Jericho Sinfonia, le dernier opus de Christophe Monniot

Jericho Sinfonia, le dernier opus de Christophe Monniot

Souffle inspiré et vibrations libératoires

Avec « Jericho Sinfonia », le compositeur et saxophoniste Christophe Monniot propose une œuvre artistique remarquable. En soixante-six minutes l’album interpelle par la richesse de son propos. A partir du récit biblique de l’effondrement des murailles de Jericho se tisse un récit captivant. Une création musicale vibrante de spiritualité.

Paru en avril 2018, l’album « Jericho Sinfonia » (Ayler Records) résulte d’une direction artistique à trois têtes qui n’est pas sans rappeler celle d’un opéra. La sonographe Sylvie Gasteau en charge du livret, le compositeur Christophe Monniot en charge de la musique qu’il dirige et interprète avec les musiciens* du Grand Orchestre du Tricot réunis par le batteur Adrien Chennebault.

La richesse des arrangements, la puissance des improvisations, l’organisation des textes et des titres tout concourt à faire de « Jericho Sinfonia » une création singulière qui relie musique, science, poésie et spiritualité.

L’album

Au fil des dix plages, musiciens et instruments mêlent leurs vibrations à celles des voix qui lisent, témoignent ou commententcouverture de l'album Jericho Sinfonia, de Christophe Monniot avec le Grand Orchestre du Tricot

Des voix lisent des versets du livre de Josue, d’autres restituent la parole de Pasolini, lisent des poèmes de Sutzkever. Des scientifiques formulent des commentaires en lien avec des phénomènes physiques (résonance, vibration, fréquences, énergie).

Les musiciens du Grand orchestre du Tricot et Christophe Monniot interprètent la partition et improvisent lors d’un concert enregistré en décembre 2015 à « La Fabrique » à Meung-sur-Loire.

La musique illustre, relie les paroles et leur insuffle sa force.

Le livret

Cerise sur le gâteau, l’album est accompagné d’un livret comme on aimerait en consulter plus souvent. Il rend plus accessible encore le montage voix/musique des dix pistes de l’album. Il réunit une superbe présentation de Michel Pétrossian, la transcription chronologique des textes et les noms des improvisateurs.

Jazz et spiritualité

L’œuvre possède la force d’un pamphlet politique tout autant qu’elle adresse un clin d’oeil plein d’humour qui incite à la réflexion.

Par ricochet on en vient à se questionner sur le rôle de l’individu et celui du collectif, dans la musique certes mais aussi par effet miroir dans la société. L’album interpelle par ailleurs sur la place de la spiritualité dans le tissu sociétal, dans les arts et plus précisément dans la musique de jazz.

Cela fait écho avec les propos de Raphaël Imbert dans son ouvrage « Jazz supreme - Initiés, mystiques et prophètes » où il explore la dimension de la spiritualité dans le jazz.

Les propos de Christophe Monniot

Restitués ci-après, à l’issue d’un entretien cordialement accepté par le musicien lors de sa venue le 24 août 2018 à Jazz Campus en Clunisois, les propos de Christophe Monniot contribuent à éclairer cette présentation de l’album et à saisir mieux encore la cohérence de « Jericho Sinfonia ».

La posture du compositeur

Christophe Monniot rappelle que « le jazz a été au départ une musique de revendication, de posture politique et révolutionnaire autant qu’artistique ». C’est dans cet esprit qu’il lui est apparu essentiel « aujourd’hui d’adopter une posture parallèle à celle des boppers pour faire une œuvre musicale imprégnée de la société actuelle » qui témoigne de sa position « d’artiste et de citoyen relié à la société à laquelle [il] appartient et dans laquelle [il]vit ».

Une telle posture lui permet « de réfléchir aux mutations et aux changements géopolitiques fondamentaux » et de projeter « le fruit de ses réflexions dans la musique ». Ainsi, il « prend position dans cette société unilatérale » où il « exprime un point de vue séculaire enraciné dans les racines judéo-chrétiennes » qui sont les siennes.

« Jericho Sinfonia », deuxième tableau d’un tryptique

Christophe Monniot rapporte par ailleurs que « le début de l’écriture du projet remonte à la même période que celle où [il a[] conçu Vivaldi Universel ce qui lui permet de préciser que dans les faits, « Jericho Sinfonia » « fait partie d’un triptyque dont Vivaldi Universel serait le premier volet où la planète est attaquée par l’action des pays industrialisés avec les répercussions qu’on connaît. Jericho Sinfonia serait le deuxième tableau alors que La Nouvelle Terre, sans paroles, constituerait le troisième et dernier tableau ».

Il a conçu l’album « comme un opéra dont [il a] écrit la musique et Sylvie Gasteau le livret ». Elle a enregistré nombre des entretiens (hormis entre autres celui où Marguerite Duras interroge le petit François) qu’elle a montés. Ils se sont ensuite « réunis tous les deux pour construire le film et instaurer la cohésion entre les musiques et les paroles ».

Pour nommer son œuvre, Christophe Monniot a choisi le terme Sinfonia en hommage à Luciano Berio (auteur de « Sinfonia ») auquel le saxophoniste porte une grande admiration. Il dit avoir beaucoup écouté d’autres compositeurs qui ont irrigué son inspiration et cite « Messian, Coltrane et Bernstein« .

Une histoire musicale

Dans « Jericho Sinfonia », Christophe Monniot « raconte une histoire musicale à la manière d’un film co-réalisé avec Sylvie Gasteau » avec qui il avait déjà travaillé à l’occasion de « Vivaldi Universel ». « A l’intérieur de la narration vivent plusieurs personnages, la figure poétique, la figure politique, la figure historique, la figure biblique …. tout cela a un sens ».

Christophe Monniot a voulu « partir d’un évènement biblique » nourricier dont il revendique la force et la portée… « une muraille réputée infranchissable effondrée par de la musique, même si de fait c’est autre chose que de la musique… ». Dans Pré-Hymne est lu le texte de Josué à travers lequel est évoqué « une épreuve de foi, une ordonnance divine demandant à plus de deux milliers de lévites de tourner sans jouer puis de jouer au 7ème jour et de crier ».

Pour « concevoir la chose sérieusement », il a fait figurer des « témoignages de scientifiques qui corroborent le tout, évoquent l’onde sismique qui pourrait être déclenchée, la fréquence de résonance et le tremblement possible résultant de la marche au pas des soldats sur un pont, l’énergie sonore, la force de vibration ».

L’écriture

Interrogé quant aux modalités particulières de l’écriture de la musique, Christophe Monniot précise que Dans Cité, le « dernier thème avec plein de petites parties qui termine l’album a été écrit en tout premier ». Il lui est alors apparu « comme une synthèse à partir de laquelle [il a] développé ensuite les parties de ce tout pré-existant ».

Christophe Monniot s’exprime en soliste dans les trois Hymnes où il improvise et ensuite « donne la parole aux solistes de l’orchestre qui croient en la symbolique de l’art qui ouvre les frontières ».

L’instrumentation

Le texte biblique évoque les trompettes de sept prêtres alors que le Grand Orchestre du Tricot n’en compte que deux.

Christophe Monniot précise que le terme trompette recouvre en fait « les cornes de béliers utilisées en guise de trompes pour souffler la Terouah ». Il ajoute qu’aux trompettes s’ajoute « le saxophone baryton qui incarne les fréquences basses » des vibrations évoquées par les scientifiques.Jericho Sinfonia, le Grand Orchestre du Tricot et Christophe Monniot

« Les cloches tubulaires sont utilisées à trois reprises » et ces percussions jouent un rôle important dans la composition. Elles ouvrent le premier thème Veni Veni Emmanuel et incarnent alors « le désespoir, la douleur, la complainte, le problème, l’appel à l’aide, la prière à Dieu ».

Elles ré-interviennent dans Sonne, heure ! « quand la frontière entre le rationnel et l’irrationnel devient floue ». Ce morceau constitue « l’épicentre de l’œuvre », le moment où l’on entend les paroles des scientifiques, des extraits de « l’ultima intervista » de Pasolini lus par Roberto Negro en italien et Michel Richard en français. Sont alors évoqués le refus, la volonté d’abolir, l’énergie et la tendance au désordre, la cohésion de ceux qui se battent et résistent,.

On retrouve enfin les cloches tubulaires dans le thème ultime, Dans Cité. Leur sonorité figure alors « l’espoir après la chute du mur ».

« L’art guidé spirituellement peut faire tomber les murs »

Dans « Jericho Sinfonia », Christophe Monniot projette l’effondrement des murs de Jericho comme une allégorie qui fait écho à « tous les murs physiques (dont celui de Berlin) ou symboliques qui se dressent ou se sont dressés entre les hommes, entre les communautés« . Pour lui, « l’art guidé spirituellement peut faire tomber les murs ».

« Jericho Sinfonia », une œuvre artistique originale dont la musique intense et inventive fait alterner recueillement et tumulte. Un album-concept porteur d’espoir qui fait tomber les murs entre l’art et les sciences. Une contribution spirituelle au jazz du vingt-et-unième siècle.


*Les musiciens  : Christophe Monniot (saxophones sopranino et alto), Roberto Negro (piano), Adrien Chennebault (batterie), Valentin Ceccaldi (violoncelle, horizoncelle, percussions), Florian Satche (batterie, percussions), Guillaume Aknine (guitare électrique), Jean-Baptiste Lacou (trombone), Gabriel Lemaire (saxophones alto et baryton), Quentin Biardeau (saxophones soprano et ténor), Alexis Persigan (trombone), Alan Regardin (trompette) et Yoann Loustalot (trompette, bugle).

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Opera Underground – Les RV de septembre 2018

Opera Underground – Les RV de septembre 2018

Rachid Taha, Terry & Gyan Riley, Anaventou

En ce début d’automne se profilent les RV de septembre 2018 de l’Opéra Underground, le nouveau projet de l’Opéra de Lyon. La Grande Salle accueille Rachid Taha pour les 20 ans de « Diwan ». L’Amphi propose du jazz avec Terry & Gyan Riley et des échos musicaux du Brésil avec Anaventou. Une alléchante programmation musicale.

Opéra Underground, les rv de septembre 2018L’Opéra Underground, l’autre scène de l’Opéra propose des musiques qui allient la tradition à l’iconoclasme, la virtuosité à la sobriété et l’énergie des musiques populaires à la complexité harmonique des musiques savantes.

Comme Olivier Conan l’avait annoncé en avril 2018, les RV de septembre 2018 de l’Opéra Underground tiennent toutes leurs promesses. Les genres se croisent dans la Grande Salle et à l’Amphi. Le rock-raï de Rachid Taha, le jazz avec Riley père et fils et les musiques brésiliennes avec le groupe Anaventou.

Rachid Taha - Les 20 ans de « Diwan »

C’est dans la Grande Salle de l’Opéra de Lyon le samedi 22 septembre 2018 à 20h que Rachid Taha célèbre son album « Diwan » avec les cordes de l’Opéra et la participation exceptionnelle de Steve Hillage.

Il  y a 20 ans, « Diwan » a créé un pont entre la musique des premières générations d’émigrés maghrébins et leurs enfants, entre le rock et le châabi, le français et l’arabe, les jeunes et leurs parents, le présent et l’histoire.

Opéra Underground de Lyon- RV de septembre 2018 avec Rachid Taha

Rachid Taha©Marc-Antoine Serra

Au cours de plus de trente ans de carrière, Rachid Taha, cosmopolite enraciné dans les terreaux de France et d’Algérie a su créer un univers musical aux résonances transnationales. À Oran, où il a grandi, Rachid a absorbé la multiplicité des musiques présentes dans cette ville carrefour du Maghreb, châabi, wharani et raï traditionnel, sans oublier la musique égyptienne, Elvis et les bandes sons des films Bollywood.

Dans les Vosges, où il s’installe avec ses parents, Rachid Taha découvre durant son adolescence française, l’exil et le rock. C’est ensuite à Lyon que se forme sa personnalité artistique. Il y découvre l’approche globale de groupes comme les Clash et forme en 1981 le groupe « Carte de Séjour », dont le premier album est produit par le légendaire Steve Hillage. La nouveauté d’un groupe de rock français chantant en arabe et la reprise de Douce France de Charles Trenet contribuent à leur succès immédiat.

Sorti en 1998 « Diwan » est essentiellement composé de reprises de chansons qui chroniquent l’immigration en France. L’album a su moderniser et universaliser le message d’une génération qui chantait cette poésie de l’exil et de la nostalgie. L’album a fait connaitre le morceau Ya Rayah et son auteur et interprète Dahmane el Harrachi, musicien algérien, des années 60 et 70.

Aujourd’hui le message de « Diwan » résonne encore avec l’actualité. Le concert de Rachid Tahah dans la Grande salle de l’Opéra est l’occasion pour le chanteur de retrouver le public lyonnais qui avait accueilli avec grand intérêt sa musique avec le groupe « Carte de séjour ».

Terry Riley & Gyan Riley

C’est dans le cadre intimiste de l’Amphi de l’Opéra de Lyon que se produisent Terry & Gyan Riley le jeudi 27 septembre 2018 à partir de 20h.

Ce RV de septembre 2018 avec les deux musiciens américains devraient convenir aux amateurs de musique créative. En effet le pianiste Terry Riley est probablement le plus lyrique des minimalistes américains, avec un répertoire RV de septembre 2018 de Opéra Underground de Lyon avec Terry et Gyan Rileyqui va de l’expérimentation électronique des années 60 aux influences indiennes, compositions pour quatuors à cordes, musiques modales et bien plus encore. Il a influencé nombre de groupes musicaux du Velvet Underground à Kraftwerk en passant par les Who ou  Soft Machine.

Comme son père, le guitariste et compositeur Gyan Riley ne se confine pas dans un genre et puise son inspiration aussi bien dans le flamenco, la musique indienne, le baroque que dans les musiques expérimentales. Il a côtoyé nombre de musiciens de la scène underground new-yorkaise dont le fameux John Zorn.

Ces deux dernières années, Terry Riley a beaucoup joué avec son fils Gyan. On gage que leur duo bien rôdé ne laissera pas insensible le public de l’Amphi amateur de jazz innovant et créatif.

Anavantou - Forró brésilien et surréalisme belge

Le samedi 29 septembre 2018 à 20h, l’Amphi va résonner des sonorités du groupe Anaventou.

Anaventou, RV de septembre 2018 de l'Opéra Underground

Anavantou@Sebastien Alouf

C’est la rencontre inattendue entre le surréalisme belge du groupe instrumental Turdus Philomelos et le forró du Nordeste du Brésil, celui du groupe Membrana et du chanteur Nino Karvan, qui a donné naissance à Anavantou.

Ce projet musical initié en 2013, par le réalisateur et producteur belge Damien Chemin et le musicien brésilien Dudu Prudente mêle les folklores respectifs de la Wallonie et du Nordeste qui n’avaient à l’origine pas grand-chose en commun.

De cette union inattendue résulte une musique innovante et festive aux croisements de deux continents, celle d‘Anaventou qui réunit sonorités traditionnelles et sensibilité moderne et se situe aux antipodes d’un exotisme artificiel.

Anavantou a fait plusieurs tournées en Europe et au Brésil. Leur premier album « Brincantes » a reçu d’élogieuses critiques. Nul doute que le groupe au nom prémonitoire, Anaventou /« Entrez dans la danse ! », va entraîner le public de l’Amphi à danser !

Clin d’œil à Rosario Giuliani & « Love In Translation »

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Bemol 5 accueille Jazz Quartet « S »

Bemol 5 accueille Jazz Quartet « S »

Le laboratoire musical de Yann-Gaël Poncet

Le 08 septembre 2018, Bemol 5 accueille Jazz Quartet « S » par Yann-Gaël Poncet. Des promesses d’étonnement en perspective. Un jazz renouvelé qui aborde le concept de lenteur dans un monde qui va toujours plus vite.

Avant de s’engager sur les rythmes effrénés du quotidien, Bémol 5 propose de prendre une bouffée de musique énergisante avec le concert de Jazz Quartet « S » par Yann-Gaël Poncet, le 08 septembre 2018 à 20h30.

Jazz Quartet « S »

Issu du jazz et des musiques improvisées Yann-Gaël Poncet, le leader du groupe, a composé et écrit l’ensemble des morceaux du répertoire. Sa voix de contre ténor, portée par son jeu de violon singulier, nourrit un scat « futuriste » et déclenche l’énergie des trois autres musiciens, tous aussi exigeants et audacieux, Jean-Paul Hervé à la guitare, Vincent Lafont aux claviers et Philippe « Pipon » Garcia à la batterie.

Un laboratoire musical

Jazz Quartet « S » n’est pas seulement le fait de musiciens virtuoses et accomplis. Dans cet orchestre électro-jazz en recherche permanente, les quatre musiciens évoluent dans un ailleurs étrange aux accents sauvages. Sans contrainte, ils se confrontent et mettent leur inspiration au service d’une musique expressive qui n’a cesse de surprendre par ses contrastes. Sonores ou silencieux les moments alternent entre tension et détente.

Jazz Quartet « S » propose un jazz libre et renouvelé où chaque musicien apporte une parcelle de son univers. Les influences rock de certains font groover la musique. Le reste demeure à découvrir dans l’instant, puisque c’est bien de musique improvisée dont il s’agit.

Après les festivals de l’été et avant ceux de l’automne, il fait bon reprendre le chemin du club lyonnais de la rue de la Baleine. Rendez-vous le 08 septembre 2018 à 20h30 au Bémol 5 avec Jazz Quartet « S ». Une proposition musicale innovante pour bien commencer la rentrée.

Clin d’œil à Rosario Giuliani & « Love In Translation »

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Clin d’œil à « Toku In Paris »

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Jazz Campus en Clunisois 2018 – Sylvain Rifflet et Refocus

Jazz Campus en Clunisois 2018 – Sylvain Rifflet et Refocus

Concerto pour saxophone, cordes et percussions

Samedi 25 août 2018, pour son dernier jour, Jazz Campus présente le projet « Refocus » de Sylvain Rifflet. Sur la scène du théâtre les Arts de Cluny, tel un funambule inspiré et lyrique, le saxophoniste offre un concert à la mise en place rodée et à l’esthétique peaufinée.

Didier Levallet présente le projet « Refocus » de Sylvain Rifflet comme un moment qui lui « tient à cœur ». Le saxophoniste français a travaillé sur le même format et dans le même esprit que Stan Getz en 1961 lorsqu’il a enregistré l’album « Focus », sa « plus aboutie des tentatives de travail musical avec un ensemble à cordes ».

C’est d’ailleurs sous le même label Verve que Sylvain Rifflet a gravé « Refocus » sorti le 15 septembre 2017 comme « Un hommage singulier au « Focus » de Stan Getz ».

« Refocus » sur scène

Sur scène la géométrie de l’orchestre est réduite et le projet « Refocus » est recentré. En effet, de vingt sur l’album, l’effectif des musiciens sur scène se restreint à sept. Ainsi le saxophone ténor de Sylvain Rifflet est entouré d’un quatuor à cordes, le quatuor Appasionato, de la contrebasse de Florent Nisse, du vibraphone et de la batterie tenus par Guillaume Lantonnet.

Loin de la prouesse gravée sur l’album, « Refocus live » ne possède ni la magie, ni la poésie du disque. Néanmoins on a écouté une superbe prestation orchestrale concertante où, sur le devant de la scène, le saxophoniste dialogue brillamment avec l’orchestre au fil d’une partition précise et ouvragée.

Impressions de concert

Le concert débute avec les deux premiers titres de « Refocus » comme deux clins d’œil aux deux premiers morceaux de « Focus » enregistré par Stan Getz. En ouverture, sur Rue Breguet le vibraphone commence avec délicatesse avant l’entrée du saxophone dont le souffle précède le son. Il est rejoint par les cordes du quatuor et de la contrebasse.

Sur Night Run, Guillaume Lantonnet glisse à la batterie et le climat se tend. Le public réagit avec intérêt à l’esthétique peaufinée de la musique.

Après les trois premiers morceaux l’effet de surprise disparaît et l’écoute se fait plus attentive. L’oreille a tout loisir de se concentrer sur la sonorité soignée du saxophone, ses mélodies et ses contrechants, ses phrasés fluides et souples, son expression lyrique et véloce, son souffle délicat et puissant et sa parfaite maîtrise des aigus, sur-aigus et harmoniques.

Sur le vibraphone, la frappe précise, déliée et légère de Guillaume Lantonnet ouvre Echoplex avec de subtils effets de reverb. Après l’entrée des cordes, Florent Nisse réajuste le micro de son instrument pour le plus grand bonheur du public qui peut enfin capter le travail essentiel de la contrebasse. En effet, tout au long du concert, situé à la charnière entre le quatuor et le trio, le contrebassiste assume avec autorité et talent son rôle de soutien rythmique et harmonique.

Le concert se poursuit et Sylvain Rifflet introduit des slaps qui contrastent avec ses phrasés soignés. Sur Une de perdue, une de perdue, le tempo s’accélère les archets frappent puis frottent les cordes, le saxophone prend son envol et explore avec lyrisme toutes les possibilités techniques de son instrument. C’est ensuite un clin d’oeil tout en souplesse à Henry Threadgill.

Après un bref incident technique d’amplification, les musiciens, comme ceux des orchestres classiques, reprennent à la mesure 85 et le concert se poursuit sans accroc. Le saxophone surfe ensuite avec aisance sur une trame rythmique complexe. Les torrents impétueux et maîtrisés des cordes se marient avec les riches textures coloristes du vibraphone et le son large et boisé de la contrebasse.

Sylvain Riflet-Refocus le 25 aout 2018 à Jazz Campus en ClunisoisHarlequin on the string conclut le concert et constitue sans doute un des moments les plus réussis du concert. Tel un funambule inspiré, Sylvain Rifflet semble jouer sans filet sur le fil musical, glisse, rebondit, prend ses aises, flotte et retombe toujours sur la corde.

Le public manifeste son enthousiasme et le saxophoniste revient seul pour un rappel. Sylvain Rifflet offre une version singulière du thème The Peacocks de Jimmy Rowles que Stan Getz avait gravé en duo avec le pianiste. Accompagné d’une shruti box à trois octaves, le leader démontre sa parfaite maîtrise du son mais nul n’avait attendu la fin du set pour en être convaincu.

Avec « Refocus » et Sylvain Rifflet, le dernier concert 2018 de Jazz Campus a offert aux festivaliers un moment musical placé sous le signe de la Beauté. Une écriture et des arrangements léchés, une mise en place précise servie par les qualités techniques indubitables des instrumentistes. On regrette un peu la relative froideur de cette esthétique peu habitée par les émotions.

Clin d’œil à Rosario Giuliani & « Love In Translation »

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Clin d’œil à « Toku In Paris »

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Jazz Campus en Clunisois 2018 – Dadada

Jazz Campus en Clunisois 2018 – Dadada

Une escapade entre apesanteur et vibrations

Le 24 août 2018, le public se presse au Théâtre Les Arts de Cluny pour écouter « Dadada ». Autour du pianiste Roberto Negro sont réunis le saxophoniste Émile Parisien et le batteur Michele Rabbia. Les paysages musicaux proposés par ces trois improvisateurs émérites déclenchent l’enthousiasme du public.

Avec un intérêt non dissimulé, Didier Levallet présente « Dadada » comme un espace de « circulation entre les paroles » des musiciens inventifs réunis par le pianiste Roberto Negro, un des acteurs les plus actifs et les plus créatifs de la scène jazz européenne.

Dadada

En octobre 2017, le pianiste Roberto Negro a sorti l’album « Saison 3 » (Label Bleu/L’Autre Distribution) avec le saxophoniste Émile Parisien et le batteur-percussionniste Michele Rabbia. Les spectateurs brûlent d’écouter sur scène la musique de ce trio dont le premier disque a obtenu un franc succès.

Drôle d’équipage que celui de ce trio… un poète pianiste, un saxophoniste stellaire et un batteur-sculpteur.

Les trois artistes font plus que jouer de la musique. Ils s’amusent et jouent vraiment avec la musique qu’ils élaborent et façonnent avec un plaisir affiché. Leurs facéties sérieuses oscillent entre arabesques oniriques, abstractions dansantes et furie aérienne.

Impressions de concert

Dadada à Jazz Campus en Clunisois, le 24 aout 201Roberto Negro, Émile Parisien et Michele Rabbia naviguent librement dans un univers qui leur appartient en propre, une sorte de cosmo-musique dans laquelle ils invitent le public à les rejoindre..

Concentré, le batteur caresse la caisse claire, les sons électroniques affleurent, le piano se fait entendre, les percussions s’en mêlent à leur tour vite rejointes par le saxophone. Les interactions s’instaurent entre les trois partenaires… le concert commence.

Entre apesanteur et tumulte, la libre parole des trois musiciens évolue sans obstacle et génère des moments musicaux irrigués de mille nuances. Entre frémissement et frénésie la musique se transforme. Elle se fait passion ou colère, devient murmure ou frisson… même le silence s’insinue sans crier gare.

Roberto Negro et son projet Dadada à Jazz Campus en Clunisois, le 24 aout 2018Le pianiste a composé l’ensemble des titres du répertoire hormis Cantabile de Ligeti qu’il invoque sur son clavier. On écoute Nano, Shampoo, Brimorion et d’autres titres encore dont Roberto Negro dit qu’ils « changent de nom » au fil des semaines mais peu importe le titre pourvu qu’on ait l’ivresse !

Les dynamiques compères font vibrer les ondes sonores. Ils pratiquent une musique physique nimbée d’une euphorie perceptible qu’ils partagent. En totale interaction, ils échafaudent un univers semblable à un arc en ciel de sensations. Calme et tonnerre, douceur et exaspération, caresse et extase, volupté et fureur.

Sur scène les trois virtuoses développent une véritable dramaturgie musicale où se télescopent drôlerie, sérieux, interrogation, autorité, doute et lyrisme. Trois paroles musicales au service d’une musique collective où chacun conserve son identité.

En fin de concert, le piano installe une ambiance crépusculaire que le souffle du soprano teinte de bleu avant de bondir et d’exulter poussé dans ses retranchements par l’arsenal électronique et la batterie volcanique qui délire. Le piano conclut le set qui se termine en douceur dans le bruissement de sacs plastiques froissés et le souffle chuchoté du saxophone.

Euphorique le public ovationne sans retenue le trio qui revient interpréter une dernière « chanson d’amour sicilienne » avant de regagner les coulisses. On se quitte avec regrets mais ressourcé par l’énergie de ce grandiose concert qui fera date dans les archives du festival.

Clin d’œil à Rosario Giuliani & « Love In Translation »

Clin d’œil à Rosario Giuliani & « Love In Translation »

Le saxophoniste italien Rosario Giuliani présente « Love In Translation », un album qui scelle son retour sous le label Jando Music/Via Veneto Jazz. Il retrouve pour l’occasion le vibraphoniste américain Joe Locke avec lequel il a engagé une collaboration débutée il y a 20 ans à Umbria Jazz. Servi par une rythmique subtile et efficace, le duo célèbre l’amour avec chaleur et lyrisme. L’opus à l’esthétique soignée navigue entre tendresse et mélancolie. Gorgée de sensibilité et d’émotion, la musique enchante.

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Robin McKelle revient en force avec « Alterations »

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Robin McKelle présente « Alterations », un huitième album consacré à la reprise de chansons popularisées par des artistes féminines. Sa démarche s’inscrit dans l’histoire du jazz où les standards réinterprétés à l’envi n’en finissent pas d’être recréés. Dans cette dynamique, la chanteuse modifie le cadre originel des morceaux, son chant revisite le contexte musical et les titres prennent de nouvelles couleurs. Avec musicalité et sensibilité, elle fusionne de nombreux genres dans sa musique. Une belle réussite !

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Clin d’œil à « Toku In Paris »

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Avec « Toku In Paris, », le trompettiste et chanteur japonais Toku présente son nouveau projet enregistré en Europe. Entouré de six musiciens chevronnés, il invite la chanteuse, parolière et compositrice Sarah Lancman. L’oreille se laisse entraîner avec bonheur à leur suite dans une promenade poétique sur des routes où se croisent amour et jazz. Un opus soigné dont l’élégance sereine se double de charme et de sensibilité.

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