoindre son collectif de musiciens complices. Notes et mots vibrent en harmonie et tressent une rêverie sensible et poétique.

Sur les onze titres de l’album « Tissé » (Les Rivières Souterraines/ L’Autre Distribution), Marion Rampal n’a pas choisi entre les multiples facettes de son inspiration, jazz, blues, folk et musiques populaires. Portées par ses mélodies lumineuses, les émotions frémissent avec grâce au fil de sa poésie subtile.

« Tissé », un rêve où coexistent simplicité et élégance, naturel et grâce, tendresse et nostalgie.

Marion Rampal

Outre des collaborations fertiles avec Archie Shepp avec qui elle collabore depuis 2012 en France et aux USA (« I Hear the Sound » en 2013), avec Raphaël Imbert (« Heavens » en 2013 puis « Music Is My Home » en 2018) ou avec le Quatuor Manfred (« Bye Bye Berlin » en 2018), Marion Rampal a publié trois albums sous son nom qui l’ont conduit de « Own Virago » (2009) aux brumes électriques de « Main Blue »(E-motive records/l’Autre Distribution) en 2016 avec Anne Paceo et Pierre-François Blanchard puis aux plages épurées du « Secret » (MusicOvations/ L’Autre Distribution), en 2019 en duo avec le pianiste Pierre-François Blanchard.

En 2022, Marion Rampal reprend la route avec ses chansons tissées maison qu’elle propose sur « Tissé » (Les Rivières Souterraines/ L’Autre Distribution), un album élégant et solaire.

« Tissé »

visuel de l'album Tissé de Marion RampalLa musique de cet album est issue d’un compagnonnage étroit avec le guitariste, et réalisateur Matthis Pascaud sauf pour le titre Calling to the Forest crédité à la seule plume de Marion Rampal. La musicienne à écrit toutes les paroles de l’album sauf celles du titre Où sont passées les roses co-écrit avec Piers Faccini.

Sur les onze plages de « Tissé », Marion Rampal s’est entourée du multi-instrumentiste Matthis Pascaud (guitares, basse, claviers, percussions), de Sebastien Llado (trombone, tuba, soubasophone), Pierre-François Blanchard (piano, rhodes), de Tony Paeleman (claviers) et de Raphaël Chassin (batterie, percussions) sauf sur le titre D’Autres Soleils où la batterie est tenue par Anne Pacéo. Archie Shepp chante sur Calling to the Forest, titre sur lequel Marion Rampal joue des verres en cristal. Piers Faccini joint son chant à celui de Marion Rampal sur Où sont passées les roses. Sur l’album, Marion Rampal s’exprime en français mais aussi en anglais sur Blossom et Reminder et sur Calling to the Forest où les deux langues se croisent.

Au cœur du répertoire de « Tissé », mélodies et poésie résonnent au diapason et cartographient un espace singulier et troublant où coulent rêves et chants et où se mêlent bonheur et douleur. Entre ombre et soleil, entre rêve et réalité, Marion Rampal convoque folk, musique cajun, blues, soul et maloya et tresse son propre langage. Elle invente son « île aux chants mêlés » où elle s’exprime dans “la langue des cœurs coulés”. Sa voix limpide élabore un folklore unique qu’elle invente, un monde limpide et rayonnant, fragile et chaleureux.

Au fil des titres

L’album ouvre avec A volé, une ballade dont le rythme chaloupé évoque celui d’une danse cadienne (cajun). Sur l’atmosphère chargée de sensibilité de cette « chanson à faire couler » qui évoque un amour sans lendemain, vient soudain l’envie d’esquisser des pas glissés et de tourner sans fin au rythme de la musique.

Le répertoire se poursuit avec Où sont passées les roses, une chanson ritournelle qui prend l’allure d’un rêve poétique éveillé. Marion Rampal et Piers Faccini font danser les mots d’une poésie à la fois douce et riche d’espoir. La rythmique entraînante évoque tout à la fois le maloya de la Réunion et le folk canadien. La chanson se termine avec la voix de la jeune Alma Sarrazac qui rejoint les deux interprètes.

Plus loin, à l’écoute de Tisser, on se sent comme transporté en Louisiane. Le chant de Marion Rampal touche par sa mélancolie que le trombone tempère par des interventions d’une fantaisie caressante. De la mélodie intimiste de Reminder se dégage une lumière apaisante. Le registre très folk du morceau incite à l’introspection. Tel un troubadour inspiré par les métissages musicaux, la chanteuse invite ensuite à la suivre sur L’île aux chants mêlés où l’amour calme les peines.

Sur D’autres Soleils, la voix limpide de la chanteuse plane au-dessus des balais tenus avec légèreté par Anne Pacéo. Les intonations vibrantes du chant instillent chaleur et couleur à ce titre sensible. Plus tard, les inflexions bluesy de la voix et une rythmique plus appuyée accentuent le côté mystique de Maudire. Chanté en anglais, Blossom comble ensuite l’oreille de douces sensations. Chantée par Marion Rampal et son invité Archie Shepp, Calling to the Forest résonne comme une berceuse poétique et dispense un moment d’apaisement porteur de lumière.

Accompagnée par la guitare à la sonorité chatoyante, la voix de la chanteuse conte Passe-Montagne dont la mélodie aux allures médiévales est renforcée par les sonorités graves du trombone. L’album se termine avec Still a Bird, une ballade folk rêveuse aux inflexions louisianaises. En duo avec la guitare, la chanteuse fait rayonner sa voix frémissante porteuse d’une mélancolie intemporelle.

Rendez-vous le 18 mai 2022 à 20h30 dans le cadre du Festival Jazz à Saint-Germain-des-Près (Paris) pour le concert de sortie de l’album « Tissé » de Marion Rampal. Accompagnée par Pierre-Francois Blanchard (piano, claviers), Sebastien Llado (trombone, conques), Matthis Pascaud (guitare), Simon Tailleu (contrebasse) et Raphaël Chassin (batterie), la chanteuse invite Naïssam Jalal (flûte) et Piers Faccini (voix).

Michel Petrucciani Trio au Jazz Club Montmartre CPH 1988

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« French Colors » de Christophe Lampidecchia

« French Colors » de Christophe Lampidecchia

Un groove coloré et joyeux

L’accordéoniste Christophe Lampidecchia présente son nouvel album « French Colors » inspiré de différentes cultures musicales. Entouré de ses amis, il offre un véritable tour du monde émotionnel, explore de nouvelles sonorités et fait vibrer son instrument de ses mélodies chantantes. Il invite à le suivre dans un voyage aux riches couleurs où se côtoient musette, jazz, et bien d’autres influences. Neuf titres qui vibrent d’un groove coloré et joyeux.

visuel de l'album French Colors de Christophe LampidecchiaDe formation classique autant qu’autodidacte, Christophe Lampidecchia fait partie de la nouvelle scène française de l’accordéon. Disciple des plus grands noms de l’instrument, il signe « French Colors » (Marianne Mélodie/Socadisc), sorti le 09 février 2022. Un opus où le musicien et compositeur réunit autour de lui le batteur André Ceccarelli, le guitariste Jean Marie Ecay, le percussionniste Minino Garay, le contrebassiste Jean Philippe Viret, le bassiste Kevin Reveyrand, le pianiste Jean Pierre Como et le saxophoniste Pierre Bertrand.

Avec sa famille musicale, Christophe Lampidecchia grave un album où les émotions se succèdent au fil de neuf compositions originales aux ambiances variées… valse musette, traditions péruvienne, brésilienne, argentine, jazz, be-bop, blues.

Christophe Lampidecchia

« Les voyages, les concerts à travers le monde, la découverte de différentes cultures et les rencontres musicales inattendues m’ont inspiré pour composer cette musique. Toutes ces émotions vécues, toutes ces richesses musicales partagées et toute cette humanité que j’ai reçue en abondance m’ont guidé pour enregistrer cet album. » Christophe Lampidecchia

Musique populaire

Originaire des quartiers Nord de Marseille, Christophe Lampidecchia a baigné dans la musique dès son plus jeune âge. Son grand-père et son père jouaient de l’accordéon. A 8 ans, il débute l’instrument avec son père comme professeur. Durant son apprentissage, il côtoie les plus grands noms de l’accordéon, Marcel Azzola, Jo Privat, Louis Corchia, Armand Lassagne, Jean Corti. A neuf ans il joue Perle de cristal, Indifférence, Reine de musette, etc.. Il a fait son premier bal, en tant que « professionnel » à l’âge de 11 ans. Par ailleurs, au Conservatoire de Marseille dont il sort diplômé… en trombone, il a appris la rigueur, la technique et la maîtrise du jeu académique.

A 18 ans, il sort son premier album, « Musette au soleil » où Mazurka dans Paris révèle déjà son talent de compositeur. En 1999, il obtient la médaille d’or aux qualifications du championnat de monde d’accordéon. En 2000, il rencontre Richard Galliano lors d’un concert. C’est un déclic pour lui. Il se tourne alors vers le jazz et reçoit l’enseignement de professeurs tels que Mario Stantchev, Ivan Jullien…

Projets jazz

Après avoir fait danser les gens avec la musique populaire, Christophe Lampidecchia prend donc une nouvelle direction, comme accompagnateur et aussi comme créateur de projets au format jazz.

En 2013, Il rencontre Francis Lockwood qui lui propose d’enregistrer pour des musiques de films. Il se produit aux côtés de musiciens tels que Louis Winsberg, Thierry Eliez, Michel Alibo, Stéphane Huchard, Stéphane Edouard, Jean-Christophe Maillard, Paco Sery. Le percussionniste argentin Minino Garay l’intègre dans son groupe « Les tambours du sud ». Il est invité par la chanteuse Maurane pour un concert à Eygalières. Il est aussi l’accompagnateur du spectacle « Les années Piaf » de Françoise Bachelet et Dominique Dellepiani. La même année, il forme le « Christophe Lampidecchia Jazz Musette » avec Didier Del Aguila à la basse, Cédrick Bec à la batterie, Lionel Dandine au piano, et Michel Barrot à la trompette.

En 2015 sort « Douce Joie », un album créé en hommage à l’accordéoniste de jazz Gus Viseur sur lequel il est accompagné de Christian Escoudé, Diego Imbert et Minino Garay et qui reçoit le prix de l’académie Gus Viseur 2015. En 2017, Il participe à l’enregistrement de l’album de Minino Garay « Tunga Tunga’s Band ». Suivi d’une série de concerts en Argentine aux côtés de Minino Garay, Pierre Bertrand et le chanteur argentin Jairo. Il joue au Divino Festival International Music San Rafael-Mendoza et au Festival Internacional de Jazz de Córdoba.

En 2019, Pierre Bertrand l’invite pour une série de concerts en Lettonie aux côtés de Minino Garay, Paloma Pradal et le Latvian Radio Big Band. Le label japonais Respect Record lui produit son album  » « Brise Napolitaine Brise Parisienne », un hommage à ses origines napolitaines. Christophe y est accompagné de Minino Garay, Jean Philippe Viret et Dominique Cravic. L’album reçoit le Prix Gus Viseur 2019. En 2019, le batteur de rock américain Robin DiMaggio l’invite à enregistrer Little Latin Lover, un des titres du dernier album de Don Felder American Rock ‘n’roll. Jean-Pierre Como l’a invité à jouer sur son dernier album « My Little Italy » (2020) aux côtés de André Ceccarelli, Felipe Cabrera, Minino Garay et Walter Ricci.

En 2021, Christophe Lampidecchia présente « French Colors ».

« French Colors »

Enregistré avec André Ceccarelli (batterie), Jean Marie Ecay (guitare), Minino Garay (percussion), Jean Philippe Viret (contrebasse), Jean Pierre Como (piano), Kevin Reveyrand (basse) et Pierre Bertrand (saxophone soprano), l’album « French Colors » frémit de bout en bout d’une joie infinie.

Dès la plage d’ouverture, French Colors, qui donne son nom à l’album, Christophe Lampidecchia démontre sa virtuosité et sa maitrise technique éblouissante. Sur un tempo de valse musette, il semble rendre hommage à Gus Viseur et à Marcel Azzola. Le jeu puissant et fluide de l’accordéon fait tourner la tête et génère une certaine ivresse. D’une verve inouïe, les solos de l’accordéoniste témoignent de son grand talent d’improvisateur. Changement de tempo avec Azur accordéon, batterie et percussions mettent de la couleur sur une samba frévo. Le piano à bretelles, se glisse avec aisance dans le tourbillon de la mélodie et parsème d’énergie et de fantaisie son échange avec la guitare légère et véloce.

Escapade ensuite du côté de l’Argentine avec King Tango sur lequel l’accordéon dialogue en contrepoint avec le saxophone soprano. Avec une précision rythmique sans faille, les deux solistes enivrent et fascinent par la précision et la vélocité de leur jeu. On se laisse éblouir par les notes acrobatiques du soprano. Le  titre du morceau suivant, For Marcel, annonce d’emblée la couleur, un hommage au grand Marcel Azzola. En symbiose avec la basse, le phrasé élégant de l’accordéon épouse le style de valse musette swing que les deux musiciens magnifient à la perfection.

Plus loin, sur les accords subtils de guitare, l’accordéon chargé de spleen distille la mélancolique mélodie de Vague à l’Âme. Les improvisations de la guitare et de la contrebasse illuminent le titre d’une douce tendresse. Avec Point de Vue, nouveau changement de rythme et invitation à la danse entre Brésil et Caraïbes. Après les notes piquées du solo de guitare, l’improvisation de l’accordéon fait valser la ligne musicale.

On chavire littéralement sur l’introduction de Moorea, ce boléro exposé par l’archet de la contrebasse. Décomplexé, l’accordéon croise avec souplesse couleurs et styles pour répondre à la guitare fort inspirée. La magie opère et l’on se prend à rêver. C’est une ode à la douceur que distille ensuite Céline, une ballade au climat nostalgique où le piano romantique et l’accordéon éperdu de tendresse font naître un monde imaginaire.

En conclusion, batterie et percussion, vite rejoints par l’accordéon entament Jésus de Janeiro. Ils invitent d’abord à danser le forró puis à suivre le maracatu, ce cortège de danseurs brésiliens qui déambulent dans les rues de Rio de Janeiro au moment du carnaval.

Michel Petrucciani Trio au Jazz Club Montmartre CPH 1988

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Youn Sun Nah signe « Waking World »

Youn Sun Nah signe « Waking World »

Un autoportrait introspectif

Pour « Waking World », son onzième album, la chanteuse Youn Sun Nah propose un répertoire inédit. Onze titres aux climats fort différents dont elle signe paroles, musiques et arrangements. Sa voix de soprano invite à plonger dans son intimité. Un autoportrait introspectif où la noirceur des mots contraste avec la luminosité de la musique.

Deux décennies après son premier enregistrement et trois ans après le minimaliste « Immersion » (2019), Youn Sun Nah signe « Waking World » (Arts Music/Warner Music), son onzième album, le premier dont elle a écrit les paroles et composé la musique. AucunE reprise, onze pièces de son cru dont elle a commencé l’écriture au début de la crise sanitaire, lorsqu’elle était confinée en Corée.

Entre sensibilité et puissance, « Waking World » génère des climats contrastés dont les couleurs naviguent entre ombre et lumière. La voix de soprano de Youn Sun Nah n’a rien perdu de sa pureté ni de son potentiel émotionnel.

« Waking World

visuel de l'album Waking World de Youn Sun NahAprès dix albums enregistrés en vingt ans, parmi lesquels se distinguent « Voyage » (2009), « Same Girl » (2010), Lento (2013), « She Moves On » (2017) et « Immersion » (2019), la chanteuse et compositrice Youn Sun Nah revient avec « Waking World » sorti le 28 janvier 2022, son deuxième opus chez Arts Music.

Avec à ses côtés, Xavier Tribolet (claviers, batterie), Thomas Naïm (guitares), Laurent Vernerey (basse), Airelle Besson (bugle, trompette), Guillaume Latil (violoncelle) et Héloïse Lefebvre (violon), Youn Sun Nah grave un album qui lui ressemble. Un autoportrait qui devrait ravir celles et ceux qui suivent la trajectoire de cette artiste unique devenue une star incontestée du jazz vocal.

De sa voix agile et élégante, Youn Sun Nah conte des histoires poétiques dont les couleurs et les émotions diffèrent. Entre joie et mélancolie, entre éclat et pénombre, son chant scintille. Envoûtante, la musique flâne entre pop, folk, et jazz, refusant toute frontière de style. Si les cordes sont évocatrices de subtilité et de légèreté, les sonorités électriques et la rythmique restituent l’énergie d’une puissance tranquille. Proches de la perfection, les arrangements contribuent pour beaucoup à la beauté de cet album riche en nuances.

Au fil des plages

Tout au long du répertoire, on se laisse porter entre rêve et réalité, entre lumière et mystère.

Sur Bird On The Ground, le chant pur et mélancolique libère un torrent d’émotions et génère un climat méditatif mis en valeur par la finesse des arrangements. Deux accords de guitare, le souffle de la trompette et la voix souple aux accents juvéniles ouvrent Don’t Get Me Wrong dans un climat crépusculaire mais très vite, la musique se met à sautiller et le climat se fait joyeux.

Changement d’ambiance avec le bluesy Lost Vegas au rythme entêtant et répétitif qui n’incite pas à rejoindre les rues de la ville. Sur Heart Of A Woman, la voix scintillante s’élève comme une prière dans l’écrin façonné par le son lumineux des cordes et le chant répétitif de la trompette. Sans transition, le tempo de Round and Round évoque la désolation, les nuits agitées et perturbées que la voix évoque sur des arrangements riches en couleurs.

Portée par une émotion à fleur de voix, My Mother brille d’un éclat romantique que la chanteuse dédie à sa mère. L’atmosphère s’assombrit ensuite sur Waking World qui résonne comme un songe obscur et laisse présager un réveil douloureux. La voix élégiaque et trompette éthérée inondent Tangled Soul d’ondes guère plus joyeuses.

Par bonheur, la voix claire et radieuse que la chanteuse pose sur It’s OK, une ballade d’esthétique plutôt folk, apporte un apaisement plein de tendresse et l’on se prend à espérer que la vie vaut d’être vécue mais le pire est à craindre car la pulsation rythmique et l’atmosphère spatiale et hypnotique installée par les synthés sur Endless Déjà Vu, semble annoncer l’effondrement du monde. L’album se conclut avec les aigus déconcertants de la voix qui drape I’m Yoursde mélopées éthérées.

Sur « Waking World », la voix de Youn Sun Nah distille une flânerie musicale que sa voix irradie de lumière. Absolument Irrésistible !

Michel Petrucciani Trio au Jazz Club Montmartre CPH 1988

Michel Petrucciani Trio au Jazz Club Montmartre CPH 1988

Le label Storyville Records prévoit la sortie d’un double-album inédit de Michel Petrucciani, « Michel Petrucciani Trio au Jazz Club Montmartre CPH 1988 ». Annoncé pour le 15 novembre 2024, cet opus inédit permet d’écouter le pianiste entouré de Gary Peacock et de Roy Haynes. Du jazz intemporel qui allie lyrisme, sensibilité et virtuosité.

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« Django! »… Baptiste Herbin en trio sans guitare

« Django! »… Baptiste Herbin en trio sans guitare

C’est un véritable défi que réussit le saxophoniste Baptiste Herbin avec « Django! » sur lequel il revisite l’univers de Django Reinhardt, en trio trio saxophone, contrebasse, batterie. Sans guitare, l’album restitue l’essence de la musique du fameux guitariste manouche. Échanges énergiques, fulgurances virtuoses, valses enivrantes, exubérances et silences, tout concourt à faire de cet album absolue une réussite qui allie innovation et tradition. 

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PianoForte… 40 doigts, 88 touches, 11 titres

PianoForte… 40 doigts, 88 touches, 11 titres

Composé de Pierre de Bethmann, Éric Legnini, Baptiste Trotignon et Bojan Z, le groupe « PianoForte » propose son premier album. Au piano et sur les claviers électriques, les quarante doigts des pianistes interprètent onze titres composés par de grands noms du jazz et arrangés avec grand talent par les interprètes. Paru le 11 octobre 2024 chez Artwork/PIAS, l’opus met en évidence la complicité qui réunit ces quatre virtuoses du clavier. Du jazz vibrant et joyeux, fluide et énergique.

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Fred Hersch dévoile « Breath by Breath »

Fred Hersch dévoile « Breath by Breath »

Une respiration musicale apaisée

Le pianiste et compositeur Fred Hersch signe « Breath by Breath », un album dont l’esthétique soignée s’inscrit entre musique classique et jazz raffiné. Le trio du pianiste instaure un véritable dialogue avec le Crosby Street String Quartet. Avec douceur et légèreté, la musique délicate respire et apaise.

Inspiré de sa pratique de la méditation Vipassana, Fred Hersch signe le superbe « Breath by Breath » (Palmetto Records/L’Autre Distribution) sorti le 28 janvier 2022. Un album sur lequel le pianiste et compositeur associe son trio au Crosby Street String Quartet, un quatuor de cordes.

En parfaite symbiose, les deux groupes produisent une musique apaisée et sereine dont la douceur n’a d’égale que sa beauté.

« Breath by Breath »

visuel de l'album Breath By Breath de Fred HerschComposé des violonistes Joyce Hermann et Laura Seaton, de l’altiste Lois Martin et de la violoncelliste Jody Redhage Ferber, le Crosby Street String Quartet converse avec le trio du pianiste Fred Hersch qui réunit le bassiste Drew Gress et le batteur Jochen Rueckert. Le percussionniste Rogerio Boccato les rejoint sur Mara, un des thèmes de la suite.

Le répertoire de « Breath by Breath » se compose d’une suite en huit mouvements, The Sati Suite, et de Pastorale, une pièce au profil romantique dédiée à Robert Schumann. Au fil du répertoire, un véritable dialogue s’instaure entre les cordes et le trio. Dans le pāli, la langue du bouddhisme, le terme sati signifie « pleine conscience ». D’après Fred Hersch lui-même, les huit mouvements de la suite Sati, reflètent musicalement certains aspects de la méditation Vipassana que pratique le compositeur. Entre lyrisme et gravité, le propos musical respire et navigue entre tempo médium et lent.

Au fil des plages

Sans démonstration excessive, le titre d’ouverture, Begin Again propose une grande richesse de nuances sur le titre d’ouverture. Toucher délicat du piano et raffinement harmonique s’allient aux arrangements des cordes pour créer un climat serein et paisible. C’est une atmosphère plus mélancolique que génère le quatuor à cordes dans son introduction de l’envoûtant Awakened Heart d’une beauté absolue. Avec élégance et rigueur, le piano développe ensuite son propos et l’on se laisse séduire par la fluidité de sa main gauche dont le discours en contrepoint s’inscrit dans une esthétique qui n’est pas sans rappeler celle d’un certain Bill Evans.

Les violons exposent et étirent le thème de Breath by Breath puis la ligne mélodique lumineuse de la contrebasse ouvre l’espace au piano. Une sorte de magie opère et avec sensualité et lyrisme les deux instruments parlent d’une même voix. Au-dessus des portées s’élève une vibration intime empreinte d’une grâce infinie.

Un discours tendre et fantaisiste se fait ensuite entendre au fil des courtes phrases échangées sur Monkey Mind entre les cordes pincées des violons, la contrebasse pointilliste et les sauts percussifs des doigts sur les touches du piano. Tel le souffle de la respiration apaisée, la ligne de basse monte et descend sur Rising, Falling dont les touches musicales perlées et les sonorités harmonieuses évoquent celles des grands compositeurs Fauré, Debussy ou Satie.

Plus loin, sur Mara, accompagnées par les percussions de Rogiero Boccato, les notes sautillantes du piano font un clin d’œil au dieu Mara, le démon du bouddhisme, cet esprit démoniaque qui tente d’empêcher Bouddha d’atteindre l’Éveil.

Joué sur un tempo très lent par le seul Crosby Street String Quartet, Know That You Are prend les allures d’un requiem. Sur Worldly Winds, le dernier titre de la Sati Suite, le piano convoque l’esprit du contrepoint cher à Jean-Sébastien Bach et adopte un tempo plus gai et plus enlevé. L’album se termine avec Pastorale, une mélodie dédiée à Robert Schumann et jouée par le piano avec une grâce indicible et une sensibilité inouïe.

Michel Petrucciani Trio au Jazz Club Montmartre CPH 1988

Michel Petrucciani Trio au Jazz Club Montmartre CPH 1988

Le label Storyville Records prévoit la sortie d’un double-album inédit de Michel Petrucciani, « Michel Petrucciani Trio au Jazz Club Montmartre CPH 1988 ». Annoncé pour le 15 novembre 2024, cet opus inédit permet d’écouter le pianiste entouré de Gary Peacock et de Roy Haynes. Du jazz intemporel qui allie lyrisme, sensibilité et virtuosité.

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« Django! »… Baptiste Herbin en trio sans guitare

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Arnaud Dolmen revient avec « Adjusting »

Arnaud Dolmen revient avec « Adjusting »

Un jazz libre et enivrant

​Dans son nouvel opus, « Adjusting », annoncé pour le 28 janvier 2022, le batteur Arnaud Dolmen propose une musique complexe et incisive ancrée dans les rythmiques caribéennes et plus spécifiquement le gwoka guadeloupéen. En quartet avec ou sans piano, la batterie et la contrebasse complices croisent les notes avec trois saxophones ténors et des invités de choix. Un jazz libre et enivrant.

visuel de l'album Adjusting du batteur Arnaud DolmenAprès « Tonbé Lévé » sorti en 2017, Arnaud Dolmen présente son deuxième album de jazz « Adjusting » (Gaya Music Production/L’autre Distribution). Avec une grande maturité, le batteur y développe sa propre vision rythmique et confirme ses qualités de compositeur et d’arrangeur. Ancrée dans la culture traditionnelle guadeloupéenne du gwoka et nourrie d’apports musicaux diversifiés, son esthétique musicale s’inscrit dans le courant d’un jazz contemporain très libre.

Les douze titres de l’album témoignent du regard que le musicien porte sur la société… la nécessité de s’adapter et de se centrer sur l’essentiel pour s’ajuster à la réalité. A travers ses cris et ses murmures, sa musique riche en nuances restitue les questions que le musicien se pose sur la vie et porte ses espoirs.

« C’est l’observation, que je fais entre les écarts de la société, les écarts de comportements selon des codes… Et si nous revenions à notre centre, à ce qui est cosmiquement réel, perceptible sans effort ?! Moins d’avoir et plus d’être. En s’écoutant et se respectant, l’ajustement est possible pour aller de l’avant. Ensemble ?! » Arnaud Dolmen

« Adjusting »

Autour d’Arnaud Dolmen sont réunis le pianiste Léonardo Montana, déjà présent sur « Tonbé Lévé », le contrebassiste Samuel F’HIMA et les saxophonistes ténor Francesco Geminiani (sur dix titres), Ricardo Izquierdo (sur cinq titres) et Antonio Sanchèz (sur un titre). Le leader a aussi invité l’accordéoniste Vincent Peirani, la flûtiste Naïssam Jalal et la chanteuse haïtienne Moonlight Benjamin.

Avec neuf titres enregistrés en quartet avec ou sans piano, un morceau en quintet, un autre en sextet et un superbe duo, l’album « Adjusting » propose un répertoire où la batterie interagit très librement avec tous les solistes, sans se cantonner au seul rôle de rythmicien-accompagnateur autrefois dévolu à cet instrument.

Puissance de frappe, syncopes et polyrythmie dotent la musique d’Arnaud Dolmen d’une dimension incisive indéniable. Très impliquée rythmiquement, la contrebasse impulse les fondamentaux des accords. Par leurs vibrations, saxophones, flûte, piano, voix et accordéon chuchotent ou crient, apaisent ou stimulent. Riche d’échanges de chaque instant, la musique enchante par sa vivacité et surprend par ses couleurs sans cesse renouvelées.

Au fil des plages

Sur The Gap, le titre d’ouverture, la batterie constitue le socle rythmique et, en l’absence du piano, fait le lien avec les saxophones. Tout en contretemps, les puissantes vibrations des ténors flamboyants dialoguent avec les tambours et s’ajustent avec souplesse. Pris sur un tempo très vif, le très swinguant SQN (Sine Qua non) met en valeur la puissance de frappe et le jeu polyrythmique très libre du batteur qui stimule les interventions de l’accordéon, du saxophone et du piano.

Avec Cavernet, le climat sonore s’aère. Introduit et littéralement chanté par la contrebasse, le morceau valorise le dialogue des ténors véhéments soutenus par une batterie exubérante et énergique. Aux côtés des deux ténors et du piano, la voix puissante et sensuelle de la chanteuse contribue à doter le très percussif Ajistèman d’un climat envoutant. Alors que la contrebasse déroule une ligne mélodique délicate, les volutes en suspension et les plaintes élégiaques des saxophones installent une atmosphère spirituelle Sur Ti Moun Gaya.

Sur un riff du piano repris à l’envi et avec le soutien rythmique de la batterie, le saxophone expose le thème de For Real puis s’installe un climat étrange gorgé de soubresauts. Stimulés par la contrebasse, piano et ténor se lancent ensuite dans des improvisations aux envolées fulminantes. Plus loin, par son jeu très maîtrisé et puissant dans les aigus et ses envolées lyriques inspirée, la flûte confère à Résonance un climat de plénitude quasi mystique.

En ouverture du très inspiré Hey Cousin, les lignes musicales du ténor dessinent un climat très moderne avant que piano et contrebasse ne dialoguent avec véhémence. Syncopes et contretemps se tirent la bourre sur la polyrythmie qu’impulse la batterie.

Les harmonies apaisantes du piano et la chaleureuse sonorité du ténor développent un climat serein sur la superbe ballade Ka Sa Té Ké Bay (« qu’est-ce que ça aurait donné »), jouée comme en suspension dans l’espace. Sans transition, le climat change avec Graj ou Toumblak. A partir d’un motif percussif mené par la contrebasse et le batteur, ténor et piano déploient une ligne musicale qui devient obsessionnelle. De sa verve lyrique, le ténor forge ensuite un solo dont les phrases sinueuses interpellent le piano qui ne demeure pas en reste et lui répond avec fougue et éloquence.

Drôle de moment surprend et séduit par le solo riche et coloré de la batterie et les improvisations interactives des ténors dont les phrasés nerveux provoquent des éboulements de notes. Le répertoire se conclut avec Les oublié.e.s qui permet de découvrir sur un rythme de calypso; le bouladjel, une expression musicale traditionnelle unique à la Guadeloupe qui fait partie du système gwoka avec la superposition polyrythmique de vocalisations percussives (bruits de gorge, onomatopées et halètements) au-dessus du chant du ténor.

« Adjusting », à découvrir et à écouter en boucle !

Michel Petrucciani Trio au Jazz Club Montmartre CPH 1988

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