Grégory Privat revient avec « Soley »

Grégory Privat revient avec « Soley »

« Spirituality, Optimism, Light and Energy for You »

Trois ans après « Family Tree », le pianiste Grégory Privat revient en trio avec Chris Jennings et Tilo Bertholo. Son album « Soley » est comme irradié de la lumière de l’étoile solaire. Chargé d’énergie, l’album navigue sans frontières entre jazz, musiques caribéennes, électroniques et chant. La musique invite à l’optimisme et à l’espérance.

Après l’envoutant et vibrant « Family Tree » (ACT/PIAS) paru en 2016, le pianiste Grégory Privat annonce la sortie de son album « Soley » (Buddham Jazz/L’Autre Distribution) attendu pour le 31 janvier 2020. Comme le promet son titre,l’opus propose une musique lumineuse et généreuse.

« Soley »… un concentré de lumière

C’est sur son propre label, Buddham Jazz, que Grégory Privat présente son cinquième album enregistré en février 2019 au Studio La Buissonne par Nicolas Baillard.

Grégory Privat revient avec SoleyLe pianiste a conçu son cinquième album comme un concept sous-tendu par son titre, « Soley », soleil en créole. Grégory Privat a en effet profilé son album comme un symbole, celui d’une « lumière porteuse d’espoir »« Spirituality, Optimism, Light and Energy for You« … et de fait, il ne s’agit pas de vaines promesses car une luminosité joyeuse et colorée se dégage des quinze titres de « Soley », tous composés par le leader.

Autour du pianiste sont réunis deux musiciens qui pour lui possèdent les qualités idéales. Le batteur Tilo Bertholo, déjà présent à ses côtés sur le précédent opus, possède les codes du jazz, mais aussi ceux de la musique martiniquaise et de la pop. Imprégné de musique classique et de jazz, le contrebassiste Chris Jennings est quant à lui « ouvert à toutes les expérimentations ».

Élégance, frénésie et poésie

Avec une liberté peu commune, le trio explore l’espace musical. Au-dessus des spirales polyrythmiques de la batterie et du solide soutien harmonique de la contrebasse, le piano comme libéré de la gravité, construit et déconstruit les mélodies. Les élans de la batterie stimulent les boucles entêtantes du piano et les vagues électroniques du clavier croisent les échos vibrants des nappes vocales éthérées.

« Soley » dispense une musique enveloppante, tour à tour élégante, frénétique ou poétique.

Au fil du répertoire

Après Intro et son atmosphère planante, le répertoire s’achemine dans un dynamisme ascensionnel vers le lumineux Soley où piano et voix s’élèvent avec légèreté au-dessus d’une rythmique solide et tonique. L’album se termine sur un titre au tempo ternaire et à la résonance très jazz, Waltz for M. P., un hommage sensible à Michel Petrucciani.

Le voyage musical proposé par le trio est ponctué par deux morceaux joués en duo. Le mélancolique Prélude où dialoguent piano et la contrebasse dont le jeu à l’archet laisse pantois. L’énergique Interlude riche des échanges de la batterie avec le piano et le clavier.

Sur Las, le pianiste chante ses difficultés à se lever chaque jour mais le titre résonne comme une incitation à se réveiller à la vie et à tout ce qu’elle offre. Ouvert par un riff lancinant de contrebasse, Le Pardon se développe entre nappes électroniques, mélodies mélancoliques aux accents orientaux et battements énergiques sur fûts et cymbales. A la toute fin, le piano largue les amarres. Comme libéré de la pesanteur, il s’élève au- dessus de la mêlée rythmique, comme pour atteindre le soleil.

Sur Sergueï, le piano se fait royal. Poussée par une main énergique gauche pulsatile, soutenue par la batterie explosive et la contrebasse tellurique, la main droite aérienne explore le clavier. Seducing The Rain advient ensuite comme un répit lumineux et salvateur. Une ballade en suspension dont la mélodie poétique jouée avec délicatesse par le piano, charme l’oreille. Les cymbales frissonnantes et la contrebasse terrienne contribuent pour beaucoup au climat rassérénant du morceau.

La complicité qui unit les trois musiciens génère de riches échanges comme dans Manmay où le vibrant chorus de contrebasse propulse le piano dans un superbe solo. Comme dopé par l’énergie de l’astre, le trio illumine Transfiguration, autre morceau phare de l’album où Grégory Privat confirme sa place parmi l’élite des pianistes de jazz.

Tout concourt à faire de « Soley » un album singulier qui cabote entre tradition et avant-garde sans vraiment se déterminer. Le trio complice offre un arc-en-ciel d’émotions où se mêlent joie et mélancolie.

Pour retrouver la musique de « Soley » et Grégory Privat (piano) en trio avec Chris Jennings (contrebasse) et Tilo Bertholo (batterie),  RV à Paris les 27 et 28 janvier 2020 à 19h30 et 21h45 au Duc des Lombards et au New Morning, le 21 avril 2020.

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