Paul Lay revient avec « Deep Rivers »

Paul Lay revient avec « Deep Rivers »

Hommage musical riche en émotions

Le pianiste Paul Lay revient en trio avec la chanteuse Isabel Sörling et le contrebassiste Simon Tailleu déjà présents à ses côtés sur le splendide « Alcazar Memories ». « Deep Rivers » résonne comme un voyage autour de 100 ans de chansons américaines, de la guerre de sécession à Nina Simone. Le trio rend hommage aux musiques populaires de la fin du 19ème et du 20ème siècle. Le répertoire s’enrichit de quatre compositions du pianiste rejoint par quatre invités. Les émotions sont au rendez-vous.

Dix ans après la sortie de son premier album « Unveiling » chez Laborie Jazz, Paul Lay revient avec « Deep Rivers » (Laborie Jazz/Socadisc/IDOL) sorti le 10 janvier 2020. L’album répond à une commande destinée à commémorer les 100 ans de l’arrivée du jazz en Europe. Le pianiste retrouve la chanteuse suédoise Isabel Sörling et le contrebassiste Simon Tallieu, partenaires avec lesquels il avait déjà enregistré « Alcazar Memories » (2017) dont on a pu apprécier la musicalité.

Paul Lay

Depuis ses débuts, le pianiste orthézien a développé une expérience très large qui lui a permis de s’exprimer en solo ou en leader à la tête de ses trios ou quartet, mais aussi dans les groupes de Riccardo Del Fra, Géraldine Laurent, Ping Machine et Eric le Lann avec lequel il a d’ailleurs enregistré « Thanks A Million » (2018) qui célèbre la mémoire et l’œuvre de Louis Armstrong. Parmi les nombreux prix prestigieux reçus par Paul Lay, on peut citer le Prix « Django Reinhardt » qui l’a distingué en 2016 meilleur artiste de jazz français de l’année.

Fin mélodiste doté d’une technique imparable au service d’une imagination impressionnante, Paul Lay demeure ancré dans la tradition qu’il renouvelle avec subtilité. Inspiré, le pianiste développe une expression très personnelle d’où est absente toute reproduction et tout étalage. Virtuose, il prend de la distance avec la technique et développe une identité singulière. Son jeu allie force et sensibilité, élégance et finesse, le tout exposé avec générosité, aisance et toujours un brin d’humour,

« Deep Rivers »

Pqul Lqy revient avec Deep RiversPaul Lay demeure fidèle au Label Laborie Jazz avec lequel il collabore depuis dix années. Après quatre opus, « Unveiling » en 2010, « Mikado » en 2014, « The Party » et « Alcazar Memories » en 2017, son cinquième album « Deep Rivers » sorti le 10 janvier 2020 plonge dans les musiques populaires de la fin du XIXème et début XXème siècle.

L’album fait suite à une demande que le pianiste a reçu de Matthieu Jouhan alors qu’il préparait les évènements liés au centenaire de l’arrivée du jazz en Europe, en 1918 et particulièrement le centième anniversaire du premier concert de jazz, le 12 février 1918 à Nantes.

Accompagné de la chanteuse suédoise Isabel Sörling et du contrebassiste Simon Tailleu, le pianiste Paul Lay reprend des chansons folkloriques américaines de la fin de la guerre de Sécession jusqu’aux années 60. A ces titres emblématiques, spirituals et folksongs, écrits tant au Sud qu’au Nord des USA scandent le droit à la dignité et à la liberté, s’ajoute Go to Hell, un titre de Nina Simone qui leur fait écho. Par ailleurs, quatre compositions personnelles du pianiste sont mises en miroir face à ces compositions historiques. Sur trois d’entre elles il est rejoint par quatre invités, le batteur Donald Kontomanou, le tromboniste Bastien Ballaz, le trompettiste Quentin Ghomari et le saxophoniste Benjamin Dousteyssier.

Au fil des titres

Nombre des morceaux du répertoire résonnent avec familiarité aux oreilles. Avec le trio et ses invités, tous prennent de nouvelles couleurs enchanteresses et chargées d’émotions.

Chansons populaires et traditionnelles

On découvre (ou redécouvre) avec plaisir quelques-uns des folksongs et spirituals qui ont jalonné un siècle d’histoire des USA de 1860 à 1960. Les musiciens en donnent des versions sensibles et puissantes.

En  solo, Paul Lay interprète deux courts morceaux, Sylvia d’Oley Speaks et le célèbre ragtime Maple Leaf Rag de Scott Joplin sur lequel son jeu facétieux semble animer un film muet où la silhouette de Charlot ponctue des scènes burlesques. Le pianiste développe une maîtrise inouïe du piano stride, sa main droite se fait volubile alors que sa main gauche articule un rythme de pompe syncopé.

Mené par le trio martial, Southern Soldier Boy de G. W. Alexander évoque le poids de la guerre alors que sur Rebel Soldier de Jamey Johnson, l’archet et la voix dialoguent avec émotion.

La musicalité sans faille de la contrebasse de Simon Tailleu et son efficacité rythmique constituent des atouts précieux et contribuent à la force du discours musical.

Accompagnée par le seul jeu singulier et très délicat du piano, Isabel Sörling donne une interprétation bouleversante du spiritual Deep River. On se laisse subjuguer par la puissance de son interprétation dont la force poignante émeut. Toujours en duo avec le piano, la voix se fait plus sensuelle et tendre sur Moonlight Bay de Percy Weinrich. Sur Chasing rainbows de Harry Carroll la voix céleste se pare de lumière et sublime la poésie que la contrebasse précise et le piano plein de grâce accompagnent.

Le chant d’Isabel Sörling habite corps et âme le titre Go to Hell de Nina Simone. C’est avec un enthousiasme et une expressivité peu commune que la chanteuse reprend Battle hymn of the Republic. Interprété par le trio enthousiaste renforcé par la batterie inventive, le chant prend la forme d’un hymne joyeux. Le chant puissant et fragile à la fois apporte une grande humanité à Follow the Drinking Gourd écrit en 1928 à la fin de la guerre civile. Le piano et la rythmique ponctuent d’un rythme effréné la fuite des esclaves en quête de liberté.

La tessiture étendue et la diversité de timbres de la voix véhiculent de nombreuses émotions qui vont du spleen au désespoir, de la rage à la bonne humeur. On reste suspendu à cet alliage vocal unique de fragilité et de force, de profondeur et de légèreté. Ses aigus célestes élèvent la musique dans de hautes sphères émotionnelles.

Compositions originales du pianiste

Cinq  compositions personnelles de Paul Lay émaillent l’album.

Sur Mister Morton au rythme syncopé et joyeux, le piano accompagné de la seule batterie, rend hommage au pianiste Ferdinand Joseph La Mothe, passé à la postérité sous le nom de « Jelly Roll Morton ».

Sur trois autres compositions originales, Paul Lay est rejoint par ses invités. Donald Kontomanou (batterie), Bastien Ballaz (trombone), Quentin Ghomari (trompette) et Benjamin Dousteyssier (saxophone alto). Horizons ouvre l’album avec une emphase solennelle aux couleurs cuivrées alors qu’une atmosphère empreinte de nostalgie teinte Blues, le dernier titre de l’opus. La chanteuse se joint aux instrumentistes sur To Germany, poème écrit au front en 1917 par C. H. Sorley, jeune officier britannique, juste avant de tomber sous les balles. La voix aérienne et vibrante d’Isabel Sörling élève une ode poignante à la paix et dédiée au peuple allemand. Un moment d’émotion indéniable.

Sur « Deep Rivers », Paul Lay et ses partenaires complices allient avec subtilité jazz, folk et blues dans un hommage musical riche en émotion.

RV avec Paul Lay (piano), Isabel Sôrling (voix) et Simon Tailleu (contrebasse) le 06 février 2020 à Paris dans le cadre de la 13e édition du festival Au Fil des Voix (du 20 janvier au 7 février 2020). Le concert de 20h est complet mais LE 360 Paris Music Factory propose un second set à 22h . Avis aux amateurs !

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Coup de Cœur pour GRIO – GRand Impérial Orchestra

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Tonique, Hypnotique & Addictif

Débuter l’année 2020 avec l’album « Music Is Our Mistress », c’est la garantie de faire le plein d’énergie car GRIO - GRand Impérial Orchestra n’a pas fait les choses à moitié. Il ne manque ni d’idées, ni d’invention. Étoffée de trois soufflants et d’un pianiste, la superbe équipe de l’Impérial Quartet est devenue octet. En concert, la musique de GRIO est atomique et l’album restitue tout à fait l’ardente puissance de l’orchestre. Après une première dégustation cochléaire, une seconde tournée est bienvenue pour s’enivrer de cette musique tonique, hypnotique et addictive. A consommer sans modération !

Improvisateurs actifs et novateurs, les musiciens de la Compagnie Impérial ont une approche contemporaine de la musique et l’improvisation collective constitue le cœur de leurs projets. L’énergie du rock habite la musique d’Impérial Quartet autant que le lyrisme et la liberté du jazz moderne. Au sein d’Impérial Orphéon, vibrent le lyrisme de l’opéra et la diversité des folklores. Le duo D&G invite les musiques traditionnelles et populaires. La musique mandingue imprègne celle d’Impérial Pulsar. Dans la famille de la Compagnie Impérial, le nouvel orchestre, GRIO – GRand Impérial Orchestra ne dépare pas.

GRIO est né de l’association de l’Impérial Quartet constitué des saxophonistes Gérald Chevillon (saxophones basse, ténor et soprano) et Damien Sabatier (saxophones baryton, alto et sopranino), du bassiste devenu contrebassiste pour l’occasion, Joachim Florent et du batteur Antonin Leymarie avec d’autres brillants improvisateurs, le pianiste finlandais Aki Rissanen, le tromboniste Simon Girard et les trompettistes Fred Roudet et Aymeric Avice.

Initié en 2018 par ces improvisateurs hors pair, le projet de GRIO – GRand Impérial Orchestra invite à voyager dans un monde polyrythmique aux reflets cuivrés et chatoyants. Entre polyrythmies et jazz libertaire, GRIO réfute les contraintes et les formats pré-conçus et propose un jazz en constante réinvention, un jazz libre, de J à Z.

Annoncée pour le 17 janvier 2020, la sortie de « Music is our Mistress », le premier album de GRIO devrait faire bien des heureux. D’abord le public qui ne connait pas encore sa musique et va, après écoute de l’album, guetter le prochain concert du GRand Impérial Orchestra pour vibrer en direct. Par ailleurs, celles et ceux qui ont déjà eu le plaisir d’écouter GRIO live, pourront se ré-immerger dans l’univers fascinant de l’orchestre.

« Music is our Mistress »

En mai 2019, l’équipe du GRIO – GRand Impérial Orchestra entre au studio La Buissonne à Pernes-les-Fontaines où l’album « Music is our Mistress » (Compagnie Imperial/Inouie) est enregistré par Nicolas Baillard.couverture de l'album Music Is Our Mistress par GRIO - GRand Impérial Orchestra

Fascinés par les Banda Linda de Centrafrique, les musiciens du GRand Impérial Orchestra profilent leur musique du côté des polyphonies centrafricaines mais cette influence coexiste avec le jazz qui imprègne l’aventure musicale de l’orchestre.

En effet, GRIO hisse haut la bannière du jazz pour son premier opus dont le titre fait référence à « Music is my Mistress », l’autobiographie de Duke Ellington. Ainsi, le travail du groupe se situe sous le haut patronage du grand compositeur mais l’intitulé de l’album regarde aussi du côté d’Ornette Coleman et de son album « This Is Our Music » enregistré en 1960. Si la richesse des orchestrations évoque les textures orchestrales ellingtoniennes, il n’en ressort pas moins que la référence au jazz libertaire des années 60/70 saute clairement aux oreilles dès la première écoute.

Ainsi, « Music is our Mistress » de GRIO – GRand Impérial Orchestra s’abreuve des polyrythmies et polyphonies traditionnelles des Banda Linda de Centrafrique et du jazz libertaire des années 60/70.

Banda Linda de Centrafrique

D’emblée on ne peut s’empêcher de rapprocher le terme griot de l’acronyme GRIO. L’Afrique les relie. En Afrique de l’Ouest, le premier est garant de la tradition orale. Le second puise une partie de son inspiration dans les pratiques musicales orchestrales des Banda Linda centrafricaines, l’ethnie Banda Linda étant un sous-groupe ethnique du groupe Banda. GRIO assure donc en quelque sorte une transmission de cette tradition musicale comme ailleurs le font les griots.

Les racines évidées des kapokiers fournissent des cornes aux orchestres des Banda Linda. Chaque corne/trompe ne joue qu’une note. Les trompes se répartissent les mélodies divisées en plusieurs parties contrapuntiques. Ainsi, le « hoquet instrumental » constitue la base de la polyphonie Banda Linda. Duke Ellington dans sa jungle music avait d’ailleurs remis à l’honneur ce principe ainsi que les musiciens du free jazz qui l’avaient adopté dans leurs expériences musicales.

GRIO - GRand Impérial Orchestra - le 18 octobre 2019 - Opera Underground©NV

GRIO - GRand Impérial Orchestra - 18/1019 - Opera Underground©NV

Dans la trace de leurs célèbres aînés, les musiciens du GRIO empruntent eux-aussi à cette tradition africaine. D’ailleurs Damien Sabatier s’est inspiré de deux morceaux traditionnels. L’album ouvre avec Cult of Twins, morceau qui chez les Banda Linda célèbre la naissance des jumeaux. L’opus se termine avec Tchebou Ganza Tche Gate/Le Sommeil Droit joué en Centreafrique par les jeunes-hommes qui ont passé une journée bien remplie, titre avec lequel les musiciens ont terminé le concert du 18 octobre 2019 à l’Opera Underground de Lyon, avec une déambulation joyeuse dans la salle.

Dans une autre dynamique, le titre Gomorra Pulse, composé par Joachim Florent, débute aussi par cette répétition de note que chaque instrumentiste souffle rythmiquement et entremêle avec celle des autres vents. La musique, tourne, s’étoffe et se complexifie. On se laisse hypnotiser non sans penser aux boucles sonores de Steve Reich.

La section rythmique et le piano viennent ensuite ajouter leur grain de sel à la mécanique bien huilée des instruments à vent. La pâte sonore se densifie encore. Polyrythmies, enchevêtrements de riffs réitératifs, le chaudron bout jusqu’à ce qu’advienne un temps de répit durant lequel piano, et contrebasse jouée à l’archet dialoguent en toute intimité. Un climat digne des plus belles atmosphères ravelliennes advient et un vent rafraîchissant inspire à l’orchestre un jazz lyrique porté par la voix du piano jusqu’à ce que l’ensemble des soufflants revienne en force pour élever la musique jusqu’au sommet de la canopée. La musique enveloppante en vient à swinguer comme un big band ellingtonnien sans pour autant oublier des incursions insolentes dans les plus folles polyrythmies. Les sonorités flirtent entre les effluves d’un orchestre que le Duke n’aurait pas renié et les impertinentes envolées d’un Mingus Orchestra. Sauvage et lyrique à la fois, ce superbe moment suspend le temps et relie tous les genres.

Linda Linda du même Joachim Florent s’inscrit dans la même veine des polyrythmies traditionnelles.

Jazz libertaire des années 60/70

GRIO – GRand Impérial Orchestra puise aussi son inspiration dans le jazz libertaire. Anima porte bien nom. Cette composition d’Antonin Leymarie sonne comme un hymne et restitue l’âme de ce jazz libre des années 60/70. On y retrouve l’esprit du Liberation Music Orchestra de Charlie Haden et Carla Bley et on capte aussi des échos venus en droite ligne de l’Art Ensemble of Chicago. Les instrumentistes improvisent à cœur joie et mettent en valeur la richesse de l’écriture.

Quand un des soufflants improvise les autres soufflent en section, tous les instruments s’investissent au niveau rythmique, mélodique et harmonique ce qui donne à la musique une texture d’une richesse inouïe. GRIO fonctionne comme une machine bien huilée qui bouscule et stimule l’écoute.

Du même compositeur, A Cançao Do Grillo installe quant à lui un climat fait de contrastes. Après une intro orchestrale percutante, trompette et saxophone basse vocifèrent avec une énergie infernale… free jazz es-tu là ? … soprano et trombone s’en mêlent, le piano ponctue, la batterie pousse puis le climat change.

Solo, le pianiste muse alors sur les touches blanches et noires et instaure un climat musical éthéré qui tranche avec l’énergie et la pulsation du début du morceau. Plus tard il est rejoint par les vents puis par la batterie et l’archet de la contrebasse. La texture musicale se densifie et le sopranino guide le morceau vers sa fin.

Une alchimie orchestrale superbe et coloriste se dégage d’une autre composition du contrebassiste, Hillbrow. La musique émarge chez Mingus par la puissance et les interventions inspirées des instrumentistes, liberté du piano, présence exacerbée de la batterie et puissance de la contrebasse omniprésente. Sur un tempo plus lent Frida Kalho Song of Love, composé par Joachim Florent, résonne comme une solennelle procession où trompette et saxophone alto croisent leurs chants d’amour soutenus par le luxuriant orchestre.

Sacrément impertinent, carrément sauvage et un brin poétique, GRIO – GRand Impérial Orchestra propose sur « Music is our Mistress », une musique physique et tonique. Une musique hypnotique et organique qui invite à voyager dans un monde polyrythmique aux reflets cuivrées et chatoyants. Une musique qui parvient à combiner avec insolence et réussite les influences du jazz des années 60/70 et les polyrythmies des musiques centrafricaines de l’ethnie des Banda Linda. Ce croisement est une réussite absolue, c’est savant et captivant, foisonnant et libre, joyeux et trépidant, ça déménage !

Pour écouter live GRIO - GRand Impérial Orchestra, quelques RV se profilent après la sortie de l’album « Music Is Our Mistress ». Le 18 janvier 2020 à la SMAC 07–Théâtre de Viviers, le 19 janvier 2020 à Tournus dans la salle Le Galpon et à 20h le 20 janvier 2020 à Paris au Pan Piper.

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Saint-Fons Jazz Festival#21

Saint-Fons Jazz Festival#21

Du jazz vitaminé et diversifié

Du 21 janvier au 01 février 2020, paré de ses plus beaux atours, le jazz réchauffe l’hiver durant le Saint-Fons Jazz Festival#21. Une programmation réjouissante propose des musiques chaleureuses imprégnées de l’esprit de la fête. « Contrebasses Messengers Quintet », les Swingirls « Survoltées », des têtes d’affiche prestigieuses avec Kenny Garrett et Renaud Garcia-Fons, sans oublier une soirée de clôture dansante avec un grand Bal Lindy Hop.

Comme chaque année en Janvier, le cœur du jazz bat fort à Saint-Fons. En effet, organisé par l’école de Musique CRC, le Saint-Fons Jazz Festival ponctue l’hiver et réunit à la fois les élèves et les professeurs, des têtes d’affiche et des projets qui possèdent une vocation pédagogique et développent une vison loco-régionale.

En 2020, par la voix de Norbert Gelsumini, directeur de l’Ecole de Musique, le Saint-Fons Jazz Festival#21 clame haut son credo : « la musique crée du lien et apporte, l’air de rien, un petit supplément d’âme ». La programmation diversifiée qu’affiche le festival va en son sens et à n’en pas douter, entre le 21 janvier et le 01 février 2020, les musiques vont faire vibrer un public amateur de jazz.

Une conférence autour du jazz vocal (21/01/20), « Contrebasses Messengers Quintet » et sa création inédite (22/01/20), Renaud Garcia-Fons et son projet en trio « La vie devant soi » (24/01/2020), les Swingirls et leur projet « surVOLTées » (29/01/2020), le saxophoniste Kenny Garrett à la tête de son quintet (31/01/2020) et pour finir une soirée de clôture dansante avec le Grand Bal Lindy (01/02/2020).

Conférence autour du jazz vocal

Qui de mieux que Jérôme Duvivier (professeur au Conservatoire de Lyon) pour guider le public à la découverte du jazz vocal ! En compagnie du pianiste et professeur de l’école de musique de Saint-Fons, Wilhelm Coppey, il va guider les auditeurs sur les rivages du blues, du swing, de la bossa nova, du bebop et tout dévoiler sur les mystères du scat.

RV à 20h le 21 janvier 2020 dans les locaux de la Médiathèque RMG , Place Roger Salengro à Saint-Fons. Un voyage au pays du jazz vocal !

Contrebasses Messengers Quintet

Après une restitution de Pratiques Collectives de l’école de Musique de Saint-Fons, celle qu’on surnomme la grand-mère, la contrebasse, est sous les feux de la rampe. En effet un trio de contrebasses tenues par Patrick Maradan, Christophe Lincontang et Stéphane Ribero propose une création. En quintet avec Wilhelm Coppey (piano) et Matthieu Garaud (batterie), les contrebassistes vont développer en duo, trio, ou solo, l’éventail de tous les possibles pour cet instrument imposant, pilier de l’orchestre de jazz.

RV à 20h le 22 janvier 2020 au Théâtre Jean Marais de Saint-Fons. Belle occasion pour découvrir toutes les ressources de la contrebasse !

Renaud Garcia-Fons et son projet « La vie devant soi »

Renaud Garcia-Fons Trio©Solene Person

Pour faire suite à la soirée du 22 janvier avec son zoom sur la contrebasse, c’est un maître de l’instrument qu’invite le festival en la personne de Renaud Garcia-Fons. Celui qui fait littéralement chanter sa contrebasse et joue des cinq cordes de son instrument avec autant de virtuosité que de sensibilité, vient en effet  présenter son projet « La Vie devant soi » avec ses deux complices, l’accordéoniste David Venitucci et le multi-instrumentiste Stephan Caracci.

Ainsi épaulé d’un accordéoniste coloriste poète et d’un percussionniste virtuose et sensible, le contrebassiste mélodiste va arpenter le pavé de Paris entre hier et aujourd’hui, au fil de rencontres qui sont autant de clin d’oeil au titre du livre d’Ajar/Gary, « La vie devant soi ».

RV à 20h30 le 24 janvier 2020 au Théâtre Jean Marais de Saint-Fons. Une musique chambriste qui n’oublie pas de groover !

Les « Swingirls » et leur projet « surVOLTées »

Les Swingirl au Saint-Fons Jazz Festival#21Les « Swingirls », c’est un trio qui réunit Marianne Girard (guitare, chant), Caroline Ruelle (accordéon, chant) et Violaine Soulier (violon, percussions, chant). Ces trois instrumentistes, chanteuses et comédiennes viennent présenter leur nouveau spectacle intitulé « surVOLTées ».

Ce trio déjanté sort guitares électriques, grosse caisse à double pédale et claviers « vintage » et passent du swing au rock. Les trois stars posent leurs voix sur des textes à l’humour décapant et pimentent le tout de clowneries. Leur album « surVOLTées » est annoncé pour le 10 janvier 2020.

RV à 20h30 le 29 janvier 2020 au Théâtre Jean Marais de Saint-Fons. Un spectacle « Rocky ! Sexy ! Crazy ! »

Kenny Garrett Quintet

Le saxophoniste de Détroit, Kenny Garrett a joué avec les plus grands parmi lesquels entre autres, MIles Davis et Marcus Miller. Il a fait partie des Jazz Messengers d’Art Blakey entre 1986 et 1987. Il a ensuite poursuivi sa propre trajectoire et imposé son saxophone alto au firmament du jazz.

Kenny Garrett au Saint-Fons Jazz Festival#21

Kenny Garrett©Jimmy Katz

Kenny Garrett inscrit son expression dans la tradition du jazz et pratique une musique post hard bop dans laquelle il introduit des éléments de hip-hop, de la nu-soul ou du gospel. Ce virtuose flamboyant joue avec vélocité et exubérance. Très extraverti, le saxophoniste affectionne les improvisations qu’il développe et porte à leur paroxysme. Son jeu se caractérise par une attaque très ferme, une puissance expressive, une expression rapide, nerveuse, très assurée même sur sur les tempi les plus rapides.

S’il n’a pas produit d’album depuis « Do You Dance » (2016), Kenny Garrett demeure un showman hors pair qui donne le meilleur de lui- même sur scène où il excelle à enchanter et déchaîner l’enthousiasme du public. Sa musique libre se réinvente sans cesse. Exubérante ou spirituelle, elle touche autant les âmes que les corps et donne souvent l’envie de danser.

A Saint-Fons, Kenny Garrett vient présenter sa musique en quintet, entouré du pianiste Vernell Brown Jr., du contrebassiste Corcoran Holt, du percussionniste Rudy Bird et du batteur Samuel Laviso.

RV à 20h30 le 31 janvier 2020 au Théâtre Jean Marais de Saint-Fons. Un concert évènement qui devrait enflammer le public jusqu’à la transe !

Grand Bal Lindy Hop

Le festival se termine par un bal Lindy Hop. Pour les danseurs novices tentés par l’expérience, Lyon swing (lien) et Gon’a Swing (lien) proposent au public de s’essayer à cette danse festive et joyeuse. Des séances d’initiation gratuites sont d’ailleurs proposées le mercredi 22 Janvier à 17h et à 19h en Salle associative des Clochettes, le samedi 01 février à 18h au Centre d’Art Plastique et à 20h en ouverture du Bal Lindy Hop.

Sur scène l’orchestre qui anime la soirée réunit Christophe Metra (trompette), Wilhelm Coppey (piano), Cédric Perrot (vibraphone), Stéphane Rivero (contrebasse) et Matthieu Garraud (batterie). Pour celles et ceux qui ne danseraient pas, le spectacle ne devrait pas non plus manquer de piquant.

RV à 20h le 01 février 2020 dans le Hall des Fêtes, Place Girardet à Saint Fons. Retour dans les années 30 et moment festif garanti !

Du 21 janvier au 01 février 2020, la programmation du Saint-Fons Jazz Festival#21 se profile comme une thérapeutique musicale et vitaminée. L’idéal pour affronter la morosité hivernale.

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Ultimes « Coups de cœur » 2019…

… pour bien terminer l’année !

Riche en surprises, 2019 a permis de découvrir de nouveaux talents et de se régaler de la musique d’artistes confirmés qui ne cessent de renouveler leurs projets. Quoi de mieux pour terminer l’année que sept ultimes « coups de cœur » !

Il serait en effet dommage de passer à côté des albums proposés en 2019 par Christophe Dal Sasso, Théo Girard, Gabriel Grossi, Asley Henry, Hugo Lippi, Sylvain Rifflet et Louis Sclavis.

Dal Sasso Big Band - « The Palmer Suite »

Pour le bicentenaire de Château Palmer, l’un des fleurons de l’appellation Margaux, Christophe Dal Sasso a répondu à la commande du directeur général du domaine, Thomas Duroux. Le compositeur a écrit et arrangé « The Palmer Suite » (Jazz & People/PAIS), onze chapitres musicaux qui retracent en musique quelques-uns des moments les plus marquants de l’histoire du prestigieux vignoble.

Avec déjà cinq albums à son crédit dont le très récent « Les Nébuleuses » (2016) pour quintet de jazz et trio à cordes, le flutiste et compositeur a confié la partition de « The Palmer Suite » à son big band. Cet orchestre époustouflant réunit onze des plus émérites musiciens et improvisateurs français : Julien Alour, Joël Chausse et Quentin Ghomari (trompette, bugle), Jerry Edwards et Denis Leloup (trombone), Bastien Stil (tuba), Dominique Mandin (saxophone alto, flûte), Sophie Alour (saxophone ténor, clarinette, flûte), David El-Malek (saxophone ténor), Thomas Savy (saxophone ténor, clarinette basse, Christophe Dal Sasso (flûte, direction), Manuel Marchès (contrebasse), Karl Jannuska (batterie).

« The Palmer Suite », un album haut en couleur à écouter sans modération !

Théo Girard - « Bulle »

La fin d’année est le moment rêvé pour savourer quelques bulles. Pourquoi ne pas en profiter pour écouter l’album « Bulle » (Discobole/Differ-Ant) enregistré en quartet par Théo Girard.

Après son premier album « 30YearsFrom » , le contrebassiste et fondateur du label Discobole, Théo Girard revient cette fois en quartet avec Basile Naudet (alto sax), Antoine Berjeaut (trompette, bugle), Théo Girard (contrebasse) et Sebastian Rochford (batterie). Portée par une rythmique solide, la musique pétille d’énergie et vibre d’une liberté qui ne se dément pas d’un bout à l’autre des huit titres composés par le leader.

« Bulle », pour s’enivrer sans risque et avec plaisir.

Gabriel Grossi - « #motion »

Auteur-compositeur brésilien et harmoniciste virtuose, Gabriel Grossi a enregistré « #motion » (Whrilwing avec son nouveau quintet formé par quelques-uns des musiciens les plus novateurs de sa génération, Eduardo Farias (piano), André Vasconcellos (basse), Rafael Barata (batterie) et Sergio Coelho (trombone).

Avec son groupe et la participation spéciale de Mauricio Einhorn et Hermeto Pascoal, ce musicien fort actif, revisite des compositions des Brésiliens Heitor Villa-Lobos et Pixinguinha et dédie ses propres compositions à ceux qui ont l’inspiré parmi lesquels, Milton Nascimento, Raul de Souza, Maurício Einhorn et Toots Thielemans. Cet album live célèbre les superbes mélodies du répertoire et fait groover des thèmes gorgés d’une brillance peu commune.

« #motion », un album aux climats contrastés où coexistent modernité effervescente et chaleureuses émotions.

Ahsley Henry - « Beautiful Vinyl Hunter »

A 26 ans et après deux premiers EP depuis 2016, le pianiste, compositeur, arrangeur, producteur britannique Ashley Henry a signé en 2019 son premier album, « Beautiful Vinyl Hunter ».(Sony Music).  Un album audacieux dont les quinze pistes font alterner jazz contemporain, hip hop et soul.

Entouré de nombreux invités parmi lesquels Makaya McCraven, Jaimie Branch, Judi Jackson, Keyon Harrold, Binker & Moses, Theo Croker, ou encore Sparkz (le MC de The Mouse Outfit), le pianiste propose un album dynamique où le jazz côtoie tous les genres… ou presque. Élégant et éloquent, le jeu du pianiste impressionne par sa maturité.

« Beautiful Vinyl Hunter », un ambitieux opus qui innove, surprend et régale de bout en bout.

Hugo Lippi - « Comfort Zone »

Installé à Paris, le guitariste anglais Hugo Lippi fait partie de ces musiciens dont la liste des collaborations et des projets est plus longue que celle des jours d’une année.

Pour enregistrer « Comfort Zone » (Gaya Music) à New-York, son quatrième album, il fait appel à Fred Nardin (piano), Ben Wolfe (contrebasse) et Donald Edwards (batterie). Entre reprises et compositions originales, les onze titres du répertoire proposent une promenade où se succèdent les paysages. Invitée de choix, « dame mélodie » ne manque de groove.

« Comfort Zone »… Pour rêver et se laisser transporter dans un monde de charme.

Sylvain Rifflet - « Troubadours »

Avec ses deux compagnons troubadours, le Finlandais Verneri Pohjola (trompette) et Benjamin Flament (percussions), Sylvain Rifflet propose « Troubadours » (Magriff), un voyage musical en direction du moyen-âge. Le leader embouche saxophone ténor, clarinette et clarinette basse et utilise harmonium et shruti- box pour réaliser le bourdon, composante essentielle de la musique médiévale. 

S’il a composé huit des dix titres de l’album, le saxophoniste interprète aussi I’vo’bene, une pièce du XIVème siècle de Ghirardello da Firenze et The Peacocks de Jimmy Rowles. On se laisse hypnotiser par cette poésie musicale peu ordinaire dont les titres portent les noms de troubadours hommes et femmes, de seigneurs et de chefs de guerre.

« Troubadours »… Musique médiévale, point vraiment. Musique répétitive, quelque peu. Musique modale, sûrement. Album hypnotique absolument !

Louis Sclavis - « Characters On A Wall »

Quinze ans après « Napoli’s Walls », Louis Sclavis explore de nouveau sur « Characters On A Wall » (ECM) l’œuvre du plasticien Ernest Pignon-Ernest. Le clarinettiste s’inspire de différents travaux créés depuis les années 1970 jusqu’à aujourd’hui. Avec cinq compositions du leader, une du pianiste et deux Esquisses créditées aux quatre membres du groupe, les huit tableaux musicaux du répertoire font écho à des œuvres d’Ernest Pignon-Ernest.

On suit Arthur Rimbaud de Paris à Charleville-Mézières, Pier Paolo Pasolini à Rome, Jean Genet sur les docks de Brest, Mahmoud Darwich à Ramallah, Bethléem et Naplouse, La dame de Martigues à Martigues. Le titre Les prisons fait écho à la prison Saint-Paul de Lyon fermée en 2009. Entouré de Benjamin Moussay (piano), Sarah Murcia (contrebasse) et Christophe Lavergne (batterie), Louis Sclavis développe une musique vibrante et pulsatile porteuse d’une grande force vitale. L’improvisation, le mouvement et l’émotion l’habitent de bout en bout.

« Characters On A Wall »… Une musique dynamique et onirique traversée de la force d’une grande humanité

Nuits de Fourvière 2021 – La programmation

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Malgré le contexte sanitaire particulier, les Nuits de Fourvière 2021 donnent rendez-vous à leur public du 1er juin au 30 juillet. Pour le 75ème anniversaire du festival international de la Métropole de Lyon, l’affiche promet 60 jours, 9 créations, 8 coproductions, 2 premières françaises.

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Clin d’œil à Jean-Paul Estiévenart Quintet & « Strange Bird »

Clin d’œil à Jean-Paul Estiévenart Quintet & « Strange Bird »

Un album lyrique et sensible

Trompettiste incontournable de la scène jazz belge, Jean-Paul Estiévenart présente son nouveau projet « Strange Bird ». Il convie deux instruments harmoniques, piano et guitare, à rejoindre trompette, contrebasse et batterie. Le groupe offre une musique à la fois lyrique et sensible, passionnée et élégante où les improvisations occupent une grande part.

Porté par Jean-Paul Estiévenart Quintet, l’album « Strange Bird » (Outhere) saisit dès la première écoute. En effet, l’album suscite l’étonnement et déclenche l’enthousiasme.

Une grande énergie se dégage du quintet où règne une entente palpable. En osmose complète, les musiciens conversent à bâtons rompus. Les propos des musiciens se complètent et les improvisations éclatent avec une rare intensité.

Jean-Paul Estiévenart Quintet

“Strange Bird est une représentation de moi-même en musique. A travers cet album, vous pouvez voyager dans ma tête.” Jean-Paul Estiévenart.

Jean-Paul Estiévenart Quintet avec Logan Richardson

Jean-Paul Estiévenart Quintet et Logan Richardson©Kris Dewitte

Pour son nouveau projet en quintet, le trompettiste Jean-Paul Estiévenart s’est entouré d’une solide section rythmique composée de son complice Antoine Pierre, batteur déjà présent à ses côtés dans son trio et du contrebassiste Nicolas Thys dont le jeu profond et acoustique développe une grande énergie. Le leader convie par ailleurs deux instruments harmoniques, le piano de l’Italien Nicola Andrioli et la guitare du Français Romain Pilon.

Sur trois morceaux, Jean-Paul Estiévenart invite le fougueux saxophoniste alto Américain originaire de Kansas City, Logan Richardson, à rejoindre le quintet.

Sur « Strange Bird », Jean-Paul Estiévenart fait chanter sa trompette dont le son rond bouillonnant d’énergie se teinte parfois d’une douce tendresse. Dans son écriture comme dans son jeu, le leader joue avec les codes de la tradition. Virtuose, élégant et précis, il développe des improvisations inspirées et lyriques. L’oreille ne se lasse pas et se laisse surprendre par un langage sans cesse renouvelé.

Un répertoire cohérent et intense

On est frappé par la cohérence du répertoire de « Strange Bird ». Une musique vivace d’obédience post bop teintée d’accents hispaniques. Huit compositions originales de Jean-Paul Estiévenart qui favorisent la survenue de superbes échanges et permettent aux musiciens de développer leurs idées en toute liberté.

Quintet

Avec Barcelona on plonge dans un univers dynamique et énergique, mélodique et lyrique, Un superbe dialogue s’instaure entre la guitare tout en raffinement et la trompette au timbre puissant. Avec souplesse, le piano s’envole et la batterie hispanise la fin du morceau. Ballade mélancolique, Con pasión révèle ensuite les raffinements de la trompette qui modèle la matière sonore. De superbes solos mettent en exergue le son charnu de la contrebasse et la sonorité fluide et séduisante de la guitare.

Couverture de l'album Strange Bird de Jean-Paul Estiévenart QuintetPlus loin, la trompette bouchée à la sonorité cotonneuse confère à Inès 11 une atmosphère musicale ouatée où résonnent en suspension les notes cristallines du piano et le jeu étiré de la guitare.

Sur les notes ciselées de piano, la trompette expose la mélodie de Strange Bird avec une grande sobriété. Le timbre profond de l’instrument génère un halo de poésie alors que le propos serein de la contrebasse et l’improvisation du piano confèrent une atmosphère étrange à la musique. Le morceau se termine par une conversation tonique entre la trompette bouillonnante et la guitare allègre.

Hommage au trompettiste Bert Joris, Bert’s Sketch permet de savourer l’éloquence et l’élégance de la trompette au timbre de velours et à la sonorité ronde et chaleureuse.

Quintet & Saxophone Alto

Sur Henri, un thème vif aux accents post bop, on se délecte d’un bel unisson trompette/alto. Le saxophone devient ensuite plus tranchant et volubile et son chorus déclenche un solo audacieux et impétueux de la trompette. Les échanges de haute volée sont soutenus par une rythmique assurée et sans faille.

Plus tard, l’alto complète le jeu legato de la trompette sur l’exposé du thème de La Caseta. Les deux solistes instaurent un climat musical évanescent qui n’est pas sans évoquer les atmosphères shortériennes. L’oreille se délecte des lignes que croisent la trompette incisive, l’alto volubile et l’ostinato de la contrebasse.

Pour finir, on se laisse entraîner, dans un voyage onirique et méditatif où trompette et alto improvisent avec une grande liberté sur un tapis de cymbales foisonnantes… SSHHH!!! résonne comme un clin d’œil à l’univers davisien.

Il fait bon se laisser porter au fil des plages de « Strange Bird ». Une escapade musicale empreinte de sensibilité et d’énergie où alternent climats poétiques et intenses improvisations.

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