Paru le 02 novembre 2018, l’album « For Your Own Good! » présente la musique du nouveau trio de Christophe Imbs. Autour du pianiste, la batteuse Anne Paceo et le contrebassiste Matteo Bortone. Entre énergie brute et lumière délicate, la musique dispense des climats percutants et sensibles.
Shahin Novrasli présente Emanation
A la croisée de l’Orient et de l’Occident
Shahin Novrasli présente Emanation, un album singulier. Originaire d’Azerbaïdjan, le pianiste puise son inspiration dans les musiques du Caucase, le jazz et la musique classique. Un jazz épicé, savant et élégant qui repousse les frontières musicales.
Après le disque « Bayati » gravé en 2014 avec Ari Hoenig et Nathan Peck, Shahin Novrasli présente à quarante ans son deuxième album, « Emanation » (Jazz Village/[Pias]), sorti le 07 avril 2017. On découvre une musique riche et inspirée, imprégnée de la rigueur du classique tout autant que de la tradition azérie et ponctuée d’improvisations étourdissantes.
Après avoir suivi un cursus typique de pianiste classique en Azerbaïdjan, il maîtrise les partitions de Bach, Mozart et Rachmaninoff et se produit dès ses onze ans avec l’orchestre philharmonique d’Azerbaïdjan. Shahin Novrasli s’initie ensuite au jazz sous l’influence de Vagif Mustafa Zadeh, le père de la merveilleuse pianiste Aziza Mustafah Zadeh, plus guère présente sur les scènes jazz actuelles. Avec lui il apprend l’art qui consiste à mêler le jazz au mugham, cette musique azérie de forme modale où l’improvisation tient une place majeure.
A sa sortie du conservatoire national en 2000, Shahin Novrasli se tourne vers le jazz et les œuvres de Bill Evans et Keith Jarrett. Il commence à écrire ses premières compositions et se produit ensuite dans de nombreux festivals internationaux de jazz comme Montreux en 2007. Installé à New-York, il rencontre un de ses héros, Ahmad Jamal qui lui apporte son soutien, ses conseils et coproduit aussi son album.
C’est d’ailleurs avec le contrebassiste James Cammack qui a longtemps joué avec Ahmad Jamal que Shahin Novrasli entre en studio à Paris en avril 2016 pour enregistrer « Emanation ». La batterie est tenue par l’incontournable André Ceccarelli. Sur quelques plages, intervient le percussionniste Erekle Kolava qui collabore régulièrement avec le pianiste. On note aussi la participation du violoniste Didier Lockwood sur Ancient Parallel où il soutient les psalmodies vocales du pianiste et sur le superbe Saga.
Sur les neuf plages de l’album « Emanation », Shahin Novrasli donne libre cours à son inspiration. Dans son univers musical se mélangent avec élégance, la musique classique, le mugham azerbaïdjanais et le jazz. Le pianiste fait dialoguer orient et occident. Il brode des mélodies dépaysantes sur des rythmes orientaux et utilise des harmonies puissantes portées par une énergie puisée dans les racines du jazz. Étourdissant et lyrique.
Sans doute le titre Tittle Tattle laisse augurer de l’esthétique rythmique qui pourrait présager de l’évolution musicale de Shahin Novrasli de même que le morceau Ancient Parallel où les origines orientales de la musique du pianiste dominent mais on demeure sous le charme du titre Emanation empreint de liberté, d’élégance et d’un lyrisme maîtrisé. De cette composition qui ouvre l’album émane une impression de fragilité et de nostalgie inspirée.
Pour Shahin Novrasli, « le plus important c’est la musique. Quand je joue ou que j’écris, je ne pense pas au jazz ou au mugham, je ne pense à aucun style en particulier. La musique doit être beauté, amour. » Construit sur le principe de la spontanéité maximale, l’album laisse une grande part à l’improvisation chère au pianiste.
Pour s’immerger dans la musique étourdissante et lyrique de Shahin Novrasli, rendez-vous le le samedi 20 mai 2017 à 20h30 à la Maison des Océans, dans le cadre du festival Jazz à Saint-Germain-des-Prés à Paris.
Le pianiste de produit aussi en première partie des concerts des 05 et 06 juillet 2017 à 20h à l’Odéon–Théâtre de l’Europe à Paris dans le cadre de « The Week Celebration of Ahmad Jamal ».
Le pianiste Christophe Imbs présente « For Your Own Good! »
Clin d’œil à Miniatus Quartet & « Mean Things »
Huit mois après la sortie de l’album « Mean Things », Miniatus Quartet propose son jazz le 17 Novembre 2018 au Centre Culturel de Lesquin et au festival Jazz d’H.Beaumont. La musique s’appuie sur les fondamentaux du jazz. Expressives et riches, les improvisations virtuoses prennent vie dans l’instant et explorent librement l’espace musical. Un album à découvrir.
Victoires du Jazz 2018
La chanteuse Cécile McLorin Salvant, l’organiste Rhoda Scott, les pianistes Laurent de Wilde et Roberto Negro, le trompettiste David Enhco, le saxophoniste Raphaël Imbert, The Amazing Keystone Big Band sont distingués par les Victoires du Jazz 2018. Le 01 décembre 2018, le film documentaire musical de Yan Pröfrock permettra de découvrir les lauréat.e.s dans les lieux de vie du jazz.
Paolo Fresu se produit avec son complice de longue date,
le pianiste Diederik Wissels. Le répertoire de la soirée permet au public d’apprécier les talents des deux musiciens qui présentent une alternance d’anciens morceaux et de nouvelles propositions que découvre le pianiste à cette occasion. Si le concert débute par deux thèmes plutôt teintés jazz, il se poursuit avec Ave donna sanctissima et Laude novella, deux titres proposés par le trompettiste et tirés du répertoire que chantaient les pèlerins d’Italie aux alentours des années 1200 sur le chemin de Compostelle.
D’abord Fellini, un thème de 16 mesures composé dans le train de Bologne à Florence par Paolo Fresu en l’hommage au grand cinéaste. Il en profite pour faire l’éloge de « la lentesse », de cette époque (années 90) où le trajet entre les deux villes durait 1h25 et non 25 minutes comme aujourd’hui. Il loue les bienfaits de cette lenteur qui permet réflexion et création. A la toute fin du morceau, le micro de la trompette posée dans le corps du piano réverbère les harmoniques des cordes durant le superbe chorus du pianiste. Le troisième rappel reprend une chanson italienne de 1962 que chantait Mina, Le tue mani. Accompagné par un pianiste très sobre, le trompettiste gratifie la salle d’une interprétation acoustique très appréciée. Entre jazz, humour et musique sacrée la soirée a tenu toutes ses promesses.
e après avoir descendu les escaliers de l’auditorium pour gagner la scène tout en jouant et en chantant un miserere. Le concert débute avec le quatuor et le duo. Clavier électrique pour le pianiste et nappes de son du bugle, le son des cordes enfle. Après le premier morceau, les chanteurs vêtus de costumes de velours noir quittent leurs chaises et se rejoignent en rond autour du micro, le bugle souffle et donne le départ au chant des cinq hommes. L’effet de ces cinq voix qui n’ont font qu’une est saisissant. Fragilité et simplicité d’un miserere qui restitue pourtant la puissance et la cohésion du chœur.
Comme annoncé, le
Stephan Moutot qui a rejoint le contrebassiste François Gallix, le pianiste Benoît Thévenot et le batteur Nicolas Serret. On découvre à l’occasion que l’orchestre présente son nouvel album « June ». Le public applaudit à tout rompre et visiblement le plaisir est de mise tant sur la scène que dans la salle. Après la courte mais énergique prestation du Magnetic Orchestra s’installent les 17 musiciens du Limonest Swing Band dirigés par Stéphane Rivero.
ffe l’ambiance.
se et énergique que le groupe offre avec grande générosité.
La mise en place de la musique est parfaite, l’altiste possède une présence scénique inouïe. L’orchestre tout entier s’investit et avec Saint Leu et Identité la pression monte à son paroxysme. Le premier set ébouriffant se termine par une romance poétique (dixit Gaël lui-même) issue du répertoire de Broadway, Nature boy gravé sur l’album « Identité ». Le saxophoniste change de registre sans effort et son discours se pare d’accents sensibles presque poétiques.
e. Les tambouyé tendent le rythme alors que Nicolas Beaulieu déclenche l’enthousiasme du public. La transe n’est pas loin lorsque l’altiste totalement libéré enflamme presque le pont de ses improvisations hypnotiques. Malgré l’effort, le saxophoniste ne se départ pas de son sourire. La musique coule et sa chaleur se répand dans l’assemblée qui reçoit avec un bonheur palpable cette musique où se marient la culture de la Réunion et celle du jazz. Après l’interprétation de Lonely Woman composition d’Ornette Coleman où l’émotion et la sensibilité sont perceptibles, le concert se termine avec des vibrations tout droit venues de la Réunion.
Sur ce nouvel album « Les idées heureuses » (Mélisse/Outhere Music France) sorti le 14 avril 2017, le contrebassiste Jean-Philippe Viret poursuit sa quête autour de François Couperin. Le disque emprunte d’ailleurs son titre à une pièce de l’auteur, issue du premier livre de pièces de clavecin paru en 1713.