Le 17 janvier 2020 marque le retour de Gregory Porter avec « Revival », son nouveau single paru chez Decca/Blue Note. Cette bonne nouvelle en cache une autre et pas des moindres, puisque ce single annonce la sortie du sixième album studio du chanteur, « All Rise », attendu pour le 17 avril 2020.
Chanteur de jazz lauréat de deux Grammy Awards, Gregory Porter possède une des plus belles voix de sa génération. Le 17 janvier 2020 le baryton revient avec « Revival ».
Ce nouveau single est annonciateur de la sortie prochaine de son sixième album studio, « All Rise » à venir le 17 avril 2020 chez Decca Records/Blue Note.
De réjouissantes perspectives musicales !
Bientôt… « All Rise »
“All Rise” ponctue le retour de Gregory Porter en 2020 à son écriture originale avec des paroles imprégnées de détails de la vie réelle et pour le chant, un mélange de jazz, de soul, de blues et de gospel.
Produit par Troy Miller avec des crédits à Laura Mvula, Jamie Cullum et Emili Sande, l’album « All Rise » témoigne de l’évolution de l’art de Gregory Porter vers quelque chose de plus intime, plus universel mais toujours chargé d’émotion.
De 2010 à 2020
« All Rise » s’inscrit dans la continuation d’une histoire commencée en 2010 avec « Water » lequel album a été suivi de « Be Good » en 2012.
En 2013 le succès du chanteur se confirme avec l’album « Liquid Spirit » (Blue Note/Universal) qui a remporté le Grammy du meilleur album vocal. En 2016, « Take Me to the Alley », lui aussi récompensé d’un Grammy Award, met en évidence le talent inné du baryton pour transcender les genres, blues, soul, gospel, jazz. Sur cet album il se fait le porte-voix de son époque.
Pour patienter et attendre la sortie de l’album « All Rise » annoncé pour le 17 avril 2020, on se réjouit du retour de Gregory Porter avec « Revival » que l’on se propose d’écouter. La vidéo donne un aperçu de la tonalité joyeuse et optimiste de l’album à venir.
Porteur l’ADN de Gregory Porter, entre jazz et pop mais surtout profondément enraciné dans la soul et le gospel, « Revival » constitue une belle manière de commencer 2020 !
Le saxophoniste Dmitry Baevsky présente son 9ème album, « Soundtrack ». En treize tableaux, l’altiste brosse l’album photo musical de son parcours de vie. Avec éclat et lyrisme, il parcourt l’histoire du jazz et délivre une musique au pouvoir narratif puissant.
Le festival Jazz à Vienne se met en conformité avec les mesures gouvernementales. Une quarantième édition avec jauge réduite, couvre-feu et pass sanitaire… du 23 juin au 10 juillet 2021, place au Jazz !
En 2021, le contrebassiste et compositeur Mauro Gargano propose « Feed », un nouvel album enregistré en trio avec le pianiste italien Alessandro Scobbio et le batteur français Christophe Marguet. Huit plages d’un jazz moderne et exigeant dont les vibrations poétiques nourrissent l’âme et irriguent l’imaginaire de rêveries singulières.
« Spirituality, Optimism, Light and Energy for You »
Trois ans après « Family Tree », le pianiste Grégory Privat revient en trio avec Chris Jennings et Tilo Bertholo. Son album « Soley » est comme irradié de la lumière de l’étoile solaire. Chargé d’énergie, l’album navigue sans frontières entre jazz, musiques caribéennes, électroniques et chant. La musique invite à l’optimisme et à l’espérance.
Après l’envoutant et vibrant « Family Tree » (ACT/PIAS) paru en 2016, le pianiste Grégory Privat annonce la sortie de son album « Soley » (Buddham Jazz/L’Autre Distribution) attendu pour le 31 janvier 2020. Comme le promet son titre,l’opus propose une musique lumineuse et généreuse.
« Soley »… un concentré de lumière
C’est sur son propre label, Buddham Jazz, que Grégory Privat présente son cinquième album enregistré en février 2019 au Studio La Buissonne par Nicolas Baillard.
Le pianiste a conçu son cinquième album comme un concept sous-tendu par son titre, « Soley », soleil en créole. Grégory Privat a en effet profilé son album comme un symbole, celui d’une « lumière porteuse d’espoir »… « Spirituality, Optimism, Light and Energy for You« … et de fait, il ne s’agit pas de vaines promesses car une luminosité joyeuse et colorée se dégage des quinze titres de « Soley », tous composés par le leader.
Autour du pianiste sont réunis deux musiciens qui pour lui possèdent les qualités idéales. Le batteur Tilo Bertholo, déjà présent à ses côtés sur le précédent opus, possède les codes du jazz, mais aussi ceux de la musique martiniquaise et de la pop. Imprégné de musique classique et de jazz, le contrebassiste Chris Jennings est quant à lui « ouvert à toutes les expérimentations ».
Élégance, frénésie et poésie
Avec une liberté peu commune, le trio explore l’espace musical. Au-dessus des spirales polyrythmiques de la batterie et du solide soutien harmonique de la contrebasse, le piano comme libéré de la gravité, construit et déconstruit les mélodies. Les élans de la batterie stimulent les boucles entêtantes du piano et les vagues électroniques du clavier croisent les échos vibrants des nappes vocales éthérées.
« Soley » dispense une musique enveloppante, tour à tour élégante, frénétique ou poétique.
Au fil du répertoire
Après Intro et son atmosphère planante, le répertoire s’achemine dans un dynamisme ascensionnel vers le lumineux Soley où piano et voix s’élèvent avec légèreté au-dessus d’une rythmique solide et tonique. L’album se termine sur un titre au tempo ternaire et à la résonance très jazz, Waltz for M. P., un hommage sensible à Michel Petrucciani.
Le voyage musical proposé par le trio est ponctué par deux morceaux joués en duo. Le mélancolique Prélude où dialoguent piano et la contrebasse dont le jeu à l’archet laisse pantois. L’énergique Interlude riche des échanges de la batterie avec le piano et le clavier.
Sur Las, le pianiste chante ses difficultés à se lever chaque jour mais le titre résonne comme une incitation à se réveiller à la vie et à tout ce qu’elle offre. Ouvert par un riff lancinant de contrebasse, Le Pardon se développe entre nappes électroniques, mélodies mélancoliques aux accents orientaux et battements énergiques sur fûts et cymbales. A la toute fin, le piano largue les amarres. Comme libéré de la pesanteur, il s’élève au- dessus de la mêlée rythmique, comme pour atteindre le soleil.
Sur Sergueï, le piano se fait royal. Poussée par une main énergique gauche pulsatile, soutenue par la batterie explosive et la contrebasse tellurique, la main droite aérienne explore le clavier. Seducing The Rain advient ensuite comme un répit lumineux et salvateur. Une ballade en suspension dont la mélodie poétique jouée avec délicatesse par le piano, charme l’oreille. Les cymbales frissonnantes et la contrebasse terrienne contribuent pour beaucoup au climat rassérénant du morceau.
La complicité qui unit les trois musiciens génère de riches échanges comme dans Manmay où le vibrant chorus de contrebasse propulse le piano dans un superbe solo. Comme dopé par l’énergie de l’astre, le trio illumine Transfiguration, autre morceau phare de l’album où Grégory Privat confirme sa place parmi l’élite des pianistes de jazz.
Tout concourt à faire de « Soley » un album singulier qui cabote entre tradition et avant-garde sans vraiment se déterminer. Le trio complice offre un arc-en-ciel d’émotions où se mêlent joie et mélancolie.
Le saxophoniste Dmitry Baevsky présente son 9ème album, « Soundtrack ». En treize tableaux, l’altiste brosse l’album photo musical de son parcours de vie. Avec éclat et lyrisme, il parcourt l’histoire du jazz et délivre une musique au pouvoir narratif puissant.
Le festival Jazz à Vienne se met en conformité avec les mesures gouvernementales. Une quarantième édition avec jauge réduite, couvre-feu et pass sanitaire… du 23 juin au 10 juillet 2021, place au Jazz !
En 2021, le contrebassiste et compositeur Mauro Gargano propose « Feed », un nouvel album enregistré en trio avec le pianiste italien Alessandro Scobbio et le batteur français Christophe Marguet. Huit plages d’un jazz moderne et exigeant dont les vibrations poétiques nourrissent l’âme et irriguent l’imaginaire de rêveries singulières.
Du Jazz cubain sans blabla et une descarga enflammée !
Sorti le 10 janvier 2020 sous le label Stunt, « Cuban Jazz Report » réunit une équipe de choc autour du percussionniste cubain Eliel Lazo. Avec le pianiste “Caramelo de Cuba”, le bassiste Yasser Pino et le batteur Raul Pineda, il développe une musique spontanée, ancrée dans les racines du jazz et celles de la musique afro-cubaine africaine. Avec créativité, les quatre musiciens explorent les rythmes et joignent leurs voix aux instruments. Un jazz cubain moderne et sans blabla qui enflamme une descarga festive !
En 2014, le percussionniste cubain Eliel Lazo introduit la musique cubaine sur les scènes du Danemark où il réside. Il lance les « Cuban Nights » où il invite artistes locaux et cubains pour des soirées musicales qui connaissent un succès grandissant. Pour monter plus haut la barre et célébrer plus encore le jazz cubain, il décide de réunir autour de lui une dream-team inouïe, le légendaire pianiste Javier “Caramelo de Cuba” Masso, le bassiste organique Yasser Pino et le batteur incroyable Raul Pineda.
Les quatre musiciens entrent en studio en 2019 et enregistrent « Cuban Jazz Report » (Stunt Records/Una Volta Music).
Sorti le 10 janvier 2020, l’album « Cuban Project » possède une fraîcheur et une spontanéité rarement présentes en studio et fort éloignées des formats compassés et rabâchés que proposent nombre d’albums étiquetés latin jazz. Entre les quatre musiciens s’opère une osmose incroyable qui génère une musique festive et authentique.
« Cuban Jazz Report »… une pure réussite qui engendre un plaisir sans réserve. Écouter l’album, c’est pénétrer dans un univers musical intense où coexistent explosions rythmiques et tendres nostalgies. Congas, piano, basse, batterie et voix s’allient pour animer une descarga euphorique où vibrent tous les sens !
« Cuban Jazz Report », l’équipe
L’alchimie qui règne entre les quatre membres de l’équipe de « Cuban Jazz Report » repose en grande partie sur l’expérience de chacun des musiciens et leur maîtrise des fondamentaux de la musique qui les a nourris.
Eliel Lazo, polyrythmicien et compositeur
Eliel Lazo a commencé à jouer très tôt et a étudié à l’école de percussion d’Oscar Valdés, ancien chanteur et percussionniste, du groupe Irakere. En 2003, à 19 ans, Eliel Lazo remporte le prestigieux Percuba International Percussion Prize. Après une première invitation au Danemark en 2014, il y retourné et s’y installe en 2007.
Il a joué avec Michel Camilo, Chucho Valdés, Changuito, Herbie Hancock, Oscar Valdés, Airto Moreira. Il a collaboré avec les groupes cubains Diakara et Habana Ensemble et a travaillé avec le Danish Radio Big Band, Blanco Y Negro, WDR Bigband d’Allemagne et BBC Bigband du Royaume-Uni.
Après son premier album « Art Ensemble of Habana » il a sorti « Blanco Y Negro », son premier enregistrement avec Stunt Records, puis « El Conguero » sous le même label et a participé à de nombreux autres albums dont « Cuban Flavor » et « Spirituals » avec The Danish Radio Big Band. Son album de 2015, « Eliel Lazo and the Cuban funk Machine » avec le saxophoniste ténor américain Bob Mintzer et une brochette de musiciens cubains, danois et suédois rend hommage au funk des années 70 et au songo cubain. Eliel Lazo est reconnu aujourd’hui comme un maître des congas.
Yasser Pino, souple et organique
Né à La Havane, Yasser Pino réside aujourd’hui à Copenhague, au Danemark. Diplômé en tant que concertiste et professeur de guitare classique du Conservatoire « Amadeo Roldan » à La Havane en 1995, il est également diplômé de contrebasse et professeur du Conservatoire rythmique de Copenhague où il enseigne la contrebasse, la guitare et la basse électrique depuis 2006.
À Cuba, il a joué entre autres avec Chucho Valdés et Roberto Fonseca. Son assise très solide fait de lui un bassiste recherché. Actuellement, il collabore à de multiples projets et groupes parmi lesquels entre autres, Jonas Johansen, Steen Rasmussen, Calixto Oviedo, Eliel Lazo, The Afrocuban All Stars, Cubanismo, Harold Lopez-Nussa Trio. En 2014 il a sorti l’album « Natura » son projet de jazz latin « The Latin Syndicate » dans lequel intervient Eliel Lazo.
Raul Pineda, solide et élégant
Né et élevé à La Havane, ce batteur figure parmi les meilleurs et les plus novateurs batteurs latins. Raul Pineda a combiné les techniques de la batterie moderne à la nature complexe de la musique afro-cubaine. Son style très technique et élégant résulte de cet alliage unique et lui vaut d’avoir été lauréat d’un Grammy Award et d’avoir joué ou enregistré avec Chucho Valdés, Michel Camilo, Mike Stern, Arturo Sandoval, Bob Mintzer, Kazumi Watanabe, Claudio Roditi, Miguel Anga Diaz, David Sanchez, Omar Sosa et bien d’autres encore.
“Caramelo de Cuba”, brillant et expressif
Né à La Havane, Javier “Caramelo de Cuba” Masso a étudié le piano classique et cubain, les percussions classiques et cubaines, la composition, l’orchestration et la direction d’ensembles musicaux, à l’école de musique « Amadeo Roldon » et à l’Escuela Nacional de Art de La Havane. Il est remarqué sur les scènes de Cuba dès l’âge de 15 ans et entreprend une tournée internationale à 17 ans. Il enregistre ensuite avec le pianiste Gonzalo Rubalcaba. Après une carrière acclamée par tous les critiques musicaux, il est devenu aujourd’hui l’un des pianistes les plus reconnus de Cuba, sur l’île mais aussi à l’international. Honneur suprême, il a été reconnu par le maestro Chucho Valdés comme l’un de ses favoris.
Au fil des titres de « Cuban Jazz Report »
Havana Chants ouvre l’album par un superbe mélange de chants, de rythmes afro-cubains et de jazz. Après le chœur des musiciens qui chantent la rumba sur un mode yoruba, le piano s’enflamme sur la rythmique endiablée menée par les congas et la batterie puis le quartet adopte un tempo jazz soutenu avant de revenir dans la dynamique cubaine… impossible de résister à cette fête dionysiaque qui invite à la transe.
Le piano mène ensuite le jeu sur Cromason qui invite à danser au rythme d’un mambo. Le clavier brode une ode au bonheur, la contrebasse profonde prend le relai et après un pur moment de délice, le climat tourne à l’euphorie collective. On tombe ensuite sous le charme de la Caminadora, une complainte tapissée de rumba et portée par le chant mélancolique du percussionniste.
Très vite, la nostalgie disparait dès que débute A Cuban Blues. Chorus enfiévré de contrebasse, piano exalté convoquant le bebop, rythmique incroyable impulsée par la batterie et les percussions qui rivalisent d’énergie. Le quartet change ensuite de registre avec Nuevo Amanecer, un blues fulminant articulé sur des rythmes de cha-cha-cha. Un bain de jouvence qui fait de l’œil à Weather Report.
Après l’euphorie on savoure le brin de romantisme qu’insuffle Para Luisa sur un tempo de bolero. Une ballade bienvenue qui incite à la rêverie. Plus loin, un dialogue de congas et batterie ouvre One night one song, après quoi le groupe vocalise à l’unisson. Le chorus flamboyant du piano transporte la musique sur un danzon qu’un solo de batterie porte à l’incandescence jusqu’au final où batterie et percussions rivalisent en un feu d’artifice rythmique.
La fête continue avec Monday Evening. Son climat effervescent et ses voix évoquent la musique de Chick Corea et portent des échos de flamenco. Le piano survolté ne manque quant à lui ni de subtilité, ni d’inspiration. Entrainé ensuite par le rythme et le chant du percussionniste, le quartet invite à marcher avec lui en direction d’une cérémonie incantatoire où voix et instruments se mêlent avec bonheur. Avec Yo Soy, l’album se termine en un feu d’artifice. Tel un bouquet final, ce dernier morceau porte à son paroxysme rythmes et chants cubains alors que le son électrique du clavier relie la tradition à la modernité.
De bout en bout des dix plages de « Cuban Jazz Report », on reste saisi par l’originalité de cette musique qui allie avec un naturel inouï, rythmes de claves afro-cubains, force émotionnelle des chants traditionnels aux harmonies et improvisations du jazz. Sous le charme de la musique et pour ne pas quitter le quartet fusionnel, on laisse tourner en boucle la musique jusqu’au bout de la nuit…
Le saxophoniste Dmitry Baevsky présente son 9ème album, « Soundtrack ». En treize tableaux, l’altiste brosse l’album photo musical de son parcours de vie. Avec éclat et lyrisme, il parcourt l’histoire du jazz et délivre une musique au pouvoir narratif puissant.
Le festival Jazz à Vienne se met en conformité avec les mesures gouvernementales. Une quarantième édition avec jauge réduite, couvre-feu et pass sanitaire… du 23 juin au 10 juillet 2021, place au Jazz !
En 2021, le contrebassiste et compositeur Mauro Gargano propose « Feed », un nouvel album enregistré en trio avec le pianiste italien Alessandro Scobbio et le batteur français Christophe Marguet. Huit plages d’un jazz moderne et exigeant dont les vibrations poétiques nourrissent l’âme et irriguent l’imaginaire de rêveries singulières.
Le pianiste Paul Lay revient en trio avec la chanteuse Isabel Sörling et le contrebassiste Simon Tailleu déjà présents à ses côtés sur le splendide « Alcazar Memories ». « Deep Rivers » résonne comme un voyage autour de 100 ans de chansons américaines, de la guerre de sécession à Nina Simone. Le trio rend hommage aux musiques populaires de la fin du 19ème et du 20ème siècle. Le répertoire s’enrichit de quatre compositions du pianiste rejoint par quatre invités. Les émotions sont au rendez-vous.
Dix ans après la sortie de son premier album « Unveiling » chez Laborie Jazz, Paul Layrevient avec « Deep Rivers » (Laborie Jazz/Socadisc/IDOL) sorti le 10 janvier 2020. L’album répond à une commande destinée à commémorer les 100 ans de l’arrivée du jazz en Europe. Le pianiste retrouve la chanteuse suédoise Isabel Sörling et le contrebassiste Simon Tallieu, partenaires avec lesquels il avait déjà enregistré « Alcazar Memories » (2017) dont on a pu apprécier la musicalité.
Paul Lay
Depuis ses débuts, le pianiste orthézien a développé une expérience très large qui lui a permis de s’exprimer en solo ou en leader à la tête de ses trios ou quartet, mais aussi dans les groupes de Riccardo Del Fra, Géraldine Laurent, Ping Machine et Eric le Lann avec lequel il a d’ailleurs enregistré « Thanks A Million »(2018) qui célèbre la mémoire et l’œuvre de Louis Armstrong. Parmi les nombreux prix prestigieux reçus par Paul Lay, on peut citer le Prix « Django Reinhardt » qui l’a distingué en 2016 meilleur artiste de jazz français de l’année.
Fin mélodiste doté d’une technique imparable au service d’une imagination impressionnante, Paul Lay demeure ancré dans la tradition qu’il renouvelle avec subtilité. Inspiré, le pianiste développe une expression très personnelle d’où est absente toute reproduction et tout étalage. Virtuose, il prend de la distance avec la technique et développe une identité singulière. Son jeu allie force et sensibilité, élégance et finesse, le tout exposé avec générosité, aisance et toujours un brin d’humour,
« Deep Rivers »
Paul Lay demeure fidèle au Label Laborie Jazzavec lequel il collabore depuis dix années. Après quatre opus, « Unveiling » en 2010, « Mikado » en 2014, « The Party » et « Alcazar Memories » en 2017, son cinquième album « Deep Rivers » sorti le 10 janvier 2020 plonge dans les musiques populaires de la fin du XIXème et début XXème siècle.
L’album fait suite à une demande que le pianiste a reçu de Matthieu Jouhan alors qu’il préparait les évènements liés au centenaire de l’arrivée du jazz en Europe, en 1918 et particulièrement le centième anniversaire du premier concert de jazz, le 12 février 1918 à Nantes.
Accompagné de la chanteuse suédoise Isabel Sörling et du contrebassiste Simon Tailleu, le pianiste Paul Lay reprend des chansons folkloriques américaines de la fin de la guerre de Sécession jusqu’aux années 60. A ces titres emblématiques, spirituals et folksongs, écrits tant au Sud qu’au Nord des USA scandent le droit à la dignité et à la liberté, s’ajoute Go to Hell, un titre de Nina Simone qui leur fait écho. Par ailleurs, quatre compositions personnelles du pianiste sont mises en miroir face à ces compositions historiques. Sur trois d’entre elles il est rejoint par quatre invités, le batteur Donald Kontomanou, le tromboniste Bastien Ballaz, le trompettiste Quentin Ghomari et le saxophoniste Benjamin Dousteyssier.
Au fil des titres
Nombre des morceaux du répertoire résonnent avec familiarité aux oreilles. Avec le trio et ses invités, tous prennent de nouvelles couleurs enchanteresses et chargées d’émotions.
Chansons populaires et traditionnelles
On découvre (ou redécouvre) avec plaisir quelques-uns des folksongs et spirituals qui ont jalonné un siècle d’histoire des USA de 1860 à 1960. Les musiciens en donnent des versions sensibles et puissantes.
En solo, Paul Lay interprète deux courts morceaux, Sylvia d’Oley Speaks et le célèbre ragtime Maple Leaf Rag de Scott Joplin sur lequel son jeu facétieux semble animer un film muet où la silhouette de Charlot ponctue des scènes burlesques. Le pianiste développe une maîtrise inouïe du piano stride, sa main droite se fait volubile alors que sa main gauche articule un rythme de pompe syncopé.
Mené par le trio martial, Southern Soldier Boy de G. W. Alexander évoque le poids de la guerre alors que sur Rebel Soldier de Jamey Johnson, l’archet et la voix dialoguent avec émotion.
La musicalité sans faille de la contrebasse de Simon Tailleu et son efficacité rythmique constituent des atouts précieux et contribuent à la force du discours musical.
Accompagnée par le seul jeu singulier et très délicat du piano, Isabel Sörling donne une interprétation bouleversante du spiritual Deep River. On se laisse subjuguer par la puissance de son interprétation dont la force poignante émeut. Toujours en duo avec le piano, la voix se fait plus sensuelle et tendre sur Moonlight Bay de Percy Weinrich. Sur Chasing rainbows de Harry Carroll la voix céleste se pare de lumière et sublime la poésie que la contrebasse précise et le piano plein de grâce accompagnent.
Le chant d’Isabel Sörling habite corps et âme le titre Go to Hellde Nina Simone. C’est avec un enthousiasme et une expressivité peu commune que la chanteuse reprend Battle hymn of the Republic. Interprété par le trio enthousiaste renforcé par la batterie inventive, le chant prend la forme d’un hymne joyeux. Le chant puissant et fragile à la fois apporte une grande humanité à Follow the Drinking Gourd écrit en 1928 à la fin de la guerre civile. Le piano et la rythmique ponctuent d’un rythme effréné la fuite des esclaves en quête de liberté.
La tessiture étendue et la diversité de timbres de la voix véhiculent de nombreuses émotions qui vont du spleen au désespoir, de la rage à la bonne humeur. On reste suspendu à cet alliage vocal unique de fragilité et de force, de profondeur et de légèreté. Ses aigus célestes élèvent la musique dans de hautes sphères émotionnelles.
Compositions originales du pianiste
Cinq compositions personnelles de Paul Lay émaillent l’album.
Sur Mister Morton au rythme syncopé et joyeux, le piano accompagné de la seule batterie, rend hommage au pianiste Ferdinand Joseph La Mothe, passé à la postérité sous le nom de « Jelly Roll Morton ».
Sur trois autres compositions originales, Paul Lay est rejoint par ses invités. Donald Kontomanou (batterie), Bastien Ballaz (trombone), Quentin Ghomari (trompette) et Benjamin Dousteyssier (saxophone alto). Horizons ouvre l’album avec une emphase solennelle aux couleurs cuivrées alors qu’une atmosphère empreinte de nostalgie teinte Blues, le dernier titre de l’opus. La chanteuse se joint aux instrumentistes sur To Germany, poème écrit au front en 1917 par C. H. Sorley, jeune officier britannique, juste avant de tomber sous les balles. La voix aérienne et vibrante d’Isabel Sörling élève une ode poignante à la paix et dédiée au peuple allemand. Un moment d’émotion indéniable.
Sur « Deep Rivers », Paul Lay et ses partenaires complices allient avec subtilité jazz, folk et blues dans un hommage musical riche en émotion.
RV avec Paul Lay (piano), Isabel Sôrling (voix) et Simon Tailleu (contrebasse) le 06 février 2020 à Paris dans le cadre de la 13e édition du festival Au Fil des Voix (du 20 janvier au 7 février 2020). Le concert de 20h est complet mais LE 360 Paris Music Factory propose un second set à 22h . Avis aux amateurs !
Le saxophoniste Dmitry Baevsky présente son 9ème album, « Soundtrack ». En treize tableaux, l’altiste brosse l’album photo musical de son parcours de vie. Avec éclat et lyrisme, il parcourt l’histoire du jazz et délivre une musique au pouvoir narratif puissant.
Le festival Jazz à Vienne se met en conformité avec les mesures gouvernementales. Une quarantième édition avec jauge réduite, couvre-feu et pass sanitaire… du 23 juin au 10 juillet 2021, place au Jazz !
En 2021, le contrebassiste et compositeur Mauro Gargano propose « Feed », un nouvel album enregistré en trio avec le pianiste italien Alessandro Scobbio et le batteur français Christophe Marguet. Huit plages d’un jazz moderne et exigeant dont les vibrations poétiques nourrissent l’âme et irriguent l’imaginaire de rêveries singulières.
Débuter l’année 2020 avec l’album « Music Is Our Mistress », c’est la garantie de faire le plein d’énergie car GRIO - GRand Impérial Orchestra n’a pas fait les choses à moitié. Il ne manque ni d’idées, ni d’invention. Étoffée de trois soufflants et d’un pianiste, la superbe équipe de l’Impérial Quartet est devenue octet. En concert, la musique de GRIO est atomique et l’album restitue tout à fait l’ardente puissance de l’orchestre. Après une première dégustation cochléaire, une seconde tournée est bienvenue pour s’enivrer de cette musique tonique, hypnotique et addictive. A consommer sans modération !
Improvisateurs actifs et novateurs, les musiciens de la Compagnie Impérial ont une approche contemporaine de la musique et l’improvisation collective constitue le cœur de leurs projets. L’énergie du rock habite la musique d’Impérial Quartetautant que le lyrisme et la liberté du jazz moderne. Au sein d’Impérial Orphéon, vibrent le lyrisme de l’opéra et la diversité des folklores. Le duo D&G invite les musiques traditionnelles et populaires. La musique mandingue imprègne celle d’Impérial Pulsar. Dans la famille de la Compagnie Impérial, le nouvel orchestre, GRIO – GRand Impérial Orchestra ne dépare pas.
GRIO est né de l’association de l’Impérial Quartet constitué des saxophonistes Gérald Chevillon (saxophones basse, ténor et soprano) et Damien Sabatier (saxophones baryton, alto et sopranino), du bassiste devenu contrebassiste pour l’occasion, Joachim Florent et du batteur Antonin Leymarie avec d’autres brillants improvisateurs, le pianiste finlandais Aki Rissanen, le tromboniste Simon Girard et les trompettistes Fred Roudet et Aymeric Avice.
Initié en 2018 par ces improvisateurs hors pair, le projet de GRIO – GRand Impérial Orchestra invite à voyager dans un monde polyrythmique aux reflets cuivrés et chatoyants. Entre polyrythmies et jazz libertaire, GRIO réfute les contraintes et les formats pré-conçus et propose un jazz en constante réinvention, un jazz libre, de J à Z.
Annoncée pour le 17 janvier 2020, la sortie de « Music is our Mistress », le premier album de GRIO devrait faire bien des heureux. D’abord le public qui ne connait pas encore sa musique et va, après écoute de l’album, guetter le prochain concert du GRand Impérial Orchestra pour vibrer en direct. Par ailleurs, celles et ceux qui ont déjà eu le plaisir d’écouter GRIO live, pourront se ré-immerger dans l’univers fascinant de l’orchestre.
« Music is our Mistress »
En mai 2019, l’équipe du GRIO – GRand Impérial Orchestra entre au studio La Buissonne à Pernes-les-Fontaines où l’album « Music is our Mistress » (Compagnie Imperial/Inouie) est enregistré par Nicolas Baillard.
Fascinés par les Banda Linda de Centrafrique, les musiciens du GRand Impérial Orchestra profilent leur musique du côté des polyphonies centrafricaines mais cette influence coexiste avec le jazz qui imprègne l’aventure musicale de l’orchestre.
En effet, GRIO hisse haut la bannière du jazz pour son premier opus dont le titre fait référence à « Music is my Mistress », l’autobiographie de Duke Ellington. Ainsi, le travail du groupe se situe sous le haut patronage du grand compositeur mais l’intitulé de l’album regarde aussi du côté d’Ornette Coleman et de son album « This Is Our Music » enregistré en 1960. Si la richesse des orchestrations évoque les textures orchestrales ellingtoniennes, il n’en ressort pas moins que la référence au jazz libertaire des années 60/70 saute clairement aux oreilles dès la première écoute.
Ainsi, « Music is our Mistress » de GRIO – GRand Impérial Orchestra s’abreuve des polyrythmies et polyphonies traditionnelles des Banda Linda de Centrafrique et du jazz libertaire des années 60/70.
Banda Linda de Centrafrique
D’emblée on ne peut s’empêcher de rapprocher le terme griot de l’acronyme GRIO. L’Afrique les relie. En Afrique de l’Ouest, le premier est garant de la tradition orale. Le second puise une partie de son inspiration dans les pratiques musicales orchestrales des Banda Linda centrafricaines, l’ethnie Banda Linda étant un sous-groupe ethnique du groupe Banda. GRIO assure donc en quelque sorte une transmission de cette tradition musicale comme ailleurs le font les griots.
Les racines évidées des kapokiers fournissent des cornes aux orchestres des Banda Linda. Chaque corne/trompe ne joue qu’une note. Les trompes se répartissent les mélodies divisées en plusieurs parties contrapuntiques. Ainsi, le « hoquet instrumental » constitue la base de la polyphonie Banda Linda. Duke Ellington dans sa jungle music avait d’ailleurs remis à l’honneur ce principe ainsi que les musiciens du free jazz qui l’avaient adopté dans leurs expériences musicales.
Dans la trace de leurs célèbres aînés, les musiciens du GRIO empruntent eux-aussi à cette tradition africaine. D’ailleurs Damien Sabatier s’est inspiré de deux morceaux traditionnels. L’album ouvre avec Cult of Twins, morceau qui chez les Banda Linda célèbre la naissance des jumeaux. L’opus se termine avec Tchebou Ganza Tche Gate/Le Sommeil Droit joué en Centreafrique par les jeunes-hommes qui ont passé une journée bien remplie, titre avec lequel les musiciens ont terminé le concert du 18 octobre 2019 à l’Opera Underground de Lyon, avec une déambulation joyeuse dans la salle.
Dans une autre dynamique, le titre Gomorra Pulse, composé par Joachim Florent, débute aussi par cette répétition de note que chaque instrumentiste souffle rythmiquement et entremêle avec celle des autres vents. La musique, tourne, s’étoffe et se complexifie. On se laisse hypnotiser non sans penser aux boucles sonores de Steve Reich.
La section rythmique et le piano viennent ensuite ajouter leur grain de sel à la mécanique bien huilée des instruments à vent. La pâte sonore se densifie encore. Polyrythmies, enchevêtrements de riffs réitératifs, le chaudron bout jusqu’à ce qu’advienne un temps de répit durant lequel piano, et contrebasse jouée à l’archet dialoguent en toute intimité. Un climat digne des plus belles atmosphères ravelliennes advient et un vent rafraîchissant inspire à l’orchestre un jazz lyrique porté par la voix du piano jusqu’à ce que l’ensemble des soufflants revienne en force pour élever la musique jusqu’au sommet de la canopée. La musique enveloppante en vient à swinguer comme un big band ellingtonnien sans pour autant oublier des incursions insolentes dans les plus folles polyrythmies. Les sonorités flirtent entre les effluves d’un orchestre que le Duke n’aurait pas renié et les impertinentes envolées d’un Mingus Orchestra. Sauvage et lyrique à la fois, ce superbe moment suspend le temps et relie tous les genres.
Linda Linda du même Joachim Florent s’inscrit dans la même veine des polyrythmies traditionnelles.
Jazz libertaire des années 60/70
GRIO – GRand Impérial Orchestra puise aussi son inspiration dans le jazz libertaire. Anima porte bien nom. Cette composition d’Antonin Leymarie sonne comme un hymne et restitue l’âme de ce jazz libre des années 60/70. On y retrouve l’esprit du Liberation Music Orchestra de Charlie Haden et Carla Bley et on capte aussi des échos venus en droite ligne de l’Art Ensemble of Chicago. Les instrumentistes improvisent à cœur joie et mettent en valeur la richesse de l’écriture.
Quand un des soufflants improvise les autres soufflent en section, tous les instruments s’investissent au niveau rythmique, mélodique et harmonique ce qui donne à la musique une texture d’une richesse inouïe. GRIO fonctionne comme une machine bien huilée qui bouscule et stimule l’écoute.
Du même compositeur, A Cançao Do Grillo installe quant à lui un climat fait de contrastes. Après une intro orchestrale percutante, trompette et saxophone basse vocifèrent avec une énergie infernale… free jazz es-tu là ? … soprano et trombone s’en mêlent, le piano ponctue, la batterie pousse puis le climat change.
Solo, le pianiste muse alors sur les touches blanches et noires et instaure un climat musical éthéré qui tranche avec l’énergie et la pulsation du début du morceau. Plus tard il est rejoint par les vents puis par la batterie et l’archet de la contrebasse. La texture musicale se densifie et le sopranino guide le morceau vers sa fin.
Une alchimie orchestrale superbe et coloriste se dégage d’une autre composition du contrebassiste, Hillbrow. La musique émarge chez Mingus par la puissance et les interventions inspirées des instrumentistes, liberté du piano, présence exacerbée de la batterie et puissance de la contrebasse omniprésente. Sur un tempo plus lent Frida Kalho Song of Love, composé par Joachim Florent, résonne comme une solennelle procession où trompette et saxophone alto croisent leurs chants d’amour soutenus par le luxuriant orchestre.
Sacrément impertinent, carrément sauvage et un brin poétique, GRIO – GRand Impérial Orchestra propose sur « Music is our Mistress », une musique physique et tonique. Une musique hypnotique et organique qui invite à voyager dans un monde polyrythmique aux reflets cuivrées et chatoyants. Une musique qui parvient à combiner avec insolence et réussite les influences du jazz des années 60/70 et les polyrythmies des musiques centrafricaines de l’ethnie des Banda Linda. Ce croisement est une réussite absolue, c’est savant et captivant, foisonnant et libre, joyeux et trépidant, ça déménage !
Le saxophoniste Dmitry Baevsky présente son 9ème album, « Soundtrack ». En treize tableaux, l’altiste brosse l’album photo musical de son parcours de vie. Avec éclat et lyrisme, il parcourt l’histoire du jazz et délivre une musique au pouvoir narratif puissant.
Le festival Jazz à Vienne se met en conformité avec les mesures gouvernementales. Une quarantième édition avec jauge réduite, couvre-feu et pass sanitaire… du 23 juin au 10 juillet 2021, place au Jazz !
En 2021, le contrebassiste et compositeur Mauro Gargano propose « Feed », un nouvel album enregistré en trio avec le pianiste italien Alessandro Scobbio et le batteur français Christophe Marguet. Huit plages d’un jazz moderne et exigeant dont les vibrations poétiques nourrissent l’âme et irriguent l’imaginaire de rêveries singulières.